Les passerelles humaines — Transcript
Full transcript
- 0:11يسور
- 0:24يازيا
- 0:30Raz
- 0:41en 59, ils arrivent à Marseille. Ils
- 0:43arrivent où ? à Marseille les stac on
- 0:46pasé ils arrivent à les st Ouais.
- 1:35Quand tu vois bien qu'est-ce qui t'a
- 1:38enlevé ? Mais il t'a donné autre chose
- 1:39après il t'a donné des petits enfants.
- 1:42Des enfants com et là il va il y a les
- 1:45petits enfants je sais même plus. Ben
- 1:47oui, donc c'est pour ça que il y a une
- 1:49soixantaine en tout enfin avec les
- 1:51petits enfants, les arrières petits
- 1:52enfants
- 2:01euh mes parents émigrés
- 2:05et le passage de tout ce que je retiens,
- 2:08c'est j'ai été élevée par ma mère mais
- 2:11aussi par ma grand-mère et elle m'a
- 2:13apporté tout ce qui est valeur.
- 2:16Quoi comme valeur ? Des valeurs euh de
- 2:19la vie he les valeurs humaines, les
- 2:21valeurs mais aussi ma culture. Les
- 2:23passerelles humaine
- 2:26sont odyssée.
- 2:28Il y a près de 2700000 ans, l'être
- 2:31humain apparaît en Afrique de l'Est.
- 2:33Depuis, l'aventure humaine traverse les
- 2:35temps, les airs et ses évolutions.
- 2:39Les passerelles humaines irriguent la
- 2:40planète, sillonne les espaces et
- 2:43s'éparpis sur les saints continents.
- 2:46Chemin faisant, Marseille se crée il y a
- 2:482600 ans. Les pouss humaines se
- 2:52succèdent avec ses berceaux culturels et
- 2:55se transmettent, se confondent,
- 2:58circulent en constante mutation. De nos
- 3:01jours, le monde se dématérialise.
- 3:04L'espace numérique bouleverse les
- 3:06relations humaines et nous projette dans
- 3:08un espace-temps virtuel.
- 3:11Pendant ce temps, les passerelles
- 3:13humaines résistent et poursuivent leur
- 3:14destinée.
- 3:17En 2024, Lumière sur Marseille. Déjà une
- 3:20passerelle pour moi c'est une
- 3:21connotation positive parce que c'est un
- 3:24objet, c'est quelque chose qui est là
- 3:27pour relier deux points que rien ne
- 3:31relie. Donc oui, il passeraiit lui-même
- 3:34plutôt un mot positif et
- 3:37et c'est tellement difficile dans cette
- 3:38période.
- 3:57un célèbre écrivain malien Amodo
- 3:59Ampateba Amado Ampateba qui disait que
- 4:01d'ailleurs avec cette formule célèbre en
- 4:03disant que quand un vieillard meurt,
- 4:05c'est une bibliothèque qui brûle en
- 4:07Afrique. Pour revenir à ce que cette
- 4:09organisation sociale, il dit qu'au fait,
- 4:11il y a trois euh trois grandes phases de
- 4:15l'individu. Première phase de 0 à 21
- 4:17ans, une deuxè phase de 22 à 42 ans et
- 4:20une 3è phase de 43 à 63 ans. à partir de
- 4:2463 ans, on prend sa retraite donc
- 4:27spirituelle et donc physique également.
- 4:44Alors, je suis né à Jawara dans le
- 4:47département de Bakel, la région de
- 4:49Tambakunda, à l'est du Sénégal. On est
- 4:52quatre frères et sœurs et avec
- 4:56c demi-frères et sœurs.
- 5:05Je suis né dans un bouillon culturel
- 5:07puisque je suis né en Algérie. Euh je
- 5:10suis arrivé en France à l'âge de 6 ans
- 5:14et toute la petite petite enfance, je
- 5:16l'ai passé en Algérie. J'ai des vagues
- 5:18souvenirs mais des très très beaux
- 5:20souvenirs. des vagues souvenirs dans
- 5:22lequel j'étais entouré en famille en
- 5:25permanence.
- 5:27Je passais de maison en maison.
- 5:34Alors moi, j'ai plutôt grandi dans un
- 5:35univers assez favorisé, hein, donc avec
- 5:38des parents qui travaillaient. Mon père
- 5:41était professeur en agrégé à la fac de
- 5:44Saint-Jérôme et ma mère était
- 5:45institutrice. On est trois filles. Trois
- 5:48filles. Ouais. Ouais, que des femmes.
- 5:51Alors, ils étaient du sud, hein, de
- 5:52Toulon à la base. On a une grande
- 5:54génération de de varois.
- 6:05Je suis né à Anaba. Anaba ? Oui. Tu as
- 6:07été à l'école ? Oui, j'étais à l'école
- 6:10primaire et collège et lycée Naba. Oui.
- 6:13Famille nombreuse. Non, je suis le
- 6:16l'aîné de trois filles. Un très jeune
- 6:19âge, ma défunte mère Férida qui était
- 6:22une femme exceptionnelle
- 6:24euh en répartissant les rôles au sein de
- 6:26la famille m'a toujours accordé un rôle
- 6:28de leader. La mère et la femme, c'est
- 6:30est une institution à part entière dans
- 6:32ma culture.
- 6:35Ah oui, elle a elle a un rôle ex de
- 6:38premier plan de pivot. Abdamba.
- 6:55Du côté de ma mère, ce sont c'est une
- 6:59famille espagnole. Donc mon grand-père
- 7:02est espagnol qui s'est marié avec une
- 7:05cabille en Algérie. Voilà. Donc le côté
- 7:07espagnol c'est de l'île de Minorc.
- 7:09Voilà. Et du côté de mon père, ils sont
- 7:11aussi de l'île de Gerzé. Voilà. Et et du
- 7:15côté de la famille de de de mon père. et
- 7:17ils se sont tous rencontrés en Algérie.
- 7:19Après la guerre d'Algérie, ils sont
- 7:21venus s'installer en France et le
- 7:23premier point de chute a été Valence où
- 7:25je où je suis né.
- 7:40Alors, je suis né à Nice
- 7:42parce que mes parents se sont rencontrés
- 7:44dans cette ville. Ils arrivaient tous
- 7:46les deux de divers horizons. Donc mon
- 7:49père arrivé de région parisienne où il
- 7:51était né. Ma mère de son côté euh ben
- 7:55elle est née en Algérie et donc elle a
- 7:58été elle est revenue elle est née en 39
- 8:03et elle est arrivée
- 8:05à la gare Saint-Charles en 45. En fait
- 8:08je suis née, c'est-à-dire que ma mère
- 8:09est revenue à Nice pour accoucher mais
- 8:11ils habitaient déjà Martiel. Ils étaient
- 8:13étudié en médecine mais donc je suis
- 8:14repartie dans le coupf et j'ai toujours
- 8:15habité Marseille.
- 8:34On est une famille de neuf enfants, c
- 8:38garçons, quatre filles et je suis le
- 8:39plus jeune des garçons. La première
- 8:41passerelle, ils sont de France tes
- 8:42parents ? Non, ils sont nés en Algérie à
- 8:46Bejaya, ils sont nés à Barbacha dans ce
- 8:48village et voilà, ils sont ils sont
- 8:50venus dans les années 50 55. Moi, je
- 8:52suis né ici en France, à Marseille. à la
- 8:55rue Pasteur aux 37 rues Pasteur la
- 8:57fameuse fontaine au niveau de la
- 8:58fontaine pour ceux qui reconnaissent un
- 9:00peu qui peuvent imager ce village de de
- 9:02de la rue Pasteur et j'ai vécu mes plus
- 9:06belles années
- 9:08Munang
- 9:16tao
- 9:25taon
- 9:34Où est
- 9:36où all
- 9:43Je suis
- 9:46originaire de la Guinée Bissau moi je
- 9:48suis ven à Marseille mon père était
- 9:50navigateur à la CGM je suis une maman de
- 9:54Christian OK on peut passer à autre
- 9:55chose. Oh pardon.
- 9:57Allez commence va m'énerver
- 10:00là. Elle était 3 ans. 3 ans ? Ouais. Ah
- 10:03ben ouais. Pourquoi tu lâches hein ?
- 10:08Et donc on me disait que même au blett
- 10:09ça se faisait plus mais bon c'était un
- 10:11choix personnel et on dit qu'elle est
- 10:12secret du lait maternel là. Tu l'as tout
- 10:14pris la sorcelé. C'est ça exactement. Et
- 10:17j'ai bien réussi hein. Moi je suis né à
- 10:19Marseille donc. Et tu as hérité de toute
- 10:22l'histoire de ta mère. Exactement. Donc
- 10:24tu as quel âge aujourd'hui ? J'ai 21
- 10:26ans. 21 ans ? Oui. Donc tu as tout cette
- 10:30fraîcheur. Et quand tu ta mère parle de
- 10:32justement qu'elle vient de Guinée
- 10:33Bissao, ça quelle résonance ça pour toi
- 10:36? Ben pour moi c'est c'est mes racines
- 10:41en fait, même si je suis pas née là-bas.
- 10:43Où allez ?
- 10:48Où est
- 10:50où est
- 10:52où est ? J'ai pris mes fonctions en
- 10:56juillet euh 2023.
- 10:59Je découvre un nouveau monde, une
- 11:01nouvelle ville,
- 11:04une nouvelle philosophie
- 11:06euh
- 11:09et notre
- 11:11bout de l'Algérie,
- 11:13euh une ville dynamique
- 11:17ouverte
- 11:19d'apparence et
- 11:22et multiculturelle.
- 11:24Vous avez posé la question sur l'espace,
- 11:27c'est-à-dire le contenant, si je peux me
- 11:29permettre l'expression,
- 11:31qui intègre dans sa composante l'aspect
- 11:35humain. Il y a beaucoup d'Algériens ici.
- 11:39Marseille figure en assez bonne place
- 11:41dans l'itinéraire migratoire de mes
- 11:44compatriotes. Au retour d'Algérie, mon
- 11:46père en fait, il travaillait pour la
- 11:47mairie d'Alger. Il était dessinateur
- 11:49génie civil. Il est rentré dans la
- 11:51gendarmerie.
- 11:53Quoi ? Voilà. Et du coup après euh c'est
- 11:55pour ça qu'on a beaucoup bougé parce
- 11:56qu'en fait pour faire ta carrière euh il
- 11:58faut bouger. Voilà, c'est la peine aussi
- 12:00de quitter quand même. Bah parce que bon
- 12:03euh mes parents toujours fait attention
- 12:05de ça soit bon euh voilà la maternelle
- 12:08est finie, on rentre en primaire et mon
- 12:10père essayait de se faire muter à ces
- 12:12moments-là pour que ça soit pas en plein
- 12:14milieu d'année ou de respecter ce rythme
- 12:17là. Mais c'est vrai quand même de perdre
- 12:19ses amis chaque fois c'était un peu
- 12:21compliqué. Mon histoire, elle ressemble
- 12:23à tant d'autres. Le papa en France en
- 12:26train de travailler descendant que de tr
- 12:30voire 4 semaines en fonction de son
- 12:33patron en Algérie. Donc oui, 4 semaines
- 12:36par mois par an. La mère tape des mains.
- 12:39Il est temps de se rappeler au bon
- 12:40souvenir de notre papa.
- 12:43Ma mère, ma sœur et moi. On prenait la
- 12:46première fois l'avion. Il faisait froid.
- 12:49On entendait les réacteurs. Moi, j'avais
- 12:51peur, hein. Qu'est-ce que c'est ? Elle
- 12:53me dit "T'inquiète pas." Alors que
- 12:55elle-même était angoissée. Je sais que
- 12:57d'après ce que me dit ma mère, on a été
- 12:59plutôt malmené parce qu'on débarquait ne
- 13:02sachant pas parler le français. Donc ça
- 13:05a été cette violence de de Ouais. Et
- 13:06tout en sachant que personne nous
- 13:08attendait.
- 13:10Ce qui est compliqué c'est que en effet
- 13:12quand on est on arrive on n pas les
- 13:13mêmes codes parce que c'est pas la même
- 13:15alors bon déjà j'étais beaucoup plus
- 13:16jeune mais on n pas la même vision le
- 13:18même contact avec les gens ça c'était
- 13:20pas bon après c'est on va dire qu'on est
- 13:22quand même des gens du sud donc c'est
- 13:23quand même sensiblement pareil mais il y
- 13:26a des façons des dialectes qui ne sont
- 13:28pas les mêmes euh il y a des mots à
- 13:30Marseille qu'on ne ployait pas du tout
- 13:32par exemple dans le Var et à Toulon donc
- 13:34qu'on comprenait pas argotique des fois
- 13:37même hein quand non par exemple bon on
- 13:38va dire peut-être les moins ergotiques.
- 13:40Mais cagol se disait pas chez dans le
- 13:43Var. Une cagole des gains non plus. Des
- 13:45gains non plus. Ouais, ça se dis. Ouais,
- 13:47ça se disait pas. Quand j'ai eu mon bac
- 13:48au Sénégal, je suis venu en France pour
- 13:52les études supérieures. Alors, j'ai été
- 13:55confronté à à plusieurs choses. D'abord,
- 13:57la vie européenne, occidentale, euh les
- 14:01conditions climatiques. Je me rappelle,
- 14:03j'étais arrivé au mois d'octobre. Où est
- 14:05arrivé ? Où euh à Paris ? Je suis arrivé
- 14:07à Paris. Euh donc, j'étais pas trop
- 14:10dépaysé
- 14:12euh dans l'organisation sociale parce
- 14:14qu'il y a une forte communauté
- 14:15sénégalaise. J'avais même de la famille
- 14:17d'ailleurs c'est j'étais chez mon oncle
- 14:19donc ce qui fait que l'environnement
- 14:21familial est encore toujours présent.
- 14:23Par contre, le reste donc il y a tout un
- 14:25changement, les paysages n'étaient pas
- 14:27les mêmes, la structure sociétale
- 14:29n'était pas la même. Et donc ça aussi
- 14:33c'est encore une autre rupture. Déjà,
- 14:35j'ai grandi dans une cité qui était très
- 14:37cosmopolite. Donc nos copains ben voilà,
- 14:40on se ressemblait pas forcément. Elle
- 14:42elle faisait la cuisine au centre social
- 14:45du quartier. Cans quelle cité ça ? En
- 14:47Solidarité. Solidarité. On peut dire
- 14:49qu'il y a beaucoup de gens qui ont mangé
- 14:50sur la main de ta mère quoi. Exactement.
- 14:52On l'appelait maman justement dans le
- 14:53quartier. La maman du quartier ou
- 14:55d'ailleurs quand elle sortait du bus,
- 14:58elle ben elle s'asseyait, elle attendait
- 14:59qu'un jeune passe pour la monter
- 15:01d'avant. L'africaine. Quoi ? Voilà. Oui,
- 15:04il y a quelqu'un qui va passer toujours.
- 15:06Toujours, toujours. Et je l'ai vu
- 15:08ailleurs aussi hein. Mais c'est très
- 15:10important de d'être proche de la
- 15:13famille, de garder ce lien, de partager
- 15:16des choses entre nous. C'est vraiment
- 15:18cette cohésion qui fait enfin moi pour
- 15:20caractériser notre famille, c'est
- 15:22vraiment la cohésion. Donc quand tu
- 15:24arrives là, chemin dans cet univers où
- 15:26tu es dans une vie qui était
- 15:28mitoyenne, horizontale, là tu vas vivre
- 15:31dans un regard qui est vertical.
- 15:33Exactement. Et là, est-ce que les
- 15:35populations, c'est les mêmes que tu
- 15:36trouvais ? Ah non, là il y avait c'était
- 15:38complètement différent. Il y avait une
- 15:39réal mixité. Il y avait beaucoup
- 15:41d'Italiens, d'Espagnols, euh beaucoup de
- 15:44personnes d'origine africaine, bien sûr
- 15:46du Maghreb, même du record de mes
- 15:47parents aussi. Mes parents euh
- 15:48lorsqu'ils étaient habitants de la rue
- 15:50Pasteur, ils sortaient à proximité, ils
- 15:51ils se côtoyaient et après comme tu dis
- 15:54si bien là, on passe du vertical à
- 15:55horizontal. Dès que au 4e étage euh tu
- 15:58arrives dans ton appartement, ça y est,
- 16:00tu fermes porte à clé. Ça y est, tu
- 16:03elle a construit, bon, elle a une grande
- 16:05famille, 14 enfants, des petits enfants.
- 16:09On vivait, on est un peu un peu une me
- 16:12loup. On vit tous ensemble, on on fête,
- 16:15on se soutient, on est vraiment tout le
- 16:17temps en groupe et elle était obligée de
- 16:19mettre de l'ordre, elle était obligée de
- 16:20mettre des règles et et je veux dire ça
- 16:23passe par là. Alors, je parle pour ma
- 16:25famille nombreux et ils sont euh je me
- 16:30souviens petite, on
- 16:33il nous faisait participer au débat.
- 16:35Il fallait que tu a un avis. Alors ça,
- 16:37tu comprenais rien au début mais mes
- 16:39oncles et tant chaque fois c'était mais
- 16:40qu'est-ce que tu en penses ? Alors au
- 16:41début esprit critique, esprit critique,
- 16:44esprit
- 16:46contradiction, esprit de de de
- 16:48d'échange. Il y avait beaucoup
- 16:49d'échanges. L'école très très important
- 16:52pour chez nous.
- 16:54tu devais t'en sortir que par l'écu et
- 16:57ça c'était ça a été ça a été même
- 17:00violent pour certains. Mais chez nous en
- 17:03tout cas nos mères, même ma grand-mère
- 17:05qui ne savait pas lire hein, euh tu
- 17:07rentrais de l'école, tu t'asseis, tu
- 17:09faisais tes devoirs. Elle elle te voyait
- 17:12ouvrir un cahier, elle savait que tu
- 17:13faisais tes devoirs. C'était très très
- 17:14important. Il fallait réussir. Pour moi,
- 17:17l'école c'est pas une bonne période de
- 17:18ma vie. Donc j'ai jamais aimé l'école du
- 17:21tout. Pourquoi ? parce que j'ai eu des
- 17:23problèmes de dyslexie graves. Donc,
- 17:25j'étais humiliée
- 17:27beaucoup
- 17:28d'abord par les enseignants bien sûr
- 17:30puisque c'est au moment de
- 17:31l'apprentissage de la lecture et de
- 17:32l'écriture qu'on a découvert ce ce
- 17:35problème qui bien alors je c'est un
- 17:38problème donc ça date des années
- 17:41fin des années 60 donc à l'époque 10
- 17:44calculi machin tout ça ça on en était
- 17:47absolument voilà il y avait rien
- 17:50Wé
- 18:02wéz
- 18:04wé.
- 18:14Donc on a réussi à obtenir un
- 18:16appartement
- 18:18à la bserie
- 18:20dans les quelles années ? 80. J'ai
- 18:23kiffé.
- 18:25J'ai kiffé cette période là parce que on
- 18:27arrive, on déménage. Donc on arrive
- 18:29bâtiment E8, 3e étage, appartement 333.
- 18:32Mes parents l'occupent toujours hein.
- 18:34Moi la première relation que j'ai eu
- 18:35avec ce quartier, c'est une bagarre.
- 18:37C'est un ami avec qui j'ai grandi qui
- 18:40était d'origine commorienne. Moi
- 18:42j'arrive, on se regarde, moi je lui ai
- 18:44dit
- 18:46sans être péjoratif, il me traite de
- 18:48clin d'eau, je traite de cahlouche donc
- 18:49de noir à la castagne et donc on s'est
- 18:53battu et puis ça a été mon meilleur ami.
- 18:55Le collège et les enseignants du
- 18:57collège, je leur dois beaucoup de par
- 18:59leur investissement.
- 19:02Ils étaient impliqués et ils mettaient
- 19:04en œuvre plein d'action pour justement
- 19:07élever ses enfants qui venaient ben des
- 19:09des des quartiers populaires, des
- 19:11quartiers en difficulté hein, on va pas
- 19:13se cacher. Tu penses que là à ce momentl
- 19:16moi j'ai été oui poussée par au-delà de
- 19:19la famille.
- 19:21Les enseignants du collège m'ont marqué.
- 19:23Je quitte mon quartier, j'arrive à mon
- 19:25grand. Autant le collège si tu veux
- 19:27c'était je me rends compte que c'était
- 19:28quand même encore le cocoun.
- 19:31On est écouvé. Premier abord quartier
- 19:33nord quartier sud frontière. Ouais. tu
- 19:35arrives et tu et tu te sens quand même
- 19:37là, tu réalises que tu n'es pas du même
- 19:40monde. Plein de plein de choses se
- 19:41jouent lorsqu'on est au collège et au
- 19:43lycée et j'étais à fond consacré sur la
- 19:46dimension étude. J'étais très très
- 19:48proche de mes parents, de ma famille et
- 19:51à un moment donné, il fallait choisir
- 19:53parce qu'on devait faire sur militaire
- 19:54et je disais, il tape. Du coup, c'est
- 19:55mon papa qui vient, couvre, il voit ces
- 19:57deux gens dames se présenter. Bonjour
- 19:58monsieurs, voilà, vous êtes monsieur qui
- 20:00l'a dit. Oui, c'est votre fils Nassim.
- 20:03Oui, mon père dit qu'est-ce qu'il a fait
- 20:05? Il dit "Non, non, non, vous inquiétez
- 20:07pas. Euh vous savez que il doit faire ce
- 20:10s militaire, il doit faire ses 3 jours."
- 20:12J'étais étudiant, je présentais mes
- 20:14papiers et euh que je j'étais aussi
- 20:16impliqué euh comme prof de tennis et ils
- 20:19m'ont dit "Non, vous inquiétez pas
- 20:20monsieur, tout va bien se passer. Vous
- 20:23faites vos 3 jours et vous serez amené
- 20:26lorsque vous aurez fini vos études à
- 20:29faire votre service militaire."
- 20:31Et mais mon papa tellement qu'il a
- 20:33trouvé sa bien, il est parti à la
- 20:34pâtisserie, il a acheté des gâteaux, il
- 20:36a ramené à ces deux gendarmes. Ouais, il
- 20:37y avait une grosse mixité. Moi, j'étais
- 20:39à Perrier, après j'étais sur Charles
- 20:40Pegy, il y avait une grosse mixité
- 20:41culturelle puisqu'il y avait à l'époque
- 20:43à Perrier, il y avait énormément
- 20:44d'Israélites dans le lycée et Charles
- 20:47Pegy, on était avec des Israélites, des
- 20:49musulmans, des chrétiens, enfin des
- 20:52athés aussi hein parce que alors mon
- 20:54orientation du coup ça a été de faire
- 20:55des études pour être dans l'avenir
- 20:58infirmière parce que je voulais pas
- 20:59faire de longues études. Non, j'ai deux
- 21:01s médecins donc du coup père il a de la
- 21:03bar haute déjà ? Mon père oui était
- 21:05professeur agrégé donc la barre était
- 21:06haute.
- 21:19Ah ben c'était justement à ce foyer où
- 21:21mon père faisait le film et le cinéma.
- 21:24C'est un foyer d'éducation populaire.
- 21:27D'ailleurs, j'ai été impliquée dans dans
- 21:28le conseil d'administration, très jeune.
- 21:30J'avais 16 ans, je faisais partie du
- 21:32conseil d'administration et j'ai eu une
- 21:34rencontre, je devis avoir 17 ans avec
- 21:36quelqu'un qui venait justement de de la
- 21:39Ligue de l'enseignement et qui m'a dit
- 21:41"Mais qu'est-ce que tu fais ?" Ben moi,
- 21:42je venais passer mon bac et franchement
- 21:44les études voilà, j'avais plus envie de
- 21:47de je savais pas trop quoi faire en
- 21:49fait. tu me dis "Mais tu sais, nous on
- 21:50fait on fait de l'animation et euh tu
- 21:53connais le bafa, tu tu tu est-ce que tu
- 21:55connais les classes de découverte ? Euh
- 21:58les classes de neige ? Bah non, je
- 21:59connaissais pas tout ça. Ben si tu veux
- 22:01euh si si là tu veux vraiment faire un
- 22:04break au niveau de tes études, tu peux
- 22:06faire animatrice. Je prends conscience
- 22:09que tout ce qui a été un handicap pour
- 22:11moi et tout surtout les stratégies que
- 22:14j'ai dû mettre en place pour les
- 22:15contourner les mécanismes les stratégies
- 22:18stratégies. Ouais. Ouais. C'est des
- 22:18stratégies et ben là elles me sont
- 22:20vachement utiles. Tu peux en me donner
- 22:22une de stratégie ? Ben tout simplement.
- 22:23Par exemple, quand tu fais 10 fautes
- 22:25d'orthographe par phrase,
- 22:28mais tu fais pas beaucoup de phrases,
- 22:30donc tu vas à l'essentiel. Donc tu vas à
- 22:31l'essentiel. C'est-à-dire un esprit
- 22:34extrêmement synthétique. Je peux te en
- 22:36trois phrases, je te résume une réunion
- 22:38avec 15 personnes qui a duré 2 heures.
- 22:40Les études, c'est un bagage qui permet
- 22:44de euh d'avoir euh à côté euh un plan B,
- 22:49on va dire. Là, je suis actuellement en
- 22:513e année. Donc de
- 22:54je suis dans le social, je suis en ben
- 22:57mon diplôme, il s'appelle le diplôme
- 22:59d'état d'économie sociale et familiale.
- 23:01C'est pour faire conseillère en économie
- 23:03sociale familiale. Donc c'est bac + 3
- 23:05ça. Bac+ 3. En fait, pour moi, les moi
- 23:08quand je dis plan B, c'est en gros les
- 23:11études, ça donne un bagage
- 23:13et c'est un bagage qui qui va aider si
- 23:18on se retrouve dans une situation où par
- 23:20exemple on n pas de travail, on sait que
- 23:23avec certaines études,
- 23:26on aura un travail après si on en a
- 23:29besoin.
- 23:32et
- 23:48essayer de créer des cadres propices à
- 23:50un échange pour faire une récolte de
- 23:53récits parce que chacun chacun de ces de
- 23:57ces de ces parcours exceptionnel à une
- 24:00histoire à raconter. Il m'arrive assez
- 24:03souvent de faire appel à des à des pensé
- 24:06de sociologues, de philosophes,
- 24:08d'artistes et ça me vient à l'esprit euh
- 24:12le concept de Abdul Malik Sayyad, la
- 24:15notoriété de ce sociologue d'envergure
- 24:18d'origine algérienne qui a évoqué le
- 24:20concept de la double absence et par
- 24:23opposition, il a également évoqué la
- 24:26question de la double présence. Euh oui,
- 24:29je pense que vous savez que l'être
- 24:31humain fonctionne par déduction ou par
- 24:34induction par l'instinct animal aussi.
- 24:36Non et et par instinct animal aussi,
- 24:38c'est vrai. Et euh donc c'est ça qui
- 24:41fait aussi le charme de la vie, hein. Si
- 24:43euh tout était tracé à l'avance, la vie
- 24:47serait morose. Donc c'est l'aventure qui
- 24:49fait comme on le dit, c'est
- 24:50l'environnement qui fait l'individu.
- 24:52Spinoza d'ailleurs, Spinoza disait que
- 24:54rien n'est irrationnel dans la vie.
- 24:56C'està-dire tout ce qu'on fait en fait,
- 24:57il y a une conséquence. Et donc avec les
- 25:00liens de causalité,
- 25:05la puissance de l'être.
- 25:08L'être est une courroie naturelle de la
- 25:09transmission.
- 25:11Sa puissance réside par sa présence.
- 25:16Là où il se trouve, circule du vivant,
- 25:19des savoirs et des connaissances.
- 25:22Il est le gardien des valeurs. Il y a du
- 25:24monde avant lui. À son tour, il est un
- 25:27relais.
- 25:30L'être acquiert peu de sa puissance à sa
- 25:32naissance. Il est une promesse, une
- 25:35solution, un faisceau éclairant, un
- 25:37guide.
- 25:40La nature le propulse ambassadeur.
- 25:44Par sa main droite se niche le passé. Sa
- 25:46main gauche l'invite vers le futur et il
- 25:49se doit d'être bien ancré sur le
- 25:50présent.
- 25:51l'être par sa puissance et l'alpha et
- 25:53l'oméga de la pulsion vie. Une
- 25:56passerelle incontinue.
- 25:58Là, je reviens un peu en philosophie
- 26:01encore avec Platon. Le sens de la vie en
- 26:04fait, c'est de quitter les ténèbres,
- 26:05aller vers la lumière et l'obscurité la
- 26:07lumière. Voilà. Donc de l'obscurité vers
- 26:09la lumière et la lumière c'est la
- 26:12connaissance, c'est à travers les
- 26:13relations que que nous que nous
- 26:15rencontrons. C'est à travers euh à
- 26:17travers l'erson.
- 26:21et et c'est ce qui fait que euh on
- 26:24s'enrichit mutuellement dans les
- 26:27rencontres et euh le présent poète de
- 26:31Paul Séda Saint-Bait que euh le 21e
- 26:34siècle, ça sera du le siècle du donner
- 26:36et du recevoir. J'arrive au lycée où là
- 26:40c'est un peu plus structuré. Lycée Jean-
- 26:42Périn pour aller à la busserine, ben je
- 26:44mettais quasiment 1h10 1h15.
- 26:47partais à 6h50, j'arrivais souvent
- 26:50fatigué et en retard. Donc j'ai mal vécu
- 26:52cette période là. C'était un homonier,
- 26:54c'était un père blanc qui était installé
- 26:56dans le lycée et qui était qui était
- 27:00souriant, accueillant.
- 27:02Euh, il y avait ce père-là, il y avait
- 27:04aussi ben des par la suite des amis qui
- 27:07étaient ce qu'on appelle des pions. Il y
- 27:09avait le CPE, monsieur Guillem qui est
- 27:11malheureusement décédé, avec qui on
- 27:13faisait des marodes tous les mercredis
- 27:15avec une association qui s'appelait
- 27:16l'arge de Noé. Bah écoute, je parle
- 27:18d'expérimentation très honnêtement, tu
- 27:20me redonneras le nom de ce poète ou de
- 27:22ce sage. C'est exactement ce que j'ai
- 27:24eu. Mais de toute façon, la vie est une
- 27:26passerelle parce que c'est toujours
- 27:27quelqu'un qui va t'amener à ce que ce
- 27:29que tu vas être.
- 27:31C'est des fois une main tendue, une
- 27:32rencontre qui va faire que bah soit tu
- 27:35changes diamétralement de de cursus,
- 27:38j'ai fait mes études d'infirmière à
- 27:39Sainte-Marguerite. En fait, je suis
- 27:41comme quoi j'ai pas beaucoup bougé de
- 27:43mon secteur. Et une fois une fois que
- 27:46j'ai réussi mon diplôme, je suis partie
- 27:472 ans vivre à la Réunion. Et le
- 27:49changement déjà changement de quitter un
- 27:52peu sa famille aussi parce que c'était
- 27:53important de voilà de commencer voilà de
- 27:55couper le cordon faire son chemin. 2 ans
- 27:58après, j'ai été appelé pour faire mon
- 28:01mon sait et là, c'est une vraie pass
- 28:03c'est une autre pass aller direction
- 28:05Strasbourg
- 28:07premier régiment de génie. Il suffit que
- 28:09tu es un bon niveau d'étude et que tu es
- 28:11un bon niveau sportif et c'était mon
- 28:13cas. J'avais j'étais en je faisais j'ai
- 28:16fait une licence de droit à la face du
- 28:17Saint-Gérôme et j'ai fait aussi j'étais
- 28:19prof de tennis. Ils m'ont mis comme
- 28:21secrétaire et chauffeur du colonel. Au
- 28:24bout de 3 4 mois, j'étais je passais
- 28:25première classe à Caporal chef. et
- 28:27j'étais à deux doigts de signer pour
- 28:29l'armée parce que c'est une super école
- 28:30de la vie. l'été de partir faire des
- 28:33camps itinérants à l'étranger, mais de
- 28:35de les monter pour les jeunes. C'est la
- 28:38découverte.
- 28:40Alors la découverte de d'ailleurs, je
- 28:43dire je dis ailleurs parce que ça peut
- 28:45être la Grèce comme je l'ai fait, ça
- 28:46peut être le Portugal, ça peut être la
- 28:48Corèse. Voilà, c'est d'aller voir
- 28:50ailleurs comment ça se passe, comment
- 28:52les gens vivent et de transmettre ça au
- 28:55au jeunes, avec ceux qui sont avec moi.
- 28:56En plus, je suis très jeune à l'époque,
- 28:58tu vois, j'ai 19 20 ans déjà. Voilà.
- 29:00Ouis. Et du coup d'organiser, c'était
- 29:02une lourde charge. C'était une lourde
- 29:04lourde charge Ouais. de de de
- 29:07responsabilité. Ouais. Ouais. Vraiment
- 29:09quand on atterrit, quand on a mis le
- 29:11pied en Guinée, c'est là que les choses
- 29:14commencent. Mais en fait les sensations,
- 29:15c'est vraiment à l'arrivée du village
- 29:17parce que c'est on a l'impression que le
- 29:19temps s'est arrêté, donc l'eau est l'eau
- 29:23est prise dans le puit. Euh
- 29:25l'électricité, c'est par des
- 29:27générateurs, tout ça. Donc déjà, c'est
- 29:29une vie totalement différente. Donc
- 29:31quand je suis arrivé là-bas,
- 29:32franchement, je me suis tout de suite
- 29:35senti bien. J'ai Ça répondait à quelque
- 29:38chose dans Oui oui oui, vraiment c'est
- 29:42je sais pas comment expliquer mais déjà
- 29:44j'étais contente d'être là. Je me
- 29:46languissais de sortir, de voir ce que de
- 29:48voir à l'extérieur. Moi, je trouve que
- 29:50là-bas, ils vivent bien. Enfin, comment
- 29:52expliquer ça ? là-bas, je trouve pas
- 29:54qu'ils aient de manqualité de vie. Oui.
- 29:57Et donc là, tu as tu as tu as ton bac et
- 29:59ensuite qu'est-ce qui fait que tu vas
- 30:01t'orienter sur autre chose ? Tuorientes
- 30:03sur quoi ? Pas que là pas que là c'est
- 30:05c'est tu es livré à toi-même le le
- 30:08l'orienter. Moi, j'ai eu du mal à
- 30:09m'orienter mais je savais qu'il fallait
- 30:11que je continue si tu veux. Donc bon,
- 30:14j'ai choisi la voix du droit euh
- 30:19alors qui a pas été facile parce qu'il
- 30:21fallait que je travaille financièrement,
- 30:23il fallait assumer derrière. Est-ce que
- 30:25justement ce moment-là, il a été
- 30:29précaire, fragile ? Il a été fragile ?
- 30:31Ouis, il a été fragile parce que je te
- 30:33dis il fallait il fallait vraiment
- 30:34bosser à côté pour avoir de l'argent
- 30:36mais il était moins dur que l'entrée
- 30:38dans le lycée. De toute façon maintenant
- 30:40je je j'ai je me suis forgé un caractère
- 30:42parce que quand tu es confronté
- 30:43régulièrement à des vexations où tu
- 30:46t'effondres, tu deviens un peu
- 30:48résistant, je suis plutôt du côté
- 30:50résistant. Donc
- 30:53il y a plein de choses qui vont que dont
- 30:56je vais me débarrasser et donc je vais
- 30:57devenir beaucoup plus cool dans ma vie,
- 31:00dans mes rapports avec les gens. Je vais
- 31:01m'épanouir pendant mes études. Tout me
- 31:03plaît, je voulais tout faire à chaque
- 31:04fois. À chaque fois que j'allais dans un
- 31:06stage, j'ai voulu être gynécologue,
- 31:08endrocrinologue, enfin tout ce que tu
- 31:09veux. En fait, tu es comme un enfant
- 31:10dans une grande surface plein de
- 31:12bonbons. Tu le savoir quoi. Chaque stage
- 31:14dans une spécialité,
- 31:16c'est super intéressant. Tu as évoqué un
- 31:19un concept extrêmement important,
- 31:21l'empathie.
- 31:22L'Algérie a beaucoup d'empathie pour ses
- 31:24enfants. Quand tu as parler de la
- 31:26maternité de de la maman, du rôle, euh
- 31:31c'est curieux, mais cela me renvoie au
- 31:34rôle
- 31:35euh au rôle, j'allais dire naturel de ce
- 31:39qui est l'Algérie aujourd'hui. Ciste
- 31:41générosité qui qui déborde, que sont
- 31:44toutes les le mouvement de la
- 31:45Méditerranée. Tout à fait. D'accord.
- 31:48Tout à fait. Avec avec ses EOS qui se
- 31:50mélangent, avec ses colères, avec tout
- 31:51ça. Tout à fait. Comment on peut
- 31:53expliquer là c'est je parle de toute ma
- 31:56part algérienne algérienne qu'on a du
- 31:58mal à se regarder nous les Algériens, on
- 32:00a toujours quelque chose de méchant.
- 32:02Souvent on va être plus tolérant avec
- 32:05les autres Ouais. qu'avec les avec les
- 32:07siens.
- 32:09Ceux qui aiment bien châtient bien, je
- 32:11pense hein. Mais oui, mais là c'est à la
- 32:13limite vaut mieux au moins aimer quoi.
- 32:16Donc on commence à voir parce que il y a
- 32:18une dette culturelle qui pèse aussi à
- 32:20laquelle on est en train d'essayer de
- 32:21remédier et de faire en sorte que le
- 32:24consulat ici soit le lieu d'une
- 32:27expérience positive pour le compatriote.
- 32:42J'ai fumé 2 ans là-bas. J'ai rencontré
- 32:45mon futur mari. Donc j'avais encore un
- 32:48peu l'envie de voyage et de partir à la
- 32:51réunion. Donc on se dit département
- 32:54français. Département français hein mais
- 32:55avec une vraiment une très très grosse
- 32:57mixité aussi on va dire cultuelle hein.
- 33:00On est sur une île euh du coup on est
- 33:02quand même de 23 ans. Ouais c'est ça. On
- 33:04est insulaire il faut trouver du
- 33:06travail.
- 33:07Voilà. Moi, j'aime enfin la les autres
- 33:10cultures. Je trouve que c'est très
- 33:11intéressant enfin et puis euh que ce
- 33:13soit dans la façon de vivre mais aussi
- 33:16euh dans tout ce qui est alimentaire,
- 33:18toute cette richesse euh voilà, d'odeur,
- 33:20de couleur. Et donc euh tu rencontres le
- 33:22père de ta fille à quel moment ?
- 33:25Euh quand j'ai eu début de vingtaine
- 33:27début de vingtaine amour tout ça. Ouais
- 33:30c'est ça vrai. Et comme dit les l'amour
- 33:35rentre avec le mariage redonne la c'est
- 33:37pour ça que je me suis pas mariée. Et
- 33:39euh ben il est originaire de la
- 33:42Martinique son papa. Ben, j'y vais avec
- 33:43des a priori parce qu'on dit souvent que
- 33:46les Antillers se comportent comme des
- 33:48Français euh qu'ils ont pas forcément
- 33:51euh euh c'est en représentation qu'on
- 33:53dit que eux ils se considèrent pas noir.
- 33:55C'est ça exactement. Ils sont buntis.
- 33:58Voilà. noir noir à l'extérieur et blin
- 34:00dedans.
- 34:02Voilà. Ben ben je j'ai pu j'ai pu voir
- 34:05qu'en fait c'était pas forcément réel
- 34:08surtout au sein de sa famille qui donc
- 34:11ils étaient déjà fiers que qu'il soit
- 34:12avec une pour eux tu est-ce que tu
- 34:15représentais pour eux l'origine de leur
- 34:17origine qu'ils avaient oublié
- 34:18complètement complèt jeune adulte
- 34:22tu fais tes études
- 34:25tu rencontres une copin
- 34:28premier amour premier flash, premier
- 34:30coup de cœur nous on On a toujours eu
- 34:32cette éducation où bah il y a le respect
- 34:36vis-à-vis de la femme et le premier bah
- 34:38ça a été ça a été entre guillemets he
- 34:42une française de souche. Finalement on
- 34:44s'est marié et là je découvre ce que
- 34:46c'est qu'être
- 34:48un homme avec des responsabilités. Ma
- 34:51mère a développé une stratégie puisque
- 34:54puisque
- 34:55Vanessa, c'était son prénom était Kabil.
- 35:01Et donc mon père qui était pas né quand
- 35:03même plus comprenait que Vanessa n'était
- 35:06pas cabile. Alors mon tournage il se
- 35:08fait un peu avant puisque je rencontre
- 35:10l'homme de ma vie très jeune au lycée
- 35:14lycée mon grand mon grand et on on s'est
- 35:18marié j'avais 26 ans. Alors moi ma
- 35:21famille fantastique.
- 35:23Et lui est-ce qu'il avait une grande
- 35:25famille ? Pas de famille. Bah ça va il
- 35:27Non ils sont pas venus. C'est c'est
- 35:29J'étais goille pour eux. Ouais. Donc go
- 35:32c'est ça vient d'où ? C'est tu n'es pas
- 35:35juive. Ouais. Et donc pour les musulmans
- 35:37aussi une juive tu là tu es vraiment
- 35:39dans la merde toi. C'est ce que je te
- 35:41dis au départ c'était un non musulman.
- 35:44C'est c'est pour ça que je t'ai précisé
- 35:45parce qu'après quand j'annonce autre
- 35:46chose moi je me rappelle quand je l'ai
- 35:48annoncé à mon père il me dit mais
- 35:50finalement tu vas t'appeler comment ? La
- 35:52digestion la diguelle était terrible.
- 35:54Ouais. Bon et il me dit "Non, non, mon
- 35:55père ça a été
- 35:57c'est toi qui le dit à tes ongles." Mon
- 36:00mari je l'ai rencontré j'étais au lycée.
- 36:03Voilà. Donc là, j'étais un peu plus
- 36:04âgée. Je commençais à vouloir fonder une
- 36:06famille. Lui, il est originaire donc
- 36:09enfin oui, il est né ici mais donc sa
- 36:11famille est d'Algérie. D'ailleurs, la
- 36:13première fois que je suis allée chez
- 36:14lui, sa mère m'avait préparé un couscous
- 36:18et elle me dit euh je sais plus comment
- 36:21exactement elle elle dit les mots mais
- 36:23en gros ça va tu tu connais ça fait
- 36:27beaucoup rire. Je dis oui, j'en mange
- 36:28tous les dimanches.
- 36:30Ma fille est née, elle assiste à ma
- 36:31thèse. Alors elle avait pas d'attention,
- 36:33elle avait 18 mois. Je revois surtout la
- 36:35tête du président du jury qui supportait
- 36:38pas les enfants et ma belle-mère
- 36:41euh que j'avais un peu briefé, j'avais
- 36:43dit "Attends, ça va être compliqué et
- 36:45cetera qui sort une choup à choups de sa
- 36:48poche et qui donne à ma fille. Où est ?
- 36:53Où est ?
- 36:55Où est ?
- 36:58Où est ?
- 37:00Où allez ? Je reviens à Marseille à la
- 37:03cité de la Castellane et là je commence
- 37:07à m'engager. Je suis de suite contacté
- 37:10par le Samson la Castellan à cette
- 37:12époque-là. Moi, je suis quelqu'un de
- 37:15j'ai un certain tempérament, j'ai une
- 37:16certaine volonté, une force et pour moi,
- 37:18c'était de pouvoir continuer à
- 37:19progresser, surtout vis-à-vis de mes
- 37:21parents. Mes sœurs avaient des enfants
- 37:24et du coup, j'étais aussi un exemple
- 37:25pour eux de réussite. Tu sais, chez
- 37:27nous, chez les Kabil, les berbères,
- 37:29lorsqu'on a une sœur, une belle- sœur
- 37:31qui accouche,
- 37:33elle va rester 3 4 jours à la clinique
- 37:35ou à l'hôpital à maternité et ensuite
- 37:38lorsque le jour de la sortie, il faut
- 37:40qu'il y a quelqu'un qui vienne. Je
- 37:41devais prendre l'enfant.
- 37:43sortir, c'était une transmission.
- 37:44C'était un peu ce que eux ils espéraient
- 37:46de transmission qui vient prendre
- 37:48l'enfant, il va justement lui
- 37:50transmettre tout sa force. Ça va être
- 37:52son manteau. C'est pourquoi c'est pour
- 37:54ça qu'il y a beaucoup de mères qui dès
- 37:56qu'elle fait elle disent qu'il s'il y a
- 37:57quelqu'un de la famille qui est qui est
- 37:58bien qui est vaillant tout ça et disait
- 38:00qu'il le porte en premier. J'ai arrêté
- 38:02pour prendre la direction d'un centre
- 38:03permanent dans le haar. Je dis là je
- 38:06vais me poser. Quand tu es avec
- 38:07quelqu'un euh la personne avec qui tu
- 38:10partages ta vie a besoin de stabilité et
- 38:13tu es toujours à droite à gauche. Et
- 38:15c'est qu'à un moment donné, j'ai aussi
- 38:16arrêté, c'est pas pour ça que ça
- 38:18marchait d'ailleurs, mais j'ai arrêté,
- 38:20j'ai posé ma valise. Les centres de de
- 38:22vacances au départ, les colos, c'était
- 38:24ça, c'est aller prendre le bon air,
- 38:25c'était Ouais. Ouais. et tout ça et même
- 38:27le les vacances collectives des années
- 38:30même jusqu'aux années 80 c'était ça
- 38:33c'était on est tous était tous ensemble
- 38:35dans des grands complexes c'était
- 38:36l'accès aux vacances pour tous c'était
- 38:38ça dans les années moi je dire presque
- 38:412000 où je suis arrivée sur le secteur
- 38:44vraiment social j'avais cette envie
- 38:48d'aller en je dirais comme ça au plus
- 38:51sources voilà voilà à l'utile. Je pense
- 38:54que qui fait la force de l'être humain,
- 38:57c'est surtout cette capacité de de de
- 39:00transcender, de relier, d'articuler. et
- 39:04on a eu la chance d'avoir un président
- 39:06un premier président Lup Sor qui a
- 39:09beaucoup travaillé sur les questions de
- 39:12d'harmonie des nuances, la subtilité et
- 39:15et quelque part aussi euh je pense que
- 39:20c'est ce qui fait aussi euh le diplomate
- 39:24que je suis devenu parce qu'il faut
- 39:26faire le lien entre des entités euh pour
- 39:30pouvoir trouver une certaine harmonie.
- 39:33Le deuxème regard bien sûr, bien entendu
- 39:35euh
- 39:37vous me renvoyez un petit peu à
- 39:39l'orientalisme
- 39:41créé par l'Occident, un livre monumental
- 39:44euh publié par le défunt Édouard Saïd,
- 39:48professeur de littérature comparée
- 39:50palestinien. Oui, c'est lui. C'est un
- 39:52petit peu c'est un ouvrage précaire des
- 39:54des études post-coloniales. On a parlé
- 39:56du de ce regard enfin qui doit être posé
- 40:00parmi d'autres regards. Celui de d'un
- 40:03Algérien sur la France et celui du
- 40:06franco-français avec sa part algérienne.
- 40:09pendant mon itinéraire ici en France
- 40:10parce que j'étais avant conçu la dans
- 40:14les régions parisiennes et
- 40:16j'ai j'ai été confronté à des à un rit
- 40:19extrêmement émouvant hein même ici nous
- 40:21recevons beaucoup de demandes de visa
- 40:23que nous auxquelles on répond
- 40:25favorablement c'est-à-dire si les
- 40:26conditions administratives sont sont là
- 40:30moi je n'ai pas j'ai des instructions
- 40:32sur cet aspect qui sont des instructions
- 40:34bienveillantes
- 40:56Alors, je finis mon cursus, la licence,
- 40:59je dois travailler à un enterrement.
- 41:02Je rencontre une une copine qui me dit
- 41:05"Bon dieu, il y a je connais un tel qui
- 41:07cherche quelqu'un. Est-ce que ça te dit
- 41:08de le dépanner ? Il a besoin de
- 41:10quelqu'un." Moi, j'attendais que ça et
- 41:13je commence, je travaille une année dans
- 41:15un cabinet de syndique. Je m'arrête
- 41:17presque 10 ans pour mes enfants
- 41:20où je ne fais pas rien puisque je
- 41:22travaille après pour mon mari. Je
- 41:24deviens sa conjointe collaboratrice. Tu
- 41:26travaill à la maison ? Non non non. À
- 41:28son cabinet. Le matin, tu tu le tiens à
- 41:30l'œil ?
- 41:32Je c
- 41:35et puis ben la crise de la quarantaine
- 41:37je crois il se passe quelque chose. Ça
- 41:39c'est une passerelle. Tu arrives dans
- 41:40une voix sans issue. Là c'est vraiment
- 41:42le tournant de ma vie je crois. Tu sais
- 41:43tous Oui, mes enfants sont à l'école
- 41:46donc ils ont grandi et là on me propose
- 41:49de passer le concours de CRPE concours
- 41:51de professeur des écoles. Je commence
- 41:53mon au c'est le l'éducation nationale
- 41:57dans le privé
- 41:59et là j'ai un poste qu'on me prend et
- 42:02j'ai un poste à l'année où là je je
- 42:04découvre que c'est c'est ce que je veux
- 42:06faire.
- 42:10dans la ville à soup des femmes
- 42:13veillent.
- 42:14Ensuite, j'ai fait un BTS force de vente
- 42:16mais j'ai été d'éducatrice au collège
- 42:18Jean Moulin pendant presque 6 ans et ben
- 42:22en fait j'ai eu ma fille le choix
- 42:25chargement de projet quoi. Exactement
- 42:27et euh donc du coup j'ai décidé de
- 42:30l'élever aussi. Quel c'est que tu as
- 42:32décidé de couper ce cordon ? C'est à son
- 42:36entrée à la maternelle. Elle a été prise
- 42:39à 2 ans et demi. C'est doulour. Elle
- 42:40elle allait fêter son baptême aussi
- 42:42quelques mois après. Donc c'est une
- 42:44décision qu'on a prise ensemble toutes
- 42:45les deux à 3 ans. Ouais. Tu avais tu
- 42:48avais déjà ton mot à dire toi à 3 ans ?
- 42:49Je parlais beaucoup parler un peu parler
- 42:51de trop concours de circonstan parce que
- 42:54justement je me trouvais dans un bureau
- 42:55de poste euh voilà en tant que cliente
- 42:59je
- 43:01sympathise avec la guichère de l'époque.
- 43:03J'avais ma fille avec moi et je lui pose
- 43:05la question "Comment fait-on pour
- 43:07rentrer à la poste ?" Je vais être là
- 43:08quoi. Et elle me dit "Ben en fait il
- 43:11recherche des parcours commerciaux. M'
- 43:13dit je peux lui laisser mon CV tout ça
- 43:15et c'est parti très très vite en fait.
- 43:17Et au bout d'un an, il y a eu un
- 43:19concours pour être prise en CDI que j'ai
- 43:22réussi. Des fois, je sors de mon cadre
- 43:25professionnel justement, j'ai vu moi des
- 43:27personnes évoluer dans dans leur façon
- 43:32d'aborder justement tout ce qui est
- 43:33administratif, tout ça, parce qu'on
- 43:36prenait le temps de leur expliquer
- 43:39certaines choses. Il y a des personnes
- 43:40qui venaient même avec des courriers de
- 43:42leur boîte aux lettres, rien à voir avec
- 43:44la poste et euh qui attendait et qui
- 43:48demandait un petit peu "Est-ce que
- 43:49c'était pas triste de voir ces petits
- 43:51moments pour eux ? un petit peu un petit
- 43:53peu et on les a vu évoluer évoluer ces
- 43:55personnes-là, c'està-dire qu'à travers
- 43:57les mois, les années, ils ont pu
- 44:00effectuer certaines démarches
- 44:01administratives et ça c'est c'est beau à
- 44:04voir.
- 44:15Moi, je me souviens lorsque j'ai divorcé
- 44:17avec avec
- 44:19elle, j'ai jamais dit à mes parents que
- 44:20j'ai divorcé. Elle avait un fort
- 44:22caractère mais très très fort et moi
- 44:25j'avais aussi un fort caractère et donc
- 44:27céit explosif en permanence. ton désir
- 44:29toi d'aller vers l'autre. Très tôt, j'ai
- 44:32côtoyé ce mouvement là dans lequel on
- 44:35était engagé autour de par exemple le
- 44:38CPE, on était engagé donc le contrat
- 44:40première embauche à l'époque c'était ça
- 44:42sous Jupé donc c'était des
- 44:43manifestations. C'est une
- 44:44conscientisation
- 44:46bah du pouvoir qu'on pouvait avoir tous
- 44:48ensemble et une conscientisation aussi
- 44:50bah de qui j'étais, c'est-à-dire un
- 44:52éternel révolté. Alors, politique dans
- 44:54le sens noble du terme, c'est-à-dire
- 44:55s'occuper de l'autre, de son prochain,
- 44:57de du territoire de vie. Oui. Politique
- 45:00dans le sens partisan ? Non. La Veryon,
- 45:03par exemple, on a créé un collectif, on
- 45:04s'est battu pour que cette offre de
- 45:07soins dans dans le secteur nord puisse
- 45:08perdurer lorsqu'on a inauguré un feu
- 45:11rouge à la suite d'un décès d'un gamin.
- 45:13Malheureusement,
- 45:15voilà, c'est des petits combats qu'on a
- 45:17mené du quotidien. Du quotidien. Je
- 45:20pense qu'on était plutôt pour les
- 45:22institutionnels, pour les politiques des
- 45:24sentinelles étant issu quand même de
- 45:26cette vague migratoire,
- 45:28je suis plus proche avec des primos
- 45:30arrivants. Donc j'ai cette
- 45:31conscientisation aussi qui me permet
- 45:33cette sensibilité pardon qui me permet
- 45:34d'aller vers le dernier arrivé parce que
- 45:36je le comprends. J'ai toujours cette
- 45:38dette que je solderai je pense jamais de
- 45:41me dire que la personne qui va arriver,
- 45:44quelle que soit son origine, quel que
- 45:45soit son histoire, est une personne qui
- 45:48mérite d'être accompagnée, qui mérite
- 45:50d'être assistée. J'en ressors aussi avec
- 45:52beaucoup de frustration parce que je me
- 45:54rends compte que finalement, queles que
- 45:56soient les les études que tu fais, on te
- 45:58donne un savoir mais derrière soit tu
- 46:02l'as l'empathie,
- 46:04soit tu l'as pas. Le diplôme me permet
- 46:05effectivement d'accéder à un autre
- 46:06statut, me permet de voir d'autres
- 46:08personnes, d'avoir un statut social, bah
- 46:12de pouvoir déjà avoir un très bon
- 46:13salaire qui me permet derrière de
- 46:15travailler, d'acheter, de me projeter
- 46:16dans dans la vie.
- 46:30J'ai eu l'occasion de pouvoir travailler
- 46:31dans le quartier nord. Au début, c'est
- 46:33vrai que j'avais cette crainte qu'on a
- 46:36de façon imaginaire, hein, clairement.
- 46:39Hériter des représentations. Ouais.
- 46:40Hiter des représentations de se dire que
- 46:42ça se passe mal, que c'est dangereux et
- 46:44cetera. On m'a dit quand même fais
- 46:46attention.
- 46:48Mais attention à quoi ? À qui ? Les
- 46:50infirmières se lèvent très très tôt mais
- 46:52tu veux le matin c'est se lever d'aller
- 46:57dans une famille pour soigner une
- 46:59personne. Alors les infirmiers vraiment
- 47:00on a
- 47:02c'est une drôle de relation, c'est on
- 47:05est entre l'ami et la famille. Donc on
- 47:07est ce ce pion là, ce connecteur ce
- 47:10connecteur de l'ami et la famille.
- 47:12C'està dire qu'en fait en même temps des
- 47:14fois je je m'amuse et je dis on est
- 47:16comme les curé en fait on peut tout nous
- 47:19raconter mais on ne dira jamais rien
- 47:21parce que justement on est dans le
- 47:22secret dire ils ont tous peur de tout le
- 47:25monde a peur de la mort hein. Ça c'est
- 47:27la je veux dire on est là on vit un jour
- 47:32on a la maladie puis après on s'en va.
- 47:34Moi, je suis ce petit pont là. À la
- 47:35limite comme je dis des fois, je suis le
- 47:37pigeon voyageur entre mes patients qui
- 47:39se connaissent, qui peuvent plus se voir
- 47:40parce qu'ils sont malades. Et donc du
- 47:42coup, je leur donne des nouvelles de
- 47:43chacun et on arrive sur des familles,
- 47:47par exemple des familles musulmanes où
- 47:51c'est les périodes de fête comme
- 47:53actuellement pour le Ramadan. Et il y a
- 47:55toujours le fait de te donner une chorba
- 47:59euh de te donner des briques côté aussi
- 48:01catholique hein ou des mamies quand
- 48:04elles font certaines fêtes, elle te
- 48:07voilà elle te donne une branche de Ramon
- 48:09par exemple parce que tu as pas eu le
- 48:11temps d'aller à l'église.
- 48:27Pour le coup, effectivement, je me suis
- 48:29dit ben voilà, je les emmerde, je suis
- 48:31arrivée où je voulais
- 48:33un endroit où vraiment j'ai ma place, où
- 48:36je me sens bien, où je me sens utile aux
- 48:39autres et à moi-même. Moi ça me gonfle
- 48:41d'abord quand on santé mentale ça
- 48:43m'énerve déjà. Voilà donc
- 48:46moi je enfin moi je suis pas dans le
- 48:48monde de la santé mental je suis dans le
- 48:49monde de la souffrance mentale. Mon
- 48:52premier poste ça été au beaumette.
- 48:55Oui. Dans quoi déjà ? Donc disons, on va
- 48:58dire dans auprès de gens on va dire pour
- 49:01le qui étaient dans dans les situations
- 49:03étaient pour le moins très très complexe
- 49:06avec des souffrances multiples.
- 49:08L'emprisonnement fondamental de dans les
- 49:10troubles mentaux, c'est un
- 49:11emprisonnement interne. On a aussi à
- 49:15prendre à essayer de de soulager les
- 49:17gens qui souffrent de de ce qu'on
- 49:19appelle des des états post-traumatiques.
- 49:22Donc les victimes peuvent se mettre en
- 49:25situation de déréalisation, c'est-à-dire
- 49:27qu'elles sortent de leur corps en train
- 49:30d'être traumatisé, elle se déplace
- 49:32psychiquement et inversement certaines
- 49:34personnes atteintes de troubles mentaux
- 49:37qui commettent des actes graves pendant
- 49:41une période de crise
- 49:43peuvent tout à fait faire le même type
- 49:46de mécanisme, c'est-à-dire occulter
- 49:48totalement cette partie de crise, cette
- 49:50partie pour les gens, on va parler de
- 49:52déis. Pour les autres, on va parler
- 49:54d'amnésie
- 50:15Marseille. Pour moi euh une ville alors
- 50:18moi d'un petit village c'était c'était
- 50:21pas l'Amérique mais c'était le truc
- 50:23waouh les grandes rues, les grands
- 50:25immeubles, la mer, les plages. Il y
- 50:27avait un poste vacant la la déléguée de
- 50:30des vacances à du du qui partait m'a dit
- 50:33"Ça t'intéresserait de fusionner les les
- 50:36deux postes Var et Bouche Duronne
- 50:38connaissant ce qui se passait sur
- 50:40Marseille ? Je dis "Bah oui, c'est une
- 50:41belle expérience, pourquoi pas Donc on a
- 50:43fusionné ces deux secteurslà et c'est
- 50:46qu'en 2013 que le poste l'autonomie on
- 50:50va dire de la Fédération 13 et je après
- 50:52j'ai eu la dél la la la la direction
- 50:54générale de la Fédération 2013 avec les
- 50:58a vraiment l'aspect beaucoup plus social
- 51:00c'est qu'on on est moins dans le court
- 51:01terme on est sur du long terme euh
- 51:06et on construit apprendre la la la
- 51:09notion du temps du facteur temps que
- 51:12tuux que faire avec tout le monde, ça
- 51:14prend un peu plus de temps que de
- 51:16décider pour tout le monde et de dire
- 51:17"On va faire comme ça." On n pas bien
- 51:19cerné le problème parce que
- 51:23je dis pas qu'il ne se fait rien mais
- 51:24les choses qui se font quelquefois
- 51:27sont pas suffisantes et ça ça c'est pas
- 51:30le besoin prioritaire. les gens quel on
- 51:33en a arrivé là où les besoins c'est
- 51:35manger, c'est correctement
- 51:37les bes la problématique énergétique
- 51:41des des de la voilà de base de base quoi
- 51:44voilà qui sont plus là ça fait triste
- 51:47parce que tu vois les les grilles se
- 51:49fermer des magasins. On parle d'humain
- 51:52on a des salariés des collaborateurs qui
- 51:55sont sur place et qui ont l'impression
- 51:57d'être ce réceptacle de violence de
- 52:00misère. C'est cette dégradation qu'on
- 52:02cette chute lente euh où ils ont du mal
- 52:04et du coup c'est très très compliqué.
- 52:06C'est très très compliqué. Euh
- 52:10euh on ne baisse pas les bras pour
- 52:12autant. Je suis directeur depuis 15 ans
- 52:15maintenant. Allez euh je fais tout pour
- 52:16euh dès que je vois des personnes très
- 52:19impliquées, très engagé et très
- 52:20intelligents de le tirer vers le haut.
- 52:22Notre légitimité c'est la les usagers de
- 52:24la population, les habitants qui me le
- 52:25donnent. s'ils accident pas à nos
- 52:26activités, s'ils participent pas au
- 52:28service qu'on met en place, il y a pas
- 52:30lieu d'exister. J'ai vu vraiment les
- 52:32enjeux
- 52:33et euh qu'est-ce qu'il a vu ? J'ai vu
- 52:35que tous ces gens qui vivaient dans cet
- 52:38environnement, dans cette cité, euh on
- 52:39dit souvent cette cité de de 8000 8000
- 52:43âmes, euh tous les gens qui vivent, leur
- 52:46seule volonté c'est de réussir. Mais on
- 52:48dirait que tout est fait pour renfermer
- 52:52ces populations, mais pas que chez nous
- 52:54hein. On peut pas se on peut pas vivre
- 52:56en vase clos. C'est impossible. même si
- 52:58on s'est rendu compte que la disparition
- 53:00des pouvoirs publics parce qu'avant il y
- 53:02avait la poste, il y avait la PMI, il y
- 53:03avait les médecins généralistes, il y
- 53:05avait beaucoup de service. Dans les
- 53:07années 2000 2005 tous ces services ont
- 53:10disparus. Peut dire que c'est dans ces
- 53:13annéesl que tu traverses, tu vois la
- 53:16destruction de passerelle. Ah mais
- 53:17complètement
- 53:20et aussi même plus euh savoir euh des
- 53:23engagements de des pouvoirs publics. A
- 53:26Castellane, combien de cultures tu as ?
- 53:29Ah mais nous c'était frappant et après
- 53:31presque 25 communautés différentes qui
- 53:32vivent et euh communautés africaines,
- 53:36malienne, sénégalaise,
- 53:38Burkinafo euh guinéenne, turc, euh
- 53:42kurde, técenne, euh espagnole, italienne
- 53:45euh tout ça dans la même périmètre. Tout
- 53:48ça dans la même périmètre.
- 53:59Je voudrais d'abord citer Suleiman
- 54:02Bashir qui a beaucoup grand philosophe
- 54:06sénégalais sénégalais
- 54:09sénégalais qui a beaucoup travaillé sur
- 54:12sur la catégorisation. Moi, je suis
- 54:15mathématicien de formation, donc je sais
- 54:17que les dans la théorie des ensembles,
- 54:19les ensembles euh sont existe sont et
- 54:24sont importants et ce sont les éléments
- 54:27d'ailleurs qui composent l'ensemble, qui
- 54:28font l'ensemble. En réalité, ce qui est
- 54:30mauvais, c'est de c'est d'exclure ou
- 54:33bien de faire des clivages. Euh voilà,
- 54:36donc c'est ça qui est mauvais. tout à
- 54:38l'heure quand on parlait de
- 54:39d'enfermement fait d'une communauté mais
- 54:42pour moi en fait et puis comme disait le
- 54:46César nul ne peut effacer une passe de
- 54:49l'histoire bon parce que un peuple sans
- 54:52histoire c'est une société sans âmes et
- 54:53d'ailleurs je fais encore un cliné à
- 54:56Saint-Ben Ousman que beaucoup de
- 54:57Marseille ne connaissent pas alors que
- 54:59il a fait 14 ans ici à Marseille de 46
- 55:01jusqu'à 1960 il a écrit le docker noir
- 55:05ici il était syndicalist Il travaille au
- 55:08port. Euh donc voilà, il a écrit son
- 55:10premier roman ici, le doc Noir, un grand
- 55:13écrivain cher Amid Ducan qui a écrit un
- 55:16livre l'aventure l'aventure ambigu euh
- 55:19en disant en fait quand il quitte
- 55:22l'école coranique, il rentre dans
- 55:24l'école française. Est-ce que il oublie
- 55:26sa culture ou bien est-ce qu'il va
- 55:28chercher d'autres connaissances ? évoque
- 55:31euh euh Milan Candera dans dans son
- 55:34ouvrage, dans son essai l'art du roman,
- 55:38c'est que à travers le roman, à travers
- 55:40des situations euh humaines,
- 55:42imaginaires, on engage une réflexion
- 55:45philosophique qui présente les choses
- 55:48avec une éloqu inédite. Nous avons été
- 55:54euh euh conviés à participer à la
- 55:56création d'une association
- 55:59à Avignon qui a pour objectif qui est
- 56:03intitulé le pont des dérives qui des
- 56:06dérives ou dérives le pont des des deux
- 56:08rives. Des deux rives des deux rives
- 56:10peut mettre des dérives aussi. Non non
- 56:11non ne faites pas dire ce que j'ai pas
- 56:14dit.
- 56:16entré on a vous avez parlé de des
- 56:18sciences humaines. Oui. Qui est qui
- 56:20doivent jouer un rôle déterminant dans
- 56:22cette construction. On a parlé de Bourdu
- 56:24et Benziad. Ouais. Et là, si on parle
- 56:27Albercamu, il y a aussi un grand homme
- 56:29aussi algérien qui était à côté
- 56:30d'Albercamu, c'est Ferou. Mais oui, tout
- 56:33à fait, tout à fait. C'était aussi le la
- 56:34face cachée de Ah oui, tout à fait.
- 56:36Voilà. Et donc pour dire que ces
- 56:38connexions existaient, on a rien
- 56:40inventé. Moi, je travaille actuellement
- 56:42pour la double présence, c'est-à-dire
- 56:45comment valoriser ces itinéraires et ces
- 56:48compatriotes notamment dans leur rôle
- 56:51ici dans le pays accréditant, dans le
- 56:53pays d'accueil et créer des liens
- 56:57quotidiens,
- 56:58continuels et et constant avec le pays,
- 57:02avec l'Algérie.
- 57:13C'està-dire des fois on on a du mal à
- 57:16soit des fois c'est par le manque de de
- 57:19conscience historique, de culture
- 57:21historique ou des fois c'est c'est c'est
- 57:24peut-être
- 57:26l'apparisse ou ou l'oublie. On a cette
- 57:29relation de dépendance entre l'Afrique
- 57:30et l'Europe. Euh moi je prends sur euh
- 57:35les les deux premières guerre mondiale,
- 57:37la 1 et la 2è guerre mondiale, on a
- 57:40mobilisé des soldats africains qui sont
- 57:42venus euh pour la liberté de la France,
- 57:45de l'Europe et du monde. Ces soldats qui
- 57:47sont venus des villages, certains
- 57:49étaient dans l'armée, beaucoup
- 57:51ils avaient aucune notion de guerre. On
- 57:54les a pris dans des villages d'ailleurs
- 57:57film le film de Omars et suite à ce film
- 58:00moi-même j'ai fait un article qui a été
- 58:02repris par beaucoup de quotidiens où je
- 58:05demande à ce qu'on puisse faire la
- 58:06stature d'emba du pont ici à Marseille.
- 58:08Une statue qui va représenter ces tirair
- 58:11sénégalais. À toutes celles qui ont vécu
- 58:13des veilles et d'âmes, nous voudrions
- 58:16avec nos champs leur rendre hommage. Il
- 58:18y a un lien commun entre ce que tu
- 58:20découvres dans les prisons ? Oui. Et
- 58:23ceux que tu découves dans les quartiers
- 58:24nord qui sont malades ? Traumatisme de
- 58:25guerre bien sûr, de déportation,
- 58:29euh de de privation. Oui, pour moi la
- 58:33colonisation c'est une une forme.
- 58:36D'abord, tu peux expliquer qui c'est
- 58:37Franz Fan. Franz Fanon donc c'était un
- 58:40c'était un homme noir
- 58:43qui a été formé à la psychiatrie blanche
- 58:45française et qui ensuite a exercé en
- 58:48Algérie et qui était aussi un
- 58:50révolutionnaire. s'est aussi
- 58:51effectivement affranchi de de de de sa
- 58:54propre négritude. D'abord, il a pensé la
- 58:57souffrance mentale à la lumière
- 59:00justement des des douleurs, des traumas
- 59:03et quand il a travaillé en Algérie,
- 59:04essentiellement sur la cause enfin sur
- 59:06la la condition décolonisée
- 59:09euh évidemment. Oui. Donc il expliquait,
- 59:14il dit c'est pas les gens qui sont
- 59:15malades, c'est le système qui est malade
- 59:17et et qui produit qui produit des
- 59:19malades qui va produire des malades. Et
- 59:20si on revient aujourd'hui où tu es
- 59:23psychiatre, h quand tu regardes
- 59:26tous tes patients, est-ce qu'on peut
- 59:28dire que une grosse partie fait partie
- 59:30de la décolonisation ?
- 59:34Oui, il y a tout un concept de
- 59:37l'assimilation. signation qui veut dire
- 59:40tout en passé à culturation. Ça veut
- 59:42dire à culturation. Exactement.
- 59:58Dommageable, c'est que ici, pourtant je
- 1:00:01suis né en France. Je suis français. Je
- 1:00:03suis français mais on me relève toujours
- 1:00:06comme français mais d'origine magrébine
- 1:00:08algérienne.
- 1:00:10Et des fois lorsque je me retrouvais sur
- 1:00:12l'autre rive en Algérie, j'étais
- 1:00:14l'immigré euh le français. Du coup, on
- 1:00:17se sent un peu rejeté dans ces dans ces
- 1:00:19deux dans ces de dans ces deux lieux et
- 1:00:23je sais que tu as rencontré le le consul
- 1:00:26d'Algérie. J'ai un message à lui faire
- 1:00:27passer. C'était très difficile de partir
- 1:00:30de France en Algérie. Lorsqu'on arriva à
- 1:00:32la douane, on était
- 1:00:34contrôlé une fois, 15 fois, 20 fois et
- 1:00:37je disais c'est pas possible. J'ai été
- 1:00:39au-delà parce que c'était mes parents,
- 1:00:40ils étaient enterrés là-bas. Je me suis
- 1:00:42battu et j'ai commencé et par contre dès
- 1:00:44que je mettais un pied à l'aéroport en
- 1:00:47Algérie,
- 1:00:48je trouvais une tranquillité, une
- 1:00:50sérénité. Et puis je commençais à y
- 1:00:51aller là, je vais deux trois fois par
- 1:00:53an, deux fois minimum par an.
- 1:00:55J'ai pas j'ai mis de côté toutes ces
- 1:00:57tensions et je trouve que ça s'est un
- 1:00:58peu amélioré au niveau des des passages
- 1:01:00en douange. Sagesse et amour.
- 1:01:06L'expérience est une initiation.
- 1:01:10Elle flirte avec le ressenti, le doute,
- 1:01:13l'erreur et le conflit.
- 1:01:17De découverte en découverte,
- 1:01:18l'expérience accouche de la sagesse.
- 1:01:23L'amour est une intention.
- 1:01:25un sentiment, un guide, une entité.
- 1:01:30Quand l'amour et la sagesse ne font
- 1:01:32qu'un, la transmission est mature, utile
- 1:01:35et juste.
- 1:01:38L'alchimie de ces deux apports forme une
- 1:01:40passerelle naissante et agissante.
- 1:01:44Marseille est une expérience humaine en
- 1:01:46continu. Dans son ADN, elle porte,
- 1:01:50transmet, renouvelle cette vitalité. En
- 1:01:532024, la passerelle humaine tient bon.
- 1:01:57Quand on voit certaines cités et qu'on
- 1:01:58se dit que plus personne puisse rentrer,
- 1:02:01c'est
- 1:02:02ça fait peur. Pourquoi tant de jeunes en
- 1:02:05arrivent à rentrer dans ses réseaux ? Je
- 1:02:07crois l'acte le plus barbare qu'on peut
- 1:02:09faire à une mère, c'est de tuer son
- 1:02:11enfant, quoi. Et l'acte le plus beau
- 1:02:12qu'on peut faire à un enfant, à une
- 1:02:14mère, c'est quoi ? Que son enfant
- 1:02:15réussisse dans la vie. Il soit heureux.
- 1:02:19Le chemin, il est toujours long de toute
- 1:02:21façon pour faire avancer les choses et
- 1:02:22pour faire évoluer les choses. Après,
- 1:02:25on on peut être qu'un petit acteur ou un
- 1:02:29gros acteur, ça dépend hein. Mais aussi
- 1:02:32petit qu'on soit, on amène quelque
- 1:02:35chose. Non, l'amour c'est bah c'est de
- 1:02:38comprendre et d'aider l'autre, de
- 1:02:40pouvoir être là pour lui euh dans les
- 1:02:44moments faciles et moments difficiles
- 1:02:46aussi. Respecter l'autre. Voilà, ça
- 1:02:48c'est je pense que c'est une le bé àabas
- 1:02:52vivre et laisser vivre.
- 1:03:01Il s'appelle Dris Sam. Ouais, mais tu as
- 1:03:03plus deux enfants pour l'instant j'ai
- 1:03:05deux enfants. Tu as pas un petit enfant
- 1:03:07? Et je je suis grand-père depuis peu et
- 1:03:09je suis très fier. Un petit Camille. La
- 1:03:11fierté que j'ai aussi Alice, c'est que
- 1:03:13collectivement avec mes frères et mes
- 1:03:14sœurs, on s'est tous regroupé. On a
- 1:03:18rénové toute la maison de nos parents et
- 1:03:20qui nous permet chaque fois qu'on peut
- 1:03:22une fois de fois dans l'année de se
- 1:03:23retrouver tous ensemble toute la famille
- 1:03:27dans les traces dans les traces de nos
- 1:03:28parents parce que mes parents ils
- 1:03:29étaient très attachés à leur leur
- 1:03:31terrain sur les pas de quoi comment sur
- 1:03:33les pas de leur mémoire et complètement
- 1:03:43je pense que la transmission j'avais
- 1:03:45commencé à à la à la mettre déclenché à
- 1:03:48la déclenché il y a il y a un moment
- 1:03:50alors à l'époque où j'étais chef de
- 1:03:52service où j'avais des internes et où je
- 1:03:55je je j'avais quelque chose vraiment de
- 1:03:58de la question de la transmission du
- 1:03:59savoir euh que j'ai beaucoup moins
- 1:04:01maintenant parce que d'abord il y en a
- 1:04:03plus des internes et donc je j'essaie de
- 1:04:07transmettre aux gens dont je m'occupe.
- 1:04:09Je pense que j'ai déjà
- 1:04:12eu ce rôle de transmission avec mes
- 1:04:15enfants, mais il y en a une qui est
- 1:04:16quand même dans le monde de la santé, on
- 1:04:18va dire, de la réparation, de de de de
- 1:04:21de la prise en soin d'une manière un peu
- 1:04:24globale.
- 1:04:26et l'autre elle est vraiment dans un
- 1:04:28domaine beaucoup plus donc dans le
- 1:04:30domaine du droit du juridique mais avec
- 1:04:33une une justement un besoin de de
- 1:04:38justice de de et de
- 1:04:41enfin de décisions participatives
- 1:04:43démocratiqu
- 1:04:44en tous les cas elles ont une culture je
- 1:04:46dirais leur père et moi et leur famille
- 1:04:48respectives leur ont transmis des
- 1:04:50valeurs qui sont importantes pour
- 1:05:02Moi, je suis né d'un héritage de toutes
- 1:05:05ces personnes-là qui nous amènent à la
- 1:05:07fois à nous révolter contre une
- 1:05:08injustice et à la fois aussi avoir une
- 1:05:11main tendue, une passerelle, une
- 1:05:12bienveillance vis-à-vis de Alors, je
- 1:05:14suis un sein hein, loin de là, des
- 1:05:15conneries, je t'ai dit, j'en ai fait,
- 1:05:17j'en fais toujours. La question c'est
- 1:05:20quel est le sens qu'on veut donner à
- 1:05:22notre vie ? Donc tu as combien d'enfants
- 1:05:23?
- 1:05:25Trois. Est-ce que tu a gardé quelque
- 1:05:28chose de ton héritage de ta transmission
- 1:05:30maternelle paternelle que tu reproduis à
- 1:05:33tes enfants ? La trha
- 1:05:37la
- 1:05:39démo. Non non blague à part. Ben en
- 1:05:42fait, oui, le sens de la famille, c'est
- 1:05:45de me confronter à la réalité et c'est
- 1:05:46ce que je fais avec mes enfants aussi,
- 1:05:47de les amener, de les conscientiser, de
- 1:05:49leur dire que bah la vie c'est donner du
- 1:05:51sens aussi et d'aller vers les autres et
- 1:05:54de recréer cette passerelle.
- 1:06:02Moi, je vais te sortir un autre
- 1:06:03proverbe. Je sais pas si il est de qui.
- 1:06:04Je vais inventer un proverbe chinois. On
- 1:06:07trouvera un proverbe chinois qui disait
- 1:06:11vivre pour les gens c'est mourir grand.
- 1:06:14Vivre seul c'est mourir tout seul.
- 1:06:22Quand je te parlais de ces de ces
- 1:06:24échanges de sur la solidarité
- 1:06:26internationale, c'est beaucoup c'est
- 1:06:28c'est basé aussi là-dessus. En ce que
- 1:06:30temps, on a on a reçu un groupe euh il
- 1:06:32parlait des déchets, de la problématique
- 1:06:33des déchets. C'est c'est un groupe
- 1:06:36d'Afrique du Nord qui vient parler avec
- 1:06:37nos jeunes et qui vient sur du
- 1:06:39journalisme, des questions de
- 1:06:40journalisme, d'échange. C'est pas le
- 1:06:43lien de sang, c'était la familiarité.
- 1:06:45Oui. Ouais. Et là, je vois que avec la
- 1:06:47la Fédération, la ligue
- 1:06:49Ouais. tu as pour la même chose quoi. Ah
- 1:06:51oui oui oui. C'est vrai qu'on le dit
- 1:06:52souvent des des fois on dit on est une
- 1:06:54grande famille par parce qu' aussi on se
- 1:06:56respecte, on est toujours attentionné au
- 1:06:58niveau euh des uns des autres. Voilà, on
- 1:07:02est toujours dans cette dynamique là et
- 1:07:04c'est vrai que on peut dire même si on
- 1:07:06n'est pas toujours d'accord he on a
- 1:07:07beaucoup loin de là mais quelque part
- 1:07:11voilà il y a toujours ce respect et je
- 1:07:13crois qu'on a compris tous ce qu'on
- 1:07:14venait faire et le lien on a on a un
- 1:07:16lien entre nous je sais qu'il y aura un
- 1:07:18après et qu'il faut que un moment donné
- 1:07:20faut passer le relais donc j'ai toujours
- 1:07:22travaillé en toute transparence euh en
- 1:07:25toute collaboration euh je veux dire
- 1:07:31même dans ma façon de travailler, mes
- 1:07:33dossiers sont connus par l'équipe.
- 1:07:36Donc sans moi, ça peut aussi
- 1:07:38fonctionner. J'habite une petite maison
- 1:07:40à la campagne et c'est un petit bout de
- 1:07:42terrain qui appartenait à mes parents à
- 1:07:44Soulpon. Mais du coup, c'est rigolo
- 1:07:45parce que jamais j'aurais pensé revenir
- 1:07:48là et ça a été un concours de
- 1:07:49circonstan. Mais voilà, ce petit coin,
- 1:07:52c'est mon petit coin de chez moi. Voilà
- 1:07:54où où je vis bien et où je me ressource.
- 1:08:09Il faut pas oublier aussi que le
- 1:08:10consulat général subit une moyenne
- 1:08:13d'affluence quotidienne qui varie entre
- 1:08:16900 et 1100 compatriotes jour ne prenons
- 1:08:20en charge quelques 260000 compatriotes
- 1:08:24immatriculés au sein du consul parfois à
- 1:08:28la difficulté quotidien
- 1:08:29qui qui auquel ils font face. Donc ils
- 1:08:33viennent déverser un petit peu un lot de
- 1:08:36colère.
- 1:08:38Donc il faut prendre en charge cet
- 1:08:41aspect et essayer d'être positif,
- 1:08:43essayer de de voir ce qui est ce qui
- 1:08:47peut être dépassé justement dans la
- 1:08:50matrice de l'hospitalité de la queue de
- 1:08:52qualité que nous sommes en train de
- 1:08:54mettre en œuvre. une salle de jeux des
- 1:08:56enfants, des espaces euh de repos. Nous
- 1:09:00avons négocié l'installation de
- 1:09:03distributeur de snack et de boisson
- 1:09:05chaudes à des prix très accessiv, un
- 1:09:08café à 60 centimes et des snacks et des
- 1:09:12boissons euh fraîches. On va organiser
- 1:09:16une exposition de tableau de peinture à
- 1:09:20l'huile euh durant le mois d'avril
- 1:09:24qui euh c'est une exposition qui
- 1:09:26représente un petit peu
- 1:09:29Marseille et l'Algérie dans les années
- 1:09:33dans le 18e et 17e siècle. la méditure
- 1:09:36en édifieux, si je peux me permettre,
- 1:09:38c'est c'est l'avenir
- 1:09:42euh hors époque de péril. Donc euh tous
- 1:09:47les cadres de concertation ambitionnent
- 1:09:50justement de favoriser un vivre ensemble
- 1:09:53pour lequel mon pays a toujours été
- 1:09:56engagé et mon pays a été le pays qui a
- 1:10:00été à l'origine de la résolution des
- 1:10:02Nations unies instaurant la journée
- 1:10:05mondiale du vivre ensemble.
- 1:10:16Ma mère, ben déjà c'est quand même mon
- 1:10:18modèle donc j'essaie de faire
- 1:10:22qu'est-ce que tu crois ? J'essaie pas de
- 1:10:24la de faire pareil mais je me rends
- 1:10:26compte qu'au final
- 1:10:28je suis ses traces. Moi je suis quand
- 1:10:31même très encore je suis encore quand
- 1:10:32même très attachée rattachée à ma mère.
- 1:10:35Tu parles 3 ans de sein. Euh voilà, je
- 1:10:39qu'on peut encore voyager ensemble
- 1:10:41facilement. Comme je te disait, on est
- 1:10:43très famille, on a on éprouve le besoin
- 1:10:47de se régulièrement mais on a aussi
- 1:10:49notre besoin à nous de se retrouver que
- 1:10:52toutes les deux. Donc qu'est-ce que
- 1:10:53j'aimerais dire à ma mère ? Merci
- 1:10:55d'avoir de de m'inculquer parce que de
- 1:10:57m'avoir non parce qu'elle m'inculque
- 1:10:58chaque jour des choses. Elle m'apprend
- 1:11:00tout le temps quelque chose. Elle
- 1:11:02m'écoute,
- 1:11:04elle fait tout pour que je vive bien.
- 1:11:06Moi vraiment je suis la personne que je
- 1:11:08suis grâce à ma mère. Et toi ? Ah ben
- 1:11:11moi, c'est ma plus grande fierté, elle
- 1:11:12le sait. Elle a un contact et une
- 1:11:16présence avec les autres qui me rend
- 1:11:18super fier en fait.
- 1:11:25Trois enfants, trois cultures. Bah
- 1:11:28écoute, moi j'ai j'ai la grande qui je
- 1:11:30pense être
- 1:11:33aucune contrainte qui prend le bon de
- 1:11:35tout et qui se mêle de rien. J'ai mon
- 1:11:38fils qui est bon ben il se cherche un
- 1:11:41peu. Il est alors mon fils circoncis
- 1:11:46euh il a fait sa barm euh et c'est sa
- 1:11:51demande c'est et par contre il adore
- 1:11:53bougie
- 1:11:55et puis j'ai la dernière qui fait le
- 1:11:57Ramadan
- 1:11:59c'est vraiment
- 1:12:02un attachement particulier à mes parents
- 1:12:04à table toi Paul et les trois petit ça
- 1:12:06fait des méchantes discussion non oui
- 1:12:10le débat est ouvert quoi. Ah, le débat
- 1:12:12est ouvert. Euh, moi je suis très
- 1:12:13tactile aussi. Donc euh il y a il y a ce
- 1:12:15côté aussi euh cette culture familiale
- 1:12:17he où on est très tactile, très et puis
- 1:12:19l'amour déborde et on essaie d'en donner
- 1:12:22aussi. Ouais. Et euh alors tu vois, moi
- 1:12:25je à l'école je le retrouve ça et les
- 1:12:27enfants sont sincères. Est-ce que la vie
- 1:12:30justement là si tu leur donnes beaucoup
- 1:12:31d'amour, ils vont connaître ça de de le
- 1:12:34transmettre, de le donner, de l'échanger
- 1:12:36avec d'autres.
- 1:12:44Est-ce qu'on peut dire en tant que
- 1:12:45mathématicien que le repli sur soi, le
- 1:12:48racisme est une pure connerie ?
- 1:12:51Alors euh il y a Einstein disait qu'il y
- 1:12:55a deux bêtises hein. En fait, il y a
- 1:12:56deux choses qui n'ont pas de limite. Il
- 1:12:59dit que l'univers est la bêtise humaine.
- 1:13:02Bon, il dit l'univers, je ne suis pas
- 1:13:03sûr. Il dit l'univers, je suis pas sûr.
- 1:13:05Voilà. Mais la bêtise humaine n'a pas de
- 1:13:07limite. Il y a eu pas mal de choses qui
- 1:13:09ont été qui ont été faites en Afrique et
- 1:13:11malheureusement qui sont méconnues.
- 1:13:13Alors la charte du Mandé, on parle de du
- 1:13:15Coran Foua. Au fait c'est 44 articles.
- 1:13:18Il y a une charte avec 44 arqu c'est 12e
- 1:13:20siècle 12 136. Dans cette charte au fait
- 1:13:23on dit la vie de chaque individu compte.
- 1:13:26Donc un homme est égal à une femme. Dans
- 1:13:28cette charte de 44 articles on dit quand
- 1:13:30tu coupes un arbre, tu dois replanter
- 1:13:31encore un autre. Sur le plan religieux,
- 1:13:34on a ce dialogue islamo-chrétien
- 1:13:36extraordinaire au Sénégal. Il y a des
- 1:13:37prêtres qui apprennent le Coran à des
- 1:13:39musulmans. Un prêtre, on a un prêtre au
- 1:13:41Sénégal qui apprend le Coran à des
- 1:13:43musulmans. Et les musulmans fêtent plus
- 1:13:46les fêtes chrétiennes que les chrétiens.
- 1:13:48Les chrétiens fêtent plus les fêtes
- 1:13:49musulmanes que les musulmans. Voilà.
- 1:13:51Donc, on a réussi ça au ce brassage
- 1:13:54extraordinaire en fait du point de vue
- 1:13:56religieux. On a réussi l'unité dans la
- 1:13:58diversité. l'Afrique aujourd'hui euh
- 1:14:02avec euh euh 1ARD 500 et en 2050, on va
- 1:14:06faire 2 milliards, il faut trouver une
- 1:14:08passer entre l'Europe et l'Afrique. Et
- 1:14:10ça, je pense que c'est la diaspora qui
- 1:14:12doit jouer un rôle essentiel. L'Afrique
- 1:14:14a besoin d'un nouveau type de citoyen,
- 1:14:17il dit dévouillé, humble, bien formé,
- 1:14:21qui oublie sa personne pour servir la
- 1:14:23nation et l'humanité.
- 1:14:28want you
- 1:14:32want you
- 1:14:35all that day
- 1:14:54vous trouvez d'abord
- 1:14:56avec monsieur Nazou euh Mossen et je
- 1:15:01suis le directeur du collège lycée Ibn
- 1:15:04Caldoun dans le 15e à Marseille. Au-delà
- 1:15:08des programmes, voilà, au-delà des
- 1:15:10programmes euh de l'éducation nationale,
- 1:15:14on donne des cours justement de
- 1:15:16religion, l'islam de France avec des
- 1:15:20enfants de France qui sont d'origine
- 1:15:22dont les parents sont d'origine immigrés
- 1:15:24mais eux ils sont nés ici, respirent
- 1:15:27France. Nous considérons que les enfants
- 1:15:29ne sont pas des objets, ce sont des
- 1:15:31projets et je veux faire un projet à
- 1:15:33chaque à travers chaque élève. C'est
- 1:15:36c'est un bourgeon. Ici vous avez combien
- 1:15:40de taux de bâersier ? Le taux de
- 1:15:42réussite réussite 100 % de réussite et
- 1:15:45100 % de mention. J'ai vu des élèves qui
- 1:15:49sont en 5e année de médecine, des élèves
- 1:15:51qui sont devenus des avocats, des élèves
- 1:15:53qui sont avec des BTS qui travaillent
- 1:15:57bac + 2, bac + 3 et ces petits bourgeons
- 1:16:00que je voyais évoluer devant moi euh
- 1:16:05aujourd'hui, ils font la la la fierté de
- 1:16:09la société marseillaise, la fierté de
- 1:16:12leurs parents aussi parce que ils se
- 1:16:14sont dépensés et ils se sont investis en
- 1:16:16eux.
- 1:16:26Alors, vous vous retrouvez avec Jamila
- 1:16:28Charuzi,
- 1:16:30médecin de l'éducation nationale à
- 1:16:33Marseille et à l'au plan de Cuc. Bon,
- 1:16:36c'est sûr qu'il faut être attentif,
- 1:16:39ouvert, aimer l'autre,
- 1:16:43faire une place à l'autre pour que ces
- 1:16:45rencontres se fassent. Si on est fermé,
- 1:16:49si on a des préjugés, c'est très
- 1:16:50compliqué. Quand vous gérez un secteur
- 1:16:52de 10000 élèves, c'est que vous devenez
- 1:16:54un pompier. Vous allez agir plus en
- 1:16:57urgence. J'aime pas le mot tolérance.
- 1:16:58Moi du tout, je n'emploie jamais ce
- 1:17:01terme
- 1:17:02parce que tolérance, ça veut dire que je
- 1:17:04fais un effort sur moi pour tolérer
- 1:17:07l'autre, pour l'accepter. Non, je suis
- 1:17:09dans le dialogue chrétien musulman
- 1:17:11depuis 10 ans, plus que 14 ans depuis
- 1:17:13que je suis arrivé à Marseille. Je suis
- 1:17:15aussi à la timon au niveau du d'une
- 1:17:19commission éthique soins et religion où
- 1:17:21il y a des homoniers, des médecins.
- 1:17:24Donc tout
- 1:17:26ça tout ça
- 1:17:28ce sont que des partages et des
- 1:17:31passerelles et des passerelles. Ça me
- 1:17:34facilite la vie et ça me facilite mon
- 1:17:36travail d'aimer les autres. C'est plus
- 1:17:40apaisant, c'est plus facilitant.
- 1:17:44Et quand on a de l'amour à donner, nous
- 1:17:47devenons des passeurs d'amour.
- 1:18:04ta
- 1:18:11mida
- 1:18:29Taon
- 1:18:33de ta
- 1:18:43ou ale
- 1:18:45où allez
- 1:18:48ou
- 1:19:10Tabo
- 1:19:15ta
- 1:19:23mida
- 1:19:42Taon
- 1:19:45de ta
- 1:19:56O allez,
- 1:19:58Alleé,
- 1:20:01ale
- 1:20:08wé.
About this transcript
This page contains the full transcript of Les passerelles humaines by Folle Histoire de Fous Télé, generated from the public captions YouTube serves with the video. The transcript has 11,634 words across 1,799 segments, with the original timestamps preserved so you can click any line to jump to that moment in the embedded player.
What you can do with it
Use the transcript to take notes, quote the speaker, build a study guide, generate a summary with ChatGPT or Claude via the YouTube Summary tool, or export it as a timed subtitle file with YouTube to SRT. You can also re-open it in the transcriber to translate the transcript into 100+ languages.
Free YouTube transcript tool
YouTube2Text is a free YouTube transcript generator — no signup, no daily limit. Paste any YouTube link and get the full transcript instantly, with timestamps, click-to-jump, translation to 100+ languages, AI prompts for ChatGPT, Claude, and Gemini, and exports to TXT, SRT, VTT, or Markdown.