L'affaire des BÉBÉS CONGELÉS : le procès qui a bouleversé la FRANCE — Transcript
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- 0:00La plupart du temps, apprendre une
- 0:01grossesse et comprendre que sa famille
- 0:03va s'agrandir est une nouvelle qu'on
- 0:05meurt d'envie de partager. Il y a
- 0:06d'abord ce moment suspendu où l'on prend
- 0:09conscience de ce qui est en train de se
- 0:10passer, puis l'envie de le dire à
- 0:12[musique] la personne que l'on aime, de
- 0:13la mettre dans la confidence. À deux, on
- 0:16garde précieusement ce petit secret
- 0:18avant qu'il ne devienne impossible à
- 0:19contenir. Véronique Courgeot, elle va
- 0:21tenter de faire disparaître le sien, pas
- 0:23seulement au fond de son esprit, mais
- 0:26dans le congélateur de sa propre maison.
- 0:28Son mari n'en sait rien, son entourage
- 0:30non plus. Personne ne se doute de ce
- 0:32qu'elle cache, mais ce qu'elle pense
- 0:33pouvoir garder en foui pendant des
- 0:35années va finalement être découvert. Et
- 0:37lorsque la vérité éclatera, elle
- 0:39dépassera largement les murs de cette
- 0:42maison pour devenir l'une des affaires
- 0:43criminelles les plus glaçantes de la
- 0:45France du 21e siècle.
- 0:47Véronique Courgeot.
- 0:48Véronique Courgeot.
- 0:49Véronique Courgeot.
- 0:50Qui est vraiment Véronique Courgeot ? La
- 0:52question qui est posée ce soir.
- 0:56[musique]
- 1:26Chapitre 1, une histoire presque
- 1:28ordinaire.
- 1:32Jean-Louis Courgeot a 21 ans et
- 1:34Véronique Fièvre en a 20 lorsqu'il se
- 1:36rencontre en 1987 alors qu'ils sont tous
- 1:39les deux étudiants. Jean-Louis se
- 1:41destine à une carrière d'ingénieur
- 1:43tandis que [musique] Véronique commence
- 1:44des études de sociologie qu'elle
- 1:46abandonnera assez rapidement pour
- 1:47devenir analyste programmeuse. Pour
- 1:49Jean-Louis, elle est son premier amour
- 1:52et dès leur rencontre, les deux
- 1:53étudiants ne se quittent plus. Quelques
- 1:55années plus tard, en 1994, Véronique
- 1:58attend leur premier enfant et le couple
- 2:00décide de se marier. Pour l'occasion,
- 2:02elle fait un choix pour le moins
- 2:03surprenant. Elle se présente devant
- 2:05l'hôtel vêtu d'une robe noire. Ellexa
- 2:08plus tard que sa grossesse, déjà très
- 2:10avancée, lui laissait peu d'options et
- 2:12que c'était simplement la seule robe à
- 2:14son goût. En mars 1995, né Jules, leur
- 2:18premier [musique] enfant. 1 an plus
- 2:19tard, en 1996, Véronique donne naissance
- 2:22à Nicolas. La famille s'installe d'abord
- 2:24à Villu Lacomesse en [musique] Charante
- 2:26Maritime avant de déménager à Tour. À ce
- 2:29moment-là, bah rien [musique] ne
- 2:31distingue leur histoire de celle de
- 2:32milliers d'autres familles françaises.
- 2:34Jean-Louis et Véronique [musique]
- 2:36construisent leur vie, élèvent leurs
- 2:38deux enfants et avancent ensemble depuis
- 2:40déjà près d'une décennie.
- 2:44[musique]
- 2:44Chapitre 2, le déménagement en Corée.
- 2:49Après la naissance de leurs deux
- 2:51enfants, Véronique choisit de se
- 2:53consacrer à sa famille et devient femme
- 2:55au foyer. Jean-Louis, lui, poursuit sa
- 2:57carrière dans l'ingénierie et enchaîne
- 2:59plusieurs postes, notamment chez Renault
- 3:01Sport avant de rejoindre une entreprise
- 3:03spécialisée dans les moteurs diesel pour
- 3:05bateau. Jean-Louis aime le changement
- 3:07mais aussi le voyage. Alors, lorsqu'une
- 3:09opportunité professionnelle se présente
- 3:11à l'autre bout du monde, il parvient à
- 3:13convaincre Véronique de tenter
- 3:14l'aventure. Il vient d'être recruté par
- 3:17Delphi, un équipementier automobile
- 3:19américain pour travailler en Corée du
- 3:21Sud sur le développement de moteur
- 3:23diesel. Pour la famille Courgeau, c'est
- 3:24le début d'une nouvelle vie. En 2002,
- 3:27Jean-Louis, Véronique et leurs deux
- 3:29enfants quittent la France pour
- 3:30s'installer à Séou. Ils laissent
- 3:32derrière eux leurs amis et leur famille,
- 3:34mais conservent leur maison de tour où
- 3:36ils peuvent revenir lors de leur séjour
- 3:38en France. À Séou, ils posent leur
- 3:40valises à Sello Maul, le quartier
- 3:42français de la capitale sud-coréenne.
- 3:44Quelques années plus tard, en 2005, ils
- 3:46déménageront mais resteront dans le même
- 3:48quartier. À son arrivée, Véronique
- 3:50s'intègre rapidement à la communauté
- 3:52française et s'investit dans la vie du
- 3:54lycée français où sont scolarisés ses
- 3:56deux enfants à leur âgé de 5 et 7 ans. À
- 3:59la rentrée 2005, elle y décroche à son
- 4:01tour un emploi auprès des enfants comme
- 4:03agent spécialisé d'école maternelle.
- 4:05Pendant ce temps, Jean-Louis est très
- 4:07pris par son travail. Ces journées
- 4:08commencent tôt et se terminent tard,
- 4:11laissant finalement peu de place à la
- 4:12vie de couple. Véronique confiera plus
- 4:14tard son manque d'attrait pour les
- 4:16moments intimes.
- 4:18Peu à peu, les moments qu'il se
- 4:19consacraient autrefois se font plus
- 4:21rares. Les sorties à deux disparaissent,
- 4:23les activités [musique] communes aussi.
- 4:25Jean-Louis préfère consacrer du temps à
- 4:27ses centres d'intérêt personnel comme la
- 4:29moto et leur quotidien s'organise
- 4:30désormais davantage autour de son
- 4:32travail et de la vie de famille, au
- 4:34point qu'il lui arrive parfois d'oublier
- 4:36l'anniversaire de [musique] sa femme.
- 4:37Partir vivre à l'autre bout du monde
- 4:39n'est jamais un simple déménagement. En
- 4:41quittant la France, les courgeot
- 4:42laissent derrière eux leur famille,
- 4:44leurs amis, leurs habitudes et tous ces
- 4:46repères qui rythmaient leur quotidien.
- 4:48En Corée du Sud, ils doivent tout
- 4:49reconstruire, leur environnement, leurs
- 4:52relations, leur façon de vivre. Pour une
- 4:54famille, une expatriation peut être une
- 4:56expérience extraordinaire, loin de tout
- 4:58ce qu'on connaît. On partage une
- 5:00aventure que peu de gens peuvent
- 5:01comprendre. On découvre un nouveau pays,
- 5:03une nouvelle culture et on peut avoir le
- 5:05sentiment de ne plus former qu'une seule
- 5:07équipe face à l'inconnu. Mais c'est
- 5:09aussi une expérience qui peut mettre un
- 5:11couple à rue d'épreuve lorsque les
- 5:13repères disparaissent, que les proches
- 5:15sont à des milliers de kilomètres et que
- 5:17le travail prend toute la place. Les
- 5:19difficultés qu'on pouvait autrefois
- 5:20contourner deviennent parfois
- 5:22impossibles à éviter. L'expatriation
- 5:25peut alors être un véritable qui tout
- 5:26dououble. Elle peut rapprocher de
- 5:28personnes comme elle peut au contraire
- 5:29[musique] creuser peu à peu la distance
- 5:31qui les sépare. Et pour Jean-Louis et
- 5:33Véronique, cette nouvelle vie va
- 5:34justement changer leur quotidien en
- 5:36profondeur.
- 5:39Chapitre [musique] 3, la découverte.
- 5:45Le 23 juillet 2006, Jean-Louis Courgeot
- 5:48est seul dans sa maison [musique] de
- 5:49Séou. Véronique et les enfants âgés de
- 5:5110 et 11 ans, sont en vacances en
- 5:53France. Ce jour-là, il reçoit un colis
- 5:55de macro envoyé par un ami et pour les
- 5:58conserver se dirige vers le congélateur
- 6:00familial. [musique] Il ouvre les tiroirs
- 6:02les uns après les autres à la recherche
- 6:05d'un peu de place. Puis il ouvre le
- 6:08dernier [musique]
- 6:10à l'intérieur un sac plastique.
- 6:12Jean-Louis pense d'abord à des poulets
- 6:14ou à de la viande que Véronique aurait
- 6:16acheté pour les repas de [musique] la
- 6:18famille et décide d'ouvrir le sac. À
- 6:21l'intérieur se trouve un corps enveloppé
- 6:23dans une serviette. [musique] Un
- 6:24deuxième sac attire alors son attention.
- 6:28Il l'ouvre à son tour. Ce qu'il découvre
- 6:30dans ce congélateur n'a rien [musique] à
- 6:31voir avec de la nourriture. Ce sont deux
- 6:34nouveaux nez morts conservé là depuis on
- 6:37ne sait combien de temps. Pris de
- 6:39panique, il s'empare du téléphone et
- 6:41contacte le commissariat de Bangbae,
- 6:43tentant tant bien que mal d'expliquer
- 6:45[musique] au policier au bout du fil ce
- 6:47qu'il vient de trouver. La police se
- 6:48rend immédiatement au domicile. Pendant
- 6:51que Jean-Louis répond aux questions des
- 6:52forces de l'ordre, une équipe
- 6:54médico-légale récupère les corps des
- 6:56deux bébés pour procéder à l'autopsie et
- 6:58comprendre ce qu'il s'est passé.
- 7:00Rapidement, plusieurs éléments attirent
- 7:02l'attention [musique] des médecins. Les
- 7:04bébés ne semblent avoir reçu aucun soin
- 7:06après leur naissance. Le cordon
- 7:08ombilical notamment n'a pas été
- 7:10correctement [musique] coupé. Pour eux,
- 7:12cela laisse peu de doute. Ces enfants ne
- 7:15sont pas nés dans un hôpital. Un examen
- 7:17plus approfondi permet d'aller encore
- 7:19plus loin. Leurs poumons sont
- 7:21suffisamment développés et plusieurs de
- 7:23leurs fonctions vitales étaient
- 7:24opérationnel. Les médecins établissent
- 7:26qu'ils étaient bien vivants au moment de
- 7:28leur naissance. Ces deux bébés n'étaient
- 7:30donc pas mort nés. Ils sont nés vivants
- 7:33puis ont été tués. À partir de là, une
- 7:36question devient prioritaire pour les
- 7:37enquêteurs qui sont leurs parents ? Les
- 7:41premiers soupçons se portent
- 7:42naturellement sur Jean-Louis. Il se
- 7:44soumet à un prélèvement ADN avant de
- 7:46rentrer en France 3 jours plus tard pour
- 7:48retrouver sa famille. À son arrivée, il
- 7:50raconte ce qu'il vient de lui arriver
- 7:52lors d'un repas chez ses parents en
- 7:54présence de Véronique et de son frère.
- 7:56Mais personne ne le croit vraiment.
- 7:58L'histoire paraît si invraisemblable que
- 8:01ses proches pensent d'abord à une
- 8:03plaisanterie. Jean-Louis insiste
- 8:04pourtant. Il vient réellement de
- 8:06découvrir deux bébés morts dans le
- 8:08congélateur de leur maison en Corée. Il
- 8:10finit par interroger Véronique. Comme à
- 8:12son habitude, elle reste discrète. Ses
- 8:14réponses sont vagues, évasives et rien
- 8:17dans son comportement ne semble
- 8:18particulièrement suspect à ses yeux.
- 8:20Pendant ce temps, en Corée, les
- 8:21enquêteurs cherchent eux aussi à
- 8:23identifier la mère et pour obtenir la
- 8:24réponse, ils n'ont pas besoin de la lui
- 8:26demander. Dans l'appartement familial,
- 8:28la police récupère une brosse à cheveux
- 8:30lui appartenant afin d'en extraire son
- 8:32ADN. Quelques jours plus tard, Véronique
- 8:34et Jean-Louis découvrent la nouvelle
- 8:36dans les pages du Korea Times. Les
- 8:38résultats sont tombés. Ils sont parents
- 8:41des deux bébés. En Corée, l'histoire
- 8:43fait grand bruit et devient une affaire
- 8:45nationale.
- 8:49[musique] Chapitre 4. L'incompréhension.
- 8:55Jean-Louis Courgeot n'y croit pas. Pour
- 8:57lui, il est impossible que Véronique et
- 9:00lui soient les parents de ses bébés. et
- 9:01il a une raison très concrète de penser
- 9:03que les enquêteurs se trompent. 3 ans
- 9:05plus tôt, en 2003, Véronique a subi une
- 9:08hystéctomie. Son utérus lui a été
- 9:11retiré. Depuis cette opération, elle ne
- 9:13peut donc plus mener de grossesse à
- 9:15terme. Alors, comment pourrait-elle être
- 9:17la mère de deux nouveaux nés retrouvé
- 9:19dans leur congélateur ? Les enquêteurs
- 9:21apprennent à leur tour l'existence de
- 9:22cette opération et contactent l'hôpital
- 9:24où Véronique a été opéré.
- 9:26L'établissement a conservé certains
- 9:28prélèvements réalisés lors de
- 9:29l'intervention. De nouvelles analyses
- 9:31ADN sont demandées. Les résultats
- 9:33confirment les premiers. L'ADN retrouvé
- 9:35sur les deux bébés correspondent bien à
- 9:38celui de Véronique Courgon. Cette fois,
- 9:40il y a plus de doute, les deux enfants
- 9:42du congélateur [musique] sont bien ceux
- 9:43de Jean-Louis et Véronique. Le 10 août
- 9:462006, le parquet ouvre une enquête
- 9:49préliminaire et convoque le couple au
- 9:51commissariat de tour. Interrogé, il nie
- 9:53en bloc et atteste ne pas être les
- 9:55parents. Très vite, la maison des
- 9:56courgeot est assiégée par les
- 9:58journalistes coréens venu chercher des
- 10:00réponses. La presse française s'empare
- 10:02également de l'affaire et l'emballement
- 10:05médiatique pour Jean-Louis et Véronique
- 10:07a organisé une conférence de presse pour
- 10:10s'expliquer.
- 10:12Quelques jours plus tard, il s'exprime
- 10:14devant des dizaines de journalistes
- 10:16français et coréens en présence de leur
- 10:18avocat. Face aux objectifs qui les
- 10:20mitraillent, le contraste entre les deux
- 10:22est saisissant. Jean-Louis se montre
- 10:24combat, confiant tandis que sa femme
- 10:27paraît absente, troublée et [musique]
- 10:29s'exprime à peine. Dans son discours, il
- 10:31remet même en cause les tests ADN
- 10:33réalisés par la police coréenne.
- 10:35Nous réfutons en bloc les orientations
- 10:37actuelles de l'enquête et nous ne
- 10:39comprenons pas les conclusions de ces
- 10:43analyses ADN. Sur les conseils de leur
- 10:44avocat, il conclut en annonçant qu'ils
- 10:46ne rentreront pas en Corée et qu'il
- 10:49reste à la disposition de la justice
- 10:51française, la peine de mort y étant
- 10:53toujours en vigueur.
- 10:54Nous sommes victimes d'un terrible
- 10:56lynchage médiatique. Il nous est donc
- 10:59absolument impossible de nous défendre
- 11:01là-bas.
- 11:01La presse coréenne se déchaîne pour deux
- 11:03raisons. Notamment s'il ne rentre pas,
- 11:05c'est qu'ils sont coupables.
- 11:07S'il est vraiment pas coupable, pourquoi
- 11:09il ne doit pas rentrer en Corée ? Je
- 11:11comprends pas. Et la remise en cause des
- 11:12tests ADN est perçu comme un affron.
- 11:15Dans les jours qui suivent, plusieurs
- 11:16expatriés français proches de la famille
- 11:19prennent la parole. Pour eux aussi,
- 11:21cette histoire semble impossible. Les
- 11:23courgeot recevaient régulièrement des
- 11:25amis chez eux. Lors des repas, certains
- 11:27invités passaient même par la cuisine
- 11:29pour aider à préparer ou à débarrasser.
- 11:32Comment personne n'aurait-il pu
- 11:33remarquer la présence de deux
- 11:35nourrissons dans le congélateur ? Le
- 11:38doute commence alors à s'installer. D'un
- 11:41côté, Jean-Louis affirme ne rien savoir
- 11:43de ses enfants. De l'autre, Véronique
- 11:45subit une hystéctomie 3 ans plus tôt.
- 11:48Une opération qui, en théorie rend
- 11:50impossible toute nouvelle grossesse. Et
- 11:52pourtant, les analyses ADN affirment le
- 11:54contraire. Face à ces éléments
- 11:56incompatibles, la presse française
- 11:57s'interroge à son tour. Certains médias
- 12:00évoquent une possible erreur d'analyse
- 12:02et reprennent largement la version
- 12:03défendue par le couple. Fin août, les
- 12:06autorités françaises décident de
- 12:07réaliser leur propre test génétique et
- 12:10prélèvent l'ADN de Jean-Louis et
- 12:12Véronique. De nouveaux prélèvements
- 12:13[musique] sont effectués en Corée sur
- 12:15les corps des bébés en présence du
- 12:18consul de France. Le 10 octobre 2006, le
- 12:20journal de France I révèle en direct
- 12:23lors du JT de 13h le résultat.
- 12:26Jean-Louis et Véronique sont les
- 12:28géniteurs des bébés. France 2 vous le
- 12:30révélait, dès le journal de 13h, les
- 12:32derniers éléments de l'enquête menée en
- 12:34France renforcent donc le soupçon sur
- 12:36les époux courgeux. Les analyse ADN
- 12:38effectué en France sont formelles. Les
- 12:40nouveaux nés sont bien leurs enfants.
- 12:42Le couple est désormais soupçonné d'un
- 12:43double infanticide. Le jour même, le
- 12:46procureur de la République de Tour
- 12:48ordonne leur interpellation et les place
- 12:50en garde à vue.
- 12:54Chapitre 5. Les révélations.
- 12:59Les enquêteurs décident d'entendre
- 13:01Jean-Louis et Véronique séparément pour
- 13:03comprendre ce qui s'est réellement
- 13:05passé. À partir de cet instant, chacun
- 13:07est accompagné de son propre avocat.
- 13:09Jean-Louis reste catégorique. Il
- 13:11conteste sa paternité et nie toute
- 13:13implication dans la mort des bébés.
- 13:15Comment aurait-il pu ne pas remarquer
- 13:17une grossesse chez sa propre femme ?
- 13:19Comment aurait-il pu vivre sous le même
- 13:22toit qu'elle pendant 9 mois sans se
- 13:24rendre compte de rien ? Et surtout,
- 13:26comment aurait-elle pu donner à
- 13:27naissance à ses enfants après une
- 13:30hystérectomie ? De son côté, Véronique
- 13:32ne donne aucune explication. Elle ni les
- 13:35fait et reste étonnamment calme, ni
- 13:37paniqué. ni particulièrement angoissé.
- 13:40Face aux enquêteurs, elle garde son
- 13:42sang-froid, les heures passent, les
- 13:44questions s'enchaînent mais aucune
- 13:46réponse ne permet de comprendre et le
- 13:48temps passe. S'ils ne parviennent pas à
- 13:50faire la lumière avant la fin de la
- 13:51garde à vue, le couple risque d'être
- 13:53placé en détention. Le lendemain matin,
- 13:56les interrogatoires reprennent et cette
- 13:58fois tout bascule. Véronique passe aux
- 14:00aveux. Elle raconte avoir donné
- 14:02naissance à des jumeaux peu après son
- 14:04arrivée à Séou en août 2002. puis
- 14:07reconnaît les avoir tués immédiatement
- 14:09après leur naissance. Mais elle affirme
- 14:11une chose avec insistance. Jean-Louis
- 14:13n'était au courant de rien. Il n'a
- 14:15jamais su qu'elle était enceinte, jamais
- 14:17su qu'elle avait accouché et n'a rien à
- 14:20voir avec la mort des deux enfants.
- 14:21Véronique Courgeois a reconnu les frais
- 14:23et a précisé avoir agi seul. Voilà ce
- 14:26que j'ai à vous dire à ce stade de la
- 14:27procédure.
- 14:28Les enquêteurs annoncent la nouvelle à
- 14:30Jean-Louis mais il refusent d'y croire.
- 14:32Pour lui, c'est une manœuvre des
- 14:33policiers destinés à le faire parler. Il
- 14:36pense qu'il cherche à faire croire que
- 14:38Véronique a avoué pour lui soutirer des
- 14:41informations. Les enquêteurs décident
- 14:42alors de les confronter. Jean-Louis se
- 14:44retrouve face à sa femme avec qui il
- 14:47partage sa vie depuis près de 20 ans.
- 14:49Cette fois, Véronique ne peut plus nier
- 14:51et elle font en larme. La première fois
- 14:53depuis le début des interrogatoires que
- 14:55les policiers la voient véritablement
- 14:57exprimer une émotion. À bassourdi,
- 14:59Jean-Louis ne cherche pourtant pas à
- 15:01l'accabler. Il tente de rassurer sa
- 15:03femme, il est dévasté et surtout il ne
- 15:05comprend pas comment il a pu vivre à ses
- 15:07côtés sans jamais découvrir ses
- 15:09grossesses. Plus tard, il résumera ce
- 15:11sentiment par une phrase
- 15:12particulièrement forte : "J'ai dénoncé
- 15:15la femme que j'aime sans le savoir."
- 15:17Mais un détail commence à intriguer les
- 15:19enquêteurs. Le poids des deux bébés. Le
- 15:22premier pèse 3 kg, le second 3,5.
- 15:26Quelque chose ne colle pas. Passer à
- 15:28côté d'une grossesse peut déjà sembler
- 15:29difficile à croire. Ne pas remarquer une
- 15:32grossesse géelaire l' plus encore.
- 15:35Comment Jean-Louis aurait-il pu ne rien
- 15:37voir alors que Véronique portait non pas
- 15:39un mais deux enfants ? Et si le problème
- 15:41[musique] ne venait pas de sa version à
- 15:43lui mais du récit de Véronique qui
- 15:46commence à montrer ses premières failles
- 15:48car ces deux bébés pèsent bien plus
- 15:50lourd que la moyenne observée chez des
- 15:51jumeaux à la naissance. Généralement
- 15:53autour de 2,3 à 2,5 kg chacun. Pour les
- 15:57enquêteurs, la différence est
- 15:58troublante. Véronique affirme avoir
- 16:00porté des jumeaux et accouché seul à son
- 16:03domicile sans que personne ne se doute
- 16:05de rien. Mais plus ils examinent les
- 16:07éléments, plus cette version paraît
- 16:09intenable. Donner naissance seul à deux
- 16:12bébés de plus de 3 kg puis les tuer et
- 16:15les dissimuler sans éveiller le moindre
- 16:17soupçon soulève une nouvelle série de
- 16:19questions. Les enquêteurs insistent et
- 16:21après plusieurs heures, Véronique
- 16:22revient sur ses déclarations. Les deux
- 16:25bébés ne sont pas des jumeaux. Ils sont
- 16:27issus de deux grossesses différentes.
- 16:29Elle raconte avoir donné naissance à un
- 16:32premier enfant peu après son arrivée en
- 16:34Corée en 2002, puis à un second en
- 16:37novembre 2003, quelques mois seulement
- 16:39avant son hystérectomie. Cette nouvelle
- 16:41version bouleverse toute la chronologie.
- 16:44Le premier bébé serait resté dans le
- 16:46congélateur près de 4 ans, le second
- 16:48près [musique] de tr petit à petit, les
- 16:50enquêteurs éclaircissent l'histoire et
- 16:52sentent qu'ils approchent de la vérité.
- 16:53Mais le fait que Jean-Louis nit toujours
- 16:55avoir été témoin des grossesses leur
- 16:57reste difficile à croire et il continue
- 16:59de le questionner. C'est là qu'il va
- 17:01sans le savoir faire une déclaration qui
- 17:03va faire basculer l'enquête. Il admet
- 17:05[musique] que lors de vacances au Maroc
- 17:08chez son frère en 1999, il avait demandé
- 17:10à Véronique si elle était enceinte. Elle
- 17:12paraissait [musique] fatiguée et
- 17:14souffrait régulièrement de nausé. Mais
- 17:15elle lui avait certifié que non et ayant
- 17:18confiance en elle, il l'avait cru. Ce
- 17:21souvenir attire l'attention des
- 17:23enquêteurs car les grossesses des bébés
- 17:24congelés ont eu lieu 3 ans plus tard.
- 17:27Toute la vérité n'a peut-être pas
- 17:29[musique] été dite. Confronté à cette
- 17:30révélation, Véronique ne cherche plus à
- 17:33nier. Elle avoue avoir caché [musique]
- 17:34une troisième grossesse. À l'époque, le
- 17:37couple vit à Villeneuve La Comtesse en
- 17:39Charante Maritime. Jean-Louis travaille
- 17:41à plus de 250 km du domicile et ne
- 17:44rentre que le weekend. Elle accouche
- 17:46seule dans la salle de bain de la maison
- 17:48familiale [musique] puis étrangle le
- 17:50nourrisson. Elle le cache dans le
- 17:52garage, va récupérer ses enfants à
- 17:54l'école et à la crèche [musique] et
- 17:55reprend le cours de sa journée comme si
- 17:57rien ne s'était passé. Elle s'occupe des
- 17:59devoirs, prépare le dîner, donne le bain
- 18:03au garçon et les couche. Une fois seule
- 18:05et tranquille, elle retourne dans le
- 18:07garage, récupère [musique] le corps et
- 18:09s'en débarrasse dans la cheminée de la
- 18:12maison. Tout le monde considéré comme
- 18:14une mère de famille ordinaire sans
- 18:15problème a donc avoué avoir étranglé ou
- 18:18étouffé les deux nourrissons trouvées en
- 18:20Corée du Sud. Mais elle a aussi reconnu
- 18:22un troisème infanticide en France
- 18:24celui-là des années plus tôt.
- 18:26Lorsque les médias prennent connaissance
- 18:28de ce troisème infanticide, [musique]
- 18:29tout le monde est sous le choc. Les
- 18:31parents de Jean-Louis sont harcelés par
- 18:32la presse mais ne croient pas un mot de
- 18:34cette histoire.
- 18:39[musique]
- 18:40Chapitre 6. Mise en examen et
- 18:42incarcération.
- 18:45À l'issue des interrogatoires, le couple
- 18:48courge est présenté au juges
- 18:49d'instruction. Véronique est mise en
- 18:51examen pour assassinat. Pour Jean-Louis,
- 18:54la situation est plus complexe. Le fait
- 18:56qu'il soit à l'origine du coup de
- 18:58téléphone ayant révélé l'affaire joue en
- 19:00sa faveur. Il dira lui-même si j'avais
- 19:02été au courant, j'aurais aidé ma femme à
- 19:04les faire [musique] disparaître. Mais
- 19:06d'un autre côté, il affirme avoir eu une
- 19:08vie de couple normal avec des relations
- 19:10intimes. N'avoir remarqué aucune des
- 19:12trois grossesses paraît alors
- 19:14difficilement entendable. De plus, il
- 19:16cuisinait régulièrement pour sa famille.
- 19:18Comment pendant à peu près 4 ans, a-t-il
- 19:20pu passer à côté des bébés dans le
- 19:22congélateur sans jamais se rendre compte
- 19:24? Ces doutes [musique] conduisent
- 19:25Jean-Louis Courgeot à être mis en examen
- 19:27pour complicité. Il est ensuite libéré
- 19:29sous contrôle judiciaire tandis que
- 19:31Véronique est incarcéré à la maison
- 19:33d'arrêt d'Orléan. Ce qui inquiète le
- 19:35plus Véronique après son incarcération,
- 19:37ce sont les enfants. Jules et Nicolas
- 19:39doivent eux aussi sub bien les
- 19:41conséquences de l'affaire. Il voi leur
- 19:42mère faire la une des journaux, devenir
- 19:44le visage d'un fait d'hiver qui dépasse
- 19:46largement les frontières de la Corée,
- 19:48puis partir en prison. Les deux garçons
- 19:50vont vivre alors près de leur père.
- 19:52Derrière les murs de la prison,
- 19:53plusieurs experts psychiatriques
- 19:55viennent rencontrer Véronique pour
- 19:56tenter de la comprendre. Elle leur
- 19:58raconte à nouveau le premier meurtre et
- 20:00ce qui les surprend, c'est la manière
- 20:01dont elle en parle. Elle décrit les
- 20:03faits avec un calme, une sérénité qui
- 20:06les déconcerte et affirme n'avoir
- 20:07ressenti aucune émotion particulière au
- 20:10moment de tuer. Les spécialistes
- 20:12cherchent à comprendre son comportement
- 20:14au cours des années précédentes. Elle
- 20:15explique qu'elle ne voulait plus
- 20:17d'enfant mais reconnaît pourtant avoir
- 20:19arrêté sa pilule contraceptive sans en
- 20:22parler à son mari. Lorsqu'on lui demande
- 20:24pourquoi elle a cessé sa contraception
- 20:26alors qu'elle ne souhaitait plus tomber
- 20:28enceinte, elle apporte toujours la même
- 20:29réponse. Je ne pensais pas que ça
- 20:32pouvait arriver. Et lorsqu'on
- 20:33l'interroge sur le fait de ne pas
- 20:35l'avoir reprise après un premier
- 20:36accouchement aussi traumatisant, la
- 20:39réponse ne varie pas d'un mot. Puis elle
- 20:41explique comment se sont passé les
- 20:43naissances en Corée. Comme en 99, elle
- 20:45accouche seule et étouffe les bébés.
- 20:48Elle avoue que même en apprenant sa
- 20:49grossesse, elle savait déjà qu'elle
- 20:52ferait la même chose que 3 ans plus tôt.
- 20:54Alors, pourquoi cette fois ne s'en
- 20:56débarrasse-t-elle pas de la même manière
- 20:57? La raison est plus terre à terre qu'on
- 21:00pourrait le croire. À Séou, les courgeux
- 21:02vivent dans une zone urbaine très
- 21:04fréquentée, quadrier de caméra de
- 21:05surveillance. Elle avait pensé aux
- 21:07poubelles, mais celles-ci sont
- 21:09contrôlées avant d'être ramassé par les
- 21:10services de la ville. Autre fait
- 21:12marquant, au moment des accouchements,
- 21:14la famille vivait dans une autre
- 21:16résidence du quartier. Ce qui signifie
- 21:18qu'elle a pris soin de déplacer les
- 21:20corps lors du déménagement. Elle raconte
- 21:22les avoir transportés dans une glacière
- 21:24à pied dans les deux résidences. En mars
- 21:262007, [musique] la juge d'instruction et
- 21:28la police française se rendent à Séou
- 21:30pour saisir le congélateur.
- 21:34Chapitre 7. le diagnostic psychologique.
- 21:40En prison, Véronique continue de
- 21:42rencontrer les experts psychiatres et au
- 21:44fil des entretiens, elle raconte plus
- 21:46précisément comment elle a vécu ses
- 21:48grossesses. Après avoir arrêté sa
- 21:50pilule, elle se rend compte qu'elle est
- 21:51enceinte au bout d'environ 3 mois et
- 21:53malgré ça, elle ne fait rien. Elle sent
- 21:56pourtant les bébés bouger dans son
- 21:57ventre. Elle traverse chacune des
- 21:59grossesses seules, sans jamais en parler
- 22:01à son mari, à ses proches, ni à ses
- 22:04amis. Pour elle, révéler ce qui lui
- 22:06arrive est tout simplement inconcevable.
- 22:08Elle ne consulte aucun médecin,
- 22:10n'envisage pas non plus d'interruption
- 22:12volontaire de grossesse et refuse toute
- 22:14relation intime avec Jean-Louis dans les
- 22:16mois qui précèd le terme. À l'extérieur,
- 22:18pourtant, elle continue sa vie comme si
- 22:20de rien n'était. Mêmes habitudes, aucune
- 22:22précaution qui pourrait éveiller les
- 22:24soupçons. Elle boit de l'alcool, fait du
- 22:26sport avec ses amis, mange normalement.
- 22:28Pendant des mois, elle dissimule ainsi
- 22:30sa grossesse à tout son entourage, tout
- 22:32en sachant parfaitement qu'un enfant
- 22:35grandit en elle. Mais dans son esprit,
- 22:37ce qui grandit dans son ventre ne semble
- 22:39pas encore avoir le statut d'un être à
- 22:40part entière. Elle décrit les fétus
- 22:42comme une partie d'elle-même, le
- 22:44prolongement de son propre corps, dont
- 22:46elle se sentirait libre de faire ce
- 22:48qu'elle veut. Elle ne les considère pas
- 22:50comme des enfants qu'elle porte, mais
- 22:51comme quelque chose qui lui appartient
- 22:53encore et confesse même cette ressenti
- 22:56un droit de vie et de mort à leur égard.
- 22:58sans éprouver ni infection ni empathie.
- 23:01Au total, quatre psychologues et quatre
- 23:03psychiatres sont commis par
- 23:05l'instruction pour comprendre son
- 23:06comportement. Il est très rare qu'autant
- 23:08de spécialistes soient mobilisés pour
- 23:10une seule personne dans ce type
- 23:12d'affaire. Ils parviennent pourtant à
- 23:13une conclusion commune. Selon eux,
- 23:16Véronique Courgeot présente un clivage
- 23:18de la personnalité. Concrètement, quand
- 23:20une réalité devient impossible à
- 23:22supporter, [musique]
- 23:22l'esprit dresse à l'intérieur de
- 23:24lui-même une cloison étanche pour se
- 23:26protéger. C'est selon les experts ceux
- 23:28qui jouent chez Véronique. D'un côté,
- 23:30elle va travailler, discute, mène sa vie
- 23:33de tous les jours comme si tout allait
- 23:35bien. De l'autre, une part enfouie de
- 23:37son esprit, enferme le traumatisme et le
- 23:39refuse en bloc. Les deux ne se croisent
- 23:42jamais. C'est pourquoi en [musique]
- 23:44apprenant chacune de ces grossesses,
- 23:46elle réagit avec une froideur totale
- 23:48avant de reprendre sa journée. Son
- 23:50esprit adressé un mur pour empêcher la
- 23:53réalité de tout emporter. Mais cette
- 23:54illusion de sécurité a un prix. car le
- 23:57mur ne fait que repousser l'échéance.
- 23:59L'événement reste gelé de l'autre côté,
- 24:01n'a jamais été assimilé et le jour où
- 24:03une situation semblable se présente, des
- 24:05années plus tard, la protection
- 24:07s'effondre d'un coup. La personne se
- 24:09retrouve submergée par l'angoisse exacte
- 24:11du traumatisme d'origine avec les seules
- 24:14ressources émotionnelles qu'elle avait
- 24:15au moment du choc initial. Après tous
- 24:17ces entretiens, les éléments recueillis
- 24:19permettent de lever les soupçons de
- 24:21complicité qui pesaient sur Jean-Louis.
- 24:23Après 1 an et demi d'instruction, un non
- 24:25lieu est prononcé en sa faveur le 12
- 24:27mars 2008. Reste que ce nonlieu ne
- 24:29dissipe pas tout. La question de savoir
- 24:31comment un homme a pu vivre près de 20
- 24:33ans auprès de sa femme sans rien
- 24:35percevoir traversera l'affaire jusqu'au
- 24:38bout sans jamais recevoir de réponse
- 24:39définitives. À partir de ce jour,
- 24:41Jean-Louis annonce qu'il consacrera tout
- 24:44son temps à la défense de sa femme.
- 24:46C'est aussi un un grand soulagement
- 24:48parce que je vais pouvoir me consacrer
- 24:49entièrement à soutenir ma femme que
- 24:51j'aime et on va la soutenir à tro avec
- 24:53mes enfants qui n'attendent qu'une seule
- 24:55chose, c'est son retour. Le parquet
- 24:57d'Orléan fait appel de la décision, mais
- 24:59elle est confirmée 1 an plus tard, le 23
- 25:02janvier 2009.
- 25:05Chapitre 8, le procès.
- 25:10Autre titre de l'actualité, l'ouverture
- 25:12du procès de Véronique Courgeot devant
- 25:14la cour d'assise de tour. C'est la
- 25:15fameuse affaire des bébés congelés.
- 25:17Le 9 juin 2009, une foule de
- 25:19journalistes se masse devant le palais
- 25:21de justice de [musique] Tour. Dans
- 25:22quelques minutes va s'ouvrir le procès
- 25:24de Véronique Courgeot devant la cour
- 25:26d'assise d'Indré Loire. À son arrivée,
- 25:28Jean-Louis affiche sa détermination. Je
- 25:30soutiens la femme que j'aime. Je
- 25:31soutiens la mère de mes enfants pour des
- 25:32raisons parce que j'aime ma femme.
- 25:35Une déclaration qui surprend tant
- 25:37certains journalistes peinent à
- 25:39comprendre ce soutien sans faille
- 25:41[musique] envers une femme qui lui a
- 25:42menti pendant des années et commis trois
- 25:44crimes à son insu. Quelques minutes plus
- 25:46tard, Véronique [musique] passe à son
- 25:48tour les portes du palais de justice. À
- 25:5041 ans, elle apparaîtrie, affaiblie par
- 25:53plusieurs années de détention et aussi
- 25:55peu expressive qu'à son habitude.
- 25:57visiblement impressionné par ce qu'il
- 25:59attend. Elle va devoir répondre de trois
- 26:02infanticides. Pendant une semaine, les
- 26:04jurés vont tenter de comprendre comment
- 26:05une mère a pu donner naissance [musique]
- 26:07à trois enfants, les tuer et dissimuler
- 26:09leur corps pendant des années sans que
- 26:11son entourage ne s'aperçoive de rien.
- 26:13Ses fils ne sont pas présents mais sont
- 26:15représentés par leur avocat avec un
- 26:18message simple. Ils veulent voir leur
- 26:19mère rentrer à la maison. Avant de
- 26:21revenir sur les meurtres, la cour
- 26:22cherche d'abord à comprendre la femme
- 26:24assise dans le box. Le premier jour est
- 26:26consacré à sa personnalité et à son
- 26:29enfance et ses parents sont appelés à la
- 26:31barre. Véronique est la 6e d'une
- 26:33fraterie de sep enfants. Ses parents
- 26:35véticulteurs passaient une grande partie
- 26:37de [musique] leur temps à travailler. Sa
- 26:38mère Monique reconnaît avoir été très
- 26:41occupée par les tâches quotidiennes et
- 26:42décrit une vie de mère particulièrement
- 26:45difficile. Adolescente, Véronique est
- 26:47décrite comme une jeune fille plutôt
- 26:49seule et réservée, préférant lire des
- 26:52heures dans son coin plutôt que de
- 26:53rejoindre ses frères et sœurs dans les
- 26:55vignères. Dans cette famille où l'on
- 26:56exprime peu ses sentiments, les moments
- 26:58de partage sont rares et les
- 27:00anniversaires ne sont même pas célébrés.
- 27:02À travers les témoignages, c'est une
- 27:04famille marquée par le silence qui se
- 27:05dessine. Un fonctionnement qui semble
- 27:08avoir profondément marqué Véronique. À
- 27:10la barre, Monique reconnaît aussi que la
- 27:12grossesse était un sujet dont on ne
- 27:13parlait presque pas. Elle raconte
- 27:15qu'elle ne prévenait pas ses enfants
- 27:16lorsqu'elle attendait un bébé. La
- 27:18fraterie découvrait l'arrivée d'un frère
- 27:20ou d'une sœur seulement au retour de la
- 27:22mère de la maternité. La dernière de la
- 27:24famille Lidy née à l'hôpital n'aurait
- 27:26même pas été annoncée avant sa
- 27:28naissance. Cette manière de vivre les
- 27:30grossesses dans le silence interpelle
- 27:32forcément lorsqu'on connaît aujourd'hui
- 27:33l'histoire de Véronique car elle-même a
- 27:36toujours dit ne pas vouloir reproduire
- 27:37le modèle de sa mère. Pas de famille
- 27:39nombreuses, surtout pas cette vie qui
- 27:41est l'associée aux grossesses répétées
- 27:43et aux tâches domestiques. Cette
- 27:44question du silence va rapidement
- 27:46prendre une place centrale dans le
- 27:48procès. Après son enfance, Véronique
- 27:50doit en effet revenir sur la manière
- 27:52dont elle a vécu ses propres grossesses.
- 27:54C'est à ce moment que les débats se
- 27:56cristallisent autour d'une notion
- 27:58devenue incontournable dans cette
- 28:00affaire, le déni de grossesse. Un terme
- 28:03qui dans les mois précédents le procès
- 28:05était revenu de plus en plus souvent
- 28:07dans les médias. médecin, psychologue et
- 28:09psychiatre, y expliquai comment une
- 28:11femme peut être enceinte sans en avoir
- 28:13conscience et le nom de Véronique
- 28:15Courgeot y était régulièrement associé.
- 28:17Elle-même avait compris que cette notion
- 28:20pouvait offrir une nouvelle lecture de
- 28:22son histoire.
- 28:25Chapitre 9. La bataille [musique] des
- 28:27experts.
- 28:30Le dénit de grossesse désigne une
- 28:32situation où une femme est enceinte sans
- 28:35en avoir conscience, parfois pendant
- 28:37plusieurs mois, voire jusqu'à
- 28:39l'accouchement dans les cas les plus
- 28:40extrêmes. Le phénomène n'est pas nouveau
- 28:42et les médecins le connaissent de
- 28:43longues dates, mais l'affaire courge va
- 28:45lui donner une visibilité considérable
- 28:47auprès du grand [musique] public. Et
- 28:48pour la défense, il devient l'axe
- 28:50central de sa plaidoirie. Véronique
- 28:52Courgeot aurait bien subi un déniis de
- 28:54grossesse. [musique] Devant les jurés,
- 28:56ses avocats rappellent son comportement
- 28:58pendant ses grossesses. Contrairement
- 28:59[musique] à celle de Jules et de
- 29:01Nicolas, Véronique n'aurait pris aucune
- 29:04précaution. Elle continuait à boire de
- 29:06l'alcool, à faire du sport, à vivre
- 29:08comme [musique] d'ordinaire. Pour la
- 29:09défense, cette attitude trahit une
- 29:11absence de conscience de son état. Pour
- 29:12soutenir cette thèse, plusieurs
- 29:14spécialistes sont appelés à la barre,
- 29:16notamment un psychologue et
- 29:17l'obstétricien Israël Nissand. Aucun
- 29:20d'eux n'a pourtant rencontré Véronique
- 29:22avant le procès. Leur analyse repose sur
- 29:24son récit et sur le dossier. Ils
- 29:26estiment malgré tout que son
- 29:28comportement correspond à un déni de
- 29:30grossesse. Le docteur Nissan revient sur
- 29:32la définition du phénomène. Une
- 29:34grossesse est à la fois un événement
- 29:35physique et psychique. Dans le cas d'un
- 29:38déni, le corps est enceinte mais
- 29:39[musique] l'esprit n'a pas intégré cette
- 29:41grossesse. Elle peut être découverte
- 29:43tardivement au 2e ou 3e trimestre et
- 29:46parfois seulement au moment de
- 29:48l'accouchement. Pour la défense, cette
- 29:49explication donne une toute autre
- 29:51lecture des actes de Véronique. Et dans
- 29:53la salle d'audience, son image commence
- 29:55à se déplacer. La femme arrivée accuser
- 29:58des trois infanticides, celui d'une
- 30:00femme dont le psychisme aurait pu lui
- 30:02masquer ses propres grossesses. Mais le
- 30:04docteur Nissand ne s'arrête pas là.
- 30:06rappelé à la barre quelques heures plus
- 30:08tard, il s'intéresse cette fois
- 30:09[musique] aux circonstances de la mort
- 30:11des deux bébés retrouvés en Corée et
- 30:13avance une hypothèse qui pourrait
- 30:15bouleverser l'issue du procès et si leur
- 30:17mort n'avait pas été volontaire.
- 30:18[musique]
- 30:19Il explique qu'un accouchement mené seul
- 30:21ne se déroule pas comme un accouchement
- 30:23assisté. Lors d'un accouchement
- 30:24classique, la tête du bébé est dégagée
- 30:26en premier puis les épaules sont
- 30:28accompagnées l'une après l'autre. Or,
- 30:31Véronique [musique] aurait accouché seul
- 30:33sans assistance de deux bébés de plus de
- 30:363 kg. Dans ces conditions,
- 30:38estiment-t-il, une femme peut être
- 30:39amenée à des gestes très différents
- 30:41d'une professionnelle. En tirant sur
- 30:43l'enfant pour l'extraire, Véronique
- 30:45aurait exercé sur son visage et
- 30:46l'arrière de sa tête [musique] une force
- 30:48jusqu'à 20 fois supérieure à celle d'une
- 30:52sage-femme. De quoi [musique] selon lui
- 30:54expliquer les lésions relevées sur les
- 30:56nouveaux nés et une mort par [musique]
- 30:57asphyxie. Dans la salle, l'explication
- 30:59provoque un vif trouble. Le président de
- 31:01la cour ordonne alors une nouvelle
- 31:03expertise en plein procès [musique] pour
- 31:05déterminer précisément les circonstances
- 31:07de la mort. Un médecin légiste ayant
- 31:09participé aux autopsies et un
- 31:11gynécologue sont sollicités. Leurs
- 31:13conclusions vont à l'encontre de celle
- 31:15du docteur Nissand. Les lésions relevées
- 31:18sur les deux nouveaux nés des gigners
- 31:20bébé 461 et bébé 462 car ils n'ont pas
- 31:24de nom sont essentiellement localisés au
- 31:26visage et témoignent d'une pression qui
- 31:28a provoqué leur asphyxie. Rien pour eux
- 31:31ne permet de conclure à un accident lié
- 31:33à un accouchement solitaire. Cette
- 31:35nouvelle expertise fragilise donc la
- 31:37version de Nissand et vient surtout
- 31:39confronter les premiers aveux de
- 31:40Véronique qui avait reconnu avoir
- 31:42volontairement tué les deux bébés.
- 31:44L'hypothèse d'une mort accidentelle
- 31:46s'éloigne et Véronique reste poursuivie
- 31:49pour les trois meurtres. Le lendemain,
- 31:51lorsqu'on lui présente les conclusions
- 31:53des légistes, elle raconte à nouveau son
- 31:55accouchement et maintient d'avoir
- 31:56effectué aucune manipulation volontaire.
- 31:59Selon elle, les enfants sont simplement
- 32:01descendus tout seul. Vient alors le tour
- 32:03des experts psychiatres. Contrairement
- 32:05aux spécialistes de la défense, eux ont
- 32:07rencontré Véronique à de nombreuses
- 32:09reprises et l'ont longuement examiné
- 32:11pendant sa détention. Leur conclusion
- 32:14est nette. Ils ne retiennent pas
- 32:15l'hypothèse d'un véritable déniis de
- 32:17grossesse. Une femme qui vit un déniis,
- 32:19explique-t-il, connaît généralement un
- 32:21véritable bouleversement lorsqu'elle
- 32:23découvre son état. C'est pas ce qu'ils
- 32:25observent chez Véronique. Elle savait
- 32:27qu'elle était enceinte, avait senti les
- 32:29bébés bouger et avait choisi de
- 32:31dissimuler ses grossesses. Pour eux,
- 32:33elle neit donc pas réellement leur
- 32:35existence. Elle parvenait à mettre cette
- 32:37réalité à distance puis à l'oublier. Au
- 32:40fil de ses entretiens, Véronique revient
- 32:42d'ailleurs sur certaines de ses
- 32:43déclarations. Alors qu'elle affirmait
- 32:44auparavant avoir senti ses bébés bouger,
- 32:47elle avoue désormais avoir peut-être
- 32:48confondu avec les grossesses de Jules et
- 32:50Nicolas. Après cette bataille entre
- 32:52spécialistes, elle semble elle-même
- 32:54avoir du mal à mettre des mots sur ce
- 32:56qui s'est passé et résume son état
- 32:57d'esprit par une phrase qui dit toute la
- 32:59contradiction : "J'ai su que j'étais
- 33:01enceinte, puis je ne l'ai plus su." Le
- 33:04procès touche à sa fin. Appelé à la
- 33:07barre, Jean-Louis tente une dernière
- 33:08fois de défendre sa femme. Il évoque sa
- 33:11propre culpabilité, reconnaît qu'il
- 33:13aurait peut-être dû voir certains signes
- 33:14et assume une part de responsabilité
- 33:17[musique]
- 33:17dans ce qui s'est produit.
- 33:22Chapitre 10. Le verdict. [musique]
- 33:26À la fin du procès, Véronique prononce
- 33:28une phrase qui fait la une des journaux
- 33:30: "Oui, j'ai tué mes enfants" comme si
- 33:32elle prenait seulement à cet instant la
- 33:34pleine mesure de ses actes. Viens le
- 33:36moment du réquisitoire, Philippe Varin,
- 33:38l'avocat général, prend la parole
- 33:40pendant plus de 2 heures. Il demande au
- 33:42juré de trouver un équilibre entre la
- 33:44gravité exceptionnelle des faits et la
- 33:47personnalité de l'accusé. Pour lui, une
- 33:48chose est certaine, il n'y a pas eu de
- 33:50déniis de grossesse. Véronique savait
- 33:52qu'elle était enceinte et a
- 33:54volontairement dissimulé ses grossesses.
- 33:56Ses aveux sont précis, répétés et rien
- 33:59ne permet, selon lui, de penser qu'ils
- 34:00ont été extorqués. Il considère donc que
- 34:03les trois enfants ont été tués
- 34:04consciemment, mais cela ne signifie pas
- 34:06à ses yeux qu'elle doit être condamnée à
- 34:08la peine maximale. Les expertises
- 34:10psychiatriques ont mis en évidence une
- 34:12personnalité particulière [musique] et
- 34:15une altération du discernement. autant
- 34:17de circonstances atténuantes. Il demande
- 34:20alors au juré de ne pas tomber dans deux
- 34:22extrêmes. Ne la diabolisez pas mais n'en
- 34:25faites pas une icône. Alors que
- 34:26Véronique encourt la réclusion
- 34:28criminelle à perpétuité, [musique]
- 34:29l'avocat général requiert finalement 10
- 34:31ans d'emprisonnement. Une peine qui
- 34:33reconnaît la gravité des faits, tout en
- 34:35tenant compte de son état psychologique
- 34:37au moment des crimes. Du côté de la
- 34:38défense, l'avocat de Véronique Henry
- 34:40Leclerc fait un choix qui peut
- 34:42surprendre. Il ne plaîte pas
- 34:44l'acquitement. Pour lui, Véronique doit
- 34:46être condamné. Trois enfants sont morts
- 34:48et cet acte appelle une réponse de la
- 34:50société. [musique] Mais cette réponse
- 34:51doit rester proportionnée à la femme
- 34:54qu'elle est et à ce que les experts ont
- 34:56établi de sa personnalité. S'appuyant
- 34:58sur les nombreuses contradictions entre
- 34:59[musique] les expertises, il demande au
- 35:01juré de ne pas réduire Véronique à ses
- 35:04actes mais en avant son parcours et les
- 35:06circonstances si particulières des trois
- 35:08enfanticides. Son objectif n'est pas de
- 35:10faire disparaître sa [musique]
- 35:12responsabilité mais d'obtenir une peine
- 35:14qui lui permette de se reconstruire. et
- 35:17de retrouver un jour ses enfants.
- 35:18Le verdict [musique] dans l'affaire
- 35:19Courgeoot vient tout juste de tomber.
- 35:21Le 18 juin 2009, après plus de 7 heures
- 35:24de délibération, les jurés rendent leur
- 35:26verdict. Véronique [musique] Courgeot
- 35:28est condamné à 8 ans de prison pour la
- 35:29mort de ses trois nouveaux nés. Elle ne
- 35:31passera finalement qu'un peu moins de 4
- 35:33années derrière les barreaux. Elle avait
- 35:35déjà effectué près de 3 ans de détention
- 35:37provisoire avant son procès. À cela
- 35:40s'ajoute les réductions de peine
- 35:41auxquelles elle pouvait [musique]
- 35:42prétendre, ainsi que d'autres liées à
- 35:44son comportement en détention. et à ses
- 35:46efforts de réinsertion. Le 17 mai 2010,
- 35:49moins d'un an après sa condamnation,
- 35:51Véronique Courgeot quitte la prison
- 35:53d'Orléan en liberté conditionnel après
- 35:55environ 3 ans et 7 mois passés en
- 35:57détention.
- 36:01Au terme de ce procès, Véronique
- 36:03Courgeot est condamné à 8 ans de
- 36:05réclusion criminelle. Mais au-delà du
- 36:06verdict, l'affaire laisse une question
- 36:09bien plus difficile. Comment juger une
- 36:11personne lorsqu'on cherche dans le même
- 36:13mouvement à comprendre ce qu'il a
- 36:15[musique] conduite à commettre
- 36:16l'impensable ? Pendant plusieurs jours,
- 36:18les experts se sont affrontés sur son
- 36:20état psychologique. [musique]
- 36:21Dénit de grossesse, dénégation,
- 36:23dissimulation, altération du
- 36:24discernement. Chacun [musique] a apporté
- 36:26son interprétation sans jamais parvenir
- 36:28à expliquer totalement ce qui s'est joué
- 36:30dans l'esprit de Véronique. Et pourtant,
- 36:32[musique]
- 36:32sa défense n'a pas demandé
- 36:34l'acquitement. Henry Lecler considérait
- 36:36qu'une réponse de la société était
- 36:37nécessaire. Trois bébés sont morts,
- 36:39trois vies ont été supprimées et pour
- 36:42lui ces acte devaient être sanctionnés.
- 36:44Mais sanctionner Véronique ne signifiait
- 36:46pas renoncer à comprendre la femme qui
- 36:48les avait commis. [musique] C'est
- 36:49précisément là que réside toute la
- 36:51difficulté de cette affaire. regarder le
- 36:53crime avec toute sa gravité sans pour
- 36:56autant réduire celle qui l'a commis à
- 36:59ses seuls actes. Parce qu'au fond,
- 37:00l'affaire courge nous confronte à
- 37:02quelque chose de profondément humain.
- 37:04Notre besoin de trouver une explication
- 37:06à ce que nous ne comprenons pas. Et
- 37:08peut-être que certaines affaires ne nous
- 37:10offrent aucune réponse simple, seulement
- 37:12une réalité difficile à accepter. On
- 37:14peut condamner un acte tout en cherchant
- 37:17à comprendre la personne [musique] qui
- 37:18l'a commis. Mais derrière les
- 37:19expertises, les débats et les années de
- 37:21médiatisation, il reste surtout les
- 37:24victimes. Trois enfants. Le premier
- 37:26[musique]
- 37:26né et mort en 1999 n'a laissé aucune
- 37:29trace. Son corps avait été brûlé. Il n'a
- 37:32ni tombe ni même matricule. Il ne reste
- 37:34de lui qu'une absence. Les deux autres,
- 37:36eux retrouvés dans le congélateur, n'ont
- 37:39longtemps [musique] été désignés que par
- 37:41deux numéros 461 et 462. Ils n'avaient
- 37:44pas de prénom. Après le procès, ils ont
- 37:46finalement obtenu un état civil
- 37:48[musique] et une sépulture. Et ce sont
- 37:49leurs deux grands frères, Jules et
- 37:51Nicolas, qui ont choisi de leur en
- 37:53donner un, Alexandre et Thomas. Deux
- 37:56prénoms qui permettent enfin de ne plus
- 37:58parler de deux corps retrouvés dans un
- 38:00congélateur mais simplement de deux
- 38:03enfants sur les trois que cette histoire
- 38:05n'aurait jamais dû compter.
- 38:10J'espère que cette vidéo vous aura plu
- 38:12malgré cette affaire sordide. Et
- 38:14d'ailleurs, n'hésitez pas à mettre en
- 38:15commentaire ce que vous pensez un petit
- 38:16peu de toute cette affaire. Je pense
- 38:17qu'il peut y avoir débat par rapport à
- 38:18tout ce qui s'est passé, par rapport au
- 38:20déis de grossesse, par rapport à
- 38:21l'implication de Jean-Louis aussi dans
- 38:23cette affaire. Est-ce que selon vous
- 38:24Jean-Louis n'a vraiment rien su de A à Z
- 38:27ou alors est-ce qu'il était complice ?
- 38:29J'attends vos remarques dans les
- 38:31commentaires. En attendant, vous pouvez
- 38:32vous abonner à la chaîne, c'est
- 38:33complètement gratuit et je remercie
- 38:34toute l'équipe [musique] derrière moi
- 38:35qui me permet de réaliser toutes ces
- 38:37vidéos. Merci à tous, c'était Neoxy. Oh.
- 38:42[musique]
- 38:47[musique]
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