"La France est le seul pays européen à n'avoir jamais fait la guerre aux États-Unis"(Thomas Legrand) — Transcript
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- 0:00Regardez 64 minutes. Bienvenue. Comme
- 0:02tous les vendredis, j'ai le plaisir
- 0:03d'accueillir la bande d'allons-y franco.
- 0:05C'est l'actualité vue par les médias
- 0:07francophones. Nous sommes à la veille de
- 0:08la date anniversaire de l'indépendance
- 0:11des États-Unis. Ce 4 juillet marque les
- 0:13250 ans d'une révolution qui a permis la
- 0:16création d'une nation avec le soutien à
- 0:18l'époque de la France. Depuis, les deux
- 0:21pays ont connu des hauts et des bas et
- 0:23pas seulement les deux pays. Voilà.
- 0:25Amérique, je t'aime. Moi non plus. On en
- 0:27débat avec mes invités. Bonsoir Guim
- 0:29Fort.
- 0:30Bonsoir.
- 0:30Vous êtes chroniqueux, journaliste au
- 0:32monde pour M le Mag. Vous avez vécu aux
- 0:34États-Unis, vous avez enseigné aussi aux
- 0:36États-Unis, connaissez très bien. À vos
- 0:38côtés, Frédéric Se, bonsoir.
- 0:39Bonsoir.
- 0:39Journaliste chroniqueur à la rédaction
- 0:41internationale de Radio France et aussi
- 0:44Thomas Land. Bonsoir.
- 0:45Bonsoir.
- 0:46Vous aussi, vous avez été correspondant
- 0:47aux États-Unis. Aujourd'hui, vous êtes
- 0:48éditorialiste au journal français
- 0:50Libération. Et Marjorie Paillon,
- 0:52bonsoir. Experte de la politique
- 0:54américaine et de la tech. Vous avez vécu
- 0:56aux États-Unis également. Donc vous
- 0:58connaissez tous très bien les
- 0:59États-Unis, même vous Frédéric. Euh
- 1:02c'est des relations très compliquées
- 1:04donc entre la France et les États-Unis,
- 1:06les États-Unis et le reste du monde.
- 1:08Mais j'avais envie de revoir cette
- 1:09séquence, la dernière séquence euh
- 1:11franco-américaine.
- 1:13Elle date d'il y a pas si longtemps que
- 1:15ça, c'était à Versailles. On regarde
- 1:30voilà Donald Trump. Donc il sortait du
- 1:31château de Versailles, il venait de
- 1:32signer cet accord cadre avec l'Iran.
- 1:36Guillemet Fort Versailles, c'est un lieu
- 1:38qui occupe une place à part donc pour
- 1:39les Français mais aussi finalement pour
- 1:41les États-Unis.
- 1:42Le Oui. Alors les médias américains se
- 1:45sont pas loupé Trump sur le sujet et sur
- 1:48le fait que sur son manque de culture
- 1:50historique de pas avoir compris ce que
- 1:51ça signifiait dans l'imaginaire
- 1:53collectif traité de Versailles. Mais il
- 1:56s'est fait aussi chambrer sur le fait
- 1:59que c'était un des seuls endroits où il
- 2:00y avait plus d'or que dans le bureau
- 2:02oval. Mais dans sa salle de bain aussi,
- 2:04j'ai vu un humoriste qui se moquait du
- 2:06président américain. Oui.
- 2:07Oui. Mais je enfin euh je pense que
- 2:10comme enfin ce qui ressort pas mal des
- 2:13et des politiques du gouvernement
- 2:15américain et des chefs d'entreprise
- 2:17actuell, c'est qu'ils ont ils ont un peu
- 2:19un rapport un peu touristique à
- 2:21l'Europe. On entend dire aujourd'hui les
- 2:24États-Unis, c'est l'endroit où il faut
- 2:25gagner gagner de l'argent et l'Europe,
- 2:26c'est l'endroit où il faut le dépenser.
- 2:28un petit peu un petit côté Émilie Paris
- 2:32de de la vision de l'Europe quoi.
- 2:34Effectivement, c'est ça m'a frappé parce
- 2:36que Donald Trump, il parle souvent de
- 2:37l'Europe et de la France notamment en
- 2:39parlant de l'Arc de Triomphe, en parlant
- 2:41alors il aime beaucoup aussi le défilé
- 2:42du 14 juillet, mais c'est un côté c'est
- 2:43ça touristique ou un peu paillette comme
- 2:46on voyait ça. Oui, c'est totalement
- 2:48superficiel en fait quand euh quand on
- 2:50regarde les relations franco-américaines
- 2:52depuis très longtemps et quand on revoit
- 2:54les discours, je sais pas, de de Gaul ou
- 2:56de Kennedy euh ou les discours même euh
- 2:59des présidents euh quand on y était, euh
- 3:01Bush ou euh Chirak, là, il y a une
- 3:04relation très particulière entre la
- 3:05France et les États-Unis évidemment la
- 3:06Fillette et puis le le 6 juin, mais ce
- 3:10sont deux pays, ce sont deux pays qui
- 3:12ont
- 3:13qui ont ça en commun d'avoir une
- 3:15prétention universaliste. La France a
- 3:17une prétention universaliste, alors
- 3:18c'est un peu ridicule parce qu'on est
- 3:19tout petit. Et les États-Unis a une
- 3:21prétention universaliste, alors c'est
- 3:23effrayant parce qu'ils sont très
- 3:24puissants. Mais c'est ces deux ces deux
- 3:27prétentions s'affrontent et et et se
- 3:31comprennent. Et les États-Unis et la
- 3:32France ont toujours tous les présidents,
- 3:34ça fait partie de tous les discours des
- 3:36présidents américains et français
- 3:37commencent toujours par la France et les
- 3:39États-Unis sont les deux seuls pays qui
- 3:40ne se sont jamais fait la guerre. Euh le
- 3:43seul pays européen qui n'a jamais été en
- 3:44guerre avec les États-Unis, c'est la
- 3:46France. Et tous les autres, ils ont été
- 3:48en guerre avec les États-Unis et ils le
- 3:49disent tous. Mais quand on arrive à
- 3:51Trump, il y a plus ça. Il le sait même
- 3:53pas. Là, la France, c'est simplement le
- 3:56vernis. Pourquoi il aime Versailles ?
- 3:57Parce que il y a de l'or et il voudrait
- 3:59que ça ressemble ça ressemble à que que
- 4:01la Maison Blanche ressemble à
- 4:02Versailles. Pourquoi il aime Paris ?
- 4:04Parce que il y a l'Arc de Triomphe et il
- 4:05voudrait le même Arc de Triomphe. Et
- 4:07c'est tout. Il a il a aucune culture, il
- 4:09a aucun et et
- 4:10pourtant il je crois qu'il a il a visité
- 4:12l'exposition qui était organisée à
- 4:14Versailles au parce qu'on lui a fait
- 4:16visiter mais s'il avait eu le choix, il
- 4:17aurait été à Disney je pense. Et et et
- 4:21face à ça, Emmanuel Macron, lui il a il
- 4:23a quelqu'un qui qui n'est pas qui n'a
- 4:25pas son épaisseur culturelle. Donc il
- 4:27essaie de de le gérer en disant je vais
- 4:29peut-être essayer de d'arrondir les
- 4:30angles. Il est tellement ératique et il
- 4:32fait tellement peur parce qu'il dit
- 4:33n'importe quoi que il essaie de le
- 4:35flatter. Et en quand quand on est
- 4:37français et qu'on a la chance d'avoir
- 4:39Paris pour flatter, ben on trimballe
- 4:41l'espèce de touriste un peu neux
- 4:43américain et on essaie de l'épater avec
- 4:45Paris.
- 4:45Alors cette relation entre les deux
- 4:46pays, elle se manifeste aussi par la
- 4:48patrouille de France he qui participe à
- 4:50ses commémorations. Elle va survoler,
- 4:52elle a survolé déjà beaucoup de sites
- 4:53emblématiques aux États-Unis. On va
- 4:55certainement l'aller voir aussi. Donc
- 4:57elle sera là demain à New York pour
- 4:59survoler la statue de la liberté. Cadeau
- 5:01français là aussi. Alors, on se dit là
- 5:03aussi c'est fort, c'est symbolique et
- 5:05tout. En plus, c'est l'armée. Quand on
- 5:06sait que Donald Trump veut se désengager
- 5:08de plus en plus, est-ce que ça fait
- 5:09sourire ou pas ? Où on se dit bon, c'est
- 5:11peut-être une manière de de lui rappeler
- 5:12que que l'armée française est puissante.
- 5:14Comment vous analysez ça ?
- 5:16Euh oui, et c'est dans la ligne
- 5:18d'ailleurs de son invitation au défilé
- 5:19du 14 juillet, souvenez-vous à Paris où
- 5:21Donald Trump avait été ébahi, émerveillé
- 5:23par la capacité française à organiser un
- 5:26défilé. Il avait voulu d'ailleurs imiter
- 5:28la chose à Washington. Ça s'était
- 5:29d'ailleurs assez mal passé puisque les
- 5:30soldats américains n'étaient pas du tout
- 5:32habitués à marcher au pas et cetera.
- 5:33Donc c'était un peu un peu pathétique.
- 5:35Je pense que il apprécie effectivement
- 5:36le côté décorum et le côté République un
- 5:39peu militaire militarisé, c'est le cas
- 5:41de la France qui a l'arme nucléaire qui
- 5:43est à l'Otan et cetera. Et euh
- 5:45finalement, c'est ça qui lui plaît pour
- 5:47le reste. Euh je me souviens par exemple
- 5:48d'une phrase de Jade Evens, le
- 5:50vice-président américain qui était venu
- 5:51à Paris pour un sommet sur l'IA, c'était
- 5:53il y a à peu près un an et demi et qui
- 5:54avait dit sous forme de boutade, mais je
- 5:56pense çaen était pas forcément une, euh
- 5:58lors d'une réception à l'Élysée, je suis
- 6:00venu pour le vin gratuit. Euh ça avait
- 6:01fait rire les convives. Mais
- 6:02effectivement, c'était sans doute ça
- 6:04parce que le lendemain, il nous avait
- 6:05aligné euh en mondovision en disant que
- 6:07les Européens étaient en gros hein, je
- 6:09caricature mais des pleutres, des
- 6:11inconstants, des nuls, des des des
- 6:13empêcheurs de tourner en rond pour
- 6:14l'innovation américaine. Bref, il y
- 6:16avait un discours vraiment assez
- 6:17structuré de méfiance, voire de mépris
- 6:20vis-à-vis des la France et des
- 6:21Européens.
- 6:22Alors justement, Marjorie Paillon, vous
- 6:23êtes spécialiste de la tech.
- 6:25Effectivement, cette supériorité
- 6:26américaine là, elle est écrasante sur la
- 6:29France et et le reste du monde.
- 6:30Oui, mais ce qui est en train de se
- 6:31passer, c'est particulièrement
- 6:32intéressant aujourd'hui. Vous savez, il
- 6:33y a cette image d'épinale qui dit que
- 6:35les États-Unis innovent avec la Silicon
- 6:37Vallé pour le défi de l'innovation et
- 6:38savons plus la monétiser. L'Asie réduite
- 6:41à la Chine pour le coup régule de façon
- 6:44massive et même administre sa
- 6:47technologie. Et puis au milieu, il y a
- 6:48un petit drapeau blanc européen qui
- 6:50comme ça est agité en disant bah nous au
- 6:52moins, on a la régulation, on va pouvoir
- 6:54s'en sortir avec ça. Aujourd'hui, cette
- 6:56image épinale, elle est totalement
- 6:58renversée. Pourquoi ? Parce qu'au moment
- 6:59où on fait les 250 ans de l'indépendance
- 7:01américaine et bien l'Europe vient de
- 7:03prendre son indépendance tech, en
- 7:05l'occurrence vis-à-vis des États-Unis.
- 7:06On a souvent dit que l'Europe était
- 7:08c'est une colonie numérique des
- 7:10États-Unis. On est en train de Alors, on
- 7:11est peut-être en retard, mais on est
- 7:12quand même en train de le faire,
- 7:13notamment avec la Commission européenne.
- 7:15Oui, la Commission plus que manifeste
- 7:18l'envie de le faire, on le fait avec
- 7:19notamment un sovereignty package qui a
- 7:20été annoncé par la Commission européenne
- 7:22il y a un mois euh tout pile et qui mise
- 7:25non seulement sur des technologies euh
- 7:28comme l'open source, mais aussi sur un
- 7:29renforcement des plans euh dédiés au
- 7:32puces, dédiés au cloud, dédiés aux
- 7:35infrastructures. Il y a une chose qui
- 7:36est très simple en matière de
- 7:37technologie, pas d'infrastructure, pas
- 7:39de données, pas d'intelligence
- 7:41artificielle. C'est vraiment pas de
- 7:42bras, pas de chocolat à un moment donné.
- 7:43Et donc là, si on veut montrer que on
- 7:45veut célébrer cette indépendance
- 7:47numérique, économique, industrielle,
- 7:49cognitive, même avec l'intelligence
- 7:52artificielle aujourd'hui et culturelle
- 7:53européenne, il faut le faire en le
- 7:55disant haut et effort mais aussi en s'en
- 7:57donnant les moyens financiers. Ça c'est
- 7:59peut-être encore autre chose.
- 8:00Voilà, c'est autre chose. Et c'est vrai
- 8:01que le le combat enfin en combat, il y a
- 8:03la relation avec les États-Unis avec son
- 8:06impérialist à toute puissance a beaucoup
- 8:08évolué au sein au fil au fil des années.
- 8:11La France pour le coup a été une
- 8:12exception culturelle. Il y a eu beaucoup
- 8:14de de combats pour le cinéma, pour la
- 8:18musique. On s'est distingué là-dessus.
- 8:20Les Français se sont distingués sur ce
- 8:22point-là.
- 8:23Ouais. Alors aujourd'hui, 60 % des
- 8:27Français sont déjà allés au cours de
- 8:28leur vie à à Disney Paris. La plus
- 8:32quasiment la majorité depuis 1986, la
- 8:35majorité des films qui font plus d'un
- 8:36million d'entrées sont des films
- 8:38américains. On a 2000 clubs de dance
- 8:42country en France.
- 8:44Même même quand on voit par exemple
- 8:46quand vous allez à un mariage, si vous
- 8:48regardez euh tous les rituels
- 8:50aujourd'hui, les les chaises dehors, les
- 8:54filles alignées en robe tafta, en fait,
- 8:56on voit bien que la nouvelle génération
- 8:58s'est nourrit beaucoup plus de mariage
- 9:00dans les séries américaines que dans la
- 9:02vraie vie et donc que ce qu'on reproduit
- 9:04que en pensant que c'est nos traditions.
- 9:06Je pense aussi aux cérémonies de remise
- 9:07de diplôme les graduations maintenant à
- 9:09l'américaine avec les chapeaux qui
- 9:11volent. Donc bon, enfin exception
- 9:13française, on on est quand même on vit
- 9:15avec euh une culture beaucoup plus
- 9:17américaine encore qu' qu'il y a 20 pour
- 9:20la culture américain a quand même il y a
- 9:21c'est vrai que mais il y a plus qu'un
- 9:23cinéma européen, c'est le cinéma
- 9:25français et les autres films européens
- 9:27sont financés par la France Canal Plus
- 9:29en l'occurrence euh il y a on a gardé
- 9:33quand même il y a quelques blockbusters
- 9:37français et c'est intéressant d'ailleurs
- 9:39de voir que l'un des blockbusters
- 9:41par le bouche àil maintenant, c'est le
- 9:43film de De Gaulle. Et il faut il faut le
- 9:45voir parce que on voit très très bien
- 9:48que même en 1946, ça on n pas attendu
- 9:51Donald Trump, même en 1945, 44 pendant
- 9:54la guerre,
- 9:56la France était considérée comme une
- 9:58petite chose qu'il fallait reprendre et
- 10:00administrer. Il y avait déjà des billets
- 10:02euh français, des billets du dollar
- 10:03français américain euh qui étaient déjà
- 10:05imprimés et voir euh la petite chose
- 10:10qu'on était dans les dans les yeux des
- 10:11Américains et de Roosevelt en
- 10:12l'occurrence
- 10:13et comment ils ont écarté tenté
- 10:14d'écarter le général De Gaulle.
- 10:16De Gaulle de Gaulle a a maintenu quand
- 10:18même cette indépendance. On a on a on
- 10:20s'est débarrassé des on a viré les les
- 10:23les bases américaines en 1964.
- 10:27La France est quand même le petit
- 10:28village gaulois avec évidemment la la la
- 10:32culture américaine qui qui imprègne tout
- 10:34et le soft américain qui est hyper
- 10:36puissant même chez nous. Bien sûr,
- 10:37c'est pas que le village golo en
- 10:38l'occurrence Thomas parce que cet
- 10:39exemple de l'exception culturelle, il
- 10:40est très signifiant de ce je t'aime moi
- 10:42non plus entre la France et les
- 10:43États-Unis avec la France qui prend le
- 10:45lead à ce moment-là pour le reste de de
- 10:48la de de l'Europe en l'occurrence. On
- 10:50est en train de négocier les accords du
- 10:52GAT à ce moment-là et on se dit que tout
- 10:54vaut tout dans ces accords commerciaux
- 10:56en disant que euh une de de une une
- 10:59production euh beau vin américaine peut
- 11:01valoir un film français. Et bien non, à
- 11:02ce moment la France dit certainement
- 11:04pas. Et justement on va faire campagne,
- 11:06on va faire du lobbying alors qu'on en
- 11:08faisait pas forcément beaucoup à
- 11:09l'américaine avant. On va faire on va
- 11:11inorser le inverser le rapport de force
- 11:13et proclamer justement ce terme
- 11:15d'exception culturelle pour montrer et
- 11:17embarquer le reste des pays européens en
- 11:19leur disant que la culture n'est pas un
- 11:21produit comme un autre en l'occurrence
- 11:23alors que cette harmonisation euh
- 11:26américaine, ce mainstream fait que tout
- 11:28vaut tout. Et bien non, à ce moment-là
- 11:29on s'élève contre ça et on défend. Mais
- 11:32aujourd'hui, c'est absolument
- 11:33fondamental parce que on a des
- 11:35industries culturelles et créatives en
- 11:36Europe et notamment en France qui
- 11:38réussissent à résister parce qu'elles
- 11:40ont su défendre cette exception.
- 11:41Oui. Avec un quota notamment de musique
- 11:43francophone, tout le monde ne l'a pas
- 11:44fait. C'est vrai que ça peut-être permis
- 11:46aussi à des artistes français bah de de
- 11:48survivre.
- 11:49Oui, mais c'est d'ailleurs à ça que les
- 11:51spécialistes attribuent notamment
- 11:53l'essort du du marché du hip hop en
- 11:54France du rap parce qu'il y a énormément
- 11:55d'artistes français qui ont pu passer à
- 11:56la radio grâce à ces quotas. francophone
- 11:59à l'époque de 40 % je crois du du temps
- 12:00d'antenne qui devait être consacré à la
- 12:02musique francophone. Ce qui me frappe
- 12:03c'est qu' en fait on n'ose pas avouer
- 12:05qu'on aime l'Amérique en France. Il y a
- 12:06toujours ce côté-là et c'est même dans
- 12:08les campagnes présidentielles. C'est
- 12:09assez marquant la différence entre les
- 12:10campagnes et puis ensuite l'action
- 12:12réelle. Dans la campagne personne ne
- 12:13veut être le candidat des Américains. Je
- 12:15caricature on se renvoie. Souvenez-vous,
- 12:17Emmanuel Macron devait se défendre
- 12:18d'avoir vendu des entreprises ou soldé
- 12:21des entreprises françaises au géant
- 12:22américains à l'époque. Alors qu'après
- 12:24une fois que le président est élu, il
- 12:27n'a pas d'autre hâte que de d'aller
- 12:29prendre une photo avec Gérald Ford dans
- 12:30la piscine. He c'est voilà le meilleur
- 12:31copain, c'est Valérie Schcardestin dans
- 12:33la piscine. Nicolas Sarkozi qui va à la
- 12:35résidence d'été de George Bush à peine à
- 12:38peine élu. Parlons de Emmanuel Macron et
- 12:40Donald Trump. Donc il y a il y a ce côté
- 12:42hypocrite. On n'aime pas dire qu'on les
- 12:44aime et en même temps voilà, on a besoin
- 12:45d'y aller, on les adore. En fait,
- 12:46on va s'intéresser sur les relations
- 12:48entre les présidents français et leurs
- 12:50homologues américains. Alors là aussi,
- 12:52je je pars d'un exemple très très récent
- 12:54puisque c'est Emmanuel Macron qui a reçu
- 12:56Donald Trump au dernier G7 et il a
- 12:58affirmé en fin en conférence de presse à
- 13:01la fin qu'il qu'il avait confiance en
- 13:02Donald Trump. On va l'écouter.
- 13:05J'ai toujours eu confiance pour ma part
- 13:06dans le président
- 13:08Trump
- 13:10parce que je lui ai toujours dit les
- 13:11choses. Quand nous avons des désaccords,
- 13:13nous les assumons.
- 13:15Mais quand il s'est engagé vis-à-vis de
- 13:17nous, il a toujours fait ce à quoi il
- 13:18s'engageait. Et là aujourd'hui, les
- 13:20États-Unis d'Amérique se sont engagés
- 13:22sur ce sujet. Ça c'est important. Vo
- 13:25alors là, il s'était engagé pour
- 13:26l'Ukraine qui avait été laissé de côté
- 13:28par Donald Trump. Alors, j'aimerais
- 13:30votre réaction parce que c'est vrai que
- 13:31ça peut surprendre. Donald Trump très
- 13:33imprévisible.
- 13:35Il en pense pas, il pense rien de tout
- 13:37ça. Il a pas eu tout confiance en l'al
- 13:38Trump. Puis sait très bien que c'est un
- 13:41président inconstant, eratique et et qui
- 13:45un gamin quoi.
- 13:46Et c'est de l'affichage. Bah
- 13:47c'est-à-dire que partir du moment où
- 13:49Donald Trump vient de dire finalement on
- 13:51va aider l'Ukraine, c'est le moment où
- 13:53dire on a confiance, on a confiance et
- 13:55il essaie de clouter le truc mais tous
- 13:58les diplomates à qui vous parlez
- 14:01vous disent chacun essaie de traiter le
- 14:03cas Trump à sa façon et Macron lui c'est
- 14:08une sorte de de flatterie un petit peu
- 14:12voilà rapport de force mais quand il se
- 14:13fait insulter il rigole et il dit c'est
- 14:16pas c'est pas très bien alors que quand
- 14:17Mélanie se fait insulter, elle prend
- 14:19elle se met devant devant la caméra et
- 14:21elle répond très très fermement. Macron
- 14:23ne fait pas ça parce que il a une sorte
- 14:25de de de pratique diplomatique un peu
- 14:28différente, un peu plus onctueuse qui
- 14:30essaie de mais c'est une façon d'essayer
- 14:31de la madouer. Voilà. Mais
- 14:33est-ce que c'est la bonne façon
- 14:33finalement ? Ce qui est intéressant,
- 14:35c'est de voir à quel point il y a une
- 14:36concurrence désormais entre dirigeants
- 14:38du monde entier quand on passe à
- 14:39Washington ou même si on n'est pas à
- 14:41Washington dans le bureau vol avec
- 14:42Donald Trump en train de faire son show
- 14:44devant les caméras des de nos confrères
- 14:46correspondants et correspondantes. Il y
- 14:47a vraiment cette concurrence sur qui
- 14:49saura le mieux aborder Donald Trump.
- 14:51Est-ce que c'est par la flatterie ?
- 14:52Est-ce que c'est par du crave maga de
- 14:55situation ou du donnant donnant sur ce
- 14:57qu'on a à à faire en terme de deal avec
- 15:00lui ? Est-ce que c'est en lui apportant
- 15:01des kilos d'or ?
- 15:04Exactement. Et en fonction de ce qu'on
- 15:05essaie d'obtenir, il y a des moments où
- 15:07où on essaie justement de de d'ajuster
- 15:09le curseur. Ce qu'il faut bien avoir en
- 15:11tête là, c'est qu'on est dans un timing
- 15:12qui est très particulier puisque que ce
- 15:14soit Emmanuel Macron ou que ce soit
- 15:15évidemment Donald Trump, c'est une année
- 15:17éminemment électorale pour chacun
- 15:19d'entre eux, à ceci près que pour les
- 15:20midterms côté américain et pour
- 15:22l'élection présidentielle côté français.
- 15:25Les deux, que ce soit Trump ou Macron,
- 15:26ne vont pas être sur le bulletin. Par
- 15:28contre, ils vont être dans l'esprit de
- 15:29chaque électeur et de chaque électrice
- 15:30en terme d'héritage. Qu'est-ce qu'on
- 15:33hérérite pour les candidats aux
- 15:35élections demi-mandat côté États-Unis du
- 15:39bilan actuel de Donald Trump ? Et
- 15:40qu'est-ce que celles et ceux qui seront
- 15:43peut-être encore candidats au bout du
- 15:45premier au bout enfin au moment du 18
- 15:47avril au moment du premier tour côté
- 15:48français vont en devoir endossé de
- 15:50l'héritage Emmel Macron ? C'est très
- 15:51important parce que ça veut dire qu'il
- 15:53faut aussi faire confiance, même si
- 15:55parfois en tant qu'électeur on a les
- 15:56mémoires courtes, à la façon dont on va
- 15:58se souvenir de tout ça quand on sera
- 15:59face à nos à nos urnes respectives.
- 16:01Alors moi je voudrais faire un petit pas
- 16:02de côté Guet for, j'avais lu votre
- 16:04papier sur tous les journalistes ont le
- 16:05numéro de téléphone de de de [rires] de
- 16:07Donald Trump. C'est vrai qu'on on a
- 16:08assisté à des centuralist sur les
- 16:10réseaux sociaux avec petit texto et tout
- 16:12ça.
- 16:13On l'aime là pour le coup. Et ça m'a
- 16:14frappé en voyant Trump en meeting en
- 16:17Arizona où euh il avait été d'une
- 16:21violence inouie vis-à-vis de la presse
- 16:23et je me disais mais un jour ça va se
- 16:25terminer avec des les ces fans vont vont
- 16:28cogner les journalistes et euh et une
- 16:31journaliste de la FP qui suivait qui
- 16:32était qui était là me dit "Non non mais
- 16:34en fait euh c'est de l'affichage mais il
- 16:37est disponible pour n'importe qui." Et
- 16:38donc non seulement il répond
- 16:40systématiquement aux appels, mais on
- 16:42voit que les journalistes racontent tous
- 16:44qu'il commencent par dire "C'est qui ?"
- 16:46Donc en fait, il ne sait même pas qui
- 16:47est euh quand et et en fait, on a le
- 16:50prolongement là de sa carrière de
- 16:52promoteur immobilier où en fait ce qui a
- 16:55compté, ce qui a fait qui il est, c'est
- 16:56cette super médiatisation dans les pages
- 16:58people, c'est le fait il a compris que
- 17:01n'importe quelle publicité était la
- 17:02bonne publicité et il a dû son ascension
- 17:05et la valeur du non Trump au fait d'être
- 17:07tout le temps cité dans les journaux.
- 17:08Donc il reste dans la même logique. Et
- 17:10c'est vraiment étonnant parce que Obama
- 17:12qui était très prudent sur ce qu'il
- 17:13disait de la presse avait en revanche
- 17:16une communication complètement
- 17:17verrouillée où personne aucun
- 17:19journaliste n'avait accès à lui et ce
- 17:21cette espèce de de jeu inversé est quand
- 17:23même assez fascinant dans les relations
- 17:24avec la presse.
- 17:25Alors est-ce que c'est le plus compliqué
- 17:27ou le plus difficile à cerner ? On l'a
- 17:29dit he Donald Trump mais celui qui a le
- 17:31plus euh comment dire j'essaie de
- 17:34trouver rendu plus tendu les les
- 17:36relations entre la France et et le reste
- 17:38du monde.
- 17:39Moi je crois que ça a été une
- 17:40bénédiction de Donald Trump pour la
- 17:42construction européenne honnêtement
- 17:43parce que franchement depuis des années,
- 17:46il faut pas croire que de que les
- 17:47prédécesseurs de Donald Trump étaient
- 17:50ultra sympa, très bien disposé vis-à-vis
- 17:53de l'Union européenne ou de la France.
- 17:55Souvenez-vous, c'est Joe Biden, le si
- 17:56gentil Joe Biden qui récupère les
- 17:58contrats en Australie pour les
- 17:59sous-marins. Et c'est la France qui se
- 18:01fait se fait avoir. On pourrait
- 18:02multiplier les exemples.
- 18:03Barack Obama qui lâche la France sur la
- 18:06Syrie. On pourrait multiplier les
- 18:07exemples. Le président Miteran aussi
- 18:09disait à l'époque qu'il y avait une
- 18:10forme de prédation économique de l'allié
- 18:12américain qui était qui était très très
- 18:14très aigu. Donc ça c'est une erreur. En
- 18:17revanche, depuis qu'il y a cet affichage
- 18:20ostensible de "Oui, je peux vous lâcher,
- 18:22oui, je peux quitter mes bases. Oui, je
- 18:24peux arrêter de financer l'OTAN. C'est
- 18:25quand même des menaces qu'il a tenu
- 18:26devant un micro de
- 18:27qu' a réitéré sur son réseau social
- 18:29alors qu'il y a un sommet qui ça crée un
- 18:31électrochoc non pas en France on a
- 18:33toujours eu quand même une posture
- 18:34relativement anti-américaine un peu de
- 18:36salon mais par exemple dans tous les
- 18:37pays d'Europe central et oriental moi
- 18:40j'ai fait des reportages par exemple en
- 18:41République tchèque où ils dépendent de
- 18:42l'aide américaine à un point que vous
- 18:43pouvez pas imaginer et même eux là-bas
- 18:45commencerai à se dire mais en fait le
- 18:47filet de sécurité qu'on a toujours
- 18:48présenté comme intangible et ben c'est
- 18:50pas une bonne chose. Donc ils sont
- 18:53exactement et sur la souveraineté
- 18:54européenne, on en parlait tout à
- 18:56l'heure. Quand vous savez que par
- 18:57exemple Starling qui est encore de jours
- 18:59fait des men couper le signal à
- 19:00l'Ukraine, un Starlink c'est les
- 19:01connexions par satellite pour lancer
- 19:03notamment des offensives, et ben l'Union
- 19:05européenne se dit il faudrait quand même
- 19:06qu'on ait notre propre constellation de
- 19:07satellite pour pas risquer au coup par
- 19:09coup selon les brouilles du moment de se
- 19:11voir coupler totalement le signal. Donc
- 19:13piqû de rappel, les pays du golf aussi,
- 19:14ils l'ont eu cette piqû de rappel
- 19:16puisqu'ils avaient confiance aux
- 19:18Américains et puis ils ont été déçus.
- 19:20Mais plus personne plus personne na
- 19:22confiance, enfin plus personne ne peut
- 19:24miser sur l'Amérique. L'Amérique a perdu
- 19:26beaucoup de crédit. Alors comme
- 19:28l'Amérique est riche et comme l'Amérique
- 19:30a quand même la la primauté de tout ce
- 19:34qui est technologique, elle reste une
- 19:35hyper puissance. On va pas mais
- 19:38simplement on ne se tourne plus vers
- 19:40l'Amérique pour sa défense pour on a
- 19:43plus confiance et et alors ce qui est
- 19:46compliqué c'est que chacun veut essayer
- 19:48quand même de façon bilatérale
- 19:51de retrouver
- 19:53les voies du du d'un rapport avec
- 19:56l'Amérique. C'est c'est pour ça on
- 19:57disait chacun essaye à sa façon. Les les
- 20:01instances internationales ne marchent
- 20:02plus. Mais il y avait ce il y a on n'
- 20:06pas parlé de de 2003 et de et de de ça
- 20:10c'est un rapport très très Alors juste
- 20:12avant justement on va on va s'arrêter
- 20:14sur 2003 même avant on va s'arrêter avec
- 20:162001 avec cet édito du journal le monde.
- 20:18Nous sommes tous américains. C'est juste
- 20:19après les attentats du 11 septembre où
- 20:22là on sent que le monde entier la France
- 20:24en premier lieu, prend vraiment fait
- 20:28pour les Américains. Donc là, c'est
- 20:30vraiment un moment de je t'aime et je
- 20:32t'aime vraiment et je te le montre. Oui.
- 20:33Et c'est un moment où quand le monde dit
- 20:36ça et qu' en fait la France pense ça,
- 20:38c'est un moment où on pense euh euh
- 20:42concert des nations et euh le monde
- 20:45s'organise, le monde le le le il n'y a
- 20:48pas le le l'unilatéralisme américain.
- 20:51L'unilatéralisme américain est rené à ce
- 20:54moment-là à est réapparu
- 20:56[raclement de gorge] à ce moment-là de
- 20:57façon très puissante dans la la décision
- 21:00hors hors autant et hors ONU de
- 21:05d'envahir l'Irak. Et cette opposition
- 21:08avec la France a été a été ce moment de
- 21:11de fracture et on est
- 21:14on a rebaptisé les alors c'est
- 21:15anecdotique mais quand même on a
- 21:16rebaptisé les frites. On a vidé le vin
- 21:18français.
- 21:20J'étais étudiante aux États-Unis pile
- 21:22poil à ce momentl et je me souviens
- 21:23encore de mes premiers assignment
- 21:25en tant que jeune padawan pour une
- 21:27grande chaîne canadienne à l'époque qui
- 21:29m'a lâché littéralement en zone complexe
- 21:33sur Freedom Plaza Washington parce que
- 21:35c'est une place dont on d'où on voit le
- 21:36Congrès. Et c'est à l'époque il y avait
- 21:38cette cette polémique avec le le
- 21:40propriétaire de la caféria du Congrès
- 21:42qui voulait rebaptiser donc les French
- 21:44fries, les Frits, les Freedom Fries. Et
- 21:46donc je me vois la partie en caméra
- 21:48cachée en train de demander aux gens
- 21:49s'ils veulent manger des French fries ou
- 21:50des Freedom fries et d'observer leur
- 21:52réaction à la fin quand je leur révélais
- 21:53que j'étais en réalité française et non
- 21:55canadienne. Et bien je me suis dit que
- 21:56le journalisme c'était quand même
- 21:58étonnant. Euh mais surtout ce qui ce qui
- 22:00ce qui veut dire qu'en 2003, il y avait
- 22:02quand même aussi nous on l'a vécu
- 22:03d'abord énormément euh je pense que vous
- 22:05l'avez vu aussi à ce moment-là à
- 22:06Washington dès le mois de janvier de
- 22:08manifestations propée d'Américains qui
- 22:11ne voulaient pas voir les États-Unis
- 22:12déclarer une guerre et une seconde
- 22:14guerre contre l'Irak mais aussi
- 22:16énormément de sentiments antifrançais.
- 22:18ont déversé du vin français dans les
- 22:20canivaux dans les rues. Donc il y avait
- 22:21ce contraste absolu. Moi ce qui m'a
- 22:23frappé, c'est qu'au moment de la
- 22:25l'inauguration de la bibliothèque
- 22:26présidentielle d'Obama, on voyait euh
- 22:29George Bush derrière et puis il y a pas
- 22:30très longtemps, il y a eu la la mort de
- 22:32dictionné et tout le monde dire c'était
- 22:34quand même le bon vieux temps où les
- 22:36choses s passaient bien alors que
- 22:38à l'époque on avait quand même
- 22:39l'impression d'avoir atteint un un point
- 22:42inédit
- 22:43et finalement maintenant c'est ce bon
- 22:45vieux George Bouge qui était finalement
- 22:47avec qui on entendait avec qui on
- 22:49pouvait au moins communiquer quoi. Puis
- 22:50c'est une aussi du New York Post
- 22:52complètement dingue avec Chirac est un
- 22:54vert vous aviez eu un matchup de d'un
- 22:56verre de terre avec la la figure de
- 22:58Jacques Chirac'était quand même
- 22:59donc on allit très très loin en 2003
- 23:01mais on voit qu'en 2026 on n'est pas mal
- 23:02non plus mais c'est plus focus sur
- 23:04effectivement une personnalité Donald
- 23:06Trump qui a pris un peu bah qui prend
- 23:07toute la lumière merci infiniment c'est
- 23:09déjà terminé malheureusement et pour
- 23:11aller plus loin je vous invite à lire
- 23:13deux ouvrages cette Amérique qui nous
- 23:14déteste de Richard Verli que vous voyez
- 23:16très souvent sur ce plateau. C'est aussi
- 23:17ça l'Amérique, portrait d'un pays
- 23:19polarisé de Frédéric Arnold qui lui
- 23:21aussi nous rejoint souvent. Et demain,
- 23:23rendez-vous pour une spéciale 250 ans
- 23:25d'indépendance des États-Unis. 64
- 23:27minutes se met à l'heure américaine.
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