[WEBINAIRE] Les 10 PRINCIPES FONDAMENTAUX de la GUERRE de l'INFORMATION [2/2] — Transcript
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- 0:01Bonsoir à toutes et à tous. Donc voici
- 0:04la deuxème partie du webinaire sur la
- 0:07guerre de l'information organisé par le
- 0:10centre de recherche appliqué de l'école
- 0:11de guerre économique, le CR451.
- 0:15Ce cette deuxième partie de webinaire va
- 0:20traiter des cinq derniers principes de
- 0:23la guerre de l'information. Là, vous
- 0:25avez euh auparavant, on vous a montré un
- 0:29camemberamber euh Arnaud, si tu peux
- 0:31revenir. Voilà, euh qui décline les 10
- 0:35principes. Donc, puisqu'on va rediffuser
- 0:39de toute façon cette émission sous forme
- 0:41de podcast, vous aurez l'occasion de
- 0:43pour celles ou ceux que ça intéresse de
- 0:45de le regarder tranquillement en faisant
- 0:47un arrêt sur image. Mais ce qui nous
- 0:49intéresse ce soir, c'est justement les
- 0:52cinq derniers. Euh on les cinq premiers
- 0:55principes donc euh j'y reviens euh je le
- 1:00répète, c'était la guerre d'information
- 1:03est une vraie guerre. La guerre
- 1:04d'information ne se limite pas à la
- 1:06désinformation.
- 1:08La guerre de l'information se fait par
- 1:10le contenant et ou par le contenu. La
- 1:13guerre de l'information est souvent
- 1:16invisible et indirecte et enfin
- 1:20la guerre de l'information est
- 1:21multichamp multiacteur. Ça c'était pour
- 1:23les cinq premiers principes. Ce soir, on
- 1:25va parler des cinq autres principes
- 1:28que j'énumère de la manière suivante. La
- 1:30guerre de l'information est une
- 1:32stratégie offensive. La guerre de
- 1:34l'information est une guerre civile, de
- 1:37nature civile, mais aussi bien sûr de
- 1:39nature militaire. La guerre
- 1:41d'information peut être plus efficace
- 1:44qu'une guerre militaire. La guerre de
- 1:46l'information peut être une stratégie
- 1:49isolée ou faire partie d'une stratégie
- 1:52plus vaste.
- 1:53Et enfin, la guerre de l'information,
- 1:56aussi étonnant que cela puisse paraître,
- 1:58peut être non médiatique.
- 2:02Alors,
- 2:03je
- 2:05vous montre l'équipe puisque ce travail
- 2:09est réalisé par un certain nombre de
- 2:11personnes du CR 451, a commencé par
- 2:14votre serviteur Christian Ambuot,
- 2:16directeur de l'école de guerre
- 2:17économique et créateur du centre de
- 2:18recherche 451.
- 2:21Ensuite, Nicolas Moinet qui est
- 2:24professeur en sciences de l'information
- 2:25et de la communication à l'université de
- 2:27Poitier, certainement un des
- 2:29universitaires, ce n'est pas
- 2:31l'universitaire le plus en pointe sur
- 2:33ces questions et il est chercheur
- 2:34associé au CR 451.
- 2:38Éric Alexandre qui est consultant et
- 2:40enseignant d'intelligence économique. Il
- 2:42enseigne d'ailleurs à l'école de guerre
- 2:44économique et il est chercheur associé
- 2:46au CR 451 sur les thèmes de la guerre
- 2:48économique et des confrontations
- 2:50informationnelles.
- 2:52Aurélie Poquet est consultante
- 2:54indépendante spécialisée en intelligence
- 2:56économique et en confrontation
- 2:58informationnelle. Elle est bien entendu
- 3:00aussi chercheur associé au CR 451.
- 3:06François Soulard qui est donc
- 3:08entrepreneur et fondateur de Dunia qui
- 3:11est une entreprise de conseil et service
- 3:13en intelligence économique. Il est à
- 3:16Buena et il est donc en Argentine et je
- 3:20encore une fois je le salue pour sa
- 3:23fidélité et son interactivité avec le CR
- 3:27451 et notamment la manière dont il
- 3:30commence à nous faire connaître en
- 3:32Amérique latine. Il est l'auteur de la
- 3:34culture du combat en Amérique latine
- 3:37paru en 2025 et d'un autre ouvrage
- 3:41combattre dans le nouveau monde qui est
- 3:43paru en 2026. Il est, je le soulligne
- 3:46aussi chercheur associé au CR 451.
- 3:52Arnaud Mennui, directeur adjoint du C
- 3:55451 qui est expert en guerre cognitive
- 3:58mais aussi en analyse des
- 3:59déstabilisations informationnelles.
- 4:04Et enfin, le général Jean-Claude Galet
- 4:06qui a eu notamment
- 4:10a géré le service de géopolitique
- 4:15et de contre-espionnage du ministère des
- 4:17armées et il est, je le signale bien
- 4:21entendu, le futur directeur de l'école
- 4:23de guerre économique à partir de l'été
- 4:26de cette année et je continuerai à
- 4:28l'assister
- 4:30à la tête du CR 451.
- 4:34Alors, commençons par le 6e principe. La
- 4:38guerre de l'information est une
- 4:39stratégie offensive.
- 4:43Deux éléments pour éclairer cet adjectif
- 4:47qui ne sont pas du tout anodin. Le
- 4:49premier, l'avantage est à l'attaquant.
- 4:53Vous savez que dans la guerre militaire
- 4:56euh
- 4:58il est coutume de dire que on a pardon
- 5:02coutume de dire que l'avantage est
- 5:05souvent au défenseur et non pas à
- 5:08l'attaquant.
- 5:10Et on le voit bien par exemple lors de
- 5:12l'invasion la tentative d'invasion de
- 5:15l'Ukraine par la Russie. On voit bien
- 5:17aujourd'hui que euh la défense
- 5:20ukrainienne euh résiste
- 5:24de manière étonnante à une force
- 5:28théoriquement bien plus supérieure
- 5:29qu'elle à partir d'un certain nombre
- 5:33d'éléments. Mais ça c'est un autre sujet
- 5:36que nous n'aborderons pas ce soir. Et le
- 5:38deuxième élément le faible est plus
- 5:41créatif que le fort. Alors cette petite
- 5:45phrase vous l'entendrez au CA 451
- 5:50mais vous l'entendrez
- 5:53presque nulle part ailleurs. Pourquoi ?
- 5:55Parce que c'est un sujet tabou. Et ce
- 5:58soir nous l'effleurons
- 6:01ce sujet tabou. Mais pour celles ou ceux
- 6:04que ça intéresse,
- 6:06ce sujet nous en nous le traitons de
- 6:09manière assez abondante sur
- 6:15des podcasts audio qui sont
- 6:19téléchargeables ou que vous pouvez
- 6:21écouter à partir du site du CR451,
- 6:25CR451.fr.
- 6:28On les a intitulé 50 ans de guerre de
- 6:30l'information.
- 6:32Et euh nous en sommes au 39e podcast. Et
- 6:36sachez que euh ces 39 podcasts
- 6:40couvre non seulement la créativité du
- 6:44fort, mais aussi et de manière assez
- 6:47importante la créativité du faible. Et
- 6:50c'est là où vous aurez peut-être un
- 6:52éclairage plus précis sur cette deuxième
- 6:54phrase qui peut sembler étrange. Le
- 6:57faible est plus créatif que le fort en
- 7:00guerre de l'information.
- 7:05Alors, deux mots sur la méthode
- 7:08dans un webinaire comme celui-ci qui est
- 7:10déjà assez dense puisqu'on a dû le
- 7:12diviser en deux parties. On va quand
- 7:14même vous montrer des schémas
- 7:17structurants
- 7:18sur lesquels on travaille. Et celui-ci
- 7:21en fait, on travaille sur ce schéma
- 7:23depuis 30 ans euh avant même la création
- 7:26de le jeu, je devrais dire même depuis
- 7:2835 ans. Et donc on parle de cycle
- 7:32d'attaque par information. Alors
- 7:33pourquoi cycle ? parce que vous savez
- 7:35qu'il y a un cycle du renseignement qui
- 7:37est le cycle qui exprime un peu le le
- 7:41fonctionnement du système du
- 7:43renseignement, l'expression des besoins,
- 7:46la collecte, l'analyse, la diffusion et
- 7:48le rebouclage avec l'expression des
- 7:50besoins. Là, le cycle d'attaque par la
- 7:53formation euh n'est pas tout à fait de
- 7:55la même nature. Euh
- 7:59on commence par l'identification des
- 8:01failles informationnelles. Alors
- 8:03évidemment, identifier les femmes
- 8:05informationnelles, c'est aller chercher
- 8:07de l'information, voir du renseignement
- 8:10mais dédié à la guerre de l'information,
- 8:13ce qui n'est pas tout à fait la même
- 8:14chose que le renseignement classique.
- 8:17Ensuite, on fait un choix parmi ces
- 8:20failles informationnelles et c'est là où
- 8:24les choses se
- 8:26complexifient un tout petit peu puisque
- 8:28on n'est pas obligé de choisir la faille
- 8:31plus apparente. C'est parfois des
- 8:33failles secondaires
- 8:35qui sont beaucoup plus exploitables et
- 8:37beaucoup plus efficaces qu'une faille
- 8:40apparente.
- 8:43À partir de ce choix des failles, on
- 8:46passe à la construction du scénario
- 8:47d'attaque. Et le scénario d'attaque,
- 8:50c'est ce qui va permettre à une équipe
- 8:53de mener une opération de guerre de
- 8:55l'information contre une cible et
- 8:58notamment bien entendu en diffusant de
- 9:01l'information qu'on qualifie nous de
- 9:03nature offensive.
- 9:06La méthode, elle repose sur deux
- 9:08principes qui s'appliquent en fait dans
- 9:11tous les domaines depuis bien longtemps
- 9:13et on pourrait on pour on pourrait même
- 9:15dire de manière quasi systématique. Ces
- 9:18deux principes, je les dénonce. Le
- 9:20premier créer le doute dans l'opinion
- 9:23publique.
- 9:24Le second provoquer la mauvaise
- 9:27conscience chez l'adversaire.
- 9:30Et il faut bien remarquer que ces deux
- 9:33principes sont appliqués aussi bien par
- 9:36le fort que par le faible.
- 9:43Alors, un mot sur les modes opératoires.
- 9:46Euh là, je vais rentrer dans un domaine
- 9:48qui est déjà
- 9:50théoriquement un peu plus connu. Euh
- 9:53donc, je vais pas rester longtemps sur
- 9:55cette diapositive. Je relèverai
- 9:57seulement que dans les modes
- 9:58opératoires,
- 10:01on parle de campagne de communication.
- 10:03Là, on est dans une démarche directe,
- 10:06revendiqué et beaucoup de structures
- 10:09émanentes de la société civile utilisent
- 10:12ce genre de mode opératoire en
- 10:14revendiquant
- 10:16les opérations qu'elles mènent. C'est
- 10:17vrai pour des ONG comme Greenpeace,
- 10:19c'est vrai aussi pour tout un tas
- 10:22d'acteurs de la société civile
- 10:25qui décide de manifester contre tel ou
- 10:29tel sujet. Rappelez-vous Notre Dame des
- 10:31Landes et
- 10:34les bassines et tout un tas de
- 10:37d'expériences
- 10:39où d'un côté on avait des
- 10:41contestataires, des protestataires
- 10:44et de l'autre l'appareil d'État.
- 10:47Il y a aussi ce qu'on appelle les
- 10:49actions coup de point. Euh alors les
- 10:52actions coup de point, c'est en fait des
- 10:54opérations qui cherchent à créer un fait
- 10:57informationnel que les médias vont
- 10:59mettre en exerg sur lesquels euh ils
- 11:02vont tirer un profit euh afin d'aller
- 11:05chercher du lecteur, de la lectrice euh
- 11:09pour ce qui est de la presse écrite,
- 11:11mais euh ou bien entendu sur les chaînes
- 11:13de télévision euh un audimat adéquate,
- 11:18les actions juridiques les actions
- 11:20juridiques qui sont de plus en plus
- 11:24importantes et qui sont désormais un des
- 11:27moyens
- 11:29puissants
- 11:31dans les stratégies de garde
- 11:32d'information. Bien sûr, le lobbying
- 11:35institutionnel qui
- 11:38est aussi un aspect non négligeable
- 11:41d'une opération de garde d'information,
- 11:43il en va de même aussi pour les
- 11:44campagnes de bot code diverses et
- 11:46variées qui existent aujourd'hui quand
- 11:49des structures de la société civile
- 11:51lancent une campagne pour dénigrer
- 11:53l'image d'une entreprise ou la dénoncer
- 11:56ou lui attribuer lui attribuer un prix
- 11:59pour la couvrir de honte à travers les
- 12:02réseaux sociaux. Tous ces éléments-là
- 12:04sont des éléments récurrents des
- 12:08pratiques offensives de guerre de
- 12:09l'information. Notez que dans aucun de
- 12:12ces de ces éléments, je n'ai parlé de
- 12:15désinformation. Je parle avant tout
- 12:18d'usage offensif d'une information. Une
- 12:21information qui en principe est
- 12:24vérifiable, sourcée et qui peut bien
- 12:28entendu dans le cas de ce qu'on appelle
- 12:30la guerre de l'information peut être
- 12:32détourné ou aussi manipulé.
- 12:37Alors de à deux exemples avant de passer
- 12:40à l'attaquant la société civile, je veux
- 12:42rappeler deux exemples réussis parce que
- 12:45quand on parle de tout ça, on dit "Mais
- 12:46en fait c'est bien gentil mais il se
- 12:48passe quoi ?" et c'est quoi le résultat
- 12:50? Ben, je vous mets en mémoire euh et je
- 12:52rentrerai pas dans le détail parce qu'il
- 12:54me faudrait beaucoup de temps pour
- 12:55expliquer ces deux exemples, mais deux
- 12:57euh cas de victoire stratégique
- 12:59d'acteurs de la société civile contre
- 13:02des entités bien plus puissantes, bien
- 13:06plus riches, bien plus structurées avec
- 13:09des relations beaucoup plus développées
- 13:13que ces acteurs de la société civile
- 13:15n'en avaient à l'époque. Le premier cas,
- 13:19on l'a un peu perdu de vue et c'est bien
- 13:21dommage parce que c'est vraiment une
- 13:22victoire stratégique. C'est la victoire
- 13:24des opposants à l'accord multilatéral
- 13:26sur l'investissement.
- 13:28Euh c'est une affaire qui s'est
- 13:31développée au cours de l'année 1997
- 13:35et euh qui a abouti à la défaite
- 13:40des États qui négociaient de manière
- 13:42assez discrète au sein d'une institution
- 13:43qui s'appelle l'OCDE qui est située
- 13:46porte de la nuette à Paris et qui a
- 13:49abouti à une véritable victoire
- 13:51stratégique puisque l'accord
- 13:53multilatéral sur l'investissement a été
- 13:55abandonné et Cette victoire stratégique,
- 13:58ça aussi on l'a un peu oublié et c'est
- 14:00dommage, a permis la naissance d'un
- 14:04mouvement qu'on a appelé à l'époque le
- 14:07mouvement antimondialiste qui s'est
- 14:10appelé par la suite le mouvement alter
- 14:12mondialiste. Donc un cas qui est très
- 14:15intéressant à étudier puisque une
- 14:17victoire informationnelle débouche sur
- 14:20la création d'un mouvement qui va avoir
- 14:24une certaine vivacité d'esprit mais
- 14:27aussi
- 14:28de pratiques diverses et variées à
- 14:30travers le monde avec des manifestations
- 14:33assez importantes. Rappelez-vous
- 14:34Seattle, rappelez-vous ce qui s'est
- 14:36passé aussi en Italie. Et euh certes
- 14:39aujourd'hui des organisations comme
- 14:42Attaque, puisque Attaque est né euh de
- 14:44cette dynamique, ont perdu beaucoup de
- 14:47leurs verves, beaucoup de leur
- 14:49efficacité, mais euh on peut dire quand
- 14:52même que pendant une vingtaine d'années
- 14:55euh il y a eu une dynamique très
- 14:58importante résultant d'une victoire
- 15:01informationnelle. Et le deuxième
- 15:02exemple, il est tout aussi marquant.
- 15:05Alors celui-là peut-être un peu plus que
- 15:07d'autres euh puisque on peut l'avir en
- 15:11mémoire euh c'est la victoire des
- 15:14opposants aux OGM, la victoire des
- 15:17opposants aux organismes génétiquement
- 15:19modifiés. Alors pourquoi cette victoire
- 15:21est spectaculaire ? C'est parce que elle
- 15:24est au départ menée par des groupes
- 15:26d'individus
- 15:28très isolés, issus de la société civile,
- 15:31manquant énormément de moyens, notamment
- 15:33financiers. Mais
- 15:36ils ont su exploiter une contradiction,
- 15:40on peut dire de manière assez
- 15:41remarquable en posant une question qui a
- 15:45servi de sature à toute leur
- 15:46argumentation par la suite.
- 15:49Les EGM peuvent-ils rendre malades ? Et
- 15:52les scientifiques bien entendu
- 15:54puisqu'ils étaient honnêtes, n'allaient
- 15:56pas répondre "Non,
- 15:59il n'y a aucun risque."
- 16:02Pourquoi je précise, ils doivent être
- 16:04honnêtes ? parce que une autre affaire
- 16:06qui avait d'effrayé la chronique juste
- 16:08avant l'affaire des OGM qui était la
- 16:10fameuse affaire du sang contaminé qui
- 16:14avait déstabilisé le Centre national de
- 16:16transfusion sanguine et qui avait abouti
- 16:20à cette fameuse déclaration d'une
- 16:23personne de la classe politique
- 16:25responsable mais pas coupable.
- 16:28Cette affaire là, pourquoi je vous la
- 16:29remémore ? parce que à l'époque, on a
- 16:33éteint l'incendie informationnel en
- 16:36disant on a trouvé une parade, on
- 16:38chauffe le sang, on fait attention. Mais
- 16:41les scientifiques quand ils étaient
- 16:43questionnés sur le sujet s'empresser que
- 16:47c'était pas une parade à 100 %. Il
- 16:49existait un risque de transmission du
- 16:51virus du sida à 0, quelque chose dans
- 16:55des transfusions sanguines avec du sang
- 16:57euh réchauffé. Donc tout ça pour dire
- 17:01que deux victoires stratégiques de ce
- 17:04type parce que les OGM c'est
- 17:06l'interdiction de l'usage des OGM en
- 17:09France et euh avec une influence très
- 17:12importante au niveau de l'Europe aussi.
- 17:14Ces deux victoires ont été remportées
- 17:16par des forces mais très petites avec
- 17:19des moyens ultra limités et en jouant
- 17:23sur des démonstrations
- 17:25euh où l'humain joue un rôle fondamental
- 17:29ou euh rentrer dans la faille, c'est
- 17:34tout simplement faire en sorte que la
- 17:37force qui est attaquée ne sait pas
- 17:39répondre en fait, ne trouve pas le bon
- 17:41argument. Donc là, on est euh vraiment
- 17:44dans la pratique humaine la plus
- 17:47classique de la guerre d'information.
- 17:52Alors, quand on parle justement du
- 17:54faible, euh ce qui a beaucoup changé et
- 17:58ce qu'on ne précise généralement pas ou
- 18:01alors très très rarement, une fois de
- 18:03plus, euh c'est que le faible est devenu
- 18:07fort et le fort est devenu faible. Ça
- 18:09veut dire quoi ça ? Ça veut dire que
- 18:11cette diapositive vous montre comment un
- 18:14faible aujourd'hui est capable de
- 18:17déployer des procédure de garde
- 18:19d'information sur différents champs
- 18:22avec des pétitions en en jouant un
- 18:26travail assez dynamique auprès des
- 18:29médias, auprès des leaders d'opinion euh
- 18:32en menant des opérations de happening
- 18:35sur des fractions d'opinion publique, en
- 18:37entamant des procédures juridiques avec
- 18:40de plus en plus des groupes d'avocats
- 18:42liés à des groupes d'ONG qui chassent en
- 18:45meut et qui créent une sorte de taille
- 18:48critique d'attaque juridique face à un
- 18:51adversaire, des opérations de lobby avec
- 18:54notamment cette capacité que les ONG ont
- 18:57eu au cours des 20 dernières années de
- 19:01rentrer progressivement dans le
- 19:03fonctionnement du Parlement européen
- 19:05dans ses groupes de travail.
- 19:08une visite guidée au Parlement de
- 19:09Strasbourg. Vous montrerai en quelques
- 19:11secondes comment ça se passe et comment
- 19:14une force faible occupe magistralement
- 19:17bien le terrain par rapport à des forces
- 19:21théoriquement puissantes mais qui ne
- 19:23savent réellement s'organiser que sur
- 19:25des enjeux hyper stratégiques pour elle.
- 19:29Et puis bien sûr, il y a l'apparition
- 19:31dans notre jargon à le GE à COCR 451, ce
- 19:35qu'on appelle des espaces
- 19:37informationnels autonomes, c'est-à-dire
- 19:39des euh des toiles sur la toile euh qui
- 19:46regroupe tout un tas d'individus
- 19:49qui créent en fait un univers
- 19:52particulier qui s'intéresse à lui-même
- 19:55et mais qui est dans une logique
- 19:57d'activisme.
- 19:58C'està dire là, on n'est pas dans des
- 20:00univers où un individu sert un peu de
- 20:03gourou à plusieurs centaines de milliers
- 20:04de personnes qui le regardent avec
- 20:06énormément d'attention. Non, là on est
- 20:09sur des gens très souvent inconnus,
- 20:12anonymes ou des petits groupes très mal
- 20:15connus aussi, mais qui créent une
- 20:17véritable toile et qui échange de
- 20:19l'information et qui deviennent de plus
- 20:22en plus efficaces dans leur procédure
- 20:25justement de vie informationnelle. Et
- 20:28puis bien sûr euh comment ne pas parler
- 20:31des campagnes web qui jouent un rôle euh
- 20:34non négligeable aujourd'hui euh dont la
- 20:38portée est relative, c'est-à-dire nous
- 20:41nous laissons pas aveugler par euh la
- 20:45démesure des technologies de
- 20:47l'information. Quand on essaie de
- 20:49d'avoir une échelle de rentabilité sur
- 20:51ces fameuses campagnes web, souvent on
- 20:54est très très déçu euh de leur durée de
- 20:56vie et surtout de leur influence, hein.
- 20:59Euh on peut par exemple faire une vidéo
- 21:01vue par plusieurs centaines de milliers
- 21:02de personnes lorsqu'elle sort ou ou dans
- 21:05les 15 jours après sa sortie. Et puis
- 21:07après, ça c'est des enquêtes qu'on a
- 21:09amené à GE. Euh on on interview l'auteur
- 21:13de la vidéo, une une vidéo par exemple
- 21:15pour dénigrer une marque euh automobile
- 21:18comme il y en a eu certaines il y a
- 21:20quelques années et l'auteur dit "Bah sur
- 21:22mon site internet, j'ai eu quelques
- 21:25dizaines de nouveaux abonnés et c'est
- 21:27tout." et en fait depuis plus rien. Donc
- 21:30il faut être très vigilant sur la mesure
- 21:34de toutes ces euh de toutes ces armes,
- 21:37de tous ces moyens d'action. Mais une
- 21:39chose est certaine, c'est que le faible,
- 21:41lui, il peut mobiliser un certain nombre
- 21:43de personnes sur différents axes, que ce
- 21:46soit, vous savez comme moi, des
- 21:47bénévoles euh voir beaucoup de
- 21:49bénévoles, euh que ce soit des
- 21:51professionnels, hein, il est clair quand
- 21:53je parlais de de groupe d'avocats, là on
- 21:55parle de professionnels, mais ça peut
- 21:57être aussi bien sûr des journalistes ou
- 22:00des influenceurs spécialisés qui vivent
- 22:03de ça d'ailleurs en partie et qui
- 22:05deviennent des relais d'opinion euh dans
- 22:08ce qu'on appelle les couches
- 22:09protestataires d'une société civile. En
- 22:12face, en face, il y a le monde de
- 22:15l'entreprise. Et là, le monde de
- 22:17l'entreprise dans les années avant
- 22:21Internet, il était hyper puissant. C'est
- 22:23lui qui avait les capacités de parler
- 22:25aux médias, de parler aux politiques,
- 22:29de faire passer des propositions de loi,
- 22:31voire d'être très influent dans la dans
- 22:35un projet de loi gouvernementale et
- 22:37cetera.
- 22:39Il avait aussi des canaux et il les a
- 22:41toujours d'ailleurs journalistique. Il
- 22:43possède tout un tas de journaux comme
- 22:45vous le savez. Mais et là commence le
- 22:48problème, euh les forces sont quand même
- 22:51très réduites. C'est-à-dire que euh
- 22:56mobiliser des journalistes
- 22:57d'investigation, mobiliser des
- 22:59journalistes qui vont être spécialisés
- 23:01pour contrer euh des attaques venant de
- 23:05la société civile, bah c'est pas facile.
- 23:09pas facile parce que il y en a pas
- 23:10beaucoup et encore faut-il qu'il soit à
- 23:14la hauteur de la tâche d'ailleurs. C'est
- 23:16pas simplement quelqu'un qui est en moto
- 23:18et qui va filmer une manifestation de
- 23:20gilet jaune he c'est pas ça ou avec une
- 23:23un téléphone portable même
- 23:24professionnalisé. Non. Euh il est clair
- 23:28que les faibles sont plus nombreux que
- 23:30les forts, que dans une entreprise,
- 23:32quand on est victime d'une attaque comme
- 23:34celle qu'on voit sur la partie gauche de
- 23:36l'écran, euh jusqu'à une période encore
- 23:39très récente, et c'est encore vrai pour
- 23:41la grande majorité des entreprises,
- 23:43quand il y a cette attaque dite
- 23:45informationnelle, on confie le dossier à
- 23:47un cadre supérieur. un dossier qui
- 23:49s'ajoute à la pile de celui qui l'a déjà
- 23:51traité
- 23:53que et généralement son temps est
- 23:56compté. Il peut pas développer beaucoup
- 23:58d'énergie sur des périodes longues. Donc
- 24:01la faiblesse, elle apparaît en quoi ?
- 24:03Elle apparaît quantitativement. Le fort
- 24:06n'a pas les moyens quantitatifs pour
- 24:07faire face au faible.
- 24:10Elle apparaît aussi au niveau de comment
- 24:14dire la manière dont on perçoit l'enjeu
- 24:18stratégique.
- 24:20Car pour une entreprise lorsqu'elle est
- 24:22attaquée, plus vite elle se sortira du
- 24:26problème, mieux ça sera vécu par son
- 24:30comité exécutif et son PDG en
- 24:32particulier. Et quand les affaires
- 24:34traînent ou s'allongent, c'est jamais
- 24:37bon. Et en général, d'une manière ou
- 24:39d'une autre, c'est excessivement rare
- 24:43qu'une entreprise reste longtemps
- 24:46mobilisé avec des moyens très réduits,
- 24:49même si elle a beaucoup d'argent ou des
- 24:52capacités d'influence auprès du
- 24:53politique ou des médias, ça ne dure pas
- 24:58des années et encore moins des mois.
- 25:00C'est exceptionnel.
- 25:02Donc voilà, retenez bien que et ça on
- 25:05vous le dit pratiquement jamais, le
- 25:07faible est devenu fort et le fort s'est
- 25:10très largement fragilisé par rapport au
- 25:14faible.
- 25:21Alors, quand on parle d'axe d'attaque de
- 25:24guerre de l'information,
- 25:26euh en fait, il y en a deux qui sautent
- 25:30aux yeux plus que tous les autres. Le
- 25:32premier dont on parle très peu, ce qui
- 25:35est toujours troublant, le CR 451 est
- 25:38une des très rares structures à
- 25:41s'intéresser aux stratégies d'occupation
- 25:44du terrain par la connaissance.
- 25:46Et là, je parle pas de knowledge
- 25:47managementin. Ne ne ne faisons pas cette
- 25:50confusion. Je parle de force qui,
- 25:54voulant être offensif,
- 25:57euh aller sur un terrain offensif,
- 26:00pardon,
- 26:01estime que la meilleure attaque, c'est
- 26:05d'occuper le terrain avant que
- 26:07l'adversaire ne le fasse. Et occuper le
- 26:10terrain, ça veut dire quoi ? Ça veut
- 26:13dire être plus démonstratif que
- 26:15l'adversaire, se faire mieux entendre
- 26:17que l'adversaire, ne pas se faire
- 26:19diaboliser bien entendu et avoir des
- 26:23capacités
- 26:25réelles de production de connaissance.
- 26:27C'est la raison pour laquelle par
- 26:28exemple on dit que les États-Unis
- 26:31d'Amérique
- 26:33dans le domaine géoéconomique
- 26:35sont de très très loin et depuis
- 26:38longtemps la puissance la plus offensive
- 26:42et la plus efficace. J'insiste sur le
- 26:45terrain géoéconomique. Euh quand j'étais
- 26:48avec Nicolas Moinet, un telco DCI, on a
- 26:51commencé très sérieusement au début des
- 26:53années 90 à travailler sur les
- 26:54fondations américaines, sur les relais
- 26:56d'opinion américain, sur les structures
- 26:59qui a environnent le pouvoir politique
- 27:01américain.
- 27:03Et on a constaté une chose mais vraiment
- 27:07qui nous a sauté aux yeux, c'est que la
- 27:10force américaine c'était cette capacité
- 27:14de démultiplier
- 27:16des opérations informationnelles avec
- 27:19des supports très différents et de plus
- 27:23en plus réel. C'est-à-dire euh quand on
- 27:28passe par une fondation, c'est pas une
- 27:29fausse fondation, c'est une fondation
- 27:31qui existe. Quand on passe par euh un
- 27:35cabinet d'audit, et bien dans ce cabinet
- 27:37d'audit, il y a des gens opérationnels
- 27:40qui savent se connecter sur des enjeux
- 27:43liés à la compétition mais qui peuvent
- 27:45être aussi des enjeux autres que la
- 27:47compétition, qui peuvent être des enjeux
- 27:48de puissance. C'est vrai aussi pour les
- 27:51cabinets d'avocat, c'est vrai euh y
- 27:54compris euh dans les milieux
- 27:55académiques, pas tous bien sûr, dans
- 27:57certains. Et on a cette capacité
- 28:01extraordinaire des États-Unis à
- 28:04développer des offensives redoutables.
- 28:07Et quand je parle de ça, je parle pas de
- 28:09la FA Stom, entendons-nous bien. Je
- 28:11parle d'opération de longue durée pour
- 28:17rendre l'autre dépendant.
- 28:21Euh et non pas pour le déstabiliser ou
- 28:23lui voler l'entreprise et cetera. Non
- 28:26non, j'ai bien dit le rendre dépendant
- 28:30et c'est pas du tout la même chose. Et
- 28:33aujourd'hui
- 28:35en 2026 on a encore un mal fou à faire
- 28:41comprendre que
- 28:44mener des stratégies offensives
- 28:47sur le terrain géoéconomique
- 28:51voire aussi concurrentiel d'ailleurs,
- 28:54c'est être capable. je le répète, de
- 28:56mieux occuper le terrain en produisant
- 28:58de la connaissance. Et cette
- 29:00connaissance, c'est pas de la publicité.
- 29:02Cette connaissance, c'est pas la
- 29:04communication d'une entreprise. Cette
- 29:06connaissance, elle est fabriquée par des
- 29:10structures
- 29:11qui sont dans la société civile mais qui
- 29:14ne sont pas gérées par des faibles mais
- 29:17qui sont gérés par des forts. Et ça, les
- 29:20États-Unis ont su le faire. Et à ma
- 29:22connaissance
- 29:24encore aujourd'hui, ils sont très très
- 29:28très forts au sens résultat du terme euh
- 29:33et certainement de loin les meilleurs au
- 29:35niveau mondial. Petite remarque
- 29:38et là c'est une remarque qui est pas
- 29:41négligeable.
- 29:43C'est pas du tout le cas sur le plan
- 29:45géostratégique
- 29:46ou
- 29:48au contraire
- 29:50d'année en année, de conflit en conflit
- 29:52depuis 20 ans, on voit les États-Unis
- 29:55démontrer
- 29:57beaucoup de faiblesse en matière de
- 29:59guerre de l'information et dans leur
- 30:02manière de gérer des stratégies de garde
- 30:04d'information. Je parle du
- 30:06géostratégique et je distingue bien le
- 30:09géostratégique du géoéconomique.
- 30:12Aujourd'hui, dans tous les ouvrage qui
- 30:14sont sortis depuis 10 ans sur ce sujet,
- 30:18aucun d'entre eux, je le répète, aucun
- 30:22d'entre eux
- 30:25ne sait ou n'a voulu faire cette
- 30:29distinction. Or, au CR 451, on estime
- 30:33que cette distinction est fondamentale
- 30:36et très très importante. Il faut
- 30:39pratiquement en arriver à des
- 30:41démonstrations par l'absurde. Et je ne
- 30:43vais pas ouvrir le dossier de ce qui se
- 30:46passe autour du golfe persique dans le
- 30:49conflit au Moyen-Orient pour comprendre
- 30:52que ceux qu'on croyait fort sont devenus
- 30:56faibles
- 30:58et ce n'est pas simplement à cause des
- 31:01peut-être des excentricités
- 31:04intellectuelles de tel ou tel chef
- 31:05d'état. Non, c'est
- 31:08un sujet qui mériterait d'être fortement
- 31:11étudié et fortement appréfondi. Et à ma
- 31:14connaissance, je le répète, mais je vous
- 31:16rassure, le C 451 travaille très
- 31:20activement sur ce sujet. Euh, il est
- 31:23temps de comprendre pourquoi par exemple
- 31:25les États-Unis sont hyper efficaces de
- 31:27la guerre d'information sur le terrain
- 31:29géoéconomique
- 31:31et de moins en moins efficace sur le
- 31:33terrain de la guerre en guerre de
- 31:35l'information pardon sur le terrain
- 31:36géostratégique.
- 31:39Alors, il n'y a pas qu'occuper le
- 31:41terrain par la connaissance. Il y a
- 31:42aussi la deuxième
- 31:46méthode qui consiste à fragiliser
- 31:48adversaire. Donc là, je vais pas être
- 31:50long puisqu'on va y revenir par la
- 31:52polémique, par l'orchestration de caisse
- 31:54de résonance et bien entendu une fois de
- 31:56plus par la manière dont on fait naître
- 32:00des débats dans l'opinion publique. On
- 32:02va y revenir.
- 32:07Alors, je vais céder la parole justement
- 32:10à un membre de notre équipe qui est
- 32:13François et qui va nous expliquer un cas
- 32:18qui illustre un peu ce que ce que je
- 32:20viens de dérouler et qui est le cas du
- 32:22Lavajato. Je prononce très mal,
- 32:25excuse-moi François, au Brésil. Je te
- 32:26cède la parole.
- 32:29Merci Christian, merci Arnaud et bonsoir
- 32:31à tous nos auditeurs. Je vous ai je vous
- 32:33emmène en effet au Brésil
- 32:35où entre 2014 et 2021 s'est déroulé une
- 32:39opération dont vous avez certainement
- 32:41entendu parler qui s'appelle le lavage à
- 32:43tout ou carw en anglais, lavage de
- 32:46voiture en français
- 32:48qui a constitué une très très vaste
- 32:52opération judiciaire donc conduite par
- 32:55le pouvoir judiciaire officiel. et au
- 32:57Brésil enraciné dans un tribunal fédéral
- 33:00sur le sud et au sud du Brésil qui dans
- 33:03la ville de Kuritiba et qui a consisté à
- 33:06organiser une croisade anticorruption
- 33:09au Brésil
- 33:11étant donné que le phénomène de la
- 33:14corruption n'est pas simplement un
- 33:16épiphénomène, n'est pas seulement une
- 33:17question marginale
- 33:19comme vous le savez certainement avec
- 33:20les écomédiatiques qui ont été faits pas
- 33:23simplement autour de cette affaire mais
- 33:24du Brésil en général. sinon attrait à
- 33:27quelque chose que les Brésiliens
- 33:29eux-mêmes nomment le physiologisme.
- 33:32physiologie, c'est-à-dire l'existence
- 33:35d'une strate
- 33:37permanente finalement
- 33:39et de collusion entre le monde privé
- 33:43corporatif et la sphère politique où
- 33:46chacun de part et d'autre en fonction
- 33:47des opportunités, des calendriers et
- 33:49cetera achète des faveurs, finance des
- 33:53opérations
- 33:54et de manière à
- 33:57galvaniser des des mandats politiques,
- 33:59de manière à galvaniser, conquérir des
- 34:01marchés ou affaiblir. Bref, une strade
- 34:05opérationnelle
- 34:07dans laquelle converge tout un ensemble
- 34:10d'intérêts et qui constitue une réalité
- 34:12réellement et structurée au Brésil.
- 34:15Cette opération, elle est montée par des
- 34:17juristes qui sont fatigués entre
- 34:20guillemets de ce qui se passe au Brésil.
- 34:21Il y a eu juste avant 2014, en 2013,
- 34:24toute une série de mobilisations
- 34:26spontanées au Brésil
- 34:28dans près de 500 villes brésiliennes où
- 34:31la population dénonce des augmentations
- 34:33de tarifs, des difficultés pour
- 34:35maintenir un niveau de vie, de baisse du
- 34:37pouvoir d'achat.
- 34:39Et ces juristes sont
- 34:42convaincus que le Brésil a du plomb dans
- 34:44l'aile au sens propre, au sens figuré.
- 34:47C'est-à-dire que la corruption
- 34:49et entache son étudian de croissance. Ce
- 34:52qui est vrai, je cite par exemple les
- 34:54évaluations de l'ONU qui estiment à
- 34:57environ 200 milliards de réal
- 35:00brésiliens, c'est-à-dire 50 milliards de
- 35:02dollars américains, le volume annuel
- 35:05détourné par la corruption. Donc c'est
- 35:08un vrai sujet. ces juristes sont
- 35:10convaincus qu'il faut tourner la page.
- 35:12Soit dit en passant, ils ont été formés
- 35:15et je veux dire ça peut être d'une
- 35:16manière tout à fait compréhensible et
- 35:20presque naturel
- 35:22aux États-Unis dans les certaines
- 35:24universités américaines qui comme vous
- 35:26le savez et au-delà des universités
- 35:30participent
- 35:32à la formation des unités d'intelligence
- 35:35au sein de l'Amérique latine avec des
- 35:37programmes de coopération, des
- 35:38initiatives notamment autour du
- 35:40département of justice.
- 35:43ou par exemple du FCPA américain, du
- 35:45Foreign Corpractice Acts qui a été monté
- 35:48dans les années 76 77 et qui consiste à
- 35:52projeter à l'extérieur
- 35:54les dispositifs juridiques et
- 35:57d'influence États-Unis et qui dans ce
- 36:00cas valide le fait que les États-Unis
- 36:02vont coopérer très concrètement avec ses
- 36:05juristes précédiens avec le lavage à
- 36:07tout pour fournir des opérations de type
- 36:09géoéconomique, juridique et bancaire sur
- 36:13les flux qui ont été opérés autour du
- 36:14Brésil dans cette période et avant.
- 36:17Comment ça se passe concrètement ? Et
- 36:19bien
- 36:21l'agenda commence en mars 2014 à partir
- 36:24d'appréhension judiciaire comme on peut
- 36:25se l'imaginer dans un
- 36:28un milieu judiciaire qui
- 36:31identifie des figures, des manœuvres
- 36:34frauduleuses,
- 36:35organise des appréhensions, des
- 36:37détentions prévisoires et cetera et
- 36:38cetera et après un départ on va dire
- 36:41assez discret en mars 2014
- 36:44où le milieu judiciaire travaille de
- 36:46manière et séparée avec l'espace
- 36:49médiatique et informationnel
- 36:52et bien on va voir et les deux sphères
- 36:55se superposaient dans une et optique
- 36:57totalement multichamp et multiacteur
- 36:59chose dont on a parlé dans le webinaire
- 37:00précédent
- 37:02et où même l'amplification obtenue par
- 37:06la dimensionnelle informationnelle
- 37:08pardon va carrément placer
- 37:13cette dimension au-dessus du politique à
- 37:16tel point que les figures judiciaires
- 37:19qui seront
- 37:21mises en exergicaire
- 37:24vont devenir des sortes de superhéros,
- 37:26des figure populaires que les Brésiliens
- 37:28vont suivre, que les Brésiliens vont
- 37:31même
- 37:32organiser au sein de certains mouvements
- 37:34sociaux spontanés. Je pense par exemple
- 37:36à Brasil libret qui est un mouvement
- 37:38social qui est né justement à partir du
- 37:41des préoccupations du lavageouille un
- 37:43petit peu avant avec ces manifestations
- 37:44de 2013
- 37:47et qui va conduire y compris à la
- 37:49destitution d'une présidente de la
- 37:50présidente Dilma Roussev qui avait été
- 37:52élue donc fin 2010
- 37:55et qui perdra son mandat officiellement
- 37:58en 2016. Et vous allez voir avec la
- 38:00photo suivante
- 38:03que ça n'est pas du tout une
- 38:06figure de style. On a
- 38:09entre 2014 et 2021 donc au cours de ce
- 38:13lavage à tout des manifestations
- 38:14spontané qui érige en héros et là on a
- 38:18directement Superman qui est mise en
- 38:20scène dans cette mobilisation devant le
- 38:22palais présidentiel
- 38:24brésilien sur brésilien
- 38:27et la figure d'un monsieur qui est
- 38:29Sergio Morau qui n'est pas moins que
- 38:31l'un des coordinateurs de la plateforme
- 38:34judiciaire du lavaget. Pourquoi est-il
- 38:36élevé en héros ? Bien, tout simplement
- 38:37parce que
- 38:39l'action de ces juristes est de
- 38:43d'exposer
- 38:45évidemment par l'agenda judiciaire et
- 38:48d'autant plus avec le reporting
- 38:50médiatique, le suivi médiatique précis
- 38:53et séquencé qui va se faire durant
- 38:55toutes ces années,
- 38:58les gestes frauduleux, les détournements
- 39:02et finalement la délégitimation du
- 39:05politique.
- 39:06et mise en scène donc par les B.
- 39:11Alors, il y a un moment particulier qui
- 39:13est qui marque très très bien comment
- 39:16l'espace informationnel est mette à faux
- 39:19et vient surplomber le politique. C'est
- 39:22on est en octobre 2014 juste en amont de
- 39:25la campagne présidentielle et de la même
- 39:28même moment qui a lieu en octobre. La
- 39:31revue VJA au Brésil qui est une revue de
- 39:34tirage national.
- 39:35pointe les deux figures présidentielles.
- 39:37Donc Lou Silva est sur votre sur la
- 39:40droite de la de la couverture et Dima
- 39:42Roussef sur la gauche en disant donc en
- 39:46titre en rouge hein qu'il savait qu'ils
- 39:48étaient au courant de tout. Au courant
- 39:49de quoi ? Bah de certaines manœuvres
- 39:51d'achat de faveur et de prébes donc au
- 39:53sein de l'appareil institutionnel avec
- 39:55des acteurs privés.
- 39:58C ce fait est démontré par des
- 39:59témoignages directs d'intermédiaire qui
- 40:02se sont rapprochés qui ont été
- 40:03appréhendés par la justice. Donc cette
- 40:05revue expose ce fait
- 40:09le transforme en élément informationnel
- 40:11qui est diffusé au niveau national et
- 40:13international 15 jours en amont de la
- 40:15compagne présidentielle. Ça n'empêche
- 40:17pas à l'époque vu les rapports de force
- 40:20la nature des écosystèmes médiatiques au
- 40:22parti des travailleurs donc le parti de
- 40:24Demma Roussef et de Loua de gagner les
- 40:26élections présidentielles. Sauf que
- 40:30dans la période qui va suivre, cette
- 40:31éion
- 40:33produit du résultat entre l'agenda
- 40:36judiciaire et la propagation
- 40:38informationnelle par les médias et les
- 40:40réseaux, on va dire de manière générale,
- 40:43aboutit chemin faisant à une pression
- 40:45parlementaire suffisamment forte pour
- 40:47construire un empêchement. Donc une
- 40:50destitution parlementaire de Diar Oussef
- 40:52qui a lieu en août 2016 après tout un
- 40:56processus de d'audition et cetera et
- 40:58cetera
- 41:00et qui donc laisseéphalique
- 41:02d'une certaine manière la la conduite de
- 41:04la de la présidence
- 41:07de l'exécutif brésilien. Dimarous est
- 41:09remplacé par un autre une autre figure
- 41:12politique Michel Temer qui est très très
- 41:13controversé.
- 41:15Là, j'insiste sur un point qui est
- 41:16central pour comprendre ce rapport de
- 41:18force, c'est que à aucun moment,
- 41:22et c'est en cela que les dirigeants du
- 41:24PT brésilien sont très très intelligents
- 41:27sur le plan des rapports de force et
- 41:29dans la démarche du du
- 41:31rapport du faible au fort qu'a mentionné
- 41:34Christian, c'est que ces dirigeants vont
- 41:36dire "Nous sommes coupables." Non, ils
- 41:39vont dire "Nous sommes la cible."
- 41:42Autrement dit, nous sommes victimes d'un
- 41:45plan offensif qui nous vise, qui nous
- 41:47inculpe. Certes, tous les partis sont
- 41:50visés et c'est un fait que la campagne
- 41:53judiciaire met en avant. C'estàd que
- 41:55tous les partis politiques au Brésil
- 41:56sont
- 41:58pris la main dans le sac avec ces
- 42:00manœuvres de de corruption. Certes, sauf
- 42:03que ces deux figures et d'autres et se
- 42:06maintiennent légitimement comme victime
- 42:08dans une démarche de
- 42:10cible visé par un appareil qui veut
- 42:13comme l'a montré le processus avec
- 42:14Dimarousf qui veut leur couper la tête.
- 42:17image suivante.
- 42:20Alors cette diapo a été
- 42:23présentée par un des coordinateur par
- 42:26Deltan d'Alagol
- 42:29lors d'une audition judiciaire justement
- 42:32elle symbolise
- 42:33graphiquement ce qui se passe autour de
- 42:35Loua. C'estd que après Diaroussev qui
- 42:37est tombé c'est autour de B Silva de
- 42:40tomber ce qui va effectivement se passer
- 42:43en
- 42:44au cours de l'année 2018. Et tous les
- 42:47motifs qui sont invoqués pour justifier
- 42:50la participation de Doula dans ces
- 42:53affaires fondueuleuses sont
- 42:55exprimé dans cette diapo. Il y a tout un
- 42:57tas d'affaires qui sont qui sont
- 42:59mentionnées, notamment le pétro avec la
- 43:01la participation d'entreprise Pétrobasse
- 43:03dans et qui ce qui est en charge de la
- 43:06production pétrolière au niveau national
- 43:08dans ces flux de corruption
- 43:11des affinités, des complicités avec les
- 43:13politiques et cetera et cetera. Loua est
- 43:15effectivement mis et est inculpé
- 43:17judiciairement
- 43:19avec des faits, avec des évidences,
- 43:22tout le temps dans une optique où
- 43:25lui-même se dira innocent et victime
- 43:27d'un abus et de pouvoir et d'une
- 43:29excessive judicialisation
- 43:32et de la sphère politique.
- 43:36cette opération tout d'un coup qui comme
- 43:40vous le comprenez très bien et renverse
- 43:43et rabat les cartes au niveau de la
- 43:45politique nationale brésilienne et qui a
- 43:47des écho internationales comme vous le
- 43:48savez puisque différents dirigeants et
- 43:51figures vont tomber en Amérique latine y
- 43:53compris jusqu'en Europe
- 43:55tout d'un coup va se renverser au cours
- 43:57de l'année de 2019. Comment ça va se
- 43:59passer ? He ça va se passer avec
- 44:02l'action d'un seul individu qui est
- 44:06ici sur cette photo qui s'appelle Walter
- 44:08Delgatin Netto alors qui va pas utiliser
- 44:10son pistolet et sa mitrailleuse pour
- 44:13pour régler ses comptes mais qui va
- 44:15plutôt s'infiltrer de manière
- 44:17intelligente dans la plateforme de
- 44:18messagerie de et du lavage à tout
- 44:21c'estàdire des juristes en charge du
- 44:22lavage à tout qui extrait plusieurs
- 44:24terrabyes d'information dans le cadre
- 44:26d'un piratage que lui est organisé il
- 44:29est passé seul dans l'affaire. En
- 44:30réalité, il y a différents complices.
- 44:33Il extrait ces et ces informations qui
- 44:36sont confirmées ensuite par les
- 44:38juristes. C'est qu'il y a eu
- 44:39effectivement un piratage confirmé. Ce
- 44:40n'est pas une construction totale
- 44:43performative de ces des informations et
- 44:46qui va ensuite les proposer
- 44:49à un média qui s'appelle The Intercept
- 44:51Brasil qui a été créé par Glenn
- 44:53Greenwell. C'est un nom qui raisonne
- 44:56dans vos têtes. C'est quelqu'un qui
- 44:58était euh
- 45:01et au côté de d'Edward Snouden au moment
- 45:04des révélations sur l'espionnage
- 45:05États-unien autour pratiqué disons par
- 45:08la NSA, espionnage international qui a
- 45:11créé un portail de divulgation
- 45:14de ce type de d'infiltration et de
- 45:17compromate on va dire et qui a créé un
- 45:19chapitre au Brésil qui va durant les 2
- 45:23ans qui suivent. C'est-à-dire qu'à
- 45:24partir de 2019, publier deux fois par
- 45:27mois des reportages qui reprennent les
- 45:30contenus piraté sur cette messagerie
- 45:35qui vont parfois les restutier de
- 45:37manière assez fidèle parce qu'on on
- 45:38saura en cours de route que certaines
- 45:41personnalités valident la véracité des
- 45:44informations qui seront publiées sur ce
- 45:46portail. Donc on a supposément une
- 45:48confirmation de leur véracité mais qui
- 45:50en même temps amplifie des formes et
- 45:53altère certaines information pour dire
- 45:57que la conduite du lavage atout a été
- 45:59surtout orientée pour attaquer la figure
- 46:02politique de Louada Silva.
- 46:04Donc durant 2 ans de 2019 à 2021 à 2021,
- 46:08on a une égressive et une construction
- 46:12sur le plan informationnel
- 46:15d'un d'une remise en question totale du
- 46:17lavage à tout puisque celle-ci, cette
- 46:19opération est questionnée sur le fond en
- 46:22disant "Vous, juristes
- 46:25avez poursuivi un agenda biaisé et
- 46:29orienté vers la destitution du J Silva
- 46:31et de son érosion publique
- 46:34à travers l'outil et la l'arsenalisation
- 46:37de la de l'espace judiciaire en lien
- 46:39avec l'informationnel et tout ça aboutra
- 46:42chemin faisant après différents
- 46:45rebondissements et cetera je passe
- 46:46rapidement sur et la libération et la
- 46:50désactivation de l'opération lavage à
- 46:52tout et la libération de Loua da Silva
- 46:55da Silva ayant été appréhend au cours de
- 46:59l'année et 2018 et ensuite libéré au
- 47:03cours de la 19. Il s'inscrit ensuite
- 47:05dans la il était candidaté à la
- 47:07présidentielle en 2018, il doit s'en
- 47:09retirer dû à à sa détention. Il revient
- 47:12sur la scène politique et il gagne les
- 47:14élections
- 47:17à la fin de l'année 2018.
- 47:20Et donc on est là pour conclure comme
- 47:23vous avez
- 47:25comme vous avez dû l'apercevoir
- 47:29une un retournement quasiment
- 47:31completaire
- 47:35couplée avec l'agenda informationnelle
- 47:39qui a installé Louada Silva et tout un
- 47:42ensemble de figures politico-économiques
- 47:46comme des comme des victimes comme des
- 47:50et des agents et des des figures et ont
- 47:53participé à des manœuvres roduleuses.
- 47:56Le lavage à tout au final va se
- 47:58dissoudre durant l'année 2021 avec tout
- 48:02un tas de d'absolutions sur des peines
- 48:04qui ont été prononcées officiellement.
- 48:07Comme je vous ai dit, et le PT revient
- 48:10au pouvoir en 2000 18 plus ensuite en
- 48:142022.
- 48:17Et je voudrais insister sur le fait que
- 48:21quand on connaît un petit peu la réalité
- 48:23en profondeur des Amériques
- 48:26et qu'on se souvient de ce que j'ai
- 48:27signalé au début, c'est-à-dire sur la
- 48:29participation des États-Unis dans la
- 48:32formation des juristes qui sont présents
- 48:34dans le lavage à tout quand on a
- 48:36conscience que ce portal d'information
- 48:39alternatif on va dire civil nommé
- 48:43interfait Brésil a été financé notamment
- 48:45avec des apports États-Unis avec des
- 48:48gens qui gravitent dans des réseaux
- 48:49influences et cetera.
- 48:53On a
- 48:54au-delà de ce qu'on peut appeler un
- 48:57retournement d'opération,
- 49:01la possibilité d'avoir
- 49:03une guerre informationnelle
- 49:04théâtralisée, c'est-à-dire
- 49:07menée par des gens qui souhaitent
- 49:09organiser une table rase entre
- 49:11guillemets de la politique brésilienne
- 49:13et qui pour cela aurait imaginé
- 49:18d'abord une phase offensive qu'on l'a vu
- 49:20et avec Dimaroussev et et Loua da Silva
- 49:24de manière à faire tomber ses dirigeants
- 49:26politiques et ensuite un retournement
- 49:29complet qui est fait passer du statut de
- 49:31victime
- 49:33au statut de et
- 49:37de cible erroné justement de cette de
- 49:40cette opération et qui les réinsère dans
- 49:42le circuit politique et qui les fait
- 49:46devenir des figures victorieuses dans le
- 49:48cadre de ce retournement. C'est une
- 49:50hypothèse qu'il faudrait évidemment
- 49:51gratter beaucoup plus en profondeur. Je
- 49:53la signale pour euh faire le lien entre
- 49:57les guerre de l'information et cet
- 50:00étagement stratégique qu'il est
- 50:01important d'avoir en tête pour en
- 50:03comprendre les différents et
- 50:05sous-bassements et porté stratégiques.
- 50:10Merci François. Donc pour le principe
- 50:12suivant, la guerre de l'information est
- 50:15une guerre civile et militaire. Je donne
- 50:18la parole à à Christian Arbulot.
- 50:20Christian, réactive ton micro.
- 50:22Oui, c'est bon.
- 50:25Alors,
- 50:26cette guerre
- 50:28euh
- 50:31elle a comme particularité, si tu veux
- 50:33passer justement
- 50:35euh à la nouvelle diapo euh
- 50:40de d'avoir deux champs de créativité. Et
- 50:44là, je reviens un peu sur ce qui est
- 50:46publié depuis un certain nombre
- 50:47d'années. Il est tout à fait normal et
- 50:49légitime que le champ de créativité
- 50:52principal euh soit d'origine militaire.
- 50:56Alors, entendons-nous bien. En France,
- 50:58il y a eu une sorte de traumatisme
- 51:02postger d'Algérie qui a gelé le
- 51:05savoir-faire issu du monde militaire
- 51:09et élaboré durant les guerres
- 51:11coloniales. Et là, je vous renvoie
- 51:14à des épisodes de 50 ans de garde de
- 51:16l'information en podcast, donc sur le
- 51:18site du CR 451
- 51:21que vous pouvez écouter.
- 51:23Mais
- 51:25cette créativité militaire
- 51:29a été petit à petit et très lentement
- 51:32réactivé à partir de la fin des années
- 51:3590 sous la pression d'ailleurs du monde
- 51:38anglo-saxon
- 51:40car c'est ce monde anglo-saxon à ce
- 51:42moment-là qui
- 51:44menait des
- 51:46des opérations assez importantes de
- 51:49communication
- 51:52sur le sujet
- 51:53de de mise en avant de concept
- 51:55information warfare et d'autres.
- 51:59Et
- 52:00il est vrai que depuis la Première
- 52:03Guerre du golf jusqu'à toutes les
- 52:06opération qui qui se sont enchaîné
- 52:09après,
- 52:11il est clair que le monde militaire
- 52:13anglo-saxon intervenant au Moyen-Orient
- 52:16ou en Afghanistan
- 52:18voire en Afrique
- 52:20euh
- 52:22anglophone euh
- 52:25a dû euh se poser beaucoup de questions
- 52:30sur cette notion
- 52:33de guerre de l'information.
- 52:36Et bizarrement, comme je l'ai dit tout à
- 52:37l'heure, même s'il y a eu énormément de
- 52:40publications, même s'il y a eu plusieurs
- 52:42concepts mis en avant qui ont évolué
- 52:44dans le temps, euh même s'il y a eu,
- 52:47rappelez-vous,
- 52:49durant la guerre en Afghanistan, le
- 52:51général Petreus qui n'a pas hésité à
- 52:54rappeler la créativité militaire
- 52:56française à travers les écrits de de
- 52:59Galula et et de Trinquier, euh
- 53:03force, c'est de constater que le rés
- 53:04résultat euh n'est pas à la hauteur des
- 53:08espérances. C'est-à-dire que la
- 53:12créativité du fort côté anglo-saxon a
- 53:15été pour le moins peu efficace voire
- 53:22catastrophique dans certains cas.
- 53:25Et donc euh
- 53:27ce sujet me renvoie
- 53:31à une autre forme de créativité dont on
- 53:33parle peu à tort d'ailleurs qui est la
- 53:37créativité subversive.
- 53:40Pourquoi ? Parce que lorsqu'on aura
- 53:43enfin réussi à
- 53:47mieux sensibiliser le monde académique
- 53:49sur ces questions là, pour peu qu'il
- 53:51souhaitent être sensibilisé d'ailleurs,
- 53:54on pourra aborder le fond du problème.
- 53:57Et le fond du problème, qu'est-ce que
- 53:58c'est ? et que
- 54:01depuis le 19e siècle jusqu'à
- 54:03aujourd'hui,
- 54:05le moteur
- 54:07de la guerre de l'information
- 54:10s'est énormément alimenté de la
- 54:12créativité subsive. Pourquoi s'est-il
- 54:16fortement alimenté de la créativité
- 54:19subversive ?
- 54:20C'est pas simplement le cours des
- 54:22événements
- 54:24qui
- 54:26l'expliqu, c'est tout simplement parce
- 54:29que
- 54:31les mouvements révolutionnaires
- 54:33n'avaient pas d'autre choix que
- 54:37d'essayer de se développer en utilisant
- 54:41par tous les moyens possibles le recours
- 54:43à l'information, le recours à la
- 54:46propagande par le fait, le recours à
- 54:48tout un tas de d'éléments où l'écrit,
- 54:51l'oral, la mise en scène, voir le
- 54:53spectacle, euh l'image, la musique et
- 54:56cetera, tout ça contribuer à un effort
- 55:00de volonté de se faire entendre et de se
- 55:05faire entendre dans les couches de la
- 55:08société que ces mouvements
- 55:10révolutionnaires cherchaient à
- 55:11atteindre. euh
- 55:14en priorité bien entendu d'intelligencia
- 55:17euh telle qu'elle est apparue en Russie
- 55:19ailleurs et puis aussi euh euh dans des
- 55:23euh fractions de population euh qui euh
- 55:27comprenaient le discours, euh comme on
- 55:29dit euh la terre au paysans, la paix
- 55:32maintenant, les fameux slogans
- 55:34bolcheviques.
- 55:36C'était beaucoup plus compréhensible que
- 55:40le slogan des armées blanches donc qui
- 55:44défendait le
- 55:46l'empire Zaris ou du moins ce qu'il en
- 55:48restait comme image et qui disait il
- 55:50faut une nouvelle constituante et une
- 55:52nouvelle constitution plutôt qui défende
- 55:57l'intérêt de la Russie. C'est un message
- 56:00était audible, il pouvait être
- 56:01opportuniste ou démagogique, l'autre ne
- 56:03l'était pas du tout était
- 56:04incompréhensible.
- 56:05Donc déjà, on a cette différence mais
- 56:08elle s'est manifestée dans beaucoup de
- 56:10domaines, pas simplement qu'en Russie
- 56:12euh avant la révolution bolchevique ou
- 56:14au cours de la révolution de la
- 56:16révolution bolchevique, elle s'est
- 56:17manifestée aussi dans beaucoup de pays
- 56:21et notamment, comme vous le savez, à
- 56:24travers tout le processus de
- 56:27lutte contre le colonialisme, lutte
- 56:29contre les empires coloniaux
- 56:32et c'est toute l'histoire du 20e siècle
- 56:34qu'il faudrait ouvrir ouvrir dès qu'on
- 56:35ouvre cette porte.
- 56:38Alors moi, je voudrais juste
- 56:40pour
- 56:42montrer cette créativité subversive
- 56:46m'attarder sur un mot qui pour moi euh
- 56:51l'exprime de manière très démonstrative.
- 56:55C'est le mot progressisme. Vous savez
- 56:57que ici et là, en particulier en France,
- 56:59c'est un mot qui revient dans les
- 57:00commentaires de certains journalistes
- 57:02politiques. Euh mais euh ce n'est pas ça
- 57:06moi qui m'intéresse ce soir. Ce qui
- 57:07m'intéresse, c'est euh à quoi ça a servi
- 57:11l'usage d'un tel mot et l'usage sur le
- 57:15temps long. C'est un mot pour faire
- 57:17simple qui est inventé par les
- 57:19conservateurs
- 57:21pour illustrer les bienfaits du
- 57:23capitalisme et qui va être
- 57:26détourné de son sens par le
- 57:31monde communiste naissant puis se
- 57:33développant avec une toute autre
- 57:36définition. En fait, euh entre les deux
- 57:40guerres, les communistes ont compris que
- 57:43il était intéressant de rentrer dans les
- 57:47contradictions du système contre lequel
- 57:50il luttait et de les mettre en avant
- 57:52comme des arguments pour affaiblir le
- 57:55système contre lequel il lutait et pour
- 57:58trouver des points d'appui, des caisses
- 58:00de résonance, des alliés euh afin de
- 58:03mener un combat politique de
- 58:05renversement du capitalisme.
- 58:07Et ça c'est passé par une stratégie de
- 58:09dénigrement comme j'indique sur la
- 58:11diapositive hein du conservatisme
- 58:14euh qui a euh
- 58:17mis plusieurs décennies à prendre son
- 58:19envolé
- 58:22euh
- 58:25et qui a quand même abouti au résultat
- 58:27suivant. D'abord un noyautage assez
- 58:29étonnant de beaucoup de milieux
- 58:31intellectuels en Europe mais aussi aux
- 58:34États-Unis, voire de milieu lié à
- 58:37l'entertainment, lié à Hollywood, lié au
- 58:40cinéma. Et euh ce noyaotage en fait, il
- 58:45s'est nourri de
- 58:47deux légitimités.
- 58:49La première, c'était effectivement
- 58:53de remettre en cause le progrès
- 58:55industriel qui, contrairement
- 58:58aux apparences,
- 59:00rendait les le prolétariat malheureux et
- 59:04non pas heureux.
- 59:06et deuxièmement
- 59:08d'associer
- 59:10cette remise en cause du progrès avec
- 59:13une défense de l'idée de paix dans le
- 59:16monde. Et là, on a vu un deuxième moteur
- 59:21qui est apparu bien entendu qui a été
- 59:23alimenté par la montée des pouvoirs
- 59:26totalites d'extrême droite en Italie,
- 59:30au Portugal, en Espagne, en Allemagne et
- 59:34cetera. euh entre les deux guerres. Et
- 59:38c'est vrai que
- 59:41deux mots, progressisme, donc l'idée
- 59:44d'améliorer la condition humaine,
- 59:47défendre la paix, c'est-à-dire ne pas
- 59:50détruire euh les hommes et les femmes
- 59:53par la guerre, c'était deux moteurs très
- 59:57puissants pour
- 1:00:00effacer les images un peu quand je dis
- 1:00:03un peu je mets un peu entre guillemets
- 1:00:06très agressives que pouvait avoir euh la
- 1:00:09révolution bolchevique euh dans ses
- 1:00:12cadres de répression durant la guerre
- 1:00:15civile, après la guerre civile pour ne
- 1:00:17citer que cela.
- 1:00:19Ce qui veut dire que il est né de cette
- 1:00:23dynamique
- 1:00:25subversive, de cette créativité
- 1:00:28subversive, une pensée stratégique qui a
- 1:00:31été étudiée par un perdant, monsieur
- 1:00:35Gramchi, un penseur du parti communiste.
- 1:00:38Pourquoi c'est un perdant ? Parce que
- 1:00:39Gramchi, il est en prison. Le Parti
- 1:00:42communiste italien a subi une défaite
- 1:00:44monumentale face au mouvement euh
- 1:00:47fasciste dirigé par Mussolini. Euh il y
- 1:00:50a eu énormément de difficultés à s'en
- 1:00:53remettre et Gramchi en prison essaie euh
- 1:00:58de trouver une nouvelle voie
- 1:01:00révolutionnaire et celle qui va euh
- 1:01:04bâtir petit à petit, c'est euh
- 1:01:08que la révolution c'est pas simplement
- 1:01:10par les armes qu'on peut la faire, c'est
- 1:01:12pas simplement par les grèves mythes de
- 1:01:15la grève générale des ouvriers, c'est
- 1:01:17aussi par la pensée, par la conna
- 1:01:19connaissance et notamment en remettant
- 1:01:23en cause les valeurs hégémoniques de
- 1:01:25l'idéologie dominante. Alors, qu'est-ce
- 1:01:27que ça veut dire cette phrase un peu
- 1:01:30abscon aujourd'hui pour beaucoup de
- 1:01:31monde ? C'est tout simplement
- 1:01:35il faut attaquer le cœur du système dans
- 1:01:39son moteur interne qui est culturel,
- 1:01:41éducatif éventuellement même religieux.
- 1:01:44Et c'est ça qu'il faut petit à petit
- 1:01:47affaiblir le plus possible euh pour euh
- 1:01:52commencer à substituer d'autres
- 1:01:55démarches, commencer à pénétrer ce
- 1:01:58système, faire apparaître des contrefeux
- 1:02:01euh de prise de parole d'abord par des
- 1:02:03individus, des écrivains, des artistes,
- 1:02:07euh des intellectuels, ce qu'on va
- 1:02:10appeler des in ce qu'on va appeler des
- 1:02:11intellectuels bien entendu
- 1:02:14Et c'est là où les meilleurs bataillons
- 1:02:16vont être choisis dans le monde
- 1:02:18éducatif, c'est-à-dire l'éducation
- 1:02:22professeur de collège, de lycée,
- 1:02:25universitaire et cetera. Et cette force
- 1:02:27là euh petit à petit ça va devenir un
- 1:02:32terrain de manœuvre cognitif, voir un
- 1:02:34terrain de manœuvre informationnel qui
- 1:02:37va donner des résultats spectaculaires.
- 1:02:40Je je ne citerai qu'un cas. Euh on aime
- 1:02:43bien euh faire des livres des record
- 1:02:45aujourd'hui. Euh à ma connaissance,
- 1:02:47malgré l'existence d'Internet, aucune
- 1:02:50structure d'influenceur
- 1:02:52à 3 centimes d'euros ou dans ou
- 1:02:54d'influenceurs euh sérieux n'a su faire
- 1:02:59signer 100 millions de pétitions dans le
- 1:03:02monde comme ce fut le cas en fin des
- 1:03:04années 40. euh cette fameuse pétition
- 1:03:08réclamant euh justement de nouveau euh
- 1:03:13la fin euh de la montée aux extrêmes, le
- 1:03:17le risque dénonçant le risque nucléaire,
- 1:03:19réclamant que tout soit orienté vers la
- 1:03:21paix et cetera. Euh les partis
- 1:03:25communistes activés bien entendu par
- 1:03:27Moscou euh et toutes les structures
- 1:03:31autour euh qui était pas du tout
- 1:03:34communiste d'ailleurs ont euh réussi
- 1:03:37cette performance d'obtenir 100 millions
- 1:03:39de signatures et pas des fausses
- 1:03:41signatures. 100 millions de personnes
- 1:03:43ont validé cette pétition. Et bien euh
- 1:03:48ça a laissé des traces. Ça a laissé des
- 1:03:51traces. Pourquoi ?
- 1:03:53parce que
- 1:03:58le camp subversif du faible
- 1:04:01a réussi à garder un cap
- 1:04:05qui existe encore si vous regardez bien
- 1:04:07si vous étudiez attentivement le
- 1:04:10discours de certains partis politiques
- 1:04:11aujourd'hui alors que
- 1:04:15quand le fort a essayé de s'emparer de
- 1:04:19termes équivalents et je pense notamment
- 1:04:24à certains partis d'extrême droite, voir
- 1:04:26une partie de la droite, voir une partie
- 1:04:28de la gauche sociale-démocrate en
- 1:04:30France,
- 1:04:32mettant en avant la nécessité de
- 1:04:34préserver la paix et qui n'it pas la
- 1:04:36guerre contre l'Allemagne, et bien cette
- 1:04:40posture les a considérablement affaibli
- 1:04:44et aujourd'hui c'est très intéressant de
- 1:04:47voir comment elle continue à vivre
- 1:04:49toujours sur cet espace là de la société
- 1:04:52politique.
- 1:04:53où on voit qu'elle est encore très
- 1:04:55fragile, très précaire, voire très
- 1:04:57contradictoire. Donc, on voit bien
- 1:04:59qu'une créativité, c'est pas un slogan
- 1:05:03euh qui va rebondir contre les murs,
- 1:05:05qu'on va euh dont on va s'emparer pour
- 1:05:09se le réapproprier.
- 1:05:11Euh non, c'est beaucoup plus compliqué
- 1:05:12que ça. Et
- 1:05:15nous allons nous avons sorti le podcast
- 1:05:1839 justement sur 50 ans de garde de
- 1:05:21l'information qui aborde cette notion
- 1:05:23qui essaie de d'expliquer comment elle
- 1:05:25se développe dans le temps et notamment
- 1:05:28expliquer son efficacité car
- 1:05:31l'efficacité du mouvement progressiste,
- 1:05:34on peut pas la dissocier de ce qu'a
- 1:05:37l'efficacité encore tenace du mouvement
- 1:05:40W et de tout ce qui en découle
- 1:05:43aujourd'hui.
- 1:05:44au sein de la société occidentale.
- 1:05:49Alors évidemment, il existe aussi
- 1:05:53une créativité contre subversive. Alors
- 1:05:56là, je vais pas aller sur le terrain
- 1:05:58militaire, je vais rester justement sur
- 1:06:00le terrain civil car précédemment nous
- 1:06:02étions déjà sur le terrain civil. Et
- 1:06:05bien continuons euh à l'explorer ce
- 1:06:08terrain civil. Et là, je vais l'explorer
- 1:06:10du côté euh anglo-saxon.
- 1:06:14Et c'est vrai que je me souviens
- 1:06:17toujours de
- 1:06:19cette discussion que j'avais eu avec un
- 1:06:22général qui avait écrit
- 1:06:26un excellent ouvrage intitulé La guerre
- 1:06:28du sens et un général français que je
- 1:06:32respecte beaucoup et j'ai beaucoup aimé
- 1:06:34son ouvrage et un jour je parle avec lui
- 1:06:38pour euh essayer d'évoquer ces
- 1:06:41problèmes-là et il m'a répondu d'une
- 1:06:44manière assez sèche à l'époque. Oui,
- 1:06:47mais ça c'est pas le fait des services
- 1:06:51de renseignement, c'est c'est général
- 1:06:54Francard dont je parle. C'est pas le
- 1:06:56fait des services de renseignement,
- 1:06:58c'est autre chose. Or
- 1:07:02non, mon général c'est le fait des
- 1:07:03services de renseignement. Euh
- 1:07:07et il se trouve que nous en France, on a
- 1:07:11très mal étudié cette réalité de la
- 1:07:13créativité civile contre subbersive.
- 1:07:15J'insiste hein, je fais la différence
- 1:07:17entre la créativité militaire
- 1:07:20contre subversion,
- 1:07:22trinqué, Galula et d'autres. Il y en a
- 1:07:25eu beaucoup d'autres de cette créativité
- 1:07:27purement civile. Et c'est quoi cette
- 1:07:29créativité purement civile ? Elle a une
- 1:07:31histoire en fait. C'est-à-dire que les
- 1:07:33États-Unis, vous doutez bien que le
- 1:07:36progressisme, ils l'ont vu se développer
- 1:07:38très fortement, y compris dans
- 1:07:39l'entourage du président Roosevelt, euh
- 1:07:43que ça a commencé très sérieusement à
- 1:07:44les énerver et qu'au lendemain de la
- 1:07:46Seconde Guerre mondiale, ils ont voulu
- 1:07:47réagir. Et là, qu'est-ce qui a réagi ?
- 1:07:50Euh et bien une partie de la du nouveau
- 1:07:55service de renseignement, la Centralité
- 1:07:56intelligence Agency. Euh, j'ai bien dit
- 1:07:59une partie et pas la totalité. euh avec
- 1:08:03des des conseillers politiques qui
- 1:08:06étaient proches euh des présidents qui
- 1:08:09sont arrivé après guerre, président
- 1:08:12américain, j'entends et qui ont estimé
- 1:08:14que euh il fallait contrer la créativité
- 1:08:20subversive sur le terrain civil par une
- 1:08:23créativité contre subversive sur le
- 1:08:26terrain civil.
- 1:08:28et face au mot progressisme qui avait
- 1:08:31été
- 1:08:33pollué par la pensée communiste selon
- 1:08:36leur point de vue bien sûr
- 1:08:40et que ce terrainlà n'était pas
- 1:08:42récupérable, le terrain perdu, euh il
- 1:08:45fallait trouver une brèche et ils ont
- 1:08:48trouvé une brèche et ils ont inventé un
- 1:08:50mot qui s'appelait le mot dissident.
- 1:08:52C'est la brèche qu'ils ont trouvé. Euh
- 1:08:54c'est grâce à des à des anciens
- 1:08:57militants de la 3e internationale qui
- 1:08:59sont entrés en conflit avec Staline euh
- 1:09:02et avec certaines de ses décisions. Euh
- 1:09:06le pacte germano-sovviétique notamment,
- 1:09:08mais pas que. Et euh ce conflit les a
- 1:09:12amené à sortir du monde communiste
- 1:09:16à partir de 45 46. Et ce sont ces euh
- 1:09:23militants expérimentés de la 3e
- 1:09:25internationale qui ont changé de camp et
- 1:09:29qui ont commencé à créer les bases de la
- 1:09:31dissidence.
- 1:09:33Et la dissidence, c'est devenu non
- 1:09:36seulement un slogan mais une stratégie.
- 1:09:40Et cette stratégie c'était quoi ?
- 1:09:42c'était nous allons créer là, par le
- 1:09:45biais d'une direction spéciale au sein
- 1:09:47de la CIA euh
- 1:09:51une guerre de l'information
- 1:09:54visant à montrer que il n'existe pas de
- 1:09:58créativité
- 1:10:00culturelle, de liberté culturelle, de
- 1:10:03liberté donc de créativité culturelle
- 1:10:05dans le monde communiste. un artiste qui
- 1:10:08veut écrire, un scénariste,
- 1:10:13un auteur même de parole, de musique et
- 1:10:16cetera. La liberté n'existe pas. Ils
- 1:10:19sont rentrés dans cette brèche et ils
- 1:10:22ont mis au point un système de combatel
- 1:10:26ou de combat cognitif. Il y a les deux,
- 1:10:28hein. Combat cognitif, c'est par exemple
- 1:10:31le Congrès pour la liberté de la culture
- 1:10:34qui employé
- 1:10:36plusieurs dizaines de permanent
- 1:10:38couvrant
- 1:10:40une démarche dans 35 pays qui a publié
- 1:10:44une vingtaine de revues qui montait des
- 1:10:47expositions, qui avait son propre
- 1:10:49service de presse, qui avait son propre
- 1:10:51service cinématographique qui organisait
- 1:10:54des conférences internationales, qui
- 1:10:55faisait tourner à travers le monde le
- 1:10:57conseil philharmonique Congrois exfiltré
- 1:11:00après les événements de Hongrie en 56.
- 1:11:02Bref, une machine de guerre cognitive et
- 1:11:06à côté et à côté une machine de guerre
- 1:11:09informationnelle qui là était vraiment
- 1:11:12le terrain de prédilection euh de la
- 1:11:15CIA. Euh et c'était quoi cette machine à
- 1:11:18garnelle ? C'était des opérations
- 1:11:21d'infiltration dans des revues d'extrême
- 1:11:23gauche, voire la prise la prise en main
- 1:11:27de revue d'extrême gauche
- 1:11:29pour utiliser leur position
- 1:11:33antisoviétique. Et là, bien entendu, les
- 1:11:36forces trotskistes étaient des cibles
- 1:11:39toutes désignées puisque dans le
- 1:11:41trotskisme, rappelez-vous l'opposition
- 1:11:42entre Trotski et Staline, hein, Trotski
- 1:11:45en est mort si je si je me rappelle
- 1:11:46bien. Toujours est-il que on a eu ces
- 1:11:49deux systèmes entièrement articulés dans
- 1:11:53le monde civil. Il y a pas de monde
- 1:11:54militaire là-dedans. Il y a pas de gens
- 1:11:57de l'armée là-dedans. Il y a des
- 1:11:59officiers de la CIA civil qui sont
- 1:12:02d'ailleurs en conflit en interne avec
- 1:12:05les autres qui eux croient beaucoup plus
- 1:12:08aux logiques de coup d'état, aux
- 1:12:09éliminations physiques, à euh à des
- 1:12:12procédés très rudes qui existent bien
- 1:12:14entendu à l'est. C'est c'est à cause de
- 1:12:17l'existence de ces procédés à l'est que
- 1:12:19même essay de développer les leurs.
- 1:12:21Bref, on a là un phénomène qui
- 1:12:24bizarrement en France
- 1:12:26n'a jamais été mémorisé avec l'ampleur
- 1:12:31qu'il aurait dû
- 1:12:33prendre comme non pas un fait de
- 1:12:36société, mais une action stratégique
- 1:12:39d'un état qui impose euh une ligne de
- 1:12:44conduite et qui va mener ça entre 1947
- 1:12:48et 1974
- 1:12:50parce que C'est là que le scandale
- 1:12:53apparaît
- 1:12:54touchant justement les opérations de
- 1:12:57covertion
- 1:12:58de de cette branche de la CIA dans ses
- 1:13:01manipulations de militants
- 1:13:03révolutionnaires
- 1:13:05et de revue gauchistes entre autres,
- 1:13:06mais pas que. Et toujours est-il que
- 1:13:10on a là euh un exemple euh très fort et
- 1:13:15je vous renvoie un livre qui est sorti
- 1:13:17il y a peu de temps qui s'appelle le bou
- 1:13:21de la CIA d'ailleurs et euh qui parle de
- 1:13:24l'expérience polonaise euh et notamment
- 1:13:28de Solidarnos. Je vous dirai, je vous
- 1:13:30donnerai simplement un chiffre
- 1:13:35au pic d'activité
- 1:13:37de l'action
- 1:13:40des dissidents polonais contre le régime
- 1:13:44communiste
- 1:13:46en Pologne.
- 1:13:48Il y avait 1 million d'ouvrages qui
- 1:13:50passaient de l'ouest à l'est d'ouvrages
- 1:13:54de livres.
- 1:13:561 million d'ouvrages qui ruisselaient
- 1:13:59dans les sociétés fermées sont appelé
- 1:14:03les démocraties populaire, les pays de
- 1:14:04l'Est et malgré le contrôle policier
- 1:14:07très strict comme vous le savez dans
- 1:14:09chacune de ces démocraties populaires
- 1:14:12et bien l'Ouest et notamment par le
- 1:14:15biais de tous ces canaux et ces canaux
- 1:14:18là c'est pas que la CIA ces canaux c'est
- 1:14:20des éditeurs, c'est c'est des briques
- 1:14:23d'intelligencia, c'est des relais de
- 1:14:25citoyens et cetera. Là, on est déjà dans
- 1:14:28du Gramchi à l'envers en fait, euh mis
- 1:14:31en place par des forces anticommunistes
- 1:14:35et qui vont euh très fortement
- 1:14:37fragiliser le ciment cognitif du système
- 1:14:41communiste.
- 1:14:45Alors, tout ça pour en arriver à cette
- 1:14:48diapositive
- 1:14:49et c'est toujours la même chose là,
- 1:14:51c'est pareil, on a du mal en France dans
- 1:14:54les milieux dit autorisés. qu'il soit
- 1:14:57militaire, voir dans les milieux
- 1:14:59académiques qui s'intéressent à ces
- 1:15:01questions euh
- 1:15:04à prendre en compte cette petite phrase
- 1:15:07l'apparition d'un nouveau centre de
- 1:15:11gravité.
- 1:15:13Et l'apparition d'un nouveau centre de
- 1:15:14gravité, on l'a très bien démontré lors
- 1:15:18de l'infow 1 euh que le GE euh et le
- 1:15:23jeune CR451 ont organisé euh pour parler
- 1:15:28de la culture civile de la garde de
- 1:15:29l'information.
- 1:15:31On reviendra sur ce cet événement dans
- 1:15:33les mois qui viennent parce que
- 1:15:36il faut qu'on vous en fasse état, qu'on
- 1:15:38vous le fasse connaître cet événement
- 1:15:41parce qu'il était déjà très riche et il
- 1:15:43date déjà de plusieurs années. Toujours
- 1:15:45est-il que on a montré qu'il y avait un
- 1:15:50général américain, monsieur Skerl,
- 1:15:53commandant de Lemor College qui en
- 1:15:57activité déclare "L'armée américaine
- 1:16:01pensait que le centre de gravité
- 1:16:03vulnérable était le potentiel militaire
- 1:16:05ennemi et sa capacité de vaincre sur le
- 1:16:07terrain." Donc sa capacité pour l'US
- 1:16:10Army, les Marines et l'US Navy et l'US
- 1:16:14Air Force de vaincre le Viet Kong mais
- 1:16:17aussi les aiments militaires infiltrés
- 1:16:19du Nord-Vietnam. En fait, dit le général
- 1:16:23Skel lors de l'offensive du tête, donc
- 1:16:26moment charnière
- 1:16:29euh
- 1:16:31668,
- 1:16:33euh les dirigeants communistes Oshimin
- 1:16:36et ont pris le risque de perdre sur
- 1:16:41le plan militaire
- 1:16:43au profit d'une victoire décisive en
- 1:16:46guerre de l'information.
- 1:16:49Ils estimaient que le centre de gravité
- 1:16:51de l'ennemi était son propre peuple et
- 1:16:54que la bataille de l'opinion était
- 1:16:56primordial.
- 1:16:58J'ai le sentiment que cette phrase a un
- 1:17:00vague goût d'actualité si je me replonge
- 1:17:04sur certains événements du côté du
- 1:17:06Moyen-Orient.
- 1:17:09Et ça montre bien encore une fois que la
- 1:17:11mémoire n'est pas très longue sur des
- 1:17:13phénomènes de genre.
- 1:17:15Et l'illustration de cette diapositive,
- 1:17:18j'en dis deux mots. Là, vous avez le
- 1:17:21chef de la police de Saon qui va tirer
- 1:17:23d'une balle dans la qui va tirer une
- 1:17:25balle dans la tête au chef du commando
- 1:17:27Vietkong qui a osé pénétrer à
- 1:17:30l'intérieur de l'ambassade américaine.
- 1:17:32Ce qu'on précise pas, c'est qu'il tue
- 1:17:34cet homme parce que ce militaire
- 1:17:39sud vietnamien avait perdu un membre de
- 1:17:40sa famille
- 1:17:42et c'est il venait de la prendre. Donc
- 1:17:44c'est la loi du talion comme on dit.
- 1:17:47Mais toujours est-il que cette photo a
- 1:17:50fait le tour de la presse mondiale et a
- 1:17:52été présentée comme l'acte de barbarie
- 1:17:55de du monde occidental face à un peuple
- 1:17:58en révolte qui cherchait son
- 1:17:59indépendance.
- 1:18:01chose étrange.
- 1:18:04Et c'est là où on voit comment nos
- 1:18:06médias, et je parle pas que des médias
- 1:18:08américains, hein, là, je dis nos médias
- 1:18:09au sens large, répé répètent pardon,
- 1:18:12systématiquement les mêmes erreurs,
- 1:18:14c'est-à-dire ils focalisent sur
- 1:18:16l'information immédiate, sur le
- 1:18:18spectaculaire, le choc des mots et des
- 1:18:20photos. Euh une revue très
- 1:18:24coutumière du fait a déjà longuement
- 1:18:27fait parler d'elle sur ce sujet. Elle
- 1:18:29continue d'ailleurs. Toujours est-il que
- 1:18:31là on pourrait rajouter une autre photo
- 1:18:35qui n'est jamais montrée, c'est que
- 1:18:37quand les forces Vietkong se sont
- 1:18:39emparées pendant plusieurs semaines de
- 1:18:42l'excapitale impériale hué au sud
- 1:18:45Vietnam, ces forces ont tué plusieurs
- 1:18:48milliers de civils,
- 1:18:52hommes, femmes, je sais pas s'il y avait
- 1:18:54des enfants. Toujours est-il qu'il y
- 1:18:55avait des hommes et des femmes. et on a
- 1:18:58trouvé les charniers après qu'ils aient
- 1:19:00été battus sur le terrain par les forces
- 1:19:03américaines et sud-vietennes. Et là, pas
- 1:19:06un journaliste américain pour prendre la
- 1:19:09photo des charniers et pour dire une
- 1:19:12force de libération nationale qui se
- 1:19:14présente comme une force
- 1:19:15révolutionnaire, démocratique,
- 1:19:17humaniste, exécute froidement plusieurs
- 1:19:20milliers de civils qui étaient en faveur
- 1:19:22du régime de Saï. régime de Saigon qui
- 1:19:24était l'ennemi du Nord-Vietnam et du
- 1:19:27Vietkong.
- 1:19:29Et bien l'absence de cette photo-là,
- 1:19:32elle résume toute l'incohérence de notre
- 1:19:36système et de notre perception de cette
- 1:19:40petite phrase, l'apparition d'un nouveau
- 1:19:44centre de gravité.
- 1:19:46encore aujourd'hui
- 1:19:48encore aujourd'hui que ce soit dans la
- 1:19:51culture militaire et là je fais une
- 1:19:53exception c'est l'ancien chef
- 1:19:55d'étatmajor des armées le général Bucart
- 1:19:57qui lui avait compris ça euh on continue
- 1:20:01à dire que finalement la guerre
- 1:20:03d'information c'est quelque chose qui
- 1:20:06est
- 1:20:07peu important par rapport aux
- 1:20:10affrontements militaires,
- 1:20:13aux affrontements cé étique, on aime
- 1:20:16bien le terme un peu petit doigt levé,
- 1:20:20cinétique pour ne pas dire on se tire
- 1:20:23dessus, il y a des morts et des blessés.
- 1:20:25Et là,
- 1:20:27c'est quelque chose qui est très
- 1:20:28important parce qu'il n'est pas normal
- 1:20:32qu'en 2026,
- 1:20:34on nit toujours pas étudié les
- 1:20:35conséquences de la guerre du Vietnam qui
- 1:20:37est la première grande défaite politique
- 1:20:40de la superpuissance américaine.
- 1:20:43Et il est d'autant moins normal qu'on
- 1:20:45étudie pas ça en voyant ce qui se passe
- 1:20:48en ce moment autour du D3 d'Ormous et
- 1:20:52autour de la guerre au Moyen-Orient.
- 1:20:55Là, on a un problème et c'est la raison
- 1:20:58pour laquelle ce webinaire
- 1:21:02n'est pas purement anecdotique,
- 1:21:06mais qu'il essaie de mettre en avant des
- 1:21:10éléments importants dans la réflexion et
- 1:21:13celui-ci en est un parmi beaucoup
- 1:21:15d'autres.
- 1:21:20Merci Christian. Donc pour le principe
- 1:21:22suivant, la guerre de l'information peut
- 1:21:24être plus efficace qu'une guerre
- 1:21:26militaire. Bien, j'appelle Éric
- 1:21:28Alexandre.
- 1:21:30Merci beaucoup. Euh bonsoir à tous. Euh
- 1:21:34alors comme nous avons vu précédemment,
- 1:21:36la guerre de la formation peut être
- 1:21:37considérée comme une véritable guerre,
- 1:21:39non pas au sens traditionnel d'un
- 1:21:41affrontement armé entre état ou groupe
- 1:21:42militaire, mais comme une confrontation
- 1:21:44dans laquelle l'information devient une
- 1:21:45arme de déstabilisation. Et en ça, je
- 1:21:48vous renvoie au premier webinaire où
- 1:21:50justement on expliquait un petit peu cet
- 1:21:51élément. Dans ce cadre-là, l'objectif
- 1:21:53n'est pas forcément détruire
- 1:21:54physiquement un adversaire, mais plutôt
- 1:21:56d'influencer ses perceptions. Ça va être
- 1:21:58d'affaiblir sa cohésion interne ou
- 1:21:59encore de modifier les comportements des
- 1:22:01populations et des dirigeants. La
- 1:22:02question qu'on va se poser, c'est est-ce
- 1:22:04que l'information est réellement
- 1:22:05efficace et est-ce qu'elle peut être
- 1:22:06plus performante qu'une guerre militaire
- 1:22:08classique ? Nous allons voir justement
- 1:22:10que l'efficacité repose principalement
- 1:22:11sur trois éléments. D'abord
- 1:22:13l'exploitation du rapport entre acteurs
- 1:22:14faible et fort, ensuite des logiques de
- 1:22:16contement stratégique et enfin
- 1:22:18l'utilisation de la subversion
- 1:22:19informationnelle. On verra également les
- 1:22:20avantages et limites de la guerre de
- 1:22:22l'information par rapport à une guerre
- 1:22:24militaire. Donc le premier élément,
- 1:22:26c'est effectivement ici le rapport du
- 1:22:27faible fort, c'est-à-dire une asymétrie
- 1:22:29qui va être exploitée dans les conflits
- 1:22:31militaires classiques. Le rapport de
- 1:22:32force favorise généralement les acteurs
- 1:22:34qui disposent d'une plus grande
- 1:22:36puissance militaire, ça soit davantage
- 1:22:38d'hommes, davantage d'armes, de moyens
- 1:22:39technologiques ou économiques. Mais dans
- 1:22:41le domaine de l'information, cette
- 1:22:42hiérarchie devient moins évidente. Un
- 1:22:45acteur qui est considéré comme faible
- 1:22:46militairement peut compenser ce
- 1:22:48désavantage grâce à une forte capacité
- 1:22:50d'influence. Et cela est rendu possible
- 1:22:52par plusieurs facteurs, notamment la
- 1:22:54rapidité de diffusion de l'information,
- 1:22:56le faible coût des opérations
- 1:22:57informationnelles et surtout l'accès
- 1:23:00mondial aux plateformes numériques qu'on
- 1:23:01a aujourd'hui notamment à travers les
- 1:23:02réseaux sociaux. Donc slide suivante. On
- 1:23:05va avoir un exemple aujourd'hui avec le
- 1:23:07conflit entre l'Ukraine et la Russie qui
- 1:23:09va illustrer justement cette logique. Au
- 1:23:11début de la guerre, la Russie disposait
- 1:23:12d'une supériorité militaire
- 1:23:14conventionnelle importante. Pourtant,
- 1:23:16l'Ukraine a réussi à mobiliser très
- 1:23:17efficacement l'espace informationnel
- 1:23:19international. Les autorités ukrainienes
- 1:23:21ont construit un récit centré sur
- 1:23:22certains éléments clés à savoir la
- 1:23:24résistance, la défense du territoire
- 1:23:25national et surtout la protection des
- 1:23:27valeurs démocratique. Et c'est réussi
- 1:23:29avec eu plusieurs conséquences majeures.
- 1:23:31Déjà ça a renforcé le souti
- 1:23:32international, ça a permis aussi de
- 1:23:34mobiliser l'opinion publique occidentale
- 1:23:36et ça a accéléré l'aide militaire,
- 1:23:38économique et humanitaire qui ont été
- 1:23:40accordé à Kev. Et on se souvient
- 1:23:41notamment à l'époque du président
- 1:23:43Vlodomir Zelki qui publie une vidéo dans
- 1:23:46les premières heures de la confrontation
- 1:23:50à travers avec un message très simple à
- 1:23:52savoir que je suis sur place et les
- 1:23:54ukrainiens continuent à fonctionner
- 1:23:55malgré les attaques et cette compagne de
- 1:23:58communication a eu un impact symbolique
- 1:24:00extrêmement fort. Ainsi l'Ukraine a
- 1:24:02partiellement compensé un déséquilibre
- 1:24:04militaire grâce à une efficacité
- 1:24:05informationnelle. a également su
- 1:24:07mobiliser des relèmes médiatiques et
- 1:24:08numériques dans le monde entier grâce à
- 1:24:10des messages qui ont été largement
- 1:24:11diffusés. Et justement ce qu'on voit ici
- 1:24:14c'est un phénomène qui connexe qui
- 1:24:16mérite d'être mentionné ce qu'on appelle
- 1:24:18le meme warfare ou guerre des mêmes en
- 1:24:20français à savoir l'utilisation massive
- 1:24:22du mage humoristique et de détournements
- 1:24:25viraux de contenus qui vont être courts
- 1:24:27qui vont être percutants notamment sur
- 1:24:29les réseaux sociaux pour influencer la
- 1:24:31perception d'un conflit et c'est pas
- 1:24:33noin parce que justement ces mêmes sont
- 1:24:35des outils de propagande extrêmement
- 1:24:36efficaces parce qu'ils vont jouer sur
- 1:24:38l'émotion sur le second degré sur
- 1:24:39l'humour et parce qu'ils vont se
- 1:24:41propager de manière organique.
- 1:24:42Ça va permettre de contrer justement les
- 1:24:44filtres cognitifs qui vont s'activer
- 1:24:46quand un message qui est identifié comme
- 1:24:48politique. Là, au contraire, l'humour va
- 1:24:51aller beaucoup plus de l'essentiel et
- 1:24:52vont permettre à la population de rire,
- 1:24:55de partager et de ce fait de diffuser le
- 1:24:57message. Et dans le conflit ukrainien,
- 1:24:59les soldats ukrainiens, les civils, les
- 1:25:01internautes du point d'entier ont
- 1:25:02participé à cette garde des mêmes qui
- 1:25:04vont construire justement et diffuser
- 1:25:06cette image de résistance et encore
- 1:25:08l'air de ridiculiser l'adversaire.
- 1:25:11L'élément suivant, ça va être le
- 1:25:13contournement stratégique. Dans la
- 1:25:14guerre de l'information, on va essayer
- 1:25:16de limiter de contourner ses limites
- 1:25:19avec l'idée du faible au fort et on va
- 1:25:21chercher à affaiblir son adversaire sans
- 1:25:24engager une guerre ouverte. Et pour
- 1:25:26cela, on va semer le doute au sein de la
- 1:25:28population. On va essayer de perturber
- 1:25:29ces institutions. On va encore essayer
- 1:25:31de diviser les alliances politiques et
- 1:25:33diplomatiques. Et cette logique va
- 1:25:35reposer sur un principe qui est assez
- 1:25:37simple, à savoir obtenir un effet
- 1:25:38maximal avec un coût minimum. L'objectif
- 1:25:41est pas toujours de convaincre les
- 1:25:42populations, mais justement de créer la
- 1:25:44confusion, de polariser les débats ou de
- 1:25:46désorganiser l'espace public. Autrement
- 1:25:48dit, on va pas chercher à imposer une
- 1:25:50vérité mais plutôt à, on va dire
- 1:25:52fragiliser la capacité collective à
- 1:25:54distinguer le vrai du faux. Et dans ce
- 1:25:56cas-là, la carte de l'information
- 1:25:57devient un moyen de pression indirecte.
- 1:26:00Comme elle est moins visible qu'une
- 1:26:01guerre militaire, bah forcément ces
- 1:26:02effets peuvent être également plus
- 1:26:03durable et surtout ça va permettre de
- 1:26:05rester sous le seuil de déclenchement
- 1:26:07d'un conflit militaire armé ouvert. Et
- 1:26:10autre avantage stratégique, c'est qu'on
- 1:26:11va affaiblir un adversaire sans
- 1:26:13provoquer directement une réponse
- 1:26:14militaire.
- 1:26:17Le troisème élément, ça va être la
- 1:26:18survion qui va être l'idée de d'utiliser
- 1:26:21l'information autrement. C'est le trème
- 1:26:23niveau et si l'information n'est pas
- 1:26:25utilisée pour communiquer ou pour
- 1:26:27convaincre mais pour transformer la
- 1:26:29perception de la réalité chez la cible.
- 1:26:32La subversion internationnelle va du
- 1:26:33coup chercher à fragiliser la confiance
- 1:26:35dans les institutions, amplifier les
- 1:26:37visions sociétales et délégitimer les
- 1:26:40autorités politiques adverses. Et
- 1:26:41contrairement à une guerre militaire qui
- 1:26:43agit principalement de l'extérieur, la
- 1:26:45subversion elle agit à l'intérieur même
- 1:26:47du SEM qui est visé. Et c'est justement
- 1:26:49ce qui la rend très difficile et
- 1:26:51particulièrement compliqué à combattre
- 1:26:53parce que lorsqu'une une population
- 1:26:55commence à douter de ses médias, de ses
- 1:26:57propres dirigeants politiques ou de la
- 1:26:59véracité des faits eux-mêmes, bah la
- 1:27:01capacité derrière de décision collective
- 1:27:04s'affaiblit forcément et forcément quand
- 1:27:06une société devient plus vulnérable aux
- 1:27:08crises politiques et sociétale parce
- 1:27:09qu'elle doute forcément d'elle-même.
- 1:27:12Cette situation va créer dans Corellaire
- 1:27:14un environnement dans lequel la vérité
- 1:27:15devient difficile à établir et lorsqu'il
- 1:27:17y a plus de consensus sur les faits, bah
- 1:27:19la cohésion nationale peut
- 1:27:20progressivement se dégrader. Il nous
- 1:27:22amène derrière aux avantages et aux
- 1:27:24limites de la guerre informationnelle.
- 1:27:27La question centrale, on va dire, est-ce
- 1:27:29que la guerre de l'information est plus
- 1:27:31efficace qu'une guerre militaire
- 1:27:32classique ? En fait, si on regarde les
- 1:27:34avantages, bah il y en a de plusieurs
- 1:27:36autres. premierment
- 1:27:40faible opération militaire classique.
- 1:27:42Ensuite, on a un risque politique qui va
- 1:27:44être réduit parce qu'il y a peu voir pas
- 1:27:46de pertunettes directes. Et on a
- 1:27:48également un autre élément qui va être
- 1:27:49intéressant à savoir la difficulté
- 1:27:50d'attribution. On a diff on a souvent la
- 1:27:56la tâche est ardue de savoir identifier
- 1:27:58précédément l'attaquant et de lui
- 1:28:01opération de déstabilisationnelle.
- 1:28:03Et donc en corolaire, bah euh ce qui va
- 1:28:05limiter les possibilités de représail.
- 1:28:08Et dernier élément avantage, on va dire,
- 1:28:09de la guerre de l'information, c'est que
- 1:28:11les effets peuvent être extrêmement
- 1:28:12durables dans euh les sociétés qui vont
- 1:28:15être visées et qui vont effectivement
- 1:28:17continuer à avoir des effets dans un
- 1:28:18temps extrêmement long.
- 1:28:20Ce qui nous amène élément suivant à
- 1:28:23savoir que il y a malgré tout des
- 1:28:25éléments de limite à la guerre de
- 1:28:26l'information notamment que les effets
- 1:28:29sont moins immédiats et parfois plus
- 1:28:31difficiles à mesurer précisément. Ça va
- 1:28:34également dépendre extrêmement fortement
- 1:28:37du contexte culturel, médiatique ou
- 1:28:39politique du pays qui est visé. Et
- 1:28:41encore, je vous renvoie au premier
- 1:28:42webinaire où on parlait notamment de la
- 1:28:43guerre de l'information par le contenu.
- 1:28:45On est obligé d'adapter euh les éléments
- 1:28:47de langage à un contexte particulier et
- 1:28:50un public particulier. Et surtout, on va
- 1:28:53pas toujours contrôler physiquement un
- 1:28:54territoire par le biais de la guerre de
- 1:28:56l'information, contrairement à une
- 1:28:58guerre militaire classique qui va avoir
- 1:29:00une occupation et une emprise
- 1:29:01territoriale. Ainsi, la guerre de
- 1:29:03l'information va pas remplacer
- 1:29:04nécessairement une guerre militaire,
- 1:29:06mais elle va devenir un complément
- 1:29:07stratégique essentiel à une opération
- 1:29:09qui va être menée. Qui nous amène bah
- 1:29:12élément suivant à la notion de
- 1:29:13rentabilité informationnelle. Il existe
- 1:29:17une difficulté propre à la guerre de
- 1:29:19l'information qui est la question de
- 1:29:20l'efficacité réelle et de la mesure de
- 1:29:22l'efficacité d'une opération information
- 1:29:24parce que l'évaluation est complexe car
- 1:29:27elle va dépendre à la fois du coût de
- 1:29:28l'opération et de sa portée réelle sur
- 1:29:31les populations. Et malgré cette
- 1:29:33difficulté de d'identifiation du coup
- 1:29:36bah la guerre de l'information apparaît
- 1:29:38malgré tout rentable. Pourquoi ? parce
- 1:29:40qu'avec des moyens limités, une personne
- 1:29:41seule ou une petite équipe peut
- 1:29:43aujourd'hui produire des contenus qui
- 1:29:45vont être capables d'avoir un impact
- 1:29:46international. On l'a vu justement
- 1:29:48récemment et c'est là où ça l'illustre
- 1:29:50sur cette slide là récemment avec un
- 1:29:52adolescent Burkinab qui a réalisé une
- 1:29:54vidéo générée par intelligence
- 1:29:56artificielle qui mettait en scène un
- 1:29:58faux coup d'état en France et on voit
- 1:30:00sur la slide suivante que cette vidéo
- 1:30:02est devenue virale au point de provoquer
- 1:30:04une réaction publique du président
- 1:30:06Emmanuel Macron. Donc, il a dû se
- 1:30:08positionner pour démonter ce faux euh ce
- 1:30:11qui montre qu'une personne simple euh
- 1:30:14simplement équipée d'un ordinateur à
- 1:30:16l'autre bout du monde peut euh faire
- 1:30:18réagir la plus haute autorité française.
- 1:30:20Et c'est précisément cette rentabilité
- 1:30:21informationelle qui rend la garde de
- 1:30:23l'information particulièrement euh
- 1:30:25attractive, on va dire. Euh autre
- 1:30:27élément euh dans la suite, c'est que il
- 1:30:30faut aborder un point crucial, c'est la
- 1:30:32place des civils dans la guerre
- 1:30:34informationnelle parce que les civils
- 1:30:36vont être à la fois euh support des
- 1:30:39opérations informationnelles et cible
- 1:30:40des information des tentatives de
- 1:30:42déstabilisation informationnelle.
- 1:30:45Contrairement à une guerre
- 1:30:46conventionnelle où le statut de civil
- 1:30:47est théoriquement protégé par le droit
- 1:30:49international et on va dire mis à
- 1:30:50l'écart du champ de bataille, la guerre
- 1:30:52informationnelle fait des civils à la
- 1:30:54fois des cibles et des acteurs à part
- 1:30:55entière. des cibles parce que c'est leur
- 1:30:57perception, leur opinion, leur confiance
- 1:30:59dans les institutions qui va être visé
- 1:31:01et les acteurs parce que chacun de nous,
- 1:31:03on peut être euh acteur par la
- 1:31:06production de contenu, par le partage ou
- 1:31:09euh par la le soutien à des contenus qui
- 1:31:12vont être générés, souvent sans le
- 1:31:14savoir d'ailleurs et que cette dynamique
- 1:31:16informationnelle peut avoir des faits
- 1:31:17stratégiques réels.
- 1:31:20qui fait que depuis le déclenchement
- 1:31:22notamment, on va le voir après, sur euh
- 1:31:24des opérations euh en Iran, bah on a vu
- 1:31:27euh apparaître sur euh un certain nombre
- 1:31:29de réseaux sociaux des contenus qui ont
- 1:31:31été générés encore une fois par
- 1:31:32intelligence artificielle qui mettent
- 1:31:33des personnages euh en scène notamment
- 1:31:35sur la forme de Lego.
- 1:31:37Les auteurs de ces contenus iraniens qui
- 1:31:41affirment être indépendants ont été
- 1:31:43contactés notamment par la BBC
- 1:31:46qui en fait ont révélé que c'était des
- 1:31:48civils mais que à l'origine leur
- 1:31:50opération était on va dire relevé de
- 1:31:54leur patriotisme individuel mais qu'ils
- 1:31:56ont eux-mêmes été contactés par les
- 1:31:58autoritésiennes pour obtenir un appui ce
- 1:32:00qui a relevé d'une logique hybride
- 1:32:02civile et militaire et donc que ce
- 1:32:05contenu générait par des civils à
- 1:32:08participer à l'effort global de certains
- 1:32:11des ligérants. Et donc, on voit que
- 1:32:12aujourd'hui des productions numériques
- 1:32:14simples qui vont être rapides, qui vont
- 1:32:16être peu coûteuses, peuvent soutenir des
- 1:32:17stratégies beaucoup plus larges et cette
- 1:32:20implication
- 1:32:22involontaire ou volontaire des civils,
- 1:32:23bah forcément derrière va poser des
- 1:32:25questions notamment éthiques,
- 1:32:26juridiques, aux politiques qui vont être
- 1:32:27considérables. Euh effectivement, ça va
- 1:32:29être un élément clé à prendre en compte.
- 1:32:32Ce qui nous amène bah effectivement à
- 1:32:33dire que bah la guerre dans la formation
- 1:32:34ne va pas remplacer la guerre militaire
- 1:32:37mais elle va transformer la nature même
- 1:32:39des conflits modernes. Ça va permettre à
- 1:32:41des acteurs plus faibles de compenser
- 1:32:43certains déséquilibres notamment sur le
- 1:32:45plan du terrain des opérations
- 1:32:47militaires, de confront de contourner
- 1:32:49l'affrontement direct et dans un certain
- 1:32:51nombre de cas d'agir plus durablement
- 1:32:53sur les perceptions des sociétés dans un
- 1:32:55temps qui va être beaucoup plus long
- 1:32:56avec un faible coût une capacité de
- 1:32:58diffusion aujourd'hui mondiale et la
- 1:32:59difficulté d'attribution. Bah
- 1:33:01effectivement, ça devient une arme
- 1:33:03extrêmement efficace dans un contexte
- 1:33:05notamment numérique actuel. Et
- 1:33:08finalement bah on peut dire que
- 1:33:09l'influence sur les esprits peut être
- 1:33:11tout aussi stratégique voir parfois plus
- 1:33:13efficace que contrôler un territoire par
- 1:33:15la force militaire. Je vous remercie.
- 1:33:19Merci Éric.
- 1:33:21Alors le principe suivant, la guerre
- 1:33:23dans l'information peut être une
- 1:33:24stratégie isolée ou intégrée. Alors
- 1:33:28qu'est-ce que ça veut dire ? Je veux
- 1:33:29dire que la question c'est comment
- 1:33:32qualifier une opération de garde de
- 1:33:33l'information ? Est-ce qu'elle relève
- 1:33:35d'une opération unique autonome ou
- 1:33:38est-ce qu'elle relève d'une opération
- 1:33:41plus vaste et que la guerre de
- 1:33:43l'information s'articule avec d'autres
- 1:33:47opérations offensives. Donc la guerre de
- 1:33:50l'information c'est une arme dont le
- 1:33:53statut stratégique reste assez mal
- 1:33:56compris. On en parle beaucoup. Du reste,
- 1:33:59si vous assistez à ce webinaire, c'est
- 1:34:01que vous en avez entendu parler et que
- 1:34:02ça vous intéresse. Mais la question
- 1:34:05c'est est-ce qu'une guerre de
- 1:34:07l'information peut en elle-même et seule
- 1:34:10faire basculer un rapport de force ou
- 1:34:13est-ce que elle n'est qu'un
- 1:34:15accompagnement, c'est-à-dire un
- 1:34:16accompagnement qui est utile mais
- 1:34:18secondaire à d'autres formes d'action
- 1:34:21qui peuvent être militaires,
- 1:34:23des actions économiques, des actions
- 1:34:26diplomatiques ou des actions dans le
- 1:34:29cyberespace.
- 1:34:31Alors pourquoi on se pose cette question
- 1:34:33? Donc c'est pas une question d'andy ou
- 1:34:34d'est, c'est que si on attribue mal, si
- 1:34:38on analyse mal une opération, bien vous
- 1:34:41comprenez bien que on dégrade la
- 1:34:42capacité de réponse. C'est-à-dire que si
- 1:34:44on pense qu'une opération complexe dont
- 1:34:47la guerre de l'information est une des
- 1:34:48dimensions et qu'on pense qu'elle n'est
- 1:34:50qu'une opération unique, et bien on
- 1:34:53réagit de manière dégradée et moins et
- 1:34:56moins efficace.
- 1:34:58Alors pour faire la distinction, je vous
- 1:35:01propose d'analyser selon deux axes et
- 1:35:05selon deux manières d'utiliser des
- 1:35:07régimes d'emploi différents la guerre de
- 1:35:09de l'information. Donc à gauche, vous
- 1:35:12voyez une représentation, c'est-à-dire
- 1:35:14que dans le casre d'une stratégie
- 1:35:15autonome, et bien la guerre de
- 1:35:17l'information est l'unique stratégie et
- 1:35:20les ensembles l'ensemble des moyens
- 1:35:22utilisés et bien ne servent qu'à
- 1:35:24atteindre un objectif
- 1:35:27qu'elle peut atteindre seule.
- 1:35:30Sur la colonne de droite, vous voyez ce
- 1:35:32que j'appelle une stratégie intégrée.
- 1:35:34C'est-à-dire queen fait la guerre de
- 1:35:36l'information arrive pour accompagner,
- 1:35:39soutenir, déployer ou amplifier d'autres
- 1:35:43éléments stratégiques.
- 1:35:46Alors, je vous propose de commencer par
- 1:35:48le plus simple, c'estàdire la guerre de
- 1:35:49l'information comme étant une stratégie
- 1:35:51autonome. C'estàd qu'on l'utilise
- 1:35:54seul
- 1:35:55pour atteindre un objectif. Donc l'effet
- 1:35:59final recherché, donc le but à atteindre
- 1:36:01est obtenu par l'actionnelle en
- 1:36:03elle-même et il n'y a pas besoin d'y
- 1:36:05ajouter d'autres d'autres moyens. Donc
- 1:36:07le terrain de combat dans ce cadre là et
- 1:36:10bien ce sont les esprits, les opinions
- 1:36:12et le débat public. Et la victoire de
- 1:36:15cette stratégie se mesure à la
- 1:36:17modification, mais ça a été évoqué par
- 1:36:19Eric jusqu'avant, se mesure à la
- 1:36:22modification durable de perception,
- 1:36:25c'estàdire comment on reçoit des
- 1:36:28éléments sur une situation, sur un
- 1:36:30sujet, sur une entreprise, sur un état,
- 1:36:33mais aussi les comportements. Est-ce que
- 1:36:35ça modifie la manière dont les gens
- 1:36:37réagissent ainsi que les décisions de
- 1:36:41l'adversaire ? à ce moment-là,
- 1:36:43l'opération est en elle-même et
- 1:36:45uniquement euh le sujet stratégique et
- 1:36:49le moyen utilisé. Et donc le but de
- 1:36:54cette opération dans le cadre
- 1:36:55stratégique, c'est de modifier des
- 1:36:57rapports de force sans avoir recours à
- 1:37:00la force. Donc les objectifs dans ce
- 1:37:03cadre là sont variés. Ils visent tous le
- 1:37:06même résultat, c'est-à-dire modifier un
- 1:37:09rapport de force comme je vous l'ai dit,
- 1:37:10sans utiliser la rapport le la force
- 1:37:13physique. Et la planche représente cette
- 1:37:16modalité et on souspeit, vous voyez, des
- 1:37:20cas d'espèces. Donc le premier but ça
- 1:37:23peut être désorganiser l'adversaire en
- 1:37:25le summargeant d'informations
- 1:37:27contradictoire. Donc par exemple les
- 1:37:29opérations Portal Combat, Pravoda,
- 1:37:31network et cetera. Euh l'illustre,
- 1:37:35c'est-à-dire que un émetteur d'une
- 1:37:37opération a pour but de perturber la
- 1:37:41manière dont la cible ou les cibles
- 1:37:45euh réagissent. Donc ça peut faire
- 1:37:47perdre la confiance dans une
- 1:37:49institution. Euh ça peut être l'affaire
- 1:37:53euh Pierrier en 90 où en fait il y a une
- 1:37:57amplification pour que les clients de
- 1:37:59Pierrier ne consomment plus le les
- 1:38:02bouteilles contaminées au Ginzen au
- 1:38:04Binzen pardon. Ça peut être instaurer un
- 1:38:08soupçon généralisé qui est
- 1:38:10particulièrement déstabilisateur dans
- 1:38:12les démocraties dans les démocraties. Ça
- 1:38:15peut être donc désorganiser, perte de
- 1:38:18confiance, instaurer le soupçon. Ça peut
- 1:38:21être abîmer la réputation d'un état ou
- 1:38:24d'une entreprise ou d'un dirigeant. Ça
- 1:38:28peut être aussi retarder une décision en
- 1:38:31la rendant plus difficile à prendre.
- 1:38:33Donc par exemple toutes les stratégies
- 1:38:34informationnelles de l'industrie du
- 1:38:36tabac euh ou de Monsanto ou de Exon
- 1:38:40Mobile, trois sujets différents,
- 1:38:42c'est-à-dire la santé, le pétrole et les
- 1:38:46pesticides. Et bien sature d'information
- 1:38:50contradictoire pour que les décideurs
- 1:38:53publics soient dans une situation où il
- 1:38:55est plus difficile de prendre une
- 1:38:57décision, interdiction, autorisation,
- 1:39:01interdiction temporaire. Vous voyez de
- 1:39:03quoi on parle.
- 1:39:06Autre but, c'est de renchérir le coût
- 1:39:09d'une action adverse en créant autour
- 1:39:11d'elle un environnement hostile,
- 1:39:13c'est-à-dire par exemple les campagnes
- 1:39:14antifrançaises au Sahel pour que la
- 1:39:18manière dont les Français sont perçus
- 1:39:22euh rendre leur capacité d'action euh
- 1:39:26plus compliqué à mettre en œuvre parce
- 1:39:28que euh les populations cibles et bien
- 1:39:31imaginent des des stratégies indirectes
- 1:39:35et adverse de la part des Français sur
- 1:39:37le sujet.
- 1:39:42Alors, le moyen, la slide suivante, ce
- 1:39:44sont les leviers, c'est-à-dire les
- 1:39:45manières, les moyens qui peuvent être
- 1:39:49utilisés pour atteindre les objectifs.
- 1:39:52Donc le premier levier, c'est
- 1:39:53l'amplification.
- 1:39:55Donc là, il ne s'agit pas d'inventer une
- 1:39:58fausse information mais de grossir une
- 1:40:01controverse qui existe déjà. En réalité,
- 1:40:04on exploite des fractures réelles dans
- 1:40:07la cible, dans une société, dans une
- 1:40:09entreprise, dans un gouvernement, dans
- 1:40:10une administration plutôt que de créer
- 1:40:13des nouvelles.
- 1:40:15Et ça a été euh dans le cas des gilets
- 1:40:17jaunes et bien euh les fractures les
- 1:40:19fractures sociales étaient existantes,
- 1:40:22mais euh il a été documenté que les
- 1:40:23opérateurs russes avaient euh relayé ces
- 1:40:27informations pour qu'elles aient un écho
- 1:40:28plus grand que l'écho organique euh
- 1:40:32spontané. initial. Le deuxième levier,
- 1:40:35c'est ce qu'on appelle la diffusion
- 1:40:37sélective, c'est-à-dire que l'opérateur
- 1:40:40de guerre de l'information prend des
- 1:40:42éléments qui sont vrais mais sélectionne
- 1:40:45ce qu'il met en avant. Le but, c'est de
- 1:40:48produire une vérité orientée. C'est un
- 1:40:51procédé qui est souvent beaucoup plus
- 1:40:52efficace que le mensonge car il est
- 1:40:54beaucoup plus difficile à démentir quand
- 1:40:56c'est quand quand c'est un élément qui
- 1:40:58est totalement faux. bien vous apporter
- 1:41:00la contradiction, vous démontrer que
- 1:41:02c'est vrai, et bien à ce moment-là le
- 1:41:03faux euh disparaît même si ces races
- 1:41:07peuvent perdurer. En revanche, si vous
- 1:41:10présentez un un élément spécifique d'une
- 1:41:13réalité plus complexe, c'est un peu le
- 1:41:16processus du lampadaire ou de la lampe
- 1:41:18torche. C'est-à-dire quand vous éclairez
- 1:41:19une dimension, et bien la tension se
- 1:41:22focalise sur ce qui est éclairé. Et bien
- 1:41:24évidemment, vous comprenez la métaphore,
- 1:41:26tout ce qui reste dans le noir n'est pas
- 1:41:29euh n'est pas perçu.
- 1:41:313è levier, ce sont les indices partiels.
- 1:41:35Donc euh on met en scène des éléments
- 1:41:37fragmentaires qui suggèrent sans
- 1:41:41affirmer. Dans la diffusion sélective,
- 1:41:43on affirme et on éclaire. dans l'indice
- 1:41:45partiel, on suggère et c'est l'auditoire
- 1:41:49qui lui-même crée les liens de causalité
- 1:41:52et qui se forge son opinion sur ces
- 1:41:55indices qui lui sont euh présentés.
- 1:41:58Ainsi, la euh durabilité du euh de
- 1:42:03l'opération est beaucoup plus grande
- 1:42:04puisque en fait ce c'est l'auditoire
- 1:42:06lui-même qui tire les conclusions et à
- 1:42:09partir du moment où c'est l'auditoire
- 1:42:10qui tire les conclusions et bien elle
- 1:42:12reste imprimée dans son esprit. beaucoup
- 1:42:15plus longtemps. Donc par exemple, le bus
- 1:42:17du vote livre en 2016 et bien euh avait
- 1:42:21indiqué que l'adhésion à l'Union
- 1:42:24européenne coûtait 320 325 millions de
- 1:42:28livres par semaine. Et bien les gens ont
- 1:42:32déduit un certain nombre de choses, même
- 1:42:33si les la démonstration n'était pas du
- 1:42:36tout ni véridique ni faite. C'était
- 1:42:40juste un indice. Le 5è, le 4è levier
- 1:42:43pardon, c'est l'exploitation des bia
- 1:42:45cognitifs. Donc qu'est-ce que c'est
- 1:42:46qu'un biais cognitif ? C'est un
- 1:42:48raccourci naturel. J'insiste sur
- 1:42:49naturel.
- 1:42:51J'insiste sur le fait que ce soit
- 1:42:53naturel et pas surnaturel. C'est-à-dire
- 1:42:55que les biais cognitifs, c'est une des
- 1:42:57manières dont notre cerveau nous a
- 1:42:59permis de survivre. Donc,
- 1:43:02mais il n'en demeure pas moins qu'ils
- 1:43:03peuvent être instrumentalisés à notre
- 1:43:07détriment. Donc plusieurs exemples, la
- 1:43:09tendance à croire euh quelques un
- 1:43:12élément qui confirme déjà nos opinions.
- 1:43:14Et à ce moment-là, les opérateur
- 1:43:16identifient euh les éléments d'opinion
- 1:43:19et ajoute des éléments qui vont dans le
- 1:43:22même sens
- 1:43:25pour renforcer les convictions des des
- 1:43:28cibles. Autre biais assez connu, c'est
- 1:43:31le fait de juger plus probable ce dont
- 1:43:33on parle beaucoup. C'est-à-dire que la
- 1:43:35notoriété, la viralité, le fait que ce
- 1:43:37soit dans le schéma dans les dans le
- 1:43:41champ pardon discursif du moment, et
- 1:43:44bien ça a tendance à être plus
- 1:43:46convaincant que des éléments qui
- 1:43:48arrivent à contre-courant.
- 1:43:51Le 5è levier, c'est la le concept de
- 1:43:53saturation. Donc l'idée, c'est de
- 1:43:56multiplier des signaux contradictoires,
- 1:43:58des informations qui vont dans un sens
- 1:44:00et dans un autre. C'est les mêmes
- 1:44:02émetteurs qui émettent ces informations
- 1:44:05contradictoires. Le but, c'est euh,
- 1:44:08pardonnez-moi l'expression, ne plus
- 1:44:09savoir à quel sens vouer. En d'autres
- 1:44:11termes, c'est être piégé dans les
- 1:44:15contradictions et le fait que il y a une
- 1:44:17surabondance d'informations qui vont
- 1:44:19dans tous les sens et euh que en fait
- 1:44:22les cibles en arrivent à se dire "C'est
- 1:44:25trop compliqué, je ne sais rien, donc
- 1:44:27j'ai pas d'avis." L'idé
- 1:44:29cette technique de saturation peut bien
- 1:44:32évidemment être utilisée. Bien si vous
- 1:44:35avez mené une opération qui n'a pas
- 1:44:37fonctionné et qu'on vous attribue d'être
- 1:44:39responsable de cette opération, et bien
- 1:44:41à ce moment-là vous faites un processus
- 1:44:44de saturation pour empêcher les gens de
- 1:44:48de comprendre la réalité des événements.
- 1:44:51Ça a été théorisé mais ce n'est pas lui
- 1:44:53qui a inventé le concept par Steve
- 1:44:55Banon. C'est le fameux flot the zone
- 1:44:56with sheet, c'est-à-dire arroser la zone
- 1:44:59d'excrément euh pour atteindre cette cet
- 1:45:03objectif. Le dernier point, c'est la
- 1:45:06fabrication d'incertitude.
- 1:45:11Donc là, on crée des faux débats. On
- 1:45:14alimente ces faux débats avec des faux
- 1:45:17documents, on utilise ou on crée des
- 1:45:20faux experts qui interviennent sur ce
- 1:45:23débat. Et à ce moment-là, ça pour euh
- 1:45:26but de déstabiliser l'étenant d'un débat
- 1:45:30fondé, légitime et euh et sérieux.
- 1:45:39Donc dans le conclusion de cette
- 1:45:41première dimension, c'est que
- 1:45:42l'opération informationnelle et la
- 1:45:44manœuvre en tant que telle.
- 1:45:47Dans cette configuration qui est
- 1:45:49autonome, l'opération informationnelle
- 1:45:51se suffit elle-même. Elle n'a pas besoin
- 1:45:53d'être complétée par une autre forme
- 1:45:54d'action et elle est à elle seule la
- 1:45:57manœuvre stratégique.
- 1:46:01Mais dans la plupart des cas,
- 1:46:03l'information n'agit pas seule. Elle
- 1:46:05relève de ce que nous appelons une
- 1:46:07stratégie intégrée ou une stratégie
- 1:46:11complexe.
- 1:46:13Donc qu'est-ce que c'est qu'une
- 1:46:14stratégie intégrée ? et bien c'est le
- 1:46:15fait que vous avez plusieurs axes de
- 1:46:18développement de votre stratégie,
- 1:46:20c'est-à-dire l'ensemble des moyens que
- 1:46:23vous mettez en œuvre afin d'atteindre un
- 1:46:25but. Et à ce moment-là, la guerre de
- 1:46:27l'information est une de ces dimensions.
- 1:46:30Selon moi, c'est la configuration la
- 1:46:32plus fréquente dans les conflits
- 1:46:34contemporains. Donc, vous pouvez avoir
- 1:46:35un conflit militaire accompagné de
- 1:46:39guerre de l'information. Vous pouvez
- 1:46:40avoir des euh stratégies diplomatiques
- 1:46:44accompagnées de guerre de l'information.
- 1:46:46Vous pouvez être dans une logique de
- 1:46:48guerre économique à but de
- 1:46:49déstabilisation d'une entreprise et vous
- 1:46:53accompagnez votre opération selon
- 1:46:55d'autres champs par une surcouche ou une
- 1:46:59couche d'accompagnement de guerre de
- 1:47:01l'information.
- 1:47:08Donc quand elle fait partie d'une
- 1:47:10stratégie plus complexe, et bien à ce
- 1:47:11moment-là, la guerre de l'information
- 1:47:13peut répondre à quatre fonctions qui euh
- 1:47:18se suivent, se séquence dans le temps.
- 1:47:20C'est l'illustration que vous avez à
- 1:47:22l'écran. Donc la première fonction dans
- 1:47:25le cadre d'une stratégie intégrée, la
- 1:47:26guerre de l'information sert à préparer
- 1:47:29le terrain. Donc avant toute action
- 1:47:32importante, il s'agit de créer des
- 1:47:34conditions pour que cette opération non
- 1:47:37informationnelle soit acceptée. Donc
- 1:47:39c'est par exemple préparer l'opinion à
- 1:47:41une décision impopulaire. On entend
- 1:47:43souvent dans le vocabulaire en sciences
- 1:47:45politiques ou journalistiques, à le
- 1:47:47gouvernement a lancé un ballon d'essai.
- 1:47:49Qu'est-ce que ça veut dire ?
- 1:47:50C'est-à-dire que une source proche du
- 1:47:53gouvernement a donné une information à
- 1:47:55un journaliste qui écrit un article
- 1:47:58disant "Le gouvernement envisage de
- 1:48:01prendre telle ou telle mesure et on voit
- 1:48:05comment l'opinion publique réagit. Et si
- 1:48:08elle réagit mal, et bien comme ça n'est
- 1:48:10pas attribué à un ministre, c'est
- 1:48:12quelqu'un proche du gouvernement, et
- 1:48:13bien le gouvernement ou les
- 1:48:14représentants du gouvernement peuvent
- 1:48:16très bien dire "Ah ben c'est pas du tout
- 1:48:17nous, on l'a jamais dit." Euh en réalité
- 1:48:20c'est ça peut être analysé comme étant
- 1:48:23un sondage en temps réel en quelque
- 1:48:26sorte de l'opinion publique. Et si les
- 1:48:28gens ne préparent pas, ne réagissent
- 1:48:29pas, et bien on avance. ou alors
- 1:48:34les propos sont sur des réformes
- 1:48:36beaucoup plus intenses. Donc les gens
- 1:48:38réagissent sur ce cette proposition et
- 1:48:41pour finir le gouvernement arrive dans
- 1:48:43un second temps en disant "Ah ben non,
- 1:48:45mais on voulait pas du tout faire ça.
- 1:48:47Regardez, c'est quelque chose de
- 1:48:48beaucoup moins dramatique. On a pris en
- 1:48:50considération les réactions et cetera.
- 1:48:55Et donc comme vous avez été choqué par
- 1:48:57l'intensité initiale, et bien vous
- 1:48:59réagissez de manière moins forte à la
- 1:49:03seconde proposition qui est moins
- 1:49:06intense. Autre but de cette logique de
- 1:49:08préparation de terrain donc avant les
- 1:49:10autres opérations, ça peut être de
- 1:49:12délégitimer progressivement une cible
- 1:49:15pour que dans l'opinion ciblée et bien
- 1:49:20elle ne soit pas considérée comme
- 1:49:22crédible et que son sa position soit
- 1:49:26amoindrie. Ça peut être un état, une
- 1:49:28entreprise, ça peut être un dirigeant.
- 1:49:30Le but dans ce cadre-là de préparation
- 1:49:32du terrain, c'est de rendre euh plus
- 1:49:35acceptable et de susciter moins de
- 1:49:38résistance de la part de l'audience
- 1:49:40ciblée sur les opérations de
- 1:49:43neutralisation de la cible. Donc si vous
- 1:49:46avez une campagne qui euh explique à
- 1:49:49quel point un dirigeant euh d'entreprise
- 1:49:52est euh corrompu, incompétent et malsin,
- 1:49:56et bien euh le fait que il ne soit pas
- 1:49:58renouvelé dans son mandat de direction
- 1:50:00d'entreprise, ben c'est beaucoup plus
- 1:50:01acceptable puisque en fait on a euh
- 1:50:04préparé les conditions d'
- 1:50:07d'acceptabilité de cette neutralisation.
- 1:50:12Le la deuxième fonction c'est
- 1:50:13d'accompagner l'action. À ce moment-là,
- 1:50:15l'opération d'une autre nature que
- 1:50:18informationnelle est en cours et les
- 1:50:20stratégies de guerre de l'information
- 1:50:22sont là pour l'accompagner pendant son
- 1:50:26exécution. Donc c'est au même moment. À
- 1:50:29ce moment-là, la guerre de l'information
- 1:50:31fournit un récit, un cadre dans lequel
- 1:50:33l'opération non informationnelle sera
- 1:50:36comprise. L'enjeu n'est pas justifié
- 1:50:38après coup, ça c'est l'autre dimension
- 1:50:41qui relève de l'exploitation des effets.
- 1:50:44Il s'agit d'envelopper l'action d'un
- 1:50:46récit particulier qui se déploie en même
- 1:50:48temps que l'autre opération se
- 1:50:50développe. Le but c'est d'orienter la
- 1:50:53manière dont les cibles perçoivent les
- 1:50:56buts ou la manière dont l'autre
- 1:50:58opération, je vous rappelle militaire
- 1:51:01information militaire diplomatique
- 1:51:03cybernétique ou économique et perçu.
- 1:51:07Donc c'est vraiment au moment où les
- 1:51:09faits se se produisent. La troisème
- 1:51:12fonction
- 1:51:15qui peut venir en option, qui n'est pas
- 1:51:18toujours présente,
- 1:51:20c'est de masquer ou de brouiller. Là, le
- 1:51:23but, c'est de semer le doute sur les
- 1:51:26responsabilités de qui agit, sur ses
- 1:51:29intentions, sur le calendrier de
- 1:51:31déploiement des autres opérations ou sur
- 1:51:34les causes des événements. Donc, son
- 1:51:37utilité est d'une double nature.
- 1:51:40Elle complique les intention la la
- 1:51:43compréhension des intentions du
- 1:51:45véritable auteur d'une action. Et donc
- 1:51:47si vous avez plus de mal à identifier le
- 1:51:50pourquoi tel acteur agit et bien vous
- 1:51:53retardez voir vous empêcher la réaction
- 1:51:55ou la repost.
- 1:51:58Deuxième fonction, c'est de diluer le
- 1:52:00coût politique. C'est-à-dire que si bien
- 1:52:04évidemment vous envahisser un pays et
- 1:52:06que vous au moment où vous le faites,
- 1:52:10vous expliquez que vous avez en face de
- 1:52:13vous des nazis et des gens qui
- 1:52:16massacrent leur population, et bien
- 1:52:19l'auditoire international ne perçoit
- 1:52:21pas, ne comprend pas les enjeux de la
- 1:52:24même manière. C'est une illustration,
- 1:52:26faites attention.
- 1:52:27Euh c'est pas un jugement géopolitique
- 1:52:30de ma part parce que pour masquer ou
- 1:52:33brouiller les intentions d'un auteur,
- 1:52:35vous pouvez mélanger du vrai et du faux.
- 1:52:39C'est ce qui s'appelle l'intoxication.
- 1:52:43Donc dans les conflits qui sont enain du
- 1:52:46seuil de déclaration militaire,
- 1:52:48d'engagement militaire, le fait de
- 1:52:50masquer l'opération, donc par exemple de
- 1:52:53la diplomatie coercitive
- 1:52:56à but d'intimidation ou de la prise de
- 1:52:58contrôle d'actif stratégique chez un
- 1:53:01allié, y compris chez un allié. Bien, à
- 1:53:04partir du moment où vous le masquez,
- 1:53:07vous le camouflez, et bien vous pouvez
- 1:53:10atteindre un état d'inertie ou
- 1:53:13d'anesthésie des populations euh cibles
- 1:53:17qui ne voi pas la réalité des enjeux
- 1:53:21tels qu'il se jouent. Et parfois vous
- 1:53:24avez des lanceurs d'alerte qui disent
- 1:53:25attention cette entreprise est
- 1:53:26stratégique ou des services de l'État
- 1:53:28qui disent attention à l'intérieur de
- 1:53:30l'État nos collègues n'ont pas vu que
- 1:53:33cette entreprise qui produit un petit
- 1:53:35robinet indispensable pour les
- 1:53:37sous-marins nucléaires. Si elle est
- 1:53:39prise de s'il y a un contrôle
- 1:53:40capitalistique par un acteur étranger en
- 1:53:42l'espèce c'était les États-Unis, et bien
- 1:53:44ça veut dire que ils ont un moyen de
- 1:53:46pression sur tout le système de
- 1:53:49dissuasion nucléaire français et c'est
- 1:53:51pas justicieux
- 1:53:53judicieux de ne pas faire attention à
- 1:53:56cette à cette dimension. La 4e fonction
- 1:54:00de la guerre de l'information intégrée
- 1:54:02dans une stratégie plus élaborée, plus
- 1:54:05vaste et bien c'est d'exploiter les
- 1:54:08effets des autres opérations. Donc ça
- 1:54:11veut dire que après l'action non
- 1:54:13informationnelle, vous déployez une
- 1:54:15action informationnelle afin de ou
- 1:54:18consolider les résultats obtenus.
- 1:54:20Premier élément, on avait raison de
- 1:54:23faire ce qu'on a fait parce que ou
- 1:54:26d'intimider ceux qui seraient tentés de
- 1:54:28répliquer hein, si vous réagissez hein,
- 1:54:32ça va mal se passer ou troisème
- 1:54:35dimension de dissuader les indicux qui
- 1:54:39savent pas trop de basculer dans le camp
- 1:54:42adverse. Et ça a pour objet de diviser
- 1:54:44par exemple les réactions
- 1:54:45internationales.
- 1:54:47Et c'est dans cette phase là
- 1:54:49l'accompagnement
- 1:54:51à but d'exploitation des effets pardon
- 1:54:54que la victoire tactique peut se
- 1:54:57transformer éventuellement en avantage
- 1:55:00stratégique durable.
- 1:55:03Ces quatre fonctions enveloppent les
- 1:55:05autres dimensions que j'avais évoqué
- 1:55:07initialement, c'est-à-dire diplomatique,
- 1:55:08économique, cybersécurité, cybernétique
- 1:55:12et et militaire.
- 1:55:16Alors, la guerre de l'information peut
- 1:55:18être soit un démultiplicateur
- 1:55:22d'efficacité, c'est-à-dire que à ce
- 1:55:24moment-là, elle amplifie
- 1:55:26les les effets des autres formes
- 1:55:28d'action, soit sur les conditions de
- 1:55:31préparation du terrain, par exemple,
- 1:55:33elle est une condition de mise en œuvre
- 1:55:36sans travail préparatoire de l'opinion
- 1:55:39publique internationale, des des
- 1:55:41opinions publiques d'un état qui va agir
- 1:55:45ou euh des opinions publiques d'autres
- 1:55:48États. Je parlais d'opinions publiques
- 1:55:49mais ça peut être aussi sur des
- 1:55:51gouvernements ou sur des entités plus
- 1:55:53restreintes. Et bien si le travail du
- 1:55:55terrain formationnel n'a pas été fait et
- 1:55:58bien dans certains cas les autres
- 1:55:59opérations et bien ne peuvent pas être
- 1:56:02faites parce que le coût réel serait
- 1:56:06beaucoup plus grand.
- 1:56:10Donc ça c'est la représentation
- 1:56:12synthétique de du rôle de la guerre de
- 1:56:15l'information dans les champs non
- 1:56:19informationnels avec une composante, une
- 1:56:21branche particulière sur la guerre
- 1:56:23économique puisque en fait
- 1:56:27la guerre de l'information dans le cadre
- 1:56:29de la guerre économique et bien est un
- 1:56:32élément d'amplification, de camouflage,
- 1:56:35d'intimidation ou de séparation, de
- 1:56:39dislocation de de coalition.
- 1:56:47Donc avant de conclure,
- 1:56:49il est important d'avoir en tête donc
- 1:56:52tout ce que je vous ai dit que il faut
- 1:56:55renoncer de se focaliser en terme de
- 1:56:58guerre de l'information sur l'unique
- 1:57:01dimension. Est-ce que c'est vrai ou
- 1:57:04est-ce que c'est faux ? que ça ça vous
- 1:57:07interdit si vous êtes dans la logique,
- 1:57:09c'est vrai ou c'est faux, ça vous
- 1:57:10interdit d'avoir une pensée en
- 1:57:12profondeur de la nature réelle des
- 1:57:14opérations. J'espère que vous avez
- 1:57:17compris dans des certain nombre de
- 1:57:19dimensions que j'ai évoqué précédemment
- 1:57:22et bien que un certain nombre
- 1:57:23d'opérations pouvaient se faire et ça
- 1:57:25avait été dit dès le départ par
- 1:57:26Christian sur le fait vérifiable et non
- 1:57:29pas sur le faux intégral. Donc la clé de
- 1:57:33compréhension lorsqu'il y a une
- 1:57:34opération informationnelle qui est euh
- 1:57:37menée, c'est pas seulement le vrai ou le
- 1:57:40faux, c'est d'essayer
- 1:57:42d'identifier, d'analyser dans quel
- 1:57:46rapport de force cette opération est en
- 1:57:48traelle est en train d'être menée. Et
- 1:57:52donc à quoi cette ce sujet
- 1:57:54informationnel peut-il servir ? Donc
- 1:57:58pour diagnostiquer
- 1:58:01une guerre de l'information, il y a
- 1:58:03plusieurs questions auxquelles il faut
- 1:58:05répondre ou des questions qu'il faut se
- 1:58:08poser. Donc quand cette opération
- 1:58:11a-t-elle lieu ? Est-ce que ça a un sens
- 1:58:14particulier en lien avec d'autres
- 1:58:16événements qui ont lieu juste avant ou
- 1:58:19au même moment ? Deuxème dimension,
- 1:58:22c'est qui relait cette information,
- 1:58:25c'est-à-dire de manière simple sur les
- 1:58:28réseaux sociaux qui republie mais dans
- 1:58:30l'espace médiatique classique qui tient
- 1:58:32des discours qui sont de même nature,
- 1:58:37qui reproduisent les mêmes types de
- 1:58:41discours. Troisème question, c'est quels
- 1:58:43sont les publics ? à qui cette
- 1:58:47ce discours particulier euh cette
- 1:58:49dimensionnelle s'adresse-elle ? autre
- 1:58:53dimension, c'est quels pourraient être
- 1:58:55les effets et donc se poser des
- 1:58:57questions, construire des hypothèses sur
- 1:58:59quels peuvent être les but recherché par
- 1:59:02l'opérateur en sachant que au départ on
- 1:59:05n pas l'identité des opérateurs
- 1:59:08au-delà de la simple modification de
- 1:59:10l'opinion et au-delà du débat légitime
- 1:59:14parce que le débat légitime est légitime
- 1:59:16aussi. C'est pas parce qu'on parle de
- 1:59:17guerre dans l'information qu'il faut
- 1:59:19considérer que tout est instrumentalisé.
- 1:59:25Il y a des débats, il y a des sujets
- 1:59:26traités informationnellement qui sont
- 1:59:29légitimes
- 1:59:30en soi. Et dernière dernière dimension,
- 1:59:35pardon, c'est l'articulation,
- 1:59:37c'est-à-dire quelles pourraient être les
- 1:59:39autres leviers, les autres dimensions
- 1:59:42non informationnelles qui peuvent être
- 1:59:45articulées avec ce que vous identifiez
- 1:59:48comme étant un discours spécifique. Donc
- 1:59:51la question à se poser, c'est pas
- 1:59:53simplement est-ce que ce qui est dit est
- 1:59:55vrai ou est-ce que c'est faux, c'est
- 1:59:58dans quel rapport de force cette
- 2:00:00séquence s'inscrit-elle ? Quel effet de
- 2:00:02désorientation, de pression ou de
- 2:00:05justification cherchent-elle à produire
- 2:00:08?
- 2:00:11Donc en conclusion, la guerre dans
- 2:00:12l'information peut donc être selon les
- 2:00:14cas soit l'arme principale
- 2:00:18d'une opération stratégie autonome, soit
- 2:00:21ce qu'on appelle une arme
- 2:00:21d'environnement, c'est-à-dire qu'elle
- 2:00:23accompagne d'autres stratégies. Et dans
- 2:00:26ces deux configurations, la guerre de
- 2:00:28l'information a pour objet de modifier
- 2:00:30le rapport de force en agissant sur les
- 2:00:32conditions mentales, sociales,
- 2:00:35politiques de l'action. Et c'est c'est
- 2:00:38pour ces raisons-là que la guerre de
- 2:00:40l'information aujourd'hui est un des
- 2:00:41registres stratégiques les plus
- 2:00:43difficiles à contrer.
- 2:00:47Et comme c'est un des plus difficiles à
- 2:00:48contrer et bien c'est un des plus
- 2:00:50importants à maîtriser.
- 2:00:53Je vous remercie et je passe la parole à
- 2:00:56Aurélie Pocket qui va illustrer
- 2:01:00par l'exemple du nucléaire
- 2:01:02une guerre de l'information réelle comme
- 2:01:04composante d'une stratégie à part
- 2:01:07intégrée. Pardon. Tu as la parole Ry.
- 2:01:09Merci Arnaud. Alors je rappelle
- 2:01:12rapidement le contexte. Alors, les
- 2:01:14critiques du nucléaire sont anciennes,
- 2:01:16mais entre 2020 et 2022, la
- 2:01:20confrontation informationnelle se
- 2:01:22concentre sur un enjeu précis, la
- 2:01:26taxonomie verte européenne.
- 2:01:28Effectivement, on peut aller à la slide
- 2:01:29de la première slide. Il s'agit de
- 2:01:32déterminer donc si certaines activités
- 2:01:34nucléaires peuvent figurer dans cette
- 2:01:37taxonomie verte et ainsi attirer plus
- 2:01:39facilement certains investissements.
- 2:01:42Alors à première vue, le sujet paraît
- 2:01:44essentiellement technique et
- 2:01:45réglementaire mais cette décision oppose
- 2:01:48deux modèles énergétiques et
- 2:01:49industriels. D'un côté, le modèle
- 2:01:52français qui repose sur une production
- 2:01:54électrique largement nucléaire et qui
- 2:01:56fournit une électricité compétitive et
- 2:01:59décarbonée.
- 2:02:00et de l'autre le modèle allemand qui est
- 2:02:04centré sur les énergies renouvelables et
- 2:02:06le gaz et surtout l'Allemagne a un
- 2:02:09intérêt industriel direct dans l'éolien
- 2:02:11avec Enerton et Nordex. Donc du point de
- 2:02:15vue allemand, un affaiblissement du
- 2:02:17nucléaire français peut élargir le
- 2:02:20marché des renouvelables.
- 2:02:22Au moment où l'Union européenne doit
- 2:02:24décider du statut du nucléaire, donc
- 2:02:26dans la taxonomie, plusieurs
- 2:02:27publications et prises de décision
- 2:02:29antinucléries sont diffusées. La
- 2:02:32manœuvre informationnelle consiste ici
- 2:02:34donc à installer dans le débat public et
- 2:02:37politique l'idée que le nucléaire
- 2:02:40constitue une impasse économique et
- 2:02:42environnemental afin d'affaiblir sa
- 2:02:45légitimité et de peser sur les choix
- 2:02:47européens. Cette manœuvre se mène sur le
- 2:02:50terrain environnemental mais elle
- 2:02:52recouvre aussi des intérêts économiques.
- 2:02:55Alors dans ce contexte, qui sont les
- 2:02:57principaux acteurs de cette manœuvre
- 2:02:58informationnelle ? On peut passer à la
- 2:03:00slide suivante. Les travaux de l'école
- 2:03:03de guerre économique documentent
- 2:03:05principalement le rôle de la fondation
- 2:03:08Einrich liée au parti des verres et il
- 2:03:10mentionne également la fondation Rosa
- 2:03:12Luxembourg proche d'un parti de la
- 2:03:13gauche radicale allemande.
- 2:03:16Alors, il faut bien comprendre ce que
- 2:03:17sont ces structures. Elles sont
- 2:03:20principalement financées par des fonds
- 2:03:22publics. En 2023, par exemple, l'État
- 2:03:24fédéral allemand a consacré environ 697
- 2:03:28millions d'euros au financement de
- 2:03:30l'ensemble des fondations politiques. La
- 2:03:33même année, la fondation Einrich Ball
- 2:03:35indique dans son rapport annuel sur 2023
- 2:03:39avoir disposé d'environ 97 millions
- 2:03:41d'euros de fonds publics.
- 2:03:43Alors, ces structures, elles agissent
- 2:03:45dans un cadre légal. Elles sont
- 2:03:46juridiquement distinctes des parties
- 2:03:48auxquelles elles sont liées et se
- 2:03:49présentent comme indépendantes.
- 2:03:52Mais euh leur financement public, leur
- 2:03:55lien partisan et leur prise de position
- 2:03:58interrogent euh et c'est pourquoi
- 2:04:00certains travaux les analysent comme des
- 2:04:02vecteurs d'influence euh susceptibles de
- 2:04:06prolonger dans le champ informationnel
- 2:04:09certaines orientations stratégiques
- 2:04:10allemandes.
- 2:04:12Alors, slide suivante. La manœuvre
- 2:04:15repose sur quatre moyens d'action
- 2:04:17principaux. Le premier moyen, c'est la
- 2:04:19production de contenu. Les fondations
- 2:04:22publie des rapports, des études, des
- 2:04:24documents à caractère technique qui
- 2:04:26proposent une lecture très
- 2:04:28antinucléaire. En juin 2021, par
- 2:04:30exemple, la fondation Enrich Ball publie
- 2:04:33avec Alternative économique un dossier
- 2:04:35qui s'intitule nucléaire à la France à
- 2:04:39l'heure du choix et qui présente le
- 2:04:41nucléaire comme une impasse économique
- 2:04:43et environnemental.
- 2:04:45Le deuxième moyen et bien c'est la
- 2:04:46formation des futurs décides. La
- 2:04:48fondation Enrich Ball attribue par
- 2:04:50exemple des bourses à des étudiants, des
- 2:04:52doctorants, organise des masterclass,
- 2:04:54des séminaires et des rencontres avec
- 2:04:57des responsables politiques. La
- 2:04:58fondation Rosa Luxembourg déploie
- 2:05:00également des moyens comparables et ces
- 2:05:02dispositifs finalement permettent de
- 2:05:05placer les fondations au contact de
- 2:05:07personnes susceptibles de participer
- 2:05:10ensuite à la décision politique.
- 2:05:13Le troisème moyen déployé par les
- 2:05:15fondations consiste à s'appuyer sur des
- 2:05:16relais. On en a parlé également au
- 2:05:19premier webinaire, mais par exemple la
- 2:05:20fondation Ball dispose d'un bureau à
- 2:05:22Paris. Les travaux de l'école de guerre
- 2:05:25économique identifient également des
- 2:05:26liens avec des acteurs politiques et
- 2:05:28associatifs comme Europe écologie les
- 2:05:30verts, Greenpeace, les amis de la terre
- 2:05:32ou le réseau action climat. Et ces
- 2:05:34relais bien évidemment offrent davantage
- 2:05:36de visibilité au contenu produit et
- 2:05:38contribuent à leur diffusion dans le
- 2:05:40débat public français.
- 2:05:43Enfin, le 4è moyen, lui, est porté non
- 2:05:46pas par les fondations mais par les
- 2:05:48États. Il s'agit de ce qu'on peut
- 2:05:50appeler une pression institutionnelle.
- 2:05:52Par exemple, en juillet 2021,
- 2:05:54l'Allemagne a cosigné avec l'Autriche,
- 2:05:56le Danemark, l'Espagne et le Luxembourg
- 2:05:58une lettre officielle qui demande
- 2:06:00l'exclusion du nucléaire de la taxonomie
- 2:06:03verte.
- 2:06:05Alors euh slide suivante. Si j'en
- 2:06:06reviens aux trois moyens employés par
- 2:06:08les fondations, donc production de
- 2:06:09rapport, relais et action de formation,
- 2:06:12on voit qu'il se complète et permettent
- 2:06:15de diffuser la même représentation du
- 2:06:17nucléaire auprès de publics différents,
- 2:06:19experts, acteur politiques, associatifs,
- 2:06:21médias et futur décision. C'est ce qu'on
- 2:06:23peut qualifier dans cerclement cognitif.
- 2:06:26Afince d'être répété dans tous les
- 2:06:28espaces, et bien cette représentation
- 2:06:30devient familière et gagne en
- 2:06:32crédibilité. et le nucléaire français
- 2:06:35est alors présenté et bien de manière
- 2:06:37récurrente comme une technologie bah
- 2:06:39dépassée, coûteuse, risqué et
- 2:06:42incompatible avec la transition
- 2:06:44écologique.
- 2:06:46Alors slide suivante. Cet ensemble de
- 2:06:48moyens, on peut maintenant le lire de
- 2:06:50deux façons. Première lecture, c'est
- 2:06:52l'on s'en tient à son action sur les
- 2:06:54perceptions, il suffit à lui-même. C'est
- 2:06:56une stratégie isolée. C'est ce qu' a
- 2:06:58expliqué Arnaud précédemment. Il
- 2:07:00fragilise la légitimité du nucléaire. Il
- 2:07:02polarise le débat public et rend la
- 2:07:04défense de la filière plus difficile. On
- 2:07:06retrouve voilà les mécanismes décrits
- 2:07:09par Anaud, donc l'amplification de
- 2:07:11controvers réelles, la mise en avant
- 2:07:13sélective de certaines informations et
- 2:07:15l'exploitation des biais cognitifs.
- 2:07:17Mais il y a une seconde lecture. Si on
- 2:07:19élargit le cadre, le même dispositif
- 2:07:21apparaît comme une pièce finalement d'un
- 2:07:23ensemble plus vaste. Dans le cas de la
- 2:07:26taxonomie, cette action sur les
- 2:07:28perceptions sert aussi un objectif
- 2:07:30institutionnel précis. c'est celui
- 2:07:31d'obtenir l'exclusion du nucléaire. Donc
- 2:07:35le discours antinucléaire va préparer
- 2:07:37cette demande, la rendre plus acceptable
- 2:07:40et apporte une justification finalement
- 2:07:43environnementale.
- 2:07:45C'est ce qu'on appelle finalement
- 2:07:46préparer le terrain. Et dans le même
- 2:07:47temps, plusieurs États interviennent
- 2:07:49directement auprès des institutions
- 2:07:51européennes pour réclamer cette même
- 2:07:53exclusion. C'est la lettre des cinq pays
- 2:07:55que j'évoquais.
- 2:07:57Donc l'affionnelle et cette pression
- 2:07:59institutionnelle poursuivent le même but
- 2:08:01et c'est cette convergence en fait qui
- 2:08:03fait de l'information autour du
- 2:08:05nucléaire une composante d'une stratégie
- 2:08:08intégrée.
- 2:08:09Et une fois ce cadre élargi posé, on
- 2:08:12comprend mieux un dire un dernier
- 2:08:14ressort, c'est que et bien les
- 2:08:16difficultés rencontrées par la filière
- 2:08:18française peuvent ensuite être ben
- 2:08:20réutilisées pour conforter le discours
- 2:08:22initial. Donc par exemple la fermeture
- 2:08:24de Fasenheim est présentée comme un
- 2:08:26signe de l'échec du modèle nucléaire
- 2:08:28français.
- 2:08:31Alors un dernier point mérite d'être
- 2:08:33relevé, c'est que ce cas du nucléaire
- 2:08:35révèle également une asymétrie
- 2:08:37informationnelle.
- 2:08:39Du côté allemand, les acteurs concernés
- 2:08:41disposent de moyens financiers
- 2:08:42importants. Euh leurs actions
- 2:08:44s'inscrivent dans la durée et leur
- 2:08:46discours trouve des relais jusque dans
- 2:08:48le débat institutionnel européen. La
- 2:08:51France, de son côté a défendu la
- 2:08:53présence de certaines activités
- 2:08:55nucléaires dans la taxonomie au côté de
- 2:08:57plusieurs États européens et soutenu sa
- 2:08:59position.
- 2:09:01Mais son action s'est concentré sur des
- 2:09:02terrains diplomatiques, institutionnel
- 2:09:05et techniques. Elle n'a pas répondu sur
- 2:09:07le terrain informationnel. En tout cas,
- 2:09:09aucune contre stratégie informationnelle
- 2:09:11d'ensemble semble avoir été mise en
- 2:09:13place. Cette asymétrie tient donc un
- 2:09:16double décalage dans les moyens engagés
- 2:09:19et dans le terrain choisi. La France a
- 2:09:22répondu donc sur le plan diplomatique et
- 2:09:23technique, l'Allemagne sur le plan
- 2:09:25information.
- 2:09:26Donc cette stratégie allemande est ici
- 2:09:29d'autant plus difficile à identifier
- 2:09:31parce qu'elle s'inscrit dans un débat
- 2:09:32environnemental légitime.
- 2:09:35Donc les règles pour conclure et comme
- 2:09:36l'a indiqué Arnaud, la question n'est
- 2:09:38pas simplement de savoir si ce qui est
- 2:09:40dit sur le néclair est vrai ou faux. Il
- 2:09:43faut aussi comprendre pourquoi certains
- 2:09:45arguments euh sont répétés, par quels
- 2:09:48acteurs ils sont diffusés, dans quelle
- 2:09:50stratégie ils s'inscrivent, euh quelles
- 2:09:53autres actions ils viennent soutenir et
- 2:09:56enfin quels effets ils cherchent à
- 2:09:58produire.
- 2:10:02Merci Aurélie.
- 2:10:04Alors le 10e et dernier principe, une
- 2:10:10partie non négligeable de la guerre de
- 2:10:11l'information ne cible pas l'opinion
- 2:10:14publique. Je donne la parole à Christian
- 2:10:17Arbuot.
- 2:10:20Merci Anna. Alors, pardonnez-nous d'être
- 2:10:23un peu long sur les sujets, mais je
- 2:10:25crois je crois que c'est très très
- 2:10:26important qu'on le soit euh parce qu'il
- 2:10:28faut dérouler euh
- 2:10:31à la fois le cadre méthodologique comme
- 2:10:33l'a fait Arnaud avec tous les éléments
- 2:10:35qui s'y raccrochent. Et quand on
- 2:10:38présente une étude de cas comme celle
- 2:10:40que vient de présenter Aurélie, c'est
- 2:10:42pas du tout anodin cette histoire. Vous
- 2:10:46avez bien noté qu'en fait il y a deux
- 2:10:48pays euh et il y a deux manières de
- 2:10:51traiter les choses et visiblement et on
- 2:10:54ne le diera jamais assez la France est
- 2:10:57très en retard sur ce qu'a décrit Arnaud
- 2:11:01au niveau aussi bien stratégie intégrée
- 2:11:04que de stratégie informationnelle pure.
- 2:11:08Et c'est vraiment un débat fondamental
- 2:11:11qui n'existe pas encore. et le CR 451
- 2:11:14cherche
- 2:11:16à appuyer parfois un peu là où ça fait
- 2:11:18mal mais ça nous semble utile. Alors le
- 2:11:20principe 10, une partie non négligeable
- 2:11:22de la garde d'information ne cible pas
- 2:11:24l'opinion publique.
- 2:11:28Euh
- 2:11:30je vais aller vite mais juste signaler
- 2:11:34que
- 2:11:36il y a des démarches qui ne relèvent pas
- 2:11:40de ce qu'on lit et de ce qu'on écrit sur
- 2:11:44toute la littérature portant en France
- 2:11:46sur la guerre d'information.
- 2:11:49Et c'est dommage. Pourquoi ? parce que
- 2:11:51là, on entre dans le terrain de pratique
- 2:11:54dit de l'humain euh qui joue un rôle
- 2:11:57absolument prépondérant
- 2:12:00et qui n'est malheureusement pas assez
- 2:12:02souligné et déroulé. Alors, on peut
- 2:12:07comprendre pourquoi vu par exemple
- 2:12:09l'intitulé de cette diapositive hein,
- 2:12:11quand on parle de sniping
- 2:12:12informationnel, euh ça veut dire que des
- 2:12:16structures euh offensives peuvent et
- 2:12:21aller sur des terrains très très
- 2:12:22agressifs
- 2:12:24et visant en fait à déstabiliser des
- 2:12:27individus euh pour à pour un résultat
- 2:12:33qui peut parfois
- 2:12:35être
- 2:12:36de nature quasiment stratégique, hein.
- 2:12:39Et ces actions de sniping
- 2:12:42informationnel, elle porte aussi bien
- 2:12:44sur la l'aspect professionnel que sur
- 2:12:47l'entourage professionnel, mais aussi
- 2:12:49les relations dans la vie quotidienne
- 2:12:51qu'un individu peut avoir. Euh juste
- 2:12:55deux petits exemples pour
- 2:12:58essayer d'en formaliser le contour. Euh
- 2:13:03nous avons euh retenu euh par exemple ce
- 2:13:08cas de la déstabilisation d'un
- 2:13:09parlementaire qui devait faire une
- 2:13:11communication euh le lendemain euh sur
- 2:13:15un rapport. Euh c'était donc un
- 2:13:18rapporteur du fameux rapport et qui euh
- 2:13:22s'est retrouvé euh devant euh une
- 2:13:25situation euh assez déstabilisante,
- 2:13:27c'est-à-dire qu'en face de lui, il y
- 2:13:29avait des journalistes et une personne
- 2:13:32euh publique impliquée dans le débat et
- 2:13:36cette personne à un moment donné se lève
- 2:13:40et emmène avec elle une partie des
- 2:13:41journalistes qui assistaient à la
- 2:13:42conférence de presse. et ça a quand même
- 2:13:46très fortement parasité voire fragilisé
- 2:13:50la communication sur le rapport
- 2:13:51lui-même. Alors ça c'est quoi comme
- 2:13:54sniping informationnel ? Ben, c'est
- 2:13:55quelque chose qui implique une certaine
- 2:13:57forme de logistique. On a appris par la
- 2:14:00suite que euh le bureau du parlementaire
- 2:14:04avait été visité la veille au cœur de
- 2:14:06l'Assemblée nationale, hein. Et donc
- 2:14:09la personne qui a quitté l'Assemblée
- 2:14:13au bon moment dans le discours prononcé
- 2:14:17à Moment charnière était visiblement au
- 2:14:19courant de ce discours alors qu'elle
- 2:14:23n'aurait pas dû l'être. Donc ça c'est
- 2:14:25une toute petite opération mais qui peut
- 2:14:27avoir des conséquences non négligeables
- 2:14:30parce que
- 2:14:32en fait elle n'a pas été rendue publique
- 2:14:34en tant qu'infraction.
- 2:14:36Ça n'a pas donné lieu à un débat. On est
- 2:14:38dans la partie invisible de la guerre
- 2:14:40d'information. L'autre exemple, bah
- 2:14:43c'est que contrairement à ce qui est dit
- 2:14:46et répété, j'insiste lourdement
- 2:14:48là-dessus, un simple track déposé au bas
- 2:14:51d'un euh du siège de d'une entité. Et
- 2:14:56là, je démarque la chose, c'est pareil
- 2:14:58parce que c'est compliqué de d'aller
- 2:15:00plus loin dans la révélation de ce genre
- 2:15:02de fait. Mais
- 2:15:04sur ce track, qu'est-ce qu'il est marqué
- 2:15:06? Ben il est marqué euh un certain
- 2:15:11nombre d'argumentations très hostiles à
- 2:15:13des experts chargés de rendre un avis
- 2:15:15sur un projet industriel au niveau
- 2:15:17international. Et euh en gros, le track
- 2:15:20dit que ça sera ces experts qui vont
- 2:15:23être montrés du doigt euh si le projet
- 2:15:26est validé par l'institution dans
- 2:15:29laquelle ils œuvrent.
- 2:15:31Et là, on a typiquement
- 2:15:33une démarche plus qu'archaïque, hein, un
- 2:15:36feuille de papier déposé
- 2:15:40en bas du lieu où ces personnes
- 2:15:42travaillent et qui il y en a eu quand
- 2:15:44même plusieurs de ces tractes et un
- 2:15:45d'entre eux a été ramassé est arrivé sur
- 2:15:48le bureau de ces personnes. Ça les a
- 2:15:49complètement déstabilisé parce qu'elles
- 2:15:51ont bien senti qu'elles allaient passer
- 2:15:52de l'ombre à la lumière, qu'elles
- 2:15:55allaient être au cœur d'une polémique et
- 2:15:57elle sentait bien que l'institution
- 2:15:59était comment dire mal préparée pour les
- 2:16:02défendre. Typiquement là, on était dans
- 2:16:05un cas de déstabilisation d'individu par
- 2:16:07l'information
- 2:16:09et l'axe d'attaque, c'est la morale.
- 2:16:12C'estàdire, on accusait dans trac ces
- 2:16:14personnes de faire quelque chose qui
- 2:16:16allait porter atteinte à la vie de de
- 2:16:20fraction de population dans tel pays
- 2:16:23suite à la construction de tel projet.
- 2:16:29Alors, un autre aspect euh moins
- 2:16:31sulfureux mais tout aussi important,
- 2:16:34c'est ce qu'on appelle le combat pour la
- 2:16:36légitimité. Euh ça c'est vraiment euh
- 2:16:41quelque chose qui est essentiel. Euh et
- 2:16:45le combat pour la la légitimité en
- 2:16:48France, on fait souvent une confusion
- 2:16:50euh récurrente, c'est que euh il y a des
- 2:16:54personnes au plus haut niveau de
- 2:16:57l'appareil d'État euh qui ou du pouvoir
- 2:17:00politique qui estime qu'ils ont la
- 2:17:02légitimité pour parler. Donc à partir de
- 2:17:05là, les propos qu'ils ont prononcé euh
- 2:17:07sont légitimes en fait. Euh bah non, ça
- 2:17:10c'est pas comme ça que les choses se
- 2:17:12passent dans les cartes d'information.
- 2:17:13C'est-à-dire que comme l'a dit Aurélie
- 2:17:16et comme l'a dit Arnaud précédemment,
- 2:17:19euh il est hyper important de préparer
- 2:17:23le terrain informationnel, c'est-à-dire
- 2:17:26la légitimité, ça se conquière. Ce n'est
- 2:17:28pas une chose immanente liée à une
- 2:17:31fonction euh même la plus haute dans euh
- 2:17:35euh l'organisation de la démocratie
- 2:17:37française. Et c'est là qui est le
- 2:17:38problème. C'est-à-dire que il y a une
- 2:17:41confusion qui s'opère de manière
- 2:17:43récurrente entre cette croyance dans la
- 2:17:47fonction et la portée de la parole liée
- 2:17:51à la croyance dans la fonction. Donc la
- 2:17:53légitimité de la portée de la parole.
- 2:17:56Non, la légitimité, je le répète, c'est
- 2:17:58quelque chose qui se conquère si on veut
- 2:18:02euh
- 2:18:04sur un débat euh porter une information
- 2:18:08euh et euh trouver un écho favorable,
- 2:18:13important, euh soit dans des fractions
- 2:18:15de population, soit au Parlement, soit
- 2:18:19soit même à l'extérieur de la France, il
- 2:18:21est absolument nécessaire de se donner
- 2:18:23les moyens euh de faire en sorte que les
- 2:18:27différents types d'interlocuteurs que
- 2:18:29vise votre prise de parole soit
- 2:18:33convaincu que vous êtes légitime pour le
- 2:18:34faire. H et c'est là où euh les
- 2:18:39problèmes
- 2:18:41sont en tout cas dans le domaine
- 2:18:43économique très très très euh
- 2:18:46démonstratif hein euh dans le sens où
- 2:18:50euh quelqu'un qui veut
- 2:18:54la légitimité qui n'arrive pas à la
- 2:18:56conquérir ou qui va la perdre d'ailleurs
- 2:18:59euh euh risque tout simplement de faire
- 2:19:03capoter une stratégie bien conçue
- 2:19:06euh de contreguerre de l'information si
- 2:19:08on réagit à une démarche offensive. Et
- 2:19:13je crois qu'il faut sur ce point-là euh
- 2:19:16bien comprendre qu'on n'est pas sur un
- 2:19:18terrain public euh et qu'on est sur un
- 2:19:21terrain où on réfléchit pour mieux
- 2:19:24comprendre comment fait l'adversaire
- 2:19:27afin de mieux répondre. Et il se peut
- 2:19:30euh que un jour ou l'autre, pour des
- 2:19:33raisons euh d'intérêt général, on soit
- 2:19:37obligé d'être proactif et pas simplement
- 2:19:39réactif. Et bien ce jour-là, il faudra
- 2:19:42exactement procéder de la même manière,
- 2:19:45c'est-à-dire
- 2:19:47comprendre que la légitimité se
- 2:19:49conquière. Aurélie vous a expliqué
- 2:19:51comment les Allemands avaient procédé à
- 2:19:53un encerclement cognitif. Euh vous voyez
- 2:19:56très bien que la réponse française
- 2:19:57n'était absolument pas à la hauteur euh
- 2:20:00pour contrer cet encerclement et même
- 2:20:02l'expression encerclement cognitif. Euh
- 2:20:06je ne suis pas sûr que ça soit encore
- 2:20:09une expression euh qui passe dans le
- 2:20:11langage courant, même si les lignes sont
- 2:20:13en train de bouger et heureusement euh
- 2:20:15dans certaines administrations. Donc on
- 2:20:17a vraiment euh une urgence, c'est euh à
- 2:20:22travailler ce combat pour la légitimité.
- 2:20:25Et le combat pour la légitimité en
- 2:20:26France, on a un peu trop tendance à le
- 2:20:28circonscrire à des débats comme ceux par
- 2:20:32exemple en ce moment sur la fin de vie
- 2:20:34ou des débats qui touchent en fait la
- 2:20:36vie publique qui sont très importants,
- 2:20:38hein, je ne dis pas leur importance et
- 2:20:40on oublie d'autres débats qui touchent
- 2:20:44l'intérêt de puissance de la France, ses
- 2:20:46enjeux et cetera. Euh si je prends un
- 2:20:48seul exemple, euh un pays comme
- 2:20:51l'Allemagne qui cherche aujourd'hui à
- 2:20:53aller chercher le leadership en matière
- 2:20:55de défense européenne. Euh vous
- 2:20:59comprenez bien que c'est un problème
- 2:21:01stratégique qui se pose aujourd'hui et
- 2:21:03qui euh dépasse très largement euh ce
- 2:21:07qu'on croit être le la bonne entente du
- 2:21:10coup franco-allemand. Rien que ce
- 2:21:12sujet-là à lui seul mériterait un
- 2:21:16véritable
- 2:21:18travail de réflexion et d'action pour
- 2:21:21que la France ne se retrouve pas dans
- 2:21:23une situation de pays isolé face à un
- 2:21:27pays très prétentieux d'une certaine
- 2:21:29manière et qui a les moyens financiers
- 2:21:32pour
- 2:21:34apparaître comme le pays leader.
- 2:21:40Troisème élément très important aussi et
- 2:21:44d'actualité, je ne vais pas rentrer dans
- 2:21:46le débat politique français, mais vous
- 2:21:48voyez très bien à quoi je peux faire
- 2:21:49allusion, ce qu'on appelle l'entrisme
- 2:21:52informationnel.
- 2:21:54Et l'entrisme informationnel, c'est
- 2:21:56notamment euh le noy le noyautage des
- 2:21:59émetteurs qui servent de points de
- 2:22:01repère cognitif. Alors, on sait bien que
- 2:22:04il y a eu un certain nombre de faits qui
- 2:22:06ont été révalés ces dernières années qui
- 2:22:08démontraient des opérations de noyotage
- 2:22:10et ce qui s'est retourné d'ailleurs
- 2:22:13contre ceux qui ont mené ce type
- 2:22:15d'opération. Euh là, c'est le
- 2:22:17fonctionnement normal de la démocratie
- 2:22:19et de la justice. Mais au-delà de ce
- 2:22:21problème, il est clair que l'entrisme
- 2:22:24informationnel peut être beaucoup moins
- 2:22:27maladroit ou voyant. Euh c'est-à-dire
- 2:22:31que euh il est clair qu'on assiste là à
- 2:22:35des démarches souterraines de
- 2:22:37construction de discours euh qui sont
- 2:22:40assez compliqués à déceler euh tout
- 2:22:43simplement parce que on
- 2:22:48on n'est pas outillé pour les contr
- 2:22:51et ça c'est un des problèmes les plus
- 2:22:54délicats du fonctionnement de la
- 2:22:55démocratie actuellement, c'est que nous
- 2:22:58ne savons pas euh comment euh
- 2:23:04apporter une réponse à une forme
- 2:23:06d'entrisme informationnel qui peut
- 2:23:08déstabiliser soit nos institutions, soit
- 2:23:11nos entreprises. C'est vraiment quelque
- 2:23:13chose euh qui est un peu l'angle mort
- 2:23:17très très important du système. Et vous
- 2:23:20savez très bien que
- 2:23:23même si c'est pas présenté publiquement,
- 2:23:26mais nous approchons des élections
- 2:23:29présidentielles en 2027 et cette notion
- 2:23:32d'entrisme informationnel
- 2:23:35n'est pas anudine et ce n'est pas
- 2:23:39quelque chose qu'on peut comment dire
- 2:23:42systématiquement
- 2:23:44lié à des logiques d'ingérence
- 2:23:46étrangère. Euh il peut y avoir des
- 2:23:49logiques d'entrisme informationnelle euh
- 2:23:51en France intramureaux sans qu'il y ait
- 2:23:53une ingérence étrangère et qui pourrait
- 2:23:56jouer euh un rôle particulièrement euh
- 2:24:00dangereux dans l'équilibre du
- 2:24:02fonctionnement de la démocratie.
- 2:24:04Mais le temps nous est compté. Je ne
- 2:24:06peux que souligner ces trois enjeux et
- 2:24:09on va l'illustrer euh ces trois enjeux,
- 2:24:12on va l'illustrer par une dernière étude
- 2:24:14de cas qui s'appelle le paratonaire
- 2:24:16français et ses ennemis.
- 2:24:19Je donne la parole à Nicolas Moin
- 2:24:21Oui, merci. Effectivement, on a là
- 2:24:24vraiment un cas assez exceptionnel hein
- 2:24:26qui a été d'ailleurs largement étudié
- 2:24:30par le CR 451 et vous pouvez retrouver
- 2:24:33parce que je l'ai présenté de manière
- 2:24:34synthétique bien sûr ce cas sur le site
- 2:24:37du CR avec notamment un entretien avec
- 2:24:41une chef d'entreprise dans la guerre
- 2:24:42économique qui s'appelle Ellisabeth
- 2:24:44Benali Léonard. Que dit ce cas pour pour
- 2:24:49faire simple ? Il dit que une
- 2:24:52technologie innovante qui est le qui est
- 2:24:55française qui est le paratonire à
- 2:24:56dispositif d'amorçage bien va venir
- 2:24:59évidemment poser problème à une vieille
- 2:25:02technologie qui elle est bien installée
- 2:25:04qui est le paratonire à tige simple et
- 2:25:06que bien les entreprises anglo-saxones
- 2:25:10mais essentiellement allemandes qui sont
- 2:25:12sur ce marché euh vont évidemment voir
- 2:25:15cette cette nouvelle technologie d'un
- 2:25:17d'un très mauvais œil et vont donc mener
- 2:25:20une guerre informationnelle, une guerre
- 2:25:21normative et une opération de
- 2:25:24contreinfluence.
- 2:25:25On va passer à la diapositive suivante
- 2:25:29qui est un schéma qui vous résume
- 2:25:31synthétiquement bien sûr cette histoire
- 2:25:34assez assez incroyable et qui je vous le
- 2:25:37dis tout de suite hein, je vais vous je
- 2:25:39vais vous raconter la fin avant pour une
- 2:25:42fois va bien se terminer du côté
- 2:25:43français et qui montre que les seuilles
- 2:25:45batailles perdues sont celles qu'on ne
- 2:25:47mène pas. Mais commençons par le
- 2:25:49commencement. qu'on a donc, je vous l'ai
- 2:25:50dit, une innovation française hein qui
- 2:25:52est d'ailleurs lié au CNRS avec un un
- 2:25:55disposite de paratonire pour faire
- 2:25:57simple si vous voulez qui permet de
- 2:25:59manière beaucoup plus efficace d'attirer
- 2:26:00la foudre euh à un coût beaucoup moindre
- 2:26:04puisque là où il faut beaucoup de
- 2:26:05paratonire assez simple, il faut un seul
- 2:26:08paratonire à dispositif d'amorçage et en
- 2:26:11plus avec un faible bilan de carbone.
- 2:26:13Donc technologie très prometteuse et
- 2:26:15encore plus avec le réchauffement
- 2:26:16climatique puisque vous le savez les
- 2:26:18phénomènes extrêmes comme la foudre ne
- 2:26:20vont que se multiplier. Donc évidemment
- 2:26:23c'est une menace pour les acteurs
- 2:26:24historiques et notamment un certain
- 2:26:26nombre de TI entreprises de taille
- 2:26:28intermédiaire allemande.
- 2:26:30Ces entreprises vont donc mener une
- 2:26:32garde d'information et euh un véritable
- 2:26:36entrisme informationnel tout d'abord par
- 2:26:38une captation des émetteurs.
- 2:26:41Pour être concret, qu'est-ce que ça veut
- 2:26:43dire ? Ça veut dire qu'il y a une
- 2:26:45conférence qui s'appelle l'ICLP,
- 2:26:47l'International Conference DNING
- 2:26:49Protection qui en fait est complètement
- 2:26:52noyauté par les les entreprises
- 2:26:55allemandes ou leurs alliés et qui va
- 2:26:58censurer toutes les publications qui
- 2:27:01sont favorables et qui disent du bien de
- 2:27:04la technologie française, donc du
- 2:27:06paratonaire à petit d'amorçage.
- 2:27:09Vous voyez, vous comprenez déjà que un
- 2:27:11peu plus tard, cette absence en fait de
- 2:27:13de publication évidemment sera utilisée
- 2:27:16pour décrédibiliser la technologie
- 2:27:18française.
- 2:27:20Mais il n'en reste pas là, pas
- 2:27:21simplement une censure. Ils vont aussi
- 2:27:24diffuser des études avec un certain
- 2:27:27nombre d'experts qui sont payés hein par
- 2:27:29les firmes allemandes, par ces
- 2:27:31entreprises allemandes pour produire des
- 2:27:34études. Ça peut être des docteurs, ça
- 2:27:37peut être des chercheurs, enfin des
- 2:27:39doctorants plutôt qui vont en fait
- 2:27:42discréditer la technologie française.
- 2:27:44C'estàd qu'ils vont mener des des
- 2:27:46expérimentations très critiquables mais
- 2:27:48qui ont pour but de prouver que cette
- 2:27:51technologie est risquée, qu'elle est pas
- 2:27:53sûre et cetera et cetera. Et bien sûr
- 2:27:56avec un certain nombre de relais de
- 2:27:58relais militants euh au service du
- 2:28:01paratonaire du paratonaire à simple.
- 2:28:04Voilà, on est donc dans un véritable
- 2:28:05doute scientifique organisé, légitimé et
- 2:28:08tout ça se fait à grande échelle, hein.
- 2:28:11Mais comme disait Christian, on n'est
- 2:28:12pas on n'est pas dans une guerre
- 2:28:14d'information médiatique pour le grand
- 2:28:16public. On reste dans un dans des
- 2:28:18domaines dans des univers très
- 2:28:20restreints, très confinés. Voilà. En
- 2:28:23même temps, il y a une action
- 2:28:25souterraine institutionnelle et
- 2:28:26normative qui est menée en France tout
- 2:28:29d'abord au sein du ministère de
- 2:28:31l'environnement.
- 2:28:32C'est-à-dire que les Allemands en fait
- 2:28:34euh petit à petit font de l'entrisme
- 2:28:38dans le ministère français hein et il y
- 2:28:40a un rapport qui va apparaître en en
- 2:28:432001 de
- 2:28:46de de l'État français qui en fait est à
- 2:28:49charge contre la technologie de ses
- 2:28:51propres entreprises. Ça peut paraître
- 2:28:53énorme et pourtant pourtant c'est vrai.
- 2:28:55Voilà. Et parallèlement bien sûr, il y a
- 2:28:58tout ce travail
- 2:29:00d'entrisme normatif auprès notamment du
- 2:29:03comité de européen de l'électricité he
- 2:29:06le SENELEC
- 2:29:08qui euh bah attend à imposer massivement
- 2:29:10la norme du paratonaire simple et de
- 2:29:14déclarer la norme française
- 2:29:15conflictuelle. Al il faut savoir qu'en
- 2:29:17fait dans le système normatif bien c'est
- 2:29:19le consensus qui doit l'emporter. Donc
- 2:29:21dès qu'il y a une une logique
- 2:29:22conflictuelle ou qu'il y a une forte
- 2:29:24incertitude sur la qualité d'un d'un
- 2:29:28d'une technologie, et bien comme tout se
- 2:29:30fait par vote et à l'unanimité et bien
- 2:29:33évidemment euh cette cette technologie
- 2:29:38ne peut qu'être écartée et on le sait en
- 2:29:40plus la norme fait le marché. Donc
- 2:29:42évidemment cette menace qui est plus
- 2:29:45qu'une menace qui est même une quelque
- 2:29:47chose qui est déjà prévu hein d'ici
- 2:29:50quelques années de de l'éviction en fait
- 2:29:53de la technologie française de de la
- 2:29:55norme automatiquement va
- 2:29:59entraîner un effondrement du marché pour
- 2:30:02les Français. Donc une perte marsive de
- 2:30:03part de marché, un établiss un
- 2:30:05affaiblissement très fort de la filière
- 2:30:08et donc des entreprises avec des menaces
- 2:30:10de liquidation parce qu'il faut savoir
- 2:30:12que là où on a des entreprises
- 2:30:13allemandes de taille intermédiaire, ce
- 2:30:15qu'on appelle donc des des grosses PME
- 2:30:16si vous préférez, les entreprises
- 2:30:18françaises sont essentiellement des TPE,
- 2:30:21donc des très petites entreprises de
- 2:30:23quelques dizaines de personnes et avec
- 2:30:25aussi cette fâcheuse tendance française
- 2:30:27à ne pas travailler collectif là où les
- 2:30:30Allemands chassent en meut.
- 2:30:33qu'on passe à la deuxème partie, la
- 2:30:34phase 2.
- 2:30:37Et bien ce qui va se passer que il va y
- 2:30:40avoir en fait un leader qui est cette
- 2:30:42fameuse Ellisabeth Benaliard qui en fait
- 2:30:46pour la petite histoire d'ailleurs c'est
- 2:30:47c'est assez amusant quelque part dire ça
- 2:30:50comme ça en fait ne connaît rien au
- 2:30:52domaine mais elle a racheté
- 2:30:55une entreprise hein France paratonire
- 2:30:59et bien sûr le sédent a fortement oublié
- 2:31:02lui indiquer que la norme française
- 2:31:04allait bientôt que la technologie
- 2:31:05française allait bientôt sortir de la
- 2:31:06norme.
- 2:31:07Donc elle a racheté une entreprise qui
- 2:31:10est appelée probablement à disparaître.
- 2:31:12Donc ça ne va évidemment l'énerver
- 2:31:17et c'est important parce que ça va être
- 2:31:18un moteur. C'est qu'en fait cette femme
- 2:31:20elle va cette chef d'entreprise assez
- 2:31:22remarquable elle va en fait prendre le
- 2:31:24leadership sur sur les Français et elle
- 2:31:28va décider en fait de mener
- 2:31:31véritablement une mutilisation
- 2:31:32mutualisation pardon industrielle et de
- 2:31:35réinvestir petit à petit les arènes
- 2:31:36scientifiques. Donc va être créé alors
- 2:31:39c'est le syndicat français bien entendu
- 2:31:41he qui crée en fait une plateforme de
- 2:31:43recherche concurrente de l'ICLP hein
- 2:31:46donc l'ILPA
- 2:31:48et puis il décide aussi d'être présent
- 2:31:51c'est qu'ils vont se partager en fait la
- 2:31:53présence dans différentes conférences il
- 2:31:55y a beaucoup de conférences et donc les
- 2:31:58représentants des entreprises françaises
- 2:32:00vont aller porter la contradiction
- 2:32:02au sein donc de l'ICLP rétablir le débat
- 2:32:05scientifique et puis défendre évidemment
- 2:32:07la la technologie française donc le
- 2:32:10paratonire dispositif d'amorçage.
- 2:32:13Ça va se faire aussi grâce à l'appui, il
- 2:32:14faut le dire, c'est important de l'État
- 2:32:17et notamment de deux structures à
- 2:32:19l'époque, la DJSI, donc générale de la
- 2:32:22sécurité intérieure et puis la D2IE avec
- 2:32:25Claude Revrevel, donc la délégation
- 2:32:27interministérielle à l'intelligence
- 2:32:28économique qui vont jouer un rôle très
- 2:32:30important, qui vont euh euh faire le
- 2:32:34ménage au sein notamment du ministère de
- 2:32:36l'environnement et qui vont
- 2:32:38véritablement soutenir avec leurs moyens
- 2:32:40euh ce secteur industriel.
- 2:32:43Et un des acteurs qui va être largement
- 2:32:46sollicité euh par l'État, c'est l'FNOR,
- 2:32:49l'Agence française de normalisation qui
- 2:32:51est appelé à réeximiner le fameux
- 2:32:53rapport de 2001 qui était défavorable,
- 2:32:55rapport français, je vous le rappelle,
- 2:32:57qui était défavorable à la technologie
- 2:32:58française et qui va conclure évidemment
- 2:33:02le l'inverse puisque il fallait se
- 2:33:04rendre à l'évidence cette technologie,
- 2:33:06elle est elle est très très innovante et
- 2:33:09très nécessaire
- 2:33:11pour preuve hein pour la piétisoire euh
- 2:33:14c'est un paratonire dispositif
- 2:33:15d'amorçage qu'on trouve euh sur la tour
- 2:33:18Effel et sur un certain nombre de
- 2:33:21monuments dans le monde. Tout ça se fait
- 2:33:23après appel d'offrein. Donc cette
- 2:33:25technologie a fait ses preuves et et
- 2:33:27donc il va y avoir un véritable soutien
- 2:33:28de l'État à la norme française et une
- 2:33:30mise en place d'un bouclier normatif.
- 2:33:33Voilà. Donc finalement, tout se termine
- 2:33:36bien. La technologie est reconnue à
- 2:33:37nouveau et aujourd'hui, il faut savoir
- 2:33:38qu'elle est présente dans plus de 120
- 2:33:40pays et que la filière du paratonire
- 2:33:43française est euh non seulement à
- 2:33:45survécu mais véritablement euh en phase
- 2:33:48en phase de croissance. Donc voilà un un
- 2:33:51cas particulièrement emblématique à la
- 2:33:53fois d'une guerre de l'information et
- 2:33:54d'une contre-guerre de l'information.
- 2:33:59Merci votre attention.
- 2:34:03Bien question pour la conclusion.
- 2:34:05Oui, donc pour conclure
- 2:34:08plusieurs choses très rapidement. La
- 2:34:12première, c'est que euh nous allons
- 2:34:16organiser un troisème webinaire pour
- 2:34:18répondre aux questions parce que nous,
- 2:34:19comme vous l'avez dit, et vu pour euh
- 2:34:23tout ça prend du temps, il faut exposer
- 2:34:25et c'est pas pour rien que on a fait
- 2:34:27déjà deux webinaires pour exposer un
- 2:34:30début de nos analyses et nos méthodes de
- 2:34:33travail, voire de de nos méthodologies.
- 2:34:37Euh donc on verra ça à l'automne, vous
- 2:34:39serez informé euh par le site du
- 2:34:41CR451.fr.
- 2:34:43Il y a aucun problème. Euh 2e élément
- 2:34:47euh je crois que on a essayé de et le
- 2:34:53cas que vient de vous dérouler Nicolas
- 2:34:55de de vous montrer par des exemples
- 2:34:58concrets que
- 2:35:00rien n'est impossible. En fait euh c'est
- 2:35:03vrai que nous avons du retard dans
- 2:35:05certains domaines. C'est vrai que nous
- 2:35:06avons tourné le dos à des bilans
- 2:35:10d'expérience qui auraient pu même de
- 2:35:12manière très critique mais nous être
- 2:35:15utile.
- 2:35:16Mais rien ne nous interdit de relever
- 2:35:19les défis à venir. et je vais laisser la
- 2:35:22parole au général Galet qui va conclure
- 2:35:25ce webinaire pour
- 2:35:27justement présenter
- 2:35:30la suite.
- 2:35:33En conclusion, l'analyse des 10
- 2:35:36principes de la guerre de l'information
- 2:35:38nous montre que l'information est bien
- 2:35:40un levier de puissance et de
- 2:35:42déstabilisation,
- 2:35:44surtout avec les nouvelles formes de
- 2:35:46conflictualité.
- 2:35:47Nous l'avons vu, notre champ
- 2:35:49informationnel est marqué par la
- 2:35:51rapidité de circulation des contenus,
- 2:35:54l'infoité,
- 2:35:56la multiplicité des acteurs et ainsi que
- 2:35:59des caisses de résonance.
- 2:36:01Aussi, la maîtrise des dynamiques
- 2:36:04informationnelles constitue désormais
- 2:36:07l'un des facteurs déterminants dans la
- 2:36:09structuration des rapports de force.
- 2:36:12L'un des points communs présent dans
- 2:36:15chacune de ces six interventions, c'est
- 2:36:18bien la nécessité de dépasser la simple
- 2:36:21observation de ces actions de
- 2:36:23désinformation ou de manipulation
- 2:36:27afin de concevoir et déployer une
- 2:36:30véritable stratégie. Une stratégie qui
- 2:36:34comporte deux volets,
- 2:36:36un volet défensif bien sûr, visant à
- 2:36:39nous protéger des attaques
- 2:36:42informationnelles
- 2:36:43ainsi qu'à préserver notre intégrité
- 2:36:45cognitive, mais surtout un volet
- 2:36:48offensif dans la capacité à produire, à
- 2:36:52diffuser et à imposer des récits
- 2:36:54favorables sans tomber dans l'impasse de
- 2:36:56la propagande. D'ailleurs, ne négligeons
- 2:37:00surtout pas l'aspect dissuasif de ce
- 2:37:03volet offensif.
- 2:37:06Qui dit stratégie implique l'élaboration
- 2:37:09d'une doctrine cohérente capable de
- 2:37:12combiner les actions d'acteur provenant
- 2:37:15d'horizons différents.
- 2:37:17C'est peut-être l'enjeu le plus
- 2:37:19important, être capable dans un état de
- 2:37:22droit de structurer une compréhension
- 2:37:26commune de ces enjeux. pour conduire une
- 2:37:28action globale autour de modes
- 2:37:31opératoires diverses. Nous devons
- 2:37:33surtout montrer une cohésion nourrie par
- 2:37:37l'adhésion à des valeurs communes.
- 2:37:41Le défi est de construire et d'imposer
- 2:37:44une lecture du réel, d'être capable, de
- 2:37:48faire adhérer, de persuader pour
- 2:37:51supplanter toutes ces ingérences
- 2:37:53informationnelles.
- 2:37:55Et dans ce combat, les six intervenants
- 2:37:59nous rappellent que la primauté de
- 2:38:01l'action indirecte, l'importance des
- 2:38:04stratagèmes, mais aussi la compréhension
- 2:38:06des dynamiques subversives sont des
- 2:38:09facteurs incontournables de succès. Ce
- 2:38:13défi ne peut être relevé qu'avec une
- 2:38:16sensibilisation de chacune des strates
- 2:38:19de la société et aussi de chaque
- 2:38:22individu, de chaque citoyen. Je dirais
- 2:38:26même que le prérequis et la préservation
- 2:38:28de l'autonomie de jugement de chacun
- 2:38:31face aux tentatives de manipulation.
- 2:38:34Les attaques visant désormais
- 2:38:36directement les esprits par
- 2:38:38l'exploitation des biais cognitifs, de
- 2:38:41l'émotion et de la fatigue
- 2:38:43intentionnelle. La résilience cognitive
- 2:38:46devient un pilier fondamental de cette
- 2:38:49démarche stratégique. Enfin, si nous
- 2:38:52voulons consolider la crédibilité, la
- 2:38:55cohérence narrative et la confiance dans
- 2:38:58un environnement contesté, cette
- 2:39:00démarche ne saurait être isolée.
- 2:39:03s'inscrit dans un écosystème global
- 2:39:07mobilisant à la fois les agences de
- 2:39:09l'État à l'instard de Vigénum, de
- 2:39:12l'ensemble des services garants de la
- 2:39:14souveraineté et de la sécurité
- 2:39:15nationale, l'éducation nationale ainsi
- 2:39:19bien sûr que tous les acteurs de la
- 2:39:22société civile. Il s'agit pour nous de
- 2:39:24constituer une ligne de fond dont le but
- 2:39:27est le développement de l'esprit
- 2:39:29critique et la construction d'une
- 2:39:31résilience collective.
- 2:39:34Je vous remercie.
- 2:39:36Bien, je reprends la parole donc juste
- 2:39:40pour vous préciser que
- 2:39:44au-delà de ce webinaire, je vous invite
- 2:39:46à à aller consulter le documentaire que
- 2:39:50nous venons de réaliser avec le général
- 2:39:52Jean-Claude Galet qui est un entretien
- 2:39:54euh entre lui-même et moi-même. Euh ce
- 2:39:58documentaire n'est pas anodin puisque en
- 2:40:01fait il est tout à fait complémentaire
- 2:40:02avec le webinaire qu'on vient de vous
- 2:40:04présenter en deux séquences.
- 2:40:06et euh il donne une idée un peu de la
- 2:40:10manière dont on va construire dans les
- 2:40:13mois qui viennent euh une démarche de
- 2:40:16fusion de culture. J'ose le dire en
- 2:40:18terre de cette manière entre une culture
- 2:40:22civile que je suis censé représenter
- 2:40:26avec des origines comme vous le savez
- 2:40:27pour certains et certains très
- 2:40:29subversives et de l'autre une culture
- 2:40:31militaire et notamment une culture du
- 2:40:33renseignement et plus particulièrement
- 2:40:35du contrepionnage offensif. Donc je
- 2:40:38pense que euh c'est une expérience qui
- 2:40:41est assez unique euh et qui mérite
- 2:40:44d'être écoutée parce que c'est pas du
- 2:40:47tout le cadre anecdotique hein qu'on met
- 2:40:49en avant dans ce documentaire. C'est la
- 2:40:52manière dont nous pourrions dans les
- 2:40:55années qui viennent mieux nous organiser
- 2:40:57et mieux nous structurer sur le terrain
- 2:40:59de la guerre d'information.
- 2:41:02Je vous remercie d'avoir été patient
- 2:41:04mais je crois que c'était utile. Nous
- 2:41:06rediffuserons bien entendu ce webinaire
- 2:41:11dans les jours qui vont venir. Et pour
- 2:41:13celles ou ceux qui veulent le revoir ou
- 2:41:15le conseiller à d'autres, n'hésitez pas
- 2:41:18et à en faire la publicité s'il vous a
- 2:41:21plu. Je vous souhaite une très bonne
- 2:41:22soirée et j'espère car je sais que ça
- 2:41:25tient beaucoup à cœur Nicolas que
- 2:41:27l'équipe de France de football va être
- 2:41:30victorieux ce soir. Bonne soirée.
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This page contains the full transcript of [WEBINAIRE] Les 10 PRINCIPES FONDAMENTAUX de la GUERRE de l'INFORMATION [2/2] by CR451 - Centre de Recherche 451, generated from the public captions YouTube serves with the video. The transcript has 22,062 words across 3,824 segments, with the original timestamps preserved so you can click any line to jump to that moment in the embedded player.
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