BERNARD ARNAULT : CONFESSIONS INÉDITES DU PATRON DU LUXE MONDIAL (empire, drames, rumeurs…) — Transcript
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- 0:00Bonjour tout le monde et bienvenue sur
- 0:01Légende. Émission exceptionnelle
- 0:03[musique]
- 0:04aujourd'hui puisque c'est la première
- 0:05fois que Bernard Arnaud, le patron de
- 0:08LVMH, le plus grand groupe de luxe du
- 0:10monde, va donner une interview longue
- 0:12sur son parcours, sur sa vie. Comment ça
- 0:14s'est passé le dîner avec Jacques
- 0:15Chirac, avec les Didi, avec la princesse
- 0:18?
- 0:19Ce qui intéressait le plus le président
- 0:21Shirac, c'était la beauté de Diana et
- 0:25donc il avait presque plus d'eux pour
- 0:29elle.
- 0:31que pour les tableaux de Sésane. Voilà,
- 0:33en 1984, vous rachetez le groupe Bousac
- 0:35qui est en faillite à ce moment-là.
- 0:36C'est un groupe qui va pas forcément
- 0:37très bien. On avait 12000 personnes, on
- 0:39s'était engagé, en regarder 10000. Le
- 0:41groupe qu'on a bâti à partir de là
- 0:43aujourd'hui 200000 personnes.
- 0:46À chaque fois, on voit Bernard Arnaud un
- 0:49jet privé par exemple. [musique] Ça ça
- 0:50vous a été beaucoup reproché aussi.
- 0:52Vous voulez même me suivre la trace ?
- 0:54Alors maintenant, j'ai réglé le
- 0:55problème. Il y a quelques années, j'ai
- 0:56vendu
- 0:58j'ai plus de privée. [rires]
- 1:00Non, je quand ça m'arrive de faire ça,
- 1:02je je loue un avion.
- 1:06Bonjour tout le monde et bienvenue sur
- 1:07Légende. Émission exceptionnelle
- 1:10aujourd'hui puisque c'est la première
- 1:12fois que Bernard Arnaud va donner une
- 1:15interview longue sur son parcours, sur
- 1:17sa vie.
- 1:19le patron de LVMH, le plus grand groupe
- 1:21de luxe du monde avec plus de 75 maisons
- 1:24à l'intérieur avec notamment Louis
- 1:26Vitton, Moeti, mais aussi Tiffany Enco.
- 1:29Il y a des marques comme Dior, de très
- 1:30belles marques comme l'Oropiana aussi.
- 1:32On va lui poser toutes les questions. Il
- 1:33m'a autorisé à lui poser vraiment toutes
- 1:35les questions, non seulement sur son
- 1:36parcours, comprendre vraiment euh les
- 1:39piliers euh de sa vie et les pivots
- 1:41aussi, ce qui a permis vraiment de
- 1:43grandir et très vite d'ailleurs, vous
- 1:44allez voir euh la société familiale,
- 1:46comment il l'a reprise, comment il l'a
- 1:48fait exploser ensuite l'affaire Boussac,
- 1:50comment est-ce qu'il a pris contrôle
- 1:52ensuite de LVMH qui est aujourd'hui le
- 1:55plus grand groupe de luxe du monde.
- 1:57Juste avant de commencer l'émission avec
- 1:58Bernard Arnaud, vous pouvez vous abonner
- 2:00en 30 secondes sur notre chaîne YouTube
- 2:01les amis, ça vous prend vraiment 2
- 2:02secondes. Vous êtes entre 150000 et
- 2:04200000 à vous abonner à Légende chaque
- 2:07mois de plus. Donc merci beaucoup pour
- 2:08ça. Hésitez pas à commenter l'émission
- 2:10puis à la liker. Puis en podcast audio,
- 2:12vous pouvez nous écouter et suivre les
- 2:13émissions sur Spotify, 10er, Apple
- 2:15Podcast et Amazon Podcast. En tout cas,
- 2:17quoi qu'il arrive, trois fois par
- 2:18semaine, merci beaucoup de faire de
- 2:20légende le premier podcast de France et
- 2:22c'est parti maintenant pour une émission
- 2:24exceptionnelle avec Bernard Arnaud sur
- 2:25les jambes.
- 2:26Bonjour Bernard Arnaud sur les jambes.
- 2:30[musique]
- 2:32Bienvenue monsieur Arnaud. Je vous
- 2:33reprends le le clap. Merci d'avoir
- 2:35accepté l'invitation. Je suis très
- 2:37heureux de vous recevoir.
- 2:38C'est un plaisir.
- 2:39Je sais que vous faites très très peu
- 2:40d'interviews
- 2:42sur les gens dont on reçoit des invités
- 2:43qui racontent leur parcours pour
- 2:44comprendre
- 2:46la flamme intérieure, pour comprendre
- 2:48aussi toutes vos étapes de vie. Pourquoi
- 2:50est-ce que vous avez accepté ? Je vous
- 2:51remercie encore mais c'est tellement
- 2:52rare.
- 2:53Bah parce que vous m'avez convaincu
- 2:55d'abord parce que j'ai regardé un
- 2:56certain nombre de vos podcasts que je
- 2:58trouve excellent.
- 2:59Merci beaucoup. Et je pense que c'est
- 3:02une occasion
- 3:04intéressante de parler du groupe LVMH et
- 3:08de ce que j'ai fait de manière directe.
- 3:11Vous m'avez dit que je pouvais vous
- 3:12poser vraiment toutes les questions pour
- 3:13refaire le parcours.
- 3:15Quelle est votre définition du luxe à
- 3:16vous ?
- 3:18Alors, je vais peut-être vous étonner
- 3:20mais le luxe n'est pas un mot qui me
- 3:22plaît particulièrement.
- 3:23Ah bon ? parce que il est souvent
- 3:26associé de manière un peu péjorative à
- 3:29des aspects qui n'ont rien à voir avec
- 3:31notre activité. La frivolité, la
- 3:35superficialité,
- 3:37euh
- 3:38l'inutilité,
- 3:40euh le bling bling et cetera. Alors que
- 3:45nos métiers, les métiers
- 3:48du groupe sont des métiers artisanaux
- 3:51qui font qui fabriquent qui créent des
- 3:54produits de très haute qualité qui n'ont
- 3:56rien à voir avec ce côté frivol hein que
- 4:00le luxe apporte quand on l'utilise.
- 4:03Alors néanmoins,
- 4:04l'ensemble de l'industrie des
- 4:07journalistes, l'ensemble des analystes
- 4:10financiers nous ont classé dans
- 4:12l'industrie du luxe. D'ailleurs, les
- 4:15deux mots sont imparfaits parce que
- 4:17d'abord, on pense pas que nous soyons
- 4:18une industrie, mais plutôt un ensemble
- 4:21d'artisans et de créateurs
- 4:22[raclement de gorge] qui fabriquont des
- 4:23produits en quantité limitée tout à fait
- 4:26exceptionnelle et de la plus haute
- 4:28qualité. Donc rien à voir avec la
- 4:30frivolité, euh la superficialité et
- 4:33cetera. Alors, je vis quand même avec
- 4:35cette définition l'industrie du luxe,
- 4:38mais euh je n'y adhère pas complètement
- 4:40au niveau euh de la phraseéologie.
- 4:43Vous êtes très euh très produit. Vous
- 4:46êtes un amoureux du produit. Oui, mais
- 4:47il faut quand on dirige des métiers qui
- 4:50sont des métiers artisanaux avec de
- 4:52nombreuses personnalités créative, avec
- 4:55des artisans qui sont souvent de
- 4:58eux-mêmes presque des créateurs, je
- 5:00pense au à nos horlogés que vous
- 5:03connaissez. Ce sont vraiment des métiers
- 5:06où il faut être près du produit. La
- 5:08réussite à long terme, c'est c'est le
- 5:11produit et en plus dans industrie du
- 5:14luxe, il faudrait regrouper le
- 5:17patrimoine français,
- 5:19le la vision de la France dans le monde.
- 5:23Vous voyez tout tout ça c'est un
- 5:25ensemble de choses très raffinées, de
- 5:27haute qualité qui n'est pas bien évoqué
- 5:31[raclement de gorge] avec la définition
- 5:32globale. Bon, c'est tout. Maintenant,
- 5:34elle était répandue partout donc on peut
- 5:36pas en changer.
- 5:36C'est c'est quoi le produit qui qui qui
- 5:39représente le mieux le luxe pour vous ?
- 5:41C'est
- 5:42c'est très difficile. Elle est cette
- 5:43question. Mais
- 5:43ça c'est très difficile parce que les
- 5:45produits des produits qui sont des
- 5:48produits représentant nos activités, il
- 5:51y en a énormément. J'aurais dû apporter
- 5:53par exemple la montre qui a été
- 5:56fabriquée par Louis Vuitton et cette
- 5:59atelier
- 6:00la fabrique du temps à Genève que vous
- 6:02connaissez où on a fabriqué une montre
- 6:06avec un mécanisme extraordinaire
- 6:08[grognement] avec à l'intérieur un
- 6:11automate et sur le cadrant nous avons le
- 6:16portrait d'Instein. Et quand on tourne
- 6:19un peu le mécanisme, Einstein tire la
- 6:22langue. Voyez, ça c'est un produit
- 6:24exceptionnel. Voilà. Il y a l'œil qui
- 6:27bouge. Il y a pas quelque chose dans
- 6:28l'œil ?
- 6:28Oui oui oui. Il y a l'œil qui bouge
- 6:29aussi. Fait un petit clin d'œil. Enfin
- 6:30c'est vous savez cette photo où où il
- 6:32tire la langue. Voilà. Donc on arrive à
- 6:34la photo où il tire la langue. C'est
- 6:36extraordinaire. Il y en a eu que deux
- 6:37modèles de fait. Ah là là. On a fait un
- 6:40reportage ça vous intéresse d'aller le
- 6:41voir avec Jean, votre fils qui qui gère
- 6:44aujourd'hui les montres dans le logerie.
- 6:45Louis Viton. Si vous allez voir et et
- 6:47les horlogés sont exceptionnels aussi,
- 6:49on les embrasse. Ça c'est un sommet de
- 6:52la précision de l'artisanat. C'est c'est
- 6:55je pense que la fabrique du temps, c'est
- 6:56probablement aujourd'hui l'atelier
- 6:58d'horlogerie le plus exceptionnel au
- 7:01monde.
- 7:01Est-ce qu'il y a quelque chose de
- 7:03gratuit que vous vous considérez comme
- 7:04un luxe ?
- 7:07Oui. Oui. Gratuit.
- 7:10Le luxe, je dirais en ce qui me concerne
- 7:14et qui est rattaché aussi pas mal à nos
- 7:16métiers et qui est gratuit, c'est le
- 7:19temps. Alors, c'est gratuit d'une
- 7:21certaine façon, mais on en manque
- 7:24toujours. Et en ce qui me concerne en
- 7:27particulier, [rires] voilà, mais le
- 7:30temps c'est un paramètre fondamental
- 7:32parce que quand on fabrique des projets
- 7:34de très haute qualité, il faut les faire
- 7:36avec le temps. Il faut être patient.
- 7:38quelquefois on les refait et euh quand
- 7:41on est très occupé euh à diriger euh des
- 7:45marques comme celle-là euh avec des
- 7:48voyages incessants dans le monde entier,
- 7:50bon le temps est une euh donnée qui est
- 7:54difficile à à trouver et qui manque
- 7:56souvent. Voilà, même si elle est
- 7:57gratuite.
- 7:58Vous vous travaillez tout le temps, vous
- 7:59arrivez à à prendre des vacances, à vous
- 8:01reposer avec
- 8:02Oui, bien sûr. Oui. Oui. Prends des
- 8:04vacances régulièrement. Non. C'est c'est
- 8:07indispensable de changer les idées, de
- 8:09penser à quelque chose d'autre pendant
- 8:11une période. Mais [raclement de gorge]
- 8:13je travaille mais je crois que je vous
- 8:16l'avais déjà évoqué quand on s'était vu
- 8:18avant avant l'émission. En même temps,
- 8:21je m'amuse voyez. Donc ça permet de
- 8:23travailler beaucoup sans souffrir.
- 8:26Oui. Vous aimez ce que vous faites ?
- 8:28C'est une passion l'entrepreneuriat ?
- 8:29Oui, c'est une passion. Oui, j'ai j'ai
- 8:32appris en en préparant l'émission
- 8:35que que est-ce que vous vous occupez
- 8:36aussi de l'artistique ? Est-ce que vous
- 8:38vous occuper du business ? Vous êtes
- 8:39extrêmement fort, vous avez vous avez le
- 8:42flair. Est-ce que vous vous occupez
- 8:43aussi de l'artistique
- 8:45dans les maisons ? Je suis très impliqué
- 8:47effectivement dans les produits. Ça m'a
- 8:49toujours beaucoup plu depuis le début
- 8:52d'ailleurs de mes activités, la
- 8:54conception et le lien entre le succès
- 8:58d'un produit et sa conception. Alors,
- 9:02dans euh les marques de luxe, ce qui est
- 9:06évidemment euh au centre de la
- 9:09conception, c'est le travail des des
- 9:11créateurs, des artisans, mais euh il
- 9:14faut également euh réussir à ce que les
- 9:18produits euh qui ont été euh conçus
- 9:22[raclement de gorge] et un succès dans
- 9:24le monde entier. Voyez ? et donc
- 9:27nécessairement les dirigeants des
- 9:29différentes marques et moi-même très
- 9:32régulièrement, je m'en occupe, je m'en
- 9:34occupe avec eux, on a des discussions et
- 9:38j'ai une certaine aptitude, je crois, à
- 9:41à voir ce qui va marcher. Voilà. Et donc
- 9:44je le fais régulièrement
- 9:47et souvent on arrive à à concevoir des
- 9:51des produits. Je peux vous donner des
- 9:54exemples ?
- 9:54Oui. Comme quoi comme produit par
- 9:55exemple ? les intéressés.
- 9:58[raclement de gorge] Par exemple,
- 10:00lorsqu'on a
- 10:02invité en 1995,
- 10:05la princesse de Gale a inauguré
- 10:07l'exposition Sésan au Grand Palais.
- 10:10[grognement] Là, il dit à l'époque
- 10:12madame Chirac m'appelle en disant "Mais
- 10:15est-ce que euh [raclement de gorge] vous
- 10:18avez une idée de cadeau pour Lady d'Ana
- 10:21qu'on va recevoir et qui va venir
- 10:23prendre le thé avec vous à l'Élysée ?"
- 10:25Bon. Ça c'était 2 jours ou 3 jours
- 10:27avant. Et au même moment, on était en
- 10:30train chez Dior de lancer un nouveau
- 10:33produit avec son dirigeant Sné Toledano
- 10:36et c'est son créateur.
- 10:40Et donc on s'est dit mais au fond euh
- 10:42est-ce que ce produit qui était un sac
- 10:44en cuir matelassé avec l'emblématique
- 10:48cannage de Dior pourrait l'intéresser ?
- 10:51Et mon président de Dur à l'époque,
- 10:56Sydney, s'est occupé très vite de réunir
- 11:00tout ça. Je suis allé avec lui, on a
- 11:02passé une demi-journée à travailler
- 11:03là-dessus et on a obtenu un résultat
- 11:07qui vous connaissez sûrement maintenant
- 11:09qui s'appelle le sac Lady Dior et qu'on
- 11:13a donné que madame Chirac a donné à la
- 11:16princesse et
- 11:19qui c'est ça lui a beaucoup plu et elle
- 11:23a acheté plusieurs modèles. Elle s'est
- 11:26promenée dans le monde entier avec ce
- 11:28sac qui est devenu une icône de la
- 11:31maison dur. Voilà.
- 11:32Comment ça s'est passé le dîner avec
- 11:33Jacques Chirac, avec la Didi, avec la
- 11:36princesse ? Comment ça s'est passé ? C
- 11:37pas c'était pas un dîner. Jacques Shirac
- 11:39est pas venu au dîner. Jacques Chirac a
- 11:41inauguré l'exposition
- 11:44avec elle et avec moi le matin et
- 11:47pendant l'exposition
- 11:50tableau de Sésane était magnifique.
- 11:52J'ai bien vu que ce qui intéressait le
- 11:55plus le président Chirak, c'était la
- 11:57beauté de Dayana. Et donc il avait
- 12:02presque plus dieu pour elle
- 12:05que pour les tableaux de Sésane. Voilà.
- 12:08[rires]
- 12:09Et et donc et après on est allé prendre
- 12:11le thé à Lée.
- 12:13Juste avant que l'émission reprenne, je
- 12:14suis très heureux de vous annoncer la
- 12:15sortie du livre sur l'histoire de
- 12:17légende aux éditions Hor cadre. Pour la
- 12:19première fois, je raconte non seulement
- 12:20mon parcours, mais surtout les coulisses
- 12:21de l'aventure légende, les voyages qui
- 12:23tournent mal, les doutes, les critiques,
- 12:25les attaques, mais aussi les rencontres
- 12:27extraordinaire qu'on a pu vivre et les
- 12:28moments les plus marquants qu'on a
- 12:30jamais pu raconter ici à l'antenne.
- 12:32Alors toutes les informations pour
- 12:33commander le livre sont dans la
- 12:34description de la vidéo et du podcast
- 12:36audio.
- 12:38Vous êtes né à à Roubé, je vais refaire
- 12:40votre parcours si vous voulez bien. On
- 12:41va on va commencer pour comprendre
- 12:42vraiment étape par étape, comme vous
- 12:44voulez. Euh le 5 mars 1949 à Roubé,
- 12:47votre papa était ingénieur et dirigeait
- 12:49Ferré Savinel, donc entreprise de de
- 12:51BTP. Euh votre maman était la fille du
- 12:54créateur de Ferray Savinel pour
- 12:56comprendre comment ça fonctionnait. Euh
- 12:58vos parents se sont rencontrés au
- 12:59travail à l'époque. Hm
- 13:01hm.
- 13:02Quelle valeur ils vous ont appris ?
- 13:04Comment vous avez été éduqué ? Sur
- 13:05quelle valeur ? Bah, on avait des
- 13:08valeurs familiales euh très intenses,
- 13:11hein. D'abord, il régnait dans la
- 13:14famille.
- 13:15un amour entre les enfants, les parents,
- 13:19les grands-parents. Euh formidable,
- 13:22hein. Euh ils étaient euh, comme vous
- 13:26l'avez indiqué euh dirigeant de
- 13:29l'entreprise dans laquelle près de
- 13:32laquelle mes parents habitaient.
- 13:33[raclement de gorge] Et euh ils avaient
- 13:35donc un sens de l'effort, un sens du
- 13:38travail qu'ils avaient euh inculqué
- 13:41[raclement de gorge]
- 13:42à leurs enfants, à leurs petits-enfants,
- 13:45euh donc en partie à ma personne et euh
- 13:50ils étaient très exigeants.
- 13:53Leur valeur principale c'était la
- 13:56loyauté, la confiance,
- 13:59le sens du devoir. Ma grand-mère était
- 14:02très catholique
- 14:05et on était dans une ambiance vraiment
- 14:08familiale
- 14:10et d'une chaleur extraordinaire
- 14:14[grognement]
- 14:14avec beaucoup d'amour
- 14:15beaucoup d'amour réciproque hein. Moi,
- 14:18j'adorais mes grands-parents, par
- 14:19exemple. Alors,
- 14:21vous avez racheté la maison de votre
- 14:22grand-mère ? Non, je n'ai jamais vendu,
- 14:24hein. Mais je l'ai refaite, hein. Je
- 14:27l'ai refaite parce que cette maison qui
- 14:30faisait partie du site de l'entreprise
- 14:32familiale est une maison qui avait été
- 14:35squattée, que moi j'étais parti, qu'il y
- 14:37avait plus personne, que l'entreprise
- 14:40s'était déplacée. Et donc quand j'ai vu
- 14:43ça, j'ai décidé de la rénover comme elle
- 14:47était à l'époque.
- 14:48Avec les meubles de l'époque, j'ai
- 14:50remeté une bonne partie des meubles.
- 14:52Oui. Oui, parce que lorsque ma
- 14:54grand-mère a disparu, les meubles ont
- 14:56été répartis dans la famille et bon, je
- 15:00demander à certains membres de la
- 15:02famille, à mes cousines, à certains de
- 15:06mes oncles et tantes, si je pouvais
- 15:08récupérer les meubles, j'ai essayé de la
- 15:10remeubler comme elle était à l'époque.
- 15:12Bah, il faut dire que j'ai vécu 20 ans
- 15:14dans cette maison. En plus, les bureaux
- 15:16étaient toujours là. Donc, j'ai j'ai
- 15:18aussi rénové les bureaux et et ces
- 15:20bureaux, j'en ai fait à
- 15:22[raclement de gorge] la fois un centre
- 15:25pour la formation de des ingénieurs de
- 15:27l'EDC et un centre pour Live qui est
- 15:30l'institut pour le retour à l'activité
- 15:33que j'ai monté enfin que que j'ai
- 15:36financé qui est dirigé par madame
- 15:38Macron.
- 15:38Vous y retournez parfois dans cette
- 15:40maison ?
- 15:40Oui, j'essaie d'y retourner au moins une
- 15:43fois par an. Absolument. Oui. Et et
- 15:46c'est toujours très émouvant.
- 15:47D'ailleurs, je je l'ai fait visiter
- 15:50aussi à la première dame
- 15:53actuelle et c'est tout à fait tout à
- 15:56fait touchant. Moi ça me rappelle
- 15:57beaucoup de souvenirs. C'est là que j'ai
- 15:58préparé le concours de Polytechnique.
- 16:01C'est là que j'ai passé mon enfance
- 16:03voilàin avec bon enfin je vais pas vous
- 16:06raconter tout ça mais
- 16:07non non mais on va on va y revenir si
- 16:08vous voulez bien dans 2 minutes sur sur
- 16:10Polytechnique.
- 16:12J'ai j'ai j'ai entendu quelque chose,
- 16:13c'est que vous aviez mis un bulletin
- 16:15scolaire dans le cercueil de votre
- 16:17grand-père.
- 16:18Oui.
- 16:19H
- 16:19Je sais pas si c'était vrai ou pas.
- 16:21Mon grand-père
- 16:22et ses réciproques m'adoraient hein. Mon
- 16:25grand-père c'est le premier qui m'a
- 16:27emmené visiter des chantiers de
- 16:30construction parce que mon grand-père
- 16:32était personnage extraordinaire. il a
- 16:34monté cette entreprise après avoir euh
- 16:38été militaire pendant les deux guerres,
- 16:41hein, et avoir eu un parcours, une
- 16:42médaille militaire, enfin un très très
- 16:44parcours exceptionnel pendant ses
- 16:48batailles. Il a monté cette entreprise
- 16:51et [raclement de gorge] il l'a dirigé.
- 16:53Je je me rappelle, voyez, quand je et et
- 16:56j'ai habité
- 16:58chez eux, chez lui d'abord et ensuite
- 17:01quand il a disparu en 1959 chez ma
- 17:03grand-mère pendant 20 ans. Je pourrais
- 17:05vous dire pourquoi si ça vous intéresse
- 17:07mais je sais pas si ça va intéresser vos
- 17:08spectateurs. Enfin bon, on va voir.
- 17:11Non, on est là pour comprendre le
- 17:12parcours. On va on peut aller on peut
- 17:13aller où on veut. On vous suit.
- 17:14D'accord. Donc ce moment hein, c'est au
- 17:17moment de son décès. Il est mort le 26
- 17:19juin 1959
- 17:21et euh il avait toujours une grande
- 17:24attention à mon parcours scolaire. Il
- 17:26était très content de voir que je
- 17:27travaillais bien et euh j'avais donc
- 17:30reçu mes notes qui étaient bonnes et je
- 17:33je les ai mises dans son dans son
- 17:36cercueil.
- 17:37Et mon grand-père,
- 17:39je l'ai il m'a beaucoup appris quand
- 17:42j'allais avec lui sur les chantiers,
- 17:44voir les chefs de chantier, voir les les
- 17:46ouvriers. C'était c'était quand même
- 17:49pour moi très très intéressant. À partir
- 17:51de l'âge de 5 6 ans, il m'a emmené dans
- 17:53sa voiture avec son chauffeur parce que
- 17:56à l'époque, même s'il avait pas des
- 17:57moyens importants, il avait pas son
- 17:59permis de conduire.
- 18:02toujours un chauffeur. Il était toujours
- 18:03devant avec le chauffeur. Et je me
- 18:05rappellerai toujours quand je dormais
- 18:08dans cette maison, voyez, pour vous dire
- 18:11d'où on vient, j'entendais passer le
- 18:14matin les chevaux qui emmenaient les
- 18:19matériaux sur le chantier, hein, parce
- 18:21que il y avait des camions, mais il y
- 18:22avait encore des chevaux, des gros
- 18:24chevaux de trait.
- 18:26C'est c'est votre maman qui vous a donné
- 18:28le goût du travail, votre grand-père,
- 18:30c'est un mélange de de tout ça pour
- 18:32comprendre d'où ça vient. Vous dites
- 18:34c'était une valeur familiale. C'était
- 18:36mon grand-père et mon père c'était des
- 18:38entrepreneurs. Il faisait marcher,
- 18:40développer mon grand-père parti de zéro.
- 18:44Mon père qui était un ingénieur de
- 18:45centrale
- 18:47a repris l'entreprise à la suite et ils
- 18:51ont été vraiment très impliqués dans
- 18:55tous les détails avec comme dans toutes
- 18:57les petites entreprises des hauts et des
- 19:00bas hein. Quand mon grand-père est mort
- 19:04en 59, nous allions toujours en vacances
- 19:07à l'époque auprès de la mer du Nord, pas
- 19:11très loin et mon père n'est pas parti
- 19:13hein, parce que comme mon grand-père
- 19:15était mort, les banques commençaient à
- 19:17dire "Attention,
- 19:19faire attention, est-ce qu'on va pouvoir
- 19:21continuer à financer les travaux de les
- 19:22crédits et cetera, vous voyez ?" Donc
- 19:24euh bon, par la suite, ça m'est jamais
- 19:26arrivé mais quand même euh c'est assez
- 19:30ça ça reste donc euh et
- 19:33[grognement][raclement de gorge] et ils
- 19:33m'ont donné le goût de travailler de
- 19:36dans l'entreprise.
- 19:37Je peux vous poser une question plus
- 19:38personnelle ? Euh quand on a une une
- 19:41grande fortune, comment est-ce qu'on
- 19:43donne le goût du travail à ces enfants ?
- 19:44Parce que vous avez des enfants qui sont
- 19:45brillants
- 19:46pass vous vous
- 19:47on va revenir après mais vous avancez de
- 19:4950 ans. Là
- 19:50vous vous l'avez eu vous comment vous
- 19:52l'avez transmis à vos enfants ? Bah euh
- 19:54à une échelle différente euh c'était la
- 19:57même ambiance hein parce que mes enfants
- 19:59très vite euh je leur ai montré ce que
- 20:01c'était qu'une entreprise, je leur ai
- 20:02parlé de la façon dont je dirigeais
- 20:06l'entreprise. Ils ont suivi tous les
- 20:09parcours euh
- 20:11d'investissement [raclement de gorge]
- 20:13euh de création, d'implantation dans le
- 20:16monde entier que que j'ai réalisé. Ça
- 20:19les a tout de suite intéressé et je leur
- 20:22ai dit également, si vous voulez un jour
- 20:24participer à tout ça d'une manière ou
- 20:26d'une autre, euh vous avez vraiment la
- 20:29nécessité de faire de bonnes études
- 20:30parce que sinon euh euh c'est pas
- 20:32possible. D'autant que nous avons des
- 20:35relations euh dans ce milieu-là où on
- 20:40voit les enfants quand les parents ont
- 20:42une certaine fortune
- 20:44dépenser, acheter des grosses voitures,
- 20:47passer leur soirée dans des soirées
- 20:50et d'autres choses encore. Donc voilà,
- 20:53c'est comme ça que j'ai réussi, je pense
- 20:55à elle les motivé et en plus ils étaient
- 20:57tous
- 21:00de façon diverse assez doué dans ce qui
- 21:02dans ce qu'ils entreprenaient au niveau
- 21:03des études.
- 21:04Ben, j'allais vous demander est-ce
- 21:05qu'ils étaient bons à l'école ou pas ou
- 21:07qu'est-ce qui se passe si les notes
- 21:08étaient pas bonnes ? Bah, je j'essayais
- 21:10de m'en occuper
- 21:12et j'ai un fils par exemple quand il
- 21:15passait son baccalauréat pour lequel je
- 21:18rentrais le soir à 18h pour lui faire
- 21:21faire des problèmes de math. Oui.
- 21:23Oui.
- 21:24Parce qu'il était pas assez fort en math
- 21:25pour l'aider à monter. pas il était très
- 21:27bon en lettre hein puisque il a présenté
- 21:30le concours général en math est un peu
- 21:32plus difficile. que
- 21:33on dit pas son prénom alors.
- 21:34Non non non non mais il est très bon
- 21:38mais voilà et il a eu besoin de cet
- 21:41électrochoc pour se mettre vraiment
- 21:43travailler eu son bac facilement ça mais
- 21:45je je je faisais problème de math. Il y
- 21:48en a un autre avec lequel j'avais un peu
- 21:49plus de mal à suivre parce qu'il était
- 21:51très bon en math.
- 21:52Ah c'était le contraire. C'était vous
- 21:54qui aviez du mal à suivre.
- 21:55Oui moi j'ai j'étais très bon en math
- 21:56aussi. Enfin j'étais bon en math voilà.
- 21:59Mais euh lui euh d'abord c'était
- 22:03nombreuses années après moi. Donc les
- 22:05math avaient évolué et euh je l'ai
- 22:07accompagné quelquefois euh dans les et
- 22:10une fois il m'a demandé d'aller écouter
- 22:12un oral dans un concours euh Normal Sup.
- 22:16Il avait déjà été je savais qu'il était
- 22:19grand ami Silbalix et il m'a dit il
- 22:21vient donc écouter mon mon oral de
- 22:23Normal Sup. Donc je suis allé hein et
- 22:27euh j'ai écouté, je me suis mis dans le
- 22:30fond de la salle parce que j'étais déjà
- 22:31un peu connu pour pas me faire repérer.
- 22:34Et donc j'ai vu un énoncé écrit par le
- 22:39prof sur le tableau. Bon
- 22:43et ensuite mon fils, je vous donner pas
- 22:45le prénom non plus, c'est pas la peine,
- 22:47[grognement]
- 22:48restait sec pendant 30 minutes. Je me
- 22:51rappelle encore du sujet. C'était sujet
- 22:53sur les équations différentielles pas si
- 22:55ça vous dit quelque chose mais enfin bon
- 22:57c'est assez complexe et donc euh je me
- 23:00dis ça y est il est cuit ça va jamais
- 23:02marcher. Et après une demi-heure il
- 23:05remplit le tableau et euh je crois qu'il
- 23:09a eu 18 ouis il est rentré dans enfin il
- 23:11était reçu dans les premiers dans mal
- 23:13suivre. Après j'ai dû le convaincre
- 23:15c'était mieux si vous voulez rentrer
- 23:16dans les affaires d'aller à
- 23:16Polytechnique.
- 23:17Et vous avez fait Polytechnique vous
- 23:19réussissez le concours en 1969. Oui, à
- 23:22l'époque, vous allez être diplômé en
- 23:231971. On connaît le prestige de l'école.
- 23:26Qu'est-ce qu'on y fait à Polytechnique ?
- 23:27Qu'est-ce qu'on apprend là-bas
- 23:28concrètement ?
- 23:29Et bien à Polytechnique, à mon avis, le
- 23:32plus important euh en tout cas ce que
- 23:34j'ai ressenti comme le plus important,
- 23:36on apprend d'abord la rigueur
- 23:37intellectuelle. D'ailleurs dans la
- 23:39période de préparation aussi, quand on
- 23:40prépare des épreuves scientifiques,
- 23:43c'est quand même euh très rigoureux. Et
- 23:46ensuite, on apprend à résoudre des
- 23:50problèmes difficiles
- 23:52et à les simplifier. Voilà. Et ça c'est
- 23:55ce qui m'a le plus servi parce que dans
- 23:57la vie des affaires, on est souvent
- 23:58confronté à des problèmes difficiles et
- 24:02je crois avoir réussi à simplifier et à
- 24:06donner envie aux gens qui travaillent
- 24:08avec moi quand ils voi un problème
- 24:10complexe euh au lieu de passer beaucoup
- 24:13de temps à se torturer les ménages pour
- 24:18examiner les difficultés et de les
- 24:20simplifier. Et souvent ça marche bien et
- 24:24d'ailleurs Polytechnique euh j'avais un
- 24:27professeur euh de mathématiques
- 24:29absolument génial.
- 24:31C'est des souvenirs encore Oui. qui
- 24:33s'appelle Laurent Schwarz qui était le
- 24:35premier français à avoir la médaille fil
- 24:38de mathématiques et qui la médaille fil
- 24:41qui est l'équivalent pour les
- 24:42mathématiques du prix Nobel. En 1950, il
- 24:45a eu ça et il faisait des cours
- 24:47absolument magistraux qui étaient d'une
- 24:50clarté. Pourtant dans des domaines, il
- 24:52est très connu pour la
- 24:54Oui. Oui. la théorie des distributions.
- 24:56Et bien, c'est quelque chose de très
- 24:58compliqué mais il simplifiait tout ça.
- 25:00Et quand vous écoutiez son cours dans
- 25:02l'amphi à l'époque était montagne
- 25:05Saint-Jeun Viève, vous compreniez tout
- 25:07de suite c'est c'était quelqu'un de
- 25:10d'exceptionnel. Il y a des profs qui
- 25:11savent faire passer quelque chose de
- 25:13compliqué.
- 25:14On avait on avait on avait une
- 25:15particularité commune, c'est que nous
- 25:18sommes nés pas la même année mais le
- 25:20même jour
- 25:21avec votre prof de de l'époque de avec
- 25:22Laurence CFT le 5 mars. Oui. C'est pas
- 25:25pour ça que j'ai en talon mathématique.
- 25:27Bah est-ce que est-ce qu'il faut être
- 25:29quand on est entrepreneur, est-ce qu'il
- 25:30faut être bon en math quand même ?
- 25:32Faut savoir compter hein. Il faut savoir
- 25:35compter. Oui, il s'agit pas de résoudre
- 25:37des équations les plus complexes ni
- 25:39[raclement de gorge] de d'être capable
- 25:41de faire des problèmes de mathématiques,
- 25:42mais il faut savoir compter.
- 25:44Vous savez que vous êtes une interview
- 25:45plus difficile que les autres parce
- 25:46qu'il y a très peu d'infos sur vous.
- 25:48Ah oui ?
- 25:49Bah [grognement] pourquoi de donner des
- 25:50informations ? [rires]
- 25:52C'est vrai.
- 25:53C'est surtout c'est quand même assez
- 25:55vieux.
- 25:55Est-ce que vous avez encore des amis
- 25:57entrepreneurs de l'époque polytechnique
- 25:59? Est-ce que vous êtes fait des des
- 26:00copains qui sont encore aujourd'hui ?
- 26:02J'ai encore Oui oui j'ai encore des amis
- 26:04de Polytechnique. Absolument. Oui oui il
- 26:05y en a qui ont très bien réussi
- 26:06d'ailleurs
- 26:08notamment le major d'entré qui a été
- 26:11président de la compagnie générale de
- 26:13géophysique hein. Mais si vous voulez
- 26:15moi je continue.
- 26:18[rires]
- 26:20Dans cela, il y en a beaucoup qui ont
- 26:21pris du recul par rapport à la à
- 26:23l'activité opérationnelle.
- 26:25C'est c'est ils sont partis à la
- 26:26retraite
- 26:27d'une certaine façon. Enfin ils sont
- 26:30conseillers. [grognement]
- 26:31Oui oui
- 26:33sont plus le président opérationnel
- 26:35d'une grosse affaire. Vous êtes parti
- 26:37après vous êtes vous avez été donc
- 26:39diplômé de de votre papa était diplômé
- 26:41de central Paris aussi. Central
- 26:43c'est ça.
- 26:44Il était à la tête de l'entreprise. Donc
- 26:45Fer Savunel, on en parlait tout à
- 26:47l'heure entreprise dans dans le dans le
- 26:48BTP. Dès votre sortie d'école, vous avez
- 26:5022 ans en 71. Vous rejoignez
- 26:53l'entreprise familiale. Pourquoi est-ce
- 26:54que vous repartez là-bas au lieu de
- 26:57partir ailleurs à Paris ? Est-ce qu'il y
- 26:58a une raison ? pense que vous aviez
- 26:59envie de reprendre le flambeau
- 27:00parce que j'ai toujours eu envie de
- 27:02diriger une entreprise et
- 27:06de pouvoir aider mon père dans dans son
- 27:10affaire et j'ai été considéré d'ailleurs
- 27:12comme
- 27:14par mes amis de Polytechnique. Toi tu
- 27:17comprends vraiment rien hein ? Quand on
- 27:19sort de Polytechnique, il faut aller
- 27:21travailler pour l'État au ministère, il
- 27:23faut être chef de cabinet je sais pas
- 27:26quoi. Enfin bon ça m'intéressait pas. Ça
- 27:28vous a jamais traversé l'esprit ?
- 27:29Non non et et non moi j'ai j'étais
- 27:33toujours
- 27:33j'étais toujours intéressé par diriger
- 27:35une entreprise. Ça c'est Oui. Même avant
- 27:38de rentrer dans une école d'ingénieur
- 27:41c'est ça m'a toujours intéressé et je
- 27:43donnais déjà des idées à mon père à mon
- 27:45grand-père. Je m'en rappelle encore même
- 27:47quand j'avais 10 ans. C'est drôle.
- 27:49Oui oui oui. [rires]
- 27:51On donne quoi comme conseil à 10 ans à
- 27:53son père qui a une société ? Je conseil,
- 27:56ça l'énervait d'ailleurs, je lui disais
- 27:58"Mais enfin, regarde ce chantier là, il
- 28:00est fait par un concurrent. Comment ça
- 28:01se fait ? Comment ils ont fait pour te
- 28:02passer devant ? Tu devrais regarder un
- 28:04peu les les appels d' Ça se fait ?" Oui,
- 28:07voilà, j'ai dit ça. Oui, oui.
- 28:10J'ai j'avais la motivation et puis
- 28:12j'allais voir les les atelier, j'allais
- 28:16voir le le chef mécanicien avec qui
- 28:18j'avais sympathisé pour travailler sur
- 28:21les appareils qui étaient utilisés sur
- 28:23les chantiers et cetera. J'allais aussi,
- 28:27bon, il y avait un endroit au départ,
- 28:28après il y avait des camions, au départ,
- 28:30il y avait des chevaux, après il y avait
- 28:31des camions et j'étais [grognement]
- 28:35très amusé et très intéressé
- 28:38avec des grands camions. C'était des
- 28:39camions qui s'appelaient Berliers à
- 28:40l'époque. Je sais pas si ça se fait
- 28:41encore ces camions là, mais ça m'a ça
- 28:45m'a m'a beaucoup ça m'a tout de suite
- 28:48plu, quoi. Je je me voyais pas faire
- 28:50autre chose. C'est là vous avez appris
- 28:51la la culture du produit d'aller euh
- 28:54vérifier les détails de parce que je
- 28:56sais que vous êtes beaucoup dans les
- 28:57détails, il faut l'être. Oui, ça c'est
- 28:59après c'est quand je suis rentré dans le
- 29:02métier après Polytechnique.
- 29:04Parce que quand on en a parlé tous les
- 29:05deux, vous disiez le produit le produit
- 29:06c'est le plus important.
- 29:08Le marketing tout ça c'est bien mais
- 29:11c'est surtout la qualité du produit.
- 29:13Vous savez, j'ai fait un jour une
- 29:14conférence au chez Louis Vittuon avec le
- 29:19dirigeant de l'époque qui était un peu
- 29:21embêté après parce que ils m'ont
- 29:23demandé, il y avait tous les tout le
- 29:24service
- 29:26marketing, les jeunes et cetera et j'ai
- 29:28dit surtout dans une entreprise comme la
- 29:30vôtre comme Vuton, il faut pas faire de
- 29:33marketing.
- 29:35Pas faire de marketing, vous devez créer
- 29:38et c'est vos produits qui doivent
- 29:40s'imposer, hein. et faire des études de
- 29:43marché pour savoir quel est le produit
- 29:45qu'il faut faire avec tel pays, telle
- 29:48couche de clientèle et cetera. Ça c'est
- 29:50pour le mass market, c'est pour les
- 29:52produits qu'on voit dans les
- 29:54supermarchés. d'accord si si on se met à
- 29:56vendre des se produit dans un
- 29:57supermarché, mais euh pour les produits
- 30:00de grande qualité euh de
- 30:03[raclement de gorge]
- 30:03des produits artisanaux et qui sont d'un
- 30:07esthétisme euh tout à fait original,
- 30:10c'est le client qui doit euh suivre que
- 30:14qu'il faut essayer de
- 30:17presque de former à utiliser le produit,
- 30:21hein. pas avec une étude de marché que
- 30:23vous allez trouver le nouveau les dior
- 30:26c'est c'est pas vrai.
- 30:27C'est le produit le produit le produit
- 30:28il faut voilà vous allez toujours
- 30:31visiter toutes les usines de de LVMH
- 30:34est-ce que vous allez vous déplacer dans
- 30:35les boutiques
- 30:37Oui, je fais le tour régulièrement. Oui,
- 30:38là je viens de faire le tour du monde
- 30:40hein pour visiter
- 30:43j'ai fait le tour ou Oui. En partant euh
- 30:47vers l'est. H
- 30:48Vous êtes allé vers l'Asie ? J'ai Oui
- 30:50oui, j'ai je suis allé à Oui oui à Hong
- 30:52Kong Pékin à Séou à Tokyo
- 30:57et j'ai fini à Los Angeles pour le défil
- 30:59dur.
- 31:00Et qu'est-ce que vous regardez quand
- 31:01vous voyez les vitrines ? C'est c'est
- 31:03vraiment le détail. On nimagine pas ce
- 31:06que vous faites quand vous arrivez
- 31:07devant une boutique. Faut pas exagérer
- 31:09mais je
- 31:12[grognement]
- 31:14je veux pas avoir l'air prétentieux mais
- 31:15je je vois bien ce qui est
- 31:19nécessaire peut-être d'améliorer. Voyez
- 31:22et je dis souvent au [rires]
- 31:25à certains directeurs de boutique
- 31:27notamment à Paris, vous allez m'engager
- 31:29comme directeur du visual merchandising.
- 31:32H parce que je je passe
- 31:34[raclement de gorge] et puis on modifie
- 31:35des choses ensemble et je repasse la
- 31:37semaine d'après. Il me dit "Monsieur,
- 31:38c'est vrai, ça marche beaucoup mieux
- 31:40depuis qu'on a fait ces changements et
- 31:42ça ça me fait plaisir."
- 31:44C'est c'est quelque chose que vous avez
- 31:45depuis le début ? C'est
- 31:47bah j'ai toujours eu même quand je
- 31:49travaillais au départ avec mon père dans
- 31:51la construction,
- 31:53hein. Estce que vous allez peut-être me
- 31:55demander mais pourquoi vous avez
- 31:58fait bifurquer l'entreprise ? qui vient
- 32:00dans trois trois questions. Mais
- 32:01allons-y, vous avez changé, vous avez
- 32:03fait bif. En fait, je vais juste
- 32:04rappeler les dates parce que c'est c'est
- 32:06impressionnant.
- 32:06En 74, vous rentrez en tant que
- 32:08directeur de la construction, enfin,
- 32:10vous devenez directeur de la
- 32:10construction, directeur général en 77 à
- 32:1327 ans.
- 32:15Vous reprenez entièrement la société en
- 32:1678, donc vous avez tout juste 29 ans.
- 32:20Comment on fait pour progresser si vite
- 32:22? Mais ça ça a pas été euh quelque chose
- 32:25euh qui a été programmé, ça s'est fait
- 32:28euh sur le terrain, hein. Et en 76 euh
- 32:31[grognement] j'ai j'ai dit à mon père au
- 32:33bout de quelques années, écoute, euh on
- 32:36a deux activités. On a une activité de
- 32:39construction euh pour laquelle on
- 32:40construit pour euh des
- 32:44clients euh sociétés de promotion
- 32:48immobilière qui font des immeubles, euh
- 32:51usine pour des à l'époque c'était encore
- 32:53des des grandes unités textiles. On
- 32:56avait fait je crois les bureaux les
- 32:58l'usine de Boussac, une des usines de
- 33:02Boussac. On a fait une usine pour
- 33:04Prouveau pour la lignère de Roubet et
- 33:06cetera. Mais je lui ai dit écoute
- 33:10le paramètre de choix malheureusement
- 33:12essentiel du client c'est le prix. Ça
- 33:16c'est pas intéressant parce que on est
- 33:18obligé pour arriver au prix qui est
- 33:21demandé ou que un concurrent peut-être
- 33:22qui a mal fait ses calcul abouti de de
- 33:25faire des économies sur les la qualité
- 33:27et ce pas bien. En revanche c'est
- 33:30beaucoup plus intéressant pour un métier
- 33:33comme le nôtre de vendre directement au
- 33:35public à des clients à qui euh que l'on
- 33:38peut convaincre par la qualité, la
- 33:40beauté du produit, la beauté des plans
- 33:42et la beauté d'endroit où on construit.
- 33:44Et donc c'est pour ça qu'en 76, j'ai
- 33:47convaincu mon père de se séparer de la
- 33:50partie construction pour se concentrer
- 33:52sur la vente au public. Voilà.
- 33:54Et donc ça s'est appelé Ferinel.
- 33:56Et ça s'est appelé Ferinel. On a
- 33:57contracté. Ça s'est appelé Ferinel.
- 33:59Voilà. [grognement]
- 34:00Après vous allez partir aux États-Unis.
- 34:02Alors il y a eu plein d'articles aussi à
- 34:03l'époque. Vous partez en 80. Vous m'avez
- 34:05dit que je pouvais vous poser toutes les
- 34:06questions. Je vous je reprends vraiment
- 34:07étape par étape.
- 34:08C à l'époque où François Mitteran élu
- 34:10président de la République en 1981. Il y
- 34:13a eu des articles comme quoi vous étiez
- 34:14en train de fuir les socialistes.
- 34:17C'est à cause de la politique que vous
- 34:18partiez. Non, pas du tout hein. Je suis
- 34:21jamais parti pour la politique.
- 34:23D'ailleurs, après, j'ai nouvé des
- 34:24relations tout à fait excellente avec le
- 34:26président Mitteran. Non, je je suis
- 34:28parti parce que l'économie elle est dans
- 34:31le mur et là vous regardez toutes les
- 34:34tous les spécialistes économiques de
- 34:35l'époque vous confirmeront l'économie
- 34:38est dans le mur hein. On avait pris des
- 34:40mesures tout à fait
- 34:42conforme d'ailleurs au programme qui a
- 34:44permis président militaire d'être élu
- 34:46mais qui amené la France d'évaluation
- 34:49après d'évaluation parce qu'il y avait
- 34:50pas l'euro. inflation énorme euh
- 34:54difficulté
- 34:55avec les syndicats qui voulirent
- 34:58toujours plus. Enfin, on était dans un
- 35:00climat qui n'incitait pas
- 35:03l'investissement. Donc, j'ai dit à mon
- 35:05père, écoute, avant d'investir dans des
- 35:07nouveaux projets, vu la situation, je
- 35:10vais aller voir si on peut pas monter
- 35:11quelque chose d'intéressant aux
- 35:12États-Unis. Voilà, c'est ça. C'est pour
- 35:13des raisons économiques parce que je
- 35:16pensais et d'ailleurs j'étais pas le
- 35:18seul mais finalement la majorité des
- 35:20gens l'ont pensé que la France
- 35:22économiquement allait dans le mur et et
- 35:24et quand ça s'est arrangé avec l'arrivée
- 35:27de Ran Fabius, je suis revenu.
- 35:29Vous avez aimé vivre aux États-Unis,
- 35:31même si ça pas été très long, c'était
- 35:33quand même
- 35:33Bah oui, c'est pas mal. C'est ça c'est
- 35:35intéressant. C'est en tout cas c'est au
- 35:37niveau de du travail, c'est une approche
- 35:40beaucoup plus pragmatique où il y a
- 35:43beaucoup moins de euh disons de
- 35:47critiques
- 35:48des entreprises qui fonctionnent très
- 35:50bien, qui se développent et un marché
- 35:53plus dynamique hein. Donc oui, c'était
- 35:56pas c'était pas désagréable du tout. Je
- 35:58préfère nettement vivre en France si dit
- 36:00mais c'était
- 36:01c'est une bonne expérience.
- 36:02Une excellente expérience. Oui. Vous
- 36:04vous avez été à Miami à New York ? Vous
- 36:06vous
- 36:06J'habitais à New York. Oui,
- 36:07j'habitais à New York. Mon bureau était
- 36:09dans le Rockf Center.
- 36:10Vous aviez rencontré Donald Trump à
- 36:12l'époque, il était promoteur immobilier
- 36:14si tu dis. Oui, oui, absolument.
- 36:16D'ailleurs, je crois qu'il y a un film
- 36:17où on me voit quand je le rent
- 36:19je sais plus dans quel
- 36:22on m'a montré On m'a montré un film. Oui
- 36:23oui oui.
- 36:26Alors lui, je sais que vous aviez une
- 36:27anecdote assez incroyable avec lui. J'ai
- 36:30entendu dire que vous aviez vous l'avez
- 36:31revu une anecdote de dîner. Oui. Oui.
- 36:35de fil en aiguille,
- 36:38je suis devenu ami avec lui et
- 36:42donc quand il était président pendant
- 36:43son premier mandat, je l'ai vu
- 36:46régulièrement et et ensuite aussi et
- 36:49maintenant je le vois aussi et je
- 36:53visitais
- 36:55sur la côte ouest sur la côte est à
- 36:58Miami des boutiques avec un de mes fils
- 37:03et on était été invité le soir à dîner
- 37:07par le président Trump.
- 37:09Il y a pas longtemps là, vous parlez de
- 37:10Il y a pas longtemps. Oui, il y a pas
- 37:12longtemps. Et euh donc on se promène en
- 37:15voiture et puis on entend la radio.
- 37:18C'est c'était après la première
- 37:19tentative d'assassinat contre lui
- 37:22avec la balle qui lui a touché
- 37:23l'oreille.
- 37:23Avec la balle qui passé dans l'oreille.
- 37:26Bon,
- 37:26vous deviez dîner avec lui ce soir-là ?
- 37:28Non, non, non, non, non, non. C'était
- 37:30après et on entend la donc on allait on
- 37:33avait un dîner avec lui et j'entends à
- 37:38la radio que il a encore été menacé
- 37:42parce qu'il jouait au golf c'est un
- 37:44dimanche et qu'il y avait des le service
- 37:46secret ont trouvé des gens dans un
- 37:48buisson
- 37:50avec des [rires]
- 37:52un fusil à lunett je sais pas quoi.
- 37:53Enfin donc ils ont dû protéger le
- 37:56président et cetera. Bon alors là, j'ai
- 37:58dit Alexandre, c'est foutu, le dîner va
- 38:01pas avoir lieu. Donc on arrive
- 38:04[grognement] dans son dans sa maison là,
- 38:06un Miami qui est magnifique et
- 38:09non non, le dîner est toujours prévu.
- 38:12Donc
- 38:14très bien. On le voit chaleureux comme
- 38:16d'habitude. On s'assit avec lui et on
- 38:19dit alors
- 38:22c'est terrible ce qui est arrivé cet
- 38:23après-midi et et il nous répond tout zé.
- 38:28Voilà. [rires]
- 38:30Waouh !
- 38:302 à0 ou
- 38:31c'est qu'il survit une tentative
- 38:32d'assinat soir 2 jour le jour le jour où
- 38:35il a eu cette tentative
- 38:38visé ce jour il était quand même de
- 38:40bonne humeur et enfin
- 38:41Ah oui totalement oui totalement relaxe
- 38:43totalement relaxe. On est sorti de là je
- 38:45sais pas 11h du soir. Oui oui
- 38:48g il est comment Donald Trump ? Est-ce
- 38:50que vous pouvez discuter avec lui quand
- 38:52il y a des des droits de douane ? Il y a
- 38:54je sais
- 38:55je discute. Oui oui, je tiens pas
- 38:56toujours ce que je demande mais je
- 38:58[rires] discute. Oui
- 39:00oui,
- 39:00ça coûte rien de demander. Pendant son
- 39:02premier mandat, j'avais obtenu quand
- 39:05même pour les vins spiritueux français
- 39:07qu'on soit exenté.
- 39:10Ah oui,
- 39:11on peut faire changer d'avis Donald
- 39:12Trump.
- 39:13Oui, oui, oui, oui, oui, oui, oui. Mais
- 39:18il faut euh considérer
- 39:22d'abord que c'est l'homme le plus
- 39:23puissant du monde et que deuxièmement
- 39:26euh
- 39:28c'est quelqu'un de très intelligent,
- 39:30hein. Alors, quand on commence à dire le
- 39:33contraire,
- 39:35discussion par mal. Et s'il sait que
- 39:38personne qu'il voit on dit ça à son
- 39:39sujet,
- 39:41c'est normal. Moi, c'est pareil. Si des
- 39:43gens disent des choses désagréables qui
- 39:45me reviennent, j'ai pas trop envie
- 39:47d'être sympa avec eux. Enfin, a priori
- 39:48quoi. Non, c'est c'est aussi c'est aussi
- 39:51simple que ça. Aussi simple que ça.
- 39:54Alors après, m'appartient pas de juger
- 39:56ce que fait le président des États-Unis,
- 39:57hein.
- 39:58Est-ce que vous avez déjà pensé vous
- 40:00êtes utile pour le pays, vous faites
- 40:02vivre, je crois 200000, vous avez 200000
- 40:03collaborateurs aujourd'hui. Est-ce que
- 40:05vous avez déjà pensé à faire de la
- 40:06politique comme vous savez bien gérer
- 40:08une société ? Est-ce que c'est la même
- 40:10chose que gérer un état ? Quelle est
- 40:12votre opinion là-dessus ? B, je pense
- 40:14que c'est deux choses différentes, hein,
- 40:16que je n'aurais pas les qualités
- 40:19suffisantes nécessaire pour le faire
- 40:21parce que ça nécessite beaucoup
- 40:23d'abnégation
- 40:25et c'est et ça nécessite euh une
- 40:28vocation que je n'ai pas. Il faut une
- 40:30vocation, hein, euh je ne l'ai pas. et
- 40:33et c'est quand même euh un métier
- 40:37qui n'est pas en général à très long
- 40:38terme. Vous voyez,
- 40:40je me rappellerai toujours euh euh
- 40:42[raclement de gorge] d'un président que
- 40:43je trouvais exceptionnel qui était le
- 40:44président Giscard Destin hein,
- 40:48qui malheureusement n'est resté que 7
- 40:49ans, hein. D'ailleurs, c'est
- 40:53président Mitteran qui lui a succédé et
- 40:56qui ensuite a passé le reste de sa vie,
- 40:57a essayé de de revenir. Donc c'est moi
- 41:01je je bon d'abord j'aurai pas les
- 41:04qualités pour le faire. J'aurais pas la
- 41:07patience probablement
- 41:09et même si j'ai des idées sur ce qui
- 41:12pourrait être fait dans l'économie et
- 41:13cetera, mais je je je
- 41:16ne souhaite pas m'emmêler de manière
- 41:18officielle
- 41:19et je préfère beaucoup ce que je fais ce
- 41:22qui est très amusant. Moi, je m'amuse
- 41:25tous les jours quand j'arrive au bureau.
- 41:28je je
- 41:29Oui. Et oui, absolument. Oui, oui, je
- 41:32m'amuse tous les jours. Oui. Et et donc
- 41:35euh je ne pense que n'auraiit jamais le
- 41:37même euh plaisir
- 41:40en politique aujourd'hui.
- 41:41En politique quand je vois situations
- 41:44dans lesquelles il faut faire des
- 41:46compromis dans tous les sens, en ce
- 41:48moment par exemple, c'est extrêmement
- 41:50difficile hein pour pour ces
- 41:52responsables.
- 41:54C'est très très difficile. Je me vois
- 41:56pas là-dedans. Non. Est-ce que vous vous
- 41:59dites parfois quand quand on dit quelque
- 42:00chose de mal, on n pas envie d'être ami
- 42:01avec les gens,
- 42:03est-ce que vous regardez ce qu'on dit
- 42:04vous dans les médias ou euh
- 42:07vous vous en fichez ou vous regardez pas
- 42:09? Quelle est votre opinion là-dessus ?
- 42:10Parce que on parle souvent de vous.
- 42:12Oui, mais ça me laisse complètement
- 42:14froid et dans la plupart des cas je je
- 42:17regarde même pas et on dit mais enfin tu
- 42:19as vu cet article ? Non, j'ai pas vu. Je
- 42:21pas le lire, je m'en fous complètement.
- 42:23C'est vrai.
- 42:24Absolument. Oui oui mais c'est
- 42:26l'attitude à avoir. Oui. Quand on enfin
- 42:29en France quand on réussit un peu
- 42:32immédiatement [grognement] on est
- 42:33critiqué hein. Bon [raclement de gorge]
- 42:35voilà bah c'est tout
- 42:37par des gens souvent qui comprennent pas
- 42:39ce qu'on fait ou qui veulent critiquer
- 42:41pour différentes raisons qui leur sont
- 42:43propres. À quoi ça sert ?
- 42:47C'est pas la peine de se polluer
- 42:49l'esprit avec ça à mon avis hein.
- 42:51Non non mais il pourrait y avoir
- 42:53humainement quelque chose qui vous a
- 42:54blessé. Ça peut ça peut arriver même si
- 42:56on en a rien à faire ou voir quelque
- 42:57chose on se sent blessé parce que on
- 42:59travaille pour quelque chose et
- 43:01justement quelque chose qui sort qui est
- 43:02complètement faux.
- 43:03Bah il y a des tas de choses fausses qui
- 43:05qui ont été dites. Oui. Mais des fautes
- 43:07de à Z. Fautes de A. Ah oui,
- 43:09mais de A à Z. Je vous donne un exemple.
- 43:12Vous allez peut-être me poser une
- 43:13question. Ça m'a toujours étonné ça. Euh
- 43:15sur l'immeuble princess qu'on a
- 43:17construit aux États-Unis avec Michael
- 43:18Burk. Alors, c'est quand vous partez aux
- 43:21États-Unis, Michael Burk, je vais juste
- 43:22me permettre de dire parce que c'est
- 43:23c'est fou, c'est encore vous travaillez
- 43:26encore avec lui aujourd'hui.
- 43:27Oui.
- 43:27Et vous lui avez demandé de vous
- 43:28accompagner et de vous aider parce qu'
- 43:30il parlait anglais à l'époque. C'était
- 43:31votre stagiaire. Non,
- 43:32il était à l'Éc et je l'avais pris comme
- 43:34stagiaire parce que évidemment il avait
- 43:36la double nationalité américaine et
- 43:37française.
- 43:38Donc il parlait pas mal anglais. Oui.
- 43:40Bon et et en plus c'est quelqu'un de
- 43:42brillantissime.
- 43:43Il est de pardon, il est toujours dans
- 43:44le groupe aujourd'hui hein.
- 43:45Il est toujours avec moi aujourd'hui.
- 43:46Oui. Oui. Il est président de VMH USA
- 43:49et il est rentré avec vous en tant que
- 43:50stagiaire. C'est rigolo.
- 43:51Oui. Ou oui oui. Mais ça la fidélité ça
- 43:53compte dans les affaires quand même
- 43:55voyez. Et donc
- 43:58cette opération immobilière, la première
- 44:00opération immobilière que je fais en 81
- 44:01quand je pars aux États-Unis avec lui,
- 44:04on fait ce bâtiment Princess.
- 44:06Corre bâtiment. Ouais. magnifique
- 44:08bâtiment qui est toujours là.
- 44:09D'ailleurs, j'ai eu au téléphone il y a
- 44:10une semaine, il m'a dit tiens, je suis
- 44:12passé devant. Bon euh alors ça, j'ai
- 44:15jamais compris pourquoi les gens disent
- 44:16ça que c'était un flop. On n jamais fait
- 44:19une opération immobilière aussi réussie
- 44:21et aussi profitable.
- 44:23Ah ! Ah oua ! Même vous ça vous étonne.
- 44:25Ça m'étonne parce que quand j'ai tapé
- 44:27parce que je trouve ça intéressant de
- 44:28savoir les échecs. Non pas pour dire
- 44:30vous avez fait un échec mais pour
- 44:31comprendre.
- 44:32C'est sûrement dans les listes des
- 44:33échecs mais c'est dit partout. C'est
- 44:34votre numéro 1 quand on demande oui et
- 44:36ben c'est probablement la plus belle
- 44:39opération immobilière que j'ai jamais
- 44:41faite et sauf appeler Michael Burk
- 44:43demandez lui vous verrez vous expliquer
- 44:45c'est lui qui était aux manettes. On a
- 44:48jamais fait rien d'ussi rentable.
- 44:50[rires]
- 44:50Et pourquoi ils ont transformé ça en
- 44:51échec ?
- 44:52Bah c'est savoir. J'en sais rien. Je
- 44:55peux vous le dire. J'en sais rien du
- 44:56tout. [rires] Incroyable. Oui, à chaque
- 44:59fois on voit
- 45:02Bernard Arnaud a un jet privé par
- 45:04exemple.
- 45:05Oui.
- 45:05Euh ça ça vous a été beaucoup reproché
- 45:07aussi. Est-ce que
- 45:08Oui oui [raclement de gorge] oui. Ça ça
- 45:09c'est pour d'autres raisons. Ben ça jet
- 45:10privé c'est pour d'autres raisons hein.
- 45:13On me on voulait même me suivre la trace
- 45:15hein. Alors maintenant j'ai réglé le
- 45:17problème il y a quelques années. J'ai
- 45:18vendu [grognement]
- 45:20j'ai plus de chat privé.
- 45:23Alors, c'est vendu.
- 45:24Vous étiez obligé d'avoir un gel parce
- 45:25que vous allez dans les usines
- 45:27si vous voulez
- 45:29prenez quand on fait le tour du monde
- 45:31hein, qu'on va dans trois ou quatre
- 45:33villes de Chine qu'ensuite on va à
- 45:35Macao, qu'on va
- 45:37à Séou et qu'on va dans une autre ville
- 45:41de Corée, on va au Japon, de villes du
- 45:44Japon. Ensuite, on part pour Los
- 45:46Angeles, tout ça et et et on fait ça en
- 45:49une semaine. Impossible à faire en avion
- 45:51de ligne. Totalement impossible.
- 45:53Donc du coup, vous avez vendu et comme
- 45:54ça, on peut plus vous suivre.
- 45:55On peut plus me suivre maintenant. Je
- 45:57quand ça m'arrive de faire ça, je je
- 45:59loue un avion. Je voilà, des tas de
- 46:01compagnies de jet faites par toute une
- 46:03série de voilà
- 46:05personne ne me peut me repérer.
- 46:07D'ailleurs, c'est intéressant parce que
- 46:08sinon savoir où je me trouve, c'est pas
- 46:09très bon.
- 46:10Même pour la sécurité. Oui,
- 46:12pour la sécurité, je sais pas. Mais en
- 46:14tout cas, on s'est dit tiens, il est là,
- 46:15mais qu'est-ce qu' peut être en train de
- 46:16regarder comme affaire ? Je sais pas
- 46:19quoi. Est-ce que vous prenez le train
- 46:20parfois ?
- 46:21Bien sûr. J'ai inauguré d'ailleurs le
- 46:24train rapide euh à l'époque.
- 46:26Le TGV pour Lille.
- 46:27Oui. Oui. Ou oui.
- 46:30Quelqu'un m'a dit qu'il vous avait vu.
- 46:31Oui. Alors, pour Bruxelles,
- 46:34exactement.
- 46:34Oui.
- 46:35En seconde classe.
- 46:36Oui. Oui. Oui. Parce qu'il y avait plus
- 46:37de place. Mais ça ça me dérange pas.
- 46:39C'est en seconde classe, hein. Et
- 46:42j'étais avec un de mes fils, je sais
- 46:44plus lequel,
- 46:46j'étais à l'enterrement d'un ami à
- 46:48Bruxelles
- 46:51et qui m'a dit "Mais est-ce que tu as vu
- 46:53dans le train, il y a le dirigeant de
- 46:55Media Part ?
- 46:57Il m'a dit "Je vais aller lui signaler
- 47:00que tu es dans le train parce qu'il
- 47:01arrête pas de faire des articles
- 47:02épouvantables sur toi parce que tu
- 47:04prends le jet pour aller de Paris à
- 47:06Bruxelles ou je sais pas quoi." Bon, il
- 47:08y a pas eu d'article.
- 47:09[grognement]
- 47:10seconde classe, c'est ça ?
- 47:13Il y a un décalage entre ce qu'on voit
- 47:14dans les médias et votre vie. Est-ce que
- 47:16parfois vous vous dites "Je comprends
- 47:18pas pourquoi ?" Mais encore une fois, je
- 47:20m'intéresse pas aux médias qui me qui me
- 47:22parlent de moi. Ça ça vraiment ça
- 47:24m'intéresse pas hein parce que
- 47:27la plupart des cas c'est tellement faux
- 47:30que
- 47:31c'est marrant.
- 47:32Mais il y a des erreurs. Il y a d'autres
- 47:33choses comme ça. Vous allez peut-être me
- 47:36parler de Boussac aussi. Ah si,
- 47:38j'allais y venir.
- 47:38Vous allez y venir.
- 47:39On est bien synchro. Regardez ma fiche.
- 47:41Je pourrais je pourrais faire une
- 47:42émission de télé. [rires]
- 47:44Je peux vous donner les fiches si vous
- 47:46voulez, je répondrai. Euh la reprise du
- 47:48groupe Booussac, c'est donc c'est en
- 47:501984, c'est ça ? Décembre 1984,
- 47:53vous avez 35 ans à l'époque.
- 47:55Oui.
- 47:56Pour tourner en en France, donc après
- 47:57les les États-Unis, oui.
- 47:59Vous rachetez le groupe Bousac qui qui
- 48:00est en faillite à ce moment-là. C'est un
- 48:01groupe qui va pas forcément très bien.
- 48:03Euh il y a une il y a il y a plusieurs
- 48:05marques. Il y a Dior, il y a une pépite
- 48:07à l'intérieur. Euh le bon marché,
- 48:09Conforama, enfin, il y a beaucoup de
- 48:11marques. Voilà.
- 48:13Vous allez finalement garder que Dior
- 48:15est est le bon marché. Comment est-ce
- 48:17que vous allez racheter Bous ? Qui a eu
- 48:19plein d'articles aussi dessus.
- 48:21Alors, je vais vous expliquer. Je vais
- 48:22vous expliquer parce que là aussi, il y
- 48:23a beaucoup d'fémission.
- 48:26L'er l'erreur ce qui est écrit en
- 48:29général là-dessus, c'est
- 48:32monsieur Arnaud, il a commencé bien sûr
- 48:35mais c'est l'État qui l'a aidé hein et
- 48:37qui lui a mis de l'argent
- 48:40qui qui l'argent public pour privé.
- 48:43Il y a beaucoup d'articles làdessus.
- 48:44Attendez,
- 48:44attendez. Alors, je vais vous donner
- 48:45quelques chiffres parce que les chiffres
- 48:46c'est quand même intéressant.
- 48:48Quand j'ai repris cette société, elle
- 48:51était en faillite depuis elle avait été
- 48:55mis en faillite en 81 quand le président
- 48:57Mitéran est arrivé au pouvoir. Et là, on
- 48:58est en 84.
- 49:00Il avait mis ils avaient mis le
- 49:03gouvernement de l'époque. C'était au
- 49:05départ monsieur Moroi avait mis à la
- 49:08tête de cette affaire euh des dirigeants
- 49:13qui ne connaissaient rien euh au
- 49:16business. Hm. Et donc elles
- 49:18s'enfonçaient, elle perdaient une
- 49:20fortune tous les mois. Euh je crois qu'à
- 49:22l'époque c'est pas loin de en France 100
- 49:24millions de francs tous les mois. Et
- 49:25donc à un moment quand l'Europée,
- 49:29ils se sont dit il faut qu'on sorte de
- 49:30là. C'est pas un état de gérer les
- 49:33pertes euh colossales que entraîne cette
- 49:37affaire. Et donc ils ont cherché des
- 49:38repreneurs. [grognement]
- 49:40Ils ont fait un appel d'offre hein et il
- 49:42y avait trois repreneurs. On était un
- 49:45des trois. je passe sur l'appel d'offre
- 49:46et cetera. On était tous à peu près dans
- 49:48les mêmes chiffres. On a proposé nous de
- 49:52mettre 400 millions de francs
- 49:55d'argent. Moi, je ne les avais pas. Et
- 49:58donc
- 50:00j'ai mis 50 millions avec le groupe
- 50:02familial et j'ai des investisseurs qui
- 50:05m'ont suivi pour 400 millions et on a
- 50:07demandé à l'État de nous faire un prêt.
- 50:09Ça fait à peu près 400 millions, ça fait
- 50:11à peu près 70 millions d'euros hein. et
- 50:14on a demandé à l'État et d'ailleurs les
- 50:15deux autres compétiteurs demandaient la
- 50:17même chose un prêt pour
- 50:22avoir 400 millions
- 50:25par nous et 400 millions d'état
- 50:28et ce prêt é un prêt donc remboursable
- 50:31hein avec un taux d'intérêt variable en
- 50:34fonction de ce qu'on appelle retour à
- 50:36meilleure fortune retour au bénéfice et
- 50:38cetera voilà
- 50:39le temps de réinverser la courbe
- 50:41de de de nous on voulait redresser
- 50:43l'affaire. Si ça se redressait, on
- 50:45rembourserait plus que le taux
- 50:46d'intérêt.
- 50:48C'est ce qu'on a fait. On a redressé
- 50:49l'affaire. Je vous expliquerai ensuite
- 50:51les problèmes sociaux et cetera. Et euh
- 50:54[raclement de gorge] non seulement on a
- 50:55redressé l'affaire, mais on a remboursé
- 50:58plus que l'argent qu'on nous avait
- 51:00prêté. Et alors maintenant, on dit "Oui,
- 51:03mais quand même, quel scandale, monsieur
- 51:04Arnaud ! L'argent de Boussac, comment
- 51:07c'est l'État qui qui a fait sa fortune
- 51:09?" Alors, je voudrais juste donner un
- 51:10chiffre.
- 51:12Donc on a reçu un prêt de 70 millions.
- 51:16Depuis cette époque, le groupe que j'ai
- 51:18monté à partir de ça
- 51:21a payé à l'État dans 70 millions d'euros
- 51:24l'équivalent hein, à payer à l'État sous
- 51:26la forme d'impôt et de charge sociale
- 51:30[raclement de gorge]
- 51:3140 milliards.
- 51:33OK. Donc il s'agit là et on peut
- 51:38féliciter le premier ministre Fabius de
- 51:40l'époque du meilleur investissement
- 51:42jamais fait par l'État français
- 51:44[grognement]
- 51:45à aucun moment. On parle de 70 millions
- 51:49prêtés remboursés et on touche avec
- 51:52l'entreprise qui résulte sur la période
- 51:54jusqu'à maintenant 40 milliards.
- 51:57Voilà. Alors quand j'entends c'estes ces
- 52:00ces critiques franchement insensé enfin
- 52:03c'est c'est incompréhensible. Je m'en
- 52:05fiche complètement hein.
- 52:06Vous avez l'histoire de de du nombre
- 52:08d'employés que vous deviez garder aussi
- 52:09à l'époque où je crois il y avait un un
- 52:11accord. C'est vrai. C'est vrai. On avait
- 52:1312000 personnes. On s'était engagé en
- 52:15garder 10000 et
- 52:18on n' pas tenu cet engagement. Alors
- 52:20pourquoi on n' pas tenu cet engagement ?
- 52:22parce que ce qu'on a trouvé était pire
- 52:24dans les usines. La concurrence
- 52:27chinoise était très forte et on a été
- 52:30obligé de réduire plus fortement. Et là
- 52:33aussi à l'époque 12000 personnes à peu
- 52:36près quand on arrive
- 52:39le groupe qu'on a bâti à partir de là
- 52:41aujourd'hui
- 52:43mondialement en direct 220000 personnes.
- 52:48OK. Et en France,
- 52:51entre les employés directs et les
- 52:53employés indirects, 40000 directs, 60000
- 52:57euh 160000 indirects qui sont chez les
- 53:01fournisseurs, 200000 personnes. Donc OK,
- 53:05on n pas tenu notre engagement de 2000
- 53:06personnes mais maintenant on a en France
- 53:11200000 personnes. Voilà. Alors, on peut
- 53:14peut-être arrêter un jour et ça ça
- 53:16remonte à 50 ans, hein. [rires]
- 53:18Peut-être arrêter un jour de ressortir
- 53:20ça parce que il y a il y a un climat euh
- 53:25qui fait que
- 53:27on ne supporte pas en France des raisons
- 53:30diverses que quelque chose réussisse
- 53:32vraiment
- 53:34surtout si c'est à base d'entreprise
- 53:36privée.
- 53:40[rires]
- 53:42C'est comme lorsqu'on fait des dons
- 53:43hein. [raclement de gorge] On a fait un
- 53:44don.
- 53:45Vous vous avez fait plusieurs fois des
- 53:46dons vous ? Enfin plusieurs fois.
- 53:47Il y en a deux dont je me rappelle.
- 53:49Oui.
- 53:49Celui de Notre Dame de Paris.
- 53:51Oui.
- 53:51Lorsqu'elle malheureusement brûlé.
- 53:54Oui.
- 53:55Vous avez donné 200 millions d'euros.
- 53:56Oui.
- 53:57Je crois parce que vous êtes tout en
- 53:57haut de la liste des donateurs. Il y a
- 53:58une plaque aujourd'hui. On a fait un
- 54:00reportage il y a pas longtemps sur Notre
- 54:01Dame qui voit
- 54:02d'ailleurs petit aparté vous étiez au
- 54:0510e rang.
- 54:06Oui. Oui. Oui.
- 54:08Vous étiez pas devant alors que c'est
- 54:09vous qui aviez donné beaucoup. J'ai pas
- 54:10besoin d'
- 54:10pour l'inauguration. Je je veux moi je
- 54:12préfère rester discret. Oui.
- 54:14Et vous avez donné une autre fois au
- 54:15restaurant du au resto du cœur.
- 54:16Voilà. OK. Alors dans le restaurant du
- 54:19cœur qui était quasiment faillite, bon
- 54:22on a donné euh
- 54:25je crois 100 millions si me rappelle
- 54:27bien. [grognement] Euh
- 54:29[raclement de gorge] et immédiatement
- 54:30alors ça les a aidé quand même beaucoup.
- 54:32Ça les a évité de de tomber en faillite.
- 54:35Mais comment 100 millions ? Mais
- 54:36pourquoi il donne 10 millions ? C'est
- 54:37mesquins, c'est épouvantable. Il faut
- 54:39pas faire ça. Et ça c'est le parti, je
- 54:42crois de monsieur Mélanchon. Mais après,
- 54:44il s'est tue. Pourquoi il s'est tue ?
- 54:47Parce qu'il s'est aperçu que sur ses
- 54:49réseaux sociaux, les électeurs de sont
- 54:52partis là hein. Il y a beaucoup de
- 54:54talent. Monsieur Mélenchon, je vais pas
- 54:56critiquer monsieur Mélenchon, mais enfin
- 54:57je vous explique, il a vu que
- 55:02ses électeurs protesta disant enfin quoi
- 55:05vous êtes fous, il donne 100 millions
- 55:07pour les restos du cœur et vous le
- 55:09critiquez, c'est pas possible. Et il y
- 55:11avait que ça. J'ai encore les les
- 55:14photocopies.
- 55:14Qu'est-ce qui vous reprochait d'ailleurs
- 55:16de Ah ben de pas avoir donné assez des
- 55:18monsieur mais il aurait pu donner deux
- 55:19fois plus ou trois fois plus. D'accord.
- 55:22Hein ? [grognement] Quant à la quant à
- 55:24Notre Dame, bon les critiques c'est mais
- 55:29et et on a fait quand même 200 millions.
- 55:32C'est c'est c'est très
- 55:35important et c'est très très utile pour
- 55:37ce projet. Ah mais non mais c'est l'État
- 55:39qui devrait faire ça. C'est pas un privé
- 55:41qui devrait s'occuper de ça. Bon, on
- 55:43croit rêver. On croit rêver.
- 55:46En fait, vous donnez de l'argent au
- 55:47resto au resto du cœur un jour et en
- 55:49fait ça vous retombe dessus avec des bad
- 55:51buzz et des
- 55:52faut pas exagérer. C'est c'est une
- 55:54critique d'un d'un homme politique qui
- 55:57voulait faire qui voulait faire de la
- 55:59com. Non. B non
- 56:00vous répondez jamais. Non. Bon sous les
- 56:02jeun dise non. Il y en a un autre qui
- 56:04[grognement] fait que pour lequel je
- 56:06suis enfin maintenant ça c'est ralenti
- 56:08mais j'étais
- 56:10un un outil de marketing. C'est monsieur
- 56:13Ruffin.
- 56:13François Ruffin. Ouais. qui est un homme
- 56:15politique de de gauche euh français.
- 56:17Alors, j'étais son [grognement] euh il
- 56:21m'utilise comme euh outil de marketing,
- 56:25directeur marketing. Dès qu'il veut
- 56:27faire un peu de pub à la télé, il parle
- 56:28de moi. [rires]
- 56:29Il a fait un film sur vous.
- 56:31Oui. Qui qui s'appelait Merci patron.
- 56:33Absolument. Oui. Alors ça ça j'ai
- 56:35regardé.
- 56:35Vous l'avez regardé ?
- 56:36Celui-là ? J'ai regardé. Oui, parce
- 56:37qu'on m'en a tellement parlé, j'ai quand
- 56:39même le regarder et je veux dire était
- 56:40assez rigolo.
- 56:41C'est vrai.
- 56:42Oui. Bourré d'erreurs. Bourré d'erreur
- 56:44mais assez rigolo. Et je crois
- 56:46d'ailleurs que ça lui apportait beaucoup
- 56:47d'argent mais tant mieux pour lui hein.
- 56:49Des choses fausses dedans.
- 56:51C'est pourrait d'erreur. Je peux plus
- 56:53vous dire exactement quoi mais je les
- 56:54avais noté. C'est c'est pour
- 56:56Ils vous reprochez d'avoir fermé un
- 56:57atelier je crois. Et
- 56:58oui tas de trucs comme ça sans c'est
- 57:00toujours au sujet de l'affaire Booussac.
- 57:02Là, c'est c'est truc qui remonte à 50
- 57:04ans. Mais si vous voulez euh
- 57:10je je crois que je suis plus utilisé
- 57:11pour son marketing qui est d'ailleurs un
- 57:13peu en baisse, hein, depuis que monsieur
- 57:15Mélenchon
- 57:17l'a peut-être un peu écarté. Pourquoi ?
- 57:20Comme il a pas le talent de monsieur
- 57:22Mélenchon pour faire des discours,
- 57:24je pense qu'il est un peu en train de
- 57:26tomber aux oublouillettes. Mais bon, je
- 57:27ne sais pas, je veux pas me de ça.
- 57:29Il y a eu le le rachat d'VMH après autre
- 57:32étape importante dans votre carrière 3
- 57:34juin 1987, il y avait Alain Chevalier
- 57:37donc du côté Moetensy et Henré Racamier
- 57:39du côté Louis Viton.
- 57:40Ils vont fusionner leur groupe à
- 57:42l'époque. Ils vont faire un groupe de
- 57:42luxe donc LVMH. Ils vont se déchirer à
- 57:45l'époque. J'ai bien compris
- 57:47l'historique. Rakamier va, monsieur
- 57:49Rakamier va faire rentrer un
- 57:50investisseur extérieur qui est donc
- 57:51c'est vous
- 57:52qui allez arriver et vous allez racheter
- 57:54des actions et prendre en fait la tête
- 57:56du du je crois que c'est 2 ans plus tard
- 57:58la tête du groupe est-ce que c'est à peu
- 57:59près ça ? Hm
- 58:00hm. [grognement]
- 58:01Est-ce que quand vous arrivez euh chez
- 58:04LVMH que vous rentrez d'abord petit
- 58:07actionnaire, est-ce que vous saviez que
- 58:08vous vouliez prendre le contrôle du
- 58:09groupe ou est-ce que ça s'est fait
- 58:09naturellement parce que par des
- 58:12opportunités qui arrivent ? Comment
- 58:14comment ça se passe ? Bah
- 58:16si vous voulez dans cette affaire là
- 58:17quand j'ai fait cette opération je suis
- 58:20rentré tout le monde disait c'est un
- 58:22mariage d'ego extraordinaire
- 58:26et
- 58:28c'est pratiquement une affaire
- 58:31qui roule très bien avec un management
- 58:34très calme et cetera. Bon, OK. Moi, il
- 58:37se trouve qu'avant même euh ce moment-là
- 58:40euh il y a eu la crise 2000 de 87 87
- 58:46et euh j'avais acheté des actions. Bon,
- 58:48euh donc ça m'intéressait de de voir un
- 58:52peu comment ça évolué et puis surtout
- 58:54ils étaient propriétaires des parfums
- 58:56d'or et moi j'avais la couture. Donc ça
- 58:59m'intéressait aussi de voir s'il y avait
- 59:00pas un rapprochement possible avec la
- 59:02couture parce que je pense que pour une
- 59:04maison de couture, il est fondamental de
- 59:06pouvoir gérer ses parfums. Et là c'était
- 59:08séparé donc ça entraîné des problèmes.
- 59:11Et quand je suis arrivé donc là,
- 59:15[halètement]
- 59:16je me suis aperçu qu'en fait, et ça
- 59:18c'était peut-être un an après le la
- 59:21fusion,
- 59:23les deux dirigeants
- 59:26se battaient
- 59:28mais était complètement antagoniste
- 59:33et que l'affaire, si on l'a laissé comme
- 59:35ça, allait avoir de gros problèmes. Et
- 59:37donc dit c'est pas possible
- 59:41et l'un des deux
- 59:44sur camier voulait annuler la fusion
- 59:49et vendre la partie
- 59:53vin spiritueux
- 59:55à nos partenaires anglais de
- 59:57distribution.
- 59:59ça c'est pas possible de faire ça et je
- 1:00:00me suis opposé et c'est de là que s'est
- 1:00:02lancé la dispute et et finalement j'ai
- 1:00:05pris le j'ai pris le contrôle et
- 1:00:07d'ailleurs [raclement de gorge] les
- 1:00:08actionnaires de la famille de monsieur
- 1:00:12ils sont partis à ce momentl ils ont
- 1:00:13vendu leurs actions pas quoi mais ils
- 1:00:15auraient bien fait de rester serait
- 1:00:16resté ils auraient gagné beaucoup
- 1:00:17d'argent
- 1:00:19mais on a toujours chez Viton un certain
- 1:00:23nombre de membres de la famille Viton
- 1:00:26qui eux sont restés Ouais qui s'appelle
- 1:00:28Viton.
- 1:00:29Oui. Oui.
- 1:00:29Et je crois que quelqu'un vous a dit à
- 1:00:31l'époque où vous avez racheté Louis
- 1:00:33Vitton, vous avez dit "De toute façon,
- 1:00:34c'est déjà au top, vous pourrez pas
- 1:00:36faire mieux."
- 1:00:37Oui.
- 1:00:38Oui. Oui. Quelqu'un me dit ça, un de mes
- 1:00:40amis investisseurs. Oui. H et je
- 1:00:42vous avez fait 1000 aujourd'hui ? Non,
- 1:00:44mais
- 1:00:46simplement il [raclement de gorge]
- 1:00:47connaissait pas le métier si vous
- 1:00:49voulez. Donc il disait "Je vois beaucoup
- 1:00:52de sac Vuon." dit oui beaucoup de sacon
- 1:00:54parce qu'il était à Paris dans les
- 1:00:56cercles où on vendait pas mal de sacson
- 1:00:59sauf il avait pas vu différentes choses
- 1:01:00par exemple il est pas vu qu'à l'époque
- 1:01:03on éétait pas encore implanté en Chine
- 1:01:04voyez OK l'époque on avait une
- 1:01:08distribution extrêmement limitée aux
- 1:01:10États-Unis et que tout le marché mondial
- 1:01:13était en train de s'ouvrir. Vous voyez
- 1:01:15pas tout ce qui pouvait arriver, c'est
- 1:01:16ça ? Donc alors bon, vous avez une
- 1:01:20passion, c'est le piano et la musique.
- 1:01:22Vous êtes un grand amateur de piano.
- 1:01:25Comment est-ce que vous êtes tombé
- 1:01:26dedans ? Je crois que c'est vraiment
- 1:01:26quelque chose d'important pour vous.
- 1:01:29Alors ça c'est familial. Ma mère joue un
- 1:01:32peu de piano, mon père jouait beaucoup
- 1:01:34de violon.
- 1:01:36Je me rappelle encore entendre mon père
- 1:01:38le dimanche matin s'entraîner à jouer le
- 1:01:42concerto de Sibélius et ça m'a donné
- 1:01:45envie de de me mettre au piano et voilà.
- 1:01:48Donc j'ai j'ai fait du piano. J'ai même
- 1:01:51été l'uréat d'un d'un concours quand
- 1:01:53j'étais avant avant le baccalauréat. Je
- 1:01:55crois j'avais 13 ans ou 14 ans et ça m'a
- 1:01:58toujours passionné. Oui. Et maintenant
- 1:02:01j'écoute des concerts.
- 1:02:02Vous en avez fait des concerts
- 1:02:03d'ailleurs ? Oui oui oui oui. Mais enfin
- 1:02:06bon, j'ai pas fait des concerts en
- 1:02:08soliste hein. Non,
- 1:02:09vous avez fait je crois. J'ai fait des
- 1:02:11concerts
- 1:02:13des des concerts trois pianos.
- 1:02:15Trois pianos à 6 à trois pianos.
- 1:02:18Absolument
- 1:02:18avec votre fils et votre femme.
- 1:02:20Avec mon fils et ma femme.
- 1:02:23On en a fait un enfin juste avant les
- 1:02:27problèmes avec la Russie à Moscou dirigé
- 1:02:30par Vladimir Spivakov concert de Mozart.
- 1:02:34Et oui, je quand j'ai un peu de temps,
- 1:02:36j'essaie de jouer du panneau. Si vous
- 1:02:37voulez, je peux vous raconter une
- 1:02:38anecdote aussi qui m'est arrivée parce
- 1:02:40que
- 1:02:41il y a quelques temps, vous savez qu'on
- 1:02:43a une très belle salle de concerts dans
- 1:02:46la fondation Louis Vuitton. Bon et un
- 1:02:49jour on me dit il faut absolument venir
- 1:02:52parce que
- 1:02:54maître
- 1:02:56Maurizio Polini est là et on essaie de
- 1:03:00lui faire le faire venir pour jouer les
- 1:03:02concerts et il veut voir un peu cette
- 1:03:04salle. Donc j'y vais avec mon fils
- 1:03:07Frédéric qui joue très très bien,
- 1:03:08beaucoup mieux que moi, avec ma femme
- 1:03:10qui est fénis professionnel. Nous voilà
- 1:03:12donc dans la salle de
- 1:03:15de concert et euh on dit à Maurizio,
- 1:03:20"Bon, pouvez-vous jouer quelque chose
- 1:03:21pour euh tester la sonorité ?" Très
- 1:03:25bien. Euh [grognement] il dit "Non, non,
- 1:03:27j'ai pas envie. Non. Alors, je me tourne
- 1:03:31vers ma femme, je dis "Bon, je joue
- 1:03:33quelque chose. [rires]
- 1:03:35Non, non, je peux pas devant Mor
- 1:03:37Paulini. Impossible.
- 1:03:38C'est difficile de jouer devant lui
- 1:03:39aussi. Très bien. Je dis à Frédéric
- 1:03:41alors vas-y hein. Non et à ce moment-là
- 1:03:44dis au pol bah vous un peu piano
- 1:03:47allez-y. Et me voilà sur la scène. À
- 1:03:51l'époque je jouais maladroitement mais
- 1:03:53quand même la sonate numéro 2 Chopin et
- 1:03:59me voilà en train de démarrer la sonate
- 1:04:00de Chopin devant Maurizopoli.
- 1:04:03Incroyable. Bon, j'ai joué que la
- 1:04:05première partie qui est plus facile mais
- 1:04:07euh c'était quand même assez
- 1:04:10stressant. Est-ce que vous avez les
- 1:04:12doigts qui tremblaient à ce moment-là ?
- 1:04:14Non, parce que j'essayais de bien faire
- 1:04:16quand même hein.
- 1:04:18Si j'avais dû jouer la deuxième le
- 1:04:20deuxième mouvement là, j'aurais
- 1:04:21peut-être eu plus de difficulté parce
- 1:04:23que ça c'est vraiment difficile.
- 1:04:25Et j'ai vu que vous aviez racheté radio
- 1:04:27classique aussi en tant qu'amateur de de
- 1:04:29musique classique. C'est c'est pas du
- 1:04:31tout les mêmes choses que vos autres
- 1:04:32sociétés. Vous l'avez acheté pour le
- 1:04:34plaisir ? Pourquoi vous avez acheté
- 1:04:35Radio Classique ?
- 1:04:35J'ai acheté parce que on me l'a proposé.
- 1:04:39C'est Pierre Fort à l'époque Sagem qui
- 1:04:41on était propriétaire. Il voulait le
- 1:04:42vendre. Il avait appris que j'étais
- 1:04:46musicien, que ça m'intéressait, que
- 1:04:49j'écoutais Radio Classique et donc ça
- 1:04:52s'est fait ça s'est fait comme ça. Il
- 1:04:53était aussi polytechnicien d'ailleurs.
- 1:04:56Oui. Alors vous parlez de la fondation
- 1:04:58Louis Vitton en en 2014, vous allez
- 1:05:00l'inaugurer. La fondation Louis Viton,
- 1:05:02c'est un musée d'art contemporain qui
- 1:05:03qui est au cœur du bois de Boulogne à
- 1:05:05côté de Paris. Elle a accueilli
- 1:05:07aujourd'hui plus d'on000 visiteurs en
- 1:05:102025. H c'est c'est énorme. C'est plus
- 1:05:13que le Montinichel queon puisse imaginer
- 1:05:154e en 10 c'est devenu le 4e musée de
- 1:05:18Paris derrière le Louvre Orsé et
- 1:05:19Pompidou en terme de de visiteur et de
- 1:05:21renommé.
- 1:05:23Pourquoi vous avez fait cette fondation
- 1:05:24? Ça vient d'où ? C'est vous qui avez eu
- 1:05:25l'idée ? Comment est-ce que c'est arrivé
- 1:05:27?
- 1:05:27J'ai eu cette idée depuis longtemps.
- 1:05:29J'ai eu cette idée depuis le début des
- 1:05:31années 90. J'ai eu cette idée parce que
- 1:05:34je me suis dit avec un collaborateur qui
- 1:05:37est toujours avec moi, qui dirige
- 1:05:39d'ailleurs très très bien cette
- 1:05:40fondation maintenant qui s'appelle
- 1:05:41Jean-Paul Claverie, je me suis dit que
- 1:05:44le groupe
- 1:05:46tire son succès des créateurs qui sont
- 1:05:51pas vraiment des artistes, c'est la
- 1:05:53création de mode, c'est plutôt de leur
- 1:05:56appliquer. Enfin, c'est un monde de
- 1:05:58création et qu'il serait bien qu'on
- 1:06:00trouve un moyen de rendre un peu à ce
- 1:06:02monde de la création ce que l'on on tire
- 1:06:06pour la marge de nos affaires. Et au
- 1:06:08départ, on avait envisagé de déjà en 92
- 1:06:11ou 93, je sais plus, de créer une
- 1:06:15fondation en bois de Boulogne dans un
- 1:06:17autre endroit. Et la mairie à l'époque
- 1:06:19dirigée par Jacques Chirac, je sais pas
- 1:06:22pourquoi, mais ça avait pas marché. On
- 1:06:23avait pas obtenu autorisation. Bon, donc
- 1:06:26on avait toujours cette idée, on avait
- 1:06:28examiné beaucoup d'autres sites et
- 1:06:29finalement quand euh on a vu euh sur le
- 1:06:34bois de Boulogne le à l'époque c'était
- 1:06:36un bowling. C'était un bowling.
- 1:06:38Il y avait un bowling là-bas
- 1:06:39à l'endroit de la fondation. Oui. Oui.
- 1:06:41Qui était très lait. Et euh donc on
- 1:06:44s'est dit on va essayer peut-être de
- 1:06:46leur proposer quelque chose de
- 1:06:47formidable. J'en ai parlé à Fran Guerry
- 1:06:49que j'avais vu
- 1:06:50l'architecte à l'architecte exceptionnel
- 1:06:53que j'avais vu à Bilbao quand on est
- 1:06:56aller visiter son son musée à Bilbao. Et
- 1:06:58à ce moment-là euh il a trouvé l'endroit
- 1:07:01extraordinaire. Il s'est même il a même
- 1:07:03pleuré en visitant le site hein euh et
- 1:07:06ça lui a fait penser à son séjour à
- 1:07:08Paris. pensait à Prou et cetera et donc
- 1:07:11on s'est dit là il faut pas rater et
- 1:07:13j'ai convaincu euh le maire de Paris
- 1:07:15monsieur Deloé d'accepter le projet et
- 1:07:18on a lancé le projet qui a mis
- 1:07:20d'ailleurs beaucoup de temps parce qu'il
- 1:07:21y a eu comme toujours en France beaucoup
- 1:07:23d'oppositions hein beaucoup
- 1:07:24d'oppositions mais comment un musée au
- 1:07:27bois de Boulogne c'est pas possible
- 1:07:29voilà et finalement
- 1:07:32très bien
- 1:07:32au bout d'une dizaine d'années on a fait
- 1:07:36on a ouvert cette fondation en 14
- 1:07:39c'est dans c'est c'est collé au jardin
- 1:07:40d'acclimation pour ceux qui connaissent
- 1:07:42verneilli c'est un d'attraction pour
- 1:07:43enfants que l'on gère avec le groupe
- 1:07:47parce que ça faisait ça c'est c'est une
- 1:07:49concession qui appartenait au groupe
- 1:07:51Boussac he
- 1:07:53voilà et pourquoi ça partait dans
- 1:07:55Boussac je peux vous raconter ça c'est
- 1:07:57assz amusant
- 1:07:58monsieur Boussac Marcel Boussac avait
- 1:08:01son appartement sur la rue qui est juste
- 1:08:03en face à Neïi hein
- 1:08:07du jardin d'acclimatation. Bon et il
- 1:08:10était réveillé la nuit par des lions
- 1:08:13parce que à l'époque il y avait des
- 1:08:15lions. Elle dit ça c'est pas possible,
- 1:08:16moi je veux dormir ces lions. Bon je
- 1:08:19rachète le jardin d'inclimentation et
- 1:08:22j'enlève les lions et donc on
- 1:08:23il racheté pour enlever les lions.
- 1:08:24Absolument. [rires]
- 1:08:26Et à ce moment-là,
- 1:08:28donc quand on a repris Bousac qui est à
- 1:08:30l'origine de de LVM,
- 1:08:34on avait le jardin de notation à gérer
- 1:08:37et on le gère toujours à la satisfaction
- 1:08:40générale, je crois, parce que ça marche
- 1:08:41très bien.
- 1:08:41Vous y avez emmené vos enfants quand ils
- 1:08:43étaient petits ?
- 1:08:43Bien sûr, bien sûr. Oui. Et on a refait
- 1:08:46les les manèges, le grand 8 et cetera.
- 1:08:48Il est génial. C'est c'est c'est super
- 1:08:50pour les familles.
- 1:08:51C'est très bien. Oui.
- 1:08:52Alors, j'ai entendu dire que vous vous
- 1:08:54investissiez dans dans d'autres choses.
- 1:08:56Est-ce que vous pouvez nous dire un peu
- 1:08:57dans quoi vous investissez vous à titre
- 1:08:58perso aussi ? Oui, ben à titre personnel
- 1:09:01euh j'investis depuis un certain temps
- 1:09:04dans la technologie et notamment j'ai
- 1:09:06commencé euh à l'époque euh de lancement
- 1:09:10de l'Internet à la fin des années 90 et
- 1:09:12j'ai fait un certain nombre
- 1:09:13d'investissements et vous vous rappelez
- 1:09:15de cette période où les acteurs
- 1:09:17internates étaient montés une forme de
- 1:09:20bulle et certaines affaires avaient
- 1:09:22explosé et d'autres sont restées. Voilà.
- 1:09:25et un investissement
- 1:09:28que je n'avais pas prévu hein, si
- 1:09:30j'étais dans un fond américain, j'avais
- 1:09:31invité dans un fond américain de la côte
- 1:09:33ouest [grognement] et euh mon partenaire
- 1:09:36qui gère tout tout ça pour moi me dit
- 1:09:39"Bon, on va passer ça par des profits
- 1:09:41parce que dans ce fond bah comme les
- 1:09:43autres fonds américains en ce moment,
- 1:09:47ils doivent avoir tout perdu." Et un
- 1:09:49jour euh [rires]
- 1:09:51on reçoit un message et ils nous disent
- 1:09:54"Ben, on vous envoie les actions qu'on a
- 1:09:56mais on a plus d'argent donc on vous les
- 1:09:58renvoie. Le fond est dissous et on
- 1:09:59reçoit un bon paquet d'action Google
- 1:10:02hein qui est qui était je crois à
- 1:10:04l'époque valorisé 2 ou 3 €. Voilà
- 1:10:07l'action.
- 1:10:08Oui l'action. Oui oui oui. Et quelque
- 1:10:11chose comme ça. À l'époque on savait pas
- 1:10:14trop ce que c'était hein. Google. Ouais
- 1:10:17on connaissait pas au début. Non non
- 1:10:18non. Donc après ça ça a pas mal monté.
- 1:10:22[rires]
- 1:10:22C'est monté à combien d'ailleurs les
- 1:10:23actions ?
- 1:10:24Je sais plus. Ça je sais pas. Dans
- 1:10:25l'intervalle, on les a vendu. Je sais
- 1:10:26pas combien elles sont aujourd'hui mais
- 1:10:27enfin on a fait un bon profil.
- 1:10:29Il y a une part de chance parfois dans
- 1:10:31le business même si
- 1:10:32là là c'est vraiment de la chance parce
- 1:10:33qu'on a investi avec des gens très
- 1:10:35réputés.
- 1:10:37Ils en ont fait trop probablement et
- 1:10:39leur fond global a dû être liquidé. Donc
- 1:10:42on a reçu notre code part de ce qui est
- 1:10:44resté après liquidation et euh ça s'est
- 1:10:47terminé euh ça s'est terminé comme ça.
- 1:10:50C'était une bonne affaire.
- 1:10:51C'était une Oui, c'était une bonne
- 1:10:52affaire dans laquelle on est absolument
- 1:10:54pour rien. [rires]
- 1:10:55Il y en a une autre dans laquelle Il y
- 1:10:56en a une autre euh dans laquelle euh là
- 1:10:59on est pour quelque chose et on avait
- 1:11:01pris un pourcentage toujours avec la
- 1:11:03même équipe là qui est toujours avec
- 1:11:05moi. On avait pris une pourcentage au
- 1:11:07moment de la création de Netflix et on
- 1:11:10avait presque 20 %. C'est
- 1:11:12de Netflix.
- 1:11:12Oui, absolument. Euh et euh ben ça une
- 1:11:16très grande réussite. Alors là, vous
- 1:11:18avez peut-être demandé peut-être vous
- 1:11:20pourriez me demander s'il y a des choses
- 1:11:21qui ont pas marché ou a des choses que
- 1:11:23vous regrettez. Bah oui, j'ai vendu trop
- 1:11:26tôt. On a fait un très bon
- 1:11:28investissement mais depuis je crois que
- 1:11:30ça a été multiplié par 10. Encore par 10
- 1:11:33quoi
- 1:11:33en plus. Voilà, voyez. Donc quelquefois
- 1:11:37il faut pas vendre trop tôt et pas trop
- 1:11:38tard. Faut pas vendre trop tôt. Non non
- 1:11:39non, c'est je sais plus qui disait quel
- 1:11:42est le secret de votre fortune. Il
- 1:11:44disait "J'ai toujours vendu trop tôt."
- 1:11:46[grognement][rires]
- 1:11:48Il y a une histoire avec Steve Jobs si
- 1:11:50vous voulez bien. Pour terminer
- 1:11:51l'émission, j'ai deux trois questions.
- 1:11:53Euh Steve Jobs, je crois que vous lui
- 1:11:55vous le connaissiez. Oui,
- 1:11:56vous lui avez donné un conseil qui
- 1:11:58inspire aujourd'hui encore qui a inspiré
- 1:12:00les boutiques.
- 1:12:02Oui, il nous avait demandé euh si on
- 1:12:05pouvait lui donner quelques conseils au
- 1:12:07moment où il a lancé euh ses ventes en
- 1:12:10boutique. Et à l'époque, personne dans
- 1:12:12le métier la technologie ne vendait ses
- 1:12:17produits et il y avait pas encore le
- 1:12:18téléphone à l'époque hein vendait ses
- 1:12:21produits dans des boutiques et on lui
- 1:12:22avait dit "Si vous voulez faire des
- 1:12:24belles boutiques, venez voir un peu ce
- 1:12:25que fait Vuitton." il avait envoyé
- 1:12:27quelqu'un pour pour voir ça. Euh il m'en
- 1:12:29avait parlé et euh euh on lui a
- 1:12:32conseillé de se mettre plutôt dans les
- 1:12:35endroits où il y aon notamment une très
- 1:12:37belle boutique euh que j'ai encore vu la
- 1:12:39semaine dernière à Tokyo sur Ginza
- 1:12:41magnifique où il toujours une foule
- 1:12:45formidable chez chez Apple et donc il
- 1:12:49était évidemment très intelligent et
- 1:12:51très sympathique. Et la dernière fois
- 1:12:53que je l'ai vu, c'était à Bruxelles,
- 1:12:55hein. on a parlé et il m'a dit "Bon, mon
- 1:13:02iPod et là je pensais je pense qu'il
- 1:13:04venait de lancer le téléphone le tout
- 1:13:06début. Tu sais mon téléphone là
- 1:13:11c'est très bien mais toi c'est encore
- 1:13:14mieux parce que moi je suis sûr que ton
- 1:13:19ton père réunion dans un siècle il sera
- 1:13:20encore là et mon téléphone il sera
- 1:13:22complètement dépassé. [rires]
- 1:13:25Il était drôle. Tu sais, vous avez
- 1:13:27rencontré plein de gens dans votre
- 1:13:28carrière. Euh qui qui vous a le plus
- 1:13:30impressionné ? Parce que on parlait tout
- 1:13:32ça de Donald Trump, de président, de
- 1:13:34grands euh des entrepreneurs, vous les
- 1:13:37connaissez quasiment tous. Qui vous a le
- 1:13:38plus impressionné dans votre vie ?
- 1:13:40Alors ça c'est une question difficile.
- 1:13:42Oui, parce qu'il y en a beaucoup. Voilà,
- 1:13:45il y en a plusieurs mais peut-être celui
- 1:13:48qui m'a le plus impressionné sur le plan
- 1:13:50intellectuel, personnalité et
- 1:13:53connaissance du monde avec qui j'étais
- 1:13:55devenu ami et qui chaque fois qu'il
- 1:13:57venait à Paris venait dîner la maison,
- 1:13:59c'est Henrier
- 1:14:01qui était quelqu'un d'une extraordinaire
- 1:14:04quand il vous parlait de la situation
- 1:14:05géopolitique, c'était passionnant.
- 1:14:08C'était quelqu'un de d'extraordinaire et
- 1:14:11et pourtant et pourtant il était pas
- 1:14:13toujours écouté. Une fois où j'avais
- 1:14:15dîné avec lui, il me dit quand même
- 1:14:17c'est très énervant euh je fais des méos
- 1:14:21quand même un mémo d'Henrique Singer sur
- 1:14:24la géopolitique
- 1:14:25quand on le reçoit on le lit. Il avait
- 1:14:28fait un mémo à Obama il m'a dit je
- 1:14:30envoie régulièrement des méos. Il les
- 1:14:31lit même pas.
- 1:14:33[grognement]
- 1:14:35Bon voilà,
- 1:14:36en en 2006, vous allez vivre un un
- 1:14:39drame. Vous allez perdre votre sœur
- 1:14:40Dominique. Euh
- 1:14:43est-ce que je peux vous en parler ? Je
- 1:14:44peux vous poser une question ? Euh
- 1:14:46vous étiez très proche d'elle. Vous
- 1:14:48aviez quelle relation avec Dominique ?
- 1:14:49Bah on était très proche. On avait
- 1:14:52passé notre enfance ensemble.
- 1:14:55Ensuite, elle avait eu une activité de
- 1:14:59commissaire priseur dans le nord de la
- 1:15:00France quand moi j'étais
- 1:15:03en train de démarrer la reprise du
- 1:15:05groupe Boussac puis Dior puis LVMH et
- 1:15:10elle était venue ensuite à Paris et elle
- 1:15:14avait un grand sens esthétique. Elle
- 1:15:17aimait beaucoup notamment les bijoux
- 1:15:22et elle était
- 1:15:25avec moi quand j'ai repris une marque
- 1:15:29très connue en tout cas dans le en
- 1:15:32France et en Europe qui s'appelle Fred
- 1:15:34et elle a été et je lui ai demandé si ça
- 1:15:36l'intéressait de diriger ça. Elle l'a
- 1:15:38fait. Elle a donc dirigé cette marque
- 1:15:42euh et avait beaucoup de succès et
- 1:15:44jusqu'au jour où malheureusement
- 1:15:48elle était très jeune, était un peu plus
- 1:15:49jeune que moi, un an de moins, euh elle
- 1:15:52a [raclement de gorge] euh succombé un
- 1:15:54cancer et ça pour moi c'était une
- 1:15:56catastrophe. C'était
- 1:15:58inattendu et d'autant que ce type de
- 1:16:02cancer, je vais pas rentrer dans les
- 1:16:03détails, mais aujourd'hui
- 1:16:05ne serait plus mortel, voyez. Voilà.
- 1:16:08et ma sœur,
- 1:16:10c'était euh vraiment une personne
- 1:16:13extraordinaire
- 1:16:15euh gentille,
- 1:16:18euh très orienté vers les arts et la
- 1:16:21culture et qui me manque beaucoup, hein.
- 1:16:23Je crois que j'y pense presque tous les
- 1:16:26jours
- 1:16:27encore aujourd'hui.
- 1:16:28Oui. Oui.
- 1:16:29Est-ce qu'elle vous a appris quelque
- 1:16:30chose ? Vous vous souvenez toujours et
- 1:16:33vous utilisez parfois.
- 1:16:35Bah quand on est face à la mort, ça fait
- 1:16:37réfléchir hein, ça fait réfléchir sur la
- 1:16:41fragilité de l'être humain. Voilà. H
- 1:16:45ça a changé votre rapport à la à la mort
- 1:16:47?
- 1:16:50Ça a changé mon rapport à la mort tout
- 1:16:51en me euh renforçant dans mon idée qu'il
- 1:16:54fallait vivre hein et quand même être
- 1:16:57prudent euh dans tout ce qu'on peut
- 1:16:59entreprendre hein, parce que elle elle
- 1:17:01aurait pu être soignée et elle aurait pu
- 1:17:04en tout cas détecter sa maladie beaucoup
- 1:17:06plus tôt hein. Mais bon, elle avait
- 1:17:09autre chose à faire, disait-elle. Ça
- 1:17:11m'intéresse pas, je vais très bien.
- 1:17:13Voilà.
- 1:17:14Vous faites des contrôles vous du coup,
- 1:17:15vous faites plus attention maintenant.
- 1:17:17Moi, je fais d'autant plus attention que
- 1:17:19je joue beaucoup au tennis [rires] avec
- 1:17:21une certaine intensité et donc tous les
- 1:17:246 mois, je fais un test pour vérifier si
- 1:17:26la machine fonctionne toujours.
- 1:17:27Si le cœur fonctionne bien, on
- 1:17:29oui. J'ai pas envie de me retrouver mais
- 1:17:31je ne fume pas donc les ris sont limités
- 1:17:34mais je vérifie. Ouais.
- 1:17:35C'est une vraie passion pour vous le
- 1:17:36tennis ?
- 1:17:37Bah c'est un sport que j'adore.
- 1:17:39Vous jouez toujours aujourd'hui ? Ah oui
- 1:17:40oui oui, je joue 4 heures par semaine.
- 1:17:43Alors est-ce que il paraît
- 1:17:45que vous jouez parfois avec monsieur
- 1:17:47Fédérier R Feder ? Est-ce que c'est vrai
- 1:17:49? Oui oui, ben je suis ami avec lui
- 1:17:51hein. Je trouve que c'est un un homme
- 1:17:53sensationnel qui en dehors de son talent
- 1:17:57peut-être le meilleur joueur de tous les
- 1:17:59temps, est extraordinairement euh
- 1:18:02sympathique, cultivé, amical et de temps
- 1:18:05en temps on part en vacances ensemble et
- 1:18:08il me fait l'amitié
- 1:18:09de vous laisser gagner
- 1:18:10de taper quelques balles avec moi
- 1:18:13et quand on fait des matchs en général
- 1:18:16c'est en double. Donc effectivement,
- 1:18:18quand j'ai la chance de jouer avec lui
- 1:18:21euh on part très on perd très [rires]
- 1:18:22rarement parce qu'on est tous les deux.
- 1:18:24Voilà.
- 1:18:25Et vous avez un bon niveau, vous vous
- 1:18:27jouez enfin c'est quelque chose ?
- 1:18:29On peut pas comparer mon niveau à celui
- 1:18:30de Fedéire, ça c'est pas possible. C'est
- 1:18:32comme si vous comparez mon niveau au
- 1:18:33piano avec celui de Rovit.
- 1:18:35C'est pas possible.
- 1:18:36Oui, c'est impossible. [grognement] Vous
- 1:18:38vous êtes un un grand amateur et
- 1:18:40collectionneur d'art aussi. Vous avez
- 1:18:42une très belle très belle collection
- 1:18:44d'art. Euh vous avez commencé il y a
- 1:18:46très longtemps, je crois. Euh
- 1:18:49je
- 1:18:50je sais plus à qui j'ai dit dire mais on
- 1:18:52m'a dit vous aviez une très belle
- 1:18:53collection mais pas parce que vous avez
- 1:18:54les moyens parce que vous avez du goût
- 1:18:56que vous aviez su avant les autres
- 1:18:57savoir quel artiste allait euh
- 1:19:00Oui. En tout cas j'ai commencé à
- 1:19:02m'intéresser au tableau en allant avec
- 1:19:06mes parents visiter les musées.
- 1:19:07Il y a un très beau musée à Lille hein
- 1:19:09de très beaux Brugel. Il y a un très
- 1:19:12beau musée à Bruxelles. C'est tout près
- 1:19:13aussi. Il y a également de très beaux
- 1:19:15tableaux flamants. Donc j'ai commencé à
- 1:19:18visiter les musées, à visiter les
- 1:19:20expositions avec mes parents et j'ai
- 1:19:22tout de suite été intéressé par ça. Et
- 1:19:25ensuite progressivement avec la
- 1:19:27fondation, j'ai été amené à acheter un
- 1:19:29certain nombre de tableaux pour la
- 1:19:31fondation. J'en achète un peu aussi pour
- 1:19:33moi. Voilà. Mais c'est un domaine très
- 1:19:37très passionnant euh et dans lequel on
- 1:19:39rencontre des artistes. Par exemple,
- 1:19:42quand j'habitais New York
- 1:19:45où j'avais à l'époque dans les c'était
- 1:19:47en 80 dans les début des années 80,
- 1:19:49j'avais pas beaucoup de moyens. Donc
- 1:19:52j'allais voir les galeries, on voyait
- 1:19:54des grands grands artistes Warol et
- 1:19:57cetera. Bon, qu'évidemment pouvait pas
- 1:20:00acheter. Et euh il y en a un que j'avais
- 1:20:03repéré dans les galeries qui s'appelait
- 1:20:05Basia et qui à l'époque
- 1:20:07incroyable
- 1:20:08ne n'était pas vraiment n'était pas
- 1:20:10vraiment un artiste dont la côte était
- 1:20:14fortement montée et donc là j'en ai
- 1:20:16acheté quelques-uns. Oui.
- 1:20:19Que j'ai toujours
- 1:20:20Mais vous avez jamais revendu de tableau
- 1:20:21? Non non non non, mais j'achète pas les
- 1:20:26tableaux pour faire un placement, même
- 1:20:28si ça arrive hein, mais euh parce que la
- 1:20:30valeur augment la valeur augmente mais
- 1:20:33quand vous metz un tableau euh
- 1:20:35voilà, vous avez pas envie de vous en
- 1:20:36séparer, sauf si vous en avez besoin,
- 1:20:39mais c'est qui est pas mon cas.
- 1:20:40Est-ce qu'il y a une pièce que vous
- 1:20:41rêviez d'avoir, vous avez pas réussi à
- 1:20:42acheter ? Alors, pour la fondation,
- 1:20:46hein, j'ai à plusieurs reprises euh
- 1:20:49essayé d'avoir certaines pièces que j'ai
- 1:20:52pas réussi à voir. Par exemple, j'avais
- 1:20:53essayé, mais ça c'est pas possible, de
- 1:20:55faire venir à Paris Garnica. Hm. Bon, ça
- 1:20:58a pas marché. En revanche,
- 1:21:02j'ai réussi pour la première exposition
- 1:21:05de la fondation, donc en 2014, faire
- 1:21:08venir le cri de Munch, hein, qui est un
- 1:21:10tableau aussi historique. C'est un
- 1:21:13tableau formidable. Oui. Oui,
- 1:21:14je vous le mets à l'image comme ça vous
- 1:21:15le voyez.
- 1:21:16Oui, voilà, vous pouvez mettre l'image.
- 1:21:18Il est historique. Et ensuite, on a
- 1:21:21réussi, je crois quelque chose avec
- 1:21:24Suzanne Paget et Jean-Paul Claverri qui
- 1:21:26travaille avec moi à la fondation.
- 1:21:28Suzanne est la responsable toute la
- 1:21:30partie artistique et et Jean-Paul dirige
- 1:21:33la fondation. On a réussi à faire venir
- 1:21:35à deux reprise et c'était jamais arrivé
- 1:21:38des collections extraordinaires depuis
- 1:21:40la Russie. la collectionouin et la
- 1:21:42collection Morov avec des œuvres, je
- 1:21:45sais pas si vous az peut-être pas visité
- 1:21:46à l'époque, mais des œuvres
- 1:21:48extraordinaires euh des plus grands euh
- 1:21:51peintres français du début de la fin du
- 1:21:5419e et du début du 20e qui avait été
- 1:21:57vendu à deux collectionneurs donc
- 1:22:00Stockin et Morosoph russes et et que les
- 1:22:03Français n'avaient pas acheté hein. Il y
- 1:22:04avait des Gogins, énormément de Gogins,
- 1:22:08Vang Gog, Bonard, enfin, je vais pas
- 1:22:11tout citer mais voyez c'est c'était
- 1:22:13voilà c'est ça c'est et là pour la
- 1:22:16prochaine collection
- 1:22:18qui va succéder à Calder qui est
- 1:22:20actuellement
- 1:22:20qui en ce moment la fondation ce moment
- 1:22:22on a réussi à faire venir un tableau qui
- 1:22:26pour moi est un tableau mythique de
- 1:22:28Vangog et son autoportrait à l'hôtel à
- 1:22:30l'or est cassé et avec le bandage là
- 1:22:33c'est équivalent plan pour moi à la joc
- 1:22:36hein c'est quelque chose tableau les
- 1:22:38plus
- 1:22:38conventionnel qui et ça fait près d'un
- 1:22:41siècle qu'il est pas venu en France
- 1:22:43voilà et on va l'avir à la fondation
- 1:22:45Louis Vitton donc pouvez vous dire ça à
- 1:22:46vos téléspectateurs
- 1:22:48à partir du mois d'octobre ça c'est vous
- 1:22:51qui qui qui êtes derrière qui passez des
- 1:22:53coups de fil qui demandez vous c'est
- 1:22:54c'est vraiment quelque chose que vous
- 1:22:55gérez aussi
- 1:22:56bon il se trouve que ce tableau là
- 1:22:58appartient à un ami donc voilà
- 1:23:01vous êtes impliqué dans les dans la dans
- 1:23:02les choix et ça
- 1:23:04C'est quelque chose qui vous plaît. Je
- 1:23:05participe. Oui. Oui. Oui. Au choix des
- 1:23:07exposition,
- 1:23:09celle-là va être assez extraordinaire.
- 1:23:12Vous allez vous soutenez les les sports.
- 1:23:14Je voulais qu'on parle rapidement. La
- 1:23:16Formule [raclement de gorge] 1, vous
- 1:23:17êtes un des plus gros partenaires.
- 1:23:19Pourquoi est-ce que vous avez choisi
- 1:23:20d'aller
- 1:23:21le premier partenaire ? Oui, parce que
- 1:23:22la Formule 1, c'est un sport qui
- 1:23:26aujourd'hui évoque vraiment la
- 1:23:30performance qui évoque la performance
- 1:23:34dans le monde entier he avec un très
- 1:23:37grand nombre de grands prix de chaque
- 1:23:40année et qui est au niveau des
- 1:23:44spectateurs, des jeunes en particulier,
- 1:23:48très proche l'univers des spectateurs
- 1:23:51est très proche. des univers qui
- 1:23:52s'intéressent aux produits de grande
- 1:23:54qualité parce que j'ai j'ai assisté par
- 1:23:56exemple au Grand Prix de Monaco il y a
- 1:23:58quelques semaines et quand on voit la
- 1:24:01façon dont ces bolides sont préparés
- 1:24:05hein, j'étais allé dans
- 1:24:07la préparation des voitures des voitures
- 1:24:10Red Bull hein avec Verstapen l'ex
- 1:24:14champion du monde qui m'a derrière
- 1:24:15m'avait fait faire un tour hein avant
- 1:24:17vous avez fait un tour
- 1:24:18oui oui avant le avant le circuit la
- 1:24:22veille du circuit hein à 250 km/h dans
- 1:24:25les rues de Monaco en passant à ça des
- 1:24:27murs. Je peux vous dire que on s'en
- 1:24:28rappelle [rires] enfin c'était vers cet
- 1:24:30appel au volant dont je me suis dit le
- 1:24:32risque le risque
- 1:24:36est-ce que vous avez déjà pu piloter une
- 1:24:37formule 1 qui vous ont fait essayer ne
- 1:24:39serait-ce que sur 100 m ? Non
- 1:24:41non non non non
- 1:24:43c'est c'est trop dangereux pas demandé
- 1:24:45hein. Ah
- 1:24:45c'est non.
- 1:24:48Je voulais terminer avec le le Paris.
- 1:24:51Je peux vous parler de foot si vous
- 1:24:52voulez bien rapidement.
- 1:24:53Oui.
- 1:24:54Et d'abord, est-ce que le foot c'est une
- 1:24:56passion ou ou vous voyez où je vais en
- 1:24:58venir ?
- 1:24:59Oui. Bah vous voyez parce qu'on acheté
- 1:25:02Paris Football Club. Bon, alors là, je
- 1:25:06dois dire, j'ai été poussé par mes
- 1:25:08enfants qui sont tous passionnés de foot
- 1:25:11et qui m'ont dit "Bon, c'est un
- 1:25:12investissement
- 1:25:14pas très élevé mais qui a beaucoup de
- 1:25:17potentiel parce que c'est le deuxème
- 1:25:19club de Paris et
- 1:25:21moi je leur ai dit d'accord mais bon si
- 1:25:24vous faites ça moi je le soutiens mais
- 1:25:26d'abord faut passer en première division
- 1:25:29en Ligue 1
- 1:25:30qui était en Ligue 2 quand vous l'avez
- 1:25:31racheté
- 1:25:31la première année ils étaient en Ligue
- 1:25:33de et ils sont passés en Ligue 1. Alors
- 1:25:35je dis maintenant faut arriver à être
- 1:25:38sélectionné pour les matchs européens.
- 1:25:40Alors j'attends j'attends de voir s'ils
- 1:25:42vont y arriver [rires]
- 1:25:44sans que ça coûte trop d'argent parce
- 1:25:45que c'est c'est voilà, il faut trouver
- 1:25:47les bons joueurs. Mais on a là aussi on
- 1:25:50a on a Red Bull comme associé
- 1:25:52qui ont plusieurs équipes de foot et qui
- 1:25:55sont particulièrement bons.
- 1:25:56Est-ce que vous allez pouvoir battre un
- 1:25:58jour le PSG, être au-dessus dans le
- 1:25:59classement, je parle, parce que battre
- 1:26:01sur des matchs, c'est arrivé. Oui, bah
- 1:26:03mes fils me disent "On est le seul club
- 1:26:06cette année à avoir battu deux fois le
- 1:26:07PSG." Bon mais c'est malheureusement
- 1:26:10c'était pas dans la finale de la coupe
- 1:26:12la coupe de d'Europe. Je sais pas ça je
- 1:26:15je voilà je je leur laisse faire ça. Moi
- 1:26:19je m'occupe du reste.
- 1:26:19Pour terminer, vous avez eu plein de
- 1:26:21succès dans dans votre grande carrière.
- 1:26:24C'est quel est le plus beau cadeau que
- 1:26:27vous avez pu faire à vos enfants ? Je
- 1:26:29pense que je sais pas si c'est un cadeau
- 1:26:30mais en tout cas c'est quelque chose que
- 1:26:32je leur ai donné et que je leur ai euh
- 1:26:36permis euh de cultiver, c'est le goût du
- 1:26:38travail hein, parce que euh ils ont euh
- 1:26:43tous euh quand même euh le goût du
- 1:26:47travail, je le vois hein. Et vous savez
- 1:26:50LVMH, je dis souvent ça aux nouveaux
- 1:26:53candidats ou au nouveaux recrutés. LVMH,
- 1:26:58c'est pas une entreprise normale. C'est
- 1:27:00pas une entreprise anonyme avec un
- 1:27:03conseil d'administration anonyme où vous
- 1:27:05changez les gens comme ça et et vous
- 1:27:08connaissez à peine les gens qui sont con
- 1:27:10d'administration. LVMH,
- 1:27:13c'est un une famille, c'est une
- 1:27:17entreprise familiale et à l'intérieur de
- 1:27:20LVMH, c'est une famille et donc je
- 1:27:23demande [raclement de gorge]
- 1:27:24que tous chez le VMH se considèrent
- 1:27:27comme membres de la famille et c'est
- 1:27:29pour ça que les enfants, ils sont très
- 1:27:31bien là-dedans. On verra comment ils
- 1:27:33évoluent, on verra en fonction de leur
- 1:27:35qualité, de leurs résultats, comment ils
- 1:27:39peuvent progresser. Ils sont tous encore
- 1:27:41jeunes donc tout va bien et l'ensemble
- 1:27:46des des membres du groupe sont dans une
- 1:27:49famille.
- 1:27:51Vous avez vous avez Delphine qui est PDG
- 1:27:53de Christian Dur couture aujourd'hui.
- 1:27:55Antoine qui est donc PDG de Christian
- 1:27:57Dur c'est la la holding familiale et qui
- 1:28:00s'occupe de la communication aussi de
- 1:28:02tout de tout le groupe de l'image LVMH.
- 1:28:04Euh Alexandre euh qui est DG donc
- 1:28:07délégué de de Mensen Frédéric qui est
- 1:28:10PDG de l'Europiana magnifique marque
- 1:28:12très belle affaire
- 1:28:13et et Jean, on en parlait tout à l'heure
- 1:28:15qui s'occupe des Montres Huitons qui
- 1:28:17dirigent les Montre 8 ans.
- 1:28:18Vous êtes fier de ou
- 1:28:19Oui, je suis très content en tout cas de
- 1:28:21voir qu'il progresse et qu'il se donnent
- 1:28:24vraiment à ce qu'ils font hein. Alors
- 1:28:26après euh on progresse chez LVMH par un
- 1:28:31système de méritocratie. Donc voilà,
- 1:28:34pour l'instant euh tout va bien, hein.
- 1:28:37Mais et encore une fois, l'ambiance
- 1:28:41c'est un peu comme à l'époque de mon
- 1:28:43grand-père, on est dans une entreprise
- 1:28:45familiale et je leur dis aussi toujours
- 1:28:47euh LVMH, il faut considérer que c'est
- 1:28:50une start-up, voyez,
- 1:28:52toujours aujourd'hui.
- 1:28:54Oui. Oui. Et il faut la gérer comme
- 1:28:55telle. Il faut fuir la bureaucratie.
- 1:28:58Est-ce que la tendance dans les
- 1:29:00gouvernements à Bruxelles ou beaucoup
- 1:29:03d'organisations, c'est d'augmenter la
- 1:29:05bureaucratie sans arrêt et de faire de
- 1:29:07la bureaucratie, des papiers, des
- 1:29:09rapports, des réglementations,
- 1:29:12des choses qui qui freinent hein. Nous,
- 1:29:15on doit accélérer et pour accélérer, on
- 1:29:18peut pas accélérer si on est couvert de
- 1:29:21papiers qui servent en général à rien.
- 1:29:23Pour fonctionner comme une start-up
- 1:29:24encore aujourd'hui, c'est intéressant.
- 1:29:25On essaie de fonctionner comme ça. Oui.
- 1:29:27Oui. Et d'aller très vite. D'aller très
- 1:29:29vite tout en essayant de cultiver la
- 1:29:34qualité, l'histoire, le savoir-faire,
- 1:29:37tout ce qui explique le succès
- 1:29:39extraordinaire de ces marques dans le
- 1:29:41monde entier he qui font que LVMH
- 1:29:44l'ambassadeur de la France worldwide.
- 1:29:48C'est petit question personnelle pour
- 1:29:49terminer, il m'en reste deux. Vous êtes
- 1:29:51grand-père aujourd'hui ?
- 1:29:52Oui.
- 1:29:52Est-ce que vous arrivez à profiter de
- 1:29:53vos petits-enfants malgré qu'on est à la
- 1:29:55tête du groupe LVMH ? Est-ce que vous
- 1:29:57avez du temps ?
- 1:29:58Oui, régulièrement. Oui. Oui, absolument
- 1:30:00hein. Ils viennent à la maison
- 1:30:01régulièrement
- 1:30:03et je les vois Oui, oui, tout à fait.
- 1:30:05Régulièrement, c'est très agréable et
- 1:30:07ils aiment bien voir leur leur daddy.
- 1:30:10Ils m'appellent dad. [rires]
- 1:30:12Est-ce que c'est plus facile d'être papa
- 1:30:14ou grand-père dans l'éducation ? Bah, on
- 1:30:16dirait que quand on a des enfants, il
- 1:30:18faut s'en occuper de près, hein. Euh,
- 1:30:21les petits-enfants euh on les voit pour
- 1:30:22le plaisir.
- 1:30:24Est-ce que c'est les seuls qui arrivent
- 1:30:25à vous manipuler, vos petits-enfants en
- 1:30:27vousant un sourire ?
- 1:30:29Oui, oui, oui. Ils aiment le Coca-Cola
- 1:30:31et les glaces.
- 1:30:33Une dernière question sur votre
- 1:30:35parcours, de quoi vous êtes le plus fier
- 1:30:37aujourd'hui ? Bon, évidemment, d'avoir
- 1:30:40créé euh je crois que c'est une des
- 1:30:41premières fois euh un leader mondial
- 1:30:44français qui est en outre la première
- 1:30:47capitalisation française et qui a encore
- 1:30:49beaucoup de potentiel et qui n'en est
- 1:30:51qu'au début, hein. Et donc euh j'ai
- 1:30:53encore beaucoup d'années pour m'amuser
- 1:30:55euh gérer LVMH et euh faire progresser
- 1:30:58tous les collaborateurs et membres de ce
- 1:31:01groupe dans le futur. Voilà.
- 1:31:03C'était quoi la meilleure décision de
- 1:31:04votre vie pour terminer ? Bah, c'était
- 1:31:06sans doute de démarrer depuis euh
- 1:31:09l'entreprise roubésienne euh l'aventure
- 1:31:12Boutsac et Dior, hein, et de déboucher
- 1:31:15sur euh, hein, qui aurait pu prédire que
- 1:31:18à partir d'une entreprise euh en
- 1:31:21difficulté qu'on a redressé, on allait
- 1:31:24monter en France un leader mondial. Mais
- 1:31:28bon euh il faut toujours gérer les
- 1:31:31entreprises de près.
- 1:31:32Je vais vous poser deux trois questions
- 1:31:34sur l'entrepreneuriat si vous voulez
- 1:31:35bien.
- 1:31:36Quelle est l'erreur que font 90 % des
- 1:31:39des jeunes entrepreneurs ? Si
- 1:31:41certains d'entre vous, il avent envie de
- 1:31:43d'être entrepreneur. Quel conseil on
- 1:31:44pourrait donner pour éviter certaines
- 1:31:46erreurs qu'on peut faire souvent ?
- 1:31:50Bon, quand on démarre une entreprise,
- 1:31:52d'abord il faut être passionné
- 1:31:56et il faut avoir envie de travailler
- 1:31:59dans le domaine que vous voulez lancer,
- 1:32:01hein. C'est la première des choses, il
- 1:32:04faut être vraiment passionné. Ensuite,
- 1:32:07il faut, je crois
- 1:32:10être patient. Faut pas croire que ça va
- 1:32:12marcher immédiatement.
- 1:32:15Comme je le disais euh cette semaine où
- 1:32:18je suis allé à Vivateek pour vous savez
- 1:32:22qu'on est cfondateur de Viviatech et on
- 1:32:25posait aussi des questions sur les
- 1:32:27start-ups.
- 1:32:29ce qui compte le plus au-delà de l'idée
- 1:32:33qu'il faut avoir au début, bien entendu,
- 1:32:35il faut vraiment avoir une bonne idée,
- 1:32:37mais c'est l'exécution. Et donc quand on
- 1:32:41lance une start-up ou quand on veut
- 1:32:43démarrer une entreprise, même si c'est
- 1:32:45dans un domaine qui n'est pas dans la
- 1:32:47technologie, il faut avoir le sens de
- 1:32:49l'exécution et puis il faut aussi être
- 1:32:53prêt, je crois, à rencontrer des
- 1:32:57difficultés.
- 1:32:58Il faut pas avoir peur des difficultés
- 1:33:00voir des crises parce que c'est c'est
- 1:33:03très fréquent. Il faut pas se
- 1:33:04décourager. La première difficulté, la
- 1:33:07première fois où le banquier vous
- 1:33:09appelle en vous disant "Ol là,
- 1:33:10attention, le crédit est trop important,
- 1:33:13il faut il faut résister,
- 1:33:15faut jamais baisser les bras."
- 1:33:17Non non, si l'idée est bonne, si vous
- 1:33:19prenez par exemple domaine de
- 1:33:22l'internet,
- 1:33:23je crois qu'au départ euh Facebook,
- 1:33:28il y en avait plusieurs dizaines qui
- 1:33:30faisaient la même chose, hein, à peu
- 1:33:32près même chose, hein, avec des des
- 1:33:36[raclement de gorge] listings
- 1:33:37d'étudiants dans telle ou telle
- 1:33:39université, mais il y en a qu'un qui a
- 1:33:41marché. Oui, et c'est l'idée l'idée
- 1:33:43était là
- 1:33:44mais l'exécution était mais
- 1:33:45il y en a qu'un qui a réussi à le faire
- 1:33:46marcher. C'est Marc Luckberg hein.
- 1:33:49Est-ce qu'il faut suivre sa passion ou
- 1:33:51saisir des opportunités qu'on peut avoir
- 1:33:53en business ?
- 1:33:54L'idée c'est que les opportunités soient
- 1:33:57liées à la passion hein que vous voilà
- 1:34:00ça c'est c'est le top. Ou c'est le
- 1:34:02mienou.
- 1:34:03et est un un un de mes principaux
- 1:34:09amis et conseiller au début, c'était
- 1:34:13Antoine Bernhim. Il me disait toujours
- 1:34:16le secret c'est d'être
- 1:34:19au bon moment, au bon endroit. Voyez ça.
- 1:34:23Donc un peu de chance quand même. Et ça
- 1:34:25joue, ça joue c'est
- 1:34:27la chance dans l'entrepreneuriat. Ouais,
- 1:34:30[grognement]
- 1:34:30quand on veut Oui. investir, il faut
- 1:34:34avoir un peu de chance. Oui.
- 1:34:36Qu'est-ce que vous ne pardonnez pas dans
- 1:34:37le business ? Ce que je pardonne pas
- 1:34:40dans le business,
- 1:34:43c'est le mensonge quoi, hein. Mensonge
- 1:34:47parce que ça arrive, ça m'est arrivé
- 1:34:49hein de me faire mentir. Oui. Oui. Pas
- 1:34:51rentrer dans les détails, c'est pas le
- 1:34:54sujet.
- 1:34:56Est-ce que votre père vous a donné un
- 1:34:57conseil aussi ? dans le business que
- 1:34:59vous gardez précieusement.
- 1:35:02Mon père Oui oui, il me donnait des
- 1:35:03conseils quand je suis arrivé parce que
- 1:35:05d'un côté il était très fier que
- 1:35:07j'arrive he un polytechnicien qui arrive
- 1:35:10à Roubet je crois qu'il y en avait pas
- 1:35:11d'autres à l'époque. Bon d'accord, lui
- 1:35:13était centralien
- 1:35:16c'était bien même vis-à-vis des des
- 1:35:18employés. Je suis dit "Bon voilà, mais
- 1:35:20il m'a dit d'abord euh quand tu arrives
- 1:35:23il faut que tu essayes de comprendre
- 1:35:25comment ça fonctionne et surtout ne
- 1:35:29change [raclement de gorge] pas les
- 1:35:30choses trop vite.
- 1:35:33Fais confiance aux gens qui sont là et
- 1:35:36essae de leur apporter
- 1:35:40une aide effective." et il me disait
- 1:35:44maintenant entre nous, il va y avoir
- 1:35:46deux types de relations. La relation
- 1:35:50dans laquelle je suis ton père et la
- 1:35:53relation dans laquelle je suis ton
- 1:35:54patron. Voilà. [rires]
- 1:35:57Et vous arriviez à faire ça ? À séparer
- 1:35:59les deux ? Oui oui oui oui oui oui oui
- 1:36:01oui. Mais mon père, bon on s'est
- 1:36:03toujours très bien entendu et il m'a
- 1:36:05lâché les reines de l'entreprise assez
- 1:36:06vite hein,
- 1:36:07très rapidement
- 1:36:08parce qu'il s'est dit peut-être [rires]
- 1:36:11il peut faire ça sans moi. Donc voilà
- 1:36:13mais il suivait quand même beaucoup hein
- 1:36:15et il a toujours été moteur. Quand j'ai
- 1:36:17repris
- 1:36:19d'abord Boussac et ensuite Dior LVMH et
- 1:36:22tout ça, il était
- 1:36:25je lui demandais son accord bien entendu
- 1:36:27hein parce que j'ai beaucoup de respect
- 1:36:30pour lui et il était toujours d'accord.
- 1:36:32Non, c'est un vrai entrepreneur.
- 1:36:33Vous l'avez demandé
- 1:36:36son avis sur vos choix futur après.
- 1:36:38Oui. Je lui ai demandé en tout cas quand
- 1:36:41on a repris Boussac,
- 1:36:43c'était quand même un risque énorme. Une
- 1:36:44petite entreprise de Roubein je crois
- 1:36:47que vous connaissez les détails mais je
- 1:36:51lui ai demandé son accord et après bien
- 1:36:54avoir bien réfléchi, il a donné ou
- 1:36:58et il vous a dit vas-y vas-y on y va. un
- 1:37:00père qui l'aurait pas donné hein parce
- 1:37:02que il y avait un très gros risque.
- 1:37:04Est-ce que parfois quand quand on est un
- 1:37:06un grand patron tout en haut de la
- 1:37:07pyramide, est-ce qu'on se sent seul ?
- 1:37:08Parfois on parle de la solitude du
- 1:37:10patron.
- 1:37:11Est-ce que vous est-ce que ça vous
- 1:37:12arrive ?
- 1:37:13Bah on est seul, c'està dire que en
- 1:37:14dernier ressort c'est vous qui décidez.
- 1:37:16[grognement] Donc
- 1:37:18surtout sur les problèmes et les
- 1:37:20voilà. Voilà. Et donc euh il faut éviter
- 1:37:22euh de croire qu'on a raison surtout
- 1:37:26hein. Et moi je pense que il faut être
- 1:37:28capable, ça je leur dis, je dis à tous
- 1:37:30mes collaborateurs, il faut se remettre
- 1:37:32en question permanente, en permanence.
- 1:37:35Et il faut avoir une attitude que j'ai
- 1:37:37assez volontiers, c'est d'être en
- 1:37:39permanence insatisfait et de se dire
- 1:37:43"Bon, tout ça c'est bien mais ça
- 1:37:45pourrait être mieux." Voyez, c'est c'est
- 1:37:47un état d'esprit et il faut écouter la
- 1:37:50contradiction parce que vous avez des
- 1:37:52vous avez des des dirigeants même dans
- 1:37:54les entreprises qui pensent que ils ont
- 1:37:56raison et que de toute façon oui, on
- 1:37:59nous dit de faire ça mais si on comprend
- 1:38:00pas,
- 1:38:02il faut écouter la contradiction.
- 1:38:05Ah oui, le risque c'est que personne ose
- 1:38:06vous dire quand quand ils sont pas
- 1:38:08d'accord ou et c'est important que les
- 1:38:10gens puissent.
- 1:38:11Oui, mais moi j'aime bien quand on me
- 1:38:12contredit, voyez. C'est c'est nécessaire
- 1:38:14même si quelquefois je pense qu'ils ont
- 1:38:16tort mais au moins
- 1:38:19il faut voilà donc la solitude oui mais
- 1:38:23il faut se ménager des moments de
- 1:38:24réflexion aussi il faut pas être passé
- 1:38:27sans arrêt d'un rendez-vous à un autre
- 1:38:28d'un voyage à un autre moi c'est ce que
- 1:38:30j'essaie de faire avec un sujet
- 1:38:32quelquefois limité
- 1:38:34[rires] a beaucoup de choses qui se
- 1:38:36bousculent mais c'est il faut des
- 1:38:39moments de réflexion
- 1:38:40et est-ce que vous avez le temps de
- 1:38:42réfléchir dire est-ce que dans votre
- 1:38:44agenda il y a des moments juste pour
- 1:38:45réfléchir j'essaie j'essaie j'essaie de
- 1:38:47ménager des plages hein où il y a très
- 1:38:51peu de rendez-vous et où je peux voir
- 1:38:54des gens d'un autre
- 1:38:56univers que l'univers des des affaires
- 1:38:59pour avoir des idées différentes sur
- 1:39:02l'économie sur d'autres domaines sur
- 1:39:05l'histoire sur voyez
- 1:39:08et à vos yeux c'est quoi la qualité s'il
- 1:39:10y en avait une indispensable pour duré
- 1:39:12dans l'entrepreneuriat. S'il faut une
- 1:39:14seule qualité, ça serait laquelle ?
- 1:39:16Je crois qu'il faut être persévérant.
- 1:39:19[rires]
- 1:39:21Comment aimeriez-vous qu'on se souvienne
- 1:39:23de vous ? Est-ce queil y a quelque chose
- 1:39:25que vous laissez quand on est à
- 1:39:26l'académie, c'est pour transmettre aussi
- 1:39:27?
- 1:39:29D'abord, je pense qu'il faudrait que ça
- 1:39:31arrive le plus tard possible.
- 1:39:32[rires]
- 1:39:32besoin de se souvenir de moi
- 1:39:35[souffle coupé] et bah ensuite mais
- 1:39:38qu'est-ce que vous que ce que je bon je
- 1:39:41ce que j'ai fait de plus si on peut dire
- 1:39:45remarquable sans vouloir être
- 1:39:48faire preuve d'une fausse modestie de
- 1:39:50créer et de bâtir
- 1:39:53ce qui est aujourd'hui la première
- 1:39:55entreprise française
- 1:39:57côté à la bourse de Paris et qui est la
- 1:40:00première entreprise dans notre secteur
- 1:40:02de produits de haute qualité. Oui,
- 1:40:04j'appelle plus ça les l'industrie du
- 1:40:05luxe parce que je méfie je me méfie un
- 1:40:07peu.
- 1:40:08Et euh qui euh est un une maison
- 1:40:13française leader mondial. Il y en a pas
- 1:40:15beaucoup hein.
- 1:40:17Ça c'est votre plus grande fierté.
- 1:40:18Oui.
- 1:40:19C'est une fierté pour la France aussi
- 1:40:20non ?
- 1:40:20Exactement. Oui. Oui. D'ailleurs quand
- 1:40:23je voyage, je suis me sens un peu
- 1:40:25ambassadeur de France. Évidemment, on a
- 1:40:28des boutiques dans la plupart des pays
- 1:40:29du monde. Donc quand on
- 1:40:31fait rayonner le luxe français,
- 1:40:33on essaie de faire rayonner Oui. le le
- 1:40:35patrimoine français de fabrication
- 1:40:38d'artisanat de de qualité. Absolument.
- 1:40:41Qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter pour
- 1:40:42terminer pour
- 1:40:43d'améliorer mon revers lifté ? [rires]
- 1:40:46Merci beaucoup. Merci d'avoir donné de
- 1:40:48votre temps. Ça s'est bien passé
- 1:40:49l'interview.
- 1:40:49Très bien. Très bien. Oui.
- 1:40:52Merci. Merci beaucoup d'être venu. Merci
- 1:40:54[raclement de gorge] à vous tous d'avoir
- 1:40:55regardé cette vidéo avec Bernard Arnaud.
- 1:40:56Merci d'être là de plus en plus nombreux
- 1:40:57de faire de légendes le premier podcast
- 1:40:59de France. Vous êtes 150000 200000 à
- 1:41:01vous abonner chaque mois en plus à nous
- 1:41:03rejoindre sur la chaîne YouTube. Donc
- 1:41:04merci beaucoup d'être là de plus en plus
- 1:41:06nombreux. Merci à toute l'équipe d'avoir
- 1:41:08préparé l'émission avec moi. Merci
- 1:41:09encore Bernardo. Merci beaucoup. Je vous
- 1:41:11embrasse fort et on se retrouve de toute
- 1:41:12façon très vite pour une prochaine vidéo
- 1:41:13sur les jambes. Ciao tout le monde.
- 1:41:19[musique]
- 1:41:26[musique]
- 1:41:32[musique]
- 1:41:40[musique]
- 1:41:44Amen.
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