Docteur en Nutrition : Ce qui accélère vraiment le déclin cognitif (Dr Riché) — Transcript
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- 0:00Les populations qui avaient une espérance de vie en bonne santé particulièrement
- 0:03élevée étaient tout à fait possesseurs de leurs moyens cognitifs,
- 0:07contrairement à ce qu'on pourrait imaginer.
- 0:09Peut-on tous avoir toutes ces facultés cognitives jusqu'à 80-95 ans ?
- 0:13Je suis titulaire d'un doctorat de physiologie humaine, discipline qui englobe
- 0:17notamment la nutrition.
- 0:18J'ai participé à la conception et au développement de la micronutrition.
- 0:22Le déclin cognitif chez l'humain a tendance à se faire plus tôt,
- 0:26de manière plus précoce par rapport aux autres générations. En 2025,
- 0:29le gouvernement français décide de faire de la santé mentale une grande cause nationale.
- 0:34À un moment donné, on ne peut pas être à la fois cause et conséquence d'un problème.
- 0:37Quel est l'impact de l'alcool ou du tabac, par exemple, sur le vieillissement
- 0:40du cerveau ? Les effets sont très dépendants du type de boisson consommée.
- 0:44À quelle fréquence je peux me permettre des écarts ? Les centenaires qui vivent
- 0:47en bonne santé ne font pas de régime cétogène.
- 0:49On a évoqué un facteur clé d'agression pour le cerveau, c'est le jeûne.
- 0:52Il fait tout sauter, il fait tout sauter.
- 0:55Le cétogène, le jeûne. et celui qui pèse le plus lourd sans conteste ces le...
- 1:07Alors, tu m'as avoué qu'il y avait une petite idée sur laquelle tu voulais revenir,
- 1:10d'entrer sur l'espèce de déclin cognitif qui, pour toi, n'existerait peut-être
- 1:14pas, ou en tout cas pas de la façon dont le public pourrait le penser.
- 1:18Je te laisse m'expliquer un petit peu.
- 1:19Je vais étayer ça avec plusieurs éléments. Le premier, c'est que tu sais que
- 1:23depuis une trentaine d'années, il y a une marotte qui occupe pas mal l'esprit
- 1:27des nutritionnistes, c'est le régime de longévité.
- 1:30On a notamment des gens qui se sont penchés sur les centenaires d'Okinawa et
- 1:35ce n'est pas clairement énoncé dans les premières lignes de leurs ouvrages,
- 1:40mais les populations qu'ils ont rencontrées, qui avaient une espérance de vie
- 1:44en bonne santé particulièrement élevée,
- 1:47étaient tout à fait possesseurs de leurs moyens cognitifs, contrairement à ce
- 1:53qu'on pourrait imaginer. C'est-à-dire que ce n'est pas parce que,
- 1:56et je vais y revenir, des groupes de populations de certaines tranches d'âge
- 2:01sont de plus en plus souvent atteints par ces pathologies, que ces pathologies sont liées à l'âge.
- 2:07Si tu as l'occasion, tes auditeurs ont l'occasion d'aller regarder la conférence
- 2:13du centenaire qui a été donnée par Edgar Morin lors de ses 100 ans.
- 2:17Edgar Morin, ce jour-là, est intervenu. Il y a des choses que je n'ai pas comprises,
- 2:22non pas parce qu'il était gâteux ou qu'il avait perdu son dentier,
- 2:25mais parce que son évolution cognitive et le développement de son cerveau s'était poursuivi.
- 2:32Ce que j'explique souvent aux gens, c'est qu'on ne verra jamais un champion
- 2:35olympique de 80 ans, même dans des faux sports comme le jumping ou les échecs.
- 2:43Par contre, on verra des prix Nobel qui peuvent avoir 80 ou 90 ans et qui continuent
- 2:48d'exercer. C'est-à-dire qu'en fait, le cerveau est un organe qui évolue en permanence
- 2:53et qui est toujours sur le fil du rasoir entre la construction et la dégradation.
- 2:58Ceci passe par l'intervention de molécules dont on parlera peut-être,
- 3:01ce qui s'appelle les neurotrophines.
- 3:03Et l'action de ces molécules dépend de notre alimentation, dépend du dialogue
- 3:07avec notre intestin, dépend de la pollution, dépend du stress,
- 3:11dépend des infections subies, dépend
- 3:13de l'infection reçue, dépend des sollicitations dont on fait l'objet.
- 3:16Et au passage, ces différents éléments que j'ai évoqués, ça fait partie des
- 3:21leviers sur lesquels on essaie de travailler pour ralentir la maladie d'Alzheimer, par exemple.
- 3:28Ils font également partie des éléments qu'on pointe quand on réfléchit au développement
- 3:32cognitif optimal des enfants.
- 3:34C'est-à-dire que quand les facteurs défavorables pèsent plus lourds que ceux
- 3:38qui sont favorables, une alimentation optimale, la gestion du stress,
- 3:42les sollicitations, une activité physique cohérente, intelligente, etc.
- 3:46Alors, il y a des effets défavorables sur les connexions et sur les fonctions
- 3:50cérébrales qui y sont associées.
- 3:52Et comme les facteurs environnementaux pèsent de plus en plus lourds depuis
- 3:57deux générations, bien évidemment, on prend de pleine face la survenue de ces
- 4:01pathologies. Et ce n'est pas une histoire d'âge.
- 4:04J'ai eu l'occasion à Jussieu d'avoir comme prof le professeur Beaulieu en endocrinologie,
- 4:10qui a été connu pour ses travaux sur la longévité et qui,
- 4:13pour donner du crédit à ses idées, mort à 97 ans, et il disait en cours,
- 4:18le travail sur le déclin et les effets de l'âge intéressent tous les chercheurs
- 4:24qui sont néanmoins un jour avant moi.
- 4:26C'est-à-dire que c'est une façon de dire que comme la pré-ménopause ou toutes
- 4:30ces situations qu'on va expliquer et caractériser simplement par la période
- 4:35de la vie où elle se situe, c'est juste une manière de les qualifier,
- 4:38mais certainement pas une manière de les expliquer.
- 4:40Alors c'est à la fois extrêmement inquiétant, mais extrêmement rassurant puisque
- 4:44si on comprend bien les effets respectifs, les effets défavorables d'une part
- 4:48et de ceux qui sont favorables d'autre part,
- 4:50on peut aussi bien jouer sur l'optimisation du
- 4:54développement émotionnel et cognitif des enfants puis des adultes mais aussi
- 4:58retarder le déclin cognitif des seniors et de ceux qui devraient être si mes
- 5:03souvenirs sont justes les porteurs de la sagesse et de la transmission puisqu'on
- 5:07dit toujours que la vieillesse est l'apanage de la sagesse sauf chez ceux qui ont Alzheimer.
- 5:13Bien sûr. Alors que je comprenne bien, est-ce que pour toi, le déclin cognitif
- 5:20est-il inéluctable ou pas ?
- 5:23Peut-on tous avoir toutes ces facultés cognitives jusqu'à 80-95 ans ?
- 5:32Et l'hygiène de vie est absolument parfaite. Est-ce que ce déclin existe uniquement
- 5:39parce que l'environnement est dégradant ou pas ?
- 5:42Alors, il y aura des nuances parce qu'il y a effectivement dans les mécanismes
- 5:46physiologiques qui nous protègent des prédispositions génétiques,
- 5:51mais on doit sortir de cette vision-là pour parler plutôt de contexte épigénétique.
- 5:56C'est-à-dire que si on a une prédisposition, par exemple, à moins bien protéger
- 6:01ses neurones que la moyenne parce qu'on protège moins bien que d'autres certaines
- 6:04molécules qui jouent des rôles importants.
- 6:06Et qu'en même temps, on est placé dans un environnement qui nous maltraite,
- 6:11bien évidemment, on va subir plus facilement les effets du lait clincé.
- 6:14Tu prends quelqu'un qui craint le froid, tu le fais vivre au Groenland et il
- 6:18aura plus facilement froid que si tu le mets en Arabie Saoudite.
- 6:20Donc, ce que je veux dire, c'est qu'il y a un effet subtil de l'équilibre entre
- 6:25ce que la personne peut tolérer qui est dépendant d'une part de son capital
- 6:29génétique, mais aussi de ses choix
- 6:31de vie, et en même temps du niveau de contrainte auquel il est soumis.
- 6:34Et celui qui pèse le plus lourd, et on le voit aujourd'hui à la fois à travers
- 6:38l'évolution dramatique des chiffres de maladies psychiatriques,
- 6:42des problèmes d'addiction, mais aussi l'accélération des maladies neurodégénératives,
- 6:47sans conteste, c'est le stress qui joue un rôle énorme.
- 6:49Et c'est vrai que quand en 2025, le gouvernement français décide de faire de
- 6:55la santé mentale d'une grande cause nationale, je trouvais que c'était assez hallucinant.
- 6:59C'est-à-dire qu'à un moment donné, on ne peut pas être à la fois cause et conséquence d'un problème.
- 7:04Il faut bien évidemment considérer que le contexte sociétal dans lequel on vit,
- 7:09dispose à la survenue de problématiques neurodégénératives chez un nombre croissant
- 7:15de gens de plus en plus jeunes.
- 7:17Donc ce qu'on est en train de dire, c'est que finalement, le stress est la plus
- 7:21grande cause de problématiques et de déclin cognitif, plus que l'alimentation, par exemple ?
- 7:27On ne doit pas les considérer comme des colonnes indépendantes qui ne se rejoignent jamais.
- 7:31C'est-à-dire que le stress, lorsqu'il est bien caractérisé,
- 7:34a des conséquences en cascade qui sont par exemple une plus grande vulnérabilité immunitaire,
- 7:39ce qui est un facteur énorme d'aggravation de toutes les pathologies par l'intermédiaire
- 7:45non patent des agents infectieux par eux-mêmes que de ce que met en jeu notre système immunitaire,
- 7:51les fameuses cytokines qui occasionnent des orages depuis le mois de février 2020.
- 7:56Ce sont des molécules qui sont capables d'entraver non seulement l'activité
- 8:01des neurones, mais aussi ce qu'on appelle la plasticité neuronale.
- 8:05Donc ça c'est un élément important le stress influence l'équilibre de nos populations
- 8:10bactériennes il peut moduler nos choix alimentaires
- 8:12à savoir qu'on ne mange pas de la même manière selon qu'on est stressé ou pas,
- 8:16et quelle que soit l'éducation qu'on ait reçue et les aliments à notre disposition.
- 8:21Et en fonction de la manière dont on va gérer notre stress, peut-être par une
- 8:26pratique sportive inappropriée ou par des expositions à des toxiques qui visent
- 8:30à apaiser notre niveau de stress, 40% en France des jeunes de 18 à 25 ans ont
- 8:34déjà touché à de la coque,
- 8:36ça ne veut pas dire que c'est la conséquence de sa disponibilité,
- 8:39c'est la conséquence de la vulnérabilité.
- 8:40C'est-à-dire que quand on pose des éléments comme ça, on se rend compte qu'une
- 8:44réflexion systémique, ce n'est pas une vision où on met toutes les choses sur
- 8:47le même plan en leur accordant une égale importance, c'est une vision qui, au contraire,
- 8:53est plutôt pyramidale et où on se rend compte qu'il y a des éléments qui pèsent
- 8:56plus lourd que d'autres et qui ont des répercussions en cascade sur tout un
- 9:00tas de fonctions qui vont être, à leur tour, identifiées comme étant perturbées.
- 9:03C'est-à-dire que quand on pose la question de l'importance respective du stress, des infections,
- 9:09des choix alimentaires, c'est comme si on te demandait est-ce que c'est parce
- 9:12que mon pare-chocs est cassé que mon pare-brise est abîmé,
- 9:15est-ce que c'est parce que mon pare-brise est abîmé que la portière est rayée
- 9:18et qu'on imagine que c'est finalement des événements qui seraient corrélés mais
- 9:23indépendants les uns des autres.
- 9:25Et la dynamique sociétale qui construit en fait une logique extrêmement compétitive,
- 9:31Je renvoie aux travaux d'Albert Jacquard sur le sujet,
- 9:34qui disait qu'on a une conception de la pédagogie qui vise finalement à préparer
- 9:41le citoyen à être soumis et consommateur,
- 9:43et qui de ce fait écarte tout un tas de stratégies pédagogiques qui participeraient
- 9:48au développement cognitif.
- 9:49Donc, dès le plus jeune âge, on prépare finalement une vulnérabilité plus importante
- 9:54aux effets défavorables de ce qui va créer plus tard les pathologies neurodégénératives.
- 9:59Mais en amont il y a le tabagisme qui lui-même va avoir un impact sur le cerveau,
- 10:05De manière transgénérationnelle, au même titre que l'herbe, on sait que les
- 10:09consommateurs de hachich vont rencontrer des modifications épigénétiques dans
- 10:14leur cerveau qui vont se retrouver à la génération suivante.
- 10:17C'est-à-dire qu'il ne suffit pas d'arrêter pour une femme de consommer ses produits
- 10:22au moment où elle va tomber enceinte.
- 10:24Le fait même qu'on en est consommé n'aura pas la même conséquence,
- 10:29n'aura pas le même impact sur le développement du cerveau du futur nouveau-né.
- 10:32Alors, ce n'est pas du tout des éléments que j'évoque pour responsabiliser ou
- 10:38culpabiliser, c'est juste des faits qu'il faut regarder en comprenant qu'il
- 10:42y a une logique à leur survenue de manière un petit peu enchevêtrée.
- 10:45Ok, bon alors le développement et le déclin cognitif est la résultante d'un
- 10:51tout un paquet de facteurs qui sont eux-mêmes entreliés, entrecroisés,
- 10:56qu'il est toujours plus facile d'essayer de faire des blocs de cause à conséquence,
- 10:59c'est ce que j'essaye un petit peu de faire pour essayer de détacher des solutions
- 11:02et d'y voir un petit peu plus clair, mais on comprend que c'est très complexe.
- 11:06Juste, avant de comprendre ce qu'est exactement le déclin cognitif,
- 11:09de quoi on parle, si on parle d'Alzheimer, si on parle...
- 11:12D'autres démences et de quoi il s'agit, puisqu'on va essayer de tourner un petit
- 11:17peu autour, savoir ce qu'il en est et comment justement l'éviter.
- 11:22Avant ça, est-ce que, sans vouloir faire peur, mais quand même un petit peu,
- 11:26il y a des chiffres, il y a des études qui montrent que le déclin cognitif chez
- 11:32l'humain a tendance à se faire plus tôt, de manière plus précoce par rapport
- 11:36aux autres générations.
- 11:37Quel est le recul qu'on a sur, par exemple, ces 20 ou ces 30 dernières années ?
- 11:41Avant de continuer l'épisode, j'ai quelque chose d'exclusif à vous proposer.
- 11:45Si vous aimez le podcast Biomécanique, alors vous allez adorer la lettre Biomécanique.
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- 12:00et des anecdotes inédites sur le podcast que vous ne retrouverez nulle part ailleurs.
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- 12:06de films, de documentaires que je considère qu'il ne faut pas manquer.
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- 12:20Donc pour ne pas louper la prochaine, faites dérouler la description,
- 12:23cliquez sur le dernier lien qui s'affiche et rejoignez de suite la lettre biomécanique.
- 12:27Ces chiffres, on va dire, c'est le constat établi par des chercheurs qui ont
- 12:32consacré l'essentiel de leur travail.
- 12:35Il n'y a pas de doute à leur sujet, mais pour autant, une fois qu'on pose ce
- 12:41constat, soit on s'alarme et on se dit, j'ai qu'un traitement,
- 12:44c'est l'huile essentielle de sapin qui me donne un avant-goût de la mort,
- 12:47ou alors on a d'autres solutions en vue.
- 12:49Et ce qu'il faut avoir en tête, c'est que, comme je l'évoquais,
- 12:52la pression environnementale n'a jamais été aussi forte, ce que j'explique dans
- 12:55l'ouvrage sur les où on est aujourd'hui avec les générations Y et Z,
- 13:02face à des populations pour lesquelles l'impact environnemental,
- 13:06l'appauvrissement des populations bactériennes,
- 13:10le niveau de stress encouru et l'appauvrissement de toute la chaîne alimentaire.
- 13:16Amènent à ce qu'à un moment donné, on est un peu comme le chevalier noir de
- 13:19Monty Python qui monte la garde du pont et qui on coupe les deux bras et les
- 13:22deux jambes et qui dit match nul, c'est-à-dire qu'on ne peut pas s'en sortir.
- 13:25Et que donc il y a deux types de répercussions il y a des répercussions fonctionnelles
- 13:29et des répercussions lésionnelles et pour comprendre,
- 13:32très tôt la différence entre les deux. On pourra parler tout de suite des problématiques
- 13:36de mémoire et de l'Alzheimer.
- 13:38Il faut savoir que beaucoup de nos fonctions qui sont régies par notre cerveau
- 13:43font appel à des structures qui se trouvent à différents endroits de ce cerveau.
- 13:48A savoir que la compréhension de l'anatomie du cerveau a été cruciale.
- 13:53Ça a été un des grands avantages de la guerre de 14. Les guerres permettent
- 13:56toujours de très gros progrès médicaux.
- 13:57La guerre de Napoléon, ça a permis d'énormes progrès au niveau de la chirurgie,
- 14:02la guerre de 14, eh bien, en fait, il y a des gens qui sont revenus de la guerre
- 14:05et qui manquaient un petit bout de cerveau à droite ou à gauche.
- 14:08Selon les zones qui étaient lésées, on se rendait compte que certaines fonctions étaient altérées.
- 14:12Avant cela, on pensait que le cerveau était constitué d'un ensemble de neurones
- 14:17qui pouvaient tous accomplir toutes les fonctions et qui étaient indifférenciables
- 14:21et substituables les uns aux autres.
- 14:23Alors, évidemment, je m'attendais aux commentaires, je suis au second degré
- 14:27quand je dis que ça fait partie des bienfaits de la guerre.
- 14:29Je préfère éviter des commentaires inutiles on
- 14:33sait qu'il y a des spécialistes de la question mais on s'est rendu compte que
- 14:36certaines parties du cerveau sont plus particulièrement dévolues à certaines
- 14:40fonctions et d'autres à d'autres et concernant le déroulement de ces fonctions
- 14:44elles nécessitent des processus chimiques l'intervention de molécules qu'on
- 14:48appelle les neurotransmetteurs,
- 14:50dont la présence dans notre cerveau est liée à notre alimentation mais pas seulement
- 14:55Donc, quand on a un stress important, par exemple, le train de vie de nos neurones
- 15:00s'accélère parce qu'on est plus enclin à devoir être en hypervigilance,
- 15:04à prendre des réflexions, à avoir des émotions qui sont au summum,
- 15:08et donc nos neurotransmetteurs sont dégradés beaucoup plus vite.
- 15:11Et si, en contrepartie, nos apports ne sont pas à un niveau qui permette d'assurer
- 15:16la compensation de ces pertes-là, petit à petit, on se crée un déficit.
- 15:21Et donc, on a des troubles fonctionnels qui peuvent concerner la mémoire et
- 15:25c'est là où je voulais en venir, la grande différence entre les perturbations
- 15:28fonctionnelles ou lésionnelles, c'est typiquement ce qu'on peut rencontrer à
- 15:32l'occasion d'une consultation de mémoire.
- 15:34Donc, la maladie de l'Alzheimer démarre de manière… Alors, on a beaucoup de données descriptives.
- 15:40Les données explicatives sont encore un peu l'objet de spéculation.
- 15:44Mais en gros, il y a des neurones d'une partie bien particulière du cerveau
- 15:48qui sont chargés, notamment du stockage des processus,
- 15:53des souvenirs ou de la mémoire, qui sont notamment en lien avec des problématiques
- 15:57immunitaires, mais pas seulement l'objet d'atteintes, mais qui se propagent
- 16:01un peu comme des dominos qui tombent.
- 16:02C'est-à-dire qu'un premier neurone touché fait que d'autres neurones sont touchés,
- 16:05donc on va avoir des atteintes très rapides.
- 16:07Mais au début de la pathologie, il est très difficile d'établir une différence
- 16:11entre quelqu'un qui présente ce qu'on appelle des troubles bénins de la mémoire,
- 16:14j'ai un mot sur le bout de la langue, je ne m'en souviens plus,
- 16:17d'une autre personne qui présente a priori les mêmes symptômes,
- 16:21mais qui est déjà confrontée à une maladie neurodégénérative.
- 16:25Et il y a un test qui permet de faire la différence entre les deux,
- 16:28c'est qu'effectivement, quand on présente cinq objets, par exemple à une personne
- 16:33en 10 secondes, on lui demande de mémoriser le maximum d'objets.
- 16:38Typiquement la personne qui a un déclin cognitif lié à une perte de ses neurotransmetteurs
- 16:44comme je l'ai évoqué juste avant elle va se souvenir d'un seul objet sur 5 donc
- 16:47elle va commencer à flipper parce qu'elle va se dire j'ai peut-être un Alzheimer,
- 16:51et puis celle qui a un début d'Alzheimer s'en souvient d'un sur cinq,
- 16:54c'est-à-dire qu'à ce stade-là on ne fait pas de différence entre les deux,
- 16:58la différence va se faire à l'étape suivante où on va donner un indice,
- 17:02donc vous avez un papy qui est devant une photo sa femme lui dit mais tu te
- 17:05rappelles pas où c'était ?
- 17:06Absolument pas mais si c'était lors de notre voyage de noces avant on était
- 17:10dans un super hôtel en plus ah la serveuse elle était trop bien t'aurais vu
- 17:14Cennibar et donc il prend une claque c'est à dire que quand on donne un indice,
- 17:18il y a un retour du souvenir qui va s'effectuer. Alors que dans le cas de l'Alzheimer,
- 17:23l'évocation d'un indice ne donne aucune aide supplémentaire.
- 17:27La personne va donner une réponse aléatoire. C'est ce qu'on appelle une intrusion.
- 17:31Et donc, parce que la mémoire est associative et qu'elle utilise plusieurs parties
- 17:36différentes du cerveau, s'il y a une atteinte lésionnelle neurodégénérative,
- 17:40il n'y a plus de connexion et de communication entre ces différentes parties.
- 17:44Et donc, l'aide qu'on apporte pour retrouver dans l'armoire à souvenir la bonne
- 17:49photo au bon endroit va être totalement inopérante.
- 17:51Ce test est proposé et permet de faire une différence très précoce entre ce
- 17:57qui est simplement du domaine de l'impact des déficits nutritionnels, de l'alimentation,
- 18:02de pas mal d'autres facteurs et de ce qui est authentiquement neurodégénératif.
- 18:07Et effectivement, les éléments que j'évoquais en introduction,
- 18:12l'accompagnement de l'activité physique, les sollicitations,
- 18:16aller faire du sudoku, la tête au nord les liens infectifs la prévention des
- 18:22problèmes immunitaires etc.
- 18:23Ça va ralentir le processus de déclin cognitif.
- 18:27J'avais un prof de neurobiologie à l'époque à Jussieu qui disait finalement
- 18:32la question d'Alzheimer c'est de savoir si on le fera avant ou après notre mort.
- 18:36Alors ce qui était assez rigolo dans sa manière de poser les choses mais c'est
- 18:40aujourd'hui toutes les stratégies dites de prévention visent en fait à,
- 18:45refreiner au maximum le processus qui est jugé comme étant inéluctable et bien
- 18:50évidemment quand on voit les multitudes pistes de réflexion qui sont proposées,
- 18:56il faut comprendre qu'elles sont toutes intriquées les unes dans les autres,
- 19:00mais que bien évidemment, le meilleur moyen de s'en protéger,
- 19:03c'est d'avoir un cerveau qui soit parfaitement nourri et ça,
- 19:06ça fera certainement partie des points que tu vas souhaiter évoquer par la suite.
- 19:10Très intéressant. Déjà, ça veut dire que si on ne se rappelle pas de quelque
- 19:14chose a priori, mais qu'un souvenir nous ramène à cette mémorisation, c'est plutôt bon signe.
- 19:21On n'est pas nécessairement touché par Alzheimer. meurt.
- 19:26Donc ce qu'on comprend c'est qu'il n'y a pas d'âge moyen à partir duquel le
- 19:30déclin cognitif commence à s'exercer, toute population confondue.
- 19:35Chez certaines personnes, je vais dire des âges au hasard et tu vas me corriger derrière,
- 19:41certaines personnes qui sont complètement dans les choux ça va peut-être commencer
- 19:44à 35 ans, ceux qui ont un super environnement, une super alimentation et tout
- 19:48ce qu'il faut ça va peut-être commencer à 70, d'autres à 95 mais si par exemple,
- 19:53ils meurent d'autres choses avant le déclin cognitif n'aurait pas eu le temps,
- 19:58hypothétiquement il aurait démarré après la mort donc en fait ça dépend il n'y
- 20:03a pas un âge moyen de départ de vieillissement du cerveau.
- 20:07On peut faire si tu veux un parallèle avec l'éclin physiologique c'est à dire
- 20:11qu'il y a tout le débat des scientifiques sur la diminution de VO2max avec l'âge,
- 20:16et puis en même temps qu'on dit que c'est inéluctable on se rend compte qu'il
- 20:19y a des gens qui à 40-45 ans sont encore capables de faire des niveaux de performance élevés.
- 20:25En fait, il y a deux paramètres qui sont déterminants. C'est d'où est-ce qu'ils
- 20:28partent et à quelle vitesse ça descend.
- 20:31Et c'est exactement la même chose, sauf que concernant le déclin cognitif,
- 20:34il n'est pas obligé que ça descende, ça peut même continuer à monter.
- 20:38À savoir qu'il y a un élément crucial dans le maintien ou l'expansion des capacités
- 20:45cognitives, c'est le niveau de sollicitation et la mémorisation.
- 20:48C'est-à-dire qu'une chose, deux choses que l'IA ne peut pas substituer à l'intelligence
- 20:54humaine, l'IA je dis souvent que c'est finalement l'aliénation informatique,
- 20:58si on prend les initiales dans ce qu'elle signifie,
- 21:01c'est l'expérience et l'émotion.
- 21:05Et ça, l'émotion est liée notamment à l'interaction avec l'autre et de ce qu'on
- 21:10perçoit dans la réaction de l'autre.
- 21:12C'est-à-dire que beaucoup de comportements sociaux ne sont pas influencés par
- 21:17des règles qui seraient décidées par Big Brother,
- 21:20mais sont modulés par l'aptitude de l'individu à interpréter,
- 21:24en fonction de ses émotions et de son expérience, ce qu'il perçoit chez l'autre.
- 21:28Et ces différents éléments-là participent à la construction d'une forme d'intelligence.
- 21:34Tu as certainement vu de vieux profs de médecine ou de vieux internes à qui
- 21:38on amène un patient avec des symptômes dont personne n'arrive à comprendre le
- 21:42sens et auquel on ne donne pas une qualification particulière.
- 21:46Et lui, il va dire, oui, c'est telle ou telle pathologie. J'ai déjà vu le cas en 1928.
- 21:51Parce que l'expérience, à partir du moment où elle n'est pas effacée,
- 21:56Et c'est toute la problématique du maintien de la mémoire.
- 21:59À partir du moment où il n'est pas effacé, il vient au contraire nourrir et
- 22:02enrichir la réflexion. Et je prenais l'exemple d'Edgar Morin tout à l'heure.
- 22:05J'ai eu l'occasion de voir Luc Montagnier ou même au début du magazine Sport
- 22:11et Vie d'avoir rencontré Albert Jacquard par exemple.
- 22:15Et typiquement, ce sont des personnes dont on voit bien que le niveau de compétence
- 22:20intellectuelle était certainement supérieur à celle qu'ils avaient 20 ou 30
- 22:24ans plus tôt, quand bien même fût-ce déjà brillante à l'époque.
- 22:28Et à partir du moment où cela est possible chez certains, il faut se poser la
- 22:32question de qu'est-ce qui empêche que ce soit possible chez tout le monde.
- 22:36Ce qui redonne de l'espoir, on est dans un environnement et dans une époque
- 22:40qui n'est peut-être pas propice à une super cognition et à un super vivissement
- 22:45du cerveau, mais de ce que tu dis, il est quand même possible de faire les choses,
- 22:51pour vieillir le moins vite possible et de se décliner le moins vite possible
- 22:56au niveau des facultés cognitives ?
- 22:58On parle d'époque, tout est une question de représentation.
- 23:02J'ai en tête aussi une phrase avancée par Bruce Dickinson, tu connais peut-être
- 23:09ou pas, qui était chanteur de Maiden,
- 23:11et qui disait, je suis très fan, et qui disait notamment, tout le monde se plaint
- 23:16d'époque actuelle qui est terrible.
- 23:17Moi, j'ai un très bon message à leur donner. Voyager dans le temps.
- 23:19Et retourner au Moyen-Âge, c'était absolument génial.
- 23:22C'est-à-dire qu'à un moment donné, c'est aussi une question de la représentation
- 23:26quand on se fait des choses.
- 23:28Quand Boris Cyrulnik parle de la résilience, que se joue-t-il exactement ?
- 23:33J'ai un grand-père qui avait 17 ans quand il a fait Verdun, il a fait deux ans
- 23:37dans les tranchées, il est mort centenaire.
- 23:39Et il y a certains auteurs, je pense aussi à Noël Tamini, un Suisse qui vit
- 23:45maintenant en Roumanie, qui s'est intéressé aux particularités des centenaires.
- 23:49Et il y a une chose qui est mise en avant en permanence, c'est une espèce de
- 23:52positivisme qui est, on va dire, indécrottable et qui est presque indifférent
- 23:58aux événements survenus.
- 23:59Parce que mourir centenaire en profitant de la vie, alors qu'on a vu des mecs
- 24:02se faire découper en rondelles sous tes yeux pendant deux ans,
- 24:06c'était pas donné à tout le monde puisqu'il y a eu des mouvements nihilistes
- 24:09après la guerre de 14 où il y avait des gars qui disaient le monde est absurde,
- 24:12il recommence comme avant, qui avaient fait des attentats pour faire sauter la tour Eiffel etc,
- 24:16on en parle peu mais il y avait des mouvements anarchistes post-guerre de 14-18
- 24:21qui étaient extrêmement forts en France c'était globalement la conséquence de
- 24:25cette espèce de résilience sociale qui était quand même difficile à mettre en oeuvre.
- 24:29Donc la résilience et les fonctions de l'éducation qu'est-ce qu'on attend donner
- 24:34comme éducation et c'est vrai que tout ce qui détourne l'enfant d'un lien affectif
- 24:38et d'une capacité à communiquer que ce soit les écrans tous ces éléments-là.
- 24:43Des contenus pédagogiques qui étouffent l'esprit critique des gamins tout ça
- 24:47bien évidemment crée un stress au refoulé, le stress inhibé qui participe certainement
- 24:52aux pathologies aux addictions.
- 24:54Alors je vais prendre un autre exemple pour aller plus loin dans la notion de
- 24:57sens il y avait une étude qui avait été faite par des américains j'avais vu
- 25:01ça sur un reportage à l'époque quand j'avais encore la télé,
- 25:04leur étude consistait à questionner des gens de la vie de la rue qu'ils croisaient
- 25:08leur disait voilà à votre avis les gens qui gagnent des très grosses sommes
- 25:11aux loteries à votre avis est-ce qu'ils continuent à travailler ?
- 25:14La majorité des gens qui étaient sondés répondaient non ils ont dû arrêter de
- 25:18bosser et ils avaient faux.
- 25:21Plus de 90% des gens avaient continué à travailler. Par contre,
- 25:25l'extrême majorité d'entre eux avaient changé de métier.
- 25:27Parce qu'en fait, à partir du moment où ils avaient l'assurance d'avoir un toit
- 25:32et à manger, ils se consacraient à ce qui avait du sens pour eux.
- 25:35Ce qui veut dire que 90% de la planète est peut-être dans un contexte où ce
- 25:39qu'ils font n'a pas forcément du sens, mais ils sont dans un mode de survie.
- 25:43Et donc forcément, ça génère un stress extrêmement important parce que quand
- 25:47on regarde plus en détail,
- 25:49les écrits même qui sont consacrés au sujet neuroatypique, le stress est d'autant
- 25:54plus important que l'écart est très marqué entre là où on aimerait se trouver et là où on se trouve.
- 25:59Et donc, pendant des années, la société a fonctionné sur des processus de compensation.
- 26:04On parlait de gagner sa vie si on avait une bonne paye.
- 26:07Bon, sauf qu'aujourd'hui, cette compensation-là, elle n'est plus offerte qu'une
- 26:10petite minorité et le manque à gagner comblé par les jeux, par l'espèce de 5 à 7,
- 26:19l'after work, tous ces trucs qui sont apparus, une espèce de liesse un petit
- 26:23peu factice, elle est là pour masquer le manque profond qu'il y a derrière et
- 26:29qui participe aussi à la dégradation neuronale.
- 26:31Parce que si on n'a pas d'intérêt à ce qu'on fait, naturellement,
- 26:34on est moins enclins à avoir des sollicitations.
- 26:37Ça me rappelle ce que disait John Barrymore, un acteur américain qui disait,
- 26:42la vieillesse, c'est très simple, ça commence le jour où les regrets ont pris la place des projets.
- 26:47Et c'est sûr que s'il y a 30 ans, tu n'as pas de projet parce que le monde dans
- 26:50lequel tu vis ne te permet pas de te projeter, tu vas être beaucoup plus enclin
- 26:53à être victime des mécanismes d'éclin cognitif qui vont fatalement être beaucoup
- 26:57plus forts à ce moment-là à ton encontre.
- 26:59C'est assez percutant. Je ne pense pas qu'on soit surpris dans l'absolu,
- 27:04mais le fait que tu l'exprimes de cette manière-là et que d'un point de vue
- 27:08physiologique et physiopathologique,
- 27:10il y a un lien clair entre le manque de sens, entre la négativité et l'apparition
- 27:16plus précoce du déclin cognitif.
- 27:18Donc, ça permet peut-être d'ouvrir un petit peu plus les yeux.
- 27:22Alors, est-ce que ça va changer les choses ? Je ne sais pas.
- 27:24Mais de ce que je comprends, c'est que cet environnement essentiellement stressant
- 27:29dû par ce désalignement, par exemple, ce manque de sens,
- 27:32provoque plus facilement, en fait, met en plus forte stimulation l'activité
- 27:38du cerveau parce que le stress, le cerveau répond à ce stress et essaie de compenser
- 27:43dans son activité. c'est ça qui.
- 27:48Suractive on va dire les neurones je parle grossièrement, tu me corrigeras sur les termes,
- 27:54et l'alimentation parce que tu vois toi qui es quand même un des plus grands
- 27:59nutritionnistes français, je pensais qu'on partirait directement là dessus sur les causes,
- 28:04des causes absolues du déclin cognitif finalement l'alimentation vient en second
- 28:10plan, enfin dans le sens où par rapport à cette sur-stimulation,
- 28:14sur-activité via ce stress,
- 28:17il faudrait avoir l'alimentation nécessaire pour venir compenser ce stress,
- 28:23très important, qu'on n'a peut-être pas aujourd'hui, et ce qui crée donc on
- 28:27a une sur-sollicitation, pas assez de compensation et le déficit se creuse et
- 28:33l'activité cognitive décroît.
- 28:35Est-ce que je résume un peu ?
- 28:38Je vais reformuler, ce n'est pas qu'une question de déficit parce qu'il y a
- 28:41un autre élément physiologique qui est associé au stress et qu'il ne faut surtout
- 28:46pas perdre de vue, c'est l'état inflammatoire.
- 28:49L'inflammation est un élément qui est lié à l'activité de molécules dont je
- 28:54vais déjà parler, qui s'appelle les cytokines, qui sont habituellement on va dire les.
- 28:58Les organisateurs de la réponse immunitaire, mais qui peuvent aussi te libérer
- 29:02dans d'autres circonstances, notamment sous l'influence du stress,
- 29:04et donc un stress chronique tel que je l'ai évoqué juste dans ma réponse précédente,
- 29:08crée un état inflammatoire qui a un impact sur l'intestin,
- 29:11qui a un impact sur la muqueuse intestinale, qui a un impact sur les familles
- 29:13bactériennes, qui a un impact sur le stress occident,
- 29:17c'est-à-dire la rouille qui va affecter nos tissus.
- 29:19Et de ce fait, la nutrition optimale, ce n'est pas seulement celle qui amène
- 29:23les éléments structuraux du cerveau ni les éléments énergétiques du cerveau,
- 29:28c'est aussi ceux qui permettent de se protéger,
- 29:32ceux qui permettent d'être plus efficaces face aux infections,
- 29:36ceux qui permettent également de compenser les pertes plus importantes liées
- 29:40au stress, c'est-à-dire ceux qui permettent d'accomplir l'activité physique appropriée,
- 29:46qui a des effets favorables sur notre cerveau.
- 29:48Et évidemment, ça veut dire que, c'est un peu le concept que je défends avec
- 29:52l'idée de l'épinutrition,
- 29:53l'alimentation, c'est celle aussi qui nous protège des toxiques,
- 29:57c'est celle qui nous permet d'avoir les outils face au stress,
- 30:00c'est celle qui nous permet d'avoir les outils face aux problèmes immunitaires,
- 30:02c'est celle qui permet de bien nourrir notre intestin, et c'est celle qui nous
- 30:05garantit qu'en dépit de l'appauvrissement de notre chaîne alimentaire,
- 30:10on va trouver le plus d'éléments nécessaires dont on a besoin.
- 30:15Sachant qu'il y a beaucoup de déficits qui ne sont pas tant liés à des mauvais
- 30:19choix de population qu'à l'appauvrissement ou à des problèmes d'assimilation.
- 30:24On parle souvent, par exemple, d'une molécule au nom un peu barbare,
- 30:28l'homocystéine, qui jouera un rôle dans certaines maladies neurodégénératives.
- 30:33Si on essaie de résumer les choses simplement, dans un grand nombre de situations,
- 30:37son accumulation, qui est défavorable, survient en cas de déficit en B9 ou en B12.
- 30:42Et tout le monde dit, à la B12, il faut manger des produits animaux,
- 30:46les végétariens sont exposés à des risques, c'est faux.
- 30:49C'est-à-dire que quand on regarde les teneurs des aliments et quand on regarde
- 30:53les besoins individuels, une végane qui ferait trois entorses à son régime en
- 30:59mangeant deux œufs et un yaourt dans la semaine, couvre en théorie ses besoins.
- 31:03Donc quand on fait le constat que certaines fractions de la population,
- 31:06par exemple les femmes qui font des fives, moi j'en ai rencontré 50% de déficit,
- 31:10donc on n'a pas affaire à une secte de véganes qui n'arrivent pas à se reproduire,
- 31:14on a affaire à des situations où il y a des problèmes d'assimilation,
- 31:18c'est-à-dire qu'il y a des problématiques immunitaires avec des anticorps,
- 31:21sans trop rentrer dans le détail, qui entravent l'assimilation de ces vitamines,
- 31:24qui elles-mêmes jouent sur un autre mécanisme qui s'appelle la méthylation,
- 31:28qui est un petit peu l'interrupteur qui favorise ou pas l'expression de certains
- 31:32gènes, et donc on a des réactions en cascade.
- 31:34C'est-à-dire que ce que l'on découvre aujourd'hui, c'est que notre alimentation,
- 31:37le contenu de notre assiette est un élément nécessaire, mais pas suffisant à
- 31:41garantir une santé optimale, et que surtout, sous l'influence de contraintes environnementales,
- 31:46on peut avoir des processus très délétères qui vont quand même survenir.
- 31:51On peut parler du sélénium, qui est très important pour la protection de nos
- 31:58tissus, notamment du cerveau.
- 31:59Il y a à peu près 40% de la population qui est déficitaire, en tout cas en France,
- 32:03et l'élément qui prédit le mieux le statut d'un individu, c'est la teneur des
- 32:07sols ou plus les aliments qu'il consomme.
- 32:09Donc c'est quasi impossible de prédire si un sujet à un instant T présente ou
- 32:15pas un déficit et la pathologie c'est un millefeuille s'il y a le simple déficit.
- 32:21Il s'adapte. Si tu rajoutes un environnement plus polluant, il essaie de s'adapter.
- 32:26Tu rajoutes une pandémie, il essaie de s'adapter. Et tu rajoutes un stress par-dessus.
- 32:30À un moment donné, ton millefeuille, il est trop lourd. Et ça finit par créer
- 32:34un niveau de contrainte qui est supérieur aux capacités de l'individu.
- 32:38Et bien évidemment, l'approche orthodoxe de la médecine intégrative ou de ces
- 32:43approches-là consiste à garantir 100% des apports des besoins théoriques.
- 32:49Mais ces besoins théoriques, ils correspondent à une situation,
- 32:52on va dire, où tu es tranquille, confortable, où il n'y a pas de données,
- 32:55tu n'es pas à la guerre, en quelque sorte.
- 32:57Et garantir la couverture des besoins théoriques ne permet pas de prédire si
- 33:02à l'échelle individuelle, tu es armé comme il faut, notamment en fonction de
- 33:06ta place dans la fratrie, en fonction des affections que tu as eues dans ton
- 33:09enfance, en fonction du contexte dont elle t'a grandi.
- 33:11Et donc, c'est pour ça que de réflexion un petit peu globale et généraliste
- 33:16sur la population, on doit aller un peu plus loin regarder à l'échelle individuelle
- 33:20la nature des perturbations qui sont présentes comprendre où elles viennent
- 33:24et comprendre comment les corriger.
- 33:27Mais on est d'accord que c'est quand même un début, c'est quand même s'assurer
- 33:31un minimum, on va dire de bien manger, d'assurer tous ces micros,
- 33:36macros, nutriments, c'est déjà la base.
- 33:39C'est sûr que si on s'arrête là et qu'on ne regarde pas au-delà sur l'environnement
- 33:42comme tu l'expliques, on n'en aura peut-être pas tout, mais c'est presque un
- 33:46minimum indispensable.
- 33:47Encore faut-il déjà savoir ce que sont les besoins en petits mots et comprendre
- 33:52ce qu'est le déterminisme du comportement alimentaire.
- 33:55Je vais donner un exemple pour illustrer ça, à l'appui des apports qui sont
- 34:01aujourd'hui reconnus fondamentaux pour le cerveau, ceux des oméga-3,
- 34:05qui est une famille de graisses vraiment très précieuse pour ça.
- 34:08Donc, on avait mené une étude à la fin des années 90 avec le docteur Didier
- 34:12Chaud, je crois que tu as reçu, il me semble aussi une fois, ou pas.
- 34:16On avait mené un travail pour regarder, en fait, on se posait une question qui
- 34:21était quel est le niveau d'apport optimal en lipides qu'on peut conseiller à des sportifs.
- 34:26C'était en 2003, et à l'époque, la théorie dominante, c'était le principe d'Archimègre,
- 34:31c'est-à-dire que c'était tout corps plongé dans un liquide ressort mouillé s'il
- 34:34n'est pas trop gras, et on s'était rendu compte qu'en fait,
- 34:38à la fois par une enquête alimentaire et par un bilan biologique,
- 34:41on s'était rendu compte qu'il y avait de très fréquents déficits en acides gras,
- 34:45en oméga-3 en particulier, et que les déficits les plus sévères se rencontraient
- 34:49chez les gens qu'il y avait les apports en Grèce les plus importants.
- 34:52Donc, quand tu fais ce constat.
- 34:55Tu es plutôt à te poser de nouvelles questions qu'à amener une réponse à la question initiale.
- 35:01Et en fait, quand on réfléchit d'un point de vue évolutionniste,
- 35:06si à l'époque du paléo, nos ancêtres étaient déficitaires en oméga 3,
- 35:12leur instinct alimentaire les poussait à consommer des aliments relativement
- 35:16gras pour trouver ce dont ils avaient besoin.
- 35:19Aujourd'hui, à cause de l'évolution de la chaîne alimentaire,
- 35:22il y a des déficits très importants et transgénérationnels en oméga-3 qui ont
- 35:26été décrits depuis une vingtaine d'années, c'est-à-dire que les futurs parents
- 35:29de demain ou après-demain sont nés déficitaires,
- 35:32par exemple, et donc, pour pallier ce manque en oméga-3, ils sont naturellement.
- 35:38Portés par un appétit spécifique, comme on dit en nutrition,
- 35:42qui les pousse à manger du gras et ça n'a rien à voir avec les recommandations
- 35:46officielles pour votre santé, éviter de manger trop gras, trop sucré,
- 35:49trop salé, ce qui ne veut rien dire.
- 35:51L'injonction, c'est une manifestation du stress. Et effectivement,
- 35:54Sous-titrage Société Radio-Canada
- 35:55Ce qu'on a observé dans un deuxième temps, c'est que si on complémentait en
- 35:58oméga-3 ces personnes sans mettre en œuvre quoi que ce soit d'autre,
- 36:02ni conseil alimentaire ou quoi que ce soit, et qu'on refaisait une enquête quelques
- 36:05temps plus tard, on se rendait compte que leur niveau d'apport spontané en graisse diminuait,
- 36:09tout simplement parce que leur besoin étant satisfait, ils n'allaient pas rechercher
- 36:14un surcroît de graisse pour trouver désespérément les oméga-3 qui leur manquaient.
- 36:18Donc quand on fait le constat que les gens mangent trop gras ou trop sucré,
- 36:21on prend le problème à l'envers, c'est comme si on disait, pour éviter d'avoir
- 36:24des accidents, éviter d'avoir un pare-chocs cassé et un pare-chocs abîmés.
- 36:29Et donc, la problématique des injonctions et des campagnes de santé publique
- 36:34sont simplement là pour mettre du baume au cœur aux gens qui font porter la
- 36:39responsabilité des mauvais choix alimentaires aux citoyens,
- 36:43plutôt qu'à s'interroger sur la responsabilité du problème.
- 36:46Parce que quand on a décidé de changer l'alimentation des animaux au milieu
- 36:50des années 70, avec comme conséquence d'appauvrir toute la chaîne alimentaire,
- 36:54on n'a pas eu droit à un référendum sur le sujet. Ce que je veux dire,
- 36:56c'est que c'est une situation qui est subie.
- 36:59On pourrait multiplier les exemples. On sait en Afrique, par exemple,
- 37:01que des femmes déficitaires en fer ont un comportement dans certaines régions
- 37:05qui s'appelle la pica, c'est-à-dire qu'elles vont être amenées à consommer, à manger de la terre.
- 37:10Et cette terre est particulièrement riche en fer, et c'est un comportement intuitif compensatoire.
- 37:16Alors, certaines intuitions sont faussées par des problèmes de santé.
- 37:19Par exemple, on sait que les gens qui ont des mycoses chroniques vont avoir
- 37:22des pulsions sucrées irrépressibles.
- 37:24Mais ce n'est pas en leur tapant sur les doigts parce qu'ils mangent trop sucré
- 37:26qu'ils vont changer leur comportement.
- 37:28C'est-à-dire que si on veut avoir un effet évident, durable sur les choix alimentaires
- 37:35qui sont pratiqués, il faut revenir à la question de départ qui est pourquoi
- 37:39les gens mangent comme ils mangent.
- 37:41Et effectivement, si on est simplement dans le constat et dans la mise en garde,
- 37:47on va dire « Ah, mais les gens m'ont trop gras, ils m'ont pas assez de fruits, de légumes, etc.
- 37:50» Je ne sais pas si tu as vu récemment, il y a la nouvelle pyramide américaine
- 37:53qui est sortie où il y a les fruits et les légumes à la base. Bon, c'est magnifique.
- 37:57On oublie une chose importante, ça c'est les travaux d'Adam Dranowski en 2007
- 38:02qui expliquait que la consommation de fruits et légumes à New York en fonction
- 38:06des quartiers était inversement corrélée au niveau des vices.
- 38:10C'est-à-dire que les gens qui avaient un niveau, étaient corrélés au niveau
- 38:12de vie par contre, les gens qui avaient un niveau de vie élevé pouvaient consommer
- 38:15des fruits et légumes, ceux qui vivaient avec 9 dollars par jour et par personne
- 38:19en consommaient très peu.
- 38:20C'est-à-dire que pointer l'insuffisance de fruits et légumes,
- 38:24et on pourrait se poser la question aujourd'hui en France où il y a 15% de la
- 38:27population qui vit sous le seuil de pauvreté et qui entend dire longueur de
- 38:30journée, pour votre manger, sentez 5 fruits et légumes par jour,
- 38:33s'ils ont du mal à en acheter un seul qui partage à eux tous,
- 38:37un, ils sont conscients qu'ils ne respectent pas les recommandations,
- 38:40Deux, ils sont conscients qu'ils portent atteinte à leur santé et trois,
- 38:43qu'ils le pabilisent parce qu'ils ne peuvent pas faire autrement.
- 38:45C'est-à-dire que les situations auxquelles on est confronté ne sont pas l'apanage
- 38:51exclusif des gens qui font exprès de ne pas bien manger et qui s'en foutent.
- 38:55Alors, c'est vrai qu'on m'a reproché sur un podcast précédent de « déresponsabiliser
- 39:00les gens ». Ce n'est pas ça du tout.
- 39:02Le choix alimentaire n'est pas qu'une question de connaissance,
- 39:05de volonté ou d'intelligence.
- 39:07Il y a d'autres déterminismes qui sont là et qui sont influencés par tous ces
- 39:10facteurs environnementaux.
- 39:12D'où la nécessité d'accompagner, de faire de la pédagogie.
- 39:16Et c'est ce qui fait qu'on s'est tourné aussi vers la complémentation,
- 39:18parce qu'on s'est rendu compte là aussi que quand on rééquilibre,
- 39:22qu'on corrige certains déficits.
- 39:25Le bon message qui va des centres responsables de la prise alimentaire vers nos mandibules,
- 39:31par exemple, il va être approprié c'est-à-dire quelqu'un qui a un déséquilibre
- 39:35en certains nutriments va être enclin à manger plus de sucre c'est pas parce
- 39:38qu'on lui dit c'est pas bien de manger du sucre qu'il va arrêter de manger du
- 39:41sucre par contre si on corrige le problème,
- 39:43très régulièrement j'ai des patients qui me disent c'est incroyable ça m'est
- 39:46même pas passé par la tête l'idée c'est pas de faire des mantras à 17h tu manges pas de sucre,
- 39:51c'est pas ça c'est que si on travaille sur les causes des mécanismes ce qui est une anomalie,
- 39:56disparaît naturellement et donc plus notre alimentation est proche de ce que
- 40:01pratiquent les populations centenaires, on y revient toujours,
- 40:04plus on va être aligné pour couvrir les besoins de notre cerveau,
- 40:08mais aussi des organes qui protègent notre cerveau, que ce soit l'intestin ou
- 40:11notre système immunitaire.
- 40:12Et c'est une stratégie globale. Et c'est pour ça qu'on ne peut pas isoler la
- 40:16question des singes chavants, de la nutrition, qu'aujourd'hui parle de la mitochondrie,
- 40:20du quanzime Q10 et du glutathion et ci et ça. Ils sont complètement perchés.
- 40:24Le problème de base, c'est quand on a 15% de la population sous le seuil de
- 40:28pauvreté, comment on fait pour que le cerveau de ces personnes-là reste suffisamment
- 40:33performant pour qu'ils puissent prendre des bonnes décisions pour sortir de
- 40:36la merde où on les a mises.
- 40:38Je réfléchis à quelle va être la suite par rapport à ça. Je suis sur une branche
- 40:44comme ça, je suis sur une fourche.
- 40:48Quelque chose de simple sur le fonctionnement, quel est l'impact direct ou indirect
- 40:55de l'alcool ou du tabac par exemple sur le vieillissement du cerveau ?
- 40:59Est-ce que ça accélère x10, x20 ? Est-ce qu'il y a des nouvelles études ?
- 41:05Est-ce qu'il y aurait une fréquence ou une consommation qui sera absolument
- 41:09délétère ? Qu'est-ce qu'on sait de ça ?
- 41:12Alors, il y a des effets, les mécanismes, déjà on va parler du tabagisme.
- 41:17Le tabac a un effet par le stress oxydatif et par un certain nombre de molécules
- 41:22directement défavorables qui affectent l'activité du cerveau.
- 41:26Bon, parlons moins du tabac, parlons plus du tabagisme et de ce qui est l'addiction,
- 41:31qui est souvent lié à deux gros phénomènes.
- 41:33Le premier, c'est un déséquilibre de fond de la flore intestinale.
- 41:36Il y a beaucoup de travaux aujourd'hui qui parlent de dysbiose et addiction.
- 41:39C'est des termes qui veulent tout dire et rien dire.
- 41:41Et la deuxième chose, c'est qu'il y a un caractère anxiogène à l'arrêt du tabac.
- 41:45Je me souviens, quand je faisais ma thèse d'alcoologie, donc atteint,
- 41:48là-bas du côté de Mantes, la ville.
- 41:51Les psychiatres qui bossaient en alcoologie faisaient le constat fréquent que
- 41:54beaucoup de patients qui étaient internés pour un sevrage alcoolique avaient
- 41:58intérêt anxieux et la question était de savoir est-ce que c'est parce qu'ils
- 42:01sont anxieux qu'ils sont alcooliques
- 42:02ou est-ce que c'est parce qu'ils sont alcooliques qu'ils sont anxieux ?
- 42:04Bon, c'est un peu comme si on te disait on te retrouve ta voiture dans le fossé
- 42:08qu'on te disait est-ce que c'est parce que ton barbe brise est cassée que ta
- 42:10porte irait enfoncée ou l'inverse ?
- 42:12C'est-à-dire qu'en fait, c'est pas une relation de cause à effet entre les deux
- 42:15et c'est vrai que dans le domaine de la santé, il y a cette question des 4 C,
- 42:20cause, conséquence, corrélation ou coïncidence Et comme on mesure beaucoup de
- 42:25choses, on confond un petit peu tout.
- 42:26Et effectivement, le tabagisme a un impact qu'on peut situer, alors c'est en...
- 42:32C'est difficile à évaluer précisément parce que les épidémiologistes raisonnent
- 42:37en nombre de paquets années, c'est-à-dire qu'ils vont lisser une consommation
- 42:40moyenne sur une certaine durée, mais ça ne répond pas à la question qui est
- 42:43de savoir si tu consommes deux paquets par jour pendant cinq ans et que tu t'arrêtes,
- 42:48est-ce que c'est aussi défavorable que si tu en fumes cinq par jour pendant 40 ans ?
- 42:51Bon, toutes choses égales par ailleurs en plus, parce qu'il y a encore tout le contexte autour.
- 42:56Donc ça, disons que la vraie question, c'est ce qu'explique Albert Moukabert,
- 43:00c'est que dans ce genre de situation c'est pas le choix individuel qui va permettre
- 43:05de changer la situation c'est des décisions politiques fortes c'est-à-dire qu'à un moment donné.
- 43:10Tu fais pas partie de la génération qui en France a pu connaître les wagons
- 43:14fumeurs a pu connaître les avions fumeurs etc,
- 43:17si tu revois des films des années 70 et 80 moi je vois mes enfants ils sont
- 43:20stupéfiés de voir que les gens ils fumaient partout bon il y a eu des décisions
- 43:24politiques avec des sanctions aujourd'hui deux générations plus tard ça paraîtrait
- 43:28complètement incongru d'imaginer dans des lieux où les gens fumaient avant.
- 43:31Et la bonne volonté individuelle face à ça ne pèse rien.
- 43:34C'est toute la problématique du choix entre les directives et la liberté individuelle.
- 43:39Ça, c'est un débat permanent et chacun met le curseur où il veut.
- 43:42Concernant l'alcool, les effets sont très dépendants du type de boisson consommée. Alors.
- 43:49On ne va pas s'attarder plus que ça sur le rôle du vin rouge et ses effets bénéfiques,
- 43:53s'il est bio avec le resveratrol.
- 43:55Mais quand on regarde les pathologies
- 43:56liées à l'alcool, notamment avec des particularités géographiques,
- 44:02typiquement, les gros consommateurs de rhum sont beaucoup plus confrontés à
- 44:06des encéphalopathies, contrairement aux buveurs de bière qui vont être beaucoup
- 44:10plus confrontés à des problèmes de foie.
- 44:12C'est-à-dire qu'indépendamment de la quantité d'alcool, il y a la forme sous
- 44:15laquelle il est consommé qui joue un rôle. Et, moi, ce que j'avais observé sur
- 44:19ma thèse, c'est qu'il y avait deux profils vraiment distincts.
- 44:23Le buveur, buveur pur, c'est-à-dire qui buvait, qui mangeait plus et qui fumait.
- 44:28Là, en général, il ne faisait pas de vieux eau.
- 44:31Et la personne qui continuait de manger beaucoup tout en étant fumeur,
- 44:34qui développait un diabète tout en étant buveur, pardon, mais qui s'en sortait
- 44:37un peu mieux parce que malgré tout, son statut nutritionnel était moins altéré
- 44:41que celui qui, en raison de sa consommation d'alcool.
- 44:45Avait écarté un certain nombre d'aliments de ses habitudes.
- 44:50Donc, l'impact d'un facteur isolément, quand on fait des études où on regarde
- 44:57spécifiquement un de ces facteurs, nous donne une idée de l'importance de celui-ci,
- 45:01mais on doit toujours le replacer dans ces contextes d'interdépendance.
- 45:04C'est-à-dire quel type d'alcool, dans quel contexte, sur quelle durée,
- 45:09avec quel autre produit, parce qu'il y a des effets croisés.
- 45:11Et évidemment sur le cerveau c'est connu l'enfant d'alcoolique il y a des malformations
- 45:17ça a été beaucoup décrit déjà au début du siècle étonnamment d'ailleurs dans le code du travail on a eu
- 45:22Il a interdit de boire de l'alcool sur le lieu de travail, sauf du vin et de la bière.
- 45:27Parce que jusqu'après la Seconde Guerre mondiale, on pensait que le vin était
- 45:33une boisson qui apportait de l'énergie et que la bière était considérée culturellement
- 45:37comme étant une boisson des travailleurs de force.
- 45:39Donc en fait, même dans le Code du travail, par rapport à ça, il y a des nuances.
- 45:44L'idée, en fait, c'était pour lutter contre l'absinthéisme au travail.
- 45:47L'absinthe et le rhum étaient les grands ennemis. Donc, le code du travail n'a
- 45:50pas évolué, mais il est évident que les raisons qui peuvent pousser quelqu'un
- 45:55à consommer un peu trop d'alcool vont certainement le fragiliser au niveau cognitif.
- 46:00Je ne voudrais pas donner de noms en particulier, mais si tu as écouté Renaud
- 46:04au début de sa carrière et que tu le vois maintenant,
- 46:06on peut quand même se poser la question de la démonstration en travaux pratiques
- 46:10de ce que peut être le déclin cognitif quand on use et abuse de certains produits
- 46:14dans un contexte d'anxiété majeure. Ça, c'est encore le sujet.
- 46:18Je comprends bien que tout est lié au contexte à l'ensemble et qu'on ne peut
- 46:22pas dégager comme ça des grandes lois c'est très complexe,
- 46:27on s'imagine aussi qu'une consommation
- 46:30excessive d'alcool va forcément avoir un impact sur le cerveau,
- 46:34pareil pour le tabac il y a néanmoins pas une espèce de flou où on est à l'entre
- 46:39deux est-ce qu'un verre par semaine, est-ce qu'un verre par mois ou alors une
- 46:44cigarette par jour une cigarette tous les deux jours,
- 46:47Étant donné que là tu expliques que c'est lié fortement au contexte,
- 46:50que c'est difficile d'avoir des règles, c'est difficile d'avoir une fréquence
- 46:53ou un volume comme ça à partir duquel il faut absolument pas dépasser,
- 46:56moi j'aime bien quand même m'imaginer, même des situations hypothétiques,
- 47:00je vais te poser la question, tu vas me dire si tu peux avoir une réponse,
- 47:03situation hypothétique où la personne n'a pas...
- 47:05Il maîtrise très bien son stress, a un travail qui a du sens,
- 47:09mange bien, ça veut dire qu'il couvre tous ses besoins et très peu de transformés,
- 47:15donc on connaît la chanson.
- 47:17Et à côté de ça, un verre d'alcool de temps en temps, tous les trois jours,
- 47:22toutes les semaines par exemple.
- 47:24Et ça, on le compare à quelqu'un qui ne boit jamais d'alcool.
- 47:27Est-ce que ce 25 cl d'alcool par semaine, est-ce qu'il va avoir un impact négatif
- 47:33qui peut quand même être mesurable sur le cerveau ?
- 47:35Il aura sans doute un impact positif, d'autant que dans les abstinents,
- 47:38il y a des anciens alcooliques, donc ça fait ces statistiques.
- 47:42Si on ne prend pas encore des anciens...
- 47:43Non, mais c'est dans les études...
- 47:45Si on prend pas encore...
- 47:45C'est une réalité. Non, il y a un autre principe qui est important en physiologie
- 47:50qui s'appelle l'hormèse.
- 47:51L'hormèse s'oppose en fait à l'idée d'un risque linéaire qui dirait que dès
- 47:57qu'on commence à consommer un produit toxique, dès la première bouffée ou la
- 48:02première goutte, le risque augmente proportionnellement aux quantités avalées.
- 48:05Et en fait, quand on est soumis à des toxiques ou à des microbes,
- 48:09notre organisme crée des mécanismes qu'on appelle des adaptations qui le rendent
- 48:13plus apte à faire face à ce niveau d'agression.
- 48:16Et étonnamment, quand il y a une consommation régulière, une exposition régulière
- 48:20à des métaux lourds jusqu'à un certain niveau, la mortalité diminue.
- 48:23C'est-à-dire qu'avec l'hormèse, on crée en quelque sorte des processus antipoison
- 48:28qui nous permettent de supporter une quantité supérieure à celle qu'on supportait au début d'année.
- 48:36De l'utilisation de ces produits. Et donc, l'idée, ce n'est pas de vivre dans
- 48:40un environnement à zéro toxique, ce qui est impossible, c'est d'avoir un niveau
- 48:44de consommation basale qui soit plutôt bénéfique à la mise en place de ce processus.
- 48:49Donc, quelqu'un qui boit un verre de vin par jour, moi, j'ai des patients qui
- 48:52veulent arrêter de fumer, qui sont passés d'un paquet par jour à quatre cigarettes
- 48:56épicuriennes, fumées entre amis à la fin d'un repas.
- 48:59Moi, je leur dis souvent, et je peux être critiqué là-dessus,
- 49:02vous ne prenez pas la tête avec ça, vu tout ce que vous avez mis en place à
- 49:05côté, à un moment donné vous allez pouvoir y faire face de manière parfaitement.
- 49:10Parfaitement souple parce qu'il ne faut pas oublier aussi une chose
- 49:13c'est aussi un commentaire que j'avais fait sur LinkedIn où je m'étais fait
- 49:17un petit peu incendier où il pointait l'histoire d'un Japonais qui allait fêter
- 49:21ses 107 ans qui travaillait 15 heures par jour qui faisait un seul repas qui
- 49:24méditait qui n'avait jamais bu d'alcool et qui allait fêter ses 107 ans et moi
- 49:28j'avais juste mis comme commentaire c'est bien beau mais il va les fêter comment ?
- 49:32C'est-à-dire que on ne doit jamais perdre de vue que l'acte nutritionnel a aussi
- 49:37une dimension hédonique et une dimension sociale.
- 49:41Et que si on passe d'un paquet par jour dans une vie déstructurée à une cigarette
- 49:46épicurienne, un gros barreau de chaise à la fin d'un bon repas entre amis dans
- 49:51un environnement épanoui,
- 49:52je veux dire, à part être d'épices vinaigres, on n'a aucune raison particulière
- 49:56d'aller casser les pieds à ces gens-là. C'est pas là que se situe le problème.
- 50:00Est-ce que ça ne risque pas de créer un discours qui est finalement je peux
- 50:07fumer une cigarette par jour ou je peux boire un petit peu toujours tiens le mardi ça sera pizza,
- 50:13mercredi je vais bien manger, mercredi ça sera salade mais puis jeudi ça sera
- 50:17hamburger parce que j'ai écouté Denis Richer et là je suis en train de bâtir mon hormèse.
- 50:22Alors, je n'ai pas parlé de pizza ou de l'hamburger, mais on peut aussi rebondir là-dessus.
- 50:25Si tu as une pizza avec des produits frais, avec une pâte bio,
- 50:28avec un levain derrière, est-ce que c'est forcément toxique ?
- 50:31Et puis moi, j'ai un de mes patients qui a été champion du monde des burgers,
- 50:37qui travaille avec de la viande bio, qui avait fait un chutney de mangue et
- 50:39qui sert des salades bio avec ses hamburgers.
- 50:42Il dit, quelle a les différences entre manger un steak, une salade et du pain
- 50:46à côté, ou manger ce produit-là ? C'est-à-dire derrière l'image véhiculée par
- 50:49le produit qui est aussi une dimension sociologique de ce à quoi ça nous renvoie.
- 50:54Attention, c'est malsain, c'est un burger, etc.
- 50:57Il y a des gens dans ma génération qui ont bouffé des sandwiches pendant des
- 51:00années et aujourd'hui, tu montes dans le train et les gens mangent un sandwich,
- 51:03tout le monde trouve ça normal, ils arrivent du McDo avec leurs trucs,
- 51:06tout le monde les regarde.
- 51:07Alors bien évidemment, je ne suis pas en train de dédiaboliser ça.
- 51:10Mais plutôt que de dire qu'est-ce qu'il ne faut pas mettre, c'est qu'est-ce
- 51:13qu'il est absolument indispensable d'avoir. C'est-à-dire qu'il faut être sur du conseil positif.
- 51:17Si vous avez ce qu'on clairement dit, une cinquantaine de végétaux différents
- 51:21par semaine entre les fruits, les légumes, les épices, les fruits secs,
- 51:25le thé, les boissons, une consommation modérée de viande, des oméga-3 en quantité suffisante,
- 51:31des laitages plutôt brebis, chèvres,
- 51:33concernant les céréales, plutôt des céréales traditionnelles.
- 51:36Si on a des huiles première pression à froid, si on a ces aliments qui constituent la base.
- 51:42Alors, on a une marge de manœuvre pour s'autoriser les petits écarts qui ne
- 51:46remettent pas en cause la globalité.
- 51:48C'est-à-dire que moi, on pourrait me prendre un flagrant délit de pizza une
- 51:52fois dans ma vie, mais ça ne présume rien du fait que ce que je mange répond
- 51:56plutôt bien à mes besoins, parce que c'est sur la globalité qu'il faut regarder les choses.
- 52:00Je dis souvent aux gens, le fait d'avoir une alimentation qui qualitativement
- 52:04tient la route à longueur d'année, ça vous donne finalement la gomme qui permet
- 52:08d'effacer les petites ratures qu'on fait de temps en temps.
- 52:11Mais si la rature devient un mode de vie, évidemment, on est à côté de la plaque.
- 52:15Et je ne suis pas en train d'inciter les gens à faire n'importe quoi.
- 52:17J'ai plutôt les incité à mettre des efforts permanents à avoir ces choix alimentaires
- 52:23que je viens d'évoquer, à avoir une activité physique régulière.
- 52:26Parce qu'il y a des gens qui découvrent qu'au 24 décembre, c'est Noël et qu'il
- 52:28fait nuit, tôt qu'il fait froid, que l'été, il fait chaud.
- 52:32Et puis que quand c'est des vacances, il y a des arrêtés qui sont publiés,
- 52:36comme quoi il est interdit de faire du sport quand on est au bord de la plage.
- 52:39Donc, c'est une régularité dans cette pratique. C'est une régularité dans la qualité du sommeil.
- 52:45Il y a des horaires de sommeil qui sont plus favorables que d'autres pour la
- 52:48préservation du cerveau.
- 52:50Alors ça, c'est des observations qui ont été faites, notamment auprès des navigateurs
- 52:55du Vendée Globe, qui dorment à peu près 4 heures par tanche de 24 heures.
- 52:59J'ai eu l'occasion de les rencontrer à Port-la-Forêt en 2006, je crois.
- 53:04Et quand on regarde comment ils procèdent, étonnamment, tous dorment sur les
- 53:08mêmes créneaux quand c'est possible.
- 53:09Et il y a ce qu'ils appellent les créneaux autorisés et les créneaux,
- 53:12entre guillemets, interdits.
- 53:13C'est-à-dire qu'il y a des moments où notre sommeil est très réparateur,
- 53:17et donc ce sommeil réparateur préside à la reconstruction des synapses,
- 53:21aux liaisons entre les différents neurones, à la réparation des tissus, etc.
- 53:26Et donc, c'est 22h, 1h du matin, 13h, 15h. Mais si on adopte un profil de sommeil
- 53:31de type ado, c'est-à-dire je dors entre 10h et midi et puis à 16h dans le train
- 53:35parce que je suis fracassé, notre sommeil est inutile.
- 53:39Et donc, il y a une hygiène de sommeil qui passe aussi par l'éloignement des
- 53:43écrans, par le fait de faire redescendre l'attention qu'on porte d'être peut-être
- 53:49même médité ou dans ce genre d'approche avant de pouvoir dormir.
- 53:52On sait que la méditation stimule la production de molécules comme le BDNF qui
- 53:56est, ça veut dire brand-derived neuron factor au même titre qu'une activité
- 54:00aérobie au même titre qu'un régime riche en polyphénols, fruits et légumes,
- 54:05etc. Donc tout ça, on le sait.
- 54:07Et c'est l'ensemble de ces petits choix qui finalement démarquent une hygiène
- 54:12de vie différente de ce qui est le mainstream.
- 54:13Il faut clairement y venir si on veut sauver son cerveau il faut être interventionniste
- 54:19dans les choix de vie qu'on met en oeuvre et pas hésiter à fonctionner différemment.
- 54:23Ce qui ramène à une responsabilité individuelle ce qui permet de mettre un peu
- 54:28la balance entre ce qu'il y a au dessus et ce qu'il y a en nous les choix qu'on
- 54:32fait et puis les choix qu'on nous fait faire, c'est un petit peu les deux donc si je comprends,
- 54:39il faut essayer de remettre les choses dans le bon ordre pour toi c'est
- 54:44Le plus important, c'est de ne pas avoir de carence, dans le sens où d'avoir
- 54:48suffisamment de couverture micronutritionnelle de manière générale, ce qui va permettre,
- 54:54sur des moments particuliers, de venir compenser des ultra-stress que peut-être
- 55:02une cigarette de temps en temps, que peut-être un verre d'alcool de temps en temps.
- 55:05C'est ça le plus important maintenant c'est toujours la question si j'ai une
- 55:10bonne couverture micronutritionnelle,
- 55:12sur toute la semaine sur tout le mois à quelle fréquence je peux me permettre des écarts,
- 55:18évidemment je t'ai parlé du pizza et des burgers tout à l'heure parce que c'est
- 55:21caricatural tu dis on peut très bien manger des burgers avec de très bons,
- 55:28aliments et puis en fait c'est pas vraiment un écart mais moi je me dis non
- 55:32mais moi je veux vraiment être dans l'hormèse donc il me faut vraiment du toxique
- 55:35donc je vais aller chez le fast-food du coin le plus dégueulasse possible,
- 55:40parce que Denis Richer a dit que ça crée de l'hormèse et que c'était pas mauvais
- 55:44tant que je mange bien maintenant c'est quoi ?
- 55:46C'est tous les deux jours ? c'est toutes les semaines ?
- 55:49C'est un peu défaut, mais le sens de ce que je disais, parce que la réalité
- 55:51est un peu différente, c'est que quand effectivement on m'en place tout ce dont
- 55:54on a besoin dans notre cerveau, l'idée même d'aller manger ces trucs-là ne nous passe pas par la tête.
- 56:00Moi, je pense souvent, cet exemple, j'explique aux personnes qui me disent que
- 56:06le programme alimentaire est très dur, heureusement on fait un écart le week-end.
- 56:09Alors moi, au début, je pensais qu'ils me racontaient qu'ils étaient partis
- 56:11en week-end dans le Périgord et qu'ils avaient mangé du foie gras toute la semaine.
- 56:14Non, en fait, on s'est fait un hamburger. Et moi, la première fois que j'ai
- 56:17mis les pieds dans un McDo, on les a vus arriver, une des rares fois j'ai mis
- 56:20les pieds, l'odeur était tellement particulière que je me suis dit mais comment
- 56:24on peut trouver ça appétissant ?
- 56:25C'est-à-dire qu'il y a une espèce de logiciel du goût qui est perturbé qui fait
- 56:29que finalement les bactéries dans notre intestin qui veulent du fast-food et
- 56:33réclament du fast-food.
- 56:34Mais il ne va pas de soi que ces choix alimentaires, que ce soit au niveau sociétal,
- 56:38au niveau nutritionnel, au niveau même épicurien, répandent à quelque chose.
- 56:45Et quand notre cerveau est bien nourri, ce logiciel ou cette pulsion qui pourrait
- 56:49nous inviter à aller d'abord,
- 56:52on n'y résiste même pas, c'est-à-dire qu'elle ne nous traverse pas l'esprit
- 56:54et c'est la même chose avec tous les produits sucrés, là je crois qu'il légifère
- 56:59sur la consommation de sucre dans les aliments mais encore une fois c'est pas.
- 57:05En sanctionnant le consommateur que le problème se pose, c'est en comprenant
- 57:08que quand notre équilibre est perturbé on est sur des prises compensatoires
- 57:14qui s'auto-entretiennent parce que le sucre appelle le sucre et ça on le sait
- 57:16et après la décision c'est comment on fait pour que les gens,
- 57:21y reviennent un petit peu, sachant que j'ai une petite histoire très rigolote
- 57:23à ce sujet là, faut pas être trop caricatural là-dessus,
- 57:26il y a 3 mois en arrière j'étais au marché de Sion, donc qui est la ville la
- 57:30plus proche d'où se trouve mon cabinet et il y avait des diététiciennes très
- 57:33bien intentionnées qui faisaient de la santé publique et qui mettaient,
- 57:381850, 3 kilos de sucre par habitant,
- 57:402024 40 kilos de sucre par adulte
- 57:43Et il y en a une qui ne me connaissait pas, elle m'aborde, elle me dit « qu'est-ce
- 57:45que vous pensez de ça ? » Je lui dis « ça prouve que le sucre augmente l'espérance de vie.
- 57:48» Alors évidemment, ce n'est pas la réponse qu'elle attendait,
- 57:51mais je lui dis « il faut se garder des raisonnements trop linéaires,
- 57:54c'est-à-dire que bien sûr que c'est un problème, mais pourquoi ça l'est ?
- 57:58Et dans quelle mesure ça l'est réellement ? » Parce que ce n'est pas ce qui
- 58:01est en trop qu'on doit regarder, c'est ce qui manque.
- 58:04C'est-à-dire que si on a suffisamment de fruits, de légumes,
- 58:06de bonnes viandes, de bons céréales, il n'y a pas la place pour consommer 40 kilos de sucre par an.
- 58:10Alors ce qui manque ça c'est intéressant, on va en parler justement sur ce qu'il
- 58:14est possible de manquer qui pourrait altérer les bonnes fonctions cognitives
- 58:19je veux quand même revenir sur le sucre tu en as parlé hum,
- 58:24Je pense à Boris Dufourney, je pense au docteur Dufourney et Florence aussi,
- 58:28qui parle beaucoup de ça, du régime cétogène qui permettrait de maintenir,
- 58:32de garder, d'améliorer ou de rehausser les facultés cognitives.
- 58:37On parle beaucoup de diabète de type 3 pour la maladie d'Alzheimer.
- 58:41Donc, il semblerait que la consommation excessive de sucre soit quand même un
- 58:49facteur direct de destruction des neurones.
- 58:52On va nuancer ça déjà. Le lien entre régime cétogène et cerveau,
- 58:56il est évident, puisque c'est le régime paléo et qu'à l'époque du paléo,
- 58:59c'est là qu'on a trouvé les plus grands musiciens, les plus grands artistes,
- 59:01les plus grands auteurs, les plus écrivains, les plus grands philosophes.
- 59:05Donc, c'est-à-dire qu'à partir du moment où on prend un modèle comme référence,
- 59:08il est référence par rapport à ce qu'exprime la population soumise à ce régime.
- 59:13Première chose. Deuxième chose, ce n'est pas le sucre le problème,
- 59:16c'est les dérèglements de l'insuline.
- 59:18Parce qu'on va prendre les choses à l'envers. L'insuline, c'est une hormone
- 59:21qui permet de faire entrer le sucre, notamment dans le muscle et dans le tissu adipeux.
- 59:25Si tu restreins ton apport en sucre et que tu as un problème d'insuline,
- 59:28quel est l'organe qui ne reçoit pas de sucre ? Réponse, le cerveau.
- 59:32Or, le carburant exclusif du neurone, c'est le glucose.
- 59:35Donc, si le neurone manque de glucose, naturellement, il va lancer des alertes
- 59:39pour te faire manger du sucre.
- 59:41Et on a aussi des gens qui visent à éviter les pics d'insuline.
- 59:45Alors, l'insuline, c'est une hormone qui est nécessaire. Si on n'a pas d'insuline,
- 59:47on ne fabrique pas de protéines puisque c'est une hormone de synthèse.
- 59:51Donc, on a simplifié les choses en disant attention au sucre.
- 59:54Mais encore une fois, ce que dit Walter Willett, par exemple,
- 59:58ce n'est pas la problématique du sucre, c'est le problème de la densité nutritionnelle. J'explique ça.
- 1:00:02C'est-à-dire que pour un même apport calorique dans notre assiette,
- 1:00:06on peut avoir une très grande quantité de micronutriments ou une très faible quantité.
- 1:00:10En 1988, il y a eu deux études. Il y en avait une qui avait regardé l'alimentation
- 1:00:15des centenaires d'Okinawa et il avait été observé.
- 1:00:19Qu'ils avaient en moyenne 1 600 calories par jour et qu'ils vivaient vieux.
- 1:00:22Et donc, dans une espèce de logique de l'expiation du flagrant élite des lacances
- 1:00:27alimentaires, c'est parce qu'ils mangeaient peu qu'ils vivaient vieux,
- 1:00:30donc il faut se flageller à se priver pour vivre vieux.
- 1:00:33Et puis, en même temps, il y avait une étude menée en France,
- 1:00:36à l'Alzanute, qui n'était pas sponsorisée par des flancs ou des cacahuètes,
- 1:00:40c'était Alsace Nutrition.
- 1:00:41Menée dans ce qu'ils appelaient à l'époque des maisons de retraite et qui montrait
- 1:00:44que 65% des femmes de plus de 65 ans qui étaient en institution avaient des
- 1:00:51apports inférieurs à 1600 calories par jour et étaient en état de dénutrition.
- 1:00:54Donc, ce n'est pas la problématique du sucre ou de l'apport énergétique,
- 1:00:57c'est que si tu mets dans ton assiette tout ce dont tu as besoin,
- 1:01:00tous ces appétits compensatoires qui surviennent, tous ces dérèglements qui
- 1:01:04peuvent survenir vont être moins présents.
- 1:01:07Le problème de l'insuline qui est évident dans toutes ces histoires,
- 1:01:10c'est pour ça qu'on parle de diabète de type 3, parce qu'il y a les mêmes perturbations
- 1:01:15responsables de l'insuline en résistance et du surpoids qui se retrouvent sur l'Alzheimer,
- 1:01:20c'est les anomalies qui surviennent au niveau de l'insuline.
- 1:01:22Et quelles en sont les causes ? Le dérèglement de flore intestinale,
- 1:01:25il faut quand même avoir en tête qu'on sait que des enfants qui subissent deux
- 1:01:29antibiotérapies avant l'âge d'un an, ont deux fois plus de risque de devenir
- 1:01:32obèses et diabétiques, quoi qu'ils mangent.
- 1:01:34Et le deuxième facteur, c'est le stress chronique qui, par la sécrétion de cortisol,
- 1:01:38vient contrecarrer l'action de l'insuline.
- 1:01:39Donc le sucre c'est le vecteur finalement qui bénéficie de la présence de l'insuline
- 1:01:45et si l'insuline déconne il y a des tissus qui ne reçoivent pas le sucre dont
- 1:01:48ils ont besoin je vais prendre un exemple tu as un problème d'insulino-résistance tu manges une tarte.
- 1:01:55Tu avales donc beaucoup de sucre, mais c'est comme si tu faisais tes courses
- 1:01:58et que tu posais tes caddies devant la porte d'entrée et que tu ouvrais ton
- 1:02:00frigo en disant « j'ai rien à manger ».
- 1:02:02C'est-à-dire qu'en fait, les dérèglements de l'insuline n'envoient pas le glucose
- 1:02:05là où on en a besoin et quand le cerveau en manque, même s'il y a abondance
- 1:02:09au niveau de la prise alimentaire, on va continuer d'avoir des pulsions qui
- 1:02:12visent à compenser ce que le cerveau ne reçoit pas.
- 1:02:14Donc le problème, c'est pas le glucose, c'est le problème de l'insuline.
- 1:02:17Tous les diabétiques que j'ai pu voir quand on améliore le fonctionnement de
- 1:02:20l'insuline, spontanément.
- 1:02:25Graisse. C'est-à-dire qu'encore une fois, comme on a une espèce de logique un
- 1:02:32petit peu religieuse du régime alimentaire, il ne faut pas oublier que la,
- 1:02:38première université de médecine en France était à Montpellier il y a 800 ans
- 1:02:42en arrière et qu'elle était directement placée sous l'autorité du pape.
- 1:02:45Donc on a une espèce de logique de l'expression du péché qui reste très ancrée
- 1:02:49dans notre manière de voir l'alimentation.
- 1:02:52Et moi c'est comme les parents qui me disent qu'est-ce que vous pensez des bonbons
- 1:02:56pour les enfants ? Moi, je cite un seul parent qu'on n'a jamais bouffé dans sa vie.
- 1:03:00Le problème, et c'est ce que disait le professeur Creff à l'époque à Saint-Michel
- 1:03:04en consultation, il disait, si votre gamin, il a mangé sa viande,
- 1:03:07ses légumes, ses fruits, son yaourt, et qu'il a envie d'un bonbon,
- 1:03:10ce n'est pas un problème.
- 1:03:11Si votre gamin ne passe pas à table, que vous ne dites rien,
- 1:03:14que vous laissez bouffer des céréales sucrées, puis qu'il prend des bonbons
- 1:03:17toute la journée, il y a un problème global, mais le problème,
- 1:03:19ce n'est pas les bonbons,
- 1:03:20c'est la structure et sa manière d'aborder l'alimentation et c'est beaucoup
- 1:03:24plus simple de pointer un aliment de rendre responsable de tout encore une fois
- 1:03:28plutôt que s'interroger sur qu'est ce qui fait que dans un environnement où on a une
- 1:03:33pléthore d'aliments à notre disposition où on a tous les moyens pour faire des
- 1:03:36centenaires, on a autant de problèmes de santé publique et qu'on a autant de
- 1:03:39morbidité qui augmente.
- 1:03:41Ça veut bien dire qu'il y a des dérapages dans le fonctionnement de notre organisme.
- 1:03:45Et alors, si ce n'est pas tant le sucre le problème et que c'est l'insuline,
- 1:03:48après, c'est un peu qui de l'œuf ou de la poule.
- 1:03:50Est-ce que ce n'est pas d'avoir trop mangé dessus qui a créé des problèmes d'insuline ?
- 1:03:54Non, non, non. Par rapport au poids, il y a trois études très importantes.
- 1:04:00Je prends le temps de l'expliquer ça parce que c'est un lien qui montre à quel
- 1:04:03point ce n'est pas une logique de répartition de macronutriments qui est en cause.
- 1:04:09La première étude à laquelle je pense est parue en 1996, c'était de deux personnes
- 1:04:14que je connaissais, donc Michel Dehéger, qui avait travaillé au service du professeur
- 1:04:19Cref, et Marie-Françoise Roland Cachera, le dernier ferme-la-porte,
- 1:04:22parce que c'était un nom à rallonge,
- 1:04:24qui avait mené une étude au sein de l'Inserm où il suivait pendant trois ans
- 1:04:28l'évolution pondérale d'enfants, donc depuis la naissance, et en même temps
- 1:04:31avait un logiciel qui regardaient les parts respectives des glucides,
- 1:04:35lipides et protides de leur alimentation.
- 1:04:37L'idée, c'était de voir, à l'issue de ces trois années d'observation,
- 1:04:41chez ceux qui développaient un surpoids, quelle était la catégorie de macronutriments
- 1:04:45qui était, a priori, responsable.
- 1:04:49Et donc, ils voulaient savoir, en gros, s'ils s'étaient mangés trop de sucre
- 1:04:51ou mangés trop de graisse, le problème.
- 1:04:53Et ce sur quoi ils sont tombés, étonnamment, c'est que ce qui était corrélé
- 1:04:56au risque d'obésité chez ces
- 1:04:57enfants ou de surpoids, c'était le niveau de consommation de protéines.
- 1:05:01Alors, quand ils sont tombés là-dessus, effectivement ils se sont dit qu'est-ce
- 1:05:04qu'on a observé et c'est là que le professeur Henri Dupin qui était responsable
- 1:05:07du service est intervenu il leur a dit mais mesdames quelle est la première source,
- 1:05:13de protéines chez des enfants de 0 à 3 ans et moi je peux retourner la question.
- 1:05:18Et dans le lait, il y a des facteurs qu'on appelle insulino-tropes,
- 1:05:23des facteurs de croissance, des perturbateurs endocriniens.
- 1:05:25Et donc, cette première observation ne mettait pas en cause une catégorie de
- 1:05:29macronutriments et pointait des problématiques toxicologiques.
- 1:05:33Deuxième étude parue en 2006, c'est Gerard Hayo, pédiatre à Niçois,
- 1:05:37qui fait le constat sur des enfants de un an reçus en consultation,
- 1:05:40que leur masse grasse est supérieure à celle des enfants qu'ils recevaient dix ans plus tôt.
- 1:05:45Le seul élément corrélé à cela, je passe les étapes avec des bilans biologiques
- 1:05:49ou autres, c'est l'appauvrissement de toute la chaîne alimentaire en oméga-3.
- 1:05:52Notamment l'appauvrissement du lait maternel.
- 1:05:54Le fait de manquer d'oméga-3, outre le fait que ça a un impact sur le développement
- 1:05:59du cerveau, favorise une augmentation du nombre de cellules adipeuses.
- 1:06:03En gros, quand l'enfant se met à manger comme un ado, il a plus de cellules
- 1:06:06grasses pour stocker, quels que soient les choix alimentaires ultérieurs.
- 1:06:10Et la troisième série d'études, 2011-2012, Patrice Cagny et Nathalie Delzen,
- 1:06:14donc qui ont travaillé, des Belges qui ont travaillé sur le microbiote et qui
- 1:06:17ont montré effectivement ce lien entre mode d'accouchement, antibiotérapie et risque d'obésité.
- 1:06:23Et ça a été les premiers à évoquer le rôle des prébiotiques comme modulateurs
- 1:06:27de l'insuline, l'insuffisance de la consommation de fibres qui permettent de
- 1:06:31tempérer l'effet de l'insuline.
- 1:06:33Ça permet de fabriquer l'IGF1, cette fameuse molécule dont se sont emparés aujourd'hui
- 1:06:37les pharmacologues pour faire de l'ozampique et tout ce genre de saloperies.
- 1:06:40Alors qu'au départ, c'est une molécule qui est fabriquée naturellement à partir
- 1:06:44de notre flore intestinale quand notre alimentation est appropriée.
- 1:06:47Et donc, ces trois exemples illustrent bien qu'aujourd'hui, le problème, ce n'est pas le sucre.
- 1:06:51Le sucre, c'est l'étape finale qui fait que, évidemment, si tu consommes trop
- 1:06:57de sucre et tu as un dérilement de ton insuline, on associe bien la prise de
- 1:07:00poids au problème de sucre.
- 1:07:01Et pour rebondir sur ta notion de déficit que tu évoquais tout à l'heure,
- 1:07:05je dis souvent aux patients que si.
- 1:07:07Tu couvres bien tes besoins nutritionnels, tu joues rugby à 15 contre 15.
- 1:07:13Si tu manques des déficits, tu joues à 12 contre 15 avec le All Black en face,
- 1:07:16c'est-à-dire que tu n'as aucune chance de gagner.
- 1:07:17Et donc, plus en face de toi, tu as des adversaires qui sont coriaces,
- 1:07:22plus tu vas développer des pathologies.
- 1:07:23Et c'est pour ça que j'insiste sur cette notion de conseil positif plutôt que
- 1:07:26de commencer à restreindre.
- 1:07:28Et le problème du régime cétogène, d'un point de vue phylogénétique,
- 1:07:32c'est qu'on est des omnivores, que nos bactéries sont nourries de plusieurs
- 1:07:35catégories d'aliments, Donc,
- 1:07:37les centenaires qui vivent en bonne santé ne font pas de régime cétogène,
- 1:07:41ils ont une alimentation diversifiée.
- 1:07:43Et curieusement, quand on commence à avoir des problèmes de santé,
- 1:07:46on veut supprimer certaines catégories d'aliments en espérant aller mieux.
- 1:07:50Bon, alors, on peut spéculer pendant des heures là-dessus, mais la logique du
- 1:07:56régime cétogène, elle est, on va dire,
- 1:08:00éthiquement et presque anthropologiquement compréhensible, mais on peut tout
- 1:08:04à fait éviter les effets secondaires que ça peut avoir parce qu'il y a beaucoup
- 1:08:07de répercussions, le glucose il a des rôles importants. On va parler de l'ADN.
- 1:08:12L'ADN, tu connais, il y a dedans une molécule qui s'appelle l'acide désoxyribonucléique.
- 1:08:18Ribose, ça vient de ribose, le ribose, il dérive du glucose.
- 1:08:21Donc, on peut se poser la question des conséquences épigénétiques à long terme
- 1:08:25de la restriction glucidique sur le bon contrôle de l'expression de nos gènes.
- 1:08:30Et on verra, je suis prêt à le parier dans 10 ou 15 ans, des études qui commenceront
- 1:08:34à pointer les effets délétères au long cours de la privation glucidique sur notre organisme.
- 1:08:39Les cétoses ne permettraient pas de remplacer le glucose sur absolument toutes les fonctions ?
- 1:08:46On a évoqué un facteur clé d'agression pour le cerveau, c'est le jeûne.
- 1:08:50C'est le stress, excuse-moi. Le jeûne est un stress.
- 1:08:53Donc, si on veut traiter une pathologie par le stress, je veux qu'on m'explique
- 1:08:57qu'il y ait le résultat d'un point de vue philosophique et d'un point de vue
- 1:09:01physiologique, on espère atteindre à moyen terme et à long terme.
- 1:09:05Il fait tout sauter, il fait tout sauter. Le cétogène, le jeûne,
- 1:09:09certains diraient le jeûne est un excellent moyen pendant une période,
- 1:09:13de remettre à plat, d'enlever, de se débarrasser de tous les toxines en 30,
- 1:09:18peut-être de faire un travail sur soi pour ensuite mieux redémarrer par exemple ?
- 1:09:22Alors de quelles toxines on parle ?
- 1:09:23De la mauvaise bouffe, de l'alcool ?
- 1:09:26Ça ce n'est pas des toxines, c'est des nutriments, des aliments qui n'ont pas d'effet favorable.
- 1:09:30Les toxines, quand on fait de la toxicologie, c'est les perturbateurs endocriniens,
- 1:09:34ce qu'on appelle l'époque, polluants organiques persistants,
- 1:09:37qui sont des molécules toxiques stockées dans les compartiments gras de notre
- 1:09:40organisme. Et quand on fait un jeûne, qu'on libère des graisses,
- 1:09:43on les relâche dans la circulation.
- 1:09:45C'est bien pour ça d'ailleurs que quand les gens font des jeûnes,
- 1:09:47on leur conseille de faire de la détox hépatique derrière.
- 1:09:50Bon, de manière un peu provoquante, je dis parfois que les premières études
- 1:09:55sur le jeûne et la longévité, c'était les travaux du professeur Mengele à l'université
- 1:09:58de Dachau. Les résultats pourront été concluants.
- 1:10:01Donc, ce n'est pas, quand on est nutritionniste, on ne peut pas valider l'idée
- 1:10:05de faire du jeûne pour améliorer la santé des gens.
- 1:10:07Si on prend un peu de recul, ça n'a pas de sens. Il y a d'autres moyens nutritionnels
- 1:10:11d'arriver au même résultat favorable sur la santé.
- 1:10:14La santé, c'est le bien-être physique, psychique et émotionnel.
- 1:10:18Va passer une soirée avec des amis en disant, je viens passer une soirée avec vous, je jeûne.
- 1:10:24Ils vont perdre ton numéro de téléphone à un moment donné.
- 1:10:28Donc, pour toi, ce n'est pas enlever. Enlever, c'est ne pas manquer.
- 1:10:34Donc, éviter toute forme de carence. Ce qui nous vient en premier lorsqu'on
- 1:10:39parle carence, micronutrition et santé et longévité cognitive,
- 1:10:44tu en as parlé un petit peu, ce sont les oméga-3.
- 1:10:47Est-ce que pour toi, ce sont les premières molécules, les premières substances
- 1:10:53sur lesquelles il faudrait se supplémenter par exemple ?
- 1:10:55A quelle hauteur ? Alors comment on différencie ? Parce qu'il y a aussi un gros
- 1:10:58combat qui se fait entre les oméga-3 d'origine animale, ceux d'origine végétaux.
- 1:11:02Certains disent qu'il faut les deux, d'autres disent que les végétaux sont très
- 1:11:04peu convertis et que ce n'est pas si grave.
- 1:11:06Ils n'ont pas les mêmes rôles. Le végétal, c'est une molécule qui s'appelle
- 1:11:10l'acide alpha-linolinique qu'on trouve dans certains végétaux, alors colzane, etc.
- 1:11:14C'était le fer de lance du régime crétois, qu'on trouve aussi dans le plancton,
- 1:11:19que mange le poisson, que mange le poisson, etc. les organismes supérieurs selon
- 1:11:23la terminologie des botanistes ou des zoologistes donc les poissons les hommes sont capables,
- 1:11:29en fonction du contexte de convertir cet acide gras en EPA ou en DHA,
- 1:11:34qui sont donc d'origine animale, mais la conversion est un petit peu difficile.
- 1:11:38Il y a plein de facteurs qui viennent entraver ça.
- 1:11:40D'où notre importance vis-à-vis de ces oméga-3 d'origine animale à longue chaîne,
- 1:11:44à travers notre alimentation.
- 1:11:46Donc évidemment, on parle du poisson,
- 1:11:48mais on dit si on mange trop de poissons, il y a la métaux lourds.
- 1:11:49Et en fait, à un moment donné, si on garde toutes les peurs alimentaires,
- 1:11:52on finit par mourir de faim en bonne santé.
- 1:11:54On les trouve aussi dans les algues, on les trouve aussi dans les poissons et
- 1:11:57dans les œufs, pardon, et toute la filière bleu-blancœur.
- 1:12:00C'est-à-dire qu'il y a deux personnes, Pierre Veil et Bernard Schmitt.
- 1:12:04Un agronome et un diabétologue français, qui, au début des années 2000,
- 1:12:07ont réintroduit la filière à l'air.
- 1:12:08On fait manger du lard à des vaches, à des poules, à des cochons,
- 1:12:10et tous les aliments qui ont des rives contiennent autant d'oméga-3 que si c'était
- 1:12:14des rillettes de macro. Donc, il y a ces choix-là.
- 1:12:17Concernant la complémentation, alors, elle doit être entreprise,
- 1:12:20à partir du moment où on a une suspicion de déficit.
- 1:12:23Alors, on a des critères qui restent, on va dire, de l'apanage des thérapeutes
- 1:12:28parce qu'il y a une chose aussi que je tiens à préciser, c'est que la connaissance
- 1:12:31est du ressort de tout le monde, mais l'organisation de la connaissance est
- 1:12:35du registre du thérapeute.
- 1:12:36C'est-à-dire qu'on peut donner plein de conseils sur les choix alimentaires,
- 1:12:40mais la démarche de complémentation reste une décision thérapeutique qui s'appuie
- 1:12:45sur des éléments tangibles.
- 1:12:46Et effectivement c'est à la lumière de ces éléments-là qu'il y a des décisions
- 1:12:51à prendre on sait quand même que.
- 1:12:53Et normalement, dès le deuxième trimestre de grossesse, la complémentation en
- 1:12:56oméga-3 est recommandée, sachant que si c'est une grossesse qui survient chez
- 1:13:01une maman qui a déjà eu des grossesses avant, il est fort possible qu'elle ait
- 1:13:04déjà un découvert qui traîne.
- 1:13:06Donc, ça vaut la peine de complémenter à ce moment-là. Et puis,
- 1:13:09il y a des points d'appel qui peuvent justifier aussi, notamment,
- 1:13:12difficultés à perdre du poids, tout ce qui est troubles cognitifs.
- 1:13:17On suspecte souvent la responsabilité de déficit en oméga-3,
- 1:13:21mais je sais que beaucoup d'enfants que je reçois avec des pseudodiagnostics
- 1:13:24de troubles de déficit d'attention ou autres, ou de disent quelque chose,
- 1:13:29quand les parents acceptent qu'on aille faire le bilan des statuts en acide
- 1:13:31gras, en général, on voit les oméga-3 dans les chaussettes.
- 1:13:34Et ce qui est étonnant, c'est que les parents disent « mais pourtant,
- 1:13:36ils mangent du poisson, ils mangent tout ce qu'il faut, je ne comprends pas
- 1:13:39». J'ai dit « mais il est venu au monde avec un déficit ». On lui avait ouvert
- 1:13:42un compte quand il est venu au monde, il avait 10 000 euros de découvert dessus,
- 1:13:46il lui avait dit « tu ne de dépense que ce que tu gagnes.
- 1:13:49C'est exactement ça, c'est-à-dire qu'il y a des déficits transgénérationnels.
- 1:13:52Il ne suffit pas de regarder ce qu'on a dans l'assiette pour avoir la certitude
- 1:13:56que notre statut biologique est correct.
- 1:13:58Pour en avoir le cœur net, faire des tests, faire des bilans permet d'avoir
- 1:14:03des résultats personnels et quantifiés.
- 1:14:05Pour moins de 100 euros, on peut faire une évaluation du statut en acide gras
- 1:14:09et c'est quand même sur cette question-là, quand on sait que les oméga-3 ont des rôles,
- 1:14:16structurel, mais aussi un rôle plastique, c'est-à-dire qu'il y a des molécules,
- 1:14:20fabriquées à partir du DHA qui s'appellent les neuroprotectines ou autres,
- 1:14:23qui jouent des rôles majeurs sur les connexions du cerveau, sur la protection du cerveau.
- 1:14:28Le DHA module plus d'une centaine de gènes dans le développement du cortex.
- 1:14:33Il faut avoir en tête, par exemple, que la myélinisation du cerveau,
- 1:14:38donc la myélinisation se fait tout au long de la vie.
- 1:14:41Ce qui veut dire que s'il y a des mécanismes de démyélénisation qui peuvent
- 1:14:45être liés à des agents infectieux, par exemple dans le cadre de pathologie,
- 1:14:49on connaît des facteurs de remyélénisation, c'est-à-dire qu'on peut avoir des
- 1:14:52stabilisations ou des rémissions de scleros en plaques, par exemple,
- 1:14:56si on utilise les moyens appropriés.
- 1:14:58Mais tout ça, c'est connu, que ce soit avec la mycothérapie, certaines plantes.
- 1:15:02On a des moyens qui permettent finalement d'aller acheter les deux joueurs qui
- 1:15:06nous manquent pour jouer à 15 contre 15, en quelque sorte.
- 1:15:08Si je reprends l'image de tout à l'heure, il y a des plantes qui sont reconnues
- 1:15:12pour leurs effets sur les neurotrophines, dont je parlais tout à l'heure,
- 1:15:16ou sur la protection neuronale.
- 1:15:18Ça, ça fait partie des moyens qu'on utilise au quotidien et qui permettent de
- 1:15:22garantir, combiné au reste, non seulement une prévention du déclin cognitif,
- 1:15:29mais une préservation des capacités de développement du cerveau.
- 1:15:34Est-ce que tu es pour une espèce de dose minimale pour tout le monde,
- 1:15:40ou tu es absolument contre, il faut que ça soit absolument personnalisé,
- 1:15:45ou quand même, est-ce qu'il faudrait, je ne sais pas, balancer,
- 1:15:49mettre des oméga-3 dans l'eau du robinet pour tout le monde ?
- 1:15:51De toute façon, on peut en mettre dans l'eau du robinet, on les retrouvera dans
- 1:15:54la nappe phréatique, puisque ce n'est pas soluble dans les graisses,
- 1:15:57ce n'est pas soluble dans l'eau. Mais ce que je veux dire, c'est, non.
- 1:16:01L'idée serait plutôt d'évaluer chez tout le monde ce qui serait nécessaire,
- 1:16:04Mais la problématique des santé publique, on enrichit systématiquement.
- 1:16:08On a toujours des effets pervers qui apparaissent. On a l'histoire du fluor
- 1:16:12qu'on mettait dans le dentifrice.
- 1:16:13Maintenant, ça a été quasiment arrêté parce qu'il y avait la fluorose.
- 1:16:16Il y avait des surdosages de fluor avec fragilisation des os.
- 1:16:18Il y a des surdosages en iodes éventuels.
- 1:16:21Il y a des surdosages en sélénium qui peuvent exister aussi.
- 1:16:24En fait, on doit s'appuyer sur l'accompagnement alimentaire,
- 1:16:30c'est-à-dire comment changer de manière favorable.
- 1:16:32On doit faire une complémentation ciblée, appropriée en fonction des déficits
- 1:16:37qu'on a, et on doit aussi limiter les facteurs de perte, c'est-à-dire faire
- 1:16:41en sorte que le cerveau soit un petit peu moins en état d'urgence à gérer des
- 1:16:45situations d'agression,
- 1:16:47qu'on limite au maximum la part des toxiques, alors tout le monde lui dit « ouais, le bio,
- 1:16:51on n'est pas toujours sûr que ce soit bio ».
- 1:16:54Peut-être bien, sachant que ça ne garantit pas l'absence de toxiques,
- 1:16:57ça garantit en général, chez les gens qui sont soumis au contrôle,
- 1:17:00que ça ne dépasse pas des teneurs maximales, c'est toujours l'histoire de l'hormèse.
- 1:17:04Par contre, ce qui est issu de l'agriculture conventionnelle, il n'y a aucun problème.
- 1:17:07On a notre dose de pesticides. On n'a jamais vu quelqu'un ramener des poireaux
- 1:17:11à son épicien en lui disant « Je suis désolé, il n'y a pas assez de pesticides,
- 1:17:14la dose, vous pouvez m'en remettre.
- 1:17:16» Donc, le procès qui est fait au bio, c'est une forme de malhonnêteté intellectuelle,
- 1:17:20parce que bien évidemment, c'est important.
- 1:17:23Alors, on va me dire, il y a un problème de coût et c'est vrai que, par exemple.
- 1:17:2947% des achats alimentaires en France en 2024 étaient faits dans des grandes
- 1:17:35surfaces et les aliments transformés représentent 40% de l'apport énergétique moyen.
- 1:17:42Donc, on se rend compte que le poids économique et publicitaire de ces géants-là,
- 1:17:50face à lui, les campagnes de santé ne font pas le poids.
- 1:17:53Et si on n'a pas un contre-courant, à savoir qu'il n'y a nul endroit à l'école
- 1:18:00ou ailleurs où on apprend à être de bons mangeurs,
- 1:18:02Je veux dire, il n'y a pas d'éducation civique, il n'y a pas d'éducation nutritionnelle,
- 1:18:07et puis après, c'est à la one again.
- 1:18:09Donc, bien évidemment, le contexte, je reviens à ce que je disais au début,
- 1:18:14d'un point de vue éducatif, il prédispose les gens à partir dans le mur.
- 1:18:18Il n'y a rien qui est pensé dans l'idée de se dire, comment faire en sorte que
- 1:18:22nos citoyens, ils aient tous un QI extrêmement élevé, qu'ils aient un pouvoir
- 1:18:26de réflexion important, qu'ils aient un pouvoir subversif éventuel,
- 1:18:30parce que ce sera mieux pour la planète.
- 1:18:32Alors, est-ce que c'est vraiment ce que cherchent les dirigeants ou est-ce qu'ils
- 1:18:35ont plutôt intérêt en faisant semblant d'un côté de ne pas vouloir des grandes
- 1:18:39surfaces et des fast-foods et en même temps de se dire d'un autre côté,
- 1:18:42heureusement que ça existe parce qu'on peut continuer à se partager le gâteau à quelques-uns.
- 1:18:47Et en même temps, ils amènent des règles et des recommandations et des campagnes
- 1:18:51de santé publique pour se donner bonne conscience.
- 1:18:54Moi, je me souviens quand ils disaient, pour votre santé, évitez de manger trop
- 1:18:57gras, trop sucré, trop salé.
- 1:18:58Mon fils, il me disait, papa, c'est quoi trop gras ? Je disais,
- 1:19:00mais tais-toi, pourquoi avec tes questions toujours là ? Mais c'est vrai, ce n'est pas défini.
- 1:19:05C'est comme pendant le confinement, quand on roulait sur l'autoroute,
- 1:19:09enfin, pendant le deuxième confinement, on voyait pour votre distance,
- 1:19:11respecter les sécurités.
- 1:19:13On ne savait pas s'il fallait se mettre les bras tendus pour voir si notre voisin
- 1:19:16était à la bonne distance ou s'il fallait être à la bonne distance par rapport
- 1:19:19au véhicule qui était devant nous.
- 1:19:21C'est-à-dire que les injonctions, typiquement, c'est des manières de communiquer
- 1:19:25qui trahissent le stress de la personne qui communique.
- 1:19:28Et les autorités sont partagées en stress, et sont en stress parce qu'elles sont partagées en deux.
- 1:19:34Donner l'impression d'être bénéfique à la majorité et continuer à tirer les
- 1:19:40marrons du feu sans en avoir l'air.
- 1:19:42Donc forcément, on fait croire à la population qu'elle est l'unique et l'entière
- 1:19:49responsable de sa situation.
- 1:19:51Je sais qu'on m'a critiqué en disant que je déresponsabilisais.
- 1:19:54Ce n'est pas ce que je dis, mais j'ai qu'une part de la situation n'incombe
- 1:19:58pas au fait qu'on aurait des choix qui sont totalement libres.
- 1:20:01L'exemple que je donnais tout à l'heure avec la consommation d'aliments plus
- 1:20:06gras quand on est déficitaire, ou les femmes qui mangent de la terre riche en
- 1:20:10fer, Il y a une part de nos choix qui sont dictés par autre chose que la conscience.
- 1:20:13Par contre, la conscience, elle peut choisir de manière intelligente si elle
- 1:20:17est correctement informée et éclairée.
- 1:20:19Et c'est sûr que la pléthore de sollicitations médiatiques, les 5 à 7,
- 1:20:27la prédominance du foot, tous ces trucs, ça ne participe pas à l'éveil des populations.
- 1:20:33Ça crée de sacrés paradoxes, et ça me fait aussi penser à certaines vidéos qu'on
- 1:20:37peut voir sur les réseaux sociaux qui font des millions de vues,
- 1:20:39de ceux qui t'expliquent qu'il ne faut pas utiliser les réseaux sociaux,
- 1:20:43que les réseaux sociaux, c'est pas bon. Les mecs, ils font des vidéos.
- 1:20:45Mec, sur TikTok, arrêtez de
- 1:20:47scroller sur TikTok. Et c'est marrant parce qu'il y a un espèce de truc.
- 1:20:50Pour être bien, ne soyez pas... Ok, donc je sais qu'il faut que j'arrête d'être sur TikTok.
- 1:20:54Et cela dit, celui qui me dit ça, il en profite aussi et ça fait son beurre.
- 1:20:59Profitez du truc, bon.
- 1:21:02Partagez ce podcast, ceux qui écoutent à vos enfants, pour les mettre dans des
- 1:21:06bonnes conditions d'éducation et de pédagogie.
- 1:21:09Et puis au plus grand nombre, puisque de toute façon, c'est ce qu'on essaie de faire.
- 1:21:14Je ne suis pas celui, nous ne sommes pas ceux qui vont essayer de vous rendre
- 1:21:18ensuite de l'ultra transformé ou du burger.
- 1:21:20Je n'ai pas l'intention de créer une chaîne de restaurant fast-food,
- 1:21:26donc a priori, je reste cohérent.
- 1:21:27Ce que je voulais dire, je reste très confiant parce qu'en fait,
- 1:21:30on a les moyens d'optimiser tout ça.
- 1:21:33On voit malgré tout des personnes qui restent très performantes longtemps.
- 1:21:39Il n'y a jamais eu autant de jeunes qui s'interrogeaient sur le sens de leur
- 1:21:42vie et qui cherchent des solutions et qui sont sensibilisés à ces histoires d'hygiène de vie.
- 1:21:48Je vois des fois au cabinet des jeunes qui ont 20 ans qui méditent.
- 1:21:50Moi, je ne sais pas, mais moi, à 20 ans, je ne savais même pas qu'on pouvait
- 1:21:52méditer. Ça va m'assurer ce que je veux dire. On voit des trucs qui se passent.
- 1:21:55En fait, il y a une vague de fond qui n'est pas encore assez importante, mais ce sera un tsunami.
- 1:22:01Je pense qu'on est sur un changement de paradigme de société et ou revenir vers,
- 1:22:08comment dire, ça fait penser à la chanson de Souchon,
- 1:22:12on avance, on n'a plus assez d'essence pour faire la route dans l'autre sens,
- 1:22:15mais à un moment donné, la route va s'effondrer, puis on va revenir au point
- 1:22:18de départ où on a commencé à se tromper.
- 1:22:20Et toutes ces connaissances-là vont permettre d'élever le QI moyen de la population,
- 1:22:26d'élever le potentiel émotionnel, et c'est grâce à ça qu'on pourra vivre en
- 1:22:32bonne intelligence c'est trouver des solutions et à la surpopulation éventuelle
- 1:22:36et aux problématiques d'environnement,
- 1:22:39de tout ce qu'on veut parce que
- 1:22:40l'appât du gain ne sera plus au centre des préoccupations et des projets.
- 1:22:44Mais ça, il faut encore un petit peu de temps. Mais toutes ces connaissances-là,
- 1:22:48à un moment donné, elles vont être utilisées de manière fructueuse pour le bien
- 1:22:53de la plupart d'entre nous.
- 1:22:54Je le vois également et on y vient.
- 1:22:58Et je pense qu'on s'y dirige sur les prochaines années. mais tu as parlé,
- 1:23:01je reviens là-dessus, sur le bio, qui serait peut-être limité en termes de nombre de pesticides,
- 1:23:08donc même s'il n'en est pas complètement dépourvu, c'est toujours mieux que
- 1:23:11le traditionnel qui, lui, pour le coup, peut faire exploser le conventionnel.
- 1:23:15Sur les pesticides, spécifiquement les perturbateurs endocriniens,
- 1:23:18par exemple, est-ce qu'on a des explications sur les liens directs sur la perte
- 1:23:23de facultés cognitives ? Un pesticide va venir entraver une synapse,
- 1:23:27va venir entraver un neurotransmetteur ?
- 1:23:29Oui, en fait, ça va se mettre dans toutes les structures où il y a beaucoup
- 1:23:34de graisse et le cerveau, c'est une grosse boule de graisse.
- 1:23:37On a 50% du poids du cerveau, c'est du gras, on est plus au top modèle.
- 1:23:42Et ces graisses reçoivent des molécules liposolubles qui, par différents mécanismes,
- 1:23:47ça va être un petit peu le caillou dans la chaussure, vont venir entraver le
- 1:23:50bon fonctionnement neuronal.
- 1:23:51Mais en même temps, quand la perturbation est chronique, il y a toujours ce
- 1:23:56côté inflammatoire, oxydatif qui démarre, c'est-à-dire que quand un problème fonctionnel,
- 1:24:03c'est-à-dire simplement la fonction est perturbée et chronique,
- 1:24:06le problème structurel arrive toujours derrière.
- 1:24:08C'est-à-dire qu'on commence par une baisse, par exemple, de la présence d'un
- 1:24:11neurotransmetteur, la dopamine ou autre, et ça se poursuit par l'atteinte du
- 1:24:16neurone qui utilise la dopamine.
- 1:24:17C'est-à-dire que la problématique de la transition des troubles psychiatriques
- 1:24:21vers la maladie neurodégénérative, autour du fait qu'on sait que certains anxiolytiques
- 1:24:25augmentent le risque d'Alzheimer,
- 1:24:26donc la seule bonne nouvelle dans l'histoire, c'est que quand l'Alzheimer débute,
- 1:24:30les patients oublient de prendre l'anxiolytique, Ça peut peut-être les sauver,
- 1:24:33mais en dehors de ça, on sait que c'est juste un passage d'un tableau à un autre,
- 1:24:38mais fondamentalement, on met une béquille sur une jambe de bois,
- 1:24:41on ne traite pas les causes qui sont à l'origine de ce mal-être psychiatrique de notre société.
- 1:24:51Alors j'y repense aussi parce qu'on ne l'a pas complètement peut-être défini,
- 1:24:55je n'ai pas insisté au tout début et je pense mieux vaut tard que jamais,
- 1:24:58lorsqu'on parle de cognition, d'activité de santé cognitive,
- 1:25:02il y a eu plusieurs mots, tu as parlé d'intelligence un peu d'émotionnel,
- 1:25:07de qualité de gestion des émotions, tu as parlé de mémoire, on parle de quoi
- 1:25:13exactement si on le définit ?
- 1:25:15Est-ce que l'intelligence, tu vois, tu parles de QI aussi, qu'est-ce qu'on met
- 1:25:19dans cette cognition de manière générale quand on parle de déclin ou de santé cognitive ?
- 1:25:23La cognition, elle est définie par la capacité à exécuter certaines tâches en
- 1:25:28faisant un minimum de fautes et dans un délai requis.
- 1:25:31Donc, il y a des tests qui permettent d'évaluer, alors ça vaut ce que ça vaut,
- 1:25:34mais par exemple, des mots à retrouver, ce qu'on fait sur des tests d'intelligence
- 1:25:39où il faut trouver des suites, etc.
- 1:25:41Chez des personnes âgées, c'est adapté aussi en fonction des compétences qu'il peut y avoir.
- 1:25:46Donc ça, on évolue quelque part des capacités de mémoire, des capacités exécutives.
- 1:25:50L'aspect émotionnel, il est beaucoup plus, lui, lié à des problématiques complexes
- 1:25:57qui sont liées aux relations affectives qu'il y a pu y avoir,
- 1:26:01aux expériences passées,
- 1:26:02aux traumas, mais aussi à la capacité de certaines structures cérébrales à permettre
- 1:26:08de mettre à distance ce que Boris Cyrulnik appelle la résilience.
- 1:26:12Et là, ce qu'on observe clairement, c'est que l'optimisation des apports nutritionnels
- 1:26:19du cerveau permet de faire cette gymnastique beaucoup plus facilement.
- 1:26:23Bon, ok. Alors, ça, c'est intéressant. Sur les oméga-3, on a compris.
- 1:26:28Pour toi, c'est peut-être le nutriment le plus important, si on pense cerveau
- 1:26:34? Est-ce qu'il y aurait une hiérarchie d'importance ?
- 1:26:37Il y a aussi la question des protéines. On oublie trop souvent que l'apport
- 1:26:41en protéines, il peut être insuffisant, notamment parce que les éléments qui
- 1:26:46constituent les acides aminés permettent de fabriquer nos neurotransmetteurs,
- 1:26:50permettent de fabriquer les récepteurs sur lesquels les neurotransmetteurs, viennent se nicher,
- 1:26:55permettent de fabriquer tous les acteurs dans nos défenses immunitaires et permettent
- 1:27:00également d'assurer l'étanchéité de notre muqueuse intestinale.
- 1:27:03C'est-à-dire que c'est des points d'appel où, comme je l'explique aux patients,
- 1:27:07quand notre rapport protéique est insuffisant par rapport à nos besoins,
- 1:27:10il y a des répercussions cognitives, des répercussions immunitaires et des répercussions
- 1:27:14liées à la perméabilité intestinale.
- 1:27:17Et quand on a des tableaux caractéristiques où les gens arrivent avec des fatigues
- 1:27:22chroniques, problèmes de stress, désinfections récurrentes et des douleurs chroniques,
- 1:27:25on peut déjà considérer, sans même avoir sous les yeux le relevé alimentaire
- 1:27:29de ces personnes, qu'ils ne couvrent pas leurs besoins.
- 1:27:32Tu sais que dans la littérature, on dit souvent qu'il faut entre 0,8 et 2 grammes par kilo et jour.
- 1:27:37De protéines. Voilà, c'est comme si tu avais un institut de sondage et que tu
- 1:27:41te présentais aux élections et que tu disais, monsieur, écoutez,
- 1:27:43on a regardé, vous avez entre 15 et 65 % des intentions de vote.
- 1:27:47Je suis sûr que tu payes pas.
- 1:27:49Vous t'êtes ma gueule. En fait, est-ce que c'est 0,8 chez tout le monde ou 2
- 1:27:53chez tout le monde ? Et là, quand tu tortures les experts pour qu'ils aillent
- 1:27:57un peu plus précisément expliquer les chiffres, ils disent que ça dépend d'autres facteurs.
- 1:28:02Donc, en micronutrition, on prend les choses par l'autre bout.
- 1:28:05C'est de se dire, si un nutriment, on n'en couvre pas les besoins,
- 1:28:11alors il y a des répercussions sur notre organisme, notamment concernant l'apport
- 1:28:16en protéines, c'est ce que j'évoquais tout à l'heure, sur la cognition,
- 1:28:20sur les défenses immunitaires, sur le maintien de la masse musculaire,
- 1:28:24sur les mécanismes de cicatrisation.
- 1:28:27Et alors, qu'est-ce qui fait qu'on
- 1:28:28a une diminution de la disponibilité en protéines ou en acides aminés ?
- 1:28:33Déjà la diminution de l'apport glucidique parce qu'il y a des études qui montrent
- 1:28:38que chez des culturistes qui font un régime cétogène, la prise de 3 grammes
- 1:28:43kilo-jour de protéines est associée à une perte de masse musculaire parce que
- 1:28:47pour que les acides aminés,
- 1:28:49soient transformés en protéines, il faut de l'insuline.
- 1:28:52Donc voilà. Alors évidemment, à 3 grammes kilo-jour, les reins,
- 1:28:55ils ne sont pas tout à fait d'accord.
- 1:28:57On sait également que l'apport glucidique moyen conditionne Le fait que certains
- 1:29:03acides aminés vont, au lieu de participer aux synthèses de protéines,
- 1:29:08contribuer à des processus énergétiques.
- 1:29:11En gros, tu es en hiver, tu oublies de livrer des bûches et tu vas prendre les
- 1:29:15poutres pour te chauffer. C'est un petit peu ça.
- 1:29:17Et évidemment, il y a aussi des interdépendances avec l'ensemble des apports.
- 1:29:22Il y a le fait qu'à juste titre, on a tendance à réduire la consommation de
- 1:29:26viande, mais réduire, ça ne veut pas dire supprimer, qu'on a tendance à écarter
- 1:29:30les laitages, à écarter certaines céréales et on se retrouve au final à remplacer
- 1:29:35le steak par les graines de chia.
- 1:29:36Alors le chia, c'est un tout nouvel animal, c'est un croisement entre le chien et le chat.
- 1:29:41Et on récupère les crottes. Non, c'est-à-dire que les gens, à un moment donné,
- 1:29:46font de l'arithmétique et disent il y a des protéines dans les noisettes,
- 1:29:48il y a des protéines dans les graines de chia, il y en a, donc on peut remplacer la viande.
- 1:29:51Stop ! Le niveau d'apport que ça assure et la diversité des acides aminés n'est pas suffisant.
- 1:29:57Un végétarien qui assume son
- 1:29:59végétarisme, il associe au même repas légumes secs, céréales, oléagineux.
- 1:30:05Toutes les populations qui ont adopté des régimes végétariens,
- 1:30:08il y en a qui disent l'inverse qu'on peut les prendre à des moments différents je ne citerai pas,
- 1:30:13la personne en particulier qui écrit ça mais quand on mange du couscous on ne
- 1:30:16mange pas les pois chiches le midi et la semoule le soir quand on va aux Antilles
- 1:30:19on ne mange pas l'orille le midi les haricots le soir ainsi de suite donc il
- 1:30:23y a cette nécessité et beaucoup de gens qui sont des autodidactes du végétarisme
- 1:30:27ont des apports en protéines qui ne sont pas adaptés ce qui fait que quand tout
- 1:30:31va bien que le match n'a pas commencé il peut y avoir 12 joueurs sur le terrain
- 1:30:34mais quand le match commence ils ont beaucoup de mal à gagner le match.
- 1:30:38Alors ça, je trouve ça intéressant ce que tu dis, c'est qu'on peut très bien
- 1:30:42se sentir parfaitement cognité, ça ne se dit pas, mais on peut se sentir bien
- 1:30:49cognitivement, en pleine forme, en pleine santé, quand tout va bien,
- 1:30:52parce que le stress n'est pas suffisamment haut et donc on ne se retrouve pas comme ça.
- 1:30:58Et le jour où il arrive une couille, je peux me permettre d'expression,
- 1:31:02là on n'a pas les ressources pour pouvoir le combattre et c'est là qu'on en paye les conséquences.
- 1:31:07Et on reste à la chronicité, c'est-à-dire qu'on n'a pas les ressources pour
- 1:31:10remonter. Typiquement, la personne qui fait un burn-out, le fait de se reposer,
- 1:31:13lui évite simplement que ça s'aggrave.
- 1:31:15C'est-à-dire qu'on arrête le match à la mi-temps et en restant dans les vestiaires,
- 1:31:19il n'a aucune chance de gagner le match.
- 1:31:20C'est-à-dire qu'on reste dans un état d'épuisement qui ne peut pas être corrigé
- 1:31:24simplement en faisant du travail sur soi et en gardant une alimentation hypotoxique.
- 1:31:29C'est-à-dire qu'on a l'impression aujourd'hui que manger nous intoxique et que
- 1:31:32le jeûne nous détoxique. Il faut remettre les choses en perspective.
- 1:31:35C'est un peu plus complexe que ça la nutrition c'est pas de la toxicologie la
- 1:31:38toxicologie c'est ce qui étudie les perturbateurs,
- 1:31:41les polluants qui sont dans notre assiette, mais les nutriments qui sont dans
- 1:31:44nos aliments sont des nutriments, c'est pas des polluants et à un moment donné
- 1:31:47il y a tout un discours autour de ça qui fausse complètement l'appréciation des gens.
- 1:31:51Non mais c'est important de répéter que la nutrition et les aliments sont là
- 1:31:58pour nous aider à combattre les infections, à aller mieux, à se régénérer etc.
- 1:32:02Et non pas l'alimentation n'est pas un toxique en soi.
- 1:32:05Que penses-tu par contre d'un scénario de quelqu'un qui serait complètement à côté de la plaque,
- 1:32:10qui fumerait, qui aurait des gros troubles alimentaires, qui n'arriverait pas
- 1:32:15à avoir suffisamment d'apport nutritionnel et qui voit qu'il a des problèmes de santé,
- 1:32:21soit la cognition qui se dégrade et qui se décide de faire un stage de jeûne.
- 1:32:27Non pas effectivement pour corriger puisqu'il n'aura plus rien mais pour avoir
- 1:32:33un espace, un temps où il va pouvoir revenir sur soi peut-être ensuite,
- 1:32:40dès la semaine suivante repartir sur une alimentation comme il faut,
- 1:32:44enfin un espèce de comme un break,
- 1:32:46comme une remise à zéro qui le jeûne en lui-même n'apporte rien d'un point de
- 1:32:50vue physiologique mais d'un point de vue psychologique va permettre de faire
- 1:32:53de passer au stade suivant qu'est-ce que tu penses de ça ?
- 1:32:57C'est bien, sauf que la vraie question, c'est est-ce qu'il y a besoin de faire
- 1:32:59un jeûne pour en arriver là ?
- 1:33:02Effectivement, c'est la vraie question.
- 1:33:03Le business du jeûne, on m'avait posé la question une fois, c'était la même
- 1:33:08histoire que tu racontais, la personne allait faire sa semaine de jeûne et derrière
- 1:33:14reprenait ses habitudes alimentaires, son hygiène de vie habituelle.
- 1:33:17Et il me dit, qu'est-ce que vous lui conseillez ? Je lui dis,
- 1:33:19je vais devenir ami avec et je vais faire en sorte qu'il couche mon nom sur son testament. Oui.
- 1:33:25Je vais faire un peu bétoncourt, c'est un peu ça l'histoire c'est-à-dire qu'il n'y a pas de,
- 1:33:31il y a une espèce de logique expiatrice qui est derrière ça et je veux dire, on a vu des gens,
- 1:33:37changer leurs habitudes alimentaires il faut aller regarder ce qui se passe
- 1:33:40avec les sages d'ibétain ou autre, ils n'ont pas besoin d'aller faire des semaines
- 1:33:43de jeûne en plus c'est une pratique qui est un petit peu.
- 1:33:48Plaquée comme ça sur nos modes de vie qui ne sont pas forcément appropriés,
- 1:33:51moi je trouve beaucoup plus pertinent d'accompagner les gens à les aider à réfléchir
- 1:33:55à quel moment dans la semaine vous pouvez consacrer à vous poser,
- 1:33:59à regarder, à rien faire, à méditer, à cuisiner,
- 1:34:03aller au marché, ça fait partie d'actes simples.
- 1:34:06Moi, je me faisais la réflexion et pourtant, je ne suis pas inactif qu'il n'y
- 1:34:11a aucun emballage alimentaire qui franchit le seuil de ma maison.
- 1:34:15Voilà, je n'en fais pas une gloriole mais ce que je veux dire par là,
- 1:34:18c'est le fruit d'un long raisonnement, d'un chemin de choix qui sont faits.
- 1:34:21Il n'y a pas la télé, il y a tout ça.
- 1:34:23Je ne dis pas ça pour pointer ceux qui ne feraient pas pareil je dis que c'est
- 1:34:28des cheminements qu'on a tous et on arrive à un moment donné à un point B en
- 1:34:32étant parti d'un point A et que c'est parce qu'on a la volonté de changer les choses pas à pas
- 1:34:38qu'il faut chacun à sa vitesse faire des changements c'est-à-dire que les grands
- 1:34:43apôtres de la révolution nutritionnelle,
- 1:34:46ils demandent aux gens de grimper l'Everest alors qu'ils n'ont jamais fait de montagne je
- 1:34:49pense qu'il faut accepter qu'il y ait des petits changements qui
- 1:34:53petit à petit les amis à la suite des autres finissent parce que les gens ils
- 1:34:56ont un vrai vrai remise en cause de leurs habitudes mais quand la marche est
- 1:35:02trop haute les gens ils font demi-tour et le côté très très engagé voir cette espèce de de motivation.
- 1:35:13Comment dirais-je, presque communicative ou que tous les coachs sont en toute
- 1:35:20nature. Allez, c'est facile.
- 1:35:21Aujourd'hui, on tutoie en général, ça fait plus proche.
- 1:35:24Tu te reprends en main, tu changes ta vie, machin. Sauf que si l'autre en face,
- 1:35:27il est en plein burn-out et qu'il lui faut trois cafés pour ouvrir un oeil,
- 1:35:31il zappe parce qu'il dit non, mais ce n'est pas pour moi.
- 1:35:33Or, il y a une grande différence entre la recommandation et le conseil.
- 1:35:37La recommandation, c'est ce qu'on dit à tout le monde, ça ne nous engage pas.
- 1:35:39Le conseil, c'est accompagner la personne pas à pas.
- 1:35:43Pour qu'elle intègre de manière harmonieuse en faisant en quelque sorte un audit
- 1:35:48de ses habitudes de vie où est-ce qu'elle peut mettre une activité physique,
- 1:35:52comment elle peut amener petit à petit à améliorer son sommeil quelle plante
- 1:35:56on peut lui amener pour l'aider à cela,
- 1:35:59comment on peut l'aborder à comprendre le sens du stress et l'anticiper
- 1:36:02pour qu'il soit moins important et ainsi de suite c'est-à-dire que c'est des
- 1:36:05outils et on est obligé d'avoir cette approche systémique donc moi même si mon
- 1:36:10champ de compétences initiales c'était la nutrition je ne peux pas me contenter
- 1:36:13de travailler là-dessus parce que finalement la meilleure nutrition possible
- 1:36:17sans tout le travail systémique,
- 1:36:19ça permet juste de retarder le moment où la branche est casse mais l'idée c'est
- 1:36:23que l'arbre il reste solide et qu'il résiste aux tempêtes.
- 1:36:27Tu as parlé de café aussi, est-ce que c'est plutôt indiqué ou contre-indiqué
- 1:36:33si on se base uniquement sur l'impact sur le cerveau et la cognition ?
- 1:36:38Ça n'a pas d'impact toxique Encore une fois, tout dépend si c'est un café bio
- 1:36:43ou pas, parce qu'il y a des produits
- 1:36:44de torréfaction qui peuvent avoir de l'aluminium autre, mais le café,
- 1:36:48à tout prendre, si tu me demandes est-ce qu'il vaut mieux que les gens consomment
- 1:36:51du café que de la coque, tu connais ma réponse, mais c'est toujours pareil.
- 1:36:55C'est comprendre le sens de ce qui se passe. Le café a quand même donné son
- 1:37:00nom à un endroit où ce n'est pas ce qu'on va boire.
- 1:37:03J'ai passé l'après-midi au café, ils n'ont pas bu des cafés,
- 1:37:06mais pourquoi est-ce que la boisson a donné son nom au lieu ?
- 1:37:08Ça veut quand même dire qu'il y a une dimension sociale, il y a le côté sur
- 1:37:13la dopamine qui est intéressant.
- 1:37:14La vraie question, c'est si quelqu'un a besoin d'en prendre cinq ou six avant
- 1:37:17de se sentir performant.
- 1:37:18C'est un révélateur, c'est un indicateur du niveau de fatigue de fond et c'est
- 1:37:22plus une alerte qu'autre chose.
- 1:37:24Ce n'est pas le café le problème, c'est les raisons pour lesquelles on a un
- 1:37:27recours exagéré au café.
- 1:37:29Aujourd'hui, on sait que sur le plan cardiovasculaire, il est protecteur et
- 1:37:31par les polyphénols, il a plutôt un effet bénéfique sur le BDNF et donc tout
- 1:37:37ce qui contribue aux connexions du cerveau.
- 1:37:39Ok, donc plutôt bénéfique, évidemment pas en...
- 1:37:42En surconsommation, tu recommandes de toi peut-être de faire un test sur 2,
- 1:37:473, 4 jours, une semaine, de stopper complètement le café juste pour voir si
- 1:37:50on est capable de le faire et si on voit des changements ?
- 1:37:54Alors, c'est des fameux tests qu'on propose par rapport aux problématiques d'addiction.
- 1:37:59On peut le faire. Moi, personnellement, j'ai réussi à le faire pendant 60 ans à m'en passer.
- 1:38:05Puis maintenant, j'aime bien en prendre de temps en temps. Et c'est vrai que
- 1:38:08ce qui détermine effectivement l'absence de nocivité d'un produit,
- 1:38:15c'est le libre-rapide qu'on a face à la consommation.
- 1:38:17Et ceux qui aiment le goût du café ne sont pas avantagés, enfin,
- 1:38:20ou sont avantagés, ça dépend comment on voit les choses, puisqu'il y en a qui
- 1:38:23le prennent uniquement pour ses effets psychotropes et qui n'aiment pas particulièrement le goût.
- 1:38:27Et je pense que c'est peut-être plus facile de s'en passer ou de s'en détacher.
- 1:38:31Mon cas personnel est que j'aime beaucoup le goût du café et que malheureusement
- 1:38:36quand j'en prends pas même si l'effet psychotrope c'est pas celui qui me enfin
- 1:38:40l'effet stimulant c'est pas ce qui me manque le plus, c'est juste le petit goût
- 1:38:44du café comme ça le matin il.
- 1:38:45N'y a aucun caractère de toxicité à ça souvent les gens, je terminerai peut-être
- 1:38:49là-dessus mais parlent de la question de la détox dans le cadre de la thèse
- 1:38:52dont je parlais tout à l'heure on recevait des patients qui venaient d'être identifiés,
- 1:38:58alcooliques et qui devaient faire un sevrage d'urgence Donc,
- 1:39:01ils arrivaient dans une structure qui était atteinte du côté de Melan,
- 1:39:05là-bas entre Melan et Mante.
- 1:39:06Et dans le cadre de l'étude que j'avais faite pour mon mémoire,
- 1:39:12il fallait aussi gagner la confiance des patients, mais j'arrivais à évaluer
- 1:39:16le niveau d'apport moyen au quotidien sur la période qui précédait juste leur
- 1:39:23internement, parce que c'est un internement.
- 1:39:24Ils étaient en moyenne à 120 grammes d'alcool par jour.
- 1:39:27Pour donner une idée, dans un café, où on ne boit pas de café, tout est possible.
- 1:39:33Les boissons alcoolisées servies amènent la même quantité d'alcool,
- 1:39:36c'est 9 grammes que ce soit un verre de vin, un boc de bière un pastis,
- 1:39:40etc. Donc, ils consommaient.
- 1:39:44En moyenne 12 à 13 non, plus que ça, 14 à 15,
- 1:39:50portions d'alcool dans la journée, donc évidemment les gammages étaient rentrés
- 1:39:55dans le livre-corps de Guinness et si on m'avait dit, c'est le cas de le lire
- 1:39:58d'ailleurs, si on m'avait dit, est-ce qu'il était justifié de faire une détox ? Oui, évidemment.
- 1:40:03Aujourd'hui, il y a des gens qui sont végétariens, qui mangent bio et qui,
- 1:40:08une fois par mois, vont faire une détox ou une fois par mois vont faire une
- 1:40:11détox pour nettoyer leur foie.
- 1:40:12Je veux dire, c'est comme s'ils passaient leur poubelle au car-shirt tous les
- 1:40:15jours et puis qu'ils avaient besoin d'aller la faire nettoyer.
- 1:40:19Ça n'a pas de sens. C'est-à-dire que la notion de détox, aujourd'hui,
- 1:40:21a été vraiment détournée parce
- 1:40:23qu'encore une fois, il y a l'idée que l'alimentation nous porte préjudice.
- 1:40:28Et le concept de détox, aujourd'hui, il a pris une place démesurée par rapport
- 1:40:32à la réalité des dangers encourus.
- 1:40:34Tu vas parler de sélénium, est-ce que vitamine D, est-ce que les vitamines B
- 1:40:38spécifiques, est-ce qu'il y a des choses qui sont vraiment primordiales pour
- 1:40:42le cerveau ou finalement après, peu importe les micronutriments, il faut tout avoir ?
- 1:40:49Tous sont importants, que ce soit la B9, la B12, la B6, le magnésium,
- 1:40:53le fer, le zinc, le coenzyme Q10.
- 1:40:56Toutes ces molécules jouent un rôle important avec des nuances d'un titre à l'autre.
- 1:41:01Pour le cerveau, c'est un élément, la B9,
- 1:41:04l'acide folique, est également reconnue par rapport à son influence en période
- 1:41:09fétale, mais dans la mesure où il y a une plasticité permanente au niveau du
- 1:41:13cerveau, la couverture de nos besoins est permanente.
- 1:41:17Et puis, il y a des besoins énergétiques, c'est-à-dire le rôle du glucose qu'il ne faut pas oublier.
- 1:41:20C'est-à-dire qu'on peut utiliser les corps cétoniques, mais c'est comme si on
- 1:41:23mettait du diesel dans le réservoir d'un Boeing.
- 1:41:27Bon, il vaut mieux mettre le bon carburant pour que le cerveau fonctionne au
- 1:41:31mieux ça c'est des réalités,
- 1:41:34ne parlons jamais de vue que les corps cétoniques c'est des molécules fabriquées
- 1:41:37dans des situations d'urgence et de stress et que moi en tant que thérapeute
- 1:41:40je ne considère pas que le stress soit une stratégie thérapeutique.
- 1:41:44Mais être capable d'avoir une bonne flexibilité métabolique c'est signe de santé
- 1:41:47être capable d'utiliser à la voix les graisses le sucre en fonction des efforts.
- 1:41:51Le cerveau n'utilise que le sucre les corps cétoniques pour les fabriquer Ce
- 1:41:55n'est pas comme si on disait « mon muscle utilise le sucre et les graisses ».
- 1:41:59Naturellement, dès qu'on est à distance du repas, pour utiliser l'écorce étonique,
- 1:42:04il faut être sous la dominance du cortisol au niveau métabolique.
- 1:42:07Donc, naturellement, ce n'est pas une question de flexibilité,
- 1:42:09ce sont des mots qu'on emploie, il n'y a pas de flexibilité.
- 1:42:11Il y a un nutriment essentiel au fonctionnement du cerveau et les autres,
- 1:42:17ce sont des stratégies palliatives.
- 1:42:21Ok, ça c'est pour le cerveau. Pour les muscles, on est d'accord que les muscles
- 1:42:24peuvent utiliser d'autres ressources ?
- 1:42:27Bien sûr, et même pour brûler les graisses, ils ont besoin du sucre,
- 1:42:29sinon ils utilisent des acides aminés, on pourra en parler des heures.
- 1:42:32Mais le cerveau, son carburant de choix, c'est le glucose.
- 1:42:38Si je peux me permettre de faire une petite recette pour conclure,
- 1:42:40la recette anti-déclin cognitif et santé-longévité absolue.
- 1:42:44Tout passe dans un premier temps par la capacité à gérer un stress à gérer l'environnement
- 1:42:50dans lequel on est avoir du sens dans ce qu'on fait permet aussi de réduire
- 1:42:54cette quantité de stress que l'on a,
- 1:42:57et pour pallier à ce stress, le mieux c'est d'en avoir le moins possible c'est
- 1:43:02d'avoir un environnement qui est plutôt,
- 1:43:05pas confortable c'est peut-être pas le bon mot mais sur lequel on peut,
- 1:43:09évoluer sans dépasser ses ressources il faut avoir une alimentation qui couvre
- 1:43:14tous les micronutriments possibles,
- 1:43:17ne pas avoir de manque, ne pas avoir de déficit pour avoir son cerveau qui se
- 1:43:22répare bien, qui réagit bien, qui surréagit bien,
- 1:43:25qui se cicatrise, qui se...
- 1:43:28Les synapses se régénèrent, les neurotransmetteurs, etc.
- 1:43:31Protéines glucides, oméga-3, très importants.
- 1:43:36Éviter les trop doses de toxiques qui sont des doses de stress trop importantes.
- 1:43:41Une activité physique appropriée, un travail de sollicitation cognitive importante,
- 1:43:47avoir des projets qui fassent avancer,
- 1:43:49un sommeil réparateur et puis des espaces de régénération, méditation,
- 1:43:53cohérence cardiaque, prière pour ceux qui prient et ainsi de suite.
- 1:43:56Ça fait partie des différents ingrédients qu'on peut mettre en œuvre.
- 1:44:00Voilà, ça fait un sacré boulot et on retiendra que l'apport des glucides est
- 1:44:03loin d'être problématique, bien au contraire.
- 1:44:06Qu'elle aide fortement et que le jeûne n'est pas indispensable selon la raison
- 1:44:12pour laquelle on veut le faire.
- 1:44:13Oui, on pourrait aller sonder les prix Nobel pour savoir combien de fois dans
- 1:44:15leur vie ils ont fait des jeûnes pour devenir prix Nobel.
- 1:44:19Voilà la petite claque. Merci Denis, c'était intéressant.
- 1:44:24Est-ce qu'il y a une dernière chose que tu veux ajouter pour clôturer ce chapitre, ce podcast chapitre ?
- 1:44:30Oui, je ne me rappelle plus du tout pourquoi je devais parler avec toi.
- 1:44:33Mais bon non plus je sais pas pourquoi on est là comme quoi on va devoir réécouter
- 1:44:38cet épisode pour prendre les bonnes actions prendre les bonnes actions,
- 1:44:41merci beaucoup c'était un plaisir tes livres tu as écrit des livres qui sont
- 1:44:46lus par les plus grands et les plus grands sportifs les plus grands non sportifs
- 1:44:51aussi on les mettra en description tu as ton site web j'imagine que tu as tes
- 1:44:54consultations qui sont full bookées.
- 1:44:56Ça fait 3 mois à peu près ouais.
- 1:44:58Bon voilà pour ceux qui veulent être pris en charge de manière complètement
- 1:45:01holistique par l'alimentation, avec des tests personnalisés,
- 1:45:05avec une prise en charge globale,
- 1:45:07vous pouvez faire appel à Denis Richer, qui est l'un des meilleurs actuellement,
- 1:45:10j'en connais beaucoup, parce que j'ai fait pas mal de podcasts avec des gens
- 1:45:13qui ont une certaine crédibilité dans le milieu de la santé,
- 1:45:15et j'en connais beaucoup qui te prennent comme référence.
- 1:45:18Tu peux pas imaginer le nombre de gens que j'ai payé pour dire du bien de moi Mais eux.
- 1:45:23Je crois que tu les as pas payé, et ils ne m'ont pas payé non plus Ils ne m'ont
- 1:45:27pas payé non plus On laissera tout ça, merci à tous pour vos écoutes,
- 1:45:31pour votre fidélité sur le podcast.
- 1:45:32Partagez-le à vos amis, à votre famille, à vos enfants.
- 1:45:35Écoutez les podcasts en voiture lors de vos déplacements en voyage en famille.
- 1:45:39Comme ça, ils seront bercés avec la bonne parole, la bonne éducation pour essayer
- 1:45:44de vivre la meilleure vie et d'être en santé.
- 1:45:47Et puis, je vous dis à tous à la semaine prochaine dans un prochain épisode.
- 1:45:49Portez-vous bien. Faites pas trop les cons. Pas trop. Et puis,
- 1:45:52à la semaine prochaine. Ciao.
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