[WEBINAIRE] Les 10 PRINCIPES FONDAMENTAUX de la GUERRE de l'INFORMATION [1/2] — Transcript
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- 0:02Dans un monde saturé par l'information,
- 0:06nos esprits sont à découvert.
- 0:09Ce que vous zez, scroller, swipez, tout
- 0:12est le résultat
- 0:14d'un calcul.
- 0:16Les peurs, colère et conviction sont
- 0:21modélisé dans un débat démocratique,
- 0:24orchestré par des règles inconnues
- 0:27et inaccessibles.
- 0:31Jour après jour, elle façonne les
- 0:34perceptions.
- 0:36Ce n'est pas une formule ni un complot.
- 0:40C'est une stratégie
- 0:43qui ne se limite pas seulement à mentir.
- 0:46Son objectif
- 0:48et de définir le réel.
- 0:51À l'heure où le socle commun se délite,
- 0:54chaque récit devient une arme.
- 0:57C'est une couleur que l'Ukraine a donné
- 0:58à la démocratie l'orange.
- 1:00Ces mots sont repris par une jeunesse
- 1:02nourrie aux réseaux sociaux. Le
- 1:03mouvement s'étend où 31 provinces
- 1:05d'Iran. Cette manœuvre de
- 1:07décrédibilisation de la force barcane
- 1:10semble coordonnée.
- 1:15Bonsoir. Euh bonsoir à toutes et à tous.
- 1:18Merci d'être présent pour ce séminaire,
- 1:21pour ce webinaire du CR 451 de l'école
- 1:25de guerre économique qui est consacré
- 1:27donc à la guerre d'information.
- 1:30Avant d'entrer dans le vif du sujet, euh
- 1:32je répète en quelques mots qui nous
- 1:35sommes. Le CR 451 donc est un centre de
- 1:38recherche appliquée qui a été
- 1:40qui a été créé il y a quelques années
- 1:42euh et il est né d'un collectif de
- 1:45chercheurs universitaires, de
- 1:47professionnels, d'analystes, d'experts
- 1:49et de stratégistes.
- 1:51Cette démarche de cette soirée s'inscrit
- 1:55en complément de ce que l'appareil
- 1:57d'État fait depuis plusieurs années sur
- 1:59la question de la désinformation
- 2:02par le biais de différentes
- 2:03administrations, Viginum, le ministère
- 2:06des affaires étrangères avec notamment
- 2:08la French Response, le ministère des
- 2:10armées avec différentes structures adoc.
- 2:13Ce qui nous a incité à faire ce
- 2:15webinaire est le résultat d'un sondage
- 2:17que nous avons testé auprès de 1003
- 2:21personnes entre les 8 et 9 janvier 2026.
- 2:26Seul 17 % des sondés reconnaissent
- 2:29l'existence des manipulations
- 2:31informationnelles.
- 2:33Il est évident que ce chiffre n'est pas
- 2:35passé inaperçu et nous a incité à
- 2:42explorer un peu le pourquoi de ce
- 2:44chiffre
- 2:46qui signifie entre autres qu'une très
- 2:48large majorité de la population
- 2:50française ne perçoit pas la menace
- 2:53informationnelle et donc est vulnérable
- 2:56aux attaques informationnelles, quelle
- 2:58que soit la forme qu'elles peuvent
- 2:59prendre. Une telle cécité collective
- 3:03peut déboucher sur des conséquences très
- 3:05négatives.
- 3:06En effet, un état, une entreprise, un
- 3:10individu qui ne sait pas identifier ce
- 3:12qu'est la guerre d'information devient
- 3:15vulnérable et de fait perméable à toute
- 3:18forme de manipulation. Il est dor plus
- 3:21facile de diviser un état, de détourner
- 3:24l'attention d'un chef d'entreprise ou de
- 3:26neutraliser des fractions de population
- 3:29sur le plan intellectuel. euh ou voir
- 3:32tout simplement sur l'opinion qu'elles
- 3:35peuvent se construire petit à petit ces
- 3:37fractions de population au jour le jour.
- 3:41Donc ce webinaire a pour objectif de
- 3:44vous expliquer comment se construit
- 3:47réellement une guerre de l'information,
- 3:50comment s'organisent les logiques
- 3:52d'influence qui en découlent et comment
- 3:55se fabriquent les perceptions.
- 3:57Alors, vous avez en affichage justement
- 3:59le site du CA451.fr.
- 4:02Vous voyez que nous travaillons sur
- 4:03trois axes, la guerre économique, la
- 4:05guerre de l'information et la guerre
- 4:07cognitive. et je vous encourage à aller
- 4:10le visiter donc CR451.fr
- 4:13et vous aurez là accès à beaucoup de
- 4:16choses, des documents, des
- 4:17documentaires, des rapports, des
- 4:19articles, des podcasts en l'occurrence
- 4:22et notamment cette fameuse série de 50
- 4:26ans de garde de l'information où nous
- 4:27sommes actuellement au 38e podcast que
- 4:30je vous conseille.
- 4:33Donc l'objectif de ce de ce webinaire
- 4:36est simple, augmenter la capacité de
- 4:38discertement.
- 4:40Augmenter la capacité de discernement,
- 4:42ça veut dire quoi ? Ça veut dire ben
- 4:44donner des repères, fournir des clés de
- 4:46lecture et permettre à chacun de mieux
- 4:49voir les mécanismes à l'œuvre afin de ne
- 4:52plus subir passivement des manipulations
- 4:55de l'information initiée par des
- 4:58adversaires ou des ennemis.
- 5:01Pour aller à l'essentiel, nous avons
- 5:03synthétisé cette problématique en 10
- 5:05principes fondamentaux de la guerre de
- 5:07l'information. Ce qui fait que cette
- 5:09présentation en fait, elle va se faire
- 5:10en deux séminaires,
- 5:13deux éminaires.
- 5:15Et le premier, celui d'aujourd'hui,
- 5:17traite des cinq premiers principes que
- 5:19vous avez sous les yeux et que je vais
- 5:21reciter dans quelques secondes. Le
- 5:23second webinaire est programmé pour le
- 5:26lundi 22 juin à 18h30. et il traitera
- 5:31des cinq autres principes. Alors cette
- 5:34fameuse liste des 10 principes, je
- 5:36l'énonce.
- 5:38Le premier, la guerre de l'information
- 5:40est une vraie guerre. Le second de
- 5:44l'information ne se limite pas à la
- 5:46désinformation.
- 5:47Le troisème, la guerre de l'information
- 5:50se fait par le contenu ou par le
- 5:53contenant.
- 5:54La guerre de l'information est souvent
- 5:57invisible et indirecte.
- 6:00La guerre de l'information est
- 6:01multichamp et multiacteur. Ça c'est le
- 6:04menu du webinaire que nous allons faire
- 6:06avec vous dans les minutes qui suivent.
- 6:09Le second webinaire portera lui sur les
- 6:12cinq autres principes. Donc le 6e en
- 6:15l'occurrence la guerre de l'information
- 6:17est une stratégie offensive. La guerre
- 6:20de l'information est une guerre civile
- 6:23et militaire.
- 6:24La guerre de l'information peut être
- 6:25plus efficace qu'une guerre militaire.
- 6:28La guerre de l'information peut être une
- 6:30stratégie isolé ou faire partie d'une
- 6:33stratégie plus vaste. Et enfin, la
- 6:36guerre de l'information peut être non
- 6:38médiatique.
- 6:42Alors, quelques mots rapide pour parler
- 6:44des intervenants au cours de ces deux
- 6:47webinaires. Donc, je vais commencer par
- 6:50moi-même. Vous me connaissez peut-être
- 6:51pas, je m'appelle Christian Arbuot et je
- 6:53dirige l'école de guerre économique
- 6:55depuis sa fondation en 1997
- 6:58et je suis aussi créateur du CR 451, le
- 7:01centre de recherche appliqué de l'GE.
- 7:05Ensuite, vous allez entendre Nicolas
- 7:08Moinet qui est professeur en sciences de
- 7:10l'information et de la communication à
- 7:11l'université de Poitier et qui est aussi
- 7:15chercheur associé au CR 451.
- 7:20Puis vous entendrez Éric Alexandre qui
- 7:22est consultant et enseignant en
- 7:24intelligence économique. Il est aussi
- 7:27chercheur associé au CR451
- 7:29sur les thèmes de la guerre économique
- 7:31mais aussi sur les thèmes qui traitent
- 7:34des confrontations informationnelles.
- 7:38Ensuite, vous entendrez Aurélie Poquet,
- 7:40consultante indépendante, spécialisée en
- 7:42intelligence économique et qui travaille
- 7:44aussi sur les confrontation
- 7:46informationnelles. Elle est chercheuse
- 7:48associée au CA 451.
- 7:52Enfin, pour ce premier webinaire, vous
- 7:55entendrez François Soulard qui est
- 7:58entrepreneur et fondateur de Dunia,
- 8:02entreprise de conseil et services en
- 8:04intelligence économique. Il est en ligne
- 8:08de Benazer en Argentine et il est en
- 8:11l'occurrence auteur de la culture de
- 8:13combat en Amérique latine qui est sorti
- 8:16en 2025 et combattre dans le Nouveau
- 8:19monde qui est sorti en 2026. Il est
- 8:21aussi chercheur associé au CR 451.
- 8:27Et enfin Arnaud Morni que vous entendrez
- 8:31par moment lors de ce premier webinaire.
- 8:34Il est directeur adjoint du CR 451. Il
- 8:37est expert en guerre cognitive et en
- 8:39analyse des déstabilisations
- 8:42informationnelles.
- 8:44Il interviendra principalement notamment
- 8:47beaucoup plus dans le webinaire 2 du 22
- 8:51juin, ainsi que le général Jean-Claude
- 8:54Galet qui est ancien chef du service de
- 8:57géopolitique et de contre-espionnage du
- 8:59ministre des armées et qui je tiens à le
- 9:03souligner fortement va être le futur
- 9:06directeur de l'école de guerre
- 9:07économique
- 9:09à partir du 1er juillet 2026. Donc
- 9:13Jean-Claude conclura le
- 9:16l'ensemble des deux webinaires à la fin
- 9:19du second webinaire.
- 9:23Alors, commençons euh par le principe 1.
- 9:26Entrons dans le vif du sujet. Comme on
- 9:27dit, la guerre de l'information est une
- 9:30vraie guerre.
- 9:34Alors, d'abord une petite précaution sur
- 9:37le mot guerre parce qu'on sait très bien
- 9:39que c'est pas un mot qui attire, c'est
- 9:42même un mot qui crée une certaine forme
- 9:44de répulsion pavlovienne. On pourrait
- 9:47dire assez logique, personne n'a envie
- 9:50de faire la guerre. Alors, pourquoi
- 9:51utilisons-nous le mot guerre ? On
- 9:53utilise le mot guerre pour une raison
- 9:55très simple, c'est que nous avons
- 9:57l'objectif de bien souligner
- 10:00l'importance de l'affrontement dans la
- 10:02manière de se battre, pas simplement
- 10:04avec des armes, mais aussi avec des
- 10:06mots.
- 10:08Ce qui veut dire que nous prenons la
- 10:10définition
- 10:13qui est utilisée par les chercheurs
- 10:16universitaire à l'origine, le mot guerre
- 10:19a une origine francique du mot verra qui
- 10:22signifie désordre et mes ententes,
- 10:26c'est-à-dire pas simplement
- 10:27l'affrontement par la violence physique
- 10:30ou létal, mais ça peut être aussi toute
- 10:34forme d'affrontement. Elle peut être
- 10:36verbale, elle peut être relationnelle,
- 10:38et cetera et cetera.
- 10:44Quand nous mettons en tête de cette
- 10:46diapositive le titre suivant :
- 10:49"L'affrontement
- 10:51est un combat."
- 10:53C'est pas une petite phrase anodine.
- 10:56C'est pas une petite phrase anodine
- 10:57parce que dans la démarche du CR 451 de
- 11:00l'école de guerre économique, nous
- 11:02considérons justement que la guerre de
- 11:04l'information, c'est un combat. C'est
- 11:06pas simplement un suivi de ce qui se
- 11:09passe à l'écran, un suivi de ce qui se
- 11:11passe sur les réseaux, un suivi de ce
- 11:14qui est écrit dans les médias, un suivi
- 11:16de ce qui peut apparaître sur des
- 11:17chaînes de formation continue. Non,
- 11:20c'est un combat. Combat combat par
- 11:24l'information.
- 11:26Ce qui veut dire que pour nous, il est
- 11:28nécessaire de mobiliser des forces qui
- 11:31ont la capacité de s'affronter à un
- 11:33adversaire ou un ennemi. Et la posture
- 11:36du C 451 à ce sujet-là, c'est justement
- 11:41de servir un peu d'éclaireur sur mais
- 11:44comment identifier cette dimension du
- 11:46combat et comment la traduire par tout
- 11:50un tas de choses dont on va vous parler
- 11:52justement ce soir et le 22 juin lors du
- 11:562e webinaire.
- 11:58un adversaire, un ennemi va utiliser
- 12:00tous les moyens pour affaiblir notre
- 12:02légitimité, fragiliser notre discours.
- 12:05Donc c'est vrai qu'aujourd'hui
- 12:07l'appareil d'État a développé beaucoup
- 12:09de moyens pour identifier ce type de
- 12:13menace et a commencé à y répondre
- 12:17surtout par le biais de la
- 12:18communication, c'est notamment le fameux
- 12:22French Response du Kedor C.
- 12:25Mais c'est une réponse affichée,
- 12:27officielle et revendiquée par
- 12:31l'administration.
- 12:33Dans le domaine qui nous intéresse ce
- 12:35soir, il est clair que les adversaires
- 12:39et les ennemis attaquent principalement
- 12:41en ne se faisant pas voir, en ne
- 12:43revendiquant pas et en jouant justement
- 12:47sur tout ce qui est la partie non
- 12:50affichée d'une agressivité ou d'une
- 12:53confrontation informationnelle. Ça veut
- 12:55dire que cela induit
- 12:58la nécessité aujourd'hui pour un pays
- 13:00comme la France de se doter d'une
- 13:03culture du combat
- 13:06adapté à la réalité du rapport de force.
- 13:09Et c'est là toute l'originalité du
- 13:12CR451.
- 13:13Une culture du combat informationnel
- 13:16adaptée à la réalité du rapport de force
- 13:18pour l'instant et on y reviendra.
- 13:22Où est-elle cette culture ? est
- 13:24principalement en France, dans la
- 13:26société civile, voire dans le monde
- 13:29politique, une certaine partie du monde
- 13:31politique et vous voyez très bien à
- 13:34quelle partie je fais allusion. Mais on
- 13:36ne peut pas dire que dans toutes les
- 13:39publications officielles émanant de
- 13:42l'appareil d'État, l'expression culture
- 13:45du combat informationnel y figure.
- 13:50Nous tenons aussi à insister sur un
- 13:53point qui nous semble aussi important
- 13:55que le précédent, la dimension offensive
- 13:58de la guerre de l'information.
- 14:00Elle est vitale
- 14:02depuis très longtemps. Nicolas Moin a
- 14:04commencé cette aventure avec moi au
- 14:06début des années 90.
- 14:09On mettait en avant un point essentiel.
- 14:12Lorsqu'il y a une attaque
- 14:14informationnelle, l'avantage est à
- 14:17l'attaquant et pas au défenseur.
- 14:19Contrairement à ce qui peut être le cas
- 14:22dans une confrontation létale de type
- 14:25militaire. Là, l'avantage est quasiment
- 14:28systématiquement
- 14:30à l'attaquant. Ce qui veut dire qu'une
- 14:32vision purement défensive de la guerre
- 14:34d'information peut accroître notre
- 14:37vulnérabilité. Ça c'est le deuxè message
- 14:40fort du CR 451 de l'école de guerre
- 14:43économique, c'est de plaider et
- 14:45d'encourager et de travailler sur cette
- 14:48notion de dimension offensive.
- 14:51On sait et on en a conscience que le mot
- 14:54offensif est encore très mal compris
- 14:57dans un pays comme le nôtre et dans le
- 14:59cadre de réflexion institutionnelle dès
- 15:02lors qu'il est public et véhiculé par
- 15:06différents vecteurs de source ouvertes.
- 15:08On sait très bien que on est très à
- 15:10l'aise pour parler de l'acte offensif
- 15:13d'un club sportif en foot par exemple.
- 15:16C'est tout à fait différent dès lors
- 15:18qu'on parle de l'appareil d'état. sur la
- 15:21question de la guerre d'information.
- 15:243è constatation très importante,
- 15:26l'indirect l'emporte sur le direct.
- 15:30C'est-à-dire, et j'insiste lourdement
- 15:32sur ce point-là, oui, il y a des aspects
- 15:34de communication dans la garde de
- 15:35l'information. J'en ai dit un mot tout à
- 15:37l'heure à propos de Fred Schin Pons.
- 15:39Mais globalement, quand on ressent tout
- 15:42ce qui se passe aussi bien dans le
- 15:44domaine étatique que dans le domaine
- 15:45privé, la guerre de l'information, ce
- 15:48n'est pas de la communication. parler au
- 15:50nom d'une autorité qu'elle soit
- 15:53étatique, entrepreneuriale, voire même
- 15:55une autorité académique ou une autorité
- 15:59de la société civile, ça réduit la
- 16:01portée du message car on est juge et
- 16:04parti. Et lorsqu'on étudie ce domaine,
- 16:07ce qui est notre cas depuis un certain
- 16:09nombre d'années puisqu'on a nous
- 16:10commencé à travailler sur ce sujet
- 16:14au moins pour certaines personnes
- 16:16présentes dans ce webinaire depuis le
- 16:19début des années 90. On a constaté quoi
- 16:21? C'est que l'adversaire ou l'ennemi
- 16:23cherche à piéger ou encercler sa cible
- 16:27par une démarche indirecte non
- 16:29revendiquée tout simplement parce
- 16:31qu'elle est jugée plus efficace.
- 16:35Enfin, et ça c'est une précision qui
- 16:37n'est pas non plus anodine,
- 16:39il est clair que le recours à la ruse
- 16:41est quasiment systématique. Pour tromper
- 16:44l'adversaire, il faut être plus rusé que
- 16:46lui. Un attaquant dans une équipe de
- 16:48foot n'annonce pas s'il part du côté
- 16:51gauche ou du côté droit, comment il va
- 16:53tirer pour prévenir le gardien et voir
- 16:55ensuite quelle va être la manière dont
- 16:58ce gardien va se comporter. Non,
- 16:59justement, on masque systématiquement la
- 17:02logique d'attaque. Ce qui veut dire que
- 17:05dans la manière dont nous avons
- 17:08l'habitude en France de nous comporter
- 17:09par rapport à ça, on voit surtout de la
- 17:12bonne conscience, on voit surtout du bon
- 17:14sens, on voit surtout de l'affichage
- 17:16moral, mais on sait très bien que ces
- 17:18trois expressions sont totalement
- 17:20insuffisantes pour contrer la ruse.
- 17:25Alors, le second principe qui vous sera
- 17:27présenté euh ce soir,
- 17:30c'est que la guerre de l'information ne
- 17:31se limite pas à la désinformation. Je
- 17:34donne la parole à Nicolas Moinet.
- 17:37Merci. Bonsoir à toutes et tous. Alors,
- 17:39avant de faire du Lego et de
- 17:40l'assemblage, bah parlons des briques,
- 17:42différents types de briques qui
- 17:43composent ce jeu de Lego. La brique de
- 17:47base, c'est ce qu'on appelle la donnée.
- 17:49C'est la plus petite brique. Voilà. La
- 17:51donnée c'est un fait brut.
- 17:54Sans contexte, elle n'a pas de sens,
- 17:56elle n'a pas de conséquence non plus.
- 17:58Voilà, donc c'est le plus bas niveau du
- 18:00processus de transformation vers quelque
- 18:02chose qui est beaucoup plus complexe qui
- 18:04va être la connaissance. On passe
- 18:06ensuite effectivement à l'information.
- 18:09L'information
- 18:10étymologiquement informé he ça veut dire
- 18:12mettre en forme hein. Donc il y a dans
- 18:15toute information il y a un assemblage
- 18:17d'influence
- 18:18parce que celui qui construit
- 18:20l'information ou qui la rela
- 18:23en contexte plusieurs données. Pas dire
- 18:26bien entendu que ces manipulations,
- 18:29la manière de de prendre avec la main
- 18:30les choses, de les de les de les pétrir
- 18:33comme on pétrie la pâte ont des fins
- 18:36négatives, hein. La manipulation ne doit
- 18:37pas être pris que dans son sens négatif.
- 18:40Voilà. Et cette information, elle doit
- 18:42être fondée sur des faits vérifiables
- 18:45grâce à une profonde analyse. La donnée
- 18:47va ainsi être transformée en information
- 18:49fiable. Puis on passe à un tout autre
- 18:52plan. Là, on change de plan, c'est la
- 18:54connaissance.
- 18:56Pour vous donner un exemple, plutôt pour
- 18:59vous faire comprendre la différence
- 19:00entre information et connaissance, on
- 19:02peut être en surinformation. J'ai trop
- 19:03d'information, on a personne qui nous
- 19:06dit j'ai trop de connaissance. Voilà,
- 19:07parce que c'est en fait un produit la
- 19:10connaissance de la compréhension et il y
- 19:13a une assimilation de l'information qui
- 19:16est en général orientée tout de suite ou
- 19:19plus tard vers la prise de décision est
- 19:21encore plus orienté vers l'action et la
- 19:23prise de décision. le renseignement qui
- 19:25lui peut être considéré très beau mot
- 19:27d'ailleurs le mot renseignement
- 19:28réenseigner instruire de nouveau hein
- 19:31étymologiquement qui a un ensemble de
- 19:32connaissances concernant une cible et
- 19:35visant une action efficace du
- 19:37renseignement militaire policier
- 19:38commercial diplomatique et politique.
- 19:43Donc c'est très simple mais il est
- 19:45toujours important de le rappeler. fait
- 19:46n'est pas une information. Un fait ne
- 19:49devient une information que parce qu'il
- 19:50y a un processus, une construction
- 19:53sociale et humaine. C'est-à-dire qu'un
- 19:56informateur informe un informé. On va
- 19:58donc avoir un émetteur, un récepteur et
- 20:00un canal. Et on le verra après, la
- 20:03guerre de l'information jouera
- 20:04évidemment sur toutes les dimensions de
- 20:06ce processus.
- 20:10Comment évaluer l'information ? Et bien,
- 20:11on évalue l'information bien entendu par
- 20:14sa source. Encore faut-il d'ailleurs la
- 20:15connaître la source première, ce qui est
- 20:18pas toujours évident. Euh connaître la
- 20:21qualité de cette source. On va l'évaluer
- 20:24aussi par le contenu évidemment par le
- 20:26message qui est transmis. Mais
- 20:28attention, c'est là que il est important
- 20:30d'avoir des méthodologies qui sont
- 20:31enseignées dans le monde du
- 20:32renseignement ou dans l'intelligence
- 20:33économique. Il faut bien différencier la
- 20:36source et le contenu, c'estàd la source
- 20:38et l'information. Pourquoi ? Parce que
- 20:39dans des futures opérations
- 20:41d'intoxication, de désinformation ou
- 20:43autres, et bien une source pourra bien
- 20:47être fiable 99 % du temps, même être
- 20:49utilisé de manière fiable volontairement
- 20:53transmettre des informations fiables
- 20:55jusqu'au jour où elle transmettra des
- 20:56informations qui ont l'objectif de vous
- 20:59dérouter. Euh voilà, donc toujours
- 21:01différencier, dissocier
- 21:04le la source et l'information. Et
- 21:06évidemment, ça c'est aussi très
- 21:08classique mais ça demande du des efforts
- 21:11et puis parfois c'est pas facile en
- 21:13fait, il faut voir s'il n'y a pas un
- 21:16moyen de recouper l'information de
- 21:18vérifier si plusieurs sources
- 21:21ont la même information hein. Sur un tas
- 21:24d'opération, une personne dit quelque
- 21:26chose mais que dit un autre observateur
- 21:28? Vérifier que ces sources ne se
- 21:29connaissent pas évidemment. Donc
- 21:31recouper l'information. Euh et là aussi
- 21:33euh des futures orchestrations de
- 21:35manipulation de l'information feront en
- 21:38sorte que plusieurs sources, on y
- 21:39reviendra après, vont vous donner la
- 21:41même information, ce qui va vous
- 21:42conforter dans l'idée que cette
- 21:43information est fiable.
- 21:47Voilà donc une idée importante mais nous
- 21:50sommes entre personnes cultivées et nous
- 21:52sommes dans le monde académique donc
- 21:54nous comprenons bien les nuances et la
- 21:57complexité des mots. Toute information
- 21:59est manipulée au sens large du terme pas
- 22:02simplement dans son sens évidemment
- 22:04péjoratif. et cetera. C'est une
- 22:06construction
- 22:07manipulé positivement lorsqu'il s'agit
- 22:09de renseigner, hein. Donc pour
- 22:12instruire, pour éclairer le décideur,
- 22:15hein. Ça c'est le renseignement, c'est
- 22:17les lumières auf Clairung, hein. Et puis
- 22:19il y a le côté évidemment négatif de
- 22:21cette manipulation qui va consister à
- 22:25nuire. Voilà. Donc toute information, ça
- 22:28c'est essentiel, façonne, la notion de
- 22:30façonnage est importante, une perception
- 22:33partielle influencé par évidemment celui
- 22:35qui transmet l'information.
- 22:39Alors à partir de là, on considère hein,
- 22:42c'est très classique trois grands types
- 22:44de manipulation : lainformation, la
- 22:47malinformation et la désinformation,
- 22:48intoxication. Alors, commençons par là.
- 22:51Il faut pas les confondre. La mesin
- 22:52information, on a tous participé à ce
- 22:54genre de processus, hein. Moi le
- 22:56premier, la mes informations, c'est une
- 22:59information fausse, partagé, sans
- 23:00intention de nuire. Voilà, le contenu
- 23:02est faux, mais l'intention est
- 23:04totalement absente. La viisance est pas
- 23:06voulu, mais on va quand même transmettre
- 23:09cette information. Et on croit
- 23:11sincèrement en ce qu'on diffuse, pour
- 23:13ceux qui se souviennent du Covid, nombre
- 23:15d'informations ont été diffusées sur les
- 23:16moyens de combattre le virus par les
- 23:19plantes ou autre chose. Voilà, donc
- 23:21c'est l'erreur de bonne foi, la rumeur
- 23:23relayée, le fait mal interprété qui peut
- 23:25avoir des conséquences évidemment hein.
- 23:29Exemple très connu, le fameux nuage de
- 23:31Ternobyl qui n'a pas franchi qui
- 23:35n'aurait pas euh entendait-on euh
- 23:38franchi la frontière. Enfin, des gens
- 23:40disaient, on nous a dit que le nuage de
- 23:43Ternobyl n'aurait pas n'aurait pas
- 23:44franchi la la frontière de la France et
- 23:47serait resté bloqué. Voilà. A priori, ce
- 23:50serait partie euh d'un journaliste qui
- 23:53voyant euh en fait les réactions assez
- 23:56euh assez active en fait des Allemands,
- 24:00lui étant à Strasbourg, juste de l'autre
- 24:02côté et voyant qu'en France au début du
- 24:04du moins de de la catastrophe ça
- 24:05bougeait pas, avait dit tout se passe
- 24:07comme si le nuage n'avait pas franchi la
- 24:11frontière et après c'est devenu et on a
- 24:13même eu toutes les toutes les théories
- 24:15les plus clotistes disant l'État nous
- 24:17dit que le nuage n'a pas franchi la
- 24:19frontière et cetera. Non, en fait, tout
- 24:20ça est parti et ça ça a circulé et c'est
- 24:22devenu c'est devenu viral.
- 24:27plus récemment et avec en plus l'effet
- 24:29de levier des réseaux sociaux qui
- 24:31n'existait pas du temps de Ternoby enfin
- 24:33les réseaux sociaux numériques, on a eu
- 24:35le fameux par exemple la fameuse
- 24:37information comme quoi les baignades
- 24:39dans la scène aurait coûté donc la
- 24:41dépollution de la scène aurait coûté 1,4
- 24:43milliards d'euros et ça a été diffusé
- 24:45dans des médias tout à fait
- 24:47respectables. J'ai pris un exemple parmi
- 24:48d'autres hein qui est le Parisien
- 24:50aujourd'hui en France mais il y en avait
- 24:51d'autres voilà qui alors comme toujours
- 24:54qui posait la question mais vous savez
- 24:55poser la question quelque part le point
- 24:58d'interrogation disparaît assez vite et
- 24:59qu'est-ce qu'on retient ça a coûté 4
- 25:01milliards d'euros de dép la scène c'est
- 25:03un scandale on ferait mieux de mettre
- 25:04cet argent ailleurs.
- 25:07Et en fait bon finalement la cour des
- 25:10comptes a parfaitement démontré que on
- 25:13était plutôt dans les 200 millions. le 1
- 25:15milliard étant beaucoup plus large avec
- 25:16beaucoup de travaux qui devaient être
- 25:17faits. Voilà, pas simplement pour cette
- 25:19raisonl c'est l'exemple type d'une
- 25:21information.
- 25:25Autre catégorie, la malinformation,
- 25:28ça c'est un peu plus vicieux, c'est une
- 25:30information vraie mais qui va être
- 25:32utilisée pour nuire. Voilà, donc le
- 25:34contenu est vrai, l'intention est
- 25:36délibérée hein et la nuisance est
- 25:38voulue. Donc c'est la divulgation en
- 25:41fait de fait réel où un contexte est
- 25:43manipulé. pour blesser, humili,
- 25:46détruire. Par exemple, euh une un dépôt
- 25:50de plainte, il y a eu des cas divers en
- 25:51permanence, un dépôt de plainte qui
- 25:53serait médiatisé ou surmédiatisé avant
- 25:56que un juge n'ait dit que il y avait des
- 26:00faits suffisamment importants pour
- 26:01mettre en examen par exemple et cetera.
- 26:03Bon bah si vous c'est vrai, il y a un
- 26:04dépôt de plainte mais on dira bien sûr
- 26:08présomption d'innocence n'empêche que on
- 26:10va médiatiser. On va se demander si une
- 26:12surmédiatisation vient pas casser la
- 26:14présemption d'innocence ou du moins la
- 26:16notoriété en tout cas de de la personne,
- 26:17ce qui veut pas dire encore une fois
- 26:18qu'elle est innocente mais ça veut dire
- 26:20que voilà on pourrait peut-être
- 26:21attendre. Voilà donc c'est une une
- 26:24manière de de c'est un type de
- 26:25malinformation.
- 26:27Autre type de malinformation, c'est bien
- 26:29sûr les images. Alors, c'est assez
- 26:31connu, vous l'avez peut-être déjà vu.
- 26:32C'est effectivement totalement
- 26:34scandaleux. Le prince William que vous
- 26:36me voyez qui en sortant de la voiture
- 26:38fait un geste, voilà que que la morale
- 26:41réprouve. Mais si on regarde cette photo
- 26:44d'un autre angle, bon, on voit qu'en
- 26:47fait c'est pas nécessairement ce à quoi
- 26:50ce soit à compenser. Un exemple type de
- 26:53malinformation.
- 26:57Alors ça c'est très intéressant parce
- 26:59que souvent confondu avec la
- 27:00désinformation alors que ça n'en est
- 27:01pas. On avait travaillé à un telco donc
- 27:04sur ce sujet il y a très longtemps.
- 27:05C'était la fameuse affaire Perrier. Vous
- 27:07peut-être entendu parler pour faire
- 27:09simple. Euh dans les années 90, il y a
- 27:13euh des bouteilles de Perrier qui sont
- 27:14analysées par un laboratoire américain
- 27:16qui découvre qu'il y a un taux de
- 27:17benzaine qui est supérieur à la norme.
- 27:20Et le fait est que euh il y a eu un
- 27:22problème de machine au niveau de la
- 27:24source de perce qu'en fait perrier est
- 27:26une source naturelle mais il y a des
- 27:28machines qui viennent baisser en fait le
- 27:30taux de basen dans le perrier. Bon, il y
- 27:32a eu un problème donc c'est vrai. Mais
- 27:35lorsque c'est arrivé aux oreilles alors
- 27:37d'après un journaliste d'investigation
- 27:39d'une firme qui s'appelle Coca-Cola, je
- 27:41parle de Guillaume Dasquier qui a écrit
- 27:43un livre s'appelle Secrette affaire les
- 27:45services secrets infiltr les entreprises
- 27:46hein aux éditions Flamarion. Et ce ce
- 27:49journal d'investigation explique en fait
- 27:51Coca-Cola ayant uvant de cette
- 27:53information vraie hein en fait a
- 27:55médiatisé avec tous les moyens qu'il a
- 27:57donc la caisse de résonance a marché à
- 28:00plein pour dire attention
- 28:02taux de basen supérieure et là ça a créé
- 28:04une espèce d'hystérie chez les
- 28:06consommateurs et Perrier a été obligé
- 28:08comme vous le savez de retirer toutes
- 28:09ces bouteilles du marché américain. Ça a
- 28:12été chute de l'action perrier qui a été
- 28:14racheté ensuite par Nesle. L'objectif de
- 28:17Coca-Cola c'était pas de le rachat,
- 28:19c'était en fait de punir de punir
- 28:22Perrier qui venait de passer un accord
- 28:24avec le concurrent qui est Pepsi Colola.
- 28:27Voilà. Donc c'est une malinformation
- 28:29parce que l'information est vraie mais
- 28:31son orchestration
- 28:34a été faite dans l'intention de nuire.
- 28:38Plus récemment vous en avez tous entendu
- 28:40parler la fameuse affaire des plunesses
- 28:41de lit. que j'ai mis là dans la dans la
- 28:43malinformation, mais on verra qu'il pu y
- 28:45avoir une partie aussi des informations.
- 28:48Pourquoi malinformation ? parce que ça
- 28:49peut exister les punaises de lit, ça
- 28:50existe même. Mais évidemment ça a été
- 28:53euh orchestré ensuite par ça a été
- 28:56parfaitement démontré par l'agence
- 28:59Viginum et ça va être orchestré par un
- 29:02certain nombre de de comment dire de
- 29:06d'agents de relais de relais russes
- 29:09évidemment pour porter atteinte à
- 29:10l'image de la France à l'image
- 29:12touristique de Paris dans un premier
- 29:14temps. En tout cas, c'est comme ça qu'on
- 29:15pouvait l'analyser, même s'il y a une
- 29:17autre partie à la faire.
- 29:21Voilà ce qui nous permet de faire la
- 29:22transition parce que les frontières sont
- 29:24jamais étanches hein avec la
- 29:26désinformation alors qui elle donc
- 29:28finalement souvent le le plus connu en
- 29:31tout cas celui dont on parle le plus qui
- 29:33est l'information fausse he créée
- 29:34diffusée avec une intention délibérée de
- 29:36tromper ou de nuire et qui est utilisée
- 29:39par la propagande qui va utiliser des
- 29:40faux documents. Euh le contenu est faux
- 29:43l'intention est délibérée, la nuisance
- 29:45est voulue.
- 29:49exemple de désinformation
- 29:51qui a pas qui a plutôt échoué mais on va
- 29:53y revenir parce qu'on peut avoir une
- 29:54vision nuancée en fait de finalement du
- 29:56résultat final mais qui a été en tout
- 29:58cas bien repéré par les services
- 30:00français qui a été le faux charnier
- 30:04dans la base de Gossi au Mali au moment
- 30:06où les où l'armée française se retirait
- 30:09et faisant voulant faire croire que bah
- 30:12les Français avaient voilà avaient donc
- 30:15commis des exactions que l'armée
- 30:16française et donc il y avait un charnier
- 30:18et un drone Reaper de l'armée française
- 30:21a filmé la scène euh grâce au service de
- 30:24renseignement français et ça a permis au
- 30:25moins euh via France 24 ou d'autres
- 30:27médias de dire "Non, c'est pas les
- 30:29Français, c'est bien le groupe Wagner,
- 30:31donc euh les euh voilà le groupe privé
- 30:34paramilitaire russe qui est à l'origine
- 30:36de ça." Quand je dis partiellement
- 30:38Russie, pourquoi ? Parce que si la
- 30:40population française, le citoyen
- 30:42français a bien compris que c'était une
- 30:43manipulation
- 30:45du groupe paramilitaire Wagner,
- 30:48il est pas sûr que l'impact n'ait pas
- 30:50été quand même important du côté de la
- 30:52population locale. Évidemment, sachant
- 30:55que c'était qu'un élément parmi d'autres
- 30:56bien sûr de l'emprise de Wagner sur ce
- 30:59et de la Russie sur ce pays.
- 31:03encore plus fin. Ça avait été relevé par
- 31:05le monde en 2021. Donc il avant
- 31:08l'opération spéciale en Russie à une
- 31:09époque où on parlait pas beaucoup de
- 31:11Wagner, on en a beaucoup parlé après
- 31:12bien sûr et où et où Poutine n'avait pas
- 31:15encore reconnu bien sûr le lien entre
- 31:16Wagner et l'utarusse donc de feu
- 31:19Prigogine, c'était qu'en fait Wagner
- 31:22donc Prigogine a financé une fondation
- 31:24contre les violences policières en
- 31:26France hein. Vous connaissez tout le
- 31:29tout le discours, le racisme systémique
- 31:31et cetera. Alors là, on peut
- 31:33s'interroger, est-ce que les violences
- 31:35étaient avérées ou est-ce que c'était
- 31:36euh des vibrons ? Voilà. Mais en tout
- 31:38cas, certains types en fait de victimes
- 31:41étaient bien sûr choisis par cette
- 31:43fondation pour les aider à avir un
- 31:45avocat, pour médiatiser leur affaire.
- 31:47Alors, quel était l'intérêt pour la
- 31:48Russie ? Bah, évidemment, ces victimes
- 31:50étaient choisies par rapport à leurs
- 31:53origines euh d'Afrique sub-saharienne et
- 31:56l'idée c'était de renvoyer ensuite par
- 31:58des canaux type RT ou Spoutnik.
- 32:01évidemment l'image que la France était
- 32:02un pays affreux raciste et que la police
- 32:05française voilà ce qui est assez cocasse
- 32:09de savoir que c'est russe parce que je
- 32:10suis pas sûr que la police russe soit
- 32:12mieux que la police française. Voilà.
- 32:14Bon, c'était de l'humour bien sûr, vous
- 32:15avez compris. Mais c'est intéressant ce
- 32:17cas parce que ça montre quand même cette
- 32:19logique, ce que disait Christian Rulot,
- 32:21c'est-à-dire de B à trois bandes hein de
- 32:23de stratégie euh indirecte.
- 32:28Voilà, il faut en parler rapidement
- 32:30parce que souvent c'est confondu aussi,
- 32:31c'est ça fait partie de la famille mais
- 32:33l'intoxication
- 32:35euh c'est une forme de désinformation
- 32:37mais c'est une action ponctuelle et
- 32:40opérationnelle qui vise à diffuser une
- 32:42information fausse ou trompeuse pour
- 32:43induire en erreur une cible précise.
- 32:45C'est-à-dire que l'intoxication, elle va
- 32:47manipuler une décision quand la
- 32:48désinformation, elle manipule d'abord
- 32:50une perception. Bien entendu, manipuler
- 32:52une perception peut amener à manipuler
- 32:55infiner les décisions. Mais disons que
- 32:57le chemin est plus long. Alors dans
- 32:59l'intoxication, l'idée c'est d'aller
- 33:01assez vite. On connaît on connaît tous
- 33:04les fameuses intoxications de notre
- 33:06maître de stratège Churchill pour la
- 33:09dire mondiale. Voilà.
- 33:12Donc plus récemment les Russes encore
- 33:14une fois mais obsédés par les Russes
- 33:16mais simplement ils sont
- 33:17particulièrement actifs dans ce domaine.
- 33:20Euh et bien vous aviez par exemple en
- 33:22Crimé en 2014 cette fameuse euh
- 33:26opération en fait qui consistait d'abord
- 33:28à avoir hacké, c'est intéressant parce
- 33:31qu'on voit bien et on y reviendra tout à
- 33:33l'heure le contenu et le contenant hein,
- 33:34à hacker en fait les fichiers du
- 33:38ministère de la défense ukrainien,
- 33:40trouver les téléphones portables des
- 33:42familles des militaires. À partir de là,
- 33:45des messages ont été envoyés à ses
- 33:47familles disant que leur fils était mort
- 33:49au combat. Le message était bizarre,
- 33:53vous savez, il était pas, il ressemblait
- 33:55pas au message habituel. Il y avait des
- 33:57choses un peu bizarres. Donc comme ça a
- 33:58créé la suspicion plutôt que de
- 34:00s'effondrer tout de suite en pleur les
- 34:02familles, bah qu'est-ce qu'elles ont
- 34:03fait ? Elles ont appelé leur fils sur le
- 34:06téléphone portable pour voir s'il était
- 34:08si c'était fake news ou si c'était vrai.
- 34:12Euh donc c'était faux. euh il était
- 34:14toujours vivant. Sauf que la
- 34:16multiplication des appels au même moment
- 34:18permit aux Russes de repérer en fait euh
- 34:21où les appels converge et ensuite
- 34:23évidemment de frapper euh les les
- 34:26endroits repérés. Donc finalement euh
- 34:29euh voilà, c'est presque une voilà
- 34:31quelque chose de d'autoréalisateur.
- 34:34Voilà un exemple d'intoxication.
- 34:36Alors le troisème principe c'est que la
- 34:39guerre de l'information peut se faire
- 34:40par le contenu ou par le contenant et ça
- 34:46commencera par la première partie la
- 34:47garde de l'information par le contenu
- 34:49qui sera traité par Éric Alexandre.
- 34:52Merci et bonsoir à tous. Alors
- 34:55effectivement, la garde de l'information
- 34:56ne se joue pas seulement sur les moyens
- 34:58de diffusion comme on le verra justement
- 35:00après, mais aussi par la manière dont
- 35:02les messages sont construits. On va pas
- 35:04se contenter de choisir un canal ou une
- 35:05technologie, mais on va aussi travailler
- 35:07le fond à savoir transformer les récits
- 35:09et adapter les discours pour orienter
- 35:11les perceptions.
- 35:13Ce qu'on voit justement, c'est que
- 35:14l'idée est assez intuitive sur la la
- 35:17partie d'après. Ce qui importe, c'est
- 35:18pas uniquement ce qu'on dit, mais
- 35:20comment on le dit. H et également
- 35:24déterminer à qui on destine le message.
- 35:27Dans ce cadre-là, euh le message devient
- 35:29un levier stratégique qui est conçu pour
- 35:32provoquer une réaction précise, que ça
- 35:34soit au niveau rationnel ou au niveau
- 35:35émotionnel. Dans ce cas-là, la garde de
- 35:37l'information par le contenu va se
- 35:39traduire par la construction de
- 35:40connaissances dans un but offensif. On
- 35:42en a déjà parlé auparavant que il y a un
- 35:44vrai focus qui est fait sur l'offensive
- 35:46dans le cadre de la guerre
- 35:47informationelle, de la guerre de
- 35:48l'information. Et euh l'idée étant de
- 35:50mettre en œuvre euh ces contenus avec un
- 35:53calendrier particulier, un phasage et
- 35:56une action qui est préparé.
- 35:59Dans ce cadre-là, effectivement,
- 36:01l'objectif encore une fois, ça va être
- 36:02d'influencer l'opinion, euh modifier la
- 36:05perception du réel et d'utiliser le
- 36:08contenu comme un véritable levier dans
- 36:10le cadre d'une opération qui est
- 36:12préparée à l'avance.
- 36:15Dans ce cadre là, on va trouver une
- 36:16typologie classique, une méthodologie en
- 36:19quelque sorte à savoir un triptique
- 36:22simplifié, dramatisé et amplifié.
- 36:25L'idée, ça va être de rendre le message
- 36:27accessible et mémorisable. Ça va être
- 36:29également de susciter une émotion et
- 36:33augmenter la portée du message par
- 36:35différents relais. Alors, si on rentre
- 36:37justement dans le détail, le premier
- 36:39élément, ça va être de simplifier.
- 36:40L'idée, c'est de rendre le message
- 36:42accessible et mémorisable. C'est un
- 36:45premier levier euh parce qu'on est dans
- 36:47un aujourd'hui un contexte euh saturé
- 36:49d'information. On parle euh vous avez
- 36:51peut-être déjà entendu parler du mot
- 36:53d'infoité
- 36:55avec euh les contenus disponibles en
- 36:57chaîne d'information continue, réseaux
- 36:59sociaux, presse écrit et autres médias.
- 37:01Donc un message qui est complexe a peu
- 37:03de chance de circuler efficacement. Dans
- 37:06ce cadr-là, les acteurs de la guerre de
- 37:07l'information cherchent à réduire la
- 37:09complexité du réel avec des récits qui
- 37:11ont qui sont simples et souvent
- 37:13binaires. On va réduire l'effet à
- 37:15quelques éléments clés ou saillants. On
- 37:17va éliminer la nuance, on va construire
- 37:20des oppositions assez claires. Par
- 37:22exemple, ne contre ou euh nous contre
- 37:24eux, on va avoir le vrai contre le faux,
- 37:26le bien contre le mal. à savoir que
- 37:28encore une fois on va essayer de
- 37:30simplifier au maximum les messages euh
- 37:32ce qui va permettre avoir une
- 37:34compréhension beaucoup plus rapide et
- 37:35une mémorisation et même une capacité de
- 37:38répétition d'un même message. Plus un
- 37:41message est compris facilement, plus il
- 37:43est partagé de manière efficace. Le
- 37:45deuxième volet, c'est effectivement la
- 37:46dramatisation. L'objectif ici, ça va
- 37:48être de susciter une réaction
- 37:49émotionnelle. Euh l'idée est plus
- 37:52simplement d'informer, mais de provoquer
- 37:54une réaction. L'idée, ça va être pour le
- 37:57coup d'accentuer les enjeux, de
- 37:59présenter une situation comme urgente,
- 38:01grave, voire existentielle et on va
- 38:03mobiliser des registres de langues qui
- 38:05sont assez forts pour dramatiser.
- 38:08Derrière, on va essayer de toucher la
- 38:09peur, l'indignation, la colère ou encore
- 38:12la compassion. On un exemple simple, ça
- 38:15va être qu'un événement euh ne va plus
- 38:17être présenté comme un fait isolé, mais
- 38:19comme le symptôme d'une crise plus large
- 38:21ou plus majeure ou d'une menace
- 38:23imminente. Euh c'est là où pour nous
- 38:25l'étude du champ lexical, du champ
- 38:27sémantique va être intéressante pour
- 38:29déterminer euh la charge émotionnelle
- 38:31liée à un contenu. L'idée, c'est que la
- 38:34dramatisation va aussi avoir un effet
- 38:35catalyseur et d'accélération. Ça va
- 38:37pousser le récepteur à agir rapidement,
- 38:39parfois sans prendre le temps de
- 38:41vérifier l'information ou de l'analyser,
- 38:43ce qui va réduire la distance critique
- 38:45par rapport à un contenu. Et dans ce
- 38:46contexte-là, l'émotion devient un
- 38:48vecteur propre de diffusion. Tout ce qui
- 38:52va contenir une émotion va être diffusé
- 38:54plus largement.
- 38:55Le dernier élément du triptique, ça va
- 38:57être l'amplification. L'objectif, ça va
- 38:58être d'augmenter la portée et la
- 39:00perception du message. À ce niveau-là,
- 39:02euh on va prendre plusieurs formes,
- 39:04notamment la répétition du message sur
- 39:06différents canaux. On l'a vu juste
- 39:08avant, mais outre les réseaux sociaux,
- 39:10on va avoir des médias classiques, mais
- 39:12on peut également identifier des canaux
- 39:14euh non numériques, par exemple des
- 39:16tractes ou des réunions publiques
- 39:17d'information.
- 39:18Alors, justement, tu tu er parle d'un
- 39:21tract, je me permets de de compléter.
- 39:24Euh là, c'est une opération euh que je
- 39:30démarque mais qui a eu lieu et dont je
- 39:31ne suis pas l'auteur bien entendu, mais
- 39:33euh qui a été identifié sur euh euh une
- 39:38institution où euh quelques tractes ont
- 39:40été euh déposés euh devant le siège de
- 39:43cette institution. Euh sur ces tractes
- 39:45euh il était indiqué l'identité euh de
- 39:48deux ou trois personnes euh qui
- 39:52jusque-là était inconnu et n'était pas
- 39:54publ et euh qui était accusé de jouer un
- 39:56rôle déterminant dans l'obtention de euh
- 40:01d'un investissement financier sur la
- 40:03construction d'un barrage. Et le tracte
- 40:05en fait l'objectif c'était de faire
- 40:08passer de l'ombre à la lumière ces
- 40:09personnes afin de les fragiliser
- 40:12psychologiquement puisque bien sûr ces
- 40:14tractes sont arrivés sur leur bureau. Et
- 40:18ce qui est intéressant dans cette
- 40:20attaque, c'est que en fait il y avait
- 40:22une menace simplicite de dire que si le
- 40:24barrage se construit avec tous les
- 40:27problèmes que poseront la construction
- 40:30et les effets de la construction, ce
- 40:32sera ces personnes-là qui seront
- 40:35désignées comme responsables. Donc là,
- 40:37on est dans une démarche sur lequelle je
- 40:40vais pas m'étendre, mais qui est un
- 40:42aspect très important dans la guerre
- 40:44d'information qui s'appelle le sniping
- 40:46informationnel, c'est-à-dire viser des
- 40:50individus très précis pour en faire
- 40:52justement
- 40:54l'objet d'un débat public et faire
- 40:57passer de l'ombre à la lumière. C'est
- 40:59d'autant plus efficace que l'institution
- 41:01dans laquelle travaillaient ces trois
- 41:03personnes n'a pas su les défendre.
- 41:05C'est-à-dire que elle n'était pas euh
- 41:08équipée ou préparée à trouver une parade
- 41:12sur euh la pression psychologique qui
- 41:15allait être exercé par intracte déposé
- 41:18en bas d'un immeuble. Donc là, on est
- 41:20très très loin euh de tout ce qui passe
- 41:23par internet, par les robots et cetera.
- 41:26On est sur une action minimaliste. Et
- 41:29des exemples comme ça, je peux en citer
- 41:31un autre, euh qui a eu lieu euh au sein
- 41:35de l'Assemblée nationale où un député
- 41:38allait préparer son texte pour rendre
- 41:41compte d'un rapport. Euh et euh il se
- 41:45trouve que le soir euh son bureau a été
- 41:48visité, le texte a été capté par une
- 41:52force hostile et le lendemain matin
- 41:56quand cet homme ce député rencontre de
- 41:59son texte, donc je le répète, on est à
- 42:01l'intérieur de l'Assemblée nationale et
- 42:04bien il y a une conférence de presse et
- 42:08dans la salle il y a un homme très connu
- 42:13de la société civile française
- 42:15qui
- 42:17à un moment donné, sachant très bien ce
- 42:19que le député allait dire, se lève et
- 42:22entrève et entraîne avec lui une partie
- 42:24des journalistes. Donc là, une fois de
- 42:27plus, pas besoin de se faire voir un
- 42:30million de fois sur je ne sais quel
- 42:33démarche d'influenceur et cetera. Donc
- 42:36ça c'est une forme de sniping
- 42:39informationnel différente
- 42:42publique, on pourrait dire touchant un
- 42:44tout petit milieu mais avec déjà une
- 42:47partie totalement illégale hein,
- 42:50c'est-à-dire quelqu'un qui rentre dans
- 42:51le bureau du député et qui capte un
- 42:54discours auquel il n'avait pas devoir
- 42:57avoir accès euh et avec le résultat que
- 43:00je viens d'énoncer. Effectivement, c'est
- 43:03très intéressant parce que ça montre que
- 43:05la garde de l'information peut prendre
- 43:06différents biais et que les canaux qui
- 43:08soient numérique ou non numérique sont
- 43:10tous mobilisés. L'idée, c'est que ces
- 43:12différentes actions s'inscrivent dans
- 43:13une organisation plus globale et que
- 43:15l'amplification ne nécessite pas
- 43:18uniquement les réseaux sociaux mais
- 43:19qu'une microaction comme l'évoque
- 43:21Christian s'inscrit dans un contexte
- 43:23plus global de guerre informationelle.
- 43:26Effectivement, juste un juste un dernier
- 43:28point, euh je suis trop bavard mais je
- 43:31ne peux pas m'empêcher de le citer. Euh
- 43:34on a identifié parce qu'on nous a
- 43:36remonté cette information que des
- 43:38menaces de mort avaient été émises
- 43:41contre des sportifs français. Euh ça ça
- 43:44se fait dans le cadre d'une étude avec
- 43:46une autre structure
- 43:50éducative avec laquelle on travaille qui
- 43:51s'appelle SMS. C'est une lecture, une
- 43:54étude qu'on a rendu il y a pas longtemps
- 43:56public que vous pouvez consulter sur le
- 43:58site ge.fr. Et là, on s'est rendu compte
- 44:02que c'était des Russes de nouveau qui
- 44:04étaient à la manœuvre, mais
- 44:07le l'affaire n'a pas été rendue plus
- 44:11publique que ça
- 44:13parce que on est dans une espèce de de
- 44:18tétanisation. On a peur de lui donner
- 44:21plus d'importance. On a peur des effets
- 44:23collatéraux si on rend publique cette
- 44:26affaire. Et de nouveau, on voit comment
- 44:30sur euh une microaction, une menace de
- 44:33mort euh par un euh un message laissé
- 44:36sur un téléphone portable et cetera, bah
- 44:39on déstabilise éventuellement une équipe
- 44:40sportive et on on asphyxie en fait le
- 44:44milieu qui l'entoure qui ne fait pas
- 44:46répondre et avec une posture assez
- 44:50passif finalement du système étatique
- 44:53qui va bien entendu identifier la chose
- 44:56mais qui remonte montera une note vers
- 44:58le politique qui en fera ce qu'il voudra
- 45:00bien en faire et ça se limite à ça.
- 45:04Ce qui est intéressant là justement,
- 45:05c'est de voir que dans un certain nombre
- 45:06de cas en terme de guerre fondationnel,
- 45:08la problématique vient de la réaction
- 45:10euh de là ou des personnes qui sont
- 45:12ciblées euh globalement parce que on a
- 45:15déjà eu des cas notamment de d'effet
- 45:17strisondre et on aura l'occasion d'en
- 45:18parler plus en détail plus tard. Mais
- 45:22effectivement euh l'amplification euh
- 45:24quand elle est menée par la personne qui
- 45:26subit l'attaque peut avoir un effet au
- 45:28contraire délétaire la concernant. Donc
- 45:30après ce triptique effectivement euh bah
- 45:34là vous avez un exemple euh qui en plus
- 45:36fait écho à l'actualité parce
- 45:37qu'aujourd'hui je crois qu'il y a une
- 45:38dépôt de plainte concernant
- 45:41un certain nombre d'ONG qui ont initié
- 45:44une action justice contre l'État
- 45:45français sur le phénomène des Pifaces.
- 45:49Là, c'est l'idée de d'illustrer un petit
- 45:51peu le propos, à savoir que ces
- 45:52informations sont issues d'un rapport
- 45:54fait par le CR 451 sur la guerre
- 45:56informationnelle concernant les
- 45:58polluants éternels que nous avons publié
- 46:00en juillet dernier.
- 46:03à savoir que cette action menée par un
- 46:06certain nombre d'ONG a touché plusieurs
- 46:09médias que ça soit de la presse
- 46:11classique, des émissions de télé, des
- 46:13vidéos sur YouTube, des réunions
- 46:15publiques, des tractes et donc le même
- 46:18message a été relayé de différentes
- 46:20manières avec une efficacité très
- 46:23intéressante. Et quand on étudie encore
- 46:25une fois le champ lexical, le champ
- 46:27sémantique, on voit que le mot clé
- 46:29Piface a été remplacé totalement par
- 46:31polluant éternel que lui est chargé d'un
- 46:34d'une signification pour le coup très
- 46:36négative. Et donc la euh reprise
- 46:39inextino euh de polluant éternel ancre
- 46:42dans l'esprit effectivement avec des
- 46:44parallèles qui sont faits sur notamment
- 46:46la miante, euh les perturbateurs
- 46:48endocriniens et cetera et cetera et donc
- 46:49que les acteurs qui sont attaqués, donc
- 46:51classiquement euh les industriels
- 46:53n'arrivent pas à se défaire euh de cette
- 46:56dramatisation, de cette simplification
- 46:58et de cette amplification.
- 47:01Dans le même rapport, nous avions étudié
- 47:04notamment l'impact des réseaux sociaux.
- 47:07Donc là, vous avez deux euh
- 47:10présentations. À gauche, c'est l'intégré
- 47:13des messages issus d'un réseau social X
- 47:16portant le mot clé Piface sur l'espace
- 47:18de 3 mois avant le vote de la loi
- 47:20antipiface porté par l'Assemblée
- 47:23nationale. Et donc ça nous permet nous
- 47:25d'étudier à travers ce type d'outils et
- 47:27d'outils de cartographie notamment les
- 47:29communautés, quels sont les messages qui
- 47:31sont véhiculer, les relais d'opinion
- 47:34notamment avec les noms qui ressortent
- 47:36en gras. Et sur la partie droite quand
- 47:39on fait on va dire un zoom sur certaines
- 47:41des communautés, on peut voir comment
- 47:43les messages s'échangent entre les
- 47:45agents, comment ils sont relayés, quels
- 47:46sont les points entrant, sortant le
- 47:48nombre de messages et cetera et cetera.
- 47:50Donc c'est des outils de cartographie et
- 47:52de visualisation qui nous sont
- 47:53extrêmement utiles mais ici c'est limité
- 47:56effectivement à l'espace numérique en
- 47:58particulier réseaux sociaux et on n pas
- 48:00la capacité d'avoir la même visibilité
- 48:01sur des choses qui ne sont non
- 48:03numériques. Par exemple des réunions
- 48:04publiques ou des tractes. Donc
- 48:07effectivement l'idée que une personne
- 48:09étant soumise à la fois à de la presse
- 48:12classique, des réseaux sociaux, son
- 48:14environnement même familial, bah
- 48:16effectivement une personne va être dans
- 48:17différentes bulles informationnelles.
- 48:20À ce niveau-là, derrière le le triptic,
- 48:22si on passe justement euh outre l'aspect
- 48:26de simplifier, dramatiser et amplifier,
- 48:28euh l'idée ça va être pour un acteur de
- 48:31la guerre formationnelle de faire passer
- 48:33un phénomène marginal comme étant
- 48:35massif. L'objectif c'est de faire en
- 48:37sorte qu'une opinion minoritaire
- 48:38apparaisse comme étant majoritaire.
- 48:40Effectivement,
- 48:41juste juste un point Éric par rapport à
- 48:43ça. Effectivement,
- 48:44ça me fait penser à à une affaire qui
- 48:48bien entendu qui a été très vite oubliée
- 48:51où euh là c'était pas du tout les
- 48:52réseaux sociaux, c'est des individus qui
- 48:56distribuent des tractes, on vient en mot
- 48:58tracte dans des boîtes aux lettes et qui
- 49:00appellent à un rassemblement devant une
- 49:02mairie de la banlieue parisienne en
- 49:05accusant la municipalité euh d'avoir un
- 49:08discours hyper agressif sur les
- 49:10problèmes de d'immigration et ce qui
- 49:13s'est s passé, c'est que les gens ont
- 49:14cru aucte et il y a eu une manifestation
- 49:16devant la mairie, ce qui a déclenché une
- 49:19alerte parce que c'était sur un point à
- 49:21l'époque d'actualité hyper sensible et à
- 49:24ma connaissance, je ne suis pas sûr
- 49:26qu'on a retrouvé qui avait écrit ces
- 49:29tractes et les avait mis dans des boîtes
- 49:31aux lettres. Mais en revanche là, on
- 49:33pouvait mesurer euh le résultat au
- 49:36nombre de gens qui sont venus manifester
- 49:37devant la mairie.
- 49:39Effectivement, en fait, c'est un peu
- 49:40l'idée de la prophétie autoréalatrice de
- 49:431984 DOWEL, à savoir que plus un message
- 49:45est vu, plus il paraît crédible et que
- 49:47derrière il engage l'action à partir du
- 49:49moment où les gens y croient. Euh et
- 49:52c'est justement l'idée du 4e volet un
- 49:54petit peu stratégique à savoir que on va
- 49:57essayer d'adapter le message au
- 49:58récepteur parce qu'un message euh n'est
- 50:02jamais universel. Il va être interprété
- 50:04selon différents cadres de référence de
- 50:06la personne qui reçoit ces éléments-là à
- 50:09savoir ses croyances, ses valeurs, ses
- 50:10expériences, son contexte personnel,
- 50:14culturel, économique. Et donc les
- 50:16acteurs de la guerre de l'information
- 50:17cherchent à segmenter leur audience et
- 50:20adapter le contenu en conséquence.
- 50:22Si on peut si on peut revenir si on peut
- 50:24revenir sur la diapo précédente. Je
- 50:26voulais juste signaler quand même une
- 50:28chose là. Tu as bien marqué une opinion
- 50:30minoritaire paraît majoritaire, un
- 50:32phénomène marginal semble massif. Dans
- 50:35le langage europélien, on dirait une
- 50:37opinion minoritaire et majoritaire, un
- 50:39phénomène marginal et massif. Et là, je
- 50:41conseille vraiment à ceux qui nous
- 50:43écoutent d'aller écouter les 10 séries
- 50:47audio Caé France Culture sur l'ouvrage
- 50:50de Roel qui c'est vraiment
- 50:5310 séries qui sont remarquables avec qui
- 50:55sont jouées avec des comédiens et qui
- 50:56mettent justement l'accent sur ces
- 50:59éléments-là. Donc vous voyez, on n'est
- 51:01pas encore dans REL. Nous nous disons
- 51:04paraît majoritaire, semble massif, mais
- 51:07on peut bien euh aller euh un jour dans
- 51:11cette logique horwellienne et où le
- 51:14paraî devient le verbe être pour les
- 51:16deux petites phrases qui sont sur cette
- 51:18diapositive.
- 51:20C'est aussi tout l'intérêt pour nous de
- 51:22comme sujet d'étude justement de voir
- 51:25entre la réalité et la fiction où est-ce
- 51:26qu'on se situe. Donc effectivement comme
- 51:29je disais bah on va adapter le message
- 51:31en fonction de l'audience avec le choix
- 51:33du langage, les références qui
- 51:34culturelles qui peuvent être utilisées,
- 51:36le ton ou les canaux de diffusion. Euh
- 51:40on va en avoir, j'imagine une très belle
- 51:41illustration dans les débats présentiels
- 51:43à l'avenir, mais on va parler à certains
- 51:45de sécurité, à d'autres de liberté,
- 51:47d'identité, d'économie. Et donc un même
- 51:50fait peut être interprété ou vu sur un
- 51:52prisme différent, notamment dans les
- 51:54références auxquelles on les rattache.
- 51:56Euh l'idée, ça va être effectivement que
- 51:58le le message raisonne réellement avec
- 52:00la personne qui va le recevoir et de pas
- 52:02simplement transmettre une information.
- 52:04Comme le disait Nicolas, la différence
- 52:06effectivement entre information, data et
- 52:08cetera et cetera. H
- 52:11encore une fois euh l'objectif ça va
- 52:13être de jouer notamment sur les biais
- 52:15les biais cognitifs. Il y a tout rapp
- 52:17que c'est qu' un biais cognitif Éric,
- 52:19c'est on va dire une erreur dans les
- 52:21processus de compréhension.
- 52:25Donc il y a différents billets, biais
- 52:26d'ancrage, biais de répétition qui vont
- 52:28en fait courtcircuiter l'analyse qu'on
- 52:30peut faire à partir d'habitude de
- 52:32réflexion, ce qui euh on va dire que du
- 52:36point de vue de l'évolution humaine nous
- 52:37a grandement aidé dans l'identification
- 52:39de de danger euh notamment euh quand
- 52:44nous étions à la préhistoire, mais qui
- 52:46via certains biens qui se sont ancrés
- 52:47dans notre perception nous empêche
- 52:50parfois de percevoir la nuance euh ou
- 52:52d'avoir une analyse totalement
- 52:54fiable des informations qui nous
- 52:56arrivent. Et l'idée dans le guerre dans
- 52:59la guerre de l'information, ça va être
- 53:00de d'appuyer sur ces biets pour que
- 53:02l'information soit transmise au cerveau
- 53:04de manière beaucoup plus rapide, sans
- 53:06filtre d'analyse et que comme on l'a vu
- 53:08tout à l'heure notamment sur aspect
- 53:09dramatisation de jouer sur les émotions
- 53:12qui courtcircuitent le cerveau réflexif
- 53:15pour permettre derrière un partage et
- 53:17c'est un champ extrêmement intéressant
- 53:19d'étude justement de la guerre de
- 53:21l'information.
- 53:23Alors après la l'explication de la
- 53:26guerre de l'information par le contenu,
- 53:28c'est-à-dire par les discours et par les
- 53:30messages, la guerre de l'information par
- 53:32le contenant. Je donne la parole à
- 53:34Aurélie Pocket.
- 53:35Merci et bonsoir. Alors, la garde de
- 53:38l'information peut effectivement aussi
- 53:39s'exercer sur le contenant, c'est-à-dire
- 53:42les moyens technique, matériel et
- 53:44économique qui permettent à
- 53:45l'information de circuler. Dans ce cas,
- 53:48on agit sur les conditions de diffusion,
- 53:50de circulation ou d'accès à
- 53:52l'information. Et cette garde de
- 53:54l'information par le contenant peut
- 53:56mobiliser plusieurs moyens d'action. Euh
- 53:59par exemple le contrôle des supports de
- 54:00diffusion,
- 54:02des infrastructures, des accès, des
- 54:05financements ou encore de la visibilité
- 54:07de l'information. Et les effets
- 54:09cherchées peuvent être alors multiples.
- 54:11Ralentir une diffusion, perturber des
- 54:13communications, isoler un acteur,
- 54:16invisibiliser certains contenus ou
- 54:17encore rendre certaines informations
- 54:19difficilement accessibles.
- 54:22Alors, le premier moyen d'action
- 54:24consiste à contrôler les supports de
- 54:26diffusion.
- 54:27Par support, on entend le dispositif
- 54:30d'émission et de réception qui va
- 54:32permettre à l'information d'être
- 54:34produite et captée. Par exemple, la
- 54:36presse imprimée, l'émetteur radio, le
- 54:38poste de télévision.
- 54:40Et en fait, c'est le point de contact
- 54:43entre l'information et son destinataire.
- 54:46L'imprimerie en est donc un bon exemple.
- 54:48L'invention de la presse à imprimé en
- 54:50Europe au 15e siècle euh permet une
- 54:52diffusion massive des livres et des
- 54:54textes. Les pouvoirs politiques et
- 54:56religieux vont rapidement comprendre que
- 54:58contrôler les presses permet aussi de
- 54:59contrôler la circulation des idées. Donc
- 55:03au 16e siècle et bien l'impression d'un
- 55:05livre va nécessiter en France un
- 55:06privilège royal, c'est-à-dire une
- 55:08autorisation préalable d'imprimer. Dans
- 55:11cette même logique, l'Église catholique
- 55:13va établir l'index librorum prohibitorum
- 55:16qui en fait recense les ouvrages dont
- 55:19l'impression sont interdites.
- 55:22Des circuits d'impression clandestin
- 55:23vont alors apparaître pour contourner
- 55:25ces restrictions. Le contrôle part donc
- 55:28ici sur les supports permettant la
- 55:29diffusion des textes. Au 20e siècle, les
- 55:32technologies de communication évoluent
- 55:34et là, c'est la radio qui va devenir un
- 55:36support stratégique. Par exemple,
- 55:38pendant la guerre froide, les États-Unis
- 55:40créent Radio Free Europe afin de
- 55:41diffuser de l'information vers les pays
- 55:43du bloc soviétique. La radio est d'abord
- 55:45financé secrètement par la CIA puis
- 55:47officiellement par le Congrès américain.
- 55:50Et en réaction et bien l'Union
- 55:51Soviétique brouille les émissions afin
- 55:54d'empêcher leur exception par les
- 55:56populations de l'Europe de l'Est. Donc
- 55:58ici c'est la la bataille va porter sur
- 56:00la possibilité d'émettre et de recevoir.
- 56:033è exemple, on retrouve la même logique
- 56:05avec la télévision. Lors du PCH de
- 56:08Moscou en 91 et bien les PCHistes
- 56:10prennent le contrôle de la télévision
- 56:12d'État afin de remplacer les programme
- 56:15diffusés. Et dans le même temps et bien
- 56:17en réaction les partisans de Boris Eltin
- 56:19utilisent d'autres moyens de diffusion
- 56:21comme des émetteurs radio, des fax et
- 56:24les premiers réseaux informatique.
- 56:26Alors dans tous ces exemples,
- 56:27l'information porte sur les supports de
- 56:29diffusion comme je l'ai dit eux-mêmes,
- 56:32mais il est également possible d'agir
- 56:34directement sur les infrastructures
- 56:36physiques qui transportent les flux
- 56:38d'information. Alors, si le support est
- 56:42dispositif d'émission et de réception,
- 56:44et bien l'infrastructure va c'est la
- 56:46couche physique de transport,
- 56:48c'est-à-dire ce qui achemine
- 56:49l'information entre les points
- 56:51indépendamment de son contenu. Ce sont
- 56:54par exemple les câbles sous-marins, le
- 56:55spectre radio, les satellites de
- 56:57communication. Ici, on agit pas sur ce
- 56:59qui est enfin sur ce qui émit ou reçoit
- 57:03mais sur ce qui transporte. Alors,
- 57:05premier exemple, en aût de 1914, au
- 57:08début de la Première Guerre mondiale, le
- 57:09Royaume-Uni sectionne les câbles
- 57:11sous-marins télégraphique qui assure les
- 57:14communications entre l'Allemagne et le
- 57:16reste du monde. Les communications
- 57:18allemandes doivent alors passer par des
- 57:19réseaux contrôlés par les Britanniques
- 57:22qui peuvent intercepter bien sûr des
- 57:23messages diplomatiques et militaires
- 57:25allemands. L'Allemagne va se trouver en
- 57:27outre partiellement isolée sur le plan
- 57:29informationnel.
- 57:30Et l'exemple que vous voyez actuellement
- 57:32et bien c'est qu'aujourd'hui les câbles
- 57:34sous-marins de télécommunication et bien
- 57:35jouent le même rôle stratégique. En 2024
- 57:38par exemple, l'endommagement de
- 57:39plusieurs câbles en mer rouge a entraîné
- 57:42un ralentissement d'Internet dans
- 57:43plusieurs pays, des perturbations de de
- 57:46certains services cloud et une
- 57:48augmentation du temps de transmission
- 57:49des données. Dans ce cas, l'effet
- 57:51produit est une perturbation de la
- 57:53circulation de l'information à grande
- 57:56échelle.
- 57:57On peut également citer et bien les
- 57:59satellites de télécommunication.
- 58:02Euh en 2022, une cyber une cyberattaque
- 58:04contre les réseaux satellites viaat a
- 58:06affecté bien les communications
- 58:08satellitaires en Ukraine et dans
- 58:09plusieurs pays européens. Alors après
- 58:12les supports de diffusion et les
- 58:14infrastructures physiques, un troisème
- 58:16moyen d'action consiste à contrôler
- 58:18l'accès au contenu, aux plateformes, aux
- 58:20canaux de diffusion. Ici, on agit plus
- 58:23sur le dispositif qui émet ni sur ce qui
- 58:26transporte. On agit sur la possibilité
- 58:29même pour un utilisateur d'atteindre
- 58:31l'information.
- 58:33Et dans ce cas et bien un état ou un
- 58:34acteur privé peut couper internet,
- 58:37bloquer des sites, interdire la
- 58:39diffusion d'une chaîne, retirer une
- 58:42licence des maîtres, supprimer une
- 58:44application ou encore fermer
- 58:45l'hébergement d'un site. Alors l'exemple
- 58:48qui s'affiche, c'est ben en 2011, le
- 58:50gouvernement égyptien va couper internet
- 58:52pendant la révolution. Cette coupure ne
- 58:55va pas empêcher les idées de circuler,
- 58:57mais elle va ralentir la coordination et
- 58:59l'organisation des manifestations et en
- 59:01plus elle va limiter la diffusion
- 59:03d'informations vers l'étranger. Un
- 59:05exemple plus récent est celui de l'Iran
- 59:08puisqu'en 2019, lors des manifestations
- 59:10contre la hausse du prix de l'essence,
- 59:12le gouvernement iranien provoque une
- 59:14coupure quasi totale d'internet pendant
- 59:16près d'une semaine. Et en 2022, après la
- 59:19mort de Machaimi, la stratégie devient
- 59:21plus ciblée. Là, les autorités
- 59:23iraniennes vont jusqu'à bloquer
- 59:24certaines plateformes comme Instagram ou
- 59:26WhatsApp.
- 59:28Autre exemple, en 2021, après l'assaut
- 59:32du Capital aux États-Unis, et bien
- 59:34l'application parler, un réseau social
- 59:36utilisé par des militants pro Trump et
- 59:38retiré des boutiques Apple et Google et
- 59:41Amazon Web Services teste d'héberger le
- 59:43site sur ses serveurs. Même logique pour
- 59:46le site Wikileak qui va cesser d'être
- 59:48hébergé par Amazon en 2010.
- 59:50Le retrait de l'hébergement va rendre
- 59:52alors beaucoup plus difficile l'accès au
- 59:54site et à sa capacité bien de de
- 59:56diffusion. Et ces deux exemples montrent
- 59:59en outre que le contrôle de l'accès et
- 1:00:02bien ce n'est pas l'apanage des États.
- 1:00:03Des entreprises privées Google, Apple,
- 1:00:06Amazon peuvent par leur propre décision
- 1:00:08restreindre l'accès à un canal de
- 1:00:10diffusion.
- 1:00:12Enfin, on peut également euh parler de
- 1:00:14l'interdiction de diffusion des médias
- 1:00:15russes RT et Spoutnik dans l'Union
- 1:00:18européenne en 2022. après le début de la
- 1:00:20guerre en Ukraine. Ces médias sont alors
- 1:00:22devenus officiellement inaccessibles au
- 1:00:25sein de l'Union européenne. Je
- 1:00:27distinguerai également interdiction et
- 1:00:29censule. Euh pour être plus précis,
- 1:00:32interdire revient à bloquer l'accès à un
- 1:00:36support ou à un canal de diffusion dans
- 1:00:38son ensemble. Censuré consiste à filtrer
- 1:00:41ou supprimer certains contenus
- 1:00:43spécifiques au sein d'un canal qui reste
- 1:00:45par ailleurs accessible. Alors, par
- 1:00:47exemple, en Chine, le système de
- 1:00:48filtrage internet appelé Great Firewall
- 1:00:52fait les deux simultanément. Il bloque
- 1:00:53certaines plateformes étrangères dans
- 1:00:55leur ensemble et il va filtrer des mots
- 1:00:57clés ou des contenus sur les plateformes
- 1:00:58autorisées.
- 1:01:01Alors, au-delà des supports, des
- 1:01:02infrastructures et de l'accès à
- 1:01:04l'information, un 4è moyen d'action
- 1:01:06consiste à agir sur les financements.
- 1:01:09Alors, je reprends l'exemple de
- 1:01:10Radiofluap qui est pendant la guerre
- 1:01:12froide financée par les États-Unis pour
- 1:01:14diffuser de l'information vers les pays
- 1:01:15du bloc soviétique. Après la guerre
- 1:01:17froide, et bien le média va continuer à
- 1:01:19être financé par les États-Unis à
- 1:01:21travers des dispositifs publics
- 1:01:22américains. Mais en 2025,
- 1:01:24l'administration Trump va chercher à
- 1:01:27mettre fin au financement de cette
- 1:01:29radio. L'action va porter donc ici sur
- 1:01:32les moyens financiers qui permettent aux
- 1:01:34médias d'exister et de diffuser ses
- 1:01:36contenus. Et ce cas est plutôt
- 1:01:39intéressant parce que là, il ne s'agit
- 1:01:41ni de brouiller un signal, ni de bloquer
- 1:01:43un site, ni de supprimer un contenu. Il
- 1:01:46s'agit simplement de couper les
- 1:01:47ressources qui permettent à un acteur
- 1:01:49d'exister.
- 1:01:51Les faire rechercher est le même, mais
- 1:01:52le moyen mobilisé est purement
- 1:01:54économique. D'ailleurs, l'Union
- 1:01:55européenne a débloqué des fonds
- 1:01:57d'urgence en 2025 également pour
- 1:01:59soutenir le média.
- 1:02:01Enfin, le dernier et 5e moyen d'action
- 1:02:03consiste à contrôler non plus l'accès à
- 1:02:05l'information mais sa visibilité. Dans
- 1:02:08tous les cas précédents, l'information
- 1:02:10était bloquée, coupée ou supprimée. Ici,
- 1:02:13elle reste techniquement accessible et
- 1:02:15elle devient quasi invisible. C'est le
- 1:02:17cas par exemple avec le dééférencement
- 1:02:19qui consiste précisément à réduire la
- 1:02:21visibilité d'une page dans les résultats
- 1:02:23de recherche. Dans ce cas, et bien
- 1:02:25l'information, elle n'est pas supprimée
- 1:02:27mais elle devient plus difficile à
- 1:02:29trouver. elle peut apparaître loin dans
- 1:02:31les résultats euh d'un moteur de
- 1:02:33recherche. Autre exemple euh le Shadow
- 1:02:35Banning donc qui est une pratique
- 1:02:37parfois attribué à certaines plateformes
- 1:02:39aux réseaux sociaux. Le contenu reste
- 1:02:41techniquement publié mais son exposition
- 1:02:44est réduite. Il devient donc plus
- 1:02:47visible voire quasi visible pour les
- 1:02:48autres utilisateurs et surtout l'auteur
- 1:02:50de publication ne s'en rend pas compte.
- 1:02:53Ces deux pratiques donc le
- 1:02:54dééférencement et le shadow banning
- 1:02:56illustrent une forme de contrôle un peu
- 1:02:58plus subtile que les précédentes parce
- 1:03:00qu'encore une fois l'information elle
- 1:03:01est pas interdite, elle est pas
- 1:03:02supprimée, elle est juste rendue
- 1:03:04introuvable. C'est peut-être une forme
- 1:03:06qui est plus difficile à identifier et à
- 1:03:08contester puisqu'elle ne laisse
- 1:03:09pratiquement aucune trace visible de
- 1:03:11l'acte de contrôle.
- 1:03:14Donc finalement, je dirais qu'au regard
- 1:03:15de ces différents moyens d'action, on
- 1:03:17peut en tirer trois conclusions.
- 1:03:20D'une part, même si les technologie
- 1:03:22évolue, euh l'enjeu reste toujours de
- 1:03:24contrôler la diffusion, l'accès ou la
- 1:03:27visibilité de l'information.
- 1:03:29D'autre part, et bien celui qui contrôle
- 1:03:31les infrastructures, les supports ou les
- 1:03:33financements contrôle en grande partie
- 1:03:35l'espace informationnel.
- 1:03:37Et enfin euh de l'imprimerie clandestine
- 1:03:40du 16e siècle au VPN d'aujourd'hui et
- 1:03:43bien chaque forme de contrôle que nous
- 1:03:45avons évoqué a produit ses propres
- 1:03:47stratégies de contournement.
- 1:03:52Merci. Alors le principe suivant, le 4e
- 1:03:55est que la guerre de l'information est à
- 1:03:58la fois souvent invisible et indirecte.
- 1:04:01Je donne la parole à Nicolas Moet.
- 1:04:05Oui. Donc
- 1:04:08en ce qui concerne les manipulations de
- 1:04:10l'information et les ingérences, euh les
- 1:04:13la DGSI, direction générale de la
- 1:04:15sécurité intérieure euh explique qu'il y
- 1:04:18a trois niveaux de sophistication. Il y
- 1:04:19a euh le plus visible, c'estàd les
- 1:04:22offensives diplomatiques hein qui
- 1:04:23cherchent à discréditer le modèle
- 1:04:25français pour valoriser celui de de
- 1:04:27l'adversaire. On a on a vécu ça à
- 1:04:29l'époque de de Russiaou France he qui a
- 1:04:32été fermé depuis hein. Euh si vous
- 1:04:34regardiez cette chaîne, vous c'était une
- 1:04:36espèce de C news à la française hein. La
- 1:04:39France c'était un pays à feu et à 100 où
- 1:04:42tout allait mal. Il y avait plus
- 1:04:44qu'aller acheter une une corde pour se
- 1:04:46pendre en gros. Voilà. Mais et c'est
- 1:04:48vrai que ceci dit euh à force d'entendre
- 1:04:51des choses négatives, ça finit par euh
- 1:04:53par porter sur sur le moral, hein, le
- 1:04:57moral des troupes et le moral des des
- 1:05:00forces hein civiles est important dans
- 1:05:03toutes les guerres, qu'ell soient
- 1:05:03militaires ou évidemment autres. Voilà.
- 1:05:07Le 2e euh niveau, c'est la manipulation
- 1:05:09informationnelle, hein, qui on en a
- 1:05:11parlé suffisamment avant, mais qui est
- 1:05:13un mélange de vrais, de faux, hors
- 1:05:14contexte pour créer euh une illusion de
- 1:05:17de crédibilité. Et puis euh on va dire
- 1:05:19le le niveau le plus sophistiqué, c'est
- 1:05:21euh les opérations de déstabilisation
- 1:05:24réalisé par des services de
- 1:05:25renseignement étrangers qui vont
- 1:05:26exploiter des données piratées,
- 1:05:28manipulées pour fragiliser une cible. Il
- 1:05:30faut être conscient, on va pas on va pas
- 1:05:31détailler ici, mais que vous avez des
- 1:05:33pays comme la Russie, comme la Chine,
- 1:05:35comme d'autres pays qui mettent des
- 1:05:36moyens très important avec des milliers
- 1:05:39de personnes euh publiques et privées
- 1:05:42qui sont payées pour cela. Il faut être
- 1:05:46conscient que il y a des gens qui en ont
- 1:05:49fait leur métier. Voilà, donc ça me
- 1:05:51paraît important. Je crois que Arnaud,
- 1:05:53tu voulais peut-être nous donner un
- 1:05:55exemple sur
- 1:05:58le H&CK.
- 1:06:01Oui. Alors le hacken leak, c'est une
- 1:06:05technique qui consiste hacker, ça veut
- 1:06:08dire
- 1:06:10s'infiltrer dans les bases de données ou
- 1:06:13dans les systèmes informatiques d'un
- 1:06:16acteur. Tout a ça veut dire aussi
- 1:06:18défoncer une porte. Et donc c'est on va
- 1:06:21pirater des données d'un acteur et le
- 1:06:23lic fuer, c'est arroser. En argot, ça
- 1:06:27veut dire aussi pisser hein. Donc en
- 1:06:28fait on défense la porte et on glisse,
- 1:06:30c'est-àdire qu'on va voler des
- 1:06:31informations et on les rend publ euh
- 1:06:35pour déstabiliser l'acteur. Le cas que
- 1:06:38tout le monde a plus ou moins en tête,
- 1:06:40c'est ce qu'on a appelé les Macron Lak
- 1:06:43de 2017. Donc pendant la campagne
- 1:06:45présidentielle à 3 jours de la fin de la
- 1:06:49campagne publique officielle qui
- 1:06:52autorise les acteurs français à
- 1:06:54communiquer. Donc 3 jours avant la fin
- 1:06:56de ce délai, bien il y a 21000 documents
- 1:07:00qui ont été piratés sur les bases de
- 1:07:03données du comité de campagne d'Emmanuel
- 1:07:05Macron et qui sont rendus rendus public.
- 1:07:09Donc AK, donc euh vol de la base de
- 1:07:12données, euh partage, diffusion, mais
- 1:07:15aussi il y a un niveau de sophistication
- 1:07:17supplémentaire qui a été traité par
- 1:07:20Nicolas tout à l'heure qui relève de
- 1:07:21l'intoxication puisque parmi ces 21000
- 1:07:25messages euh vrais euh qui traitait tous
- 1:07:27les aspects comptables, triviaux, les
- 1:07:30uns et les autres disant du mal de
- 1:07:32chacun, il y a eu des informations
- 1:07:35fausses qui ont été mélangées dans tous
- 1:07:37ces éléments en particulier sur
- 1:07:40l'existence
- 1:07:41qui n'est pas vraie mais euh la présence
- 1:07:45de compte offshore au bass. L'objectif
- 1:07:48était de déstabiliser la campagne
- 1:07:51d'Emmanuel Macron et de le présenter
- 1:07:53comme quelqu'un de corrompu et donc
- 1:07:55inapte à être président de la
- 1:07:59République. Donc vol de données
- 1:08:03publication et le processus et mélange
- 1:08:05du du vrai et du faux. précis, c'est de
- 1:08:08que statistiquement quand vous alliez
- 1:08:10regarder ce qui était publié, mais comme
- 1:08:13il y avait 99 % de vrai, statistiquement
- 1:08:15vous tombiez sur du vrai et donc les
- 1:08:17quelques éléments qui ont été
- 1:08:19communiqués plus précisément et
- 1:08:21amplifiés davantage qui était faux en
- 1:08:24fait était crédibilisé par la grande
- 1:08:26masse de vrai. J'attire l'intention sur
- 1:08:29aussi le fait que l'orchestration donc
- 1:08:32le calendrier était très important
- 1:08:34puisque 3 jours avant la la fin de
- 1:08:37l'autorisation à communiquer pendant la
- 1:08:39campagne a interdit et ben Emmanuel
- 1:08:42Macron à justifier de tous les éléments
- 1:08:46faux. il a pu il a eu le droit qu'à
- 1:08:48faire un communiqué de presse puisque en
- 1:08:50fait le juge des élections a pris une
- 1:08:52position en interdisant aux acteurs
- 1:08:56français d'intervenir sur sur ce sujet.
- 1:09:00Tout à fait.
- 1:09:02Si on passe à la à la diapo suivante,
- 1:09:08voilà parmi les techniques aujourd'hui
- 1:09:10qui ont qui qui ont été largement
- 1:09:11médiatisées ces dernières années, vous
- 1:09:13avez l'astroturfing et le type
- 1:09:15squatting. Alors, l'astrurfing
- 1:09:18euh son objet c'est de stimuler un
- 1:09:19soutien populaire à l'aide d'une
- 1:09:21mobilisation artificielle, hein. Euh
- 1:09:23donc en créant une opinion publique
- 1:09:26entre guillemets, hein. Euh évidemment,
- 1:09:28ça se fait par par l'intermédiaire de
- 1:09:31faux comptes euh très nombreux et qui
- 1:09:34crée l'illusion d'un soutien massif
- 1:09:36autour d'une idée ou d'une position.
- 1:09:40L'exemple
- 1:09:43aussi qui a été extrêmement bien étudié,
- 1:09:45médiatisé
- 1:09:47par les Français notamment l'agence
- 1:09:50Viginum et puis des chercheurs de
- 1:09:52l'IRSEM, c'est Marangé, Kevin Limonier
- 1:09:55aussi autres chercheurs ou à Poitier
- 1:09:57Kirstonville, c'est l'opération d'Opel
- 1:10:00Ganger
- 1:10:02double maléfique, c'était cette idée de
- 1:10:05créer des sites qui ressemblaient bien
- 1:10:07sûr à des médias français ou ou
- 1:10:10allemands.
- 1:10:11et évidemment avec des fausses
- 1:10:13informations, des informations
- 1:10:15extrêmement stressantes, extrêmement
- 1:10:17négatives.
- 1:10:19C'est bien sûr une opération qui est
- 1:10:21liée à l'opération spéciale russe et qui
- 1:10:24vise tous les alliés de l'Ukraine
- 1:10:28évidemment pour voilà pour les les
- 1:10:30déstabiliser
- 1:10:33et créer créer comme ça une espèce de de
- 1:10:36d'ambiance d'angoisse négative.
- 1:10:42Alors justement juste sur ce point-là,
- 1:10:45ce qui est intéressant c'est de voir euh
- 1:10:49le résultat et et d'évaluer le résultat.
- 1:10:53Là, on est euh on est euh dans une
- 1:10:55logique de bruit de fond d'une certaine
- 1:10:58manière euh et on a encore du mal
- 1:11:02aujourd'hui à évaluer le résultat réel
- 1:11:06de ce genre de démarche. Euh et c'est un
- 1:11:09des sujets sur lequels le CR 451 va
- 1:11:13travailler de manière assez précise
- 1:11:16parce que pourquoi de manière précise ?
- 1:11:21tout simplement parce qu'on se rend
- 1:11:22compte que il y a des manœuvres
- 1:11:25d'adversaire voire d'ennemis qui
- 1:11:28consiste à créer une sorte de spirale
- 1:11:33de monter des enchères sur les capacités
- 1:11:37de de
- 1:11:39créer des usines à troll, de de
- 1:11:43d'amplifier
- 1:11:45euh euh en visuel la réception euh d'une
- 1:11:49démarche informationnelle. euh sans
- 1:11:52qu'on sache réellement mais quel est le
- 1:11:54résultat en fait, ça a servi à quoi. Et
- 1:11:58nous au CR 451, on travaille par exemple
- 1:12:02sur un aspect qui est pas tellement lié
- 1:12:07à ce qui est en train d'être évoqué,
- 1:12:09mais sur l'apparition d'un courant
- 1:12:11sociologique prousse, pro Poutine en
- 1:12:15France qui se diffuse pas du tout par ce
- 1:12:18biais-là, mais par le bouche à oreille,
- 1:12:20par des échanges d'information euh et
- 1:12:24qui euh hélas à une efficacité
- 1:12:28redoutable puisque ça touche des anciens
- 1:12:31milieux militaires, ça touche voir des
- 1:12:33militaires français, ça touche certains
- 1:12:37milieux dans la vie politique en France
- 1:12:39et cetera. Et c'est là où je crois qu'il
- 1:12:41faut faire la différence entre ceux qui
- 1:12:46ont un peu trop tendance à se polariser
- 1:12:49sur ce qui est émis par le billet
- 1:12:51d'internet et ceux qui essaient de faire
- 1:12:54de l'analyse sociologique euh et la
- 1:12:57manière dont fonctionne le passage
- 1:13:00d'information ou de connaissance pour se
- 1:13:02cristalliser sur des phénomènes assez
- 1:13:06déstabilisateurs. exemple, il y a en
- 1:13:08France, comme tout le monde le sait, une
- 1:13:10haine en kimacron très très importante
- 1:13:15et en parallèle
- 1:13:17des réseaux russes dont je parle, du
- 1:13:20moins non pas les réseaux russes au sens
- 1:13:23constitués par des Russes, mais ceux qui
- 1:13:27se tournent vers une parole venant
- 1:13:31de Russie ou de relais russes, euh
- 1:13:35ça se cristallise.
- 1:13:37autour de cette haine antimacron et
- 1:13:40l'amplification, elle est liée à la
- 1:13:43haine antimacron. Donc là, on n'est pas
- 1:13:46sur j'essaie de suivre des flux,
- 1:13:50l'origine des flux, qui en est, l'auteur
- 1:13:53et cetera, mais on est sur quelque chose
- 1:13:55de beaucoup plus délicat, c'est comment
- 1:13:59une haine naturelle face à un individu
- 1:14:02politique en France, là on parle de la
- 1:14:04période actuelle, on parle pas de la
- 1:14:05première campagne présidentielle,
- 1:14:08comment ça fait de fait une démarche
- 1:14:13sociologique je sais pas quel autre
- 1:14:15terme utilisé qui est très très éloigné
- 1:14:18en fait de ce qu'on est en train
- 1:14:19d'évoquer. Mais c'est juste euh une
- 1:14:22parenthèse, c'est pour dire qu'au CR
- 1:14:24451,
- 1:14:25on est sur l'étude de cette démarche
- 1:14:29sociologique et la manière dont se
- 1:14:31cristallise des jeux informationnels. Et
- 1:14:35ça pour nous, ça nous semble absolument
- 1:14:37vital parce que la mode du tout internet
- 1:14:42ou du tout réseaux sociaux ou du
- 1:14:46de l'usine à troll,
- 1:14:48il va bien falloir un jour ou l'autre
- 1:14:50faire le solde de tout ça pour se dire
- 1:14:53mais en fait qu'est-ce qui est efficace
- 1:14:56et qu'est-ce qui ne pas et ça c'est un
- 1:14:58point essentiel.
- 1:15:00Tout à fait. Il faut se méfier du
- 1:15:02syndrome du réverbire, c'est-à-dire de
- 1:15:04ne regarder que là où c'est éclairé,
- 1:15:06même s'il est important de regarder là
- 1:15:07où c'est éclairé, mais il faut
- 1:15:08effectivement pas
- 1:15:11se concentrer uniquement là-dessus. les
- 1:15:13zones d'ombre sont toutes aussi
- 1:15:14importantes. Euh donc il y a aussi ce
- 1:15:17qu'on appelle le type au squatage hein,
- 1:15:18donc qui consiste à imiter des sites
- 1:15:21officiels pour tromper, manipuler ou
- 1:15:22usurper la confiance des utilisateurs.
- 1:15:25Très utilisé d'ailleurs par aussi les
- 1:15:27euh voilà les les différents hackeurs ou
- 1:15:30les différentes escrocs qui attaquent
- 1:15:34les Français en se faisant passer pour
- 1:15:35des fonds conseillers ou autres. Voilà.
- 1:15:37Donc ça consiste tout simplement hein à
- 1:15:40voyez à à à elle va faire un un site du
- 1:15:43monde là par exemple bah qui ressemble à
- 1:15:46s'y méprendre au monde et qui a presque
- 1:15:48le même euh
- 1:15:50la même adresse. Sauf que il y a une
- 1:15:52petite différence comme vous voyez un
- 1:15:54point fr et un point dès à la fin.
- 1:15:56Alors, quand on est des experts, ça peut
- 1:15:58nous par ou des gens initiés comme nous
- 1:16:00et sûrement ceux qui nous écoutent, ça
- 1:16:01paraît évident lorsqu'on voit le nombre
- 1:16:03effectivement de personnes qui se font
- 1:16:05avoir, qui vont cliquer, qui rentrent
- 1:16:07sur le site, qui mettent des données et
- 1:16:08cetera, voilà, il faut pas prendre en
- 1:16:10fait ce type de falsification
- 1:16:13à la légère.
- 1:16:17Voilà,
- 1:16:19tout n'est pas sur internet comme le
- 1:16:21disait Christian. Euh ça peut être sur
- 1:16:23le terrain physique et euh on peut
- 1:16:25parfaitement créer de toute pièces une
- 1:16:27fausse situation. Alors désolé encore un
- 1:16:29exemple russe mais il faut dire qu'ils
- 1:16:30sont particulièrement actifs dans le
- 1:16:32domaine hein. Euh euh mais on parlera
- 1:16:35pas que des Russes. En février 2017 une
- 1:16:37équipe de télévision russe s'est rendu à
- 1:16:39Stockholms qui voulait absolument filmer
- 1:16:40des violences urbaines. Encore une fois
- 1:16:43la fameuse politique de Ratouet ce qu'on
- 1:16:46appelle le sharp power contrairement au
- 1:16:48soft power. Le sharp power, c'est un
- 1:16:51c'est un soft power négatif, c'est
- 1:16:52consiste non pas à venter son propre
- 1:16:54système, mais à mais à plutôt mettre le
- 1:16:56doigt sur ce qui va pas dans le système
- 1:16:58voisin en en grossissant bien sûr tout
- 1:17:01ce qui est tout ce qui est négatif et en
- 1:17:03s'appuyant sur les fameux biais
- 1:17:04cognitifs dont a parlé tout à l'heure
- 1:17:06Éric hein. Vous savez comme cognitif qui
- 1:17:08vous font penser que vous avez plus de
- 1:17:09chance de vous faire agresser par
- 1:17:10quelqu'un dans la rue que d'être agressé
- 1:17:12chez vous alors que les statistiques
- 1:17:13montrent que les violences sont d'abord
- 1:17:15intrafamiliales. Mais voilà, c'est ça
- 1:17:16les c'est ça en fait. On joue sur la
- 1:17:18peur, sur les différents biais. Donc là,
- 1:17:20c'est ce que voulait faire cette chaîne
- 1:17:23de télévision russe. Mais elle a pas
- 1:17:25trouver des métiers, donc elle en a
- 1:17:26payé. Voilà, elle a demandé à des
- 1:17:28adolescents don un peu d'argent de de
- 1:17:31jouer de jouer effectivement les les
- 1:17:35émettiers et pour présenter la Suède
- 1:17:37évidemment comme un pays en crise,
- 1:17:39alimenter un récit politique anxiogène.
- 1:17:41Tout ça veut pas dire qu'il y a pas des
- 1:17:43problèmes hein dans les démocraties.
- 1:17:44Mais euh évidemment là toute l'idée
- 1:17:47c'est de focaliser, d'amplifier comme le
- 1:17:49disait Éric tout à l'heure, de
- 1:17:50dramatiser et de ne là le verre d'eau
- 1:17:53n'est même plus à moitié vide hein. Il
- 1:17:55est complètement vide. Il reste plus
- 1:17:56qu'une goutte d'eau, hein.
- 1:18:01Il y avait justement aussi pour faire
- 1:18:03écho à ce que disait Nicolas euh des cas
- 1:18:06de manipulation de la formation avec des
- 1:18:08acteurs qui ne sont pas que russes. Euh
- 1:18:11là par exemple, dans le cas du rafale
- 1:18:12qui est assez récent, tout part en avril
- 1:18:152025 d'un total au cachir indien euh qui
- 1:18:19résulte dans la mand de plusieurs
- 1:18:20civils. Et en réponse, l'Inde lance une
- 1:18:22opération militaire en début mai. Par
- 1:18:26sur Sindour avec des cibles au Pakistan
- 1:18:28en représaille. Euh et pendant les
- 1:18:30combats euh le Pakistan affirme avoir
- 1:18:33vêtu indiens et jusqu'à trois rafales
- 1:18:36parmi les dégâts, notamment grâce à
- 1:18:39l'utilisation de chasseurs chinois
- 1:18:40Jigis. Et en parallèle de ce conflit
- 1:18:43militaire apparaît une lutte
- 1:18:45informationnelle euh sur les réseaux
- 1:18:47sociaux notamment avec des comptes pro
- 1:18:49pakistanais et prochinois qui diffusent
- 1:18:51de fausses informations. On voit
- 1:18:53notamment des carcasses d'avion de
- 1:18:54rafale détruits avec des vidéos
- 1:18:58provenant de jeux vidéos et de montag
- 1:19:00généré par IA pour faire croire
- 1:19:01effectivement à la déroute de l'armée
- 1:19:04indienne et notamment de l'appareil
- 1:19:06français le rafal. Euh alors que
- 1:19:09certaines des images sont des images
- 1:19:11réutilisées, notamment d'un crash du
- 1:19:13d'un MIG 21 en 2021. Euh donc
- 1:19:16effectivement euh ces informations-là
- 1:19:18sont très vite euh débunkées, notamment
- 1:19:20par des enquêtes euh américaines et
- 1:19:22françaises euh publiées entre mai et
- 1:19:24novembre 2025. Euh mais euh l'origine de
- 1:19:28tout ça, c'est que euh l'objectif avait
- 1:19:30euh trois segments : discréditer le
- 1:19:33rafale et l'industrie militaire
- 1:19:35française, affaiblir le partenariat
- 1:19:37entre la France et l'Inde et en
- 1:19:40corolaire promouvoir les avions chinois,
- 1:19:42notamment le J10 et le futur J35 comme
- 1:19:45armes pouvant rivaliser avec la
- 1:19:47technologie française. Et c'est là où
- 1:19:50c'est justement intéressant, c'est que
- 1:19:51ces élémentsl ont été
- 1:19:54battus en brèche notamment dans des
- 1:19:55articles de Reuters ou des publication
- 1:19:58officielle américaine avec le le traçage
- 1:20:02à des comptes pro pakistanais et
- 1:20:05prochinois. Euh ce qui montre que
- 1:20:07effectivement euh toutes les pays toutes
- 1:20:11les puissances sont capables
- 1:20:12d'ingéniosité dans le cadre de ces
- 1:20:14opérations.
- 1:20:18Voilà.
- 1:20:19Donc ce qu'il faut bien comprendre dans
- 1:20:21cette guerre invisible et indirecte,
- 1:20:22c'est qu'elle se joue en fait sur
- 1:20:24plusieurs échiquers hein. Donc les ce
- 1:20:26qu'on appelle les échiqu visibles qui
- 1:20:28est une création à Telco qui a suite été
- 1:20:30surtout développée par l'école de guerre
- 1:20:32économique et que le CR 451 reprend en
- 1:20:35l'orientant vers la guerre de
- 1:20:36l'information. Donc c'est-à-dire que il
- 1:20:38y a les chiquier visibles alors que tout
- 1:20:40le monde connaît dans le monde
- 1:20:40économique hein qui est les chiquier
- 1:20:42concurrentiels avec les clients, les
- 1:20:44fournisseurs, les partenaires, les voà.
- 1:20:46Bon, le truc classique qui est
- 1:20:48important, hein, mais il y a d'autres
- 1:20:49échiquiers et surtout ce qui est
- 1:20:50important, c'est qu'on est dans une
- 1:20:52logique topologique. C'est-à-dire qu'on
- 1:20:53est dans une logique où les échiquiers
- 1:20:55euh vont interagir les uns avec les
- 1:20:58autres sur plusieurs dimensions. Donc on
- 1:20:59a les chiquiers géoéconomiques avec les
- 1:21:01États, les différentes institutions
- 1:21:02internationales, les hommes d'État qui
- 1:21:05jouent qui jouent un rôle important et
- 1:21:07puis les chiqué civile très très
- 1:21:09important en garde de l'information
- 1:21:10surtout dans les domaines économiques
- 1:21:14avec les ONG qui peuvent être
- 1:21:16indépendantes ou financés par des
- 1:21:18institutions internationales, des États,
- 1:21:21les associations diverses et bien sûr
- 1:21:24des individus et tout ça peut rentrer en
- 1:21:26fait. Vous avez plusieurs finalement
- 1:21:29concerts en même temps à plusieurs
- 1:21:32niveaux.
- 1:21:33Aurélie, on reparlera tout à l'heure
- 1:21:35avec le cas du plastique. On verra
- 1:21:37comment ça fonctionne ces fameux
- 1:21:38échiquers. Mais ça c'est vraiment
- 1:21:40important à comprendre. On est bien dans
- 1:21:43cette guerre en fait invisible, multi
- 1:21:45multiniveaux, multisacteurs comme nous
- 1:21:48en parlera François.
- 1:21:50Et là euh précisons où l'aspect humain
- 1:21:52joue un rôle déterminant. C'est-à-dire
- 1:21:55que là, on n'est pas dans simplement une
- 1:21:58logique très monde immatériel, très
- 1:22:02réseau informatique, très internet. On
- 1:22:05est dans dans des choses euh où euh on
- 1:22:08n'est plus dans le track même. On est
- 1:22:10dans des actions provocatrices, des
- 1:22:11destructions de sides, différentes euh
- 1:22:14démarches qui ne sont pas si euh isolées
- 1:22:17euh qui se répètent et euh qui ont euh
- 1:22:22porté atteinte en tout cas dans un pays
- 1:22:23comme le nôtre des activités notamment
- 1:22:26dans le monde agricole et ce qui a été
- 1:22:29très problématique.
- 1:22:32Il faut préciser aussi euh aussi si on
- 1:22:34peut juste revenir une dernière fois sur
- 1:22:36le schéma, c'est que qu'en fait ce qui
- 1:22:37est invisible souvent enfin ou
- 1:22:39difficilement visible, ce sont les liens
- 1:22:41mais les jquens en eux-mêmes sont assez
- 1:22:43faciles à à trouver et à documenter.
- 1:22:47Donc on n'est pas on n'est pas du tout
- 1:22:49dans une espèce de de délire en
- 1:22:51inventant des mondes parallèles, hein.
- 1:22:53Euh tout ça peut être assez facilement
- 1:22:56euh documenté avec un vrai travail
- 1:22:59méthodologique comme on le fait. nous
- 1:23:01ici de manière scientifique euh et tout
- 1:23:05l'enjeu c'est finalement de changer de
- 1:23:07lunett hein que ceux qui ont des yeux de
- 1:23:09voix d'enlever la buée qu'on a
- 1:23:11éventuellement d'ailleurs aussi sur ses
- 1:23:13propres lunettes et et surtout de
- 1:23:15prendre plusieurs facettes en fait truc
- 1:23:17et dès qu'on commence à changer de
- 1:23:19grille de lecture c'est pour ça que
- 1:23:20c'est important ce mot de grille de
- 1:23:21lecture bah on se rend compte qu'en fait
- 1:23:24oui il y a des liens évident et
- 1:23:26justement ça nous permet de de passer à
- 1:23:27l'exemple suivant voilà qui que moi je
- 1:23:30trouve trouve remarquable parce que je
- 1:23:33trouve que certaines associations là
- 1:23:34c'est les antispécistes et on a
- 1:23:35parfaitement le droit d'être végan et
- 1:23:37antispéciste. C'est pas le sujet ici
- 1:23:39hein. On n'est pas là pour juger, on est
- 1:23:42là pour comprendre les modes opératoire.
- 1:23:44Et bien il y a une créativité, il y a
- 1:23:48effectivement un usage en fait du
- 1:23:50symbole. On est aussi dans on parle
- 1:23:51souvent de l'information mais il faut
- 1:23:53aussi parler de de de guerre des
- 1:23:55symboles où on va effectivement euh
- 1:23:59interpeller des décideurs. Là c'était
- 1:24:02c'était devant devant le Parlement
- 1:24:05européen euh où des militants voilà qui
- 1:24:08qui croient en leur cause et c'est tout
- 1:24:10à fait louable se mettre dans une
- 1:24:12barquette de viande. Mais la question
- 1:24:15n'est pas simplement celle du combat
- 1:24:17d'association antispéciste.
- 1:24:20Et ça c'est la c'est important donc sur
- 1:24:23la on va voir ça sur la diapositive
- 1:24:25suivante. et les liens justement qui
- 1:24:28peuvent exister entre plusieurs
- 1:24:29échiquiers lorsqu'on sait que certaines
- 1:24:32associations et on parle pas ici des
- 1:24:33militants, on parle des structures, bah
- 1:24:35reçoivent des financements et ça ça se
- 1:24:37trouve assez facilement bah deux
- 1:24:39fondations
- 1:24:41liées à
- 1:24:43un nouveau marché
- 1:24:46qui là aussi on peut être tout à fait
- 1:24:48pour ce marché qui est le marché de la
- 1:24:50viande artificielle.
- 1:24:52Voilà. Mais là, il y a une logique
- 1:24:54effectivement de de tonil où ces
- 1:24:58associations vont jouer à la fois sur
- 1:25:00les réglementation, sur le droit, la
- 1:25:03sensibilité animale et Dieu sait qu'il y
- 1:25:05a des choses à faire de ce point de
- 1:25:06vue-là. et euh vous jouez euh voilà sur
- 1:25:09euh sur le sensationnel, sur
- 1:25:12l'informationnel, euh vont filmer des
- 1:25:15abattoirs, vont vont agresser
- 1:25:17éventuellement des euh des gens qui
- 1:25:19vivent de la viande, hein. Euh et donc
- 1:25:23euh mais derrière ça, il y a quand même
- 1:25:25une industrie qui pousse, qui profite,
- 1:25:27qui actionne. Ce qui ne veut pas dire
- 1:25:30très important à dire que tout le monde
- 1:25:32est dans le même sac. Attention, c'est
- 1:25:34sont vraiment des logiques très fines,
- 1:25:36très intelligentes. Christian en a parlé
- 1:25:39mais c'est essentiel parce que c'est pas
- 1:25:41quelque chose de très développé dans
- 1:25:42notre culture. La ruse, voilà, la
- 1:25:45stratégie indirecte, l'effet de levier.
- 1:25:48Voilà. Donc c'est c'est ça l'idée, c'est
- 1:25:49que la carne d'information frappe là où
- 1:25:51l'adversaire ne l'attend pas tout en
- 1:25:53masquant l'origine de l'attaque.
- 1:25:58Alors le 5è et dernier principe qui sera
- 1:26:01traité lors de ce webinaire, c'est que
- 1:26:04la guerre de l'information peut être
- 1:26:06multiichampiacteur.
- 1:26:08Je donne la parole à François.
- 1:26:12Grand merci Arnaud et merci également
- 1:26:15mes prédécesseurs pour la densité de
- 1:26:17leur intervention.
- 1:26:19Presque tout est déjà dit sur ce sujet
- 1:26:22mais je vais essayer pour ma part
- 1:26:25de donner un sens élargi à ces deux
- 1:26:27notions de guerre de l'information
- 1:26:29multichamp et multiacteur en insérant le
- 1:26:32sens que cela peut avoir dans une
- 1:26:34compréhension stratégique élargie.
- 1:26:36Qu'est-ce que je veux dire par là ? Ce
- 1:26:38que je veux dire, c'est que
- 1:26:40d'une manière plus générale
- 1:26:43la guerre de l'information comme vous
- 1:26:44commencez à le comprendre
- 1:26:46n'est pas seulement un sous-chapitre de
- 1:26:48la polémologie de la guerre, même si
- 1:26:52évidemment elle y participe. Elle est
- 1:26:54aussi une sorte d'extension du domaine
- 1:26:56de la lutte, une sorte de réinvention du
- 1:26:59mode de la guerre elle-même qui provoque
- 1:27:02ce que j'appelle
- 1:27:04ce que je vous propose he qui est pas
- 1:27:05forcément formalisé aujourd'hui, une un
- 1:27:07mouvement d'horizontalisation de la
- 1:27:09conflictualité.
- 1:27:11Pourquoi une horizontalisation ?
- 1:27:15Et d'ailleurs, c'est ce qui fait
- 1:27:16directement et écho à ces idées de
- 1:27:18multichamp et multiacteur d'une autre
- 1:27:20manière parce que l'information
- 1:27:23finalement c'est une sorte de fluide
- 1:27:27au-delà des définitions qu'on est
- 1:27:30développé
- 1:27:31Nicolas, Éric
- 1:27:34et Christian. La formation est quelque
- 1:27:36chose qui est presque ubiguitaire,
- 1:27:38c'estàd qui est émise partout où on se
- 1:27:42trouve à travers le réseau, qui est
- 1:27:44presque instantanée, même s'il y a
- 1:27:45évidemment des nuances sur ces notions
- 1:27:47là, qui est non linéaire, c'estàd qu'on
- 1:27:49peut attaquer ou se défendre quand on
- 1:27:52est situé pas forcément à proximité
- 1:27:56physique d'un acteur. peut envisager des
- 1:27:58offensives sur différentes dimensions,
- 1:28:00différents différentes topographies.
- 1:28:05Et cette information, elle est
- 1:28:06également, comme l'explique
- 1:28:09assez bien et l'historien israélien
- 1:28:13Yvalari
- 1:28:15dans son livre Nexus qui qualifie
- 1:28:17l'information de Nexus, c'estàd d'un
- 1:28:19lien, d'une relation ou également chez
- 1:28:22un auteur comme Stafford Bear qui est un
- 1:28:23théoricien britannique qui parle du rôle
- 1:28:26de l'information dans un sens
- 1:28:27cybernétique, c'estd pour faire tenir un
- 1:28:30système notamment pour faire tenir un
- 1:28:31système social et politique. Et dans ce
- 1:28:33sens-là,
- 1:28:35je suggère que l'information a un rôle
- 1:28:37connectant et interopérable qui permet
- 1:28:42à travers l'action, dans notre cas ici
- 1:28:45offensive, à travers la guerre de
- 1:28:46l'information, de d'articuler des
- 1:28:49acteurs entre eux, d'articuler des
- 1:28:51domaines d'action entre eux et se
- 1:28:54faisant donc d'engendrer une sorte de
- 1:28:56mouvement d'horizontalisation de la
- 1:28:58conflictualité.
- 1:29:01Alors ici, je représente basiquement
- 1:29:02cette cette idée
- 1:29:05à travers ce schéma. Vous avez les plans
- 1:29:07horizontal horizontaux pardon qui
- 1:29:10représentent les domaines de
- 1:29:11confrontation classique défini par l'art
- 1:29:14de la guerre, terme a espace
- 1:29:16électromagnétique et cetera et cetera
- 1:29:18avec des dimensions transversales qui
- 1:29:20sont l'information qui sont la dimension
- 1:29:22humaine. La dimension humaine étant la
- 1:29:23psychologie, l'organisation des
- 1:29:25ressources humaines, l'homme en tant que
- 1:29:26tel. Et la formation permet, par
- 1:29:29exemple, si je suis un acteur avec une
- 1:29:31volonté offensive qui a détecté un un
- 1:29:35une pratique de corruption par une
- 1:29:37entité économique dans un endroit
- 1:29:39déterminé du monde, et bien je peux
- 1:29:42envisager un plan offensif qui cible cet
- 1:29:45acteur économique, qui le met en défaut,
- 1:29:47qui l'expose sur le plan social,
- 1:29:51économique et autres et donc envisager
- 1:29:54cette nuisance de manière transversale
- 1:29:55entre ces différentes et entre ces
- 1:29:57différentes dimensions.
- 1:30:00Dans le second graphique, là je
- 1:30:01représente justement cette idée,
- 1:30:02c'est-à-dire que l'information que vous
- 1:30:05voyez ici à travers ce cet oval
- 1:30:07transversal recoupe les différentes
- 1:30:10dimensions médiatiques, social,
- 1:30:12économique et autres he qui peuvent être
- 1:30:14aussi normatives, juridiques et cetera
- 1:30:16et aussi politique. Cet enchevêtrement
- 1:30:19est particulièrement resserré et et
- 1:30:23activé par la guerre de l'information.
- 1:30:25Et c'est aussi ce qu'on peut voir très
- 1:30:28très concrètement aujourd'hui dans nos
- 1:30:30sociétés avec des mouvances comme ça a
- 1:30:31été bien évoqué par Christian et par mes
- 1:30:33collègues tel que et le wisme, le
- 1:30:37féminisme, l'environnementalisme.
- 1:30:40Je les nomme pas comme des des
- 1:30:42mouvements à abattre bien sûr, mais
- 1:30:43comme des des notions attribuées à des
- 1:30:47dynamiques sociales qui injectent au
- 1:30:49sein de la société de la conflictualité.
- 1:30:51conflictualité dans laquelle et le rôle
- 1:30:54de la guerre de la formation est central
- 1:30:56et a une vocation transversalisante.
- 1:31:06que produit justement cette cette
- 1:31:07dynamique horizontalisante et
- 1:31:11entre autres et bien justement elle
- 1:31:14au-delà de connecter des acteurs entre
- 1:31:15eux à travers des alliances, à travers
- 1:31:19des des agglutinations,
- 1:31:21elle va créer des arènes multiacteurs,
- 1:31:24c'est-à-dire des environnements dans
- 1:31:25lequels les partenaires, des acteurs,
- 1:31:28des entités économiques, étatiques,
- 1:31:31civil
- 1:31:32et autres forment et des environnements
- 1:31:37offensifs sur le plan de la guerre de la
- 1:31:39formation en articulation avec d'autres
- 1:31:41champs de manœuvre, champ de manœuvre
- 1:31:43qui sont connectés entre eux tout en
- 1:31:45sachant que cette et création d'arène
- 1:31:49multiacteur
- 1:31:51et de cette articulation avec les
- 1:31:53champs, elle s'effectue et c'est la
- 1:31:55particulier de la guerre de
- 1:31:56l'information avec des moyens
- 1:31:57relativement économiques. C'est-à-dire
- 1:31:59qu'il est très peu coûteux de lancer une
- 1:32:01guerre de l'information de cette
- 1:32:03manière.
- 1:32:04On n pas besoin d'acheter
- 1:32:07des soldats, de payer des soldats,
- 1:32:08d'acheter des moyens armés et cetera et
- 1:32:09cetera. On n'est pas dans la guerre
- 1:32:11cinétique. On est dans des dans une
- 1:32:14stratégie d'économie de moyen qui permet
- 1:32:16aussi et qui n'excl n'exclut pas la
- 1:32:18concentration de la puissance et la
- 1:32:20force de frappe et qui permet, c'est un
- 1:32:23point que je tiens à souligner, de
- 1:32:25segmenter les moyens tactiques et
- 1:32:27opérationnels déployés avec les
- 1:32:29finalités poursuivies. D'où le
- 1:32:31brouillage, d'où la confusion quand par
- 1:32:33exemple on parlait de l'astroturfing
- 1:32:36juste avant sur la difficulté de
- 1:32:39comprendre l'impact et l'évaluation et
- 1:32:43des actions de guerre informationnelle.
- 1:32:45Image suivante Arnaud.
- 1:32:53Alors ici, je représente sur ce schéma.
- 1:32:56Je crois que tu as passé une diapo un
- 1:32:57peu rapidement.
- 1:32:58Oui oui oui. Pas Ouais. Voilà. Qu'est-ce
- 1:33:02que qu'est-ce que génère cette dimension
- 1:33:06multiacteur et multicham ? Et bien, j'ai
- 1:33:09parlé d'arène fond conflictuel et bien
- 1:33:11elle génère en réalité
- 1:33:14et donc des actions anxènes des actions
- 1:33:17en cascade, des effets
- 1:33:19de et
- 1:33:23d'action systémique, des effets de
- 1:33:25levier, de résonance
- 1:33:27qui combine justement cet effet acteur
- 1:33:29et qui change chemin faisant la
- 1:33:30géométrie de la guerre. Alors, je
- 1:33:32justement pour appuyer ce que tu dis
- 1:33:34François, je voudrais rappeler un un cas
- 1:33:37qui qui semble un peu ancien mais qui
- 1:33:41qui est quand même la première grande
- 1:33:44victoire informationnelle de la société
- 1:33:47civile, enfin du moins d'acteur de la
- 1:33:49société civile
- 1:33:51et qu'on a oublié et qui s'appelle
- 1:33:55la le la lutte contre l'accord
- 1:33:58multilatéral sur l'investissement. en
- 1:34:011997
- 1:34:02euh où le CDE, donc une institution bien
- 1:34:05connue dans le siège est portes de la
- 1:34:07muette à Paris euh qui regroupe les pays
- 1:34:11euh développés avec euh un soin
- 1:34:14particulier dans le choix des pays
- 1:34:16d'ailleurs. Euh et cette OCDE préparait
- 1:34:20en Catini
- 1:34:22un rapport que qui devait s'intituler
- 1:34:25rapport sur l'accord multilatéral sur
- 1:34:28l'investissement. Il y a eu une fuite
- 1:34:30sur internet. Internet existait déjà à
- 1:34:33la fin des années 90 et euh des acteurs
- 1:34:37de la société civile ont pris
- 1:34:39connaissance de ce rapport grâce à la
- 1:34:41fuite et le feu a le feu informationnel
- 1:34:46a commencé par un feu de brindille dans
- 1:34:50un ou deux États nord-américains qui ne
- 1:34:53voulaient pas
- 1:34:56en fait que soit appliqué un tel accord
- 1:34:57alors que théoriquement
- 1:35:00la était en faveur ur du monde
- 1:35:02occidental. C'est du moins ce qu'on va
- 1:35:04apprendre par la suite par ces
- 1:35:05détracteurs.
- 1:35:07Et là, ce feu de brind a donné lieu à un
- 1:35:11rebond au Canada où le débat
- 1:35:15s'est amplifié. Une femme est devenue
- 1:35:19l'actrice de ce débat.
- 1:35:22une femme qui est qui a été reconnue en
- 1:35:25fait par des médias euh comme une très
- 1:35:29bonne porte-parole du discours anti.
- 1:35:33Euh cet écho médiatique a franchi
- 1:35:35l'Atlantique est arrivé en Europe et en
- 1:35:38particulier en France. Là, un
- 1:35:39journaliste a joué un rôle particulier
- 1:35:42puisqu'il y avait une émission en début
- 1:35:44d'après-midi sur France Inter à l'époque
- 1:35:45qui s'appelait Labas si j'y suis et qui
- 1:35:48a consacré un jour euh son émission euh
- 1:35:53au problème de l'accord multilatéral sur
- 1:35:55investissement. Et là où on voit euh la
- 1:35:58logique que tu décris, c'est euh comment
- 1:36:03une petite manifestation organisée place
- 1:36:06de la muette euh port de la muette
- 1:36:09pardon face au siège de l' CDE qui
- 1:36:11réunit une vingtaine de personnes.
- 1:36:13C'estàd rien du tout mais il y a des
- 1:36:15journalistes et l'intérêt c'est qui est
- 1:36:17dans ce groupe de 20 personnes. Et ben
- 1:36:20là on va avoir euh ce qu'on appelle à
- 1:36:22l'époque des représentants de la gauche
- 1:36:24pluriel. C'était le gouvernement Josep
- 1:36:26et euh parmi euh ces représentants de la
- 1:36:29gauche plurienne, il y en avait qui
- 1:36:30étaient contre la et à un moment donné,
- 1:36:32un journaliste tend le micro à l'un de
- 1:36:34ces individus et lui demande ce qu'il
- 1:36:36pense de l'accord multilatéral sur
- 1:36:40investissement et l'individu dit il faut
- 1:36:43vraiment que la France se retire de cet
- 1:36:46accord sinon nous on va se retirer de la
- 1:36:50gauche plurielle.
- 1:36:52Alors, je fais très vite, mais la la fin
- 1:36:54de l'histoire, elle est quand même assez
- 1:36:56significative dans le sens où
- 1:36:58effectivement suite à cette menace et on
- 1:37:00est assez habitué aujourd'hui aux
- 1:37:03fragilités politiques, je crois, je vais
- 1:37:04pas revenir dessus, et bien Lionel Josma
- 1:37:08a trouvé plus sage que la France se
- 1:37:10retire
- 1:37:12de la préparation du rapport sur
- 1:37:15l'accord multilégénéral sur
- 1:37:16l'investissement.
- 1:37:18Et la conclusion de ce cas, elle est
- 1:37:21intéressante parce que là on voit bien
- 1:37:23multichampiacteur ce que ça devient.
- 1:37:25C'est qu'à partir de cette victoire
- 1:37:27informationnelle qui est une victoire
- 1:37:29pour ceux qui ont revendiqué
- 1:37:33le retrait de l'Ami qui est une victoire
- 1:37:35stratégique est né quoi ? Ben, le
- 1:37:38mouvement antimmondialisation qui est
- 1:37:40devenu ensuite le mouvement
- 1:37:43sur l'alter mondialisme et qui a été
- 1:37:46notamment symbolisé par la création de
- 1:37:47l'organisation Attaque en France et pas
- 1:37:50qu'en France. Donc là, euh ce cas euh
- 1:37:54illustre parfaitement ce que tu viens de
- 1:37:56dire, c'est-à-dire qu'on est parti d'un
- 1:37:58jeu d'acteur microscopique
- 1:38:01où le les éléments de langage, ce qu'ils
- 1:38:05ont dit et là on n'est pas du tout
- 1:38:07encore une fois dans les robots, dans
- 1:38:09les fermes à troll et cetera. On est
- 1:38:12dans l'humain, on est dans les logiques
- 1:38:15de ricocher où l'humain joue un rôle
- 1:38:17essentiel et qui aboutit à ce que j'ai
- 1:38:21décrit en quelques secondes,
- 1:38:22c'est-à-dire le retrait d'un rapport,
- 1:38:25une institution qui était très mal
- 1:38:27outillée pour répondre à cette garde
- 1:38:28d'information. Je parle de l'deilité
- 1:38:32d'un gouvernement du à alliance
- 1:38:33électorale qui en se retirant flingue
- 1:38:37entre guillemets, passez-moi
- 1:38:38l'expression, le rapport lui-même et
- 1:38:40derrière né
- 1:38:43un mouvement de portée mondiale qui va
- 1:38:45s'appeler le mouvement antimondialiste
- 1:38:47puis alter mondialiste
- 1:38:49qui d'ailleurs rebondit en 2001 avec la
- 1:38:51création du forum social mondial qui
- 1:38:53organise une manifestation à Citle et
- 1:38:55qui en effet marque un point de départ
- 1:38:57assez fantastique sur une culture de
- 1:38:58combat de la société civile dans ce
- 1:39:00sens-là.
- 1:39:01Exact.
- 1:39:01D'ailleurs, cet exemple me permet de
- 1:39:03d'aller justement sur le second pilier
- 1:39:05de cette idée d'élargissement
- 1:39:06stratégique dont je parlais au début
- 1:39:09avec en et pendant de ce mouvement d'
- 1:39:13d'horizontalisation de la conflitualité
- 1:39:15à travers cette dimension multiacteur et
- 1:39:17multichamp l'idée d'une et d'une arène
- 1:39:21qui devient multistrade, c'est-à-dire
- 1:39:22qui construit une sophistication dans sa
- 1:39:25dimension verticale. Qu'est-ce que ça
- 1:39:28veut dire ?
- 1:39:29et ce cette idée. On passe à la
- 1:39:32diapositive suivante. Merci Arnaud. Et
- 1:39:35bien ça veut dire que ce que vient de
- 1:39:37d'expliquer en par l'exemple Christian
- 1:39:41que on a par exemple dans la strade
- 1:39:43primaire au bas de ce graphique des
- 1:39:46acteurs qui se disputent entre eux,
- 1:39:47c'estd états qui sont en train de
- 1:39:49négocier par exemple un accord
- 1:39:52multilatéral sur l'investissement, un
- 1:39:53accord de coopération
- 1:39:55intérêtatique et cetera. La perception
- 1:39:58publique et différents acteurs est fixée
- 1:40:00sur cette strate primaire. Donc je
- 1:40:02représente cette fixation par le l'œil,
- 1:40:04la perception situé à droite du
- 1:40:06graphique. Et en même temps, on a dans
- 1:40:10le sens vertical
- 1:40:12un étagement de différentes strates,
- 1:40:13autrement dit d'autres acteurs qui
- 1:40:16tirent les ficelles pour schématiser un
- 1:40:19peu l'expression et et la tirer un peu
- 1:40:21trop par les cheveux d'ailleurs. En tout
- 1:40:23cas, qui construisent un gain
- 1:40:25stratégique de ce jeu primaire.
- 1:40:28Et pour revenir à l'exemple que cité
- 1:40:29Christan, on peut imaginer que cette
- 1:40:33cette opération qui a été menée autour
- 1:40:35de l'ami en 1997 donc accord
- 1:40:37multilatéral sur l'amétissement est été
- 1:40:40exploité et là je j'arrive sur un
- 1:40:41terrain un peu spéculatif par d'autres
- 1:40:44blocs financiers internationaux qui
- 1:40:46étaient intéressés pour faire couler cet
- 1:40:49accord alors que d'autres accords
- 1:40:51étaient en train d'être opérés notamment
- 1:40:53au niveau des Amériques, pour gagner du
- 1:40:56terrain dans la compétition
- 1:40:56internationale.
- 1:40:58Donc je suppose que on peut supposer
- 1:41:01disons qu'il existe dans le deuxème
- 1:41:04étage de cette stratification verticale
- 1:41:07des acteurs qui tirent les ficelles et
- 1:41:08qui construisent leur arène
- 1:41:10conflictuelle en fonction de leurs
- 1:41:11intérêts stratégiques.
- 1:41:17Et donc pour conclure hein, ce que je
- 1:41:20veux souligner dans cette courte
- 1:41:22présentation, c'est que
- 1:41:24l'horizontalisation qui se traduit
- 1:41:26justement par cette tendance naturelle
- 1:41:28de la guerre de l'information à devenir
- 1:41:30multiacteur et multichamp l'essence même
- 1:41:32de ce qu'est l'information,
- 1:41:35elle construit avec elle
- 1:41:38une autre dynamique
- 1:41:40que j'appelle ici la verticalisation du
- 1:41:42conflit et qui malheureusement est
- 1:41:45aujourd'hui extrêmement mal étudié.
- 1:41:47et qui fait justement l'objet d'un
- 1:41:49encerclement ou d'un aveuglement
- 1:41:51volontaire pour forcer un petit peu
- 1:41:52cette notionlà. Il me paraît très
- 1:41:54important de développer cette cet aspect
- 1:41:58qui n'évite pas au passage de
- 1:42:00s'intéresser aux effets immédiats et
- 1:42:02très concrets de la guerre
- 1:42:03d'information. C'est pas parce queon a
- 1:42:05un étagement vertical cette
- 1:42:06stratification que ce qui se passe au
- 1:42:09niveau des premières bases des premiers
- 1:42:11étages de confrontation ne compte pas.
- 1:42:13Non, il faut s'intéresser justement à
- 1:42:15tous les étages, être précis et
- 1:42:18exhaustif dans cette analyse et
- 1:42:19justement élargir cette cette vision de
- 1:42:23cette culture du combat dont dont je
- 1:42:24parlais. Merci.
- 1:42:29Donc je vais donner la parole à à
- 1:42:30Aurélie Poquet qui va nous donner un
- 1:42:33exemple concret et détaillé de de ce que
- 1:42:36c'est qu'une guerre de l'information
- 1:42:38multichamp multiacteur. Mais avant de
- 1:42:40lui donner la parole, je tiens à
- 1:42:41préciser que tout ce que Aurélie va vous
- 1:42:44présenter est le fruit d'un travail et
- 1:42:47d'un rapport très très précis et très
- 1:42:50exotique qu'elle a réalisé
- 1:42:53et qui est accessible sur le site du CR
- 1:42:56451 et qui s'appelle la guerre de
- 1:42:59l'information dans le secteur des
- 1:43:00plastiques. Je donne la parole à
- 1:43:01Aurélie.
- 1:43:03Merci. Alors euh concernant cet exemple
- 1:43:06du plastique euh comme gar l'information
- 1:43:08à la fois multichamps et multiacteur,
- 1:43:10s'agissant des champs, donc des espaces
- 1:43:12de confrontation, euh le plastique est
- 1:43:14d'abord présenté comme un problème
- 1:43:16environnemental. Il est question de
- 1:43:18déchets, de pollution visible notamment
- 1:43:21dans les océans et d'atteinte à la
- 1:43:23biodiversité.
- 1:43:24Le sujet s'étend ensuite dans le champ
- 1:43:26sanitaire avec les microplastiques et
- 1:43:28bien la question ne porte plus seulement
- 1:43:30sur les déchets visibles mais sur les
- 1:43:32particules présentes dans l'eau et
- 1:43:34surtout dans le corps humain. Ces
- 1:43:36arguments environnementaux et sanitaires
- 1:43:38se répercutent se ricochent ensuite dans
- 1:43:42le champ normatif. Il se traduisent par
- 1:43:44des interdictions, des objectifs de
- 1:43:46réduction, des obligations de recyclage
- 1:43:48ou encore des débats sur les emballages
- 1:43:51par exemple dans le cadre de la loi AGEC
- 1:43:53ou du règlement européen sur les
- 1:43:54emballages au plus connu sous l'acronyme
- 1:43:56PPWA.
- 1:43:58Et ces décisions produisent ensuite des
- 1:44:00effets dans le champ économique. Elles
- 1:44:02modifient les conditions d'activité des
- 1:44:03entreprises et peuvent avantager
- 1:44:05certains matériaux ou certains modèles
- 1:44:07industriels au détriment d'autres.
- 1:44:11Alors, ces champs sont distincts, mais
- 1:44:13une action menée dans un champ peut
- 1:44:14produire des effets dans un Si l'exemple
- 1:44:17de la bande dessiné satirique plastique
- 1:44:20tac tic tac, officiellement cette bande
- 1:44:23dessinée se situe dans les champs
- 1:44:24environnemental et sanitaires
- 1:44:26puisqu'elle dénonce l'omniprésence du
- 1:44:27plastique, la pollution et les risques
- 1:44:30liés au microplastique. Mais la bande
- 1:44:32dessinée cible également certains
- 1:44:34industriels et certaines marques. Elle
- 1:44:36appelle notamment boycotte des marques
- 1:44:38jugé non vertueuse. La confrontation
- 1:44:41informationnelle dépasse donc les champs
- 1:44:44environnemental et sanitair et ce qui se
- 1:44:46présente au départ comme un combat
- 1:44:49écologique devient un rappeur de force
- 1:44:51économique.
- 1:44:54Euh slide voilà ça c'était pour montrer
- 1:44:57donc les chiquers économiques, l'impact
- 1:45:00finalement de la bande dessinée sur les
- 1:45:02chiquers économiques.
- 1:45:04Alors maintenant, slide suivante
- 1:45:05concernant les acteurs. Il ne s'agit pas
- 1:45:08d'une confrontation simpliste comme vous
- 1:45:10pouvez le voir entre d'un côté des ONG
- 1:45:12antiplastique et de l'autre des
- 1:45:14industriels proplastiques. Non, il y a
- 1:45:16des acteurs publics comme les États, les
- 1:45:18institutions européennes ou les
- 1:45:20collectivités qui vont intervenir et
- 1:45:22bien par la réglementation, les
- 1:45:24interdictions, les financements ou les
- 1:45:26objectifs de réduction. Et il y a aussi
- 1:45:28les acteurs privés. Et dans cette
- 1:45:30catégorie et bien on retrouve les ONG,
- 1:45:32les fondations, les médias, certains
- 1:45:34acteurs scientifiques, les syndicats et
- 1:45:36puis évidemment les industriel. Et du
- 1:45:39côté des industriels, les inters ne sont
- 1:45:41pas homogènes. Il y a les producteurs de
- 1:45:43matières premières, les transformateurs
- 1:45:45de plastique, les metteurs sur le marché
- 1:45:47comme les grandes marques de bien de
- 1:45:48consommation et les industriels qui
- 1:45:50utilisent et bien du plastique dans
- 1:45:51l'automobile, la santé ou l'agroaliment.
- 1:45:55Et puis au sein de ces acteurs
- 1:45:56économiques, il y a évidemment ceux qui
- 1:45:59peuvent avoir intérêt à la réduction du
- 1:46:01plastique notamment pour promouvoir des
- 1:46:02matériaux alternatifs.
- 1:46:05Donc cela signifie que la guerre de
- 1:46:06l'information autour du plastique ne se
- 1:46:07réduit pas à une confrontation binaire.
- 1:46:10Elle implique une chaîne complète
- 1:46:12d'acteurs avec des intérêts parfois
- 1:46:14convergents et parfois divergents
- 1:46:15opposés.
- 1:46:17Et dans le cas des ONG
- 1:46:19euh slide suivante, le fonctionnement en
- 1:46:21réseau est particulièrement important
- 1:46:24puisque par exemple le mouvement BL Fre
- 1:46:26plastique regroupe environ 3700
- 1:46:29organisations dans le monde et plus de
- 1:46:32300 en Europe. Certaines organisations
- 1:46:34ainsi vont produire des contenus,
- 1:46:37d'autres vont les diffuser ou d'autres
- 1:46:38vont encore les amplifier. C'est ce qu'a
- 1:46:40finalement expliqué Éric tout à l'heure.
- 1:46:43Cette logique de coalition va permettre
- 1:46:45de peser à la fois sur l'opinion public
- 1:46:48mais également sur les entreprises et
- 1:46:49les décideurs politiques. Et Breakfant
- 1:46:52vise explicitement de toute façon à
- 1:46:54exercer une pression sur les
- 1:46:55entreprises.
- 1:46:57À côté de ces acteurs et bien il y a le
- 1:46:59consommateur qui est directement exposé
- 1:47:01finalement à des messages multiples,
- 1:47:03souvent contradictoires.
- 1:47:05Alors, il peut rester passif, il peut
- 1:47:06aussi devenir actif en relayant des
- 1:47:08campagnes, en signant des pétitions, en
- 1:47:10boycottant certaines marques. Enfin, un
- 1:47:13élément essentiel dans cette guerre dans
- 1:47:14l'information concerne le champ
- 1:47:16sémantique évoqué également
- 1:47:17précédemment, c'est-à-dire et bien les
- 1:47:19mots utilisés hein pour désigner et
- 1:47:20qualifier le plastique. Les acteurs
- 1:47:22antiplastiques utilisent un vocabulaire
- 1:47:24qui est centré sur la pollution, la
- 1:47:26contamination, la toxicité,
- 1:47:29l'omniprésence, la menace invisible. Et
- 1:47:31ce lix ce lexique est appuyé par des
- 1:47:33images extrêmement fortes comme des
- 1:47:35océans saturés de déchets, des animaux
- 1:47:38piégés ou étouffés ou encore des
- 1:47:40représentations de microplastiques dans
- 1:47:41le corps humain.
- 1:47:44Et en face les défenseurs du plastique
- 1:47:46utilisent un autre litique. Il parle de
- 1:47:48matériaux utiles, de propriétés uniques,
- 1:47:51d'innovation, de faible coût, de
- 1:47:53recyclage. L'objectif en fait, c'est de
- 1:47:55rappeler que bah le plastique est un
- 1:47:56matériau indispensable à certains
- 1:47:58secteurs comme la santé, les transports
- 1:48:01ou les technologies.
- 1:48:03Et en fait, cette confrontation se se
- 1:48:05joue donc avant tout sur les mots
- 1:48:06employés parce que bah parler de
- 1:48:08déplastification ne produit pas le même
- 1:48:10effet que parler de souveraineté
- 1:48:12industrielle. Et ces choix lexicaux
- 1:48:15pissent directement sur la manière dont
- 1:48:18le sujet, le plastique, le matériau est
- 1:48:20perçu et traité.
- 1:48:22Donc finalement cet exemple du plastique
- 1:48:24montre que la guerre de l'information
- 1:48:26dépasse largement le seul champ
- 1:48:28environnemental. Elle mobilise plusieurs
- 1:48:31acteurs dans plusieurs champs et produit
- 1:48:34des effets concrets et bien bah sur les
- 1:48:35perceptions, les normes et les rapports
- 1:48:37de force économique.
- 1:48:41Merci.
- 1:48:45Alors pour conclure pour conclure ce
- 1:48:48webinaire, je
- 1:48:50voulais simplement signaler une chose
- 1:48:52qui passe souvent inaperçu. Aurélie
- 1:48:54vient de vous présenter le cas de la
- 1:48:58guerre de l'information dans le
- 1:48:59plastique. Vous voyez que rien qu'en
- 1:49:02quelques secondes, on a un accès à une
- 1:49:06complexité qui est presque largement
- 1:49:11supérieure au jeux informationnels qui
- 1:49:14opposent par exemple les Russes et les
- 1:49:16occidentaux sur le dossier ukrainien. on
- 1:49:19est sur des dimensions euh très
- 1:49:21différentes et avec des jeux
- 1:49:23stratégiques qui ne sont pas
- 1:49:25comparables. Euh et ça, j'attire votre
- 1:49:29attention sur ce point car c'est une des
- 1:49:31spécificités voir des originalités du
- 1:49:35centre de recherche appliqué 451 de de
- 1:49:37guerre économique. C'est-à-dire que nous
- 1:49:39étudions la guerre de l'information pas
- 1:49:41simplement sous langue géopolitique,
- 1:49:44diplomatique ou militaire, mais aussi
- 1:49:49sur un terrain qui est très très peu
- 1:49:52étudié et on peut le regretter qui est
- 1:49:54celui du monde géoéconomique,
- 1:49:58économique,
- 1:50:00sociétal, culturel voire aussi bien
- 1:50:03entendu religieux. Euh c'est notre
- 1:50:06particularité et je tiens à la
- 1:50:08souligner. La deuxième chose que je
- 1:50:10voulais dire, c'est que l'étude de ces
- 1:50:13cinq premiers principes euh est
- 1:50:17aujourd'hui illustré par ce que nous
- 1:50:19sommes en train de vivre au du côté du
- 1:50:22D3 d'Ormouse.
- 1:50:25C'est-à-dire que nous avons là
- 1:50:28à ciel ouvert, c'est le cas de le dire,
- 1:50:30une démonstration
- 1:50:33d'un régime, celui des gardiens de la
- 1:50:34révolution qui pratique le chantage
- 1:50:37informationnel par la fermeture d'un D3
- 1:50:40qui dans un rapport du très faible au
- 1:50:43fort, les coûts reçus par le régime des
- 1:50:46gardiens de la révolution sur un plan
- 1:50:49d'attaque aérienne ont été très
- 1:50:51importants et il ne Faut pas en négliger
- 1:50:57le bilan. Mais ce régime ultra affaibli
- 1:51:01qui fait tirer à la mitrailleuse sur ses
- 1:51:04opposants plusieurs dizaines de milliers
- 1:51:06de morts arrive malgré tout pour
- 1:51:09l'instant par ce chantage informationnel
- 1:51:13à issé son parasitage au niveau mondial
- 1:51:19par les
- 1:51:21ricochés qui vont avoir lieu et qui ont
- 1:51:23déjà lieu sur l'économie mondiale.
- 1:51:27Ce qui veut dire très concrètement qu'on
- 1:51:29a là une problématique de guerre
- 1:51:31militaire qui est télescotée par une
- 1:51:35démarche de guerre de l'information qui
- 1:51:37rebondit sur une problématique de guerre
- 1:51:39économique. Donc on est typiquement là
- 1:51:43dans le triptique de cœur de métier du
- 1:51:46CR 451.
- 1:51:48Et ce que je voulais simplement dire,
- 1:51:51c'est qu'il est évident que le problème
- 1:51:55de l'analyse de ces trois dimensions ne
- 1:51:59peut pas se limiter à une analyse
- 1:52:02focalisée sur la désinformation
- 1:52:06ou sur des logiques
- 1:52:09qui ont
- 1:52:11un point dominant à savoir l'étude des
- 1:52:14flux informationnels sur les réseaux
- 1:52:16sociaux. On est sur quelque chose de
- 1:52:18plus fort, de plus important, de plus
- 1:52:22diversifié et qu'il est impératif
- 1:52:25d'étudier aujourd'hui notamment par ce
- 1:52:29qu'on appelle une culture du combat.
- 1:52:32Cette culture du combat,
- 1:52:34on va en parler bien entendu lors du
- 1:52:37second webinaire qui, je le répète, aura
- 1:52:40lieu le 22 juin et qui commencera à
- 1:52:4218h30.
- 1:52:44Ce webinaire présent vient va bien
- 1:52:46entendu être mis en ligne.
- 1:52:49Les questions qui vont être posées lors
- 1:52:52de ce premier webinaire, mais aussi lors
- 1:52:55du second donneront lieu pour nous à un
- 1:53:00troisème type d'intervention puisqu'on
- 1:53:03répondra à ces questions lors de ce
- 1:53:06troisème type d'information.
- 1:53:08J'insiste aussi sur un point très
- 1:53:11important. Ces deux webinaires vont être
- 1:53:14conclus par le général Galet. Le général
- 1:53:17Galet n'arrive pas par hasard dans ce
- 1:53:20débat.
- 1:53:21D'une part, je le répète, il va prendre
- 1:53:24en main après moi, destiné de l'école de
- 1:53:28guerre économique et du CR 451, mais
- 1:53:31aussi de par son expérience et ses trois
- 1:53:34vies.
- 1:53:36sa vie au sein de la direction générale
- 1:53:39de la sécurité extérieure, sa vie en
- 1:53:42tant que chef BSPP, c'est-à-dire l'unité
- 1:53:47importante des pompiers parisiens qui
- 1:53:50ont mis fin à l'incendie de Notre-Dame.
- 1:53:53et sa troisème vie depuis 7 ans qui est
- 1:53:56justement de gérer toutes ces
- 1:53:59problématiques informationnelles au sein
- 1:54:00du groupe Michelin vont donner à ce
- 1:54:05webinaire une dimension qui n'est pas
- 1:54:08anudine. Donc merci de votre attention,
- 1:54:12merci aux intervenants du CA 451 et
- 1:54:16j'espère que nous vous retrouverons le
- 1:54:1822 juin pour ce second webinaire. Merci
- 1:54:23d'avoir suivi cette première partie du
- 1:54:24webinaire sur les 10 principes de la
- 1:54:27guerre de l'information.
- 1:54:29N'hésitez pas à nous poser vos questions
- 1:54:30dans les commentaires. Nous ne
- 1:54:32manquerons pas d'y répondre lors des
- 1:54:34prochains directs.
- 1:54:36Rendez-vous le 22 juin 2026 pour la
- 1:54:39seconde partie. Amen.
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