Le piège à 600 milliards de Microsoft ? — Transcript
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- 0:02Il y a des moments où le marché cesse de
- 0:04regarder ce qu'une entreprise gagne
- 0:06réellement. Microsoft en 2026 en est
- 0:08l'exemple le plus frappant. Mais
- 0:11reprenons depuis le début. En octobre
- 0:13dernier, le titre touché son plus haut
- 0:15niveau historique, mais depuis il a
- 0:17perdu près de 30 %. Et sur le premier
- 0:20semestre 2026, c'est tout simplement la
- 0:22pire performance des sept m cap
- 0:24américaines, les fameux 7 magnifique.
- 0:27Sur le seul mois de juin, Microsoft a
- 0:29signé son pire mois boursier depuis l'an
- 0:322000. En capitalisation, cela représente
- 0:34de l'ordre de 570 milliards parties en
- 0:37fumée. Voilà pour le décor. Maintenant,
- 0:40regardez ce qui se passe juste à côté.
- 0:43Les vendeurs de pelle de la rue
- 0:44Everliia, eux, s'envolent. Chez les
- 0:47fabricants de mémoire, certains titres
- 0:49ont plus que triplé depuis le début de
- 0:50l'année et le grand rival de Microsoft
- 0:52dans l'OClard, Alphabet, la maison mère
- 0:55de Google est non seulement dans le
- 0:57vert, mais c'est le meilleur élève du
- 0:59groupe. Un écart de plus de 30 points à
- 1:02l'intérieur d'un club qui pendant 3 ans
- 1:05montait et descendait d'un seul bloc ou
- 1:07presque. Alors, on pourrait se dire que
- 1:09Microsoft a un problème, que quelque
- 1:11chose s'est cassé, sauf que non. Sur la
- 1:14période, l'entreprise bat le consensus
- 1:17des analystes trimestre après trimestre.
- 1:19Son chiffre d'affaires progresse
- 1:21d'environ 18 % sur 1 an. Azur et les
- 1:24autres services Cloud continuent de
- 1:26croître à un rythme soutenu avec une
- 1:28hausse de 40 % sur 1 an et son activité
- 1:31liée à l'intelligence artificielle a
- 1:33tout simplement plus que doublé en 12
- 1:35mois. Difficile de faire plus impliqué
- 1:38dans la révolution technologique du
- 1:39moment et difficile aussi de faire moins
- 1:42entreprises en difficulté. On se
- 1:43retrouve donc face à une situation
- 1:46étrange, presque contreintuitive.
- 1:48L'acteur, sans doute le plus central de
- 1:50l'IA en entreprise est aussi celui que
- 1:53la bourse malmène le plus. La tentation
- 1:56dans ce genre de cas, c'est de croire
- 1:57que le marché sait quelque chose qu'on
- 1:59ignore, qu'il y a une fissure cachée
- 2:01quelque part dans les comptes. Le
- 2:03problème, c'est qu'en ouvrant réellement
- 2:04ses comptes, cette fissure, on a
- 2:06beaucoup de mal à la trouver. Ce que le
- 2:08marché sanctionne, ce n'est pas ce que
- 2:10Microsoft gagne, c'est autre chose. Et
- 2:13pour comprendre quoi, il va falloir
- 2:15arrêter de regarder uniquement le volet
- 2:17bénéfice. Pour trouver cette fissure, le
- 2:20plus simple effectivement de commencer
- 2:22par les comptes. Et la première
- 2:23surprise, sur ces résultats, Microsoft
- 2:26ne montre aucune faiblesse. Au dernier
- 2:28trimestre publié, le chiffre d'affaires
- 2:31progresse comme on l'a dit, de 18 % sur
- 2:331 an et le résultat opérationnel de 20
- 2:35%. L'activité liée à l'intelligence
- 2:37artificielle atteint désormais un rythme
- 2:39de chiffre d'affaires annualisé de plus
- 2:41de 37 milliards de dollars. Copilote,
- 2:44l'assistant maison a dépassé les 20
- 2:46millions de licences payantes. En outre,
- 2:48la valeur des revenus que l'entreprise
- 2:50est contractuellement en droit de
- 2:51percevoir à l'avenir au titre des
- 2:53contrats déjà signés mais qui n'ont pas
- 2:55encore été comptabilisés en chiffre
- 2:57d'affaires, dépasse les 600 milliards de
- 3:00dollars. Le tout avec l'une des rares
- 3:02notations triple A encore en circulation
- 3:05dans le monde corporate. Autrement dit,
- 3:07si vous regardez uniquement le compte
- 3:08des résultats, tout fonctionne. Et
- 3:11pourtant, et c'est là que ça devient
- 3:12très intéressant, parmi les grandes méga
- 3:14cap américaines, l'action Microsoft est
- 3:17aujourd'hui l'une des moins chères. Le
- 3:18titre se paye autour de 22 fois les
- 3:20bénéfices attendus. son multiple le plus
- 3:22bas depuis 2023, très en dessous de sa
- 3:25moyenne des 5 dernières années, plutôt
- 3:27situé autour de 34 fois ses bénéfices.
- 3:29Ce décalage, on le retrouve aussi dans
- 3:31l'écart avec les objectifs des
- 3:33analystes. En moyenne, le consensus vise
- 3:36autour de 560 dollars, soit de l'ordre
- 3:38de 50 % au-dessus du co actuel. L'un des
- 3:42écarts les plus larges parmi les géants
- 3:44de la côte. Et l'opinion reste
- 3:46massivement à l'achat. Aucun analyste ne
- 3:48conseille de vendre le titre. Mais le
- 3:50plus révélateur, ce n'est pas la
- 3:51moyenne, c'est la dispersion. Les
- 3:54objectifs s'étalent d'environ 400
- 3:56dollars à plus de 650 dollars et grimpe
- 3:59même au-delà de 850 dollars chez les
- 4:01plus optimistes. Même entreprise, même
- 4:03compte et d'un analyste à l'autre,
- 4:05l'estimation peut quasiment varier du
- 4:07simple au double. Cette dispersion n'est
- 4:10pas un bruit, c'est un désaccord. Et ce
- 4:13désaccord
- 4:14l'entreprise. Sur ce point, tout le
- 4:17monde est à peu près d'accord. On vient
- 4:18de le voir non, il porte sur autre
- 4:21chose, la date et la marge auquelle le
- 4:24Paris Siria Lia finira par payer. Donc
- 4:27le marché ne réagit pas à ce que
- 4:29Microsoft gagne. Les résultats sont là
- 4:31et même ceux qui ont sabré leur objectif
- 4:33gardent une recommandation d'achat. Le
- 4:36marché réagit à autre chose et cette
- 4:38autre chose se lit sur une seule ligne
- 4:40des comptes. Cette ligne, la voici. Au
- 4:43dernier trimestre, Microsoft a dégagé
- 4:45près de 32 milliards de bénéfices nets.
- 4:47Mais son free cash flow, c'est-à-dire le
- 4:49cash réellement disponible une fois les
- 4:51investissements payés, est tombé lui à
- 4:54environ 16 milliards de dollars. Un an
- 4:56plus tôt, il dépassait encore les 20
- 4:58milliards de dollars. Autrement dit,
- 5:00l'entreprise gagne toujours énormément
- 5:03d'argent sur le papier, mais elle en
- 5:05génère beaucoup moins trésorerie
- 5:07disponible. Et l'essentiel de l'écart
- 5:09tient dans une seule chose, l'explosion
- 5:11du capital investi. Il faut bien
- 5:13comprendre le mécanisme parce que c'est
- 5:15là que tout se joue. Sur le compte de
- 5:17résultat, un investissement dans un data
- 5:19center n'est pas comptabilisé
- 5:21immédiatement en charge. Il est inscrit
- 5:23à l'actif du bilan puis amorti sur sa
- 5:25durée d'utilisation. Chaque trimestre,
- 5:28seule une fraction de cet investissement
- 5:29apparaît donc dans les charges sous
- 5:31forme d'amortissement. Le tableau des
- 5:33flux de trésorerie raconte une autre
- 5:35histoire. Les décaissements liés à la
- 5:37construction du data center et à l'achat
- 5:39des équipements apparaissent au fur et à
- 5:41mesure des paiements effectués. Ainsi, à
- 5:44court terme, une entreprise peut
- 5:46afficher un bénéfice solide tout en
- 5:48consommant énormément de trésoreries
- 5:50pour financer ses investissements. Et
- 5:51cette facture est colossale. Sur 2026,
- 5:54Microsoft prévoit d'investir autour de
- 5:56190 milliards de dollars, soit une
- 5:58progression de plus de 60 % sur 1 an.
- 6:01Sur cette somme, 25 milliards sont liés
- 6:04à la seule hausse des prix des
- 6:05composants. Le point important est
- 6:07l'impact que cela a sur la façon dont
- 6:09les investisseurs valorisent Microsoft.
- 6:12Pendant des années, la tension s'est
- 6:13surtout portée sur le compte de
- 6:15résultats qui montrait une progression
- 6:17régulière des bénéfices. Aujourd'hui, le
- 6:19marché accorde davantage d'importance au
- 6:21tableau des flux de trésorerie où
- 6:23apparaissent des décaissements massifs
- 6:25réalisés bien avant que les revenus
- 6:27associés ne soient reconnus. Pour
- 6:29autant, une part importante de ces
- 6:31investissements est adossée à des
- 6:33engagements contractuels. Emy Wood, la
- 6:36directrice financière de Microsoft, a
- 6:38ainsi expliqué que certains contrats
- 6:40conclus avec de grands clients
- 6:42sécurisent des revenus couvrant
- 6:43l'essentiel de la durée économique des
- 6:46GPU qui leur sont dédiés. Autre élément
- 6:48rassurant, près de 23 des
- 6:50investissements du dernier trimestre
- 6:52concernés des actifs à durée de vie
- 6:54relativement courtes, principalement des
- 6:56GPU et des CPU. Contrairement aux
- 6:58bâtiments dont l'amortissement s'étale
- 7:00sur de très nombreuses années, ces
- 7:01équipements peuvent être rapidement mis
- 7:03en service et commencer à générer des
- 7:05revenus. Donc ce qui questionne le
- 7:07marché, c'est la vitesse à laquelle ce
- 7:08cache investi reviendra. Le consensus
- 7:11stable sur un redressement de la
- 7:13trésorerie à partir de 2028 après un
- 7:15point bas en 2027. Et c'est là que se
- 7:18loge le désaccord, pas sur la qualité
- 7:20actuelle de Microsoft, mais sur le
- 7:21calendrier de retour du cash. Les plus
- 7:24optimistes voient un redressement plus
- 7:25rapide. Les plus prudents doutent encore
- 7:27que l'IA absorbe une telle facture. Pour
- 7:30bien saisir ce que le marché sanctionne,
- 7:32le plus parlant, c'est de comparer
- 7:34Microsoft à son grand rival. Google
- 7:36investit lui aussi des sommes
- 7:37considérables dans l'IA à une échelle
- 7:40équivalente et pourtant son action est
- 7:42beaucoup mieux traitée par le marché. La
- 7:43différence ne tient pas au montant
- 7:45dépensé mais à ce que le marché arrive à
- 7:48voir en face de la dépense. Google a
- 7:50rendu son retour sur investissement plus
- 7:52lisible. Son cloud réaccélère. Ses
- 7:55revenus déjà contractés pour les
- 7:56prochaines années gonflent et le
- 7:58management relie explicitement ses
- 8:00investissements IA et une logique de
- 8:02retour sur capital. Microsoft lui a bien
- 8:05un retour et un vrai mais il est plus
- 8:07difficile à lire. Ces revenus IA ne sont
- 8:09pas publiés comme un segment autonome.
- 8:11Ils se retrouvent dispersés entre Azure,
- 8:13Microsoft 360, Guithub et les autres
- 8:17lignes du groupe. Copilote progresse
- 8:19mais son chiffre d'affaires n'est pas
- 8:20isolé et la relation avec Open AI ajoute
- 8:23une couche de complexité comptable
- 8:25puisque Microsoft ajuste ses résultats
- 8:27pour exclure l'impact de ses
- 8:29investissements dans Open AI. Et cette
- 8:32illisibilité n'est pas théorique. Elle
- 8:34vient de deux points très concrets que
- 8:36le marché regarde de très près. Le
- 8:38premier facteur, c'est la dépendance de
- 8:39Microsoft à un seul client, Open AI. On
- 8:42l'a dit, le carnet de commande dépasse
- 8:44les 600 milliards de dollars, mais il
- 8:46faut regarder sa composition. Lors du
- 8:48trimestre précédent, Microsoft indiquait
- 8:50que son RPO, autrement dit les revenus
- 8:53déjà contractualisés mais pas encore
- 8:55reconnus, atteignent 625 milliards de
- 8:57dollars dont environ 45 % venaient
- 9:00d'Open Aid. Un seul client donc pour une
- 9:02part considérable des revenus déjà
- 9:04contractés et pas n'importe quel client.
- 9:06Une entreprise qui brûle encore
- 9:08énormément de cash et qui prévoit de
- 9:10consacrer des centaines de milliards de
- 9:11dollars à la puissance de calcul d'ici
- 9:142030. Mais ses revenus actuels restent
- 9:16encore très loin de cette échelle. Et ce
- 9:18n'est pas tout. Les nouveaux termes de
- 9:20son accord avec Microsoft lui permettent
- 9:21désormais de vendre ses produits IA via
- 9:24Amazon et Google Cloud. Concrètement,
- 9:26Microsoft n'est plus le passage obligé
- 9:28qu'il était. Il faut tout de même
- 9:30relativiser. Les contrats déjà signés ne
- 9:32s'évaporent pas du jour au lendemain. Le
- 9:34risque n'est pas un risque 2026. Il se
- 9:37situe plutôt dans la durée. Le RPO
- 9:39commercial de Microsoft a une durée
- 9:41moyenne d'environ 2 ans et demi, ce qui
- 9:43renvoie la vraie question au moment où
- 9:44ces engagements devront être renouvelés,
- 9:47étendus ou remplacés. Mais en revanche,
- 9:49il s'agit bien d'un risque structurel.
- 9:51Une entreprise dont une part aussi
- 9:52significative des revenus déjà
- 9:54contractualisés dépend d'un seul client
- 9:57reste par définition plus vulnérable.
- 10:00Microsoft a d'ailleurs déjà montré que
- 10:01le lien comptable pouvait être tangible.
- 10:04Au premier trimestre, ces pertes liées
- 10:06aux investissements dans Open AI ont
- 10:08réduit son résultat net de 3,1 milliards
- 10:11de dollars. Le lien fonctionne donc dans
- 10:13les deux sens. Le second facteur, c'est
- 10:15la marge. Cette phase d'investissement
- 10:17massif a un coût comptable direct. À
- 10:20mesure que les data centers
- 10:21s'amortissent, ils pèsent sur la
- 10:22rentabilité. Au dernier trimestre, la
- 10:25marge brute reculait déjà sur 1 an et
- 10:27certains analystes anticipent une
- 10:29poursuite de cette érosion. Chez
- 10:31Stefell, par exemple, on modélise une
- 10:32marge brute qui passerait d'environ 67 %
- 10:35à 63 % à mesure que l'entreprise entre
- 10:38dans ce nouveau cycle de dépenses. Or,
- 10:40cette pression arrive au moment où la
- 10:41concurrence sur le Cloud s'intensifie.
- 10:43Azur fait désormais face simultanément à
- 10:46la montée de Jimy lié de Google et au
- 10:48succès d'entropique auprès des
- 10:50entreprises, ce qui pourrait rendre plus
- 10:52difficile l'accélération qui justement
- 10:55rendait le retour sur investissement
- 10:56enfin lisible. Le point important pour
- 10:59un investisseur, c'est ce que ces deux
- 11:00facteurs disent du dossier. On ne joue
- 11:02pas ici une reprise des résultats. Les
- 11:04résultats sont déjà là. On joue une
- 11:07inflexion de la trésorerie et surtout ça
- 11:09date. Et cette distinction entre une
- 11:11trésorerie qui se redressera plus tard
- 11:13et une activité qui se dégrade, c'est
- 11:15exactement le genre de lecture qu'on
- 11:17cherche à transmettre chez Synapse.
- 11:19Savoir faire la différence entre un
- 11:21cours qui baisse parce que l'entreprise
- 11:22va mal et un cours qui baisse parce que
- 11:24le marché n'aime pas le calendrier d'un
- 11:26investissement. Si cette façon de
- 11:28regarder les marchés vous parle,
- 11:29inscrivez-vous à notre newsletter 100 %
- 11:32gratuite. L'objectif n'est pas de vous
- 11:33donner des tuyaux, mais d'apprendre à
- 11:35lire un dossier, distinguer ce qui est
- 11:37déjà dans les cours, de ce qui ne pas
- 11:39encore et comprendre une valorisation
- 11:41avant d'agir. Pour vous inscrire,
- 11:42cliquez en haut à droite de la vidéo ou
- 11:44dans le lien en description sous la
- 11:46vidéo. Ceci étant dit, revenons-en à
- 11:48Microsoft parce qu'il reste une question
- 11:50qu'on n'a pas encore posée. Au fond,
- 11:53qu'est-ce que l'entreprise cherche
- 11:54vraiment à faire ? car ce qu'elle est en
- 11:56train de mener, ce n'est pas la défense
- 11:57d'une position, c'est toute autre chose.
- 12:00Cette autre chose, la voici. Microsoft
- 12:03ne défend pas une position, il en
- 12:05conquière une. Et c'est toute la
- 12:07différence. Une entreprise qui protège
- 12:08un acquis cherche à préserver ses marges
- 12:10et à rendre du cash à ses actionnaires.
- 12:12Une entreprise qui part à la conquête
- 12:14d'un terrain neuf fait l'inverse. Elle
- 12:16accepte de sacrifier sa trésorerie
- 12:18aujourd'hui pour occuper la place avant
- 12:21les autres. Et c'est très exactement ce
- 12:23que fait Microsoft. Satian Adella, son
- 12:25patron explique que nous sommes au début
- 12:27de l'un des plus grands bouleversements
- 12:29technologiques, celui où les agents I
- 12:31deviennent la charge de travail
- 12:32dominante. Autrement dit, le paris n'est
- 12:35pas d'améliorer les produits existants,
- 12:36il est de posséder la couche sur
- 12:38laquelle tournera cette nouvelle
- 12:40génération d'application. Dans ce sens,
- 12:42les milliards de dépenses ne sont pas
- 12:44une facture subie, c'est une prise de
- 12:46terrain assumée. Reste à savoir si ce
- 12:49paris commence à se matérialiser. Le
- 12:51modèle de facturation de Microsoft est
- 12:53en train de changer sous nos yeux.
- 12:55Historiquement, l'entreprise vendait des
- 12:57licences, un abonnement par utilisateur,
- 12:59un prix fixe par siège. Microsoft
- 13:02commence à déplacer son modèle
- 13:03économique. Dans les applications
- 13:05métier, Microsoft observe un passage du
- 13:08modèle traditionnel par siège vers un
- 13:10modèle hybride siège plus consommation.
- 13:13Sur le segment service client, près de
- 13:1560 % achètent des crédits facturés à
- 13:18l'usage. Nadella pousse explicitement
- 13:20dans cette direction. Toute activité
- 13:22Microsoft facturée par utilisateur
- 13:24productivité code sécurité deviendra
- 13:27aussi une activité facturé à l'usage.
- 13:31Githupilote donne déjà un exemple
- 13:33concret. Depuis le 1er janvier 2026,
- 13:35tous ces plans passent à une facturation
- 13:37basée sur ses crédits consommés selon
- 13:39l'usage réel. Et le potentiel est
- 13:41immense. Tant qu'on facture au siège, la
- 13:44capacité d'IA installée ne rapporte pas
- 13:46grand-chose de plus. À l'usage, chaque
- 13:48requête supplémentaire devient du
- 13:50revenu. C'est le mécanisme par lequel
- 13:52l'investissement d'aujourd'hui est censé
- 13:54se transformer en trésorerie de demain.
- 13:56Mais vous le savez, un paris peut-être
- 13:57juste et mettre très longtemps à se voir
- 14:00dans le cours. Le fait que la stratégie
- 14:01soit cohérente ne dit rien de la date à
- 14:03laquelle le marché voudra bien la
- 14:05reconnaître. Et sur ce point précis,
- 14:07l'histoire de Microsoft elle-même a
- 14:09quelque chose à nous apprendre. Au
- 14:10tournant des années 2000, après
- 14:11l'éclatement de la bulle internet,
- 14:13l'action Microsoft a perdu de l'ordre de
- 14:1560 %. et elle a mis une décennie à
- 14:18retrouver ses sommets. Or, pendant cette
- 14:19période, l'entreprise a continué de
- 14:21grandir, pas en ligne droite bien sûr,
- 14:23pas sans accident, mais sur la durée.
- 14:25Les revenus et les bénéfices sont
- 14:26fortement progressés. Le chiffre
- 14:28d'affaires est passé d'environ 23
- 14:29milliards de dollars en 2000 à près de
- 14:3278 milliards en 2013. Le résultat net,
- 14:35lui, a plus que doublé sur la même
- 14:37période. C'est la première chose à
- 14:39garder en tête. Un cours de bourse et
- 14:41les fondamentaux d'une entreprise
- 14:42peuvent diverger bien plus longtemps
- 14:44qu'on l'imagine dans un sens comme dans
- 14:46l'autre. Le fait que Microsoft aille
- 14:48bien ne garantit pas que son action
- 14:50remonte vite et le fait qu'elle soit peu
- 14:52cher aujourd'hui ne dit rien de la date
- 14:53à laquelle le marché voudra bien le
- 14:55reconnaître. Alors, si on rassemble
- 14:57toutes les pièces, qu'est-ce qu'il faut
- 14:59retenir ? Premièrement, que le problème
- 15:01de Microsoft n'est pas son activité. Les
- 15:03résultats sont là, l'IA monte. Les
- 15:05revenus déjà contractualisés sont
- 15:07massifs. Le problème, c'est un paris de
- 15:10calendrier. Microsoft paye la facture
- 15:12aujourd'hui, mais le retour économique
- 15:13se verra plus tard. Et dans cet
- 15:15intervalle, le marché a changé de gris
- 15:17de lecture. Il ne paye plus pour la
- 15:19vision, il paye pour la preuve et il
- 15:21sanctionne moins la dépense elle-même
- 15:23que le fait de ne pas encore voir
- 15:25clairement ce qu'elle apporte. Ce qui
- 15:27nous laisse pour finir avec une grille
- 15:28de lecture concrète. trois choses à
- 15:31surveiller. La première, c'est le point
- 15:33de bascule de la trésorerie.
- 15:34Concrètement, une croissance d'azur qui
- 15:36tiennent son rythme couplé un fricche
- 15:38flou qui cesse de se dégrader d'un
- 15:40trimestre à l'autre. La deuxième, c'est
- 15:42la monétisation à l'usage. Est-ce que ce
- 15:44basculement de la licence par siège vers
- 15:46la facturation à la consommation se
- 15:48traduit vraiment dans les revenus ?
- 15:50C'est le test de grandeur nature du
- 15:52paris de Microsoft. Et la troisième,
- 15:54c'est la dépendance à Open AI. Est-ce
- 15:56qu'elle se réduit à mesure que d'autres
- 15:58clients prennent leur lait ? Où est-ce
- 16:00qu'elle reste le point faible du dossier
- 16:02? Au fond, tout se ramène à une seule
- 16:03question qui n'a pas grand-chose à voir
- 16:05d'ailleurs avec celle que pose le cours
- 16:07aujourd'hui. Il ne s'agit pas de savoir
- 16:08si Microsoft est une bonne entreprise,
- 16:11elle l'. Il s'agit de savoir combien de
- 16:13temps le marché acceptera de financer un
- 16:15paris dont il ne voit pour l'instant que
- 16:17la facture. Et vous, quel est votre avis
- 16:20sur le dossier ? Est-ce que Microsoft
- 16:21est une bonne opportunité sur les
- 16:23niveaux actuels ou faut-il l'éviter ?
- 16:26Faites-nous part de votre analyse dans
- 16:27les commentaires et à la semaine
- 16:28prochaine pour une nouvelle vidéo.
- 16:31[musique]
- 16:36[musique]
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