Ils passent 6h par jour sur les ÉCRANS, leurs parents CRAQUENT - documentaire complet - AT — Transcript
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- 0:12Les télévisions d'abord,
- 0:16les ordinateurs ensuite
- 0:18mais surtout les smartphones et les
- 0:21tablettes.
- 0:24Depuis 10 ans, la déferlante des écrans
- 0:27a métamorphosé notre quotidien.
- 0:32Internet, les réseaux sociaux, les jeux
- 0:35et les vidéos dévorent désormais un/ers
- 0:37de notre temps d'éveil.
- 0:41Avant d'entrer à l'école, un enfant
- 0:43passe entre 4 et 6 he par jour devant un
- 0:45écran quel qu'il soit.
- 0:49Dans presque tous les pays, le temps
- 0:51d'écran des enfants dépasse les
- 0:53recommandations officielles.
- 0:57Les études alarmantes se multiplient.
- 1:01On observe des changements importants
- 1:03dans le cerveau et dans le comportement
- 1:05de ses souris. Cela devrait nous
- 1:07inquiéter.
- 1:09nos neurones seraient en danger.
- 1:13Les gens me demandent pourquoi je n'ai
- 1:14pas de compte Facebook parce que je sais
- 1:15ce que ça fait au cerveau.
- 1:17L'addiction menacerait les adolescents.
- 1:21Le changement de la structure du cerveau
- 1:23des joueurs atteint du trouble du jeu
- 1:25vidéo est similaire à celui des
- 1:27toxicoman.
- 1:30La génération écran est-elle vraiment
- 1:33une génération malade ?
- 1:34Les interrogations sont nombreuses. Les
- 1:36écrans sont-ils inoffensifs ? jusqu'à
- 1:38quelle dose ? Quelle est la durée à ne
- 1:39pas dépasser pour mon enfant ?
- 1:43Alors, quelles sont les bonnes habitudes
- 1:44numériques
- 1:46et où est la vérité scientifique ?
- 2:05En ce moment même, des laboratoires du
- 2:07monde entier étudient l'impact des
- 2:09outils numériques sur les comportements,
- 2:11le cerveau et la santé mentale.
- 2:17Les publications scientifiques sur le
- 2:19sujet sont très récentes. Pour que vous
- 2:22compreniez bien, en science, il faut 20
- 2:25ans pour démontrer un effet.
- 2:2820 ans.
- 2:30L'arrivée des tablettes et leur
- 2:31utilisation chez les tout petits remonte
- 2:34au maximum à 7 ou 8 ans.
- 2:38On les a mises sur le marché avant de
- 2:40faire les études. J'aurais préféré de
- 2:43loin que nous fassions la science
- 2:44d'abord pour pouvoir se prononcer sur
- 2:47les risques.
- 3:00C'est sur le terrain au contact des
- 3:02enfants que la sonnette d'alarme a été
- 3:04tirée en premier
- 3:07par des psychologues, des psychiatres et
- 3:09des pédiatres.
- 3:16Nous sommes à Rony Soubois en région
- 3:17parisienne.
- 3:22Iman, jeune maman emmène sa fille Malia
- 3:25dans le cabinet du docteur Dieu Ozica
- 3:27pour la deuxième fois.
- 3:31Malia, c'est ton tour. Elle est où ma
- 3:33princesse ? Coucou Malia. Bonjour.
- 3:36Bonjour madame.
- 3:38Installez-vous, on va rediscuter un
- 3:40petit peu. Où est-ce qu'elle en est
- 3:41notre petite Malia ? Ça lui fait quel
- 3:44âge ? 2 ans et 4 mois.
- 3:47Moi, j'étais un petit peu embêtée parce
- 3:48que Maliaal parlait pas beaucoup. Elle
- 3:51avait des petits troubles de l'humeur.
- 3:53Pédiatre depuis 20 ans, le docteur Dieu
- 3:56Ozica a vu déferler les écrans dans la
- 3:58vie des tout petits et les difficultés
- 4:00s'accumuler.
- 4:01Qu'elle regard comme programme ? Tous
- 4:02ces enfants qui sont dans des troubles
- 4:03des interactions, j'en ai beaucoup plus
- 4:05qu'auparavant, des troubles du
- 4:07caractère. Il y a toujours eu des
- 4:08enfants difficiles évidemment, mais là
- 4:10il y en a beaucoup plus avec l'absence
- 4:12de limite, intolérance à la frustration,
- 4:15colère importante, trouble du langage,
- 4:17un langage pauvre, mal structuré, voir
- 4:20une absence de langage. Baleine.
- 4:23Bale
- 4:24baleine.
- 4:26Baleine. Voilà.
- 4:28Voilà. Tu as beaucoup changé, Malia. Je
- 4:30suis très contente. Tu es sage. Tu
- 4:33parles de mieux en mieux.
- 4:34Bébé. Vas-y.
- 4:36Il y a 6 mois à peine, entre les dessins
- 4:38animé du matin, les repas devant la télé
- 4:40allumée et les vidéos YouTube sur le
- 4:42téléphone après la sieste, Malia passait
- 4:45jusqu'à 6h par jour devant les écrans.
- 4:48Sur les conseils de la pédiatre, la
- 4:50maman a tout arrêté.
- 4:54Là maintenant, il y a une interaction.
- 4:56Alors qu'avant voilà, elle était sur
- 4:58Vous avez dit un mot super important.
- 4:59Vous avez parlé d'interaction, c'est
- 5:01essentiel ça parce qu'il y avait plus
- 5:02d'interaction puisqueil y avait l'écran
- 5:03qui était entre vous deux.
- 5:05C'est ça
- 5:05hein ? Entre papa et elle ou entre vous
- 5:07et elle. Donc très clairement ça modifie
- 5:09les choses
- 5:10complètement.
- 5:11Les écrans, c'est un un enjeu de santé
- 5:14publique majeur actuellement dont on a
- 5:16absolument pas pris conscience.
- 5:19Dans la salle d'attente du docteur Dieu
- 5:21Ozika, les affiches de prévention
- 5:23classique côtoient désormais des
- 5:25messages de sensibilisation au danger
- 5:27des écrans.
- 5:30Cette défiance règne aussi à l'école où
- 5:33les professeurs sont confrontés à une
- 5:34augmentation des troubles de l'humeur et
- 5:36du langage dans les petites classes.
- 5:41Aujourd'hui, pour beaucoup de
- 5:42professionnels de la petite enfance, les
- 5:44écrans ont une responsabilité dans
- 5:46toutes ces difficultés.
- 5:49et de nombreuses études épidémiologiques
- 5:51menées à travers le monde amplifient
- 5:53cette inquiétude.
- 6:00Pendant des années, les gens ont suivi
- 6:02l'exposition aux écrans chez les jeunes
- 6:04enfants et ils ont constaté qu'en
- 6:07moyenne une exposition importante
- 6:09pouvait être associée à des conséquences
- 6:11négatives.
- 6:14Perturbation du sommeil, perturbation de
- 6:16l'attention. problèmes de poids et
- 6:19difficultés d'apprentissage.
- 6:24Les scientifiques considèrent que
- 6:26l'exposition est excessive quand elle
- 6:28dépasse 2 à 3 heures par jour avant 3
- 6:30ans. Le problème, c'est que l'offre
- 6:33numérique pousse à une consommation
- 6:35grandissante et de plus en plus précoce.
- 6:39La télé, par exemple, en 1970 surgissait
- 6:43à 4 ans en moyenne dans la vie de
- 6:44l'enfant.
- 6:47Aujourd'hui, les écrans déboulent des 4
- 6:50mois.
- 6:52Avant 2 ans, pour un/ers des enfants,
- 6:54l'exposition dépasse 90 minutes par
- 6:56jour. Ensuite, elle grimpe à 3h en
- 7:00moyenne, voire 6h aux États-Unis.
- 7:03À l'air numérique, de nombreux enfants
- 7:06consacrent plus du tiers de leur temps
- 7:07d'éveil devant des vidéos.
- 7:12Avec quelles conséquences ?
- 7:15De façon surprenante, il est difficile
- 7:17pour les scientifiques de répondre à
- 7:19cette question.
- 7:21Le phénomène est plus complexe qu'il n'y
- 7:22paraît et les expériences qu'il faut
- 7:24mener pour l'analyser sont parfois
- 7:26curieuses.
- 7:37Le professeur Dimitri Kristaakis dirige
- 7:40le centre du comportement et du
- 7:42développement du cerveau à l'hôpital
- 7:44pour enfants de Seattle.
- 7:47C'est un pionnier de la recherche sur le
- 7:49petit écran.
- 7:52Nous avons suivi des milliers d'enfants
- 7:54de leur naissance à l'âge de 7 ans. Nous
- 7:57avons constaté que plus les enfants
- 7:58regardaient la télévision avant l'âge de
- 8:003 ans, plus il risquaient d'avoir des
- 8:02problèmes d'attention plus tard à
- 8:04l'école.
- 8:07Pour lui et son équipe, c'est le rythme
- 8:09des programmes qui posent problèmes au
- 8:10cerveau des enfants.
- 8:14Notre hypothèse est la suivante :
- 8:16l'exposition prolongée à des vidéos
- 8:18rapides et sacadé conditionnerait le
- 8:20cerveau à une surstimulation
- 8:23et cela conduirait plus tard à des
- 8:24problèmes d'attention.
- 8:29Autrement dit, un jeune cerveau exposé
- 8:32régulièrement à un débit élevé d'imag et
- 8:34de son aurait à terme des difficultés à
- 8:37se concentrer sur des tâches qui
- 8:38prennent du temps comme la lecture et
- 8:40l'écriture.
- 8:44Mais ce bombardement sensoriel
- 8:46déclenche-t-il réellement les troubles
- 8:47observés sur les enfants suivis ?
- 8:51Parce que les études épidémiologiques
- 8:53sont toujours sujetes à la critique
- 8:55selon laquelle elles ne peuvent prouver
- 8:56une relation de cause à effet. La
- 8:58prochaine étape logique était de mener
- 9:01une expérience, ce que nous appelons un
- 9:03essai contrôlé randomisé. Dans ce cas,
- 9:06cela implique de prendre des
- 9:08nourrissons, d'en exposer la moitié à
- 9:10des programmes rapides, l'autre moitié à
- 9:12aucun écran et de les suivre comme nous
- 9:15l'avons fait dans nos études
- 9:16épidémiologiques pendant 7 ans. Mais il
- 9:18n'y a aucun moyen éthique ou pratique de
- 9:20faire cela. Nous étions donc dans une
- 9:22impasse.
- 9:24Seul moyen pour sortir de cet impasse,
- 9:27réaliser l'expérience quand même mais
- 9:30sur de jeunes souris.
- 9:35Nous avons donc créé une sorte de
- 9:36télévision pour souris où les sons sont
- 9:38coordonnés avec les lumières afin de
- 9:41produire une émission pour les animaux
- 9:42si vous voulez.
- 9:44Ici, les programmes commencent chaque
- 9:46jour à la même heure.
- 10:00Nous superposons des dessins animés dont
- 10:02nous modifions la fréquence pour que les
- 10:04souris puissent l'entendre.
- 10:11Nous faisons clignoter les lumières qui
- 10:12entourent les cages en synchronisant les
- 10:15flash avec le son.
- 10:22Nous faisons cela 6 he par jour.
- 10:25La stimulation commence au 10e jour
- 10:27après la naissance et se poursuit
- 10:29pendant 40 jours.
- 10:33Le dispositif peut paraître étrange.
- 10:36Bombarder des sourissaux avec des
- 10:38flashes lumineux calés sur des bandes
- 10:40son de dessins animés reflètent
- 10:42imparfaitement le vécu d'un enfant
- 10:43devant sa télé. Mais il s'agit du seul
- 10:46modèle disponible pour tester
- 10:47l'hypothèse.
- 10:54Des dizaines de sourissaux ont donc subi
- 10:56le traitement. Ensuite, leur
- 10:59comportement a été étudié sous toutes
- 11:01les coutures et comparé à des souris non
- 11:03exposées. Résultat, les souris élevées 6
- 11:07heures par jour devant cette pseudo télé
- 11:09ne se comportent pas normalement.
- 11:12Nous constatons que les souris non
- 11:13stimulées restent au bord de la zone.
- 11:16Elles aiment explorer mais veulent
- 11:17rester en sécurité. Avec les souris qui
- 11:20ont subi la stimulation sensorielle, le
- 11:23comportement est très différent. Elle
- 11:25court autour de la reine de façon
- 11:26frénétique et passe beaucoup de temps au
- 11:29centre. Une attitude plus à risque. Nous
- 11:32interprétons ce type de comportement
- 11:33comme très impulsif.
- 11:37une plus grande impulsivité mais aussi
- 11:40des problèmes cognitifs.
- 11:42Les tests révèlent des difficulté
- 11:44d'apprentissage, une moins bonne
- 11:46mémoire, un faisceau d'indice qui évoque
- 11:49les troubles de la tension.
- 11:53Chez les humains, nous observons dans
- 11:55nos études que l'exposition à des
- 11:57programmes rapides dès le premier âge
- 12:00diminue la tension et augmente
- 12:01l'impulsivité.
- 12:03Et nous constatons le même phénomène
- 12:04chez les souris.
- 12:06C'est l'état actuel des recherches en
- 12:082019.
- 12:11Même si la pertinence du modèle est
- 12:13critiquée par certains scientifiques,
- 12:15ces résultats confortent l'idée que la
- 12:17plupart des médecins se font sur les
- 12:19mfets des écrans.
- 12:24Le grand intérêt de l'étude de
- 12:25Christaki, c'est vraiment d'attirer
- 12:27notre attention sur le fait que des
- 12:29stimulations lumineuses intenses auquel
- 12:33le bébé ne peut pas donner de sens vont
- 12:35pouvoir avoir chez lui des conséquences
- 12:37importantes en terme d'anxiété,
- 12:39d'angoisse, de déstabilisation de son
- 12:41bon intérieur, d'insécurité et le danger
- 12:44est évidemment qu'ensuite et ben il soit
- 12:46en recherche permanente de stimulation
- 12:49toujours semblable qu'il cherche à
- 12:51apprivoiser mais sans y arriver. jamais.
- 12:57Mais avec la multiplication des supports
- 12:59numériques, le temps d'écran télé n'est
- 13:01plus la seule préoccupation.
- 13:07Les téléphones, les tablettes ont fait
- 13:09irruption partout dans notre existence.
- 13:12Ils s'imissent dans nos relations, même
- 13:14la plus fondamentale.
- 13:18Les écrans sont suspecté aujourd'hui de
- 13:21nuire au lien entre parents et enfants.
- 13:30Au départ, le débat était centré sur la
- 13:32télévision qui reste allumé en toile de
- 13:33fond et les programmes pas adaptés aux
- 13:35enfants.
- 13:37Cela perturbe les interactions entre
- 13:39l'enfant et les parents. Maintenant, la
- 13:41question de savoir à quel point l'usage
- 13:43du téléphone perturbe les relations dans
- 13:45la famille.
- 13:47À quel point cet appareil que nous
- 13:48gardons constamment avec nous et qui
- 13:50nous vole notre attention perturbe les
- 13:52relations avec nos proches ?
- 13:57Pour répondre à cette question, le
- 13:59laboratoire de l'enfant et du nourrisson
- 14:01suit actuellement 115 familles dans la
- 14:04région de Linchupping en Suède.
- 14:06L'ambition est de cerner avec précision
- 14:08les pratiques numériques dans la famille
- 14:10et leurs conséquences sur le
- 14:12développement cognitif.
- 14:15Des études menées sur des centaines
- 14:17d'enfants ont établi que plus les écrans
- 14:19mobiles sont présents dans leur vie,
- 14:21plus ils tardent à parler.
- 14:23Même l'utilisation continuelle du
- 14:25téléphone par les parents nuirait à
- 14:27l'acquisition du langage. Mais ces
- 14:30travaux se fondent uniquement sur le
- 14:31témoignage des parents, des données pas
- 14:34toujours fiables.
- 14:38Alors pour la première fois,
- 14:40l'université de Lynching va mesurer très
- 14:43précisément l'environnement numérique
- 14:44des enfants. Tous vont vivre avec un
- 14:47micro espion glissé dans la layette.
- 14:55L'analyse des enregistrements nous
- 14:57permet de savoir précisément ce qui se
- 14:59passe. On a accès à l'environnement
- 15:01sonore et surtout au nombre de mots
- 15:03prononcés par les adultes, combien sont
- 15:06prononcés par l'enfant et le nombre
- 15:08d'interactions qu'il y a durant la
- 15:09journée.
- 15:11Nous pouvons également identifier les
- 15:13sons provenant des appareils numériques.
- 15:19Grâce à ce dispositif, si les pratiques
- 15:21numériques du foyer influent sur les
- 15:23échanges avec l'enfant, les
- 15:25scientifiques le détecteront et pourront
- 15:27évaluer les conséquences sur son langage
- 15:29plus tard.
- 15:31Si l'enfant entend très peu de mots, son
- 15:33apprentissage du langage n'est pas
- 15:35pareil. Nos recherches l'ont montré.
- 15:37C'est la même chose si l'adulte utilise
- 15:39un appareil numérique. Cela peut vouloir
- 15:41dire qu'il ne prend pas le temps de
- 15:43parler à son enfant car il est occupé à
- 15:45faire autre chose. En ce sens, les
- 15:47habitudes numériques ont aussi des
- 15:48conséquences.
- 15:51Mais l'étude grandir dans le monde
- 15:53numérique ne fait que commencer.
- 15:56Pour confirmer que l'omniprésence des
- 15:58écrans affecte l'acquisition du langage,
- 16:00voire le développement cognitif, il
- 16:03faudra attendre que tous les enfants qui
- 16:05participent soient en âge de parler.
- 16:14des programmes qui perturberaient
- 16:16l'attention, des écrans suspectés de
- 16:18nuire aux relations parents enfants, de
- 16:21retarder l'apprentissage du langage. Les
- 16:24preuves irréfutables manquent encore
- 16:25pour condamner définitivement les
- 16:27appareils numériques.
- 16:30Mais les scientifiques ont trouvé un
- 16:32autre élément à charge.
- 16:35Le cerveau des enfants de moins de 2 ans
- 16:38n'est pas capable d'analyser ce qui se
- 16:40passe sur un écran.
- 16:44Nous devons prendre en compte qu'il est
- 16:45très difficile pour un enfant de passer
- 16:47du monde en 2D au monde en 3D.
- 16:50Il est compliqué pour lui de transférer
- 16:52les informations et de faire le lien
- 16:54entre ce qu'il voit à l'écran et la
- 16:55réalité.
- 17:00Cette difficulté face aux écrans a été
- 17:02révélée par les expériences de Georgine
- 17:05Trosette, professeur de psychologie à
- 17:07l'université Verbilt dans le Tennessee.
- 17:13Voici une de ses expériences sur un
- 17:15enfant de 2 ans.
- 17:17Le professeur Trosette cache une peluche
- 17:19dans une pièce pendant que l'enfant suit
- 17:22la scène sur un moniteur.
- 17:27L'enfant est envoyé dans la pièce où il
- 17:29n'a jamais été en vrai pour chercher la
- 17:31peluche.
- 17:33Retrouvera-t-il le jouet aussi
- 17:34facilement que si avait assisté à la
- 17:36scène sans écran interposé ?
- 17:39Et la réponse est non.
- 17:43Cela rend l'apprentissage plus compliqué
- 17:45que dans une interaction en face-àface.
- 17:48Cette difficulté que nous avons observée
- 17:50réduit de 50 % les apprentissages par
- 17:53rapport aux interactions réelles.
- 17:55Cette difficulté à apprendre s'appelle
- 17:58le déficit de transfert.
- 18:05Avant 2 ans, ce qui est vu sur un écran
- 18:07n'est donc pas directement transposable
- 18:09dans la vie réelle.
- 18:17Pour comprendre l'origine neurologique
- 18:19de cette difficulté, l'équipe de Rachel
- 18:21Bar poursuit actuellement les
- 18:23investigations avec des techniques de
- 18:24pointe.
- 18:26Son objectif, filmer le cerveau en
- 18:29flagrant délit de déficit de transfert.
- 18:34Dans cette expérience, Clara, 4 ans,
- 18:37doit apprendre par vidéo chat à
- 18:39reproduire la posture d'un petit robot
- 18:41articulé.
- 18:46Can I show you this one? All right,
- 18:49let's see. Look at that.
- 19:05Quand la démonstration est faite à
- 19:06travers un écran, comme pour le test de
- 19:08la peluche cachée, le plus souvent les
- 19:10jeunes enfants échouent.
- 19:13Mais cette fois, l'activité du cerveau
- 19:15est mesurée pendant le test.
- 19:18Il apparaît que l'échange par écran
- 19:20interposé ne stimule pas la région
- 19:22cérébrale de l'apprentissage de la même
- 19:24façon qu'un échange en direct.
- 19:29Lors d'une interaction en direct, on
- 19:31constate que l'activité dans le cortex
- 19:33pariétal frontal est plus importante que
- 19:36lorsque l'enfant reproduit ce qu'il voit
- 19:38à travers un écran. Nous n'en sommes
- 19:40qu'au stade préliminaire de l'étude,
- 19:42mais nous trouvons ça vraiment très
- 19:43excitant parce que cela suggère que les
- 19:46informations sont traitées différemment
- 19:47par le cerveau et cela pourrait en
- 19:49partie expliquer le déficit de
- 19:51transfert, cette difficulté à traiter
- 19:53les informations.
- 19:56Pourquoi le cerveau traite-t-il
- 19:57différemment le virtuel du réel ? La
- 20:00réponse reste un mystère.
- 20:06Mais les scientifiques ont trouvé un
- 20:08moyen de palier cette difficulté.
- 20:11Quand un parent accompagne l'enfant et
- 20:13prend la peine de mettre des mots sur ce
- 20:14qui se passe à l'écran, les difficultés
- 20:17d'apprentissage s'estompent
- 20:21mais en partie seulement.
- 20:36Pour un jeune cerveau, ce qui se passe
- 20:38sur un écran reste moins stimulant que
- 20:41la réalité.
- 20:45Pour les plus petits, le temps passé
- 20:47devant un écran est donc en quelque
- 20:49sorte un temps perdu pour eux.
- 20:54Un enfant de moins de 3 ans a peu de
- 20:56temps d'éveil. Donc il faut absolument
- 20:58qu'il utilise ce temps d'éveil pour les
- 21:00acquisition cognitive et social
- 21:02indispensable à cet âge. À 23 ans,
- 21:05évitons les écrans autant que ce que
- 21:06nous évitons le biftech dans le biberon.
- 21:09Euh, il est bien évident que l'estomac
- 21:10du bébé ne digère pas ses nourritures et
- 21:13en même temps le cerveau du bébé ne peut
- 21:15pas digérer les écran.
- 21:26Pas d'écran avant 2 ou 3 ans. C'est la
- 21:29recommandation officielle de la plupart
- 21:31des académies de sciences et de médecine
- 21:32dans le monde.
- 21:36Jusqu'à 5 6 ans, elle conseille de
- 21:38limiter la durée à 1 heure par jour, de
- 21:40préférence en accompagnant l'enfant
- 21:44et de préserver le moment des repas et
- 21:46celui du coucher.
- 21:52Mais qu'en est-il après ? À 6 ans, 10
- 21:55ans, 15 ans ? Avec l'âge, le paysage
- 21:58numérique se complexifie. Aux dessins
- 22:00animés s'ajoutent les jeux vidéos, le
- 22:02portable, les réseaux sociaux. Quelles
- 22:05sont alors les précautions à prendre
- 22:07pour les plus grands ?
- 22:14Nous sommes dans un quartier résidentiel
- 22:16de Tulsa dans l'Oklahoma
- 22:20chez les Macormac.
- 22:27Ici, comme dans la majorité des foyers
- 22:29américains, la vie tourne autour de la
- 22:31télé.
- 22:34Pas de table pour manger, même les
- 22:37devoirs se font devant le petit écran.
- 22:43Miranda, la maman, gère les repas et
- 22:46passe le reste de son temps à faire la
- 22:47police pour les écrans.
- 23:00No, there's not. Is this what you're
- 23:01watching? We're not changing the
- 23:02channel.
- 23:08Les temps d'écran et les limites fixées
- 23:10ne sont pas un problème pour Trevor et
- 23:11Anthony. Ils connaissent les règles et
- 23:14ils s'y tiennent.
- 23:16Ils sont reconnaissants pour ce
- 23:18temps-là.
- 23:21Avec les plus jeunes, le temps d'écran
- 23:23est vraiment source de conflit.
- 23:28Danny 8 ans et Charlie 6 ans elle ont
- 23:31grandi avec la console et les portables
- 23:34et pas question de quitter le canapé
- 23:36sans négocier une partie de jeux vidéo.
- 23:53And um I still like start the game
- 23:55before the time starts. Just have to
- 23:58wait for this to load. Wait for load
- 24:01more and ok but time starts.
- 24:09Fine.
- 24:17Aux États-Unis, avant 12 ans, le temps
- 24:19d'écran moyen est estimé à 4h40 par
- 24:22jour.
- 24:23Après 13 ans, il grimpe à 6h40.
- 24:27Regarder des vidéos constituent encore
- 24:29la principale activité, mais viennent
- 24:31s'ajouter les échanges sur les réseaux
- 24:33sociaux, les jeux vidéos et surfer sur
- 24:37internet.
- 24:38Sur une année scolaire, un adolescent
- 24:40passe plus de temps devant sa télé et
- 24:42son portable que devant ses professeurs.
- 24:48Cette boulimide d'écran à base de
- 24:49Fortnite, YouTube, Insta, TikTok,
- 24:52Twitch, Snapchat, Netflix, WhatsApp,
- 24:54Amazon, Tinder, Twitter, Tumbl
- 24:57fait-elle vraiment bon ménage avec
- 24:59l'adolescence, cette période critique
- 25:01pour le développement du cerveau ?
- 25:13Ce matin, Trinity 11 ans et Trévor 12
- 25:16ans ont un rendez-vous un peu
- 25:17particulier.
- 25:19Depuis un an et demi, ils font partie de
- 25:21la plus vaste étude jamais menée sur le
- 25:23développement cérébral des ados.
- 25:29Tous les 3 mois, le frère et la sœur se
- 25:31rendent à l'institut de recherche sur le
- 25:33cerveau de Tulsa pour y subir une
- 25:35batterie de test. L'étude
- 25:43ABCD porte sur 12000 enfants à travers
- 25:46tout le pays réparti sur 21 centres. Il
- 25:49y en a un à Portland, Los Angeles, San
- 25:52Diego, Soul Lake City et Denver. Il y en
- 25:55a un à Saint-Louis et évidemment à
- 25:56Tolsa. C'est l'étude la plus importante
- 25:59jamais menée sur le sujet.
- 26:03Première étape de la journée pour Trevor
- 26:05et Trinity. Rendre compte dans le détail
- 26:08de leurs habitudes numériques.
- 26:22Snapchat,
- 26:23Twitter, Instagram.
- 26:27How often do you play maturated video
- 26:29games like Call of Duty or Grandfter or
- 26:31Assassin's Creed?
- 26:32video games. Do you watch movies or TV
- 26:36shows such as Hulu, Netflix or Amazon ?
- 26:44Les pratiques numériques sont multiples.
- 26:47Il s'agit d'identifier celles qui
- 26:48pourraient poser problème à un cerveau
- 26:50en pleine construction et donc plus
- 26:52vulnérable.
- 26:57Entre 10 et 20 ans, on constate des
- 27:00changements majeurs dans le cerveau.
- 27:04Durant cette période, il continue de se
- 27:06développer
- 27:08et se transforme vraiment en un cerveau
- 27:10adulte.
- 27:14Le cerveau se développe, les neurones se
- 27:15reconfigurent et créent de nouvelles
- 27:17connexions. Ces changements sont opérés
- 27:19fortement dans la zone du cerveau où
- 27:20résine notre personnalité. le contrôle
- 27:23des pulsions, la prise de décision, la
- 27:25gestion des émotions. Tout cela se met
- 27:27en place de façon critique à cet âge de
- 27:29la vie.
- 27:32Comme ceux de Trevor et Trinity, les
- 27:34cerveaux de milliers d'adolescents sont
- 27:36donc régulièrement passés au scanner.
- 27:40Paradoxalement, pour éviter qu'il ne
- 27:42bouge pendant l'examen,
- 27:44les enfants ont droit à un dessin animé.
- 27:49L'étude ne fait que commencer, mais elle
- 27:52a déjà permis une première découverte.
- 27:55Le cerveau des jeunes qui jouent
- 27:56beaucoup aux jeux vidéos présente des
- 27:58particularités.
- 28:01Ce que je montre ici, ce sont les
- 28:03résultats sur des enfants qui passent
- 28:05plus de temps sur les jeux vidéos que
- 28:07sur les autres médias. Dans notre
- 28:08première analyse, nous avons constaté
- 28:10que le cortex préfrontal, responsable du
- 28:13développement émotionnel, de la prise de
- 28:14décision et de choses comme ça, s'était
- 28:16développé un peu plus vite que celui des
- 28:18autres enfants.
- 28:26Nous ne savons pas si c'est une bonne ou
- 28:28une mauvaise chose. Nous ne savons pas
- 28:29si les jeux vidéos ont causé cela ou si
- 28:31ce sont les enfants qui ont un cerveau
- 28:33plus développé qui aiment davantage les
- 28:34jeux vidéos.
- 28:38Répondre à cette question est l'objectif
- 28:40de l'autre volet de l'étude ABCD.
- 28:44Capacité de mémoire,
- 28:47concentration, émotivité,
- 28:50équilibre psychologique.
- 28:54Les 12000 participants sont évalués
- 28:56individuellement sur le plan psychique.
- 29:01À ce stade, je dirais que tant que vous
- 29:04êtes attentif aux activités de votre
- 29:06enfant et tant que vous ne remarquez pas
- 29:08de véritables problèmes à l'école, à la
- 29:10maison ou avec les copains,
- 29:12il ne faut pas s'inquiéter.
- 29:15Nous n'avons pas de preuve solide
- 29:17aujourd'hui pour dire que les écrans
- 29:18posent des problèmes.
- 29:20Si vous observez que votre enfant a des
- 29:22problèmes à l'école, qu'il se sent
- 29:24particulièrement anxieux ou qu'il a des
- 29:26crises de colère,
- 29:28c'est à ce moment-là qu'il faut
- 29:30s'interroger.
- 29:34Les grandes conclusions de l'étude ABCD
- 29:36interviendront quand Trevor et Trinity
- 29:38seront deux jeunes adultes, c'est-à-dire
- 29:40pas avant 202.
- 29:54Il est pourtant une question à laquelle
- 29:56les scientifiques sont tenus de répondre
- 29:58au plus vite car elle tourmentent les
- 30:00parents de tous les pays. À ce niveau de
- 30:03consommation, la nouvelle génération
- 30:05est-elle en train de sombrer dans
- 30:06l'addiction aux écrans ? D'où vient
- 30:09l'étrange pouvoir hypnotique du
- 30:10numérique ?
- 30:21Ofir Turel est professeur à l'université
- 30:23californienne de Fullerturton.
- 30:26Il analyse la manière dont le cerveau
- 30:28appréhende les réseaux sociaux. Selon
- 30:30lui, le fonctionnement de ces
- 30:32applications est optimisé pour
- 30:34confisquer le temps et l'attention des
- 30:36utilisateurs.
- 30:41Dans les interactions en face-à face au
- 30:42quotidien, nous vivons plusieurs
- 30:44douzaines de petits plaisirs par jour.
- 30:46Mais sur les réseaux sociaux, nous
- 30:47obtenons la même chose à une échelle
- 30:49beaucoup plus grande.
- 30:52Au lieu de recevoir quelques tapes sur
- 30:53l'épaule, d'entendre quelques mots
- 30:55gentils, nous avons des centaines,
- 30:57parfois des milliers d'amis qui
- 30:59communiquent avec nous et nous offre des
- 31:01petits plaisirs, des récompenses comme
- 31:03des likes, des commentaires sur nos
- 31:05publications, des partages de
- 31:07publication
- 31:09et ça nous fait nous sentir bien.
- 31:14Grâce à l'imagerie cérébrale, Auphir
- 31:16Turel a mis le doigt sur le mécanisme
- 31:19utilisé par les réseaux sociaux pour
- 31:20détourner nos neurones. Et comme souvent
- 31:23dans les comportements addictifs, le
- 31:25circuit de la récompense est impliqué.
- 31:31Le circuit de la récompense, c'est cette
- 31:33petite région cérébrale nichée au cœur
- 31:35de notre cerveau qui contrôle les
- 31:37sensations de plaisir.
- 31:40Il s'illumine quand on mange, quand on
- 31:42fait l'amour et quand on consomme des
- 31:44drogues.
- 31:47Nos études ont montré que ce circuit
- 31:49s'illumine quand on voit des images de
- 31:51réseaux sociaux, en particulier des
- 31:53likes. Et cela pousse notre cerveau à en
- 31:56vouloir davantage.
- 31:58Avec le temps, ce circuit peut devenir
- 32:00extrêmement sensible et réagir presque
- 32:03automatiquement à tout ce qui se
- 32:04rattache aux réseaux sociaux.
- 32:06Par automatiquement, je veux dire qu'on
- 32:08a plus le contrôle dessus parce que ça
- 32:10va trop vite quand votre cerveau vous
- 32:12dit "Je veux ça", vous le faites sans
- 32:15avoir le temps de prendre du recul ni de
- 32:17se dire "Arrête un peu."
- 32:20Le circuit de la récompense est donc la
- 32:23porte d'entrée empruntée par les réseaux
- 32:25sociaux pour accaparer notre attention.
- 32:29Mais la mécanique en jeu est plus
- 32:31pernicieuse encore car les likes peuvent
- 32:34survenir à tout moment.
- 32:36Pour le cerveau, il constitue des
- 32:38récompenses imprévisibles, aléatoires.
- 32:45Et comme l'a montré le professeur
- 32:46Skinner sur ces fameux pigeons, c'est le
- 32:49meilleur moyen de déclencher un
- 32:51comportement compulsif.
- 32:55Il a démontré que si on donne au pigeons
- 32:57de la nourriture à chaque fois qu'ils
- 32:59viennent picorer, disons cinq fois
- 33:01d'affilé, ils reviendront picorés mais
- 33:03ne seront pas surexcités.
- 33:07À l'inverse, quand la distribution de
- 33:09récompenses devient aléatoire,
- 33:12irrégulière,
- 33:14c'est-à-dire qu'ils obtiennent de la
- 33:15nourriture au bout de c picorés,
- 33:18peut-être après 10, parfois 20. Dans ces
- 33:21conditions, les pigeons deviennent comme
- 33:23fous. Ils réclament plus souvent leurs
- 33:25récompenses. Ils picorent davantage et
- 33:27vont continuer à le faire même si les
- 33:29récompenses s'arrêtent.
- 33:34Ce pouvoir des récompenses aléatoires
- 33:36sur le comportement est une constante
- 33:38dans le monde animal. Ça marche pour le
- 33:41rat mais aussi pour le singe et encore
- 33:44mieux chez l'homme. L'industrie du jeu
- 33:47prospère depuis longtemps sur cette
- 33:48vulnérabilité psychologique.
- 33:51Les réseaux sociaux ont simplement
- 33:52recyclé la recette pour capter au mieux
- 33:54notre temps et notre attention.
- 34:01Alors sommes-nous à notre insu devenus
- 34:03les pigeons d'internet ? Le monde est-il
- 34:07devenu une gigantesque boîte de skinner
- 34:09où nous déambulons en quête de petites
- 34:11récompenses semées par les géants du web
- 34:13?
- 34:19Cette histoire de pigeon peut vous faire
- 34:20sourire, mais la question qu'elle
- 34:22soulève est sérieuse.
- 34:25Les stratégies de l'industrie du
- 34:27numérique pour capter l'attention
- 34:29fonctionne à plein régime. En moyenne,
- 34:32nous attrapons notre portable plus de
- 34:34200 fois par jour.
- 34:42Et pour le jeu vidéo, le phénomène est
- 34:44plus impressionnant encore.
- 34:47Chez certains joueurs, la pratique
- 34:50confine à la toxicomanie.
- 34:53Un problème officiellement reconnu sur
- 34:55le plan médical en juin 2018.
- 34:58L'addiction au jeux vidéo est depuis
- 35:01aujourd'hui considérée comme une maladie
- 35:03par l'Organisation mondiale de la santé
- 35:05au même titre que la dépendance à la
- 35:07cocaïne ou au jeux d'argent. Décision
- 35:09prise après la consultation d'experts
- 35:11dans le monde entier.
- 35:14Les gens qui jouent aux jeux vidéos de
- 35:16temps en temps ne sont pas concernés par
- 35:18ce trouble. En fait, seule une minorité
- 35:20de joueurs répondent au critères de
- 35:22diagnostic du trouble du jeu vidéo. Il y
- 35:25a des besoins et des attentes en terme
- 35:27de traitement dans beaucoup de régions
- 35:28du monde.
- 35:32Pour l'OMS, le diagnostic concerne les
- 35:35joueurs qui perdent le contrôle sur le
- 35:37jeu au détriment de leur vie sociale et
- 35:39familiale, de leur scolarité ou de leur
- 35:42activité professionnelle pendant au
- 35:44moins 12 mois.
- 35:47En Europe, des centres spécifiquement
- 35:49dédiés à cette nouvelle forme de
- 35:50toxicomanie commencent à voir le jour.
- 35:58La Chine, elle fait face au problèmes à
- 36:01sa manière depuis 10 ans.
- 36:05Le pays compte déjà plus de 750 millions
- 36:08de joueurs de jeux vidéos, les gamers.
- 36:11Ils seront 1 milliard en 2022.
- 36:14Face à cette consommation en pleine
- 36:16explosion, les autorités chinoises en
- 36:18ont fait un sujet de santé publique.
- 36:23D'après les normes officielles, chez les
- 36:25joueurs, la proportion d'accro est de
- 36:27l'ordre de 3,5 à 5 %.
- 36:31C'est une estimation qui vient d'être
- 36:33publiée.
- 36:35D'après les données épidémiologiques
- 36:37actuelles, elles semblent relativement
- 36:39plus élevées dans les pays asiatiques
- 36:40que dans les pays nord-américains ou
- 36:42européens.
- 36:45En Europe, on estime que 2,5 % des
- 36:49joueurs basculent dans cette forme de
- 36:51cyberdépendance.
- 36:52Cet écart tiendrait à des différences
- 36:55culturelles.
- 37:02En Chine, le jeu vidéo est perçu comme
- 37:05un tel fléau social que des dizaines
- 37:07d'établissements proposent aux parents
- 37:09désemparés de désintoxiquer leurs
- 37:11enfants.
- 37:16Nous sommes à Wang, dans la province du
- 37:19Chandong.
- 37:27Le centre de rééducation Sing accueille
- 37:29une centaine de pensionnaires
- 37:33de 12 à 18 ans.
- 37:42Les enfants envoyés à Sing en rupture
- 37:45avec leur famille, certains à cause des
- 37:47jeux vidéos.
- 37:51Ici, on considère cette dépendance comme
- 37:54une déviance que le directeur Wang Maong
- 37:58traite avec une méthode simple, la
- 38:00discipline.
- 38:05Les enfants sont soumis à plus de 2
- 38:07heures d'entraînement militaire
- 38:09quotidien. Leurs journées sont ponctuées
- 38:11de séances d'introspection et de
- 38:13méditation. L'objectif est de les
- 38:16réinsérer dans la société chinoise, les
- 38:18faire rentrer dans le rang.
- 38:22Pourquoi on insiste sur la discipline et
- 38:24la réglementation à Shenging ? Car comme
- 38:26dit le proverbe, pour tracer un cercle,
- 38:27il faut un compat et pour dessiner un
- 38:29carré, il faut une règle.
- 38:33C'est la base de la loi de la morale.
- 38:37La discipline est primordiale dans le
- 38:38centre. Elle est indispensable tout le
- 38:40temps, partout, dans tous les secteurs
- 38:42de la vie sociale.
- 38:46Les centres de désintoxication aux jeux
- 38:48vidéos existent également en Corée du
- 38:50Sud et aux États-Unis. Mais dans ces
- 38:52pays, il consiste plutôt à mettre les
- 38:55jeunes au ver pendant quelques semaines.
- 38:57La Chine, elle applique la méthode dure.
- 39:02Ou a 14 ans.
- 39:05Il est arrivé ici il y a 2 mois sans
- 39:07savoir où il débarquait,
- 39:10ni qu'il y resterait une année entière.
- 39:16J'avais un peu la haine contre mes
- 39:18parents
- 39:21parce qu'il ne m'avait pas prévenu
- 39:22qu'ils allaient m'envoyer dans ce camp.
- 39:30Peut-être qu'il savait que je ne les
- 39:31écouterais pas et que s'il m'en parlait,
- 39:35j'aurais pu fuir et ne plus rentrer à la
- 39:37maison.
- 39:45Depuis son internement, Aoru n'a plus eu
- 39:47de contact avec sa famille
- 39:51mais aujourd'hui une surprise l'attend.
- 40:11Aoru a toujours été un enfant un peu
- 40:13seul et renfermé,
- 40:15mais il y a 6 mois, il a brusquement
- 40:17plongé dans le jeu vidéo au point de ne
- 40:19faire plus que ça de ses journées, d'en
- 40:21perdre le sommeil et de mettre sa santé
- 40:24en danger.
- 40:39Je ne pouvais plus m'arrêter et j'avais
- 40:41perdu la notion du temps.
- 40:44Mais il y avait des moments où j'étais
- 40:45obligé de faire des pauses
- 40:48pour aller aux toilettes.
- 40:51J'étais obligé de m'arrêter
- 40:52soudainement. Je voyais tout noir et
- 40:54flou et j'avais mal à la tête.
- 40:58Parfois quand je sortais, je ne pouvais
- 41:00pas me mettre debout trop longtemps.
- 41:03Je devais faire plein de pauses quand je
- 41:05marchais.
- 41:07Je m'étais rendu compte que c'était
- 41:08mauvais pour ma santé.
- 41:10Je voulais arrêter mais physiquement
- 41:13j'en étais incapable.
- 41:21Wang soigne l'image du centre auprès des
- 41:23parents. Il les invite maintenant à
- 41:25faire le point sur la situation de leur
- 41:27fils.
- 41:46La famille veut que les enfants
- 41:47travaillent. et elle veut pouvoir être
- 41:49fière d'eux.
- 41:52Vu qu'ils vivent sous la pression
- 41:53académique et que les familles en
- 41:55attendent beaucoup,
- 41:57ils ont beaucoup de stress.
- 42:01En conséquence, pour eux, les jeux
- 42:03vidéos et internet sont des moyens de
- 42:05décompresser.
- 42:09La pression scolaire sur les enfants
- 42:11expliquerait pourquoi le nombre de
- 42:12jeunes accro gaming en Asie reste
- 42:15largement supérieur à la moyenne
- 42:17occidentale.
- 42:19une pression qui crée de fortes tensions
- 42:21entre parents et
- 42:21enfants.然也不會去,這就是我之前經常強調的長時間在家上網的孩子會喪失部分的社會功能,如果持續下去真的我不願意跟講話了胡的問題就嚴重了慢慢的感受
- 42:31然後也不吃,這就是我之前經常強調的長時間在家上網的孩子會喪失部分的社會功能,如果持續下去真的我不願意跟講話了胡的問題了媽的感受特別感謝了多,所以我覺得怎麼說呢,你現在進步是大的也是明顯的,但是要把這種效果持
- 43:04Depuis que Aoru est arrivé ici, une
- 43:08nouvelle loi a été promulguée.
- 43:12Il est désormais interdit aux mineurs de
- 43:14jouer plus d'h30 par jour et les
- 43:17autorités imposent un couvre-feu
- 43:19numérique entre 22h et 6h du matin.
- 43:24Mais la mesure est techniquement
- 43:25difficile à mettre en place.
- 43:28Le même type de loi est en vigueur en
- 43:29Corée du Sud depuis 2011, sans effets
- 43:32notable sur la pratique des jeunes.
- 43:38Pour la communauté scientifique et
- 43:39médicale, interdiction et discipline ne
- 43:42peuvent être les seules réponses à
- 43:43apporter car la dépendance aux jeux
- 43:46vidéos le plus souvent cache autre
- 43:48chose.
- 43:50Aujourd'hui, on dit que pour soigner le
- 43:52trouble du jeu vidéo, il ne faut pas
- 43:54uniquement accorder de l'attention à ce
- 43:56comportement.
- 43:57Il faut aussi en trouver les causes.
- 44:02Auou est-il un véritable accro au
- 44:04numérique ou juste un gamin fragile
- 44:07réfugié dans le jeu vidéo parce que la
- 44:09pression était trop forte pour lui ?
- 44:11Difficile à dire, mais il restera à Sing
- 44:15au moins jusqu'à la fin de l'année.
- 44:23Même si la réalité de l'addiction aux
- 44:25jeux vidéos reste un sujet débattu dans
- 44:27le monde scientifique et médical, les
- 44:29techniques de l'industrie du numérique
- 44:31pour visser les joueurs devant l'écran
- 44:33sont désormais montré du doigt un peu
- 44:35partout dans le monde.
- 44:41Les jeux des criés sont souvent ceux qui
- 44:44consistent à tuer un maximum d'ennemis
- 44:45surgissant de partout à la fois. On les
- 44:48appelle les jeux de tir à la première
- 44:50personne et ils peuvent être très
- 44:52violents. Mais paradoxalement, pratiquer
- 44:55au quotidien, ces jeux d'action
- 44:57améliorent certaines capacités
- 44:59cérébrales.
- 45:07C'est la découverte inattendue faite
- 45:09dans ce laboratoire.
- 45:12Un des premiers à s'être intéressé à ce
- 45:14qui se passe dans la tête des gamers.
- 45:18Tout a commencé dans les années 2000
- 45:20quand un étudiant du labo, par ailleurs
- 45:23gros joueur de jeux vidéos, a mesurer
- 45:25ses propres capacités d'attention avec
- 45:27un test qu'il venait de mettre au point.
- 45:31Il devait concevoir pour nos recherches
- 45:33un test d'attention sur l'ordinateur
- 45:36et il était persuadé qu'il y avait un
- 45:38bug dans la conception de son test parce
- 45:41qu'il réussissait toujours le test.
- 45:44Il n'avait jamais de saute d'attention.
- 45:47Il faisait toujours un sans faute, ce
- 45:49qui d'après les études ne devrait pas
- 45:52être possible.
- 45:54Nous avons cherché à comprendre et nous
- 45:56avons découvert ensemble que le bug ne
- 45:58se trouvait pas dans le test
- 45:59informatique, il se trouvait dans son
- 46:01cerveau car c'était un gros joueur de
- 46:04jeux vidéo.
- 46:07Depuis, les scientifiques ont largement
- 46:09confirmé cette découverte inattendue.
- 46:12Ceux qui pratiquent ces jeux de tir à la
- 46:14première personne
- 46:15Alors, je vous laisse me suivre,
- 46:17obtiennent de meilleurs résultats au
- 46:19test de l'attention.
- 46:21Donc la première chose à savoir c'est
- 46:22que on va mesurer vos capacités
- 46:24attentionnelles. Pour ça, on a besoin
- 46:25que votre regard soit fixe. Donc je vais
- 46:27vous demander d'installer votre menton
- 46:29sur ce petit appareil.
- 46:32OK ? Donc je vais vous donner les
- 46:33explications depuis cette pièce.
- 46:35OK ? Donc ce que vous voyez à l'écran,
- 46:37c'est un certain nombre de smileys bleus
- 46:39et un certain nombre de smileys jaunes.
- 46:41Les smileys bleus vont devenir jaunes et
- 46:43à la fin, l'un d'eux va porter un point
- 46:45d'interrogation et je vais vous demander
- 46:48de me dire si celui-ci était bleu ou
- 46:50jaune au départ de l'essai. OK ?
- 46:58La plupart des gens arrivent à faire ça,
- 47:00qu'il soient gamer ou non gamer. C'estàd
- 47:01avec trois points bleus au départ, on
- 47:02arrive relativement bien à les suivre.
- 47:04Avec quatre euh c'est un petit peu plus
- 47:06difficile. À 5, on a perdu une bonne
- 47:09partie des non gamers et avec 6, on a
- 47:11plus que les gamers qui arrivent à faire
- 47:12cette tâche.
- 47:15Certains de ces exercices d'attention
- 47:17ont été associés à des améliorations
- 47:18dans la vie quotidienne.
- 47:21Par exemple, la diminution des accidents
- 47:24de la route, en particulier chez les
- 47:25gens du 3è âge. Cette vigilance plus
- 47:28importante
- 47:30permet de se concentrer sur la route
- 47:31devant soi, mais aussi de repérer un
- 47:34chien qui arriverait par surprise ou un
- 47:37enfant qui surgirait en courant après un
- 47:38ballon depuis le côté.
- 47:43Ce qui est plus intéressant, c'est de
- 47:44d'entraîner des gens qui ne sont pas des
- 47:46gamers au départ à jouer à des jeux
- 47:48vidéos d'action ou pas d'action. Et donc
- 47:50quand on fait ça et qu'on les entraîne
- 47:51pendant plusieurs semaines à raison
- 47:53d'une heure par jour, pendant plusieurs
- 47:54jours par semaine, ce qu'on peut voir
- 47:56c'est que ceux qui ont joué au jeu
- 47:57d'action vont arriver à passer de tr
- 47:59points à 4 points alors que ceux qui
- 48:01n'ont pas joué au jeu d'action restent à
- 48:03une capacité de quatre points bleus.
- 48:11C'était très inspirant de découvrir un
- 48:13jour que quelque chose d'aussi banal que
- 48:15les jeux de tir à la première ou à la
- 48:17troisième personne pouvait avoir un
- 48:19effet positif inattendu sur les
- 48:21fonctions centrales de l'attention.
- 48:24L'attention
- 48:26sélective est la capacité par la volonté
- 48:30de se concentrer.
- 48:33C'est quelque chose de très conscient,
- 48:34de très maîtrisé.
- 48:38Et soudain, pouvoir disposer d'un outil
- 48:40pour améliorer cette faculté est très
- 48:43intéressant pour envisager les
- 48:44applications thérapeutiques.
- 48:52Un jeu vidéo pour soigner. L'idée
- 48:57sagrenue en apparence a pourtant donné
- 48:59naissance à un jeu développé d'un seul
- 49:01laboratoire de la côte ouest des
- 49:03États-Unis.
- 49:05Il est conçu pour traiter les troubles
- 49:07de la tension.
- 49:11L'objectif principal est de collecter
- 49:14les alienes rouges en appuyant sur un
- 49:16bouton et d'ignorer tous les autres, ce
- 49:20qui exige une vraie concentration.
- 49:23À première vue, il s'agit d'un simple
- 49:25jeu de plateforme. Mais le détail des
- 49:28actions à effectuer, la complexité, le
- 49:30rythme et la durée sont choisis pour
- 49:32pousser le cerveau dans ses limites et
- 49:35ainsi renforcer spécifiquement les
- 49:37capacités d'attention.
- 49:42Ça fait longtemps que je n'ai pas joué.
- 49:44Je ne suis pas le meilleur. Il y a des
- 49:45joueurs bien plus forts que moi, mais je
- 49:47me débrouille pas mal.
- 49:49C'est un jeu difficile.
- 49:50L'efficacité du jeu a fait l'objet d'une
- 49:52étude clinique en double aveugle contre
- 49:54Placé et beau. Les tests réalisé sur 350
- 49:58adolescents souffrant de troubles de
- 49:59l'attention ont révélé une amélioration
- 50:02significative de leur capacité de
- 50:04concentration.
- 50:06Et comme pour un médicament, il y a une
- 50:07dose à ne pas dépasser.
- 50:11Vous pouvez restreindre l'utilisation du
- 50:13jeu à la durée requise par le traitement
- 50:16en limitant les séances à 30 minutes par
- 50:19jour.
- 50:21Il y a plein de techniques qui vous
- 50:23permettent de contrôler le temps de jeu,
- 50:25de réguler la dose.
- 50:29Vous pouvez faire en sorte que les
- 50:31personnages principaux soient épuisés
- 50:33après un certain temps
- 50:35et ainsi réduire le plaisir de jouer.
- 50:41Si les autorités de santé américaines
- 50:43valident les preuves de son efficacité,
- 50:45EVO deviendra le tout premier jeu vidéo
- 50:48médicament sur le marché.
- 50:53Le laboratoire travaille déjà sur de
- 50:55nouvelles thérapies numériques.
- 50:57La réalité virtuelle pourrait bientôt
- 50:59faire partie d'un traitement contre les
- 51:01troubles de la mémoire.
- 51:05L'utilisation
- 51:09en apparence paradoxale du jeu vidéo en
- 51:12médecine témoigne de l'ambivalence des
- 51:14appareils numériques.
- 51:17Ni bon ni mauvais en soi. Tout dépend de
- 51:20qui les utilise, combien de temps et
- 51:22surtout comment.
- 51:26Selon les experts, à haute dose, les
- 51:29écrans nuissent au développement de
- 51:30l'enfant. Alors, au nom du principe de
- 51:33précaution, pas avant 3 ans. Ensuite, si
- 51:37possible accompagné.
- 51:41Pour les ados, les études sont encore en
- 51:43cours, mais le pouvoir addictif des
- 51:45écrans fragilise les plus vulnérables et
- 51:47exacerbe leurs difficultés.
- 51:51La place déjà extravagante qu'occupe les
- 51:53écrans invite donc à la modération.
- 52:29Oui.
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