C'EST QUOI "LA NOUVELLE FRANCE" ? Sabrina Waz, Francoise Vergès, Imane El Hamzaoui — Transcript
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- 0:16حيك يا شعب الوطن يا مقاوم الاحتلال
- 0:25عي فيك البسالي والفاح
- 0:29العين
- 0:31سراني
- 0:35حييك يا شعب الوطن يا مقاوم الاحتلال
- 0:44عي فيك البسالي والكفاح والعين
- 0:50سهرانيك
- 0:55يا شعب الوطن يا مقاوم
- 0:58الاحتلال
- 1:11d'olivier dans une main, revolver dans
- 1:12l'autre.
- 1:14toutes les organisations, toutes les
- 1:16personnes qui sont venues proposer des
- 1:20livres, des produits Urgence Palestine,
- 1:23notamment CDEC, l'UJFP
- 1:27et merci à vous. Merci à vous d'avoir
- 1:29traversé l'Europe, d'avoir traversé la
- 1:31France, d'avoir traversé euh l'île, j'ai
- 1:34envie de dire, d'avoir traversé la
- 1:35Nouvelle-Fance, la future Nouvelle-Fance
- 1:37pour nous retrouver ici à Jeunevilier
- 1:40pour les universités d'été politique.
- 1:44Et bien sûr, dans quelques toutes
- 1:46petites minutes, on va démarrer.
- 2:14Alors pour ma part, je vais être très
- 2:15très concis. Voilà, le j'allais dire le
- 2:17titre se suffit euh à lui-même. C'est
- 2:19quoi la Nouvelle-Fance ? C'est vrai que
- 2:21c'est un c'est un concept qui a émergé
- 2:23durant les derniers mois dans le dans le
- 2:25discours de de la France insoumise.
- 2:28Voilà, on a pu entendre que ce soit
- 2:31Bonpar ou Mélenchon évoquer justement
- 2:34cette Nouvelle France expliqué parce que
- 2:36aussi les journalistes et sont frants de
- 2:38de un peu de challenger les leaders de
- 2:42la France insoumise sur cette notion en
- 2:44disant bah voilà en opposant une la
- 2:46Nouvelle-Fance à une éventuelle ancienne
- 2:49France où donc voilà on va aussi pouvoir
- 2:52peut-être éclaircir un peu cette ces
- 2:54zones d'ombre et en tout cas voilà on a
- 2:57nous avons les trois intervenantes
- 3:00aujourd'hui qui vont évoquer chacune à
- 3:04leur manière euh cette notion de
- 3:07Nouvelle-Fance.
- 3:09Je vais juste mettre mes lunettes.
- 3:11Tac.
- 3:17Tout d'abord et je vous demande de bien
- 3:20sûr de les accueillir à chaque fois
- 3:21comme il se doit. Euh tout d'abord, il y
- 3:24a Iman L. Hamzaoui,
- 3:30membre de la coordination nationale de
- 3:33la France insoumise, coordinatrice de la
- 3:36campagne antifasciste de la France
- 3:38insoumise et animatrice euh de LFI
- 3:42antiracisme. C'est j'ai bon.
- 3:46Tu veux ajouter quelque chose ? Tu le
- 3:48feras après si tu veux.
- 3:52Bien sûr, nous avons également avec nous
- 3:54aujourd'hui Françoise Vergess.
- 4:00Françoise Vergess
- 4:02spontanément comme ça, j'aurais envie de
- 4:04dire "Tu as pas de chaise dans tu as pas
- 4:06de chaise dans les mains, c'est bon."
- 4:07J'aurais envie de dire féministe
- 4:09décolonial.
- 4:11Est-ce que là voilà, elle m'a dit "Si tu
- 4:14me présentes comme ça, je t'envoie une
- 4:15chaise dans la tête." Donc j'ai dit bien
- 4:16sûr je vais commencer par se présenter
- 4:18comme ça parce que voilà c'est pas un
- 4:20faministe des coloniales mais on va dire
- 4:23pour ceux qui te connaissent et qui qui
- 4:25te connaissent bien même ben pour moi en
- 4:28tout cas tu es quelqu'un qui produit de
- 4:30la pensée. Voilà, tu l'as montré à de
- 4:32diverses occasions à travers des
- 4:34ouvrages qu'on qu'on peut retrouver et
- 4:36bien sûr tu as tu théorises euh
- 4:39l'anticolonialisme des colonials. C'est
- 4:41pas pas comme quelque chose de statique,
- 4:44juste une observation d'une situation
- 4:47passée, mais comme une projection, comme
- 4:49une dynamique, comme j'allais dire le le
- 4:52le ferment d'un combat qu'on doit mener
- 4:54et qu'il reste à mener. J'ai bon comme
- 4:56ça. Voilà. Et enfin, bien sûr, tu parles
- 5:00aussi de déconstruire la colonialité à
- 5:02travers justement notamment la culture
- 5:05et d'autres d'autres, j'allais dire
- 5:07combats que tu que tu mènes auquels tu
- 5:09contribues pour justement euh j'allais
- 5:13dire nourrir ce combat qui est
- 5:14l'anticolonialisme
- 5:16des colonials. Et enfin
- 5:19bah celle que je côtoie le plus
- 5:20fréquemment, Sabrinais.
- 5:25Énorme, énorme, énorme. Présidente du
- 5:29PDA, bien sûr.
- 5:32Présidente du PDA, tu sais pas ce que
- 5:35c'est le PDA, tu sauras pas.
- 5:38Mais avant tout, avant tout, j'ai envie
- 5:41de dire avant tout une sœur une sœur de
- 5:43lutte parce que on est ensemble à Parole
- 5:45d'honneur. Vous connaissez Parole
- 5:46d'honneur ?
- 5:48Ouais. Qui à m'a levé qui aime Parole
- 5:50d'honneur ?
- 5:53et avec des critè parole d'honneur
- 5:57et non non mais voilà c'est un plaisir.
- 6:00On a l'occasion souvent ben de voilà
- 6:01d'être sur des plateaux ou en tout cas
- 6:03de se soutenir dans des émissions
- 6:07d'actualité, de sport, de politique et
- 6:10en tout cas je le dis je te le dis
- 6:12publiquement bah je kiffe. Voilà je
- 6:15kiffe Sabrina. Et donc à part ça
- 6:19justement Sabrina bah c'est justement
- 6:21une militante
- 6:23antiraciste. Voilà. Moi pour moi ce qui
- 6:26te j'allais dire la première chose qui
- 6:29me vient à l'esprit quand quand je te
- 6:30quand je pense à toi, quand je je
- 6:32regarde ce que tu fais, c'est militante
- 6:34antiracisme parce qu'on sent le souci
- 6:37vraiment de combattre de combattre le
- 6:40racisme mais avant tout de combattre les
- 6:42structures qui fabriquent et qui
- 6:44produisent ce racisme. Et je trouve que
- 6:46dans tout tes toutes tes interventions,
- 6:48tes choix, voilà, les thèmes sur
- 6:50lesquels tu peux tu peux intervenir, tu
- 6:53incarnes ça et tu le fais très bien. En
- 6:55tout cas, je suis fier, très très fier
- 6:56d'être à tes côtés Sabrina. On les
- 6:59applaudit encore une dernière fois et on
- 7:01va démarrer.
- 7:02Et avant ça, voilà, je vous avez vous
- 7:04avez vu ce t-shirt qui m'a été offert
- 7:06par mon frérot de Jamel. C'est un
- 7:08t-shirt presse qui rend hommage à tous
- 7:10les journalistes tués par l'état
- 7:12génocidaire israélien depuis maintenant
- 7:15plus de 1000 jours. Et chaque jour,
- 7:19chaque jour, nous devons avoir une
- 7:20pensée pour ces personnes qui euh qui
- 7:23continuent à documenter le génocide en
- 7:27cours en Palestine.
- 7:30Et voilà, je voulais que qu'on ait une
- 7:32pensée pour tous ces confrères.
- 7:37Et enfin, bien sûr, et ça sera mon
- 7:38dernier mot, je voudrais m'associer à
- 7:41bien sûr cette campagne qui vous invite
- 7:44tous, enfin même pas qui vous invite,
- 7:45qui vous incite et qui vous qui vous
- 7:48intime le de d'aller signer la pétition.
- 7:53Euh donc sur ce cette thématique, le
- 7:56gouvernement cible l'état de droit,
- 7:58besoin d'une mobilisation urgente à non
- 8:02à la PPL 691
- 8:05sur la présomption de légitime défense
- 8:07pour les forces de l'ordre. C'est donc
- 8:09un texte qui va être voté si rien n'est
- 8:12fait, il sera voté mardi. On a il est
- 8:14encore temps d'agir. Donc tous les gens
- 8:16qui sont dans le live, s'il vous plaît,
- 8:18allez sur Google, allez signer la
- 8:20pétition, partagez avec vos amis, avec
- 8:22vos familles. On est déjà à plus de à
- 8:24près de 150000 signatures, plus plus de
- 8:27200000
- 8:29alors donc près de 200000 signatures
- 8:31mais il faut absolument qu'avant mardi
- 8:33on ait atteint les 500000 signatures car
- 8:36c'est une loi si elle est signée qui va
- 8:38encore aggraver une situation absolument
- 8:41dramatique et qui va donner encore plus
- 8:44de droit à la police de nous tuer de
- 8:46nous blesser de nous mutiler dans la
- 8:48rue. Donc allez tous signer avant minuit
- 8:51contre cette loi.
- 8:57Et donc
- 8:59et après on démarre hein.
- 9:01Et donc il y aura trois trois
- 9:04interventions et moi je voulais juste en
- 9:05fait mettre une petite question un peu
- 9:08comme ça en suspend. Je me je me
- 9:10demandais voilà est-ce que la
- 9:12Nouvelle-Fance est-ce que c'est un
- 9:14constat ? C'est-à-dire voilà la Nouvelle
- 9:16France c'est ça, c'est une nouvelle
- 9:18composition
- 9:20ethnique, je sais pas là une
- 9:21distribution homme femme c'est on
- 9:23constate quelque chose et on dit "Ah ça
- 9:25c'est la Nouvelle-Fance et donc il faut
- 9:27faire avec. Où est-ce que la
- 9:28Nouvelle-Fance c'est un projet, c'est
- 9:31une dynamique ?" Voilà, moi c'est un peu
- 9:33la question que je me suis posé en
- 9:35venant. Bon déjà parce que j'avais pas
- 9:36trop le temps de rédiger un truc, tu
- 9:38vois, je me suis dit bon faut pas que je
- 9:40me hashem donc je vais essayer de dire
- 9:41un truc à peu près sensé. Et donc je me
- 9:43suis dit ça tient la route. Après
- 9:45peut-être que vous allez me m'humilier
- 9:47en public, ce n'est pas grave. Mais en
- 9:49tout cas voilà, je je voulais poser ça
- 9:51en un petit peu ma petite contribution
- 9:53au débat. La Nouvelle-Fance
- 9:56est-ce un constat ou est-ce un projet ?
- 9:59Voilà donc je vais donner la parole
- 10:02immédiatement à Iman
- 10:05et donc ça son intervention s'intitule
- 10:08stratégie pour un bloc de rupture.
- 10:11Applaudissez.
- 10:21Bonjour à toutes et tous. Vous
- 10:23m'entendez bien ? Ouais. Ben, tout
- 10:25d'abord, je remercie les organisatrices
- 10:28et les organisateurs de m'avoir invité à
- 10:31cette plinière sur la Nouvelle-Fance.
- 10:35Alors la Nouvelle-France, ben il suffit
- 10:37simplement d'évoquer le sujet pour que
- 10:40le débat s'emballe, pour que les
- 10:42critiques fuse et que les verdictes
- 10:44tombent.
- 10:45Les commentateurs de la Nouvelle-France
- 10:48nous rendent un hommage singulier, celui
- 10:50d'écrire bien plus que nous sur notre
- 10:52propre concept tout en se gardant de
- 10:54lire une seule de nos lignes. Parce
- 10:56qu'après tout, il est plus commode de se
- 10:58battre contre un épouvantail imaginaire
- 11:01qu'une idée comprise. L'objet du débat à
- 11:04chaque fois devient la représentation
- 11:06qui s'en font et non le contenu qu'on
- 11:09lui donne. Alors, dans cette cacophonie
- 11:12stérile au milieu des cris d'or
- 11:13frispoussé de toute part, je pense qu'il
- 11:16est plus opportun
- 11:18qu'est-ce que la Nouvelle-Fance en vous
- 11:20disant tout d'abord ce qu'elle n'est
- 11:21pas.
- 11:23Aux journalistes irresponsables, je dis
- 11:26que la Nouvelle-France n'est pas un
- 11:28roman national en miroir de la France
- 11:30éternelle. Cette dernière est une fable,
- 11:33pas un passé. Quel est le récit d'une
- 11:35communauté imaginaire définie par le
- 11:38sang qui n'a jamais existé tandis que la
- 11:40Nouvelle-Fance part des réalités
- 11:42concrète actuelle.
- 11:45Elle est une narration homogénéisante
- 11:47qui fait fie des rapports de force et
- 11:49des luttes politiques alors que ce sont
- 11:51précisément elles pour nous les motrices
- 11:53de l'histoire. Et puis elle ne garde du
- 11:56passé que leur glorieux roi, empereur,
- 11:59dictateur tandis que pour nous le peuple
- 12:03qui bien que souvent défait et effacé
- 12:06est le seul sujet politique légitime.
- 12:10Plus encore, la France éternelle est
- 12:13projection dans un passé fantasmé. la
- 12:15Nouvelle-France et projection dans un
- 12:17avenir possible, celui de la
- 12:19construction d'une volonté collective de
- 12:22transformation radicale.
- 12:24Pour reprendre très librement les mots
- 12:26de Gramchi, je dirais que l'extrême
- 12:29droite lutte contre le nouveau pour
- 12:30conserver le chancelant, la
- 12:33Nouvelle-Fance et l'expression du
- 12:34nouveau pour briser les résistances
- 12:36qu'il rencontre dans son développement.
- 12:40Mais nous savons déjà l'inutilité de cet
- 12:42argumentaire pour convaincre ces
- 12:43journalistes irresponsables.
- 12:46Nous ne sommes pas dup leurs accusations
- 12:49ne sont pas des erreurs d'analyse mais
- 12:50des tentatives maladroites de nous
- 12:53mettre sur le même plan que l'extrême
- 12:54droite de nous sortir de leur sacrin arc
- 12:57républicain et de nous faire perdre quit
- 12:59à faire gagner le RN.
- 13:02À nos adversaires politiques. Je dis que
- 13:04la Nouvelle-France n'est pas un concept
- 13:06qui fracture la société. Leur processus
- 13:09est bien ficelé. Ils prennent un concept
- 13:11qui décrit l'ensemble des mutations de
- 13:13la société française depuis les sep
- 13:15dernières décennies. Ils en purgent tout
- 13:18ce qu'il contient en conditions des
- 13:20femmes, en conditions urbaines et
- 13:22rurales, en nouvelles conditions de nos
- 13:24aînés et de nos plus jeunes pour n'en
- 13:28garder que l'immigration post-coloniale.
- 13:30Il pense alors nous disqualifier en le
- 13:34drapant en drappant la Nouvelle-France
- 13:36de ce qu'ils appellent racialisme et que
- 13:38je ne sauraai définir.
- 13:40De faisant, ils trahissent leurs propres
- 13:43obsessions ethnicistes, leur incapacité
- 13:46à voir dans les racisés de ce pays, dans
- 13:48le meilleur des cas, rien d'autre que
- 13:50des objets d'omquels ils ont bien voulu
- 13:52donner une citoyenneté de façade pour
- 13:54laquelle ils devraient leur en être
- 13:55reconnaissants.
- 13:57Pour les plus habiles, la
- 13:58Nouvelle-France serait un concept
- 14:00identitaire et essentialisant. Ils
- 14:02oublient
- 14:04qu'en décrétant que la Nouvelle-Fance
- 14:06était indéni de la France, ils
- 14:07définissent du même geste la France
- 14:09comme une identité transhistorique, une
- 14:12culture immuable. En somme, il
- 14:14l'essentialise. Et si l'on était joueur,
- 14:17on le on leur répondrait que la
- 14:19dénégation est dans leur camp, car une
- 14:22culture qui ne change pas est une
- 14:23culture morte.
- 14:25Pour les plus grossiers, la
- 14:26Nouvelle-France sonne comme le glat de
- 14:28la France ou plus précisément de leur
- 14:30France, celle dont ils jouissent
- 14:32exclusivement qui est leur seul titre de
- 14:34gloire et où les droits se mesurent à la
- 14:36profondeur des racines familiales dans
- 14:38le sol hexagonal.
- 14:40Ceuxl ont raison d'avoir peur et on leur
- 14:43reconnaît une certaine lucidité et
- 14:45clairvoyance. Leurs cris sont les
- 14:47soupirs de ceux qui voient le
- 14:48régimonifétrir.
- 14:56À nos camarades, je dis que la
- 14:58Nouvelle-France n'est pas un abondant du
- 15:01monde ouvrier. Elle en est une lecture
- 15:03lucide et actualisée.
- 15:05Nous comprenant l'attrait dirigé en
- 15:08unique sujet politique, l'ouvrier blanc
- 15:10dans une grande industrie qui habite
- 15:12dans un centre-ville où la concentration
- 15:14ouvrière est propice aux grèves et aux
- 15:17mobilisations sociales. Mais cet ouvrier
- 15:20n'est plus et l'apparisse d'esprit est
- 15:23mauvaise conseillère en politique.
- 15:25Depuis 1958, les centresvilles se sont
- 15:28gentrifiés. Les grandes usines ont
- 15:30disparu et cédit la place à des petits
- 15:32lieux de production dispersé. Les
- 15:35ouvriers de la logistique et du
- 15:36transport ont dépassé en nombre les
- 15:38ouvriers de l'industrie et les CDD
- 15:40intérim et autres contrats précaires
- 15:43sont devenus légion.
- 15:45C'est cette nouvelle condition ouvrière
- 15:48ou ces nouvelles conditions ouvrières
- 15:50que leur logiciel passées refuse de voir
- 15:52aujourd'hui, tout comme ils refusaient
- 15:54de voir les catégories raciales et de
- 15:56genre hier. Parce que leur pensée n'a
- 15:59pas pour seul défaut d'être
- 16:01anachronique, elle a aussi été en tout
- 16:04temps amputée. Elle n'a jamais considéré
- 16:06le travail reproductif comme condition
- 16:08de l'accumulation capitaliste, ni le
- 16:11racisme comme mode de hiérarchisation de
- 16:13la force de travail.
- 16:17et il elle a sectorisé les mobilisations
- 16:21et figé le la figure de l'ouvrier dans
- 16:24un cadre étroit.
- 16:26Dès que ce cadre était débordé par des
- 16:27mobilisations de travailleurs immigrés
- 16:29ou de travailleuses sous-payées, alors
- 16:32alors cette gauche
- 16:35cette gauche a minoré ses luttes quand
- 16:38elle ne les a pas franchement vilipendé
- 16:40dans une crispation nationaliste et
- 16:42masculiniste.
- 16:43Enfin, leur doctrine est
- 16:45contre-productive.
- 16:46En limitant l'action politique à la
- 16:48seule sphère économique, elle ne peut
- 16:51produire qu'une solidarité catégorielle,
- 16:53elle-même économique. Or, la rupture
- 16:56nécessite une conscience de la
- 16:58convergence des intérêts de tous les
- 17:00groupes dominés.
- 17:03À nos amis, je dis que la
- 17:06Nouvelle-France n'est pas un renoncement
- 17:08électoraliste.
- 17:10Nous savons tous que le mot France porte
- 17:12en lui d'esclavagisme, de colonialisme,
- 17:14de racisme et de suprémisme.
- 17:17Mais je rejoins ici, permettez-le moi,
- 17:20mon camarade Antoine Léoman quand il dit
- 17:22que la que de la France, nous n'en avons
- 17:24retenu que le récit des vainqueurs,
- 17:26c'est-à-dire le fatalisme historique.
- 17:30À celui-ci, il faut opposer la
- 17:32contingence du passé, ce qui cette
- 17:34France qui aurait pu être celle qui a
- 17:36été portée par les dominant et les
- 17:38combattants de l'égalité effacé des
- 17:40livres d'histoire. Et je reprends alors
- 17:43ces mots. Nous sommes du côté des
- 17:46révolutionnaires en 1789 et surtout en
- 17:491792.
- 17:51Au côté de Jean-Baptiste Bélé pour
- 17:53l'abolition de l'esclavage en 1794.
- 17:56Du côté des Haïtiens la bataille de
- 17:58Vertière en 1803. Du côté des
- 18:00Républicains pendant les trois
- 18:02glorieuses en 1830. Du côté des des
- 18:05socialistes révolutionnaires en 1848
- 18:08avec les communards en 1871 avec les
- 18:11soldats mutins du 17e régiment en 1907
- 18:14avec les manifestants antifascistes en
- 18:161934.
- 18:18Nous sommes du côté des résistants entre
- 18:201940 et 1945.
- 18:24Nous célébrons la victoire sur les nazis
- 18:26le 8 mai
- 18:29bien sûr bien sûr nous sommes ce jour-là
- 18:32du côté des habitants de Cétif Glema et
- 18:46cela étant dit il reste à rappeler à nos
- 18:50amis que la perspective nationale
- 18:52populaire qui est la nôtre n'est pas
- 18:54nationaliste.
- 18:56Cette perspective est la médiation
- 19:00nécessaire à l'internationalisme mais
- 19:02non sa négation. Cette perspective est
- 19:05celle de la lucidité sur le passé
- 19:06inachevé.
- 19:09Elle n'est pas sourde aux revendications
- 19:11autonomiste et indépendantistes qu'elles
- 19:13émanent de Corse ou de canquis. que la
- 19:15lutte se fasse à l'Assemblée nationale
- 19:17avec le vote pour l'autonomie de la
- 19:19Corse ou sur le terrain avec les avec le
- 19:22déplacement de mes camarades Mathilde
- 19:23Panot et Bastien Lachot pour souligner
- 19:26une fois de plus la nécessité du
- 19:28processus d'indépendance et de
- 19:30décolonisation de la Kanie.
- 19:39Cette perspective, c'est aussi celle de
- 19:42se savoir dans l'Occident et le devoir
- 19:45afférant de non alignement et de refus
- 19:47de toute coopération militaire
- 19:49d'ingérence étrangère. Elle n'est pas
- 19:52indifférente aux souffrances des peuples
- 19:53iraniens, libanais, vénéuiens, irakiens
- 19:57et ukrainien pardon et bien sûr aussi
- 19:59iraakien et aussi bien sûr palestinien
- 20:02sous le jou colonial.
- 20:08Alors, je dis à nos amis que la bataille
- 20:11pour l'hégémonie ne se joue pas dans le
- 20:13ciel de des idées. Elle s'encre dans les
- 20:15conditions matérielles. Et ces
- 20:17conditions et bien elle s'appelle
- 20:19France.
- 20:20Et cette France a connu a connu des
- 20:23bouleversements fondamentaux depuis 1958
- 20:26et c'est cela que veut éclairer le
- 20:29concept. Si une période longue couvrant
- 20:32près de 7 décennies a été choisie, c'est
- 20:35parce qu'elle permet de saisir les
- 20:36mouvements organiques de l'histoire sans
- 20:38se laisser piéger par les mouvements de
- 20:40conjoncture. L'analyse des conjonctures
- 20:43est intéressante mais elle reste une
- 20:44analyse à chaud, sans profondeur et
- 20:47surtout sans pensée transformatrice.
- 20:51Elle peut tout au plus déboucher sur des
- 20:53réformes en marge, voire même une
- 20:55démission, mais elle reste stérile en
- 20:57potentialité de rupture.
- 21:001958, vous le savez déjà, c'est
- 21:02également l'année d'instauration de la
- 21:045e République. La question de la forme
- 21:08institutionnelle de la République n'est
- 21:10pas à mépriser dans nos discussions.
- 21:13On ne peut pas comprendre l'abstention
- 21:16si on n'y voit pas l'expression d'une
- 21:18grève civique nourrie par la
- 21:20constitution actuelle. Celle-ci garantit
- 21:23l'irresponsabilité politique du
- 21:25président de la République qui une fois
- 21:27des lunes n'a de compte à rendre à
- 21:29absolument personne. Elle autorise aussi
- 21:32le déni comme ce fut le cas en 2005 et
- 21:35encore en 2024. L'Assemblée constituante
- 21:38n'est donc pas une affaire de
- 21:40constitutionnaliste. Elle est la
- 21:42souveraineté populaire. retrouver. La 5e
- 21:45République est née de l'incapacité de la
- 21:474e à résoudre les crises décolonisation,
- 21:50exode rural, mutation industrielle et
- 21:52agricole.
- 21:54Aujourd'hui, nous nous trouvons dans une
- 21:56dislocation semblable et le régime
- 21:59actuel n'est pas seulement en en
- 22:01incapacité d'y répondre, ilalimente.
- 22:05Un peuple a toujours le droit de revoir,
- 22:07de réformer et de changer sa
- 22:09constitution. Une génération ne peut
- 22:12assujettir à ces lois les générations
- 22:14futures. Voici ce que dit l'article 28
- 22:17de la déclaration des droits de l'homme
- 22:19et du citoyen. Et de fait, les
- 22:20générations de la Nouvelle-France et
- 22:22celles de la 5e République sont
- 22:24profondément différentes.
- 22:26La Nouvelle-France est bien sûr fille de
- 22:29l'émancipation certes certes partielle
- 22:32mais émancipation quand même des femmes.
- 22:35En 1958, cela faisait seulement 13 ans
- 22:38que les femmes avaient le droit de vote.
- 22:40Elles n'avaient accès ni à la
- 22:41contraception ni à l'avortement.
- 22:43L'ouverture d'un compte bancaire comme
- 22:44l'exercice d'une profession restée
- 22:46soumis à l'approbation du mari et le
- 22:49divorce par consentement mutuel
- 22:51n'existait pas. Ce changement n'est pas
- 22:54à minoré. Il est comparable à une
- 22:55révolution au sein du pays. Mais sa
- 22:57nouveauté soulligne aussi la
- 22:59vulnérabilité de ses acquis. fragile
- 23:01notamment face au regain de masculiniste
- 23:04et bien sûr tout à fait incomplet. La
- 23:07Nouvelle-Fance est une France des
- 23:10migrations internes.
- 23:12Le visage de notre pays a été
- 23:14entièrement redessiné par le déplacement
- 23:17des populations en sensin. 55 % de la
- 23:20population vivait en ville en 1958.
- 23:24Aujourd'hui, c'est 86 % qui vit en ville
- 23:27ou dans une zone rurale sous influence
- 23:29de pôle urbain. Cette évolution n'est
- 23:32pourtant pas encore la plus
- 23:34déterminante.
- 23:35Les transformations structurelles les
- 23:37plus impactantes tiennent d'une part à
- 23:40la condition urbaine elle-même qui a
- 23:42profondément reconfiguré les modes de
- 23:44vie des Français. Ils sont devenus
- 23:47dépendants des réseaux, c'est-à-dire ces
- 23:49infrastructures qui assurent
- 23:51l'acheminement et la distribution des
- 23:53marchandises nécessaires à la
- 23:55satisfaction de nos besoins essentiels,
- 23:57l'eau, l'énergie, l'alimentation et
- 23:58cetera. En raison de leur caractère
- 24:01indispensable et leur tendance à la
- 24:03monopolisation,
- 24:05ces réseaux peuvent être transformés en
- 24:07source de rente. Leur accès est payé
- 24:10même lorsque la qualité se dégrade et
- 24:12que les prix augmentent. Ils offrent
- 24:15ainsi au capitalisme
- 24:17soumis depuis les années 70 à une crise
- 24:20de la productivité de nouveaux espace de
- 24:22de valorisation au-delà de la seule
- 24:24sphère productive. C'est à cette seule
- 24:27condition qu'on peut comprendre le défi
- 24:30posé par les déserts des réseaux.
- 24:32Soit-il des déserts de services publics,
- 24:34des déserts médicaux, des déserts
- 24:36alimentaires ou encore des déserts
- 24:37ferroviaires.
- 24:39La deuxième conséquence est la désertion
- 24:42des campagnes.
- 24:44La proportion de la population vivant en
- 24:46ruralité a été divisée par 2 depuis 1958
- 24:50et pour cause, le monde agricole s'est
- 24:52effondré et on ne compte que 64 emplois
- 24:55pour 100 travailleurs en ruralité.
- 24:58Rester, c'est parcourir des dizaines de
- 25:00kilomètres tous les jours pour se rendre
- 25:02à son lieu de travail chez le médecin,
- 25:05au supermarché pour tout. Rester en
- 25:08somme, c'est la dépendance extrême au
- 25:10réseau et au prix du pétrole fluctuant.
- 25:14La Nouvelle-Fance, c'est aussi la France
- 25:16de ses compagnes qui à rebour de
- 25:19certains discours politiques, ne sont ni
- 25:21un bloc homogène ni un monde figé dans
- 25:24le passé.
- 25:27Non. Tous les ruraux ne sont pas
- 25:29chasseurs. À vrai dire, plus de trs des
- 25:31plus 3/4 des chasseurs en France vivent
- 25:34en zones urbaine. Non, les ruraux ne
- 25:36sont pas non plus des climatosceptiques.
- 25:38Ils sont d'ailleurs plus inquiets du
- 25:40réchauffement climatique que la moyenne
- 25:41nationale et préconise plus que les
- 25:43autres des mesures écologiques. Et non,
- 25:46les ruraux ne sont pas des bruts
- 25:48insensibles à la culture et aux arts.
- 25:51L'intérêt pour les activités culturelles
- 25:52est au même niveau pour les jeunes
- 25:54ruraux, les jeunes périurbains et les
- 25:56jeunes citadins. Mais politique de
- 25:59l'abandon oblige, ils y ont moins accès
- 26:01que les autres.
- 26:03La Nouvelle-Fance, c'est celle qui ne se
- 26:05confond pas avec sa capitale et ses
- 26:07métropoles. C'est celle qui ne toise pas
- 26:10ses ruraux ni ne joue les
- 26:12compatissantes. La Nouvelle-France,
- 26:14c'est aussi la leure.
- 26:16La Nouvelle-France, et vous le savez
- 26:18déjà, c'est aussi celle des racisés, des
- 26:20ultramarins, des immigrés et de leurs
- 26:22descendants.
- 26:23Mais je précise d'emblé qu'elle n'est
- 26:25pas une une éème liturgie d'antiracisme
- 26:28moral ou une rhtorique de ripost contre
- 26:30l'extrême droite. Le racisme n'étant
- 26:33évidemment pas l'apanage de cette
- 26:35dernière. La Nouvelle-France ne vise pas
- 26:37à inclure ou pour le dire plus
- 26:39grossièrement intégré les racisés dans
- 26:42le corps social. Elle dit qu'ils sont le
- 26:45corps social tout autant que les autres.
- 26:48Elle ne prétend pas faire émerger des
- 26:50dirigeants capables de les comprendre et
- 26:52de les entendre. Elle acte que ce seront
- 26:55eux aussi les dirigeants. Les effets de
- 26:58mise les efforts de mise à distance des
- 27:00populations racisées avec la politique
- 27:02notamment institutionnelle et son
- 27:04potentiel transformateur se heurte à son
- 27:06mur et c'est bien cela qui effrait nos
- 27:09adversaires politiques.
- 27:12Alors je conclai en disant que la
- 27:14Nouvelle-Fance est aussi celle du
- 27:16précarat.
- 27:18À la fin des années 50, la norme de
- 27:20référence est celle de l'emploi salarié
- 27:22stable avec un statut et une
- 27:24rémunération fixe et collective reposant
- 27:27sur des grilles de classification.
- 27:29Cette norme nous fait aujourd'hui les
- 27:31faits d'un mirage lointain parce que les
- 27:34contrats précaires ont été multipliés
- 27:36par 2 au cours des 40 dernières années
- 27:38et concernent plus de la moitié des
- 27:40travailleurs de moins de 25 ans. Les CDD
- 27:43se sont de plus en plus courts et de
- 27:45plus en plus nombreux. Le nombre
- 27:47d'agences d'intérim a été multiplié par
- 27:492 depuis 1956 par 20 pardon depuis 1956
- 27:53et le temps partiel a plus que doublé.
- 27:56Aujourd'hui, une entreprise sur deux à
- 27:58recours ou réalise la sous-traitance et
- 28:02le statut d'indépendant n'en a que le
- 28:04n'en a souvent que le nom. Le 5è d'entre
- 28:06eux étant dépendant d'une autre entité
- 28:08économique et pourtant la société est
- 28:11plus éduquée que jamais parce que le
- 28:14capitalisme est bon élève. Il a appris
- 28:17des mobilisations sociales et des
- 28:19solidarités entre travailleurs et sa
- 28:21réponse ne s'est pas fait attendre.
- 28:23L'atomisation du monde du travail. Les
- 28:26diplômes ne garantissent plus l'emploi.
- 28:28Le droit social s'érode et se
- 28:30particularise et le CDI ne protège plus.
- 28:34Nous sommes entrés dans l'air et dans la
- 28:37société de l'insécurité économique où le
- 28:40précaria et sa menace sont devenus des
- 28:42modes de gestion et les travailleurs des
- 28:45entrepreneurs de soi sommet de performer
- 28:48en continue.
- 28:50La classe ouvrière aux intérêts
- 28:53économiques manifestement convergents a
- 28:56cédé la place à une myiade de monde
- 28:58populaire structurellement cloisonné et
- 29:00hétérogène. C'est l'air de
- 29:02l'individualisme exacerbé.
- 29:05Mais paradoxalement,
- 29:07cet individualisme est notre condition
- 29:10commune et là se loge un interstice
- 29:13qu'il nous faut exploiter, que nous
- 29:15devons élargir pour en faire le socle de
- 29:17notre base, de notre bloc de rupture.
- 29:21Cette communauté d'expérience doit
- 29:23trouver sa traduction politique pas
- 29:26seulement au nom des intérêts immédiats,
- 29:27mais aussi et surtout par l'instauration
- 29:31d'un clivage horizontal entre eux et
- 29:34nous. entre la classe possédante,
- 29:36raciste, sexiste et suprémiste et la
- 29:39Nouvelle-Fance.
- 29:41Nous devons faire voler en éclat
- 29:43l'illusion de la fatalité et dévoiler la
- 29:46conflictualité de la société.
- 29:49Par conséquent, la Nouvelle-France ne
- 29:51peut être le fait d'un seul groupe. Elle
- 29:54doit être l'image mobilisatrice qui fait
- 29:57l'alliance entre différents groupes
- 29:58sociaux en condensant les attentes
- 30:01qu'ils portent et les aspirations
- 30:03communes pour organiser leur volonté
- 30:05collective. Ce n'est qu'à cette
- 30:08condition que la Nouvelle-Fance en soi
- 30:10peut devenir une Nouvelle France pour
- 30:12soi. Merci.
- 30:18Merci, merci.
- 30:21Merci.
- 30:26Je veux juste saluer l'Union étudiante
- 30:28ex-Marseille autisamment et Laurent
- 30:32voilà qui m'ont offert ce magnifique
- 30:34sticker. Et nous poursuivons avec
- 30:37Françoise Verges avec une question.
- 30:40Quelles sont les frontières de la
- 30:42Nouvelle-Fance ? À toi Françoise. Merci.
- 30:51Merci. Comme je suis Ça marche. Oui.
- 30:56Comme je suis consciente du temps et
- 30:58qu'il y a encore une plaignière après
- 30:59nous et que je vais laisser aussi à
- 31:01Sabrina le temps, je vais essayer d'être
- 31:03assez synthétique. Nous ne sommes plus
- 31:05qu'à quelques mois du premier tour des
- 31:07présidentiels. Quelques mois donc pour
- 31:08préparer la victoire, pour donner envie
- 31:11de la victoire, pour donner envie d'une
- 31:12nouvelle France. J'ai proposé de parler
- 31:15des frontières de cet espace dont je
- 31:17comprends bien que pour la France
- 31:18insoumise et nous a très bien expliqué
- 31:21ce qui était ce que celle a signifié que
- 31:24cette notion décrit de nouvelles
- 31:25configurations sociales et culturelles.
- 31:27La condition humaine des femmes,
- 31:28l'organisation de la famille, la
- 31:30jeunesse, la transformation des centres
- 31:31urbains. Un constat tout à fait justifié
- 31:34mais aussi une France des filles
- 31:36d'immigration brassée par la
- 31:37créolisation pour reprendre les mots de
- 31:39Jean-Lique Mélenchon sur son blog.
- 31:42Je pense alors aux questions suivantes.
- 31:44Quelles sont les frontières physiques et
- 31:45psychiques, culturell et sociales de
- 31:47cette Nouvelle-Fance ? Quelle sera sa
- 31:49politique d'accueil ? À qui faut-il
- 31:51interdire de franchir la frontière ?
- 31:53Faut-il l'interdire au Nétanaou, au
- 31:55Trump et à leurs acolytes ? Doivent-ils
- 31:58être autorisés à entrer ? Les demandes
- 32:00de visa seront-elles facilitées pour les
- 32:02étudiants, les chercheurs et les
- 32:03artistes du sud global, les occidentaux
- 32:05n'ayant pas besoin de visa ? L'accès au
- 32:08permis de résidence sera-t-il facilité ?
- 32:10L'accès à la propriété sera-t-il régulé
- 32:12afin de faire obstacle à l'achat de
- 32:13terre, de port, de dizaines
- 32:14d'appartements par des milliardaires ?
- 32:17Comment seront réguler les migrations de
- 32:18France et de France vers les outres
- 32:20mères que certains là-bas voient comme
- 32:22une reconisation ? Je voudrais ici me
- 32:24concentrer sur trois trois points
- 32:27auxquels je n'attends pas de réponse
- 32:28immédiate. L'urgence dans les mois qui
- 32:30viennent étant, je l'ai dit, de préparer
- 32:32la victoire mais aussi d'organiser dans
- 32:34la perspective d'une victoire le moment
- 32:36d'après quand le bloc bourgeois va se
- 32:38déchaîner pour faire échouer un
- 32:39mouvement de gauche de rupture. Cette
- 32:41préparation de la prè n'attend pas les
- 32:43lendemains de la victoire. Elle
- 32:45réfléchit déjà aujourd'hui à des
- 32:46solutions, examine ce qui a été fait
- 32:48pour surmonter les écueils. Comme je
- 32:50vais parler des outresemères, vous allez
- 32:52sans doute vous dire que je suis comme
- 32:53la vieille cousine qui dans les repas de
- 32:55famille revient sans cesse sur la même
- 32:56histoire. Soit on l'écoute avec
- 32:58patience, soit on attend que ça passe en
- 33:00se regardant en levant les yeux au ciel.
- 33:02Bon, vous pouvez donc lever les yeux au
- 33:03ciel quand ça vous chante.
- 33:11Premier point, les frontières de la
- 33:12France fill des migration brassées par
- 33:14la créalisation sont donc celles de la
- 33:16France hexagonale avec ses quartiers
- 33:18populaires et ses régions. Un territoire
- 33:20donc contenu dans l'espace politique et
- 33:22géographique européen. Car dans les
- 33:24outres mères de la colonisation
- 33:25esclavagiste comme de la colonisation
- 33:27post-esclavagiste, les migrations ont
- 33:29été des migrations forcées,
- 33:31l'organisation de déportation. Sur ces
- 33:33terres, les processus de créolisation
- 33:35étaient des réponses à la violence au
- 33:37fait d'avoir été jeté en esclavage, donc
- 33:39par force sur une terre. Aucun retour
- 33:42n'était alors possible. Je ne suis pas
- 33:44sûr non plus que des peuples natifs
- 33:46comme les Polynésiens, les Canaques ou
- 33:48les Amérindiens de Guyane ou bien ceux
- 33:50qui se sont constitués en s'enfuyant de
- 33:51la plantation et en constituant des
- 33:53communautés entièrement autonomes comme
- 33:55les Bchenengués de Guyane
- 33:57s'identifieraient à ces processus.
- 34:00Que cette nouvelle France s'ouvre aux
- 34:01communautés issues d' migration de la
- 34:02seconde moitié du 20e siècle, je n'y
- 34:04vois aucun problème. En revanche, quelle
- 34:06place y auront les peuples des
- 34:08outresemers ? Comment seront
- 34:10catastrophiés des frontières à 20000,
- 34:129000, 6000 km de la France ? Je me doute
- 34:15bien qu'il ne s'agit pas de revenir aux
- 34:16cartes de la plus grande France où les
- 34:18colonies étaient coloriées en rose. De
- 34:21même, pourtant, on ne peut pas appliquer
- 34:22les contours des transformations
- 34:24sociales profondes, la condition des
- 34:26femmes, les nouvelles normes sociales,
- 34:28les nouvelles conceptions de la jeunesse
- 34:29aux outres mères. Et même quand on parle
- 34:32avec justesse de relations coloniales
- 34:33dans les quartiers populaires, il faut
- 34:35être sans doute plus précis car si on
- 34:37constate des politiques similaires
- 34:38d'islamophobie, de négrophobie, de
- 34:40violence policière, d'abandon des
- 34:42services publics, il faut aussi intégrer
- 34:43une analyse économique qui ne se réduit
- 34:45pas à des discriminations. Ce sont
- 34:47encore en majorité des sociétés
- 34:49paysanes, des terres qui s'oblissent de
- 34:51plein fouet le désastre climatique et
- 34:54les décisions économiques de l'État
- 34:56français et de la communauté européenne.
- 34:59Il faut aussi sans doute penser dans
- 35:01cette Nouvelle- France les identités
- 35:03régionales et aussi les entirités
- 35:06religieuses, islam, hindouisme,
- 35:08bouddhisme, spiritualité afroamalgache
- 35:10et afrocaribéenne.
- 35:12Et si une alliance entre quartier
- 35:13populaire, indigène de France et des
- 35:14autres mers sur une base
- 35:15anti-impérialiste, anticolonialiste et
- 35:18anticapitaliste est possible car elle
- 35:19est déjà existée, elle peut encore
- 35:21exister, c'est sans doute ces contours
- 35:23qu'il faut examiner.
- 35:25Second point, la réalisation d'une
- 35:26France nouvelle, d'une France
- 35:27d'immigration n'entraînant ne pourra
- 35:30qu'entraîner une rupture radicale avec
- 35:32les politiques européenne.
- 35:34Car si elle ne reste pas une métaphore,
- 35:36elle est en train de facter une rupture
- 35:38avec les politiques, avec Frontex, cette
- 35:40agence créée en 2004 qui a transformé
- 35:42les frontières maritimes de l'Europe en
- 35:43macabre paysage de mort, qui est
- 35:45responsable de milieu de morts non
- 35:47seulement dans les mères européennes
- 35:48mais aussi de l'occent indien et des
- 35:50Alpes. une rupture avec le pacte
- 35:52européen sur la migration et l'asile de
- 35:542024 qui a renforcé le projet d'une
- 35:56Europe forterce et l'externalisation des
- 35:59politiques migratoire avec la signature
- 36:01de nombreux accords entre les pays
- 36:02membres de l'Union européenne et sur la
- 36:04notion de pays tiers.
- 36:07La France fille d'immigration ne peut
- 36:09que désobéir à la directive return votée
- 36:11au Parlement européen le mois dernier et
- 36:13qui impose de nouvelles règles
- 36:15permettant aux États membres de détenir
- 36:16des migrants jusqu'à 24 mois et de créer
- 36:19un cadre pour les centres de retour dans
- 36:21des pays tiers qui se seront portés
- 36:23volontaires. C'est une directive qui
- 36:25autorise les fouilles corporelles des
- 36:27biens et des logements, l'obligation de
- 36:29rester joignable pendant la procédure,
- 36:31l'enregistrement de données
- 36:32biométriques, l'assination à résistance
- 36:35et l'obligation de venir régulièrement
- 36:36se faire enregistrer. Ce vote a été
- 36:39salué par tous les députés de droite et
- 36:40d'extrême droite se levant pour chanter
- 36:42Saint-Dambark Saintamb. Il n'est que le
- 36:45début d'un changement de paradigme, a
- 36:47déclaré Marian Maréchal Le Pen. Il faut
- 36:50ici signaler le rôle fondamental du
- 36:51féminisme libéral civilisationnel et du
- 36:53féminisme d'extrême droite dans la
- 36:55construction de cette Europe forteresse.
- 36:58Depuis des décennies, il contribue à
- 36:59reconfigurer les frontières en ligne de
- 37:01protection de la femme blanche des
- 37:03hommes racisés. Une ligne de front qui
- 37:05repousse les hommes indigènes qui
- 37:07n'auraient comme désir que de violer la
- 37:08femme blanche. Les hommes indigènes
- 37:10deviennent alors une menace contre le
- 37:12corps féminin national, contre un corps
- 37:14racialisé blanc, seul autorisé à
- 37:16enfanter, car la frontière coloniale
- 37:18raciale demande un contrôle sur le
- 37:19ventre des femmes. Porteur d'un sang
- 37:22impur, les hommes indigènes doivent d'un
- 37:24être refoulé, condamnés à la mort par le
- 37:26froid, la noyade, la faim et les coups
- 37:28des gendarmes. Ces féministes sont des
- 37:30alliés fondamentals de la suprématie
- 37:32blanche et de ses frontières. Elle
- 37:34ressexualise le corps de la nation. Elle
- 37:36demande qu'une femme requière la
- 37:38protection de la police, du tribunal et
- 37:40de la prison. Une femme blanche. Les
- 37:43vies d' migrants et des réfugiés sont
- 37:44sacrifiés sans merci. Généralement avec
- 37:47un mépris impitoyable, occasionnellement
- 37:49avec une hypocrisie moralisatrice pour
- 37:51répondre aux intérêts de l'institution
- 37:53d'une nouvelle Europe encerclé de
- 37:55frontières toujours plus militarisé et
- 37:57sécurisé. On ne peut pas accueillir
- 37:59toute la misère du monde, disait Michel
- 38:01Reocard en ajoutant "Il faut en prendre
- 38:03notre part. Mais qui mesure cette part ?
- 38:06Quel est le seuil à partir duquel on
- 38:07estime cette part remplie
- 38:09Dans post-colonial Mélancolia, Paul
- 38:11Guerroy écrivait à propos du racisme en
- 38:13Angleterre et je pense que cette
- 38:14remarque s'applique aussi à la France
- 38:16que je cite "La politique de la race a
- 38:18été notamment dominée par la combinaison
- 38:20de la mélancolie post-impérialiste avec
- 38:22plusieurs versions de la parole raciale.
- 38:25Ce mélange instable a identifié les
- 38:27problèmes sociaux et politiques incarnés
- 38:29dans la présence envahissante des
- 38:30immigrants et de leurs parentés comme
- 38:31une intrusion, un coin extraterrestre
- 38:34qui a atteint le corps d'une nation sans
- 38:35méfiance. 3è point, comment finir avec
- 38:39la naturalisation des courants
- 38:40migratoires de la France vers les outres
- 38:42mères ? La frontière intérieure, mobile
- 38:45dans le temps et l'espace répond à deux
- 38:46objectifs souvent concomitants. Le
- 38:49premier consiste à faire coïncider les
- 38:50limites administratives d'un état avec
- 38:52celle de sa maîtrise et de sa mise en
- 38:54valeur spatiale effective. Dans le
- 38:56second cas, il s'agit de décharger
- 38:57d'autres espaces de pression
- 38:59essentiellement démographiques, des
- 39:00espaces considérés comme neufs, pourtant
- 39:03peuplé et qui sont devrai être valorisés
- 39:06économiquement au détriment de ces
- 39:08populations.
- 39:09Quand on parle migration, on doit donc
- 39:11analyser quand on parle Nouvelle-France
- 39:13les frontières que construisent les
- 39:14courants migratoires qui amènent chaque
- 39:15année des centaines de Français dans les
- 39:17outres mers. Migration qui bouleverse la
- 39:19manière d'habiter et de vivre. Tous ces
- 39:21retraités en Kan dans les Antilles à la
- 39:23Réunion, les jeunes entrepreneurs, les
- 39:25jeunes enquêtes d'une vie différente
- 39:27qu'en France un peu plus exotique, les
- 39:29familles de fonctionnaires, toutes ces
- 39:31les fonctionnaires qui comme vous le
- 39:33savez reçoivent un sursalaire dans tous
- 39:35ces outresem sursalaires que reçoivent
- 39:37aussi les fonctionnaires locaux mais qui
- 39:39transforment profondément l'économie.
- 39:41desmigration qui entraîne aussi une
- 39:43recolisation des déséquilibres
- 39:45démographiques et on l'envoie de nouveau
- 39:47des colons des expates réclamer
- 39:49l'égalité autrement dit exigé d'être
- 39:51partie prenante de décisions sur
- 39:53l'avenir de ces terres
- 39:55outre la nécessité le de l'avènement
- 39:57d'un nouveau français débarrasser du
- 39:59contrat racial pour que de
- 40:01Nouvelle-Fance se réalise pleinement ce
- 40:03que Oria a éloquement développé hier la
- 40:06Nouvelle-Fance doit rendre impossible
- 40:08l'existence des oreilles c'est-à-dire le
- 40:10blanc de France France comme on
- 40:11l'appelle en Kanaki et à la Réunion
- 40:13ouunz ce mot comorien pour désigner le
- 40:16blanc et qu'on utilise à Mayote et donc
- 40:18d'abolir la relation coloniale raciale
- 40:20qui fait de n'importe quel français même
- 40:22de gauche un Zoray un Mzumzu.
- 40:25Quelle que soit sa bonne volonté, son
- 40:26désir d'apprendre les langues, son amour
- 40:28pour la culture locale,
- 40:30c'est elle signale la force d'une
- 40:32pulsion coloniale ancrée dans les
- 40:33mentalités. La relation coloniale
- 40:35raciale n'appartient pas au passé. Et si
- 40:38on reconnaît avec difficulté qu'elle
- 40:40existe dans les quartiers populaires, on
- 40:42constate que dans les autres mères, ce
- 40:43constat est aujourd'hui difficile à
- 40:45admettre. C'est comme si l'existence
- 40:47d'un racisme politique finalement admis
- 40:48en France, d'un antiracisme politique,
- 40:51pardon, ne pouvait l'être dans les
- 40:52autres mères. Il ne s'agit pas ici
- 40:54encore une fois d'opposer les quartiers
- 40:55populaires aux outres mères, mais
- 40:57d'analyser comment le recul de
- 40:58l'anti-impérialisme a des conséquences
- 41:00concrètes sur les luttes. À la Réunion,
- 41:03par exemple, le mois dernier, une
- 41:04tribune sur le privilège oreilles a
- 41:06déclenché de vives réactions. Parmi les
- 41:09oreilles, beaucoup de protestations
- 41:11contre une accusation qu'ils estimaient
- 41:12injuste. Ils n'ont qu'à accep ils
- 41:15n'avaient fait qu'accepter un
- 41:16recrutement. Ils n'étaient pas
- 41:17responsable du passé. Ils viennent parce
- 41:19qu'aucun rayonna n'a leur expertise,
- 41:21soit en portant l'accusation de racisme
- 41:23en toutanc, antiblanc, en signalant
- 41:25l'existence de réunionnés plus riche que
- 41:26des oreilles ou en défendant, disent-il,
- 41:28une politique d'intégration, une demande
- 41:30à l'envers de l'intégration réclamée aux
- 41:32migrants et à leurs descendants en
- 41:33France. D'une part, au vu de la relation
- 41:36profondément asymétrique entre la France
- 41:38et ses territoires, cette intégration
- 41:40n'est que le nom d'une colonisation
- 41:41soft. D'autre part, l'intégration ne
- 41:44résoudra pas une relation coloniale
- 41:45raciale. Au contraire, elle en
- 41:47augmentera les asymétries. Du côté des
- 41:50réonnés, certains ont craint la
- 41:51division, l'atteinte au vivre ensemble.
- 41:53Mais face à ses peurs, à ses refus, le
- 41:55soulagement de voir enfin nommer un
- 41:57privilège pour revenir à une analyse
- 41:58critique du capitalisme coroncial et des
- 42:02impasses de la départementalisation ou
- 42:03du statut de régionalisation à travers
- 42:06un retour au mémoire des luttes pour une
- 42:07autonomie démocratique et populaire où
- 42:09l'indépendance est bienvenue.
- 42:12Les Orels et Mumzu refusent de
- 42:14comprendre ce qu'est les colonisations
- 42:16et quand ils reconnaissent un retard
- 42:17économique, il l'attribu au passé et non
- 42:19à la situation actuelle, c'est-à-dire la
- 42:21dépendance, aux décisions d'un pays
- 42:23capitaliste, impérial et riche, la
- 42:26France et à l'Europe.
- 42:28Il nous nous per il nous perçoit alors
- 42:29que nous ils font de nous pardon alors
- 42:33qu'ils font de nous un arbre dont il
- 42:35coupe constamment les branches dont il
- 42:37criminalise l'arrosage et les soins et
- 42:41il s'étonne ensuite mais pourquoi cet
- 42:42arbre ne fleurit pas pourquoi ne
- 42:44donne-il pas de fruits mais parce que
- 42:47tout cela est entravé la situation est
- 42:50grave très grave la ruine des classes
- 42:53paysanes dans ces terres la
- 42:54recolonisation de désastes climatiques
- 42:56ne font qu'aggraver la situation
- 42:58les révoltes réprimées, l'application
- 43:00régulière du couvre-feu, la prison comme
- 43:02réponse au chômage, mais aussi ce que
- 43:04les gos africain-américains ont connu,
- 43:07le narcoapitalisme comme arme de
- 43:09destruction de la jeunesse. En effet,
- 43:12après le bimin la drogue et la guerre
- 43:14qui est menée contre la jeunesse dans
- 43:15ces territoires.
- 43:17Or, nous ne voulons plus négocier la
- 43:18longueur de la chaîne qui nous attache.
- 43:20Nous voulons la briser.
- 43:23Troisème point est final, comment mettre
- 43:24fin au sentiment historiquement ancré
- 43:26que la République apporte le progrès et
- 43:28le bien ? Autrement dit, accepter
- 43:30peut-être une mutilation du corps
- 43:31national qui n'a rien de naturel, on le
- 43:34sait. La République a été coloniale.
- 43:36C'est la 3è République qui a construit
- 43:37l'empire colonial post-clavagiste. C'est
- 43:40la 4e et la 5e qui ont mené des guerres
- 43:41contre les guerres de libération.
- 43:44L'attachement aux colonies a été bien
- 43:45souvent bien plus fort que l'attachement
- 43:47au principe. Foulant au pied la formule
- 43:49de Robespèpierre périssent les colonies
- 43:51plutôt qu'un principe. La difficulté de
- 43:53renoncer à un espace ancré dans la
- 43:55psychée nationale est à considérer.
- 43:58L'idée d'une plus grande France n'est
- 43:59pas seulement fasciste ou réactionnaire,
- 44:01elle est aussi républicaine. Elle a fait
- 44:02rêver. Elle a nourri l'imagination de
- 44:04génération et d'enfants et d'adultes.
- 44:06Elle a offert l'idée d'une société
- 44:08généreuse et accueillante qui
- 44:09distinguerait la France de l'Angleterre
- 44:10et des États-Unis. ce qui n'a pas été
- 44:12toujours tout à fait faux, mais pas non
- 44:14plus tout à fait vrai. Le corps national
- 44:17subirait une amputation traumatique si
- 44:19les autres mères décidaient de se
- 44:20détacher de la République. La France ne
- 44:22serait plus qu'un tout petit pays. Et si
- 44:24sa présence sur cette terre devient un
- 44:26sujet de négociation, si les richesses
- 44:28extraites ne vont plus automatiquement à
- 44:30la France, si les frontières de la
- 44:32France serracissent, alors il faudra
- 44:34réimaginer une autre idée de la
- 44:36République. finir avec le sentiment que
- 44:39la gauche française apporte ce qu'il y a
- 44:41de meilleur.
- 44:44Je Quelles idées, quelle théorie de
- 44:46libération aussi ont été développées
- 44:48dans les outres mers qui pourraient
- 44:49apporter quelque chose à cette idée de
- 44:51Nouvelle-Fance de la gauche de rupture ?
- 44:54Comment la France insoumise va-t-elle
- 44:55surmonter le sentiment de trahison que
- 44:57les quartiers populaires les outresem
- 44:59éprouvent ? Comment va-t-elle surmonter
- 45:01les frroids que provoque la possibilité
- 45:03d'une séparation d'c les autres mèes
- 45:05d'une nouvelle-Fance qui ne pourra plus
- 45:07s'imaginer avec le Pacifique, les
- 45:08Caraïbes et l'Oyan Indien ? l'espace
- 45:11d'une République, je le répète, qui
- 45:12s'est construite avec les colonies avec
- 45:14l'idée d'une mission civilisatrice bonne
- 45:16et généreuse et qui aujourd'hui serait
- 45:19par miracle libéré de ces scories
- 45:20coloniales raciales.
- 45:23Au début des années 1910, Lénine évoqué
- 45:25pour s'en féliciter, je le cite, la
- 45:27transmigration des peuples créée par le
- 45:28capitalisme. Si le leader communiste
- 45:31convenait volontiers du fait que le
- 45:33capitalistes exploitent de la façon la
- 45:34plus htée les travailleurs immigrés, il
- 45:36estimait que seuls les réactionnaires
- 45:38pouvaient s'en offusquer tant celle-ci
- 45:40brouillant les cadres étroits et
- 45:42chauvins contribuèr à assembler les
- 45:44ouvriers du monde entier dans une
- 45:46perspective à terme révolutionnaire.
- 45:48Une perspective révolutionnaire,
- 45:49c'est-à-dire cet horizon que nous
- 45:51n'abandonnons pas où la frontière n'est
- 45:53plus un front au sens militaire mais un
- 45:55espace toujours renégocié et mouvant.
- 45:59Une nouvelle France qui se décolonise,
- 46:01une nouvelle France décoloniale. Merci
- 46:20beaucoup à Françoise Vergess. Je
- 46:22voudrais saluer très rapidement le le
- 46:24collectif Sud Global. C'est euh voilà un
- 46:27collectif suisse militant très très très
- 46:31actif, très sympathique,
- 46:33très efficace là-bas en Suisse. Donc
- 46:36vraiment merci d'être là et force à vous
- 46:39vous et merci Ouais, merci vraiment
- 46:41d'être là et on enchaîne immédiatement
- 46:44avec Sabrina Waz,
- 46:48militant d'antiraciste. Et donc toi, ton
- 46:51intervention s'intitule la France
- 46:53éternelle.
- 46:55La France de Clovis, quoi, c'est ça. Ah,
- 46:58on va voir. Pasop,
- 46:59d'accord. Non, mais je pose des
- 47:00questions contre la la Nouvelle-France.
- 47:03Info dilemme. Sabrina vous répond.
- 47:07Merci.
- 47:09Bonsoir déjà à tous et puis aussi
- 47:11bonsoir à ceux qui nous écoutent bah en
- 47:13live sur sur Twitch et sur YouTube,
- 47:14hein, qui ont regardé parfois tout le
- 47:16weekend bien studieusement. Donc, on
- 47:19leur passe un un bon salam.
- 47:22Donc oui, tu as dit le nombre
- 47:23d'intervention Samir. La France
- 47:25éternelle contre la Nouvelle-Fance. Un
- 47:27faux dilemme. Vous m'entendez bien ?
- 47:31Moi, j'ai l'impression que vous
- 47:31m'entendez pas. On peut monter le micro
- 47:34? En fait, j'ai je sors d'un rhum post
- 47:36canicule.
- 47:40OK, je vais essayer. Je vais essayer.
- 47:43Lors de son meeting à Saint-Denis,
- 47:45Mélenchon déclare avoir lancé cette
- 47:47formule Nouvelle-Fance comme on agite un
- 47:49chiffon rouge et l'avoir fait en toute
- 47:52conscience que ça allait faire réagir
- 47:53les obsédés de la race. De ce point de
- 47:56vue, l'opération a parfaitement
- 47:58fonctionné. Peu de formules politiques
- 48:01suscitent autant de commentaires.
- 48:03Des réactions d'abord à l'extrême droite
- 48:05dont la nation et le nationalisme sont
- 48:08les terrains historiques. La gauche de
- 48:10rupture arrive avec un nouveau concept,
- 48:13un concept qui ne rejette pas la nation
- 48:15mais qui choisit plutôt d'en disputer la
- 48:17définition.
- 48:19La Nouvelle-Fance est là et elle
- 48:21viendrait grand remplacer la France
- 48:22éternelle. Et même si du côté de la FI
- 48:25on explique que cette Nouvelle France
- 48:27est celle de toutes les transformations
- 48:29sociales depuis l'avèement de la 5e
- 48:31République, c'est bien parce que cette
- 48:33Nouvelle France touche un nœud sensible
- 48:35qu'elle fait autant parler. Elle touche
- 48:37l'articulation entre la race et la
- 48:39nation.
- 48:41Chez les centristes aussi, l'occasion
- 48:43est trop belle. Olivier Fort a déclaré
- 48:47il y a quelques jours, Jean-Luc
- 48:48Mélenchon rentre sur un terrain qui est
- 48:51précisément celui de l'extrême droite.
- 48:54Gabriel Atal, lui affirme que la
- 48:56Nouvelle-Fance exclut une partie de la
- 48:58population française. Assez ironique
- 49:01quand on sait que la loi ABA, c'est lui.
- 49:04Il y a donc ici un opportunisme à
- 49:06plusieurs visages mais avec un seul
- 49:08objectif, affaiblir la FI
- 49:11dans le ch de dans le champ de la gauche
- 49:13révolutionnaire. La formule met à
- 49:15minimum mal à l'aise. On peut prendre
- 49:17pour exemple Philippe Poutou du NPA.
- 49:20Quand on interroge Philippe à propos de
- 49:21la Nouvelle-Fance, il répond "Tout ce
- 49:24qui tourne autour du nationalisme et du
- 49:26souverainisme, évidemment que ça pose
- 49:28problème." Il explique qu'il rejette en
- 49:31bloc ce concept de Nouvelle-France qui
- 49:33selon lui se résume se résume, je cite,
- 49:36"Ce n'est pas la France comme la droite,
- 49:38mais c'est la France quand même." Pour
- 49:40le NPA, le problème de la
- 49:42Nouvelle-France, c'est qu'elle parle
- 49:43encore de la France. Je tiens quand même
- 49:46à préciser que cette semaine le NPA de
- 49:49Philippeou a annoncé qu'il ne mettrait
- 49:53pas de candidat aux élections
- 49:55présidentielles et qui pour soutenir
- 49:57Jean-Luc Mélenchon. Donc on salue quand
- 49:58même cette décision et le sens des
- 50:01responsabilités de ces militants.
- 50:05Important. Donc revenons à la
- 50:07Nouvelle-France.
- 50:09Il faut être honnête, ce n'est pas une
- 50:10grande surprise si cette formule choisie
- 50:12par l'AFI fait autant parler à gauche
- 50:14comme à droite. Elle introduit la
- 50:16question nationale quand le centre
- 50:18préfère parler de citoyenneté ou
- 50:20d'universalisme. Quant à la gauche
- 50:22révolutionnaire, elle préfère parler de
- 50:24classe et d'internationalisme souvent
- 50:26abstraitement.
- 50:28Il y a peut-être là une chance pour la
- 50:30FI car ce qui est frappant, ce n'est pas
- 50:33seulement que cette formule fasse débat
- 50:35dans le champ politique, c'est qu'elle
- 50:37ait rencontré une adhésion populaire
- 50:39forte. Il y a quelque chose dans cette
- 50:41formule qui semble avoir été
- 50:44spontanément compris par une partie du
- 50:46peuple.
- 50:48Moi-même, quand j'ai vu s'installer la
- 50:50Nouvelle-Fance, j'ai certes ressenti une
- 50:52ambivalence, mais je me suis quand même
- 50:54sentie contente d'en être.
- 50:57Et je crois que c'est parce que pour
- 50:58beaucoup d'indigènes, de noirs,
- 50:59d'arabes, de musulmans, cette formule
- 51:02c'est une respiration.
- 51:04Elle permet de dire une expérience qui
- 51:06reste souvent sans langage aimer ce
- 51:09pays, tout en étant régulièrement
- 51:11renvoyé à son extériorité.
- 51:14Et surtout, cette Nouvelle-Fance ne
- 51:16demande pas de choisir entre
- 51:18l'attachement à son pays et la
- 51:20conscience du racisme. Elle affirme même
- 51:22que ces deux expériences cohabitent.
- 51:25Elle permet d'ouvrir une brèche dans le
- 51:26roman national et c'est une des forces
- 51:29de ce concept, ne pas avoir inventé une
- 51:32réalité mais avoir donné un langage à
- 51:34une expérience populaire qui existait
- 51:36déjà.
- 51:39Mais la Nouvelle-Fance n'est ni une
- 51:41stratégie ni une issue politique. À
- 51:43partir de là, il ne s'agit pas de
- 51:45s'arrêter à la formule. Il s'agit de
- 51:47prendre au sérieux ce qu'elle nous
- 51:49oblige à penser. Penser quelles
- 51:51conditions politiques il faut construire
- 51:53pour que cette réalité démographique ne
- 51:55soit ni un slogan polémique ni un
- 51:57constat sociologique mais devienne une
- 52:00proposition politique offensive.
- 52:04Et nos ennemis eux ont déjà compris
- 52:06quelque chose même s'ils ne vous diront
- 52:08pas comme ça. La Nouvelle-Fance n'est
- 52:10pas une nouvelle version du Black
- 52:11Blamber. Elle ne dit pas seulement que
- 52:14la France est plus diverse qu'hier. Si
- 52:16cette formule suscite autant de
- 52:18réactions, c'est parce qu'elle contient
- 52:20autre chose, la question du pouvoir. Le
- 52:23modèle de l'antiracisme moral Black
- 52:25Blamber posait une question de
- 52:27représentation qui est visible, qui est
- 52:30reconnue, qui peut enfin apparaître
- 52:32comme français. La Nouvelle-Fance est
- 52:34elle beaucoup plus dangereuse parce
- 52:37qu'elle est l'héritière d'un déplacement
- 52:39qui change tout. le passage d'un
- 52:41antiracisme de la reconnaissance à un
- 52:44anti un antiracisme de la puissance,
- 52:46celui qui pose sur la table la question
- 52:49des rapports de pouvoir. Et ce c'est ce
- 52:51déplacement qui a relié la lutte contre
- 52:53le racisme à l'islamophobie d'État, aux
- 52:56violences racistes institutionnelles, au
- 52:58continuum colonial, à la Palestine, à
- 53:00l'impérialisme
- 53:03et plus généralement au rapport de race
- 53:06qui structure toute notre société et que
- 53:08nous nommons d'après la formule de Rea
- 53:10Boutelja, l'état racial intégral.
- 53:14La Nouvelle-France n'est donc pas
- 53:15seulement la France transformée par
- 53:17l'immigration, elle est la France
- 53:19transformée par plusieurs décennies
- 53:20d'antracisme politique et il faut
- 53:23reconnaître là une victoire.
- 53:25L'antracisme politique a transformé les
- 53:27esprits et la gauche. Il a rendu
- 53:29incontournable des questions autrefois
- 53:31marginales et c'est un acquis
- 53:33considérable.
- 53:35Mais cette victoire ne doit pas nous
- 53:37faire manquer de vigilance. L'antracisme
- 53:40moral n'est pas mort. Il rôde et il
- 53:43conserve une forte capacité
- 53:44d'attraction. Il réapparaît
- 53:46régulièrement dès que la lutte contre le
- 53:49racisme est réduite à une condamnation
- 53:51abstraite de l'extrême droite. Le 21
- 53:54juin dernier, la FI a organisé une
- 53:56marche antiraciste et le mot d'ordre de
- 53:59cette manif était contre le racisme et
- 54:02l'extrême droite.
- 54:04Ce mot d'ordre nous rappelle que la
- 54:06tentation de l'antiracisme moral existe
- 54:08encore. Bien sûr, dire que nous
- 54:11manifestons contre le racisme et contre
- 54:13l'extrême droite, ce n'est pas faux,
- 54:16mais ce n'est pas totalement juste non
- 54:18plus. Et je dirais même qu'après de trop
- 54:21longues années de macronie au pouvoir,
- 54:23ce mot d'ordre a comme un train de
- 54:25retard. Et je ne veux pas paraître trop
- 54:27dur en en faisant cette critique, c'est
- 54:29juste que nous savons que la tentation
- 54:31est grande de neutraliser le potentiel
- 54:34de puissance de la lutte antiraciste et
- 54:36de la ramener à un récit sympathique de
- 54:39diversité, de coexistence apaisée où la
- 54:42cible est l'unique extrême droite. Et
- 54:44notre responsabilité est de préserver ce
- 54:46que l'antiracisme politique a conquis
- 54:49pour être une proposition de
- 54:50transformation sociale.
- 54:59Et pour que cette Nouvelle-Fance soit
- 55:01une proposition de transformation, il y
- 55:03a une autre question essentielle à
- 55:05intégrer, la question des classes
- 55:07populaires blanches. L'une des
- 55:09conditions fondamentales d'une politique
- 55:11de la Nouvelle-France sera sa capacité à
- 55:14apprendre à parler au blanc des classes
- 55:15populaires. Et cela suppose d'abord une
- 55:18chose, ne pas faire les naïfs.
- 55:21Nous savons que cette formule contient
- 55:23une ambiguïté. Le terme même de
- 55:26Nouvelle-Fance peut facilement être
- 55:27entendu comme l'annonce d'une
- 55:28succession. Une France remplacerait une
- 55:31autre. Nous savons que certains peuvent
- 55:33y entendre le récit de leur propre
- 55:35disparition.
- 55:37balayer cette perception d'un revers de
- 55:39main serait une erreur. Non pas parce
- 55:41que cette perception est juste, mais
- 55:44parce qu'elle existe au sein des classes
- 55:45populaires. Et une politique sérieuse
- 55:48commence toujours par des perceptions
- 55:51réelles avant de prétendre les
- 55:53transformer.
- 55:55Si on ne s'adresse pas clairement aux
- 55:57classes populaires blanches, et bien
- 55:58l'extrême droite le fera. C'est déjà ce
- 56:01qu'elle fait depuis 40 ans. Elle ne
- 56:03cesse de transformer des angoisses
- 56:05sociales et économiques en angoisses
- 56:06identitaire. Elle explique aux blancs
- 56:08des classes populaires que leur
- 56:10déclassement ne serait pas la
- 56:11conséquence d'un ordre économique ou
- 56:13politique, mais d'un remplacement
- 56:15historique.
- 56:17Là, certains me diront "Mais enfin, la
- 56:20FI n'a jamais dit que la Nouvelle-France
- 56:22était la disparition des blancs." Et
- 56:24c'est vrai, la FI n'a jamais dit ça.
- 56:27Sauf que la question n'est pas
- 56:28totalement de savoir ce que la FI veut
- 56:30dire, la question est aussi de savoir ce
- 56:33que certains entendent. Et si une partie
- 56:35des classes populaires entend le récit
- 56:37de sa propre disparition, on ne peut pas
- 56:39leur répondre tant pis, ils n'ont rien
- 56:41compris.
- 56:43Déjà, ce serait renoncé à faire de la
- 56:45politique et puis surtout dans une
- 56:47perspective décoloniale, ça n'aurait pas
- 56:49de sens car ces perceptions des classes
- 56:52populaires ne tombent pas du ciel. Elles
- 56:54ne sont pas produites spontanément par
- 56:57des individus isolés. Elles sont le
- 56:59résultat et les manifestations de l'état
- 57:01racial intégral. Ces perceptions sont
- 57:04fabriquées, entretenues et même si nous
- 57:07ne les partageons pas, ce sont les
- 57:09nôtres quand même et on et on doit s'en
- 57:12soucier car le racisme est produit
- 57:14politiquement. Il doit donc être
- 57:16politiquement défait par nous si nous on
- 57:18échoue. Et c'est le sens de la formule
- 57:21que vous connaissez peut-être de Riabut
- 57:22Telja, l'alliance des beaufes et des
- 57:24barbares.
- 57:26Non pas nier le racisme mais partir
- 57:28d'une conviction. Aucune transformation
- 57:30politique majeure ne pourra avoir lieu
- 57:32si les classes populaires demeurent
- 57:34durablement dressées les unes contre les
- 57:37autres.
- 57:39Il y a un autre point de vigilance
- 57:41concernant les classes populaires, ne
- 57:42pas faire de la Nouvelle-Fance le camp
- 57:45du bien. Notre ambition ne peut pas être
- 57:48de remplacer une supériorité identitaire
- 57:51par une supériorité morale. Nous ne
- 57:53voulons pas dire certains se voient en
- 57:56français supérieur par parce qu'ils
- 57:58seraient les vrais Français.
- 57:59Aujourd'hui, les bons Français, c'est
- 58:01nous. La Nouvelle-Fance peut porter une
- 58:04ambition plus grande encore et faire
- 58:06mieux. Et ça ça n'exige pas seulement un
- 58:09programme solide, mais ça suppose une
- 58:11posture politique qui n'est pas celle
- 58:13d'une avant-garde morale qui distingue
- 58:15les plus vertueux des autres.
- 58:19La question de la Nouvelle-Fance,
- 58:25la question de la Nouvelle-France nous
- 58:26oblige à nous poser des questions
- 58:28identitaires. Qui est la France ? Qui
- 58:30fait la France ? Et c'est bien, mais je
- 58:32voudrais vous proposer un déplacement de
- 58:34regard. Je voudrais déplacer la question
- 58:36de l'identité pour ne plus seulement se
- 58:39demander qui nous sommes, mais plutôt de
- 58:42quelle histoire héritons-nous et
- 58:44qu'allons-nous en faire. Ce déplacement
- 58:46est sûrement une très bonne manière de
- 58:48répondre à la question que faire de
- 58:50cette de cette Nouvelle-Fance ? non pas
- 58:53en cherchant une définition
- 58:54supplémentaire de ce que la France
- 58:56pourrait être, mais en se plaçant sur le
- 58:58terrain de la conscience historique.
- 59:01Assumer l'histoire ne signifie pas
- 59:03célébrer tout ce qui nous précède. Cela
- 59:05ne signifie pas non plus condamner en
- 59:07bloc tout héritage. Cela signifie
- 59:10accepter que nous héritons d'une
- 59:12histoire contradictoire faite de
- 59:14révolution, de colonisation,
- 59:15d'émancipation, de massacre parfois
- 59:17presque impensable et de solidarité.
- 59:20La conscience historique ne consiste
- 59:22donc ni à mytifier le passé, ni à rompre
- 59:25avec lui. Elle consiste à assumer que
- 59:28nous sommes les héritiers de cette
- 59:29histoire toute entière et qu'on décide
- 59:32maintenant ce qu'on prolonge et ce qu'on
- 59:34transforme.
- 59:36De ce point de vue, il faut accepter de
- 59:38discuter certaines formulations
- 59:40employées dans notre camp.
- 59:43En mai dernier, Mathilde Panot est est
- 59:46invité à l'accord d'un entretien dans
- 59:47les médias. On l'interroge sur la
- 59:50Nouvelle-Fance
- 59:52et elle dit alors je cite hein
- 59:55l'extrême droite fantasme une France
- 59:57blanche et et chrétienne qui n'a jamais
- 1:00:00existé une France blanche et chrétienne
- 1:00:02qui n'a jamais existé l'intention de
- 1:00:04Mathil Panu est très claire elle veut
- 1:00:07déconstruire le récit identitaire
- 1:00:09construit par l'extrême droite et cette
- 1:00:11intention est parfaitement légitime.
- 1:00:15Mais politiquement cette formulation
- 1:00:16peut produire un contresens. Et nos
- 1:00:19adversaires s'en sont d'ailleurs
- 1:00:20immédiatement donnés à cœur joie pour
- 1:00:22dire regardez la fille veut effacer
- 1:00:25notre histoire.
- 1:00:28Moi Sabrina, je n'ai jamais été ni
- 1:00:32blanche ni chrétienne
- 1:00:35comme vous pouvez l'imaginer.
- 1:00:37Je suis une française musulmane, arabe
- 1:00:40et algérienne et je peux comprendre
- 1:00:42l'attachement à un héritage étant
- 1:00:45moi-même attaché au mien.
- 1:00:48Pour beaucoup de Français des classes
- 1:00:49populaires, les mots blanches et
- 1:00:51chrétiennes ne renvoient pas seulement à
- 1:00:53une catégorie historique, ils évoquent
- 1:00:55aussi l'intime des grands-parents, des
- 1:00:58fêtes de famille, des cimetières où
- 1:01:01reposent leurs proches.
- 1:01:07En entendant les propos de Mathilde Pan
- 1:01:09et lorsque le néolibéralisme vous a déjà
- 1:01:12dépossédé de liens précieux, vous pouvez
- 1:01:14avoir le sentiment qu'on cherche
- 1:01:15désormais à vous retirer votre histoire.
- 1:01:18Or, nous ne gagnerons jamais
- 1:01:19politiquement en humiliant les
- 1:01:21attachements populaires, y compris
- 1:01:23lorsqu'ils prennent la forme d'un
- 1:01:25attachement flou ou ambivalent au
- 1:01:27christianisme. Car notre problème n'est
- 1:01:30pas que des Français entretiennent un
- 1:01:32imaginaire de continuité avec leur
- 1:01:34histoire. Notre problème n'est pas
- 1:01:37qu'ils aient un rapport parfois
- 1:01:39romantique ou romancé à la nation.
- 1:01:43Nous, militants des coloniaux, nous ne
- 1:01:44croyons pas en une France éternelle, pas
- 1:01:47plus que nous ne croyons en une Algérie
- 1:01:49éternelle ou à quelconque identité
- 1:01:53nationale immuable. Mais cela ne
- 1:01:55signifie pas que nous devions mépriser
- 1:01:57le besoin qu'ont les peuples de se
- 1:01:59raconter une histoire commune.
- 1:02:08Toute communauté politique a produit un
- 1:02:11récit. La véritable question n'est donc
- 1:02:13pas de savoir s'il faut un récit. La
- 1:02:15véritable question est de savoir au
- 1:02:17service de quoi est ce récit.
- 1:02:20sert-il à construire ou non et à
- 1:02:22justifier un roman national raciste ?
- 1:02:25Mélenchon a récemment affirmé que la
- 1:02:27question du racisme serait une question
- 1:02:30majeure de la prochaine élection
- 1:02:32présidentielle et je crois qu'ici on
- 1:02:33sera tous d'accord avec ça. Alors, la
- 1:02:35France insoumise a une responsabilité
- 1:02:38particulière, ne pas employer de
- 1:02:40formulations qui permettent à nos
- 1:02:42adversaires de s'engouffrer dans les
- 1:02:44failles déjà profondes du pacte racial
- 1:02:46et de les de les élargir encore
- 1:02:49davantage.
- 1:02:53Alors, l'héritage, l'héritage, notre
- 1:02:56héritage c'est aussi la question des
- 1:02:58ancêtres, de nos ancêtres. Et nous
- 1:03:00n'avons aucun problème avec l'idée de
- 1:03:02revendiquer des ancêtres. La question
- 1:03:04est plutôt comment et pourquoi ? C'est
- 1:03:06d'ailleurs la question que nous avions
- 1:03:08déjà posée il y a un an lors de
- 1:03:10l'université des d'été du QG des
- 1:03:12Colonials, hein. D'ailleurs, j'ai
- 1:03:14reconnu beaucoup de gens qui étaient
- 1:03:16à travers une table ronde le choix des
- 1:03:19ancêtres. Et je vous invite vraiment à
- 1:03:20aller la regarder parce qu'il y a de
- 1:03:21très très belles interventions. C'était
- 1:03:23de toute beauté. Tu te souviens, Samire
- 1:03:25? H
- 1:03:27tu es bah tu étais on y était tous. H
- 1:03:29ouais.
- 1:03:31Alors par rapport aux ancêtres et pour
- 1:03:33être très clair, je vais prendre un
- 1:03:35exemple très concret et qui nous parle à
- 1:03:37tous. Prenons Jeanne Dark. Tout le monde
- 1:03:40connaît Jeanne Dark.
- 1:03:48Au secours !
- 1:03:51Au secours !
- 1:03:56S'il est une figure historique qui
- 1:03:58incarne la France éternelle, c'est bien
- 1:04:00Jean Dark. Depuis depuis plusieurs
- 1:04:03décennies, l'extrême droite en a fait
- 1:04:05l'un de ses principaux symboles.
- 1:04:07Pourtant, cette appropriation est
- 1:04:09elle-même une construction historique
- 1:04:11dans un article intitulé "Vous n'allez
- 1:04:13pas me laisser à Le Pen"
- 1:04:16dans le magazine Nous,
- 1:04:19tu peux le montrer. Donc, article écrit
- 1:04:21par Azi.
- 1:04:24On rappelle que Jean Dark n'a pas
- 1:04:26toujours appartenu à l'extrême droite.
- 1:04:28Au 19e siècle et au début du 20e siècle,
- 1:04:31son héritage était disputé. Pour la
- 1:04:34droite catholique, elle incarnait la
- 1:04:36sainte de la nation. Pour une partie de
- 1:04:38la gauche républicaine, elle était une
- 1:04:40résistante populaire, une figure du
- 1:04:42peuple. En somme, Jean Dark n'est pas
- 1:04:45devenu raciste toute seule. C'est une
- 1:04:48histoire politique qu'il a
- 1:04:49progressivement fait parler au service
- 1:04:51d'un projet xénophobe et raciste. En
- 1:04:54Amérique latine, le marxiste Rosé Carlos
- 1:04:57Mariategi voyait même en elle une figure
- 1:05:00universelle de la résistance des
- 1:05:02vaincus. Il écrit "Je d'Arc est revenu
- 1:05:05vers nous, porté par la houle de notre
- 1:05:07propre tempête."
- 1:05:10Voilà pourquoi le problème n'est pas
- 1:05:12Jean Dark. Le problème n'est même pas la
- 1:05:15France éternelle. Le problème, c'est de
- 1:05:17savoir au service de quel projet
- 1:05:19politique bien vivant et ce récit.
- 1:05:23Reste une question.
- 1:05:25Quelle stratégie politique découle de
- 1:05:27tout ça ? Et je voudrais ici dire un mot
- 1:05:30du patriotisme internationaliste.
- 1:05:33Patriotisme internationaliste.
- 1:05:36Proposition politique portée par le QG
- 1:05:38des colonials. Je comprends que cette
- 1:05:41proposition surprendre. Le mouvement des
- 1:05:44coloniales est né de la critique de
- 1:05:45l'État ntation et de l'ordre racial.
- 1:05:48Alors, comment un mouvement issu de
- 1:05:50cette critique peut-il aujourd'hui
- 1:05:51parler de patriotisme ? Déjà, car les
- 1:05:55théories des coloniales ne se contentent
- 1:05:56pas de critiquer le monde tel qu'il est,
- 1:05:58elle vise la transformation sociale. Et
- 1:06:01pour y arriver, on ne peut pas
- 1:06:03abandonner à l'extrême droite le
- 1:06:04monopole de la souveraineté, de
- 1:06:06l'héritage ou du sentiment
- 1:06:08d'appartenance,
- 1:06:09mais aussi parce que le patriotisme
- 1:06:12internationaliste n'est pas seulement
- 1:06:14une autre manière de parler de la
- 1:06:16patrie. Il nous oblige à penser la
- 1:06:18patrie autrement. Peut-être que c'est là
- 1:06:21l'une des grandes contributions de la
- 1:06:23théorie des coloniales. Elle nous oblige
- 1:06:25à sortir de l'obsession de l'identité
- 1:06:28pour penser la relation. Elle nous
- 1:06:30oblige à ne plus seulement nous nous
- 1:06:32demander qui sommes-nous, mais à nous
- 1:06:35demander aussi quel rapport
- 1:06:37entretenons-nous avec les autres.
- 1:06:41Et ce déplacement introspectif change
- 1:06:42tout car ces autres sont à la fois à
- 1:06:46l'intérieur et à l'extérieur de la
- 1:06:48nation.
- 1:06:49À l'intérieur, ce sont celles et ceux
- 1:06:51que l'histoire coloniale maintient dans
- 1:06:53une position d'altérité sous des formes
- 1:06:55renouvelées.
- 1:06:57Les descendants de l'immigration
- 1:06:58post-coloniale, les musulmans, les
- 1:07:00autres mères, les Romes. À l'extérieur
- 1:07:03de la nation, ces autres, ce sont les
- 1:07:05autres peuples. Le mouvement des
- 1:07:07coloniales nous aide à comprendre que
- 1:07:08ces deux questions ne font qu'une. Car
- 1:07:11la manière dont une nation traite ses
- 1:07:12propres autres est inséparable de la
- 1:07:15manière dont elle se rapporte aux autres
- 1:07:17peuples. C'est pourquoi l'islamophobie,
- 1:07:20la Palestine, le racisme anti-Rome, les
- 1:07:22autres mers ou encore l'impérialisme ne
- 1:07:24sont pas des sujets dispersé. Ils
- 1:07:27parlent tous d'une même chose, la
- 1:07:29manière dont une nation organise ses
- 1:07:31relations avec ses différentes
- 1:07:33altérités.
- 1:07:35Et si on ne se demande plus seulement
- 1:07:37qui nous sommes, mais quel peuple nous
- 1:07:39voulons devenir dans notre rapport aux
- 1:07:41autres peuples, alors une autre question
- 1:07:44apparaît immédiatement,
- 1:07:46celle de la responsabilité.
- 1:07:49De quoi sommes-nous comptables ? De quoi
- 1:07:51devons-nous répondre ? De quoi
- 1:07:53sommes-nous les complices et les
- 1:07:54coupables ? Quelle solidarité
- 1:07:57sommes-nous prêts à assumer ? Quelle
- 1:07:59rupture sommes-nous prêts à engager ? et
- 1:08:02aussi quel coût sommes-nous prêts à
- 1:08:04payer pour ça ?
- 1:08:07À partir de là, l'impérialisme et ses
- 1:08:09guerres cessent d'être des sujets
- 1:08:12extérieurs à la nation. Prenons la
- 1:08:14Palestine, face à elle, quelle France
- 1:08:18voulons-nous être ? Et face aux guerres
- 1:08:20au Proche-Orient, face au Liban, face à
- 1:08:22l'Iran, qui voulons-nous être ?
- 1:08:26car ce qui compte n'est peut-être pas
- 1:08:28qu'il y ait une Nouvelle France, mais
- 1:08:30d'inventer un peuple politique à la
- 1:08:32hauteur des introspections nécessaire.
- 1:08:36Et je voudrais terminer euh par une
- 1:08:38formule de Youssef Bousouma. Il est là
- 1:08:40ou pas ?
- 1:08:42Non. Alors, il est là. Mais alors c'est
- 1:08:43qu'il est en train de donner son
- 1:08:44intervait une interview pour la chaîne
- 1:08:46algérienne aujourd'hui. Il doit être
- 1:08:48dans le coin mais c'est pas grave.
- 1:08:50Ouais. Papplaudir Youssef.
- 1:08:58Donc c'est une formule de Youssefuma que
- 1:09:00vous connaissez peut-être la preuve par
- 1:09:01la Palestine. Qui connaît ? Voilà. Bah
- 1:09:04c'est Youssef qui l'a inventé. Faut
- 1:09:05rendre à Youssef qui appartient à
- 1:09:06Youssef. C'est lui qui l'a inventé.
- 1:09:16Pourquoi cette formule est-elle si
- 1:09:17importante pour nous ? Parce que la
- 1:09:19Palestine n'est pas un sujet de
- 1:09:21politique internationale. C'est une
- 1:09:23épreuve de capacité, de clarification,
- 1:09:26de courage et de résistance. Une épreuve
- 1:09:28de vérité.
- 1:09:29Et je le dis avec encore plus d'émotion
- 1:09:31qu'aujourd'hui nous sommes le 5 juillet,
- 1:09:33date anniversaire où l'Algérie s'est
- 1:09:34libéré de la colonisation.
- 1:09:48Ah, tu arrives pas à lire.
- 1:09:53Tranquille, tranquille tranquille
- 1:09:55tranquille tranquille. Prends ton lire.
- 1:09:59On fait ensemble. Vas-y.
- 1:10:08Le peuple qu'on inventera ne se résumera
- 1:10:11pas au récit que nous faisons de
- 1:10:13nous-mêmes.
- 1:10:14Il fera la preuve de lui-même avec les
- 1:10:16générations à venir.
- 1:10:19Et c'est la Palestine libre qui nous
- 1:10:22dira si nous avons inventé non pas
- 1:10:24seulement une France nouvelle,
- 1:10:27mais aussi une France à la hauteur. une
- 1:10:29France capable.
- 1:10:31Sabrina
- 1:10:39et l'article dont tu parlais. Alors, on
- 1:10:42doit pas faire trop de promos parce que
- 1:10:43c'est une
- 1:10:46ce sont des universités politiques qui
- 1:10:48sont organisées par l'UJFP, par CDEC,
- 1:10:52par Fer Bloc, Fair Peuple, par le
- 1:10:54collectif contre la guerre et pour une
- 1:10:56paire révolutionnaire.
- 1:10:58Bien évidemment par le parole d'honneur
- 1:11:01mais également par le QG des coloniales
- 1:11:03qui produit ce magazine nous.
- 1:11:07Et voilà l'article dont on parlait dont
- 1:11:09parlait Sabrina que je vous demande
- 1:11:11encore une fois d'applaudir.
- 1:11:15Merci aux trois intervenantes
- 1:11:19de
- 1:11:20cette plinière. Bien sûr, on continue
- 1:11:24donc ces universités d'été politique euh
- 1:11:28préparer la victoire, organiser le
- 1:11:30pessimisme et on se retrouve, on fait
- 1:11:32une pause, on fait pas de pause, on
- 1:11:34enchaîne direct. Comment ça se passe ?
- 1:11:36Dites-moi,
- 1:11:38on fait une pause de combien ? 5 10
- 1:11:39minutes. Allez, 5 10 minutes, on essaie
- 1:11:41de faire vite et après on se retrouve
- 1:11:45pour une nouvelle table de la rupture à
- 1:11:48la révolution. Que faire après la prise
- 1:11:52du pouvoir ? Allez, un petit café, un
- 1:11:54petit thé, un petit verre d'eau et vous
- 1:11:56revenez. On est à bloc jusqu'à la fin.
- 1:12:03un magazine mais tu l'as déjà placé
- 1:12:08un peu de propagande. Voilà.
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This page contains the full transcript of C'EST QUOI "LA NOUVELLE FRANCE" ? Sabrina Waz, Francoise Vergès, Imane El Hamzaoui by Paroles D'Honneur, generated from the public captions YouTube serves with the video. The transcript has 10,580 words across 1,837 segments, with the original timestamps preserved so you can click any line to jump to that moment in the embedded player.
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