L'Intelligence artificielle est-elle hors de contrôle ? • FRANCE 24 — Transcript
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- 0:05Bienvenue dans le débat. Le pape Léon
- 0:07X-il fait entendre avec son encyclique
- 0:09sur la nécessité de désarmer
- 0:11l'intelligence artificielle. Depuis même
- 0:14Trump s'est vu contraint d'adopter la
- 0:16nuit dernière un décret pour évaluer les
- 0:18nouveaux modèles d'intelligence
- 0:19artificielle pendant 30 jours face à la
- 0:22grogne de sa base MAGA. Anthropique est
- 0:25le premier à avoir donné l'alerte avec
- 0:27son modèle Mythos, capable de détecter
- 0:30les failles des logiciels et donc
- 0:31potentiellement une arme puissante s'il
- 0:34tombait entre de mauvaises mains.
- 0:36Anthropique a accepté de transmettre aux
- 0:38autorités européennes un accès inédit à
- 0:40Mythos. Les experts mandatés par l'Union
- 0:42européenne évalueront donc les gardes
- 0:44fou mis en place par son concepteur
- 0:46avant un déploiement plus large sur le
- 0:48marché européen. Quant au chinois, s'il
- 0:51disposait des capacités offensives d'une
- 0:53IA équivalente à Mythos,
- 0:55l'annoncerait-il ? Ça, ça reste une
- 0:56question. L'inquiétude en tout cas de la
- 0:58population face à LIA grandi ses
- 1:01conséquences sur l'emploi, sur
- 1:02l'apprentissage aux États-Unis. Une
- 1:04colère monte contre la construction des
- 1:06data centers en raison notamment de leur
- 1:08impact sur l'eau et Bruxelles propose
- 1:11aujourd'hui de réserver aux fournisseurs
- 1:13européens les contrats publics en
- 1:14matière d'intelligence artificielle afin
- 1:16justement de mettre en avant une
- 1:18souveraineté technologique européenne.
- 1:21Alors, faut-il freiner l'intelligence
- 1:22artificielle ? Les robots sont-ils des
- 1:24adversaires ou des alliés ? Comment
- 1:26réguler l'IA tout en restant dans la
- 1:28course de l'innovation ? Est-il possible
- 1:31de créer une IA éthique dans un contexte
- 1:33de rivalité géopolitique ? On va poser
- 1:35ces questions à mes invités. Fabio
- 1:37Génari est avec nous ce soir. Bonsoir.
- 1:39Vous êtes cfondateur d'Orasio. Orio qui
- 1:43développe une intelligence artificielle
- 1:44de nouvelle génération appliquée à la
- 1:46vidéo. Vous venez d'ailleurs, vous avez
- 1:49signé un contrat avec le ministère des
- 1:51armées et votre ambition he vous le
- 1:53dites, c'est d'être un acteur européen
- 1:54de référence de la vidéo d'intelligence
- 1:57artificielle. Merci d'être là. En face
- 1:59de vous. Nous avons Delphine Sabatier.
- 2:01Bonsoir.
- 2:02Bonsoir.
- 2:02Bienvenue. Vous êtes journaliste et
- 2:04présentatrice de Smarttech sur Bismart.
- 2:07Nous avons ce soir Julie Huguet avec
- 2:09nous. Bonsoir. Vous êtes directrice de
- 2:11la mission Frenchtech qui est chargé de
- 2:13déployer donc des politiques publiques à
- 2:15destination des start-ups et de fédérer
- 2:17aussi l'écosystème des start-ups
- 2:19françaises. Merci d'être là également.
- 2:22Alexandre Picard est avec nous ce soir.
- 2:23Bonsoir. Vous êtes journaliste numérique
- 2:25et de sur l'intelligence artificielle au
- 2:27service économie du monde. Couteur avec
- 2:31Damien Lelou et Raphaël Baquet de nos
- 2:33nouveaux maîtres l'enquête et ça c'est
- 2:35paru chez Albin Michel. On va démarrer
- 2:39par cette nouvelle de la nuit. Donald
- 2:41Donald Trump qui a signé un décret pour
- 2:43évaluer les nouveaux modèles
- 2:44d'intelligence artificielle pendant 30
- 2:47jours. Alexandre Picard, je voulais tout
- 2:49de suite vous faire réagir là-dessus.
- 2:50Trump qui a lancé euh quand il est
- 2:52arrivé au pouvoir son projet de 500
- 2:55milliards de dollars d'investissement
- 2:56sans aucune régulation sur
- 2:59l'intelligence artificielle. Tout d'un
- 3:00coup, il y a ce décret. Alors, il n'a
- 3:02pas l'air d'être très contraignant, mais
- 3:04il y a puisque cette évaluation repose
- 3:06sur la base du volontariat, mais est-ce
- 3:07qu'il y a un changement pour éviter les
- 3:10risques sur la cybersécurité ? Oui,
- 3:12c'est vraiment un revirement puisque
- 3:14Donald Trump dès son arrivée, c'est
- 3:15vraiment marqué par la dérégulation de
- 3:17l'IA, leur donner un peu un feu vert
- 3:19total et par je crois que c'est le
- 3:21premier jour, il a abrogé le décret
- 3:22qu'avait pris Joe Biden son
- 3:24prédécesseur.
- 3:24Jo
- 3:25mais c'est un revirement quand même en
- 3:27demi-te parce que c'est pas une
- 3:30régulation totale du tout de l'IA qu'on
- 3:33a là. Ça va être 30 jours seulement.
- 3:35Euh, il y a une base de volontariat,
- 3:36mais bon, on peut imaginer qu'ils vont
- 3:37quand même soumettre leur modèle et ce
- 3:39sera surtout sur les risques liés à la
- 3:40sécurité nationale, la cybersécurité,
- 3:43donc plein d'autres risques ne seront
- 3:44absolument pas pris en compte. On parle
- 3:46absolument pas d'environnement, les data
- 3:47centers, ça n'a absolument rien à voir
- 3:48et cetera. Donc ça concerne quand même
- 3:50qu'une petite partie mais c'est vrai que
- 3:53les inquiétudes sur ça sont beaucoup
- 3:55monté depuis et donc il a été obligé de
- 3:57et y compris d'ailleurs dans sa base
- 3:58MAGAGA puisque Steve Banon par exemple
- 4:00est un peu le faire de lance de
- 4:02l'opposition à Lia. C'est une concession
- 4:05politique en interne mais qu'il le fait
- 4:06sur un domaine particulier. Il essaie de
- 4:08trouver un compromis, c'est-à-dire il
- 4:09lâche du l'est face à effectivement
- 4:11toute une partie de sa base, notamment
- 4:13les chrétiens aussi euh toute une base
- 4:15maga qui sont plutôt des travailleurs et
- 4:17cetera, inquiets pour leur emploi,
- 4:19inquiet de voir le prix de l'électricité
- 4:20monté à cause des data center et cetera.
- 4:22Donc il donne un un une sorte de
- 4:24concession mais ça ne concerne quand
- 4:26même qu'une partie.
- 4:27Tu peut-être un tout début d'phie de
- 4:29Sabatier. Il y a Mythos, j'en parlais
- 4:31dans l'introduction, ce phénomène Mythos
- 4:33a probablement euh entraîné aussi cette
- 4:36ce décret de Donald Trump conçu par
- 4:38Anthropique euh qui en fait peut-être
- 4:40pourrait être une machine de destruction
- 4:43redoutable parce que capable en fait de
- 4:44voir les failles dans les différents
- 4:47systèmes. Donc si un hackur s'empare de
- 4:50mythos, de ses failles, il peut
- 4:52évidemment rentrer dans n'importe quel
- 4:53système. C'est peut-être ça qui a été un
- 4:55peu le point qui a fait basculer Trump.
- 4:58En tout cas, c'est le prétexte, on va
- 5:00dire, de la cybersécurité, ça c'est
- 5:02certain. C'est de dire voilà, il s'agit
- 5:03aujourd'hui de protéger le monde de
- 5:06risque d'attaque sur nos systèmes et
- 5:09notamment nos systèmes d'intelligence
- 5:10artificielle. Je dis que c'est un
- 5:12prétexte parce que je suis pas sûr que
- 5:15Donald Trump soit très friant de ce que
- 5:17fait Mario Amode avec Anthropique he
- 5:19sachant le passif qu'ils ont ensemble
- 5:23autour de du contrat du département
- 5:25puisqu'il s'était opposé au Pentagone.
- 5:27Voilà. euh de la guerre comme il
- 5:29l'appelle Donald Trump, il s'était
- 5:31opposé justement à euh donner toutes les
- 5:34clés de euh son intelligence
- 5:36artificielle en souhaitant qu'il y ait
- 5:38quand même quelques limites éthiques qui
- 5:39soient imposées.
- 5:40Et donc il avait été banni de la Maison
- 5:42Blanche
- 5:43exactement euh et puis même au-delà il
- 5:45devenait une entreprise suspecte en fait
- 5:47qui risquait de causer du tort à toute
- 5:49l'administration et aux États-Unis. Donc
- 5:52je je pense que c'est un prétexte ce
- 5:53sujet de de la cybersécurité. Il faut
- 5:56aussi voir que c'est un important pour
- 5:59les Américains de garder la main sur
- 6:01l'intelligence artificielle, l'avance
- 6:03qu'ils ont aujourd'hui. C'est aussi une
- 6:05façon de dire nous on prend de l'avance
- 6:07finalement aussi sur la partie sécurité
- 6:10informatique. C'est pas forcément un
- 6:13signal de régulation ce qui fait parce
- 6:14que c'est quand même sur la base du
- 6:16volontariat. Donc les les les big tech
- 6:19aujourd'hui ne sont pas obligés de
- 6:20soumettre à un contrôle de sécurité leur
- 6:23système hein. C'est sils ont envie. Et
- 6:25puis c'est un petit contrôle de 30
- 6:26jours, donc c'est pas non plus hyper
- 6:28contraignant.
- 6:29Alors sur l'Europe en revanche
- 6:32Julie Huget Andropique a proposé donc à
- 6:34l'agence européenne justement d'avoir
- 6:36accès un accès encadré à Mythos. Euh là,
- 6:39l'Europe a fait pression tout de même
- 6:41pour justement qu'Antropique lui donne
- 6:43euh ce système avant de le mettre
- 6:45finalement euh sur le marché européen.
- 6:49En fait, euh l'Europe a compris euh et
- 6:52surtout l'Europe euh a décidé de choisir
- 6:54un peu une troisème voie quand on parle
- 6:56d'intelligence artificielle euh et de
- 6:58développer
- 7:00ses propres infrastructures sur
- 7:01l'ensemble de la chaîne de valeur de
- 7:03l'intelligence artificielle. Donc autant
- 7:05fin du semi-conducteur aux
- 7:06infrastructures jusqu'aux applications
- 7:08d'intelligence artificielle. On a bien
- 7:09compris qu'aujourd'hui ce qui comptait
- 7:11avant tout c'est de maîtriser l'ensemble
- 7:13de cette chaîne de valeur de pouvoir la
- 7:15réglementer et imposer finalement une
- 7:18manière de développer les solutions mais
- 7:20aussi de les utiliser en Europe qui nous
- 7:22soient propre. Je crois que c'est ça
- 7:24aujourd'hui qui compte par-dessus tout.
- 7:26Et donc qui ce qui ce qui est en train
- 7:28de se dessiner progressivement, c'est à
- 7:30la fois euh une demande envers les
- 7:33solutions euh qui ne sont pas
- 7:34européennes de respecter ce qui ce qui
- 7:36est en train de se construire ici en
- 7:38Europe et une volonté très forte de
- 7:40venir accélérer nos solutions
- 7:42européennes pour qu'on puisse et bien
- 7:44avoir des champions et ne plus dépendre
- 7:46non plus des solutions internationales
- 7:48qui ne se seraient pas développées de la
- 7:51manière dont on le souhaiterait ici en
- 7:53France et en Europe. Ça a demandé de
- 7:55sacr efforts. Euh Fabio Génar, vous qui
- 7:57êtes l'entrepreneur, vous avez mis au
- 7:59point cette IA. Donc qui pourrait
- 8:00finalement en soit participer même à un
- 8:02contrôle de masse puisqu'il s'agit de
- 8:04vidéos, d'enquête. Vous avez en tête
- 8:07justement ces limites qu'on doit mettre
- 8:09à Lia pour ne pas comme Amodé par
- 8:11exemple comme Nario Amod pour ne pas
- 8:13qu'elle tombe justement entre des mains
- 8:15qui en fasse un contrôle de masse.
- 8:17Ouais, c'est très juste. Euh nous ce
- 8:19qu'on fait chez AIO c'est de l'analyse
- 8:21d'images par intelligence artificielle
- 8:22et vous avez raison l'une des
- 8:24applications, c'est l'analyse de la
- 8:25vidéo protection dans les villes, dans
- 8:27les infrastructures critiques, l'analyse
- 8:29des images issues des militaires, des
- 8:31forces de sécurité intérieure de la
- 8:32police. Donc des images très sensibles.
- 8:34Au fond, je crois qu'il y a deux
- 8:35contrôles là-dessus que les Européens
- 8:36s'appliquent très largement. D'abord, un
- 8:38contrôle légal. Il n'y a aucun continent
- 8:40dans le monde qui a des normes de
- 8:42contrôle de la vie privée comparable à
- 8:44l'Europe et par ailleurs un contrôle que
- 8:45chaque entreprise s'ablique. Nous on ne
- 8:47prend pas des décisions au hasard
- 8:48d'aller déployer dans tel et tel pays.
- 8:50On sait que c'est des produits qui sont
- 8:51sensibles et avant de se déployer dans
- 8:53un pays, on s'assure que ça ne pourra
- 8:54pas faire de mal en quelque sorte.
- 8:56Donc vous êtes pour le fait que Anthopic
- 8:57donne justement Mythos d'abord à un
- 9:00contrôle européen avant qu'il soit mis
- 9:02sur le marché. C'est important.
- 9:04Je dois dire que on a l'air de découvrir
- 9:07que le régulateur, quel qu'il soit, un
- 9:10état, une agence a le droit de vérifier
- 9:12ce que fait une entreprise. Nous, on se
- 9:14soumet quotidiennement à des contrôles
- 9:16de l'État. On se soumet à la directive
- 9:17Nice 2 qui n'a rien inventé et qui en
- 9:20quelque sorte oblige à des normes de
- 9:22cybersécurité. Il y a rien de choquant à
- 9:23ça. Mon
- 9:24ou ça choque Samtman hein par exemple.
- 9:25Ça choque effectivement ses euh ses
- 9:27entrepreneurs américains milliardaires.
- 9:29Mais peut-être pas justement Dario Modé,
- 9:31le patron d'Andhropique qui est un peu
- 9:33différent. Vous le sentez vous différent
- 9:34des autres ?
- 9:35Écoutez, j'ai pas une relation
- 9:36quotidienne avec Dario à Modé pour lui
- 9:38poser la question dans sa philosophie
- 9:39mais effectivement il y a des il y a des
- 9:40philosophies qui sont très différentes
- 9:41dans cet univers là dans le rapport à la
- 9:43régulation. En effet
- 9:44après je pense que c'est aussi une
- 9:45question de discours parce que dans les
- 9:48faits Mario Mod quand même fait à peu
- 9:50près la même chose quand même que tous
- 9:51les autres. Donc il est pas il ne freine
- 9:54pas le déploiement de l'intelligence
- 9:56artificielle, il est pas en régulateur.
- 9:59Il se voilà, il a il a un discours
- 10:01éthique, il prévient des risques, il
- 10:04aimerait que d'autres s'occupent
- 10:06justement de contrôler ces risques, mais
- 10:09ça s'arrête là. Ça reste un entrepreneur
- 10:12qui euh qui est d'ailleurs ravi des
- 10:13décisions que prend Donald Trump pour ne
- 10:16pas trop réguler son secteur. Alexandre
- 10:19Picard, il y a quand même une inquiétude
- 10:20très grandissante aux États-Unis. Euh,
- 10:22on le disait sur il y a une opposition
- 10:24très forte à la construction des data
- 10:25center. 80 % des Américains sont
- 10:28inquiets de l'intelligence artificielle.
- 10:29Ça ça vraiment sont dans les toutes
- 10:31dernières enquêtes.
- 10:34Comment justement dans le pays de
- 10:35l'entrepreneuriat on peut expliquer on
- 10:38peut expliquer cela ? Effectivement, ils
- 10:42sont très en pointe et par ailleurs, ils
- 10:43dessinent aussi un monde dans leur
- 10:45discours qui peut à la fois faire office
- 10:48de paradis pour eux, mais qui peut être
- 10:49aussi assez inquiétant. Il y en a qui
- 10:51parlent de fin du travail et cetera donc
- 10:53forcément
- 10:54hypnésariste
- 10:55Ouais. Et bien sûr, tout à fait bien sûr
- 10:58qui par ailleurs pour certains
- 10:59considèrent que la démocratie est un
- 11:01système qui fonctionne pas, que
- 11:03finalement un bon entrepreneur de la
- 11:04tech ce serait finalement mieux et plus
- 11:06simple et plus vertical. Mais du coup
- 11:08euh c'est vrai que ce qui est
- 11:10intéressant, je trouve là-dedans,
- 11:11notamment vu des Européens, c'est que
- 11:15même aux États-Unis, il y a une demande
- 11:17de régulation. Et donc, c'est pas si
- 11:19simple que de dire les Européens veulent
- 11:21réguler et les Américains veulent pas
- 11:22réguler. Parce qu'en fait la question de
- 11:25l'acceptation en fait, si on régule pas,
- 11:27il y aura peut-être un problème
- 11:28d'acceptation de cette technologie. Et
- 11:31même aux États-Unis qui pourtant sous
- 11:33Donald Trump avec les big tech qu'ils
- 11:35ont actuellement, on peut pas faire plus
- 11:36dérégulateurs que ça et plus puissant.
- 11:39Trump est un vrai dérégulateur alors que
- 11:40Joe Biden n'est témoins.
- 11:41Tout à fait mais tout à fait mais ils
- 11:44sont dans une configuration, ils sont
- 11:45les plus puissants, ils dominent tout,
- 11:47les boîtes veulent pas réguler et Donald
- 11:49Trump et veut leur donner un blanc sein
- 11:51et c'est leur soutien et ben même là-bas
- 11:53coince. Donc c'est intéressant de voir
- 11:55et parce que c'est aussi souvent on dit
- 11:57c'est soit la régulation soit
- 11:58l'innovation mais finalement peut-être
- 12:00que si on rule pas on aura pas
- 12:02l'innovation non plus. Donc c'est aussi
- 12:04une condition de créer l'acceptation et
- 12:06c'est pas forcément des choses même
- 12:07là-bas par exemple quand un adolescent
- 12:10se suicide et qui discutait avec depuis
- 12:134 ou 5 mois avec Chat GPT et ben ça des
- 12:15élus républicains qui sont pourtant du
- 12:17compte dans l'anel Trump disent "Ah
- 12:18c'est pas normal nos enfants et cetera
- 12:20et donc du coup il y a plein de sujets
- 12:22en fait sur lesquels eux aussi ils
- 12:23réagissent. Donc quand finalement on dit
- 12:25"Oh là là, les gens de Bruxelles ils
- 12:26sont là, ils obligent à censurer les
- 12:29chatbotes et cetera." Mais en fait aux
- 12:30États-Unis, il y a des gens qui pensent
- 12:31la même chose parce que c'est peut-être
- 12:33du bon sens parfois.
- 12:34Delphine Sabattier lundi en France, il y
- 12:36a eu ce sommet TF France, la grand messe
- 12:39des investissements étrangers. Il y a
- 12:40une moisson record avec l'IA 93
- 12:44milliards d'euros d'investissement
- 12:45confirmés qui représentent la création
- 12:46de 15600 emplois en France. Alors
- 12:49évidemment, on est toujours sur cette
- 12:50question. les robots finalement, est-ce
- 12:52que ce sont nos adversaires ou nos
- 12:54alliés ? Est-ce qu'ils menacent
- 12:55l'humanité ? Ça c'est un autre sujet.
- 12:57Mais même sur là, on parle de 15000
- 12:58créations d'emplois. Bon, ce sont des
- 13:00investisseurs étrangers, donc il y a
- 13:01aussi sont pas français mais ça crée des
- 13:04emplois. C'est complexe.
- 13:06Oui, c'est c'est complexe parce qu'on
- 13:07nous dit ça crée des emplois et puis ça
- 13:09va créer de nouveaux emplois aussi. OK,
- 13:11ça va en détruire mais il va y avoir
- 13:13l'émergence de nouveaux métiers. Donc
- 13:15ça, tout ça, c'est vrai. Ce qui est
- 13:16compliqué à gérer, c'est la transition.
- 13:18C'est-à-dire que la transformation
- 13:20technologique est rapide, la
- 13:21transformation en revanche ressources
- 13:23humaines en entreprise, c'est un peu
- 13:24plus lent. Ah
- 13:25oui, c'est donc Julie Huget, comment
- 13:28vous voyez vous ces annonces ? Parce
- 13:30qu'on parle de souveraineté européenne
- 13:31et en même temps on fait venir des
- 13:33investisseurs étrangers pour créer des
- 13:35emplois. Donc il y a des contradictions
- 13:36et puis l'Europe est très dépendante à
- 13:38hauteur de 80 % de tout ce qui est
- 13:40américain aujourd'hui encore dans
- 13:41l'intelligence artificielle.
- 13:43Oui. Alors tout à fait, il y a beaucoup
- 13:44de choses à dire. Alors sur le fait des
- 13:45investissements en France, c'est quand
- 13:46même très intéressant quand ce sont des
- 13:48investissements qui sont fléchés comme
- 13:49là c'est le cas vers la construction
- 13:51d'infrastructures en France parce que
- 13:53donc ça veut dire des data center pour
- 13:54être clair.
- 13:55Exactement. En fait, une partie des
- 13:56daters vont aussi pouvoir servir des
- 13:58entreprises françaises. On a besoin
- 14:00d'avoir des capacités de calcul aussi
- 14:01sur le sol français et ce qui va éviter
- 14:03justement que une partie de nos
- 14:05entreprises aillent dans d'autres pays
- 14:06pour utiliser des des ces
- 14:08infrastructures. Donc on a besoin, c'est
- 14:09ce que je disais tout à l'heure, mais
- 14:10vraiment de l'ensemble de la chaîne de
- 14:13de valeur de l'intelligence artificielle
- 14:14et les infrastructures en font partie.
- 14:16Bien sûr que à côté et c'est évident, il
- 14:19faut qu'on aille renforcer notre
- 14:20souveraineté et ça passe par l'émergence
- 14:22de nos propres champions.
- 14:24Vous parliez de d'anthropique, en fait,
- 14:26il faut qu'on puisse avoir en France et
- 14:28en Europe nos propres anthropiques comme
- 14:30on a Mistrral qui est en train de se
- 14:31développer comme on en a d'autres. En
- 14:33fait, c'est essentiel. Si ces
- 14:34entreprises elles arrivent à passer à
- 14:36l'échelle, on pourrait être autonome et
- 14:37maîtriser pleinement la manière dont on
- 14:40développe les IA, notre culture, les
- 14:42données où elles sont stockées et
- 14:43cetera. Donc ça c'est indispensable et
- 14:45c'est ce quoi évidemment on travaille.
- 14:47La route est longue.
- 14:48Alors la route est longue évidemment il
- 14:50y a il y a de nombreux challenges mais
- 14:51en France on a quand même de nombreux
- 14:53atouts aussi. La course Alia c'est pas
- 14:55uniquement la course au fond c'est la
- 14:58course des talents avant tout. Donc déjà
- 15:00en France on a la chance d'avoir parmi
- 15:02les meilleurs chercheurs en terme
- 15:03d'intelligence artificielle. C'est la
- 15:05course à l'énergie. On l'a dit. On a une
- 15:07énergie décarbonée qu'on retrouve pas
- 15:09ailleurs. Euh,
- 15:11est-ce qu'on va te retrouver des
- 15:12opposants justement à la création de ces
- 15:13data center dans le nord de la France ?
- 15:15Pour l'instant, on n' pas encore ru ça
- 15:17en France, mais ça arrive aux États-Unis
- 15:19et ça pourrait aussi arriver en France.
- 15:21Énergivor, des problèmes de l'eau
- 15:23lorsque vous construisez les data
- 15:24center.
- 15:25Je pense qu'en France, on est quand même
- 15:27très
- 15:28attentif euh à la fois au sujet bah
- 15:31d'énergie, de décarbonation, de
- 15:33d'environnement. Donc je pense que on a
- 15:36on sait qu'on a besoin de construire des
- 15:37infrastructures mais qu'on saura très
- 15:38certainement aussi mettre les limites et
- 15:40réguler lorsqu'on on on aura dépassé ou
- 15:43du moins plutôt pour éviter de dépasser
- 15:45nos capacités. Donc je m'inquiète pas
- 15:46tellement là-dessus. Je pense que
- 15:48aujourd'hui on est plutôt dans une phase
- 15:49où on a besoin de construire en France.
- 15:51Donc c'est tout à fait logique qu'on
- 15:52soit amené à développer nos propres data
- 15:55center, à avoir plus d'investissements
- 15:56sur ces sujets et euh et je pense que
- 15:59c'est aussi pour ça que sur cette
- 16:00partie-là, on n pas encore en tout cas
- 16:02d'opposants parce que voilà, c'est
- 16:03quelque chose qui est maîtrisé et et qui
- 16:05est cohérent par rapport à nos besoins
- 16:08actuels quoi.
- 16:08Cohérent et encore un peu nouveau. Fabio
- 16:10Génarie, vous étiez favorable justement
- 16:11à ces investisseurs étrangers qui
- 16:13viennent en France à construire
- 16:14justement ces data center. Pour vous,
- 16:16c'est important que ça soit aussi dans
- 16:18l'hexagone.
- 16:19Ouais. Ouais, c'est important. C'est une
- 16:20enfin on voit l'intelligence
- 16:21artificielle comme une technologie
- 16:22isolée part d'une chaîne qui qui va du
- 16:25hardware de la fabrication de puce
- 16:27jusqu'à des caméras dans notre cas et
- 16:30puis aussi la fabrication logiciel. Si
- 16:32on n'internalise pas d'une certaine
- 16:33manière l'ensemble de cette chaîne, on
- 16:34reste vulnérable à toutes les étapes.
- 16:36Le capital quand même. Oui, allez-y.
- 16:38On est d'accord tous les deux, je crois,
- 16:39pour dire qu'il y a quand même déjà des
- 16:41frictions euh aujourd'hui sur le sujet
- 16:43des data centers en France, dans les
- 16:44territoires et puis il y a des
- 16:45mouvements en France euh antité qui anti
- 16:49qui réclament une pause. Enfin, ça
- 16:51existe déjà. Il y a il y a déjà des des
- 16:53frictions que ce soit sur
- 16:54l'environnement mais même plus largement
- 16:56sur d'ailleurs le titre que vous avez
- 16:58choisi he est-ce que l'IA est pas hors
- 16:59de contrôle ? Est-ce qu'on doit vraiment
- 17:00y aller ? qu'on est obligé. Euh ces
- 17:03questionnements, ils existent déjà chez
- 17:04nous, hein.
- 17:05Ouais, c'est vrai. Mais il y a peut-être
- 17:06un point souvent quand on dit
- 17:07régulation, innovation euh de dire
- 17:10finalement on peut peut-être réguler
- 17:11mais pour en même temps que ça ne freine
- 17:13pas les champions qu'on espère avoir
- 17:16comme Mistral et cetera, faut aussi
- 17:18avoir une politique industrielle et les
- 17:20soutenir. Et donc, vous aviez parlé de
- 17:22la politique de Bruxelles qui là met un
- 17:25pied pour la première fois dans la
- 17:26logique de préférence européenne. C'està
- 17:28dire finalement toutes les entités
- 17:30publiques, les collectivités, les
- 17:32mairies, les administrations, les
- 17:33ministères et cetera, tous ceuxlà qui
- 17:34vont acheter je ne sais combien de trucs
- 17:36d'IA, comme ils ont acheté du cloud et
- 17:38des la bureautique et cetera depuis des
- 17:40années, au lieu de donner 90 % aux
- 17:43Américains comme on a fait jusqu'ici, il
- 17:44faudrait en donner une part
- 17:46substantielle aux Européens. le
- 17:47Parlement européen qui adopte Quant,
- 17:49enfin en tout cas qui a mis en place
- 17:51Quant et ça euh c'est quelque chose
- 17:54qu'en tout cas des gens comme Mistral
- 17:56réclament sous-entendu euh ne nous
- 17:58mettez pas forcément de la régulation
- 18:00mais aidez-nous et ben peut-être qu'on
- 18:01peut faire les deux quoi.
- 18:02Aidez-nous plutôt que réguler.
- 18:04Ouis
- 18:05Fabio Génal
- 18:06sur ce point de la souveraineté.
- 18:07Aujourd'hui, on a beaucoup d'acteurs
- 18:08européens qui réclament de la
- 18:10souveraineté, qui réclament de l'achat
- 18:11européen. Nous, on est très convaincu
- 18:12chez Orasio que la souveraineté, ça se
- 18:15décrète pas et que on travaille avec des
- 18:17forces spéciales partout en Europe, on
- 18:19travaille avec des polices partout en
- 18:20Europe, on travaille en Ukraine avec des
- 18:22gens pour lesquels la souveraineté est
- 18:23un argument très secondaire quand vous
- 18:25avez ce genre d'impératif opérationnel,
- 18:27on pense qu'on gagnera notre
- 18:28souveraineté avec des entreprises
- 18:29européennes qui sont meilleurs
- 18:31techniquement, commercialement que leurs
- 18:33concurrents israéliens, américains,
- 18:35chinois, en tout cas sur notre
- 18:36technologie. Donc vous êtes euh vous
- 18:38avez une approche concurrentielle vous
- 18:39euh mais enfin Arthur Mench donc qui est
- 18:42le patron administral l'autre jour a
- 18:44fait une audition très remarqué devant
- 18:45des parlementaires où d'ailleurs il y
- 18:47avait pas grand monde mais euh euh
- 18:48il regardait l'audition en visio he
- 18:51voilà donc il a il a Oui. Oui. Non non
- 18:52c'est tout à fait possible. Alors, c'est
- 18:53vrai, pas de populisme, non, c'est vrai.
- 18:55Euh mais il a dit en gros que ouais, il
- 18:59fallait aider
- 19:02par cette demande publique les
- 19:04entreprises comme la sienne pour pouvoir
- 19:05investir et donc avoir des modèles
- 19:08meilleurs. On reproche notamment à
- 19:09Mistrral d'avoir des modèles légèrement
- 19:11moins bons peut-être que les meilleurs
- 19:12dans Tropique et cetera, mais bon euh il
- 19:14faut voir les montants investis, donc
- 19:15peut-être que ça peut malgré tout aider
- 19:17aussi dans la logique de d'excellence et
- 19:19de performance. Al, il est hyper
- 19:22puissant aux États-Unis.
- 19:24C'est un un levier incroyable pour
- 19:26toutes les les
- 19:27même que SpaceX a bénéficié bien une
- 19:29fois de de contrat public de l'armée
- 19:31américaine de et cetera et là beaucoup
- 19:34beaucoup d'argent beaucoup trop ou
- 19:36parent équipe l'armée américaine c'est
- 19:38évident que c'est un soutien même pour
- 19:39les entrepreneurs privés quand il voi ah
- 19:41vous équipez l'armée américaine vous
- 19:43devez être super quoi. Oui, mais alors
- 19:44justement euh encore une fois la
- 19:46préférence européenne ou préférence
- 19:48française pour ces technologies euh
- 19:49quand elles sont quand même très
- 19:51dominées par euh les États-Unis, par les
- 19:53technologies américaines, c'est quand
- 19:54même pas évident. Il faut renoncer à
- 19:56Google pour euh adopter. Il faudrait
- 19:59enfin, il faudrait renoncer à toute l'IA
- 20:01américaine pour effectivement adopter
- 20:03l'IA de Mistral. Mais enfin, qui va
- 20:05faire ça en Europe aujourd'hui ? C'est
- 20:07ça aussi. Si euh moi je pense que tout
- 20:09ce qui s'est passé ces derniers mois
- 20:10nous a montré à quel point en fait on
- 20:13était dépendant de solution et à quel
- 20:14point on avait plus le choix. Et en fait
- 20:16cet élan de souveraineté, cette
- 20:18préférence européenne, elle est
- 20:20évidemment elle passe par la
- 20:21réglementation qui est en train de se
- 20:22mettre en place. On commence à affirmer
- 20:24vouloir une préférence mais c'est aussi
- 20:26une transformation culturelle. Et alors
- 20:28là où je te rejoins, c'est
- 20:29qu'effectivement il faut pas opposer
- 20:31souveraineté et excellence. faut que nos
- 20:33boîtes, elles continuent à se mettre en
- 20:34concurrence, à chercher à développer les
- 20:36meilleures solutions. Mais néanmoins,
- 20:38nous ce qu'on constate à la mission
- 20:39Frenchtech, c'est qu'en fait cette
- 20:41transformation culturelle, elle est en
- 20:42train d'avoir lieu notamment auprès des
- 20:45acteurs privés, tous les grands comptes
- 20:46privés en France et en Europe. Euh et
- 20:49pas que d'ailleurs, c'est pas qu'une
- 20:50souveraineté européenne, on a aussi des
- 20:51alliances avec d'autres partenaires qui
- 20:52ont envie aussi de de diminuer leur
- 20:55dépendance avec notamment les
- 20:56États-Unis.
- 20:57Tout à fait. Je pense par exemple,
- 20:58j'étais récemment au Japon, en Corée, je
- 21:02pense à l'Amérique latine
- 21:04Bank par exemple of Dun en France.
- 21:07Tout à fait. Tout à fait. qui a eu lieu
- 21:08suite à la visite dans laquelle donc euh
- 21:11àquelle j'ai participé hein du président
- 21:13de la République qui était récemment au
- 21:15Japon et en Corée. Et en fait, on voit
- 21:18bien qu'on a envie de construire une
- 21:21finalement une stratégie commune qui va
- 21:24nous permettre de faire émerger des
- 21:25champions en dirigeant notre commande.
- 21:27En fait, tous ces pays dirigent leurs
- 21:29commandes et les et les entreprises de
- 21:31ces pays jouent le jeu parce qu'elles
- 21:32ont tout intérêt à avoir des solutions
- 21:34qu'elles peuvent maîtriser et sur
- 21:36lesquelles elles savent qu'elles ne vont
- 21:37pas avoir de menaces à la moindre
- 21:39mésente entre guillemets politique
- 21:41aussi. Donc cet élan, il est bien réel
- 21:43de de chez les entreprises. On le
- 21:45constate. Nous, on a un programme à
- 21:46notre niveau en France qui s'appelle je
- 21:48choisis la Frenchtech où les entreprises
- 21:49s'engagent financièrement mais aussi
- 21:50culturellement à transformer leur
- 21:52politique d'achat. Ça va jusque là.
- 21:54C'estàd qu'on passe d'une politique
- 21:55d'achat zéro risque qui favorise les
- 21:57grands acteurs, du coup plutôt américain
- 21:59à une politique où on dit à nos
- 22:00acheteurs allez-y, prenez le risque en
- 22:02fait vous n'allez pas être puni si on se
- 22:03trompe et on va y aller ensemble. ce qui
- 22:05va nous permettre de s'assurer la
- 22:06pérennité des entreprises puisqu'on est
- 22:08plusieurs à les choisir et donc ces
- 22:10entreprises vont grandir, être pérennes
- 22:11dans le temps et donc on aura nos
- 22:13champion. Mais pour grandir, il faut de
- 22:14l'argent Fabio Genar, ça reste aussi un
- 22:16peu le cœur du problème, c'est-à-dire
- 22:17pas de capital en Europe, en tout cas
- 22:19suffisamment peut-être un peu en
- 22:21Angleterre, mais en France comment
- 22:22justement grandir avec on fait des tours
- 22:25de table mais souvent il y a des
- 22:27investisseurs américains d'ailleurs qui
- 22:29vont aussi financer une partie des
- 22:31pépites françaises. Donc c'est tant
- 22:33qu'il y aura pas de marché financier
- 22:36unifié en Europe, comment justement
- 22:38palier ce manque de financement ? C'est
- 22:40un c'est une question qui nous est
- 22:41souvent posée, qu'on retrouve souvent
- 22:43comme l'obstacle au développement de
- 22:44l'intelligence artificielle et champion
- 22:46pour vous.
- 22:47Non, je crois pas. Euh on est enfin on
- 22:49est un exemple hein parmi d'autres.
- 22:51Nous, on a fait une levée de fond de 16
- 22:52millions d'euros l'an dernier au tout
- 22:53début du projet. Une levée de fond de 16
- 22:55millions d'euros en SID pour une
- 22:57entreprise de notaille, c'est assez
- 22:58rare. Et de ce fait, on n' pas d'excuses
- 23:01financières par rapport à nos
- 23:02concurrents américains, israéliens,
- 23:04chinois à ce stade de notre projet.
- 23:06C'est pas un problème d'argent. Cet
- 23:08argent, il est intégralement européen.
- 23:09On a des finans qui sont français,
- 23:11allemands, polonais. Donc faire un tour
- 23:13de table européen pour des entreprises
- 23:14comme nous aujourd'hui, c'est possible.
- 23:16Et je pense que le problème de
- 23:17financement, il se pose pour des tours
- 23:19très supérieurs avec des tickets au-delà
- 23:20de plusieurs centaines de millions
- 23:22d'euros. Et je veux dire avant d'
- 23:24arriver pour votre groupe si vous
- 23:25grandissez encore
- 23:26sans doute mais ce que je veux dire
- 23:27c'est que ce problème financier il est
- 23:30beaucoup moins prégant qu'il ne l'était
- 23:31il y a quelques années et je pense que
- 23:33il faut réaliser aujourd'hui qu'on a des
- 23:34investisseurs qui sont prêts à faire des
- 23:36paris mettre des tickets importants sur
- 23:38des entreprises européennes à condition
- 23:39que la tech suive
- 23:40donc il y a plus de capital à risque il
- 23:41y a plus de business angel enfin tout ce
- 23:44qui existe dans le monde anglo-saxon
- 23:46beaucoup plus
- 23:46la levée de fond de Yan Lequin avec Amy
- 23:49Lab l'a montré récemment c'est une levée
- 23:50de fond early stage d'un milliard
- 23:52d'euros qui a été fait en Europe. Donc
- 23:54en fait, c'est tout à fait possible
- 23:55aujourd'hui de lever des fonds en
- 23:56Europe. Et il n'y a pas que les fonds
- 23:59investissement. Une fois de plus, la
- 24:00commande et c'est ce qu'on disait est un
- 24:01levier qui est sous-exploité encore chez
- 24:03nous le jour où on aura débloqué cette
- 24:05commande d'ailleurs pourquoi est-ce que
- 24:07c'est la commande publique n'est pas il
- 24:09y a pas de préférence nationale ou
- 24:11préférence demande depuis très
- 24:12longtemps. Emmanuel Macron par exemple
- 24:14demande depuis 2017 la France est pour
- 24:17mais en fait c'est pas la culture de
- 24:19l'Union européenne et notamment les
- 24:20Allemands se disent bon bah ok mais si
- 24:21on fait ça et que derrière les
- 24:23Américains nous disent bon bah ok on
- 24:24ferme sur les BMW
- 24:27toujours des questions d'équilibre
- 24:28aujourd'hui on demande du GNL américain
- 24:31parce que on a des pu de gaz russes donc
- 24:33les Allemands ils en servent beaucoup
- 24:34ils ont pas de centrale nucléaire comme
- 24:35nous donc c'est ça les problèm c'est
- 24:37l'aide à l'Ukraine. C'est ça fait partie
- 24:38d'un truc beaucoup plus large et les
- 24:40tensions aujourd'hui avec les États-Unis
- 24:43renforcent la question justement
- 24:46de la souveraineté même pour des acteurs
- 24:48privés parfaitement rationnels,
- 24:50parfaitement libres dans le marché. On
- 24:52peut se dire en tant que grande boîte du
- 24:53CAC 40 aujourd'hui que finalement avant
- 24:56on aurait pas imaginé "Ah mais qu'est-ce
- 24:58qui se passe si on me coupe l'accès à ce
- 25:01logiciel américain que j'ai déployé dans
- 25:03tous mes et ça c'est quelque chose qui
- 25:05existait pas. Ah, il y a des gens.
- 25:06Voilà. Alors qu'aujourd'hui, c'est des
- 25:08choses, c'est des questions qu'on se
- 25:09pose. Vu les le la recrudescence des
- 25:11tensions avec les États-Unis, on voit
- 25:12bien que la l'idée que les Américains
- 25:14seront toujours nos alliés, elle a
- 25:16décrue. Avant, on se disait peut-être
- 25:18ils accéderont à nos données, faut voir.
- 25:20Ouais, bon, c'est pas trop grave. Et ben
- 25:21maintenant, on se dit "Ouais, mais si on
- 25:22a plus de logiciel, c'est quand même pas
- 25:25la même chose." Et surtout si c'est de
- 25:26la défense, si c'est nos infrastructures
- 25:29d'énergie et cetera, on dit c'est quand
- 25:32même sensible. Mais la France est pas
- 25:34non plus exemplaire encore en matière de
- 25:37commande publique comme le disait Julie,
- 25:38on a encore tellement à faire euh
- 25:40parce qu'elle craint aussi les
- 25:41représailles américaine.
- 25:42Je crois pas que ce soit ça. Il y a le
- 25:44le poids des habitudes, la question de
- 25:46la prise de risque de s'aventurer sur
- 25:47des technologies qui sont pas validées
- 25:49euh depuis des années par les géants
- 25:51américains. Il y a beaucoup de choses
- 25:52qui qui entrent en jeu. Et puis il y a
- 25:55quand même un autre point qui fait qu'on
- 25:57a du mal à faire émerger aussi nos
- 25:59champions et Arthur Bench le signaler
- 26:00également, c'est vous l'avez dit, c'est
- 26:02la régulation. la réglementation au sens
- 26:04plutôt réglementation, c'est-à-dire
- 26:05qu'il y a beaucoup de poids de
- 26:07réglementation qui pèse tout de suite
- 26:10sur les épaules des des des entreprises
- 26:12innovantes et pas une fois qu'elles sont
- 26:15grandes. C'està-dire que nous ce poids
- 26:16de la réglementation, on le fait peser
- 26:18peut-être un peu aux Américains mais
- 26:20tellement tardivement, ils ont tellement
- 26:23les moyens de s'organiser, d'y répondre
- 26:25que ça ça crée une concurrence quand
- 26:27même qui est tout à fait déséquilibrée
- 26:28avec les les techs françaises ou
- 26:30européennes. C'est un peu le problème
- 26:31entre à quel moment la régulation
- 26:33étouffe justement la création la
- 26:35création de richesse, la création des
- 26:36technologies. Fabio Génarie, vous vous
- 26:38le ressentez ça ? Parce que il y a cette
- 26:40confrontation entre l'Europe et les
- 26:42États-Unis sur cette régulation. Est-ce
- 26:45qu'en tant qu'entrepreneur, on a
- 26:46l'impression que c'est trop lourd ? Oui,
- 26:49c'est c'est Oui,
- 26:50en ce qui concerne l'intelligence
- 26:51artificielle, je parle pas de la
- 26:52régulation, mais
- 26:52je parle de l'intelligence artificielle
- 26:54appliquée à la vidéo. Euh nous, on est
- 26:56un cas un peu particulier parce qu'on
- 26:57travaille à la fois dans la défense et
- 26:58la sécurité intérieure. Dans la défense,
- 27:00le cadre du RGPD par exemple ne
- 27:01s'applique pas. Donc, on est capable de
- 27:03faire techniquement tout ce que font les
- 27:04autres quand on travaille avec des
- 27:05militaires. Là, encore, on n' pas
- 27:07d'excuses, on sait tout faire
- 27:08techniquement, de la reconnaissance
- 27:09faciale dans certains cas et des
- 27:11technologies qui sont très avancées,
- 27:12très intrusives dans un cadre militaire.
- 27:15Dans le cadre civil, pour la police par
- 27:16exemple, aujourd'hui beaucoup de
- 27:19technologies sont bloquées. Vous avez un
- 27:20enfant qui disparaît dans la rue, on
- 27:21peut pas activer la reconnaissance
- 27:22faciale pour le retrouver. On comprend
- 27:24tout à fait ce qui soutend cette logique
- 27:26là. Mais en effet, il y a des cas qui
- 27:28sont étonnants, qui sont choquants
- 27:29aujourd'hui dans le niveau de
- 27:31restriction réglementaire qui est
- 27:32appliqué en Europe.
- 27:33Donc, il faut trouver évidemment le
- 27:35seuil, hein. C'est c'est ça le la
- 27:37problématique de de cette régulation. Du
- 27:39coup, on est vraiment dans un
- 27:40affrontement euh vous le sentez euh euh
- 27:42vous l'analyseriez ainsi Julie Gayet
- 27:45entre l'Europe et les États-Unis
- 27:46aujourd'hui sur cette affaire de
- 27:48l'intelligence artificielle.
- 27:51Euh je sais pas si on est dans un
- 27:52affrontement. Je pense que il y a une
- 27:54véritable course dans laquelle on doit
- 27:56s'inscrire, ça c'est sûr. Il faut qu'on
- 27:57ait nos propres solutions, c'est
- 27:59indéniable. Maintenant, je pense qu'on
- 28:01le fait un peu à notre manière. Euh on a
- 28:03un peu cette 3e voie de l'intelligence
- 28:05artificielle où euh justement euh alors
- 28:07certes euh on a beaucoup de
- 28:08réglementations, mais
- 28:09tout le monde est d'accord en Europe
- 28:11pour une éthique euh des valeurs
- 28:13européennes de l'intelligence
- 28:15artificielle. Vous avez euh
- 28:17bah je crois que oui, on a ce sens. On
- 28:18parlait tout à l'heure des ressources
- 28:20justement je pense que c'est quelque
- 28:21chose qui est essentiel. Les Français et
- 28:24les Européens ont envie d'innover. Par
- 28:26contre, on a envie de gagner cette
- 28:27course. C'està-dire qu'on a un peu perdu
- 28:28celle des gaf et là on a vraiment envie
- 28:29de se positionner. on sait à quel point
- 28:31l'intelligence artificielle est
- 28:32stratégique. Donc c'est pour ça aussi
- 28:33que on a tous ces débats entre
- 28:35régulation, innovation et et qu'on le
- 28:37prend au sérieux et qu'on a envie
- 28:38d'avancer très vite. Euh l'Europe a a
- 28:40montré récemment qu'elle avait envie de
- 28:42réguler certes, mais qu'elle avait aussi
- 28:43envie de déployer des fonds, de des de
- 28:46d'assurer des commandes envers les
- 28:48entreprises et donc vraiment de déployer
- 28:50cette IA partout. Néanmoins, veut pas le
- 28:52faire n'importe comment, je crois que
- 28:54c'est c'est quand même une satis une
- 28:56satisfaction parce que à la fin ce qui
- 28:58va compter c'est ce qu'on fait de cette
- 29:00intelligence artificielle, ce qu'on fait
- 29:01de tous ces modèles. On est on innove
- 29:03pas juste pour innover. On est là à la
- 29:04recherche aussi d'un retour ce qu'on
- 29:07appellerait le ROI dans les entreprises
- 29:09mais mais d'un retour entre guillemets
- 29:11sur investissement. Qu'est-ce qu'on va
- 29:12créer avec tout ça ? Et il s'agit pas
- 29:14juste de créer de la valeur financière,
- 29:16c'est comment est-ce qu'on va
- 29:17accompagner notre système de santé à se
- 29:19transformer ? comment on va améliorer
- 29:21l'éducation, qu'est-ce qu'on veut
- 29:23chercher à faire avec ces technologies ?
- 29:25Et je crois que ce qui est intéressant
- 29:26en Europe, c'est qu'on se pose déjà
- 29:27toutes ces questions et qu'on est en
- 29:29train de rechercher ces usages là en
- 29:30fait. Et et c'est ça que j'appelle aussi
- 29:32une troisème voie.
- 29:33Oui. Est-ce qu'elle est pas lente tout
- 29:34de même cette Europe sur l'IA ? Ben si,
- 29:37parce que après on on discute de la
- 29:40commande publique, c'est vrai, on
- 29:41pourrait enfin quelque part l'Europe a
- 29:43est en train de face à une accélération
- 29:45tous les mois, l'Europe est en train de
- 29:46basculer et de se rapprocher de ceux qui
- 29:50disaient il faut une politique
- 29:51industrielle dont la France faisait
- 29:52partie, dont Emmanuel Macron faisait
- 29:53partie. On peut lui rendre ça. Euh et
- 29:57l'Allemagne, la Commission européenne se
- 29:59rapproche de cette logique beaucoup plus
- 30:01de politique industrielle,
- 30:02d'éventuellement pouvoir orienter, de
- 30:04mettre éventuellement des subventions de
- 30:06la commande publique et cetera, ce qui
- 30:07est complètement contraire au logiciel
- 30:09beaucoup plus libéral d'ouverture des
- 30:11marchés dans tous les sens qui a quand
- 30:13même été un peu le l'ADN de base de
- 30:15l'Union européenne jusqu'ici, mais c'est
- 30:18trop lent peut-être. Donc une victoire
- 30:20lente et peut-être une défaite mais euh
- 30:23mais ça change. Vous avez
- 30:25quand on parle de quand on dit "Ah mais
- 30:26quand même, on peut pas exclure les
- 30:27Américain et cetera". C'est souvent un
- 30:29un des arguments qu'on dit par ailleurs,
- 30:30ils ont les meilleures solutions, donc
- 30:32on va pas non plus s'en passer, c'est
- 30:33normal. En fait, on parle pas de ça. On
- 30:35parle juste d'avoir peut-être un acteur
- 30:38ou 5 % du marché ou peut-être 10 %.
- 30:42Mistral n'a pas 10 % du marché de l'IA
- 30:44aujourd'hui et il y a que quatre pays
- 30:47dans le monde qui ont un producteur de
- 30:49de modèle d'IA. Les États-Unis, la
- 30:53Chine, le Canada et la France.
- 30:56Pas l'Allemagne, pas l'Angleterre,
- 30:57personne d'autre. Donc en fait, on parle
- 30:59juste de pas être complètement annihilé
- 31:01de la planète quoi, d'avoir juste
- 31:03quelque chose. Donc c'est pas non plus
- 31:04dominer et jeter les Américains à la
- 31:06mer. C'est juste avoir une microscopique
- 31:08part
- 31:09surtout qu'ils sont moins devant
- 31:10ce qui n'est pas le cas sur tous les
- 31:11autres services numériques passés.
- 31:14La Chine, ça serait intéressant aussi
- 31:15d'en d'en dire un mot parce qu'en fait
- 31:16la vraie rivalité aujourd'hui, bon
- 31:18certes l'Europe tente mais c'est quand
- 31:20même les États-Unis et la Chine, on l'a
- 31:22vu avec Bixic
- 31:24et d'ailleurs justement est-ce qu'ils en
- 31:26sont au point d'anthropique avec Mythos
- 31:29? Est-ce qu'ils ont aussi eux ce type de
- 31:32d'IA qui permettent de voir toutes les
- 31:34failles dans les différents systèmes ?
- 31:35Est-ce qu'ils en sont là ? Ça ça reste
- 31:36une question. Ils ont une capacité
- 31:38d'accélérer qui est phénoménale. Ils ont
- 31:40une force de frappe à la taille de leur
- 31:42pays. Ils ont un chemin de décision pour
- 31:45les politique publ et assez simple,
- 31:46hein, par rapport aux nôtres en Europe.
- 31:48Donc euh oui, les Américains craignent
- 31:51énormément euh la Chine en concurrent.
- 31:54Il y a Mais ce qui est intéressant parce
- 31:56que ce que disait Julie, c'est qu'il y a
- 31:57pas qu'une bataille business quand même
- 31:58là-dedans dans l'intelligence
- 31:59artificielle. C'est aussi une bataille
- 32:00culturelle parce que à travers ces
- 32:03grands modèles de langage, les
- 32:05Américains ne font pas que montrer les
- 32:07gros bras économique hein, il diffuse
- 32:09aussi voilà une manière de penser, une
- 32:12manière de s'exprimer et c'est important
- 32:14que l'Europe aussi prenne une place
- 32:16culturelle de dans cette bataille. Et ça
- 32:18ça peut peut-être aussi convaincre ceux
- 32:20qui sont les plus antisia de de
- 32:23l'importance d'exister sur sur ce marché
- 32:25face aux Américains mais aussi face aux
- 32:27Chinois.
- 32:28Vous savez, vous vous êtes confronté de
- 32:30temps en temps à l'anti absolu justement
- 32:32quelqu'un qui va reprendre l'encyclique
- 32:34du pape en disant voilà c'est un
- 32:35véritable péril, il faut revenir à
- 32:37l'humanité cia ce n'est que de
- 32:40l'efficacité de la productivité. Or
- 32:43l'être humain l'empathie c'est
- 32:44complètement autre chose et aujourd'hui
- 32:46il est mis en péril avec la vitesse à
- 32:48laquelle ça va.
- 32:48Ouais on prend pas du tout ces ces
- 32:51points-là à la légère et on pense qu'il
- 32:53y a des raisons très légitimes de
- 32:54s'interroger sur ces questions là. les
- 32:55gens qui nous rejoignent d'ailleurs,
- 32:56vous seriez peut-être étonnés de le
- 32:58constater, mais gens très sensibles à
- 32:59cette question éthique là en tout cas
- 33:00dans nos équipes.
- 33:02Et puis après, il y a la réalité de ce
- 33:04qu'on vit au quotidien. Une enquête, je
- 33:06vous donne un exemple, une enquête comme
- 33:08celle du Louvre, c'est de notoriété
- 33:09publique pour le Louvre, pour enquêter
- 33:11sur les gens qui ont fait le vol au
- 33:13Louvre. Il y a des années de vidéo
- 33:15protection à analyser. C'est-à-dire,
- 33:16vous avez les images du Loup, vous avez
- 33:17les images de la fuite, vous avez il y a
- 33:20plusieurs années sur lesquelles il faut
- 33:22enquêter. Vous vous rendez bien compte
- 33:23qu'une équipe de police, elle peut pas
- 33:25enquêter, regarder les les images à la
- 33:27main pendant des heures, des jours et
- 33:28même des années de vidéo protection.
- 33:31Donc le service que rendent des
- 33:32technologies comme celles qu'on fait par
- 33:34exemple, il peut être crucial et il met
- 33:36pas l'humain de côté. L'enquêteur de
- 33:38police, il retrouve son rôle réel qui
- 33:40est de comprimer tout ce temps d'enquête
- 33:41sur la vidéo et de se concentrer sur son
- 33:43métier réel, celui pour lequel il a été
- 33:45formé. Donc je pense que cette
- 33:46simplification de l'IA va tout
- 33:48remplacer.
- 33:49dans des cas en tout cas comme les
- 33:50nôtres, elle demande à être beaucoup
- 33:51nuancée
- 33:52pour l'instant. Vous voyez comme un
- 33:54outil qui une sorte de qui assiste
- 33:57finalement le policier ou c'est l'outil
- 34:01qui des grands assistants en fait. Ça
- 34:03sera on en est là mais ça n'est que le
- 34:05début encore non ? On a envie de dire
- 34:07quand même est-ce qu'il faudrait mettre
- 34:08plus de garde de fou Julie Julie Huget ?
- 34:11En fait, moi je pense qu'il y a
- 34:12plusieurs choses qui fait peur.
- 34:14Effectivement, d'ailleurs, c'est la
- 34:15ministre Lénorf qui le disait encore la
- 34:16semaine dernière. Je crois
- 34:17être remplacé par la machine.
- 34:19Oui, en fait, je crois que c'est 40 %
- 34:20des Français qui ont peur de
- 34:21l'intelligence artificielle, mais 75 %
- 34:23d'entre eux euh disent qu'ils ont besoin
- 34:26d'être formés. Donc, il y a déjà cette
- 34:27notion de méconnaissance qui fait peur.
- 34:30Ensuite, le deuxième point, c'est qu'on
- 34:31parle beaucoup de LIA en entreprise en
- 34:35en terme de recherche de productivité et
- 34:37donc on s'imagine que ça va supprimer
- 34:39des emplois. C'est c'est ce qui a été le
- 34:40plus repris dans les médias
- 34:42parce que c'était tous les chiffres
- 34:43affichés pendant les deux dernières
- 34:44années hein de 50 % d'emplois finalement
- 34:48les mêmes qui disaient ça reviennent
- 34:49dessus ceux qui avaient licencié
- 34:51réembauchent donc déjà on voit bien que
- 34:53c'est pas ce qu'on avait projeté ensuite
- 34:56je pense qu'il y a plusieurs sujets. Il
- 34:57y a quand même des pays et nous on en
- 34:59fait partie on y va doucement qui ont
- 35:00des problèmes démographiques.
- 35:02Une fois de plus, quand j'étais au Japon
- 35:04et en Corée, on voit qu'en fait ils sont
- 35:05pas en train de se demander si l'IA va
- 35:07détruire des emplois, mais plutôt
- 35:08comment l'IA et la robotique vont les
- 35:10aider à palier à à ce problème
- 35:12démographique. Nous aussi, on en vient,
- 35:14on voit qu'il y a déjà des pénuries dans
- 35:16certains emplois, notamment je pense par
- 35:17exemple au domaine de la santé, dans les
- 35:19hôpitaux où finalement le personnel
- 35:21soignant passe 50 % ou 60 % de son temps
- 35:24à des tâches administratives alors
- 35:26qu'ils sont déjà en pénurie de
- 35:27personnel. Euh et bien aujourd'hui, on a
- 35:29des solutions d'intelligence
- 35:30artificielle par exemple qui permettent
- 35:32de réduire ce temps d'administratif dans
- 35:34les hôpitaux, de soulager euh le
- 35:36personnel et donc d'avoir des hôpitaux
- 35:38qui fonctionnent mieux. Donc
- 35:39l'intelligence artificielle, c'est ça
- 35:41aussi. Malheureusement, on en a pas
- 35:42parlé sous ce prisme-là pendant
- 35:43longtemps. C'est pour ça que je je
- 35:44parlais de quel est le héroï qu'on veut
- 35:46aller chercher, qu'est-ce qu'on veut
- 35:48faire vraiment avec l'intelligence
- 35:49artificielle. et l'intelligence
- 35:51artificielle aujourd'hui. C'est ça. Moi,
- 35:53j'ai des centaines de cas que je vois
- 35:54avec nos start-ups, des exemples que je
- 35:56peux vous donner de finalement
- 35:58d'intelligence artificielle qui viennent
- 35:59améliorer le quotidien, qui viennent
- 36:01améliorer la vie des citoyens, qui
- 36:03permettent aux entreprises d'être plus
- 36:04compétitives. Par exemple, quand on
- 36:06parle de d'industrie en fait,
- 36:08augmenter la productivité,
- 36:10c'est même pas qu'une question
- 36:10d'augmenter la la productivité, c'est
- 36:12qu'aujourd'hui on n pas de salariés pour
- 36:14les industries, on a des métiers qui
- 36:15sont très difficiles. porter des charges
- 36:17lourdes, des accidents, un nombre
- 36:18d'accidents pas possible dans les usines
- 36:20qui peuvent être réduits si on envoie
- 36:22des robots de l'IA là où c'est dangereux
- 36:24pour l'homme. Donc c'est c'est aussi ça
- 36:26qu'on vient chercher avec l'intelligence
- 36:28artificielle, je pense bien plus.
- 36:30D'ailleurs, je connais aucun dirigeant
- 36:32qui veut détruire des emplois et qui et
- 36:34et c'est c'est pas le héroï qu'on
- 36:36recherche en fait. On recherche une
- 36:38meilleure productivité, une meilleure
- 36:39expérience, améliorer, aller chercher
- 36:41des nouveaux condition de former.
- 36:42Évidemment, faut être formé, faut la
- 36:44connaître. C'est c'est il y a vous le
- 36:45disez
- 36:46c'est une question stratégique.
- 36:47C'est une question stratégique et sur
- 36:48l'application à la guerre. En revanche,
- 36:49Alexandre Picard là, il y a tout de même
- 36:51des problèmes et d'ailleurs Andropique
- 36:53c'était il s'est opposé au Pentagone
- 36:55pour justement qu'il n'utilise pas son
- 36:59claude pour justement la reconnaissance
- 37:01faciale à la fois de ICE et puis en même
- 37:03temps le patin qu'ils utilisent pas
- 37:04qu'il n'y ait pas des machines autonomes
- 37:06qui utilisent cette technologie de
- 37:10d'entropique. Donc il y a bien un vrai
- 37:12problème sur la guerre en tout cas. Ilia
- 37:14Ouais, tout à fait. C'est en train de
- 37:15devenir vraiment un maillon essentiel en
- 37:17Iran, en Israël, en Ukraine. C'est
- 37:20absolument devenu central et un maillon
- 37:22central. Il y a un peu de façons de le
- 37:23voir. C'est vrai que il y a d'un côté
- 37:26euh c'est ce auquel
- 37:28mod faisait référence, l'idée qu'on va
- 37:30glisser de plus en plus vers des armes
- 37:32autonomes et que c'est bien sûr on a
- 37:34toutes les armées ont dans leur doctrine
- 37:35l'idée que l'humain reste dans la
- 37:37boucle, ce qui est tout à fait clair.
- 37:40Mais d'une façon pratique, on peut
- 37:42sentir qu'il y a quand même des
- 37:43obstacles à garder ce jugement humain.
- 37:46Si je valide des informations, enfin des
- 37:50décisions proposées par l'IA et des
- 37:51cibles proposées par l'IA, mais que j'ai
- 37:5425 secondes pour le faire ou que je ne
- 37:56comprends pas les données qui ont mené
- 37:58Li à suggérer cette cible, mon agrément
- 38:01peut devenir factice. Donc ça c'est un
- 38:03vrai sujet à surveiller du point de vue
- 38:05de l'éthique.
- 38:07Voilà. Et après euh à l'inverse, c'est
- 38:10vrai que si on se remet dans notre
- 38:11logique de souveraineté, par exemple
- 38:13Arthur Man, je disais l'autre jour, oui,
- 38:14mais en fait si on n pas d'IA militaire
- 38:17française européenne, euh c'est comme si
- 38:20on avait plus de dissuasion nucléaire et
- 38:22on en est bien jaloux de ça et on est
- 38:23bien content de l'avoir la dissuasion
- 38:24nucléaire. Donc si on l'avait pas, donc
- 38:26c'est vrai que c'est un vrai sujet
- 38:27régalien aussi et de souveraineté quoi.
- 38:30Ça veut dire faut mettre quand même des
- 38:31gardes fous quand vous l'appliqu vous
- 38:33l'appliquez au militaire.
- 38:34Ouais. Ouais, absolument. Le il y a
- 38:35beaucoup de gardes fou dans le cadre
- 38:37militaire. Mais je crois que cette
- 38:38question, elle est importante. Il faut
- 38:39se dire de ce que nous on voit en
- 38:41Ukraine, de ce que nous on voit avec
- 38:42toutes les armées avec lesquelles on
- 38:43travaille, la guerre va évoluer
- 38:44considérablement. La façon dont on
- 38:46faisait la guerre euh il y a 5 ans, il y
- 38:48a 10 ans n'a plus rien à voir avec la
- 38:49façon dont on la fera dans quelques
- 38:50années. Nous, notre souci en tant
- 38:51qu'industriel, c'est de s'assurer que
- 38:53nos pays disposent des capacités
- 38:55techniques pour rivaliser avec les
- 38:57autres et que demain sur des
- 38:58technologies aussi sensibles, on dépend
- 39:00pas des Chinois ou des Américains.
- 39:02Après, il charge aux démocraties, charge
- 39:04aux élus de décider quelles sont les
- 39:05règles qui s'appliquent.
- 39:08On peut peut-être aussi faire un petit
- 39:10un petit point, je pense c'est le bon
- 39:12moment sur de quoi on parle quand on
- 39:13parle d'intelligence artificielle parce
- 39:15que en fait ce qui fait beaucoup peur
- 39:17aujourd'hui c'est ce qu'on appelle les
- 39:18génératives parce qu'elles viennent euh
- 39:22prendre une place importante, je dirais
- 39:24dans l'intellectuel, dans la manière
- 39:26dont on réfléchit. On a l'impression que
- 39:27maintenant les peuvent réfléchir comme
- 39:29nous, elles peuvent s'exprimer comme
- 39:31nous, elles peuvent créer, elles peuvent
- 39:32s'emparer de nos créations aussi hein,
- 39:34piller les œuvres et tout ça. Et puis il
- 39:36y a l'intelligence artificielle avec
- 39:38d'autres branches. Euh donc j'imagine
- 39:41que vous êtes d'accord avec moi chez
- 39:42Rasio, vous travaillez pas que avec des
- 39:44I génératives hein, quand on parle
- 39:45d'intelligence artificielle, on parle de
- 39:47machine learning, de deep learning. Donc
- 39:49des logiciels qui sont capables d'être
- 39:50de plus en plus pertinents,
- 39:52intelligents, qui apprennent par
- 39:53eux-mêmes et plus autonomes. Et ça,
- 39:55c'est important aussi de peut-être de
- 39:57replacer le débat là-dessus parce que
- 39:58quand on confond tout, on sait plus quel
- 40:00combat euh prendre finalement. Donc euh
- 40:03mais l'éthique reste un sujet quelque
- 40:07soit l'intelligence artificielle.
- 40:08Exactement. Mais parfois on se trompe de
- 40:10débat en se disant "Oui, bah ça ça va
- 40:12être des supers intelligents qui vont
- 40:14remplacer les humains parce qu'on a
- 40:15l'impression que ces parlent comme
- 40:17nous."
- 40:17C'est en fait les questions éthiques,
- 40:19elles se positionnent plutôt sur
- 40:20qu'est-ce qu'on laisse comme décision
- 40:22aujourd'hui au logiciel ou non.
- 40:24Mais on en laisse de plus en plus.
- 40:25Enfin, c'est ça le risque, c'est qu'elle
- 40:27devienne autonome à un moment donné.
- 40:28Quelles sont les limites ?
- 40:29Elle pourrait même se faire ne pas être
- 40:31non seulement ne pas être d'accord avec
- 40:32les êtres humains, mais en plus ne pas
- 40:34être d'accord entre elles. Si on lit un
- 40:36peu les publications américaines,
- 40:38Alexandre Picard, ces intelligences
- 40:40artificielles.
- 40:41Oui, tout à fait. Il y a il y a toujours
- 40:43eu mais c'est très vieux en fait. C'est
- 40:44bien avant, c'est presque même une
- 40:47logique théorique au départ. C'està dire
- 40:49finalement imaginons une IA
- 40:50superpuissante, bah imaginons qu'elle
- 40:52soit plus d'accord avec nous, qu'est-ce
- 40:53qui se passerait et cetera. Mais donc
- 40:54c'est presque des débats au départ qui
- 40:56sont quasiment philosophiques.
- 40:57Aujourd'hui bien sûr,
- 40:59il prennent une acité plus forte mais il
- 41:02faut quand même garder en tête que c'est
- 41:04pas un discours le discours par exemple
- 41:06de Dario Amode dans une partie de
- 41:09Samaltman d'Yon c'est pas un discours
- 41:11consensuel pour tout le monde. Il y a un
- 41:13courant par exemple en Europe qui dit
- 41:15bah non c'est un peu du marketing de la
- 41:17peur qui magnifie de façon exagérée le
- 41:21pouvoir des intelligences artificielles.
- 41:23super intelligence telle qu'il
- 41:24l'imagine, extrêmement anthropomorphisé
- 41:26et cetera, c'est pas forcément le sens
- 41:28que ça va prendre. Et euh voilà, il
- 41:31et de l'autre côté complètement
- 41:33l'inverse. C'est-à-dire que on est dans
- 41:34la dystopie. Enfin,
- 41:36mais en fait qu'on qu'on croit à la fin
- 41:38de l'humanité ou qu'on croit à une
- 41:40utopie géniale avec l'abondance totale,
- 41:42en fait, dans les deux cas, peut-être
- 41:44qu'on magnifie un peu trop la puissance
- 41:46que l'intelligence artificielle aura.
- 41:48Peut-être qu'il y aura des
- 41:49sous-branches. Ce sera pas forcément une
- 41:50sorte de grande entité qui se qui se
- 41:52compare presque comme une espèce
- 41:54alternative à l'homme.
- 41:55Elle est très
- 41:56peut-être une vision un peu euh
- 41:58si le législateur se base là-dessus, on
- 42:00aura pas les bons sujets qui seront
- 42:01abordés en politique.
- 42:02Merci Delphine Sabatti, Alexandre
- 42:04Picard, Julie Huget. Merci beaucoup
- 42:06Fabio Génari d'avoir participé à cette
- 42:08émission. Voilà ce qu'on pouvait dire
- 42:09sur l'intelligence artificielle. On se
- 42:11retrouve demain.
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