Antilles françaises : la vérité qui dérange sur la vie chère — Transcript
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- 0:00Les funérailles des tabous, la
- 0:01renaissance par l'excellence.
- 0:14Mais vous avez des élus qui sont
- 0:15incapables de dire ça, vous donnez ça au
- 0:17Corse, vous vous nous donnez ça, vous
- 0:18donnez ça au Breton, vous nous donnez
- 0:20ça. Des gens qui sont pas capables. Donc
- 0:22la réponse immédiate doit être
- 0:23politique. Mais moi je pense que la
- 0:25vraie réponse, elle est on arrête.
- 0:35Chers membres de la famille des funéra
- 0:36des tabou, bonjour à toutes et à tous
- 0:39dans cette nouvelle édition des
- 0:42funérailles des tabou. Aujourd'hui, nous
- 0:44serons plusieurs à débattre sur le monde
- 0:48noir, le monde africain et également le
- 0:50monde des territoires de mer. Je me
- 0:53prénomme Clara et je suis également avec
- 0:55Papou. Bonjour Papou.
- 0:57Bonjour. Salut. Aujourd'hui, nous allons
- 0:59aborder plusieurs sujets. Le but, c'est
- 1:02de vous introduire dans cette nouvelle
- 1:04émission en tant que spectateur. Vous ne
- 1:06serez pas uniquement spectateur, mais
- 1:08vous serez également acteur de cette
- 1:10nouvelle émission. Il y aura plusieurs
- 1:13invités à mes côtés qui vont venir
- 1:15échanger, apporter leur point de vue sur
- 1:18tous ces sujets.
- 1:20Avant tout, bonjour, bonjour à tous.
- 1:23Papou enchanté de faire votre
- 1:25connaissance pour ce nouveau format, c
- 1:27ce nouvel épisode. Je vais laisser vous
- 1:29être présenté un par un. Je vais
- 1:31commencer par Alison. Qui es-tu Alison ?
- 1:35Donc je suis Alison d'origine
- 1:37capverdienne née en France. Je suis
- 1:40concernée par tout ce qui est sujet de
- 1:43des débats passionnants sur notre
- 1:45communauté, c'est-à-dire l'afroféminisme
- 1:48et la spiritualité, la religion
- 1:50concernant notre communauté noire.
- 1:52OK. Ça va être un des thèmes qu'on va
- 1:54aborder. Kevin,
- 1:56bonjour, moi c'est Kevin. Donc je suis
- 1:57artiste depuis une quinzaine d'années et
- 2:01je suis là pour traiter des sujets
- 2:03surtout autour de la négritude et du
- 2:04panafricanisme. Voilà.
- 2:06OK. Et notre parrain, si on peut dire ça
- 2:09comme ça, déjà connu par pas mal de
- 2:11monde mais il va se représenter.
- 2:13Ben me présenter, c'est compliqué de se
- 2:14présenter, mais enfin moi je suis très
- 2:16heureux en a beaucoup.
- 2:18Non non non pas du tout mais je suis
- 2:19très heureux d'être avec vous et de
- 2:20participer à cette euh chère Clara euh
- 2:24euh à cette nouvelle formule nouvelle
- 2:26édition des funérailles des tabou que je
- 2:28suis depuis le début.
- 2:29Donc donc voilà.
- 2:31Très bien. C'est super. La première
- 2:33question que nous avons envie d'aborder
- 2:35avec vous, on sait qu'il se passe
- 2:36aujourd'hui une mobilisation Martinique
- 2:39depuis le 1er septembre 2024 concernant
- 2:42la lutte contre la vie chère. Quel est
- 2:44votre avis aujourd'hui sur cette lutte
- 2:47contre la vie chère en Martinique depuis
- 2:49le 1er septembre 2024 ? On entend
- 2:53beaucoup aujourd'hui des femmes et des
- 2:55hommes essayer d'expliquer sur les
- 2:57plateaux des chaînes de télévision
- 2:59françaises, nationale ou ou local,
- 3:03essayer d'expliquer techniquement
- 3:06ces questions de vie chère et ces
- 3:08manifestations, ces colères légitimes et
- 3:11j'ai je dis même souvent des colères
- 3:13saines et de donner des explications
- 3:15techniques alors qu'en réalité si on ne
- 3:17convoque pas l'histoire on ne peut pas
- 3:19comprendre pourquoi on en est là. La
- 3:21problématique aujourd'hui de la
- 3:22Martinique, mais de la Guadeloupe, de la
- 3:24Guyane, on pourrait aller jusqu'en
- 3:26Nouvelle-Calédonie également que moi je
- 3:27préfère appeler Kanaki, c'est un
- 3:29problème structurel, c'est comment ces
- 3:32territoires là se sont structurés en
- 3:35dites société.
- 3:37Si on ne rappelle pas le passé,
- 3:39c'est-à-dire ce sont des territoires de
- 3:41colonisation,
- 3:42d'extermination pour la Guadeloupe et la
- 3:44Martinique des peuples autochtones, la
- 3:46déportation des peuples d'Afrique pour
- 3:48être esclave et avec donc une caste qui
- 3:52a dominé du temps de la colonie, du
- 3:55temps de l'esclavage, du temps du
- 3:57néocolonialisme qui a continué à dominer
- 4:00même après la départementalisation du 19
- 4:02mars 1946 qui a fait de la Guadeloupe,
- 4:04de la Martinique, de la Guen et la
- 4:06Réunion des départements français, même
- 4:08si l'égalité n'est pas arrivée avec le
- 4:10décret de cette date-elà. Et donc depuis
- 4:13ces dates là, en tout cas, des femmes et
- 4:15des hommes se battent pour l'égalité
- 4:17pour avoir une égalité réelle entre la
- 4:19France d'outre mer et la France
- 4:20hexagonale lorsque les allocations
- 4:23familiales ne sont arrivées aux antiques
- 4:24qu'en 1975
- 4:27alors que ces départements étaient des
- 4:29départements comme les autres à partir
- 4:30de 46. Donc si jamais on ne comprend pas
- 4:33qu'il y a à la fois le poids de
- 4:34l'histoire, les imaginaires également,
- 4:36c'est l'imaginaire de celles et ceux qui
- 4:37appartiennent au peuple dominant, les
- 4:39imaginaires aussi de ceux qui depuis des
- 4:41siècles sont dominés, qui ont des des
- 4:44colères sporadiques et puis finissent
- 4:45par s'arrêter. Sauf qu'on est une époque
- 4:47où aujourd'hui, je pense que les jeunes
- 4:49ne vont pas, les jeunes adultes et pas
- 4:51seulement, ne vont pas s'arrêter dans
- 4:52leur colère et dans leur revendication
- 4:54légitime.
- 4:55C'est vrai que vous avez mis en avant le
- 4:56fait qu'il y ait un passé colonial.
- 4:58Est-ce que vous pensez qu'aujourd'hui la
- 5:00France accepte son passé colonial avec
- 5:03les différents territoires d'outreem ?
- 5:05Non, elle en est incapable. C'est
- 5:06difficile de dire à une puissance euh
- 5:09hégémonique, esclavagiste, coloniale,
- 5:12même si elle reconnaît que l'esclavage
- 5:14est un crime contre l'humanité, mais
- 5:15elle n'a jamais reconnu encore que la
- 5:17colonisation est un crime contre
- 5:18l'humanité, ce qui est une évidence pour
- 5:21euh pour celles et ceux qui ont un peu
- 5:23d'humanité et qui ne sont pas dans une
- 5:25domination permanente. Nous sommes les
- 5:27dominants et et c'est nous qui écrivons
- 5:29l'histoire.
- 5:30Et donc je pense que tant que la France
- 5:33ne reconnaît pas ce qui a été commis et
- 5:35que les résidus nocifs de ce qui qui a
- 5:37été commis et bien on les retrouve dans
- 5:40la vie chère, on on les retrouve dans le
- 5:43mode de gouvernance. Lorsqu'il y a des
- 5:45colères, les colères comme aujourd'hui
- 5:48en Martinique, et bien on envoie la les
- 5:50forces de l'ordre pour mat ces récales
- 5:52citran. C'est ce qui s'est fait en 61
- 5:55euh euh à la Martinique, en 67 en
- 5:57Guadeloupe, en 74 euh à la Martinique
- 5:59également avec euh euh euh euh sur une
- 6:03habitation où des ouvriers réclamaient
- 6:04des ouvriers agricoles réclamaient que
- 6:06la journée de travail soit mieux payée.
- 6:08Bon, on leur a tiré dessus, on en a tué
- 6:09quatre. Enfin, je veux dire, c'est c'est
- 6:11structurel à la fois dans les esprits.
- 6:14C'est c'est la phrase de de de Régis
- 6:15Debray qui disait,
- 6:18je la résume que l'occidental a enlevé
- 6:20son casque colonial mais les idées
- 6:22coloniales sont restées dans la tête.
- 6:23Voilà.
- 6:24Attends, excuse-moi pour pour revenir
- 6:26par rapport à sa question. Quel est le
- 6:28départ de cette dernière euh parce que
- 6:30là on a le cours de l'histoire mais pour
- 6:32un petit jeune là aujourd'hui là qui
- 6:34calcule pas l'histoire qui lit pas le
- 6:37départ de cette de cette révolte là elle
- 6:39ça démarre de quoi si on peut dire ça
- 6:41comme ça
- 6:41ça démarre comme n'importe quel être
- 6:43humain il voit bien qu'il y a un
- 6:44problème d'inégalité de traitement de
- 6:46disparité
- 6:47ça a toujours été le cas
- 6:48ça a toujours été le cas sauf qu'on a
- 6:50une jeunesse aujourd'hui et grâce aux
- 6:51réseaux sociaux aussi hein mais qui a vu
- 6:54les pas les grands frères et grandes
- 6:56sœurs se battre
- 6:58ne pas toujours réussir mais obtenir des
- 7:00avancées. Les parents se battre, avoir
- 7:02de petites avancées mais avoir eu la
- 7:04possibilité d'élever les enfants, les
- 7:06grands-parents qui ont été humiliés, les
- 7:08aïeux qui ont été humiliés et eux disent
- 7:10"E c'est terminé, l'humiliation c'est
- 7:11terminée. Donc nous on va jusqu'au
- 7:13bout."
- 7:13Donc la demande, elle est où aujourd'hui
- 7:14?
- 7:15Bah la bah c'est une demande d'égalité.
- 7:18Alors moi qui suis indépendantiste, je
- 7:19dis si la France n'est pas capable
- 7:21d'accorder cette égalité là à ces
- 7:24populations qui vivent une situation
- 7:25coloniale, il faut aller vers
- 7:27l'indépendance. Mais quand je dis
- 7:28l'indépendance, c'est pas une
- 7:29indépendance dans la violence et tout
- 7:30cela, mais il est normal, c'est une
- 7:32question de dignité aussi pour celles et
- 7:33ceux qui revendiquent en disant ce n'est
- 7:35pas normal. Si ce n'est pas normal, au
- 7:38regard de la situation, on doit pouvoir
- 7:40trouver une autre façon de vivre
- 7:42ensemble ou de vivre
- 7:45de dans un partenariat. Voilà.
- 7:49Vas-y, vas-y, je t'en prie.
- 7:50C'est c'est assez paradoxal ce que vous
- 7:52mettez en avant parce que c'est vrai
- 7:53qu'aujourd'hui, on a des des une
- 7:56mobilisation, en tout cas une
- 7:57association qui se bat actuellement pour
- 8:00lutter contre la vie chère, mais
- 8:01également demander un alignement des
- 8:03prix. Certains acteurs politiques
- 8:05parlent de continuité territoriale. Euh
- 8:08est-ce que vous pensez véritablement
- 8:10qu'aujourd'hui on peut se contenter et
- 8:12quand on écoute un peu leur
- 8:14revendication de demander à être plus
- 8:17français que le français aujourd'hui
- 8:19après avoir eu des lois contre pour
- 8:21l'égalité réelle notamment en 2016 avec
- 8:25Victor Lurel qui avait mis en place une
- 8:26loi. Comment on peut aujourd'hui parler
- 8:30d'émancipation et autres alors qu'on
- 8:32veut aujourd'hui une égalité réelle ?
- 8:34Est-ce que c'est pas trop demander
- 8:36aujourd'hui à la France ?
- 8:37Alors, je comprends la question. Petit
- 8:39rectificatif qui me semble important.
- 8:41L'égalité réelle, cette loi-là, elle a
- 8:43été portée par le CRFOM dont j'étais
- 8:46l'un des vice-présidents. Et
- 8:48effectivement, Victorien Lurel était
- 8:49ministre des outresemères à ce moment-là
- 8:51et on a pu effectivement avancer avec
- 8:53lui. C'est et c'est la création du
- 8:55Créfom de toute façon. Mais c'est le
- 8:57créfom quand même, il faut pas
- 8:58l'oublier. Non, je pense que lorsque
- 9:00vous avez bercé les les populations de
- 9:04de cette francité, vous êtes français.
- 9:06On vous dit que vous êtes français, même
- 9:07si dans l'esprit de beaucoup, nous
- 9:09sommes français mais nous connaissons
- 9:10notre histoire. Lorsqu'il y a cette
- 9:12promesse républicaine, lorsque cette
- 9:14promesse n'est pas
- 9:18n'est pas accordée, en tout cas n'est
- 9:20pas respecté, il est normal que vous
- 9:22ayez des citoyens français qui réclament
- 9:26les mêmes droits que les autres. Je fais
- 9:28abstraction du fait d'être
- 9:30indépendantiste ou autonomiste. Je veux
- 9:32dire, il est normal que la République
- 9:34pour que la République soit respectée,
- 9:36elle doit être respectable pour tous et
- 9:38c'est ce qu'elle n'est pas. Donc les
- 9:40revendications sont normales. Alignement
- 9:41des prix, c'est pas être plus français
- 9:43que les Français. C'est de dire qu'il y
- 9:44a des lois, les sociétés humaines se
- 9:47basent sur des lois. Il y a des lois. Il
- 9:49faut que si l'État ne respecte pas les
- 9:51lois, à ce moment-là,
- 9:53avant de faire intervenir d'autres
- 9:55personnes, je voudrais savoir qu'est-ce
- 9:56que c'est que le créformme ?
- 9:58Alors, c'est le Conseil représentatif
- 9:59des Français d'outreem.
- 10:00Depuis quand ça existe ? Alors euh alors
- 10:02ça existait, on l'a créé exactement
- 10:05c'est 2012 2013 à l'époque. Euh moi je
- 10:09venais de terminer ma mission de
- 10:10déléguer interministériel pour l'égalité
- 10:12des chances des français d'outreemer et
- 10:14euh c'est à ce moment-là. Alors au
- 10:16départ, moi je voulais créer ça lorsque
- 10:18j'étais délégué interministériel. Puis
- 10:19il y a un changement de président. Moi
- 10:22je suis toujours délégué
- 10:24interministériel et d'ailleurs on me
- 10:26propose de rester. Moi, j'ai pas
- 10:27vraiment envie de rester. Je veux
- 10:28reprendre mon métier. Je veux refaire de
- 10:29la radio, de la télévision. Je j'ai pas
- 10:31je vais reprendre ma radio Tropique FM,
- 10:33j'ai pas vocation à Et donc euh et
- 10:36Victorin Lurel d'ailleurs me dit
- 10:38"Écoute, non non arrête tout euh on va
- 10:41faire les choses autrement et c'est
- 10:42comme ça qu'on crée le créf."
- 10:44OK.
- 10:44Voilà.
- 10:45Cher sœur, [musique]
- 10:47je vais être direct. Si notre communauté
- 10:49ne finance pas ses propres médias,
- 10:51personne ne le fera à notre place.
- 10:52Depuis des décennies, d'autres racontent
- 10:55notre histoire.
- 10:56Il la simplifie, il la déforme,
- 10:58[musique]
- 10:59il parle à notre place. C'est
- 11:01précisément pour ça que nous avons créé
- 11:03les funérailles [musique] des donnes.
- 11:04Un média pour parler de nous, par nous,
- 11:07pour nous,
- 11:08nos entrepreneurs, nos penseurs, nos
- 11:10spiritualités et nos succès. Sans
- 11:13[musique] filtre, sans permission, il y
- 11:15a une réalité
- 11:16que beaucoup ignorent. Créer un
- 11:18[musique] média indépendant coûte
- 11:20énormément d'argent.
- 11:22Depuis le début, il a été investi des
- 11:24centaines de milliers d'euros pour
- 11:25produire cette émission. Studio, les
- 11:28[musique] équipes,
- 11:29équipement,
- 11:30invités,
- 11:31production parce que nous croyons que
- 11:33notre histoire mérite d'être raconter
- 11:35avec excellence.
- 11:36Mais aujourd'hui, une question se pose
- 11:38est-ce que cette communauté veut
- 11:39vraiment que ce média existe ?
- 11:41Parce qu'un média indépendant ne peut
- 11:43survivre que grâce à sa communauté.
- 11:46Nous avons refusé des financements qui
- 11:48auraient exigé notre silence. Nous avons
- 11:50refusé de vendre notre ligne éditoriale.
- 11:53[musique]
- 11:53Pour rester libre, nous avons besoin de
- 11:56vous. pas d'un miracle, juste d'un
- 11:58geste. Si 10000 personnes donnent 5 €
- 12:01ce média change de dimension.
- 12:03Alors oui, aujourd'hui, nous vous
- 12:05demandons de participer [musique]
- 12:071 €
- 12:075 €
- 12:0810 € ou plus si vous le pouvez. Chaque
- 12:12contribution est une pierre
- 12:13posée pour les générations futures.
- 12:16Et si vous ne pouvez pas donner,
- 12:18partagez ce message
- 12:19parce que le vrai pouvoir d'une
- 12:21communauté,
- 12:22c'est sa solidarité. Vous trouverez un
- 12:24lien en description. Et souvenez-vous,
- 12:26un peuple qui ne finance pas ses propres
- 12:28médias laisse laisse les autres raconter
- 12:31son histoire. [musique]
- 12:32Merci à vous tous.
- 12:38Voilà.
- 12:39Permettez euh moi je ne suis pas je suis
- 12:42pas antillaise mais ce que j'entends
- 12:44dans votre discours, c'est que vous avez
- 12:46parlé de deux choses. Vous avez dit d'un
- 12:48côté oui voilà la colonisation
- 12:51aujourd'hui on est frustré et on veut
- 12:53que ce soit différent et en même temps
- 12:55vous avez demandé l'égalité. Moi de mon
- 12:58histoire en tant que Capverdienne, on
- 13:00est indépendant depuis 75 et on est
- 13:02aussi des îles. L'importation, lorsque
- 13:04vous dites que tout est cher parce que
- 13:05tout est importé, moi ma première
- 13:07question c'est comment ça se passe ?
- 13:09Vous mangez est-ce que vous mangez local
- 13:10? Parce que dans ces cas-là, ça serait
- 13:11différent. Je sais qu'il y a un problème
- 13:13d'agriculture et de pollution de vos
- 13:14terres. Et puis est-ce que vous cherchez
- 13:16l'égalité auprès des Français ou de vous
- 13:19détacher de la puissance coloniale qui
- 13:22est actuelle des Français ? Et dans ces
- 13:24cas-là, alors vu qu'on sait que c'est
- 13:26l'économie qui régit finalement, c'est
- 13:27pas au-delà du racisme et tout ça, c'est
- 13:30économiquement. Et ce que j'ai compris,
- 13:32le ce que vous avez créé, donc vous êtes
- 13:35coprésident, mais est-ce qu'il y a des
- 13:36stratégies
- 13:38économiques qui permettraient dans ces
- 13:40cas-là d'être à l'égal de des Français
- 13:43et de dans ces cas-là être indépendant ?
- 13:45Votre très bonne question s'ajoute aux
- 13:47autres très bonnes questions. Euh bah
- 13:50c'est tout le problème, mais ça c'est
- 13:52une question d'imaginaire. Lorsque je
- 13:53parlais tout à l'heure euh
- 13:55d'indépendantisme, de se détacher
- 13:58peut-être de la France dans un
- 13:59partenariat, une irondelle ne fait pas
- 14:01le printemps et aujourd'hui s'il y avait
- 14:03un référendum euh en Martinique comme en
- 14:05Guadeloupe, je pense que la les
- 14:07populations ne voudraient pas aller
- 14:09aujourd'hui en tout cas vers
- 14:10l'indépendance pour plein de raisons
- 14:11mais c'est pas c'est pas le sujet.
- 14:14L'exemple du Cap Vert est un est un
- 14:15exemple extraordinaire. L'exemple du Cap
- 14:18Vert, c'est une libération par la guerre
- 14:20et je pense à Amilcar Cabral évidemment
- 14:23tous les pays donc l'Angola, Mozambique,
- 14:25Guiné Bisao qui se libère par la guerre
- 14:28et également à la faveur de la
- 14:29révolution des œillets au Portugal où
- 14:32finalement les jeunes portugais en ont
- 14:33marre d'aller se battre et de se faire
- 14:35massacrer et et parce que c'est aussi un
- 14:37pays féodal et parce que c'est il y a
- 14:39une conjonction de choses qui expliquent
- 14:41et le CVER n'a pas eu d'autres choix
- 14:43mais actuellement c'est pas une mini
- 14:45guerre alors ce qui se passe au niveau
- 14:46Oui. Non non non, mais justement je vais
- 14:47y venir, le le CV a une chance a eu
- 14:50cette chance- là et mais le Cavt
- 14:51fonctionne aussi grâce à sa diaspora.
- 14:54La diaspora est très importante pour le
- 14:56niveau de vie du CP Vert. Alors, je
- 14:58connais bien le Cap Vert et et certains
- 15:00dirigeants passés présents au Cap Vert
- 15:03et c'est un exemple extraordinaire comme
- 15:05quoi c'est possible. C'est possible de
- 15:07vivre. Et puis qu'est-ce qui fait vivre
- 15:09un pays ? Ce ne sont pas les matières
- 15:10premières, c'est la capacité des
- 15:12individus à créer de la richesse. La
- 15:14Suisse n'a pas de matière première, n'a
- 15:16pas de pétrole, n'a pas d'uranium, n'a
- 15:18même pas de d'accès à la mer et c'est un
- 15:20pays qui a un des plus haut niveaux de
- 15:21vie au monde. Ça veut dire et nous avons
- 15:23nous en au Guadeloupe Martinique des
- 15:25populations qui sont très éduquées et et
- 15:29qui ont une une vision d'eux-même qui
- 15:33est très forte en terme d'identité. Donc
- 15:35pour nous, ce serait possible. Sauf que
- 15:37c'est une question d'imaginaire et
- 15:38qu'aujourd'hui vous avez plutôt des
- 15:40populations qui demandent à la France de
- 15:42respecter sa parole et certains pensent
- 15:44déjà l'autonomie à l'indépendance mais
- 15:45c'est pas encore le le c'est pas le
- 15:47débat encore national. J'espère qu'on y
- 15:49arrivera.
- 15:50Kevin, est-ce que par exemple on a
- 15:52Claudicia qui nous dit ce n'est pas
- 15:53encore la question de parler d'autonomie
- 15:55ou d'indépendance. C'est qu'est-ce que
- 15:58tu en penses de de ce type de discours ?
- 16:02C'est un fait, je pense, parce que dans
- 16:03les années 2010, il me semble, on avait
- 16:07proposé une loi, ce qu'on appelle
- 16:08l'article 74 pour la Martinique de la
- 16:11Guadeloupe. 73
- 16:1274 73 74 Voilà. Ce qui nous faisait
- 16:15passer à une forme d'autonomie.
- 16:17Voilà. [raclement de gorge]
- 16:18Euh sauf que lorsque le vote est euh
- 16:20arrivé, 80 % des gens en Martinique
- 16:22comme en Guadaloupe ont dit "No". Et ce
- 16:24qui se passe, c'est que il y a un
- 16:26décalage entre déjà la les gens
- 16:30générationnellement parlant, entre les
- 16:32entiers même sur l'île même, les anciens
- 16:34ne pensent pas du tout comme les jeunes.
- 16:36Euh et déjà ça, il y a une cission.
- 16:39Les jeunes pensent comment ? Je pense
- 16:41que je pense que les jeunes sont plutôt
- 16:43euh
- 16:45un peu plus éduqués euh sur les
- 16:47questions de l'identité, sur les
- 16:49questions de l'indépendance et les
- 16:51anciens c'est un peu moins le cas. Et
- 16:54euh il y a quelque chose qui est
- 16:55important aussi, c'est que il y a il y a
- 16:57un système qui se met en place. Dès que
- 16:59l'entier parle d'autonomie, parle de
- 17:02d'indépendance, on agite le spectre
- 17:04d'Haïti. Toc toc toc. Si vous faites ça,
- 17:07vous allez être comme Haïti. Toc toc
- 17:08toc. Si vous faites ça, vous allez être
- 17:09comme Haïti. Et ça, ça fait peur à à
- 17:13l'entiller de manière générale parce que
- 17:14il faut savoir que nous sommes un peuple
- 17:16très récent, peut-être le le dernier en
- 17:19terme de de d'existence sur la terre et
- 17:23nous nous avons grandi, nous sommes nés
- 17:27de
- 17:29d' viol, de souffrance. Et l'homme
- 17:33africain chez l'entiller,
- 17:36c'est la souffrance, sa souffrance, sa
- 17:38cicatrice.
- 17:39Et si je deviens indépendant, je vais
- 17:42perdre ce qu'on m'a donné, cet assistana
- 17:46inconsciemment.
- 17:47Euh on va je vais perdre le matériel, je
- 17:50vais perdre mon statut. Et donc il y a
- 17:52un mécanisme qui se met en place et dont
- 17:54les colons parce que pour moi nous
- 17:56sommes des colonies en Martinique en
- 17:57Guolaloupe, ce que le colon fait c'est
- 18:00qu'il agite ce spectre d'Haïti pour
- 18:02faire peur et ça fonctionne
- 18:04malheureusement jusqu'à aujourd'hui. Et
- 18:06deuxième chose que je je voudrais dire
- 18:07par rapport à ça et c'est une question
- 18:09en même temps que je pose
- 18:11et Papou disait tout à l'heure que c'est
- 18:15pas la première fois finalement qu'il y
- 18:16a ce genre de manifestation, ce genre de
- 18:17révolte. en 2009, on l'a connu. Euh
- 18:20notamment ça a commencé à l'époque avec
- 18:22le LKP, avec Martinique également. Euh
- 18:27et c'est arrivé dans les années 80
- 18:28aussi, même 60 aussi.
- 18:31Et la question que je pose, c'est est-ce
- 18:33qu'on attend trop un Black Messia ?
- 18:36Est-ce qu'on a on a besoin forcément
- 18:38d'une figure charismatique,
- 18:39la recherche d'un leader
- 18:40d'un leader ? Et là ça la révolte
- 18:42coïncide avec l'arrivée du de ce qu'on
- 18:44appelle le R qui a pris à bralcor ce
- 18:47combat. Et je me pose la question,
- 18:49est-ce que c'est pas aussi cette
- 18:51personne-là qui a fait que les gens ont
- 18:54suivi derrière parce que c'est une
- 18:55personne qui prend la lumière et qui
- 18:57absorbe aussi la pression. Et est-ce
- 18:59qu'on on attend pas trop ce type de
- 19:01personne là ? Il y a aussi le l'idée que
- 19:06l'entillet, il est beaucoup dans les
- 19:07structures hôpitaux, tu sais, on
- 19:10ça ça s'explique. Ouais. qui fait qu'il
- 19:12est dans il travaille aussi euh il est
- 19:14payé par l'État
- 19:15et du coup bah à contrepouvoir, il y a
- 19:17un espèce de contrepouvoir, c'est une
- 19:19idée non ? Oui, mais enfin c'est c'est
- 19:23plus complexe que ça. Et lorsque Émé
- 19:26Céser et Paul Vergess
- 19:29accepte l'idée de la
- 19:32départementalisation qui au départ
- 19:33devait s'appeler loi d'assimilation et
- 19:36c'est Céser qui trouve le mot de
- 19:38départementalisation parce qu'il
- 19:39refusait que des gens qui sont des
- 19:41appartiennent à des peuples soient dans
- 19:43une assimilation.
- 19:43Absolument.
- 19:45Il fallait bien que les gens
- 19:45travaillent. Je veux dire, le plus gros
- 19:47employeur en France, c'est l'assistance
- 19:49publique, hein. C'est c'est l'État qui
- 19:51est le plus gros employeur. Donc, il y a
- 19:52pas de raison que ces populations là ne
- 19:54soit pas dans cette dynamique là. Et
- 19:56puis je pense que ce que disait Kevin
- 19:59est très juste. Volontairement, je n'ai
- 20:00pas voulu euh parler d'Haïti parce que
- 20:04je suis je me mets en colère lorsque les
- 20:06gens prennent l'exemple d'Haïti en
- 20:07disant "Oui, mais regardez Haïti, vous
- 20:09voulez devenir comme Haïti." Enfin, on
- 20:11n' pas le temps. Mais si on raconte
- 20:12l'histoire pourquoi Haïti en est là, je
- 20:14veux dire entre les Français et les
- 20:15Américains, je veux dire c'est simple,
- 20:18hein. Donc on est nous et Kevin a raison
- 20:21lorsqu'il dit nous sommes des peuples
- 20:23jeunes. Cette langue-là qui est une
- 20:25langue d'esclavage hein, c'est c'est pas
- 20:27une langue c'est pas la langue des
- 20:28esclaves, le créole hein, c'est une
- 20:29langue d'esclavage. C'est pour ça qu'on
- 20:30la retrouve un petit peu partout. Et que
- 20:32l'on soit anglophone, francophone ou
- 20:33hispanophone, tu sais, c'est bizarre, on
- 20:35retrouve les mêmes la même langue, le le
- 20:36le même créole. Mais nous sommes des
- 20:39peuples jeunes. Nous sommes aux
- 20:41avant-postes de ce que sera l'humanité
- 20:43de demain et de ce que peut-être est
- 20:44déjà l'humanité puisque nous sommes là
- 20:46et nous existons. Et lorsqu'on est un
- 20:49peuple jeune
- 20:51toujours dominé par une civilisation
- 20:53occidentale, même si on voit sa
- 20:54décadence aujourd'hui dans tous les
- 20:56élément dans tout dans dans les guerres
- 20:57dans dans les soutiens qu'elle apporte à
- 20:59certains et qu'elle refusent à d'autres
- 21:01en rusant avec ses principes d'égalité
- 21:03et d'humanité. Euh on voit bien que pour
- 21:05nous le combat est extrêmement difficile
- 21:07et dans le même temps et dans le même
- 21:09temps, regardez ce que ces deux îles-là
- 21:11ont apporté au monde parce que pour moi
- 21:13la plus grande force c'est l'identité.
- 21:16Vous
- 21:16vous rendez compte que on parlait Kevin
- 21:18tout à l'heure, on parlait de Cassave.
- 21:20Est-ce que vous vous rendez compte ce
- 21:21que ce groupe a fait ? Il a non
- 21:23seulement inventé une musique, il a
- 21:25permis à des gens d'être fier de leur
- 21:27identité. Moi premier concert de Cassave
- 21:2986 au Zénit, je pleure comme un enfant
- 21:31parce que je me sens fier parce que je
- 21:32bombe le torse parce que dans la rue je
- 21:34suis plus le même. [grognement] Et donc
- 21:36et nous arrivons à essé au quatre coins
- 21:38du monde avec notre identité. 450000
- 21:40470000 habitants sur sur chaque île. Bon
- 21:43même si on est plus nombreux en France
- 21:44hexagonale, mais c'est un truc
- 21:46extraordinaire. Donc la force de notre
- 21:48ident la force de ce peuple, elle est
- 21:49dans son identité. Et comme tu le
- 21:51disais, euh le le R vient cristalliser à
- 21:54la fois des colères, des revendications,
- 21:56des ambitions et une détermination.
- 21:59Et comme le disait euh Kevin, euh il
- 22:01parlait euh de de Rodrig Petito. Euh
- 22:04est-ce que vous pensez qu'aujourd'hui
- 22:06pour mener une lutte telle que la vie
- 22:08chère ou même d'autres luttes, on peut
- 22:11penser au taux de chômage qui qui est
- 22:13très évé, plus de 14 % par rapport à la
- 22:16France hexagonale qui est à 7 %. Est-ce
- 22:19que vous pensez qu'il faut uniquement un
- 22:21leader politique ? Comment peut-on
- 22:23aujourd'hui lutter contre l'ensemble des
- 22:25problématiques des territoire d'outreem
- 22:27? On pense à la Kanakie. Il y a eu on on
- 22:29voit ce qui s'est passé en Kanie euh les
- 22:32la révolte du 13 mai 2024 où ils ont
- 22:35emprisonné les le leader notamment
- 22:37Christianin qui est emprisonné en France
- 22:40hexagonale. Est-ce qu'il faut une une
- 22:43figure pour mener ce type de de lutte
- 22:46dans les différents territoires
- 22:47d'outremien ? en 86 87
- 22:50si Tin avait été leader, il l'aurait tué
- 22:52comme ils ont tué.
- 22:54Ça c'est c'est ça la réalité de la
- 22:55France coloniale he
- 22:58la France n'a a conservé ses réflexes.
- 23:00Ce qu'elle fait en en Kanaki est
- 23:02inacceptable. C'est-à-dire que
- 23:05l'élargissement du corps électoral,
- 23:06c'est pour tuer toute véléité
- 23:09d'indépendance et ça c'est pas
- 23:10acceptable. Alors que faudrait-il faire
- 23:12? Bah ça passe par une prise de
- 23:13conscience individuelle
- 23:16qui devient collective.
- 23:18Et ça c'est le plus difficile.
- 23:20Alison, est-ce que tu penses par
- 23:21exemple, il parle de Claudicia parle de
- 23:24de de prise de conscience collective et
- 23:27individuelle. C'est ce qui manque
- 23:29aujourd'hui à cette population
- 23:31afrodescendante ou pas ?
- 23:32Ça serait une prise de conscience de
- 23:34quoi justement ? une prise de conscience
- 23:36d'être, je reviens sur ma première
- 23:38question, une prise de conscience de
- 23:40tout ce que tu as pu numérer Kevin,
- 23:41c'est-à-dire que on est entillé, on est
- 23:44issu d'eux, on est blessé ou une prise
- 23:46de conscience de OK, on a connu ça
- 23:48pendant longtemps, c'est pas la première
- 23:50fois qu'on s'énerve, on est en colère
- 23:51maintenant qu'est-ce qu'on en fait ? Moi
- 23:53je pense que la prise de conscience déjà
- 23:56c'est il faut dire les termes en tout
- 23:57cas moi de l'extérieur comme je vous ai
- 23:59dit c'est bah on est en 2024 on a encore
- 24:03une colonie mais on en souffre on en
- 24:06sent rien du tout de cette colonie là
- 24:08les gens sont quand on peut voir sur les
- 24:09réseaux c'estes versé et on l'envoit
- 24:11partout on entend cette colère que soit
- 24:13même tu parlais de de Cassave mais moi
- 24:17c'est plus Eanne Paly qui m'a touché en
- 24:19parlant des antilles ça va être aussi
- 24:22Gerti Denverry quand elle a parlé
- 24:23d'hérétif 1967, ça veut dire que depuis
- 24:26les années 60, il y a des émeutes comme
- 24:28tu parlais et donc aujourd'hui prise de
- 24:30conscience de et je reviens dessus. OK,
- 24:32admettons maintenant dans l'idée que il
- 24:34y ait cette égalité, c'est-à-dire que au
- 24:37niveau même infrastructure comment on
- 24:40pourrait les métiers comment vont-ils
- 24:42être créés ? Comment on peut créer dans
- 24:44cet environnement
- 24:45? l'égalité
- 24:47jamais la France n'accordera la France
- 24:50n'accordera jamais d'égalité
- 24:52à ces peuples nés de l'esclavage à ses
- 24:55peuples
- 24:55lointain
- 24:56l'idée d'un ministère des outresem le
- 24:58ministère des autres mères c'est
- 24:59l'ancien ministère des colonies hein
- 25:00alors prise de conscience de quoi on on
- 25:02n'aime pas ce qui se passe qu'est-ce
- 25:03qu'on fait on s'énerve et après
- 25:05alors la question tout à l'heure et et
- 25:07c'est vrai on n'y a pas vraiment répondu
- 25:09la question sur est-ce qu'on consomme
- 25:10local c'est-à-dire qu'à un moment donné
- 25:12on devrait permettre si jamais la France
- 25:15l'État français voulait un vrai
- 25:17développement de ces territoires. Si
- 25:20l'État français voulait vraiment que les
- 25:21populations aient un meilleur niveau de
- 25:23vie, par exemple, au lieu d'acheter
- 25:25faire venir du pétrole de je ne sais où
- 25:27et d'y mettre des taxes et de l'octroit
- 25:29de mer et tout cela sur tous les
- 25:31produits, on pourrait acheter des
- 25:32produits dans les dans les îles
- 25:34environnantes. Je pense qu'à un moment
- 25:36donné, si les Antill réfléchissent
- 25:37autrement que sur le syndrome Haïti qui
- 25:40pourrait être réglé de toute façon, si
- 25:43on se disait "Mais les Émirats arabes
- 25:46unis réussissent à faire quelque chose
- 25:47ensemble, nous dans cet archipel
- 25:49caribéen, on doit pouvoir faire quelque
- 25:51chose. Trinédade des tobagons du
- 25:52pétrole. Je veux dire, le Venezuela très
- 25:55proche à du pétrole. Euh d'autres pays
- 25:57produisent euh comme la Jamaïque euh des
- 25:59choses dont nous avons besoin. Donc il
- 26:01est possible de fonctionner sans et puis
- 26:03les autres îles, il y a la Gu il y a la
- 26:04Guadeloupe et la Martinique, entre les
- 26:05deux, il y a la Dominique qui est une
- 26:07île indépendante. Enfin oui oui, ce
- 26:09serait possible. Il serait possible, moi
- 26:11par exemple, on a des terres agricoles à
- 26:13Capester en Guadeloupe. J'ai un de mes
- 26:14neveux euh qui qui a dit "Ben moi, les
- 26:17terres, je voudrais bien, tu les terres
- 26:18de notre grand-mère. Je voudrais bien
- 26:19avoir ces terres-là et produire des
- 26:22choses, produire sur et on lui dit au
- 26:25départ "Oui, mais tu sais c'est pas
- 26:26rentable, c'est pas mais lui il va le
- 26:28faire et nous les membres de la famille,
- 26:30on va l'aider à produire local pour
- 26:32vendre sur le marché local et pas faire
- 26:34venir des tomates
- 26:36congelées, surgelées, je sais pas quoi
- 26:38de de France.
- 26:40Parce que quand on est ici, je veux dire
- 26:41mais c'est une prise de conscience,
- 26:42c'est ça je veux dire la prise de
- 26:43conscience dont je parlais tout à
- 26:44l'heure, elle est individuelle, elle est
- 26:45collective. À quel moment lorsqu'on a
- 26:47des terres, on ne vend pas nos terres
- 26:49aux étrangers qui veulent juste venir
- 26:51après dire "Eh, la Guadeloupe c'est la
- 26:53France, OK, donc toi le négreli
- 26:56c'est ça c'est ça qu'on subit chez nous.
- 26:57Il y a des gens qui vendent leur terre
- 26:59bien sûr.
- 26:59Nous, on a des terres et on vendra
- 27:00jamais nos terres à des gens qui ne sont
- 27:02pas ou des membres de notre famille ou
- 27:03des gens de l'île.
- 27:04Mais Papou a dit quelque chose
- 27:05d'intéressant parce qu'il a dit
- 27:06qu'effectivement, on le sait, la
- 27:07communauté antiaillaise est souvent dans
- 27:09les fonctions publiques. Mais c'est là
- 27:10où Charles de Gaul a été très
- 27:11intelligent en fait de vous donner.
- 27:14vrai, c'est plus vrai. Aujourd'hui,
- 27:15c'est peut-être plus vrai, mais je veux
- 27:16dire que en même temps c'est ça
- 27:18cloisonne parce que finalement si on
- 27:20retourne dans l'essence des entiers, moi
- 27:22je sais que si je parler, je veux dire
- 27:24la terre c'est quelque chose de très
- 27:25réel chez vous, mais aujourd'hui on va
- 27:27parler à jeune qui va écouter du châtail
- 27:29et qui va s'amuser à sortir tout ça va
- 27:31cultiver la terre parce que si tu veux
- 27:33te sortir de l'idéo des des Français
- 27:35blancs
- 27:36mais pourquoi est-ce qu'il aurait
- 27:36cultivé la terre ?
- 27:39La fonction publique ma mère était
- 27:40infirmière travaill pour la fonction
- 27:41publique mais aujourd'hui dans ma
- 27:43famille mes frères sœurs, mes neveux et
- 27:46niè il y a personne qui est dans la
- 27:47fonction publique. Personne. Donc non ça
- 27:50a changé. C'est terminé l'époque où euh
- 27:52où les inconnus faisaient des sketchs,
- 27:54Marie- Thérèse et tout ça. C'est fini
- 27:56ça.
- 27:57Et et [rires] vous vous avez parler euh
- 27:59de la possibilité de travailler avec
- 28:00d'autres territoires qui sont proches.
- 28:02On pense à la Dominique à côté de de de
- 28:06la Martinique et de la Guadeloupe.
- 28:08Aujourd'hui, on voit que le risque pour
- 28:10le Pacifique et la Kanis, c'est la Chine
- 28:12et et autres. Est-ce qu'on peut vraiment
- 28:14travailler avec d'autres territoires
- 28:16quand on reste sur l'article 73 de la
- 28:18Constitution ? Mais moi je pense qu'il
- 28:20faut sortir. Moi je suis indépendantiste
- 28:21donc je le répète encore je pense que il
- 28:24notre dignité et notre mieux vivre, il
- 28:27est en sortant de cette de cette
- 28:30colonie. Mais et encore une fois, moi je
- 28:33suis pas dans la violence. On peut faire
- 28:34les choses dans un partenariat. Lorsque
- 28:37Kevin parlait euh de bah c'est le côté
- 28:40économique hein qui qui prime, tout le
- 28:42monde en a un petit peu parlé. Mayotte
- 28:44et à ce moment-là j'étais délégué
- 28:45intermitial, Mayotte devient le 101e
- 28:47département français. Moi, j'étais
- 28:48contre mais les Maoris moi les les à
- 28:51l'État pas dire le président de la
- 28:53République me dit de de l'époque me dit
- 28:55"On a promis au Mauret d'être délégué,
- 28:58d'être pardon de d'être français. Il
- 29:01faut qu'on accepte,
- 29:03il faut qu'on leur donne cette
- 29:04nationalité, enfin qu'il soit
- 29:05département français et qu'il jouissent
- 29:07de la même chose. Je leur ai dit "Mais
- 29:08vous êtes en France aujourd'hui où nous
- 29:10où il y a des problèmes, on nous parle
- 29:11de l'islam, l'islam était pas compactif
- 29:13avec la République et tout ça. On est en
- 29:152011 he et vous voulez intégrer un
- 29:16territoire qui est à 98 % musulmans,
- 29:19vous avez un problème. Et aujourd'hui,
- 29:20voilà ce qui se passe avec les
- 29:21communes."
- 29:22Ce qu'il dit là sur l'inter les interils
- 29:26travailler en interil, il y a des
- 29:27problèmes à cet endroit-là, c'est pas
- 29:28une possibilité. Si demain je je j'ai
- 29:31une concession de voiture et que je vais
- 29:32aller la vendre de la Martinique à la
- 29:34Guadeloupe, est-ce que j'ai le droit
- 29:35juridiquement ? Est-ce que j'ai les
- 29:37capacités ?
- 29:38Ouais, mais tu vois parce que c'est
- 29:39compliqué. J'ai déjà entendu des gens
- 29:40qui veulent envoyer leur voiture au
- 29:42pays. C'est tout un problème euh au
- 29:44niveau de l'argent. Donc OK, on peut
- 29:46travailler entre les îles, mais comment
- 29:48? Puisque juridiquement ou au niveau des
- 29:50infrastructures, est-ce que c'est
- 29:51possible ? un peu difficilement parce
- 29:53que nous sommes considérés comme des
- 29:55départements ou comme des régions. Donc
- 29:58on n pas la main sur ça. Il faut savoir,
- 30:01bon je reviens sur quelque chose et je
- 30:02reviens ça juste juste après. 1789 c'est
- 30:06les on signe la charte des droits des
- 30:07droits de l'homme. Je pose la question
- 30:10où sont les entillers à ce momentl
- 30:12esclave. [rires]
- 30:14Grande question. Donc déjà, est-ce qu'on
- 30:16est-ce qu'on compte dans dans au niveau
- 30:19de ce sujet-là ? Euh
- 30:22et il faut savoir aussi que il y a une
- 30:25il y a une difficulté pour l'enter qui
- 30:27est sur place à percevoir un avenir
- 30:30parce que j'en sors de la Martinique moi
- 30:34récemment une résignation parce que moi
- 30:36quand j'arrive là-bas euh on me dit mais
- 30:38pourquoi tu vas pas à tel endroit ? Je
- 30:39dis mais parce que je sais que c'est
- 30:41tenu par un béquet. Et pourquoi tu vas
- 30:43pas là-bas ? Ben parce que c'est tenu
- 30:44par un bqué. Je donne pas mon argent et
- 30:45je passe pour et je passe pour le relou
- 30:47de service. Et on me dit "Mais Kevin,
- 30:50mais si tu réfléchis comme ça, il faut
- 30:52que ne va ne va pas Leader Price, ne va
- 30:54pas à Carrefour, ne va pas" Et donc on
- 30:56est encerclé aux Antilles, encerclé en
- 30:58Martin et en Guadeloupe aussi hein parce
- 30:59qu'il faut savoir que même si
- 31:00effectivement les béqués on leur a
- 31:02décapité la tête en Guadeloupe, je ne
- 31:04sais plus en quelle année exactement,
- 31:05mais les béqués énormément de béquets de
- 31:07Martinique se sont implantés en
- 31:08Guadeloupe également.
- 31:091794 au moment de la première abolition
- 31:12de l'esclavage, Victor Hug et tout ça.
- 31:13Exactement. Donc nous sommes euh nous
- 31:16sommes encerclés par les béqués. Ils
- 31:17tiennent les pors, ils tiennent ils
- 31:19tiennent l'agroalimentaire
- 31:21et donc c'est compliqué de de percevoir
- 31:23quand on est on est dedans tous les
- 31:25jours de percevoir un avenir. Et c'est
- 31:26pour ça qu'on a un décalage entre les
- 31:28Antillet comme moi qui sont qui ont
- 31:30grandi en France, même si on est un peu
- 31:32être attaché et culture et j'ai eu la
- 31:34chance d'avoir une transmission claire
- 31:36et nette de la part de mes parents.
- 31:38Mais il y a un décalage parce que il ils
- 31:40disent "Mais vous arrivez de là-bas et
- 31:41puis vous vous nous dites comment on
- 31:43devrait faire et cetera." Il y a un
- 31:44énorme décalage entre les générations,
- 31:46entre les les hommes et les femmes,
- 31:49entre les entiers de insulaire, les
- 31:52entiers de de métropole, même si je
- 31:54déteste ce terme. Et c'est c'est il faut
- 31:58il faut c'est difficile de se rendre
- 32:00compte quand on n'est pas baigné dedans.
- 32:02Pour un pour un entier né aux entes,
- 32:04c'est très difficile d'avoir une
- 32:06perspective.
- 32:07Exactement. Et c'est volontaire le le
- 32:09fait qu'on travaille dans le service,
- 32:11c'est pas c'est pas Odin qu'on nous
- 32:12fasse travailler dans le service après
- 32:14l'esclavage, le service, ça
- 32:16ne faut pas oublier que comme je vous ai
- 32:171789, la le il y a les droits de
- 32:20l'homme, on est encore esclave. Faut pas
- 32:22oublier que lorsque l'esclavage a été
- 32:24aboli, les bqués ont été dédommagés de
- 32:27l'esclavage. Est-ce qu'on pourrait dans
- 32:29si on juste cette ce fait là à un autre
- 32:33à d'autres crimes contre l'humanité,
- 32:34est-ce que ce serait possible de
- 32:35dommager le le bourreau ? On peut
- 32:37s'arrêter là
- 32:38parce que j'ai j'ai une autre lecture de
- 32:40ce sur ça. À la fois, oui, il y a une
- 32:43injustice parce que on dédommage ceux
- 32:45qui ont commis le crime et pas ceux qui
- 32:47ont subi le crime. Sauf qu'on est en
- 32:491848. C'est la seconde abolition puisque
- 32:52la Beloupe a bénéficié de l'abolition
- 32:54entre 1794 et 1802 lorsque Napoléon
- 32:57rétablit. 1848 lorsque Shelcher. Et
- 33:01alors il y a jamais oublier tout le
- 33:03toutes les révoltes qui expliquent que
- 33:05l'esclavage n'est plus tenable. Ça, faut
- 33:06jamais oublier ça. Mais lorsque
- 33:08Schulcher donc il met 20 ans de sa vie,
- 33:10donc il a vraiment envie, il veut il
- 33:11veut abolir. Il est franc-maçon, il est
- 33:12humaniste, il est tout ça. OK, très
- 33:14bien. C'est un peu comme si par exemple
- 33:17euh euh Papou kidnappe Clara,
- 33:21Kevin et moi on veut faire libérer
- 33:23Clara. Papou nous réclame,
- 33:26il nous réclame une rançon. Qu'est-ce
- 33:28qu'on fait ? Est-ce qu'on se dit "Bah
- 33:30non, c'est pas normal donc de le payer,
- 33:32donc on lui donne rien ou est-ce qu'on
- 33:33préfère donner pour libérer Clara
- 33:35En réalité, c'est comme ça que que se
- 33:38passent les choses. [grognement] Mais ce
- 33:40qui aurait ce que la France mais
- 33:41malheureusement n'aurait dû faire, c'est
- 33:43de dire "OK, on va aussi indemniser les
- 33:46esclaves".
- 33:47Parce que exactement parce que les
- 33:49États-Unis, même si c'était rien,
- 33:50c'était un accre de terre et une mule,
- 33:53c'était rien du tout, mais il y avait
- 33:54quand même la symbolique du
- 33:55dédommagement. Pourtant, Dieu sait que
- 33:57cette société américaine et nous en
- 33:59France, on n pas on a pas
- 34:00Mais les maîtres d'esclaves ont été
- 34:01largement aussi les maîtres d'esclaves
- 34:03aux États-Unis ont quand même été
- 34:04grassement payé, indéminissés.
- 34:06Bien sûr. Oui. Oui. Oui. Non, non, mais
- 34:07ce que je veux dire par là, c'est que on
- 34:09est le système à ce moment-là, il est
- 34:11pas juste. Faut pas chercher de la
- 34:13justice dans ce qui s'est passé en 1848.
- 34:15Il y en a pas. Il y a un début de
- 34:17quelque chose de liberté pour nous. Et
- 34:19puis comme les beaucoup d'esclaves ne
- 34:20voulaient plus travailler, certains
- 34:21esclaves voulaient plus travailler, on a
- 34:22fait venir les Indiens 1856 euh 54 1854
- 34:261856, on a fait venir les gens de la
- 34:28région de Pondichéri pour travailler
- 34:30parce que les nôtres voulaient plus
- 34:31travailler pour ceux qui les avaient
- 34:32martyrisés martyrisés.
- 34:36Voilà. Donc c'est pour ça que il faut
- 34:37toujours prendre la distance aussi avec
- 34:39l'histoire pour essayer pour pour mieux
- 34:41comprendre. Mais toutes les mentalités
- 34:43qui dont on parle aujourd'hui, pourquoi
- 34:44est-ce qu'on va pas vers une en disant
- 34:46on en a marre de de on va pas discuter
- 34:48sur la vie chère, on veut juste couper
- 34:50le couper le cordon bilical parce qu'il
- 34:52y a encore et c'est la différence qu'il
- 34:54y a entre lorsque nous on n lorsqu'on
- 34:56est au pays il y a encore des
- 34:58disparités. Et moi je sais que ma sœur
- 34:59parfois j'ai une de mes grandes sœurs
- 35:00qui me disait "Oui, j'ai entendu parler
- 35:02tel homme politique. Ouais Zour ce qu'il
- 35:04dit c'est pas." Je lui dis pardon ce
- 35:05qu'il dit n'est pas. Et quand tu lui
- 35:07expliques, il dit "Ah ouais mais nous on
- 35:08voit pas ça comme ça aux Antilles. En
- 35:10Guadeloupe, il y a des gens qui qui sont
- 35:11là qui se qui se dressent pour pour
- 35:14l'extrême droite.
- 35:15Donc on a un problème.
- 35:17Là on est dans les médias, la diffusion
- 35:19des médias. Comment s'est diffusé
- 35:21l'information au pays ?
- 35:21Oui mais justement on est aussi sujet à
- 35:23ça. On n'est pas dans un on n'est pas
- 35:25extérieur à ce monde là aussi. On est
- 35:28perméable aussi à tout ça. Donc c'est
- 35:30compliqué de de d'arriver parce que
- 35:32lorsque sur les réseaux sociaux certains
- 35:33disent "Oui mais prenez votre
- 35:34indépendance." Les gens d'Afrique
- 35:36souvent prenez votre indépendance. Tu
- 35:37penses que
- 35:38ils ont pas conscience. Je pense que
- 35:39c'est les personnes qui disent ça n'ont
- 35:40pas conscience de la complexité et même
- 35:43de l'enjeu même je pense c'est comme un
- 35:45peu quand on enjoint aux entillers de de
- 35:48déclarer se déclarer africain pour un
- 35:50entier. C'est moi alors moi je précise
- 35:52que je je suis fier de mes racines
- 35:54africaines, je le revendique. Maintenant
- 35:56pour un entier et de manière générale,
- 35:58c'est complexe de de se définir comme ça
- 36:01puisque l'Afrique paraît très loin de de
- 36:04nous et on ne connaît pas les langues,
- 36:08on ne connaît pas les coutumes bien que
- 36:10nous avons énormément de coutumes chez
- 36:12nous d'histoire. Euh par exemple, on a
- 36:14des on on des contines qui s'appellent
- 36:16compè Lapin chez nous et c'est le c'est
- 36:18l'équivalent de le dans certains pays
- 36:20africains, c'est les mêmes histoires.
- 36:21Nous avons des chansons, nous avons des
- 36:22repas, des choses qui sont vraiment mais
- 36:25identiques, des mots dans notre langue
- 36:27aussi qui sont identiques. Mais l'entier
- 36:30qui ne va pas chercher forcément
- 36:31l'information ou qui n'a pas accès à
- 36:33cette information-là ne peut pas le
- 36:35savoir. Et donc, on va chercher euh
- 36:38notre notre vérité chez l'homme blanc
- 36:41jusqu'à maintenant. Par exemple, on va
- 36:42vous dire que le mot bou qui ve en
- 36:44créole veut dire euh un type, un homme,
- 36:47on va vous dire que ça vient de bougre
- 36:49en français. Tandis que dans certains
- 36:51dialectes africains, le mot bou existe
- 36:53aussi et ça veut dire un type. Et il y a
- 36:55il y a plein de choses comme ça, on va
- 36:56chercher directement dans le dans dans
- 36:58lexique ou dans l'image
- 36:59ou dans ou dans l'imaginaire de de du du
- 37:01du blanc. Tu vois, si on revient à la
- 37:04thématique avec tout ce qui a été dit là
- 37:06en 20 minutes là,
- 37:07comment on sort de ça,
- 37:09tu vois la thématique, elle est que il y
- 37:10a une révolte, on a un problème de vie
- 37:12chère
- 37:13mais en même temps on a des
- 37:14problématiques
- 37:15média, béquet, transport, économique, la
- 37:19sission,
- 37:20c'est très politique
- 37:21et ou alors il faut être très politique,
- 37:23c'estd que il y a deux choses. Pour moi,
- 37:25le projet à moyen et long terme, c'est
- 37:27le projet de l'autonomie, de
- 37:28l'indépendance. il y a pas d'autres
- 37:30chemin et et le et la réponse immédiate
- 37:34c'est il est elle est politique. L'État
- 37:37doit permettre à à chaque citoyen de son
- 37:41territoire et bien d'avoir les mêmes
- 37:43droits, d'accéder au mêmes services et
- 37:46d'avoir des prix qui soient les les prix
- 37:49nationaux. Vous savez, j'ai sur
- 37:52justement sur cette questionl le fait
- 37:54d'avoir un ministère des outremères et
- 37:56moi je dis toujours aux politiques mais
- 37:58pourquoi la Corse l'île de Ray, l'île
- 38:00d'Oscent ne sont pas donc puisque c'est
- 38:02outreemè ne sont pas dans ce ministère
- 38:04là. On revient avec cette idée ministère
- 38:07des colonies. Pourquoi vous avez des
- 38:09mécanismes qui sont accordés à la Corse
- 38:11et qui ne sont pas accordés au aux
- 38:14entiers à l'outre mer en général ? C'est
- 38:16sur les billets d'avion par exemple.
- 38:17Lorsque vous attestez d'une adresse en
- 38:18Corse et bien votre le prix de votre
- 38:22billet pour pour le bateau, le ferry
- 38:24donc ou l'avion est moins cher.
- 38:27C'est voilà.
- 38:28Tuas tu as les retours de ça ce genre de
- 38:30question quand tu
- 38:31Non, c'est pas une genre de question. Le
- 38:32au moment où moi j'étais délégué
- 38:33interministériel, j'ai je me suis frité
- 38:35avec des ministres en leur disant et
- 38:37avec le le la présidence de la
- 38:38République en disant mais ça là ça il
- 38:41faut que ce soit accordé aussi aux
- 38:42originaires d'outreem. Mais et là on en
- 38:44revient au au aux imaginaires justement
- 38:48les élus les élus d'outreem c'est à quel
- 38:52moment les gars se disent on doit
- 38:55obtenir ça lorsque l'État supprime
- 38:57Franço 3 qu à dire et moi je dis au
- 39:00président de la République Emmanuel
- 39:01Macron dans les yeux je lui dis à deux
- 39:03reprises je lui dis mais la suppression
- 39:05de François serait une erreur
- 39:06stratégique et politique. Il a supprimé
- 39:09parce que nous ne sommes rien. Parce que
- 39:12si nos élus avaient dit vous touchez pas
- 39:13à notre chaîne là pour moi cette chaîne
- 39:15là c'est aussi un peu les réparations.
- 39:17Ça fait partie des réparations que nous
- 39:18réclamons.
- 39:19Mais vous avez des élus qui sont
- 39:21incapables de dire ça vous donnez ça au
- 39:23Corse vous vous nous donnez ça. Vous
- 39:24donnez ça au Breton, vous nous donnez
- 39:25ça. Lors il y a des gens qui sont pas
- 39:27capables. Donc la réponse immédiate doit
- 39:29être politique mais moi je pense que la
- 39:31vraie réponse elle est on arrête.
- 39:33Et ça je rebondis. C'est intéressant ce
- 39:36que ce que ce que tu dis et j'ai
- 39:38vraiment le sentiment qu'on est en plein
- 39:40dans ce que euh Aimé Céser appelait le
- 39:42génocide par substitution. Il y a eu la
- 39:44première la première étape, c'était le
- 39:46bumidom dont Alison parlait tout à
- 39:48l'heure. Donc dans les années 60 si je
- 39:50me trompe pas, je parle sur ton
- 39:51contrôle. Euh la France a demandé aux
- 39:53antillers, aux insulaires, allez, pas
- 39:55que les antiers, les insulaires, donc
- 39:56même les réunionnaires et tout ça, de
- 39:58venir en en dans l'hexagone euh avec en
- 40:01échange un poste un poste dans
- 40:03l'information publique. Euh et euh
- 40:07pendant donc quand les Antillers et les
- 40:09insulaires sont arrivés en France, on
- 40:10leur a donné des postes à peu de
- 40:12qualification la plupart du temps. Euh
- 40:14[raclement de gorge] les femmes qui
- 40:15pensaient qu'elles allaient faire un
- 40:15métier selon ell euh [gémissement]
- 40:18valorisant,
- 40:19pardon,
- 40:20valorisant.
- 40:22apprendre à faire le ménage, des choses
- 40:23comme ça et bien et on respecte bien sûr
- 40:26les femmes qui font le ménage. On a
- 40:27besoin de toutes ces personnesl,
- 40:29on l'a vu pendant le Covid d'ailleurs.
- 40:30Euh et en échange, bon dans cette
- 40:33période là, on envoyait des blancs aux
- 40:36Antilles dans les îles de manière
- 40:38générale à des postes cette fois-ci bien
- 40:40sûr hautement qualifiés. Et donc on se
- 40:43retrouve aux anti avec ben le professeur
- 40:46est blanc, le maire est blanc, le député
- 40:48est blanc, tout le monde est blanc en
- 40:50fait et et donc c'est il y a une volonté
- 40:54je pense vraiment de changer la
- 40:56population de de des Antilles, de faire
- 40:58un nouveau Saint-Bart. C'est ce qui se
- 40:59passe à Saint-Bart. Et vous allez voir
- 41:02par exemple, les Antillers ont beaucoup
- 41:03de mal à acquérir des terres aux Antill
- 41:07parce qu'on leur refuse revient, on
- 41:09tourne en rond.
- 41:09Exactement. Exactement.
- 41:10On tourne, je pense qu'on tourne en rond
- 41:12mais on approche du du du but.
- 41:14C'est-à-dire, c'est-à-dire que on a euh
- 41:17des difficultés à chez nous-même
- 41:20à acquérir des terres
- 41:22par contre parce qu'on nous refuse par
- 41:23exemple des prêt, ça
- 41:24c'est le juge qui va pas accepter parce
- 41:26que les banques ne vont pas être
- 41:27exactement. Par contre le blanc qui
- 41:29vient là qui est dans son droit de
- 41:30vouloir acheter n'importe où, bien sûr,
- 41:32il arrive et lui c'est facilité.
- 41:34Pas parle des 40 % de vie chè, des
- 41:36primes de chaleur et
- 41:37exactement. Donc voilà, ils ont des ils
- 41:39ont des des désavantages que nous nous
- 41:41n'avons pas sur place. Et ça, il faut
- 41:44qu'on on on ils ont besoin demande des
- 41:47entiers à retourner travailler. Une
- 41:50forte demande, il y en a forcément, mais
- 41:52est-ce qu'il y a une forte demande des
- 41:53entières à retourner au pays pour
- 41:54travailler ? Bien sûr, mais les le la
- 41:56dans les mutations, on verra que c'est
- 41:58plus facile pour un non entier d'allos
- 42:00entill que que moi je vais galérer
- 42:01[raclement de gorge] plus que quelqu'un
- 42:02qui est blanc par exemple pour aller et
- 42:04ça c'est une on peut pas me dire que
- 42:05c'est un c'est un hasard
- 42:06mais c'est un fait parce que vous êtes
- 42:08une colonie. En fait ce que vous
- 42:10demandez c'est ce qui est ce qui est se
- 42:12comprend hein de 10000 % mais ce que
- 42:14vous demandez c'est d'être à l'égal du
- 42:17colon. Non, pas du tout, pas du tout.
- 42:20Depuis tout à l'heure, tout à l'ure, je
- 42:23vous vois venir depuis tout à l'heure et
- 42:25Non, non, non, non, mais c'est pas
- 42:26[rires] ça. Et et presque me gêne un
- 42:27peu,
- 42:28faut pas.
- 42:29Non, non, mais non, mais parce que dès
- 42:30le départ, on a et Kevin et moi dans nos
- 42:32propos, on a bien on a bien expliqué que
- 42:35nous sommes une colonie. Nous savons que
- 42:37nous sommes une colonie, que nous sommes
- 42:38administrés par un ministère qui
- 42:39s'appelle le ministère des autres
- 42:40humains mais qui en réalité l'ancien
- 42:42ministère des colonies qui administre
- 42:43les alors c'est une phrase que je répète
- 42:45souvent mais les confétis de l'ancien
- 42:47empire colonial français hein. C'est ça
- 42:49très clairement. Donc nous nous savons
- 42:52on demande pas être légal du colon on
- 42:55est dans une question politique qui une
- 42:57question de citoyenneté.
- 42:59Il faut faire c'est même lorsque l'on a
- 43:01un projet très clair pour nos sociétés,
- 43:04il ne il faut savoir être mesuré, ne pas
- 43:06être excessif à certains moments. Là
- 43:08aujourd'hui, vous avez et c'est ce que
- 43:11demande aujourd'hui en Martinique et en
- 43:12Guadeloupe aussi parce que les réunions
- 43:14s'enchaînent. Bref, je pas parler de la
- 43:15Guadeloupe là, mais il demande juste que
- 43:18l'État respecte les les les règles. En
- 43:22gros, c'est mais c'est rien d'autre et
- 43:24c'est normal de demander ça.
- 43:25Mais sans poids,
- 43:26ça veut pas dire qu'on a pas envie
- 43:28demain de partir
- 43:28sans poids sans poids politique
- 43:31puisque on sait que la ceux qui vont
- 43:33gérer, qui vont faire la gouvernance,
- 43:36ils viennent comment on dit d'outre mer.
- 43:38Non, c'est la
- 43:39de l'hexagone.
- 43:40Ils viennent de l'hexagone.
- 43:41Donc euh les élus aussi, j'imagine.
- 43:43On a un gouvernement de droite, hein.
- 43:45Alors, comment on fait sans poids
- 43:46politique pour atteindre cet objectif là
- 43:48là ? politique, c'est moi je vois qu'une
- 43:50seule solution, c'est la révolte
- 43:51populaire et et et alors j'irais pas
- 43:54jusqu'à dire faire des une marche non
- 43:56violente comme Luther King compagnie
- 43:58quoique mais je pense que c'est
- 44:00important que ça soit une une grosse
- 44:02partie du peuple qui soit dans la rue
- 44:04pour mettre la Martinique euh je veux
- 44:08dire au dans l'actualité vraiment mais
- 44:10dans le monde que quelque chose de que
- 44:12ça soit quelque chose de tellement fort
- 44:13que ça va dépasser la frontière de la
- 44:15France.
- 44:15Kevin va jus all jusqu'au bout. Moi en
- 44:17revanche, je pense que oui. Qu'est-ce
- 44:19qui fait que les blancs du sud à
- 44:21Montgomerie cèdent
- 44:23sur les histoires des bus ? La
- 44:24ségrégation dans les bus
- 44:25bien sûr
- 44:26c'est quoi ? C'est plus d'un an de
- 44:28boycotte des bus.
- 44:30Et la vraie question, elle est là.
- 44:32Pourquoi tout à l'heure je parlais
- 44:32d'imaginaire de conscience de soi-même
- 44:35et conscience individuelle et collective
- 44:37? Sommes-nous capables de mener ce type
- 44:39de combat là ? Pourquoi la grève en 2009
- 44:41à partir du 20 janvier 2009 et du 5
- 44:43février en Martinique ? 20 janvier en
- 44:44Guadeloupe et 5 février en Martinique ?
- 44:46Pourquoi n'a-t-elle duré que 44 jours à
- 44:47votre avis ? Vous savez pourquoi n'a
- 44:49duré que 44 jours ?
- 44:50Vas-y, dis-nous.
- 44:50Est-ce que vous savez pourquoi ?
- 44:51Allez, disnous.
- 44:52Peu de gens qui ont qu''s ont participé.
- 44:54C'est c'est une question parce que
- 44:56beaucoup étaient des fonctionnaires et
- 44:58après le 4 après au bout de 45e jour, tu
- 45:01es dans la merde. Mais c'est pour ça
- 45:02c'est pour ça que c'est pour ça qu'on
- 45:04parle on parle de conscience.
- 45:06J'entends mais je dis les termes parce
- 45:07que c'est les funérailles des tabou
- 45:09[rires]
- 45:10et que je dis que c'est pour ça que
- 45:11j'entends. Non mais dans le sens où je
- 45:13dis je comprends que ce soit pas
- 45:14agréable à entendre. Moi, je parle
- 45:16toujours d'extérieur, mais c'est pour
- 45:17quand on dit prise de conscience, si on
- 45:20est conscient, OK, que cette situation
- 45:22en tant que colonisé ne nous va pas, que
- 45:24même s'ils font un ministère et il nous
- 45:25faut plein de blabla, jamais ils vont
- 45:27nous mettre à l'échelle égale parce
- 45:30qu'il y a pas de profit économique et
- 45:32que dans ces cas-là, jamais on pourra
- 45:34sortir et faire créer quelque chose de
- 45:36nouveau en restant dans ce carcan. Je
- 45:37finir. [rires]
- 45:39Oui oui oui. Non mais
- 45:41et ben si on on est c'est pour ça que je
- 45:43dis les termes si voilà on est des
- 45:45colons coloniser que tout ça ce qu'ils
- 45:46font s'éteint l'heure c'est ça pour moi
- 45:49ça serait ça une prise de conscience
- 45:50parce que comment tuexpliques Kevin
- 45:52c'est que ça tourne.
- 45:53Oui on voudrait bien acheter mais on
- 45:55peut pas. Le juge il veut pas parce
- 45:56qu'on n'est pas blanc. Oui voilà moi je
- 45:58viens de la France si je suis entier je
- 45:59veux mais je ne peux pas parce que je
- 46:01suis pas blanc. Même si je peux. Donc en
- 46:02fait quoi qu'il se passe même si tu as
- 46:04toute la meilleure volonté du monde et
- 46:06ben ça va pas marcher. Donc je te
- 46:07rejoins. C'est les meutes qui se passent
- 46:09en ce moment. Si cette colère gronde
- 46:10gronde gronde, elle fonctionnera
- 46:12peut-être.
- 46:13Imaginons que les gens décident Ouais.
- 46:15Mais si les gens décident aujourd'hui
- 46:16c'est terminé, on ne va quitte à payer
- 46:19cher et bien je préfère aller payer cher
- 46:21dans le petit lolo de de madame Intel,
- 46:25monsieur Intel, plutôt que d'aller au
- 46:27supermarché
- 46:28de des des patrons de la grande
- 46:30distribution.
- 46:31Si jamais les gens sont capables, c'est
- 46:32pas c'est ça la prise de conscience
- 46:34individuelle puis collective. C'estd
- 46:36qu'on est capable de se dire nous
- 46:37aujourd'hui moi je vais pas acheter chez
- 46:39toi, j'irai acheter là, ça va durer 1
- 46:41an, 2 ans, 3 ans, ton commerce il va
- 46:43tomber. Si tu changes pas tes prix, tu
- 46:45as plus rien et tu as plus qu'à fermer
- 46:46boutique. C'est c'est ça la prise de
- 46:48conscience. Est-ce que les gens de chez
- 46:49nous sont capables de ça ? Et comme je
- 46:51disais tout à l'heure, une rondelle ne
- 46:52fait pas le printemps et ce n'est pas
- 46:53nous Kevin et moi ici qui pouvons
- 46:55répondre pour l'ensemble du peuple. Oui
- 46:58mais le colibri qui participe en mettant
- 47:00ou on est d'accord et chez nous on dit
- 47:02chez nous on dit c'est grain d'iriz qui
- 47:04a fait sac d'z donc c'est la graine de
- 47:05riz qui fait le sac de riz oui
- 47:07évidemment
- 47:07vas-y rebondit
- 47:08non ça c'est c'est tout à l'heure quand
- 47:10je parlais je faisais je faisais la
- 47:11comparaison avec Saint-Bart c'est pour
- 47:13exprimer quelque chose. Je je moi je ne
- 47:15réclame pas parce que moi je suis plutôt
- 47:17indépendantiste aussi et même pas plutôt
- 47:18je suis indépendantiste.
- 47:21Je suis indépendantiste et
- 47:24ce que je voulais souligner, c'est
- 47:25plutôt la volonté étatique de maintenir
- 47:28un statut co par rapport au statut des
- 47:31des entes.
- 47:33C'est vraiment ça que je disais, c'est
- 47:34un tableau que je dessinais. C'est pas
- 47:35je dis pas que moi je veux que que qu'on
- 47:37resteou qu'on soit à égalité. Euh ce que
- 47:40j'exprime, c'est que euh il y a une
- 47:43volonté de faire de faire de garder les
- 47:46antill mais sans les antillet quelque
- 47:47part. Hm hm.
- 47:48Ils ont besoin des antilles, plus des
- 47:50antillets. Nous sommes venus ici pour
- 47:51développer à une période de l'histoire
- 47:53une l'économie là-bas. Cette économie-
- 47:55làà et aujourd'hui n'est même plus
- 47:57dominante forcément et donc on a plus
- 47:59besoin de nous. On peut on pourra même
- 48:01aller dans une théorie un peu
- 48:02complotiste si je ne m'abuse. Le clore
- 48:05déconne,
- 48:05il est interdit sur tout le territoire
- 48:07français sauf chez nous
- 48:09depuis les années 70 et il a été
- 48:11réintroduit en 92 et 93.
- 48:15Non mais c'est un fait. Et là, on ne
- 48:16peut pas dire que c'est le passé et
- 48:18cetera parce que souvent quand on parle
- 48:19des choses, on dit "Oui, vous restez sur
- 48:20le passé." Non, là c'est le présent. Là,
- 48:21on est et on a et pendant des années, il
- 48:24y a eu des luttes, il y a eu des procès,
- 48:26des choses comme ça. On a fait on a
- 48:28repoussé repoussé repoussé jusqu'à
- 48:29l'année dernière, je crois, où il y a 2
- 48:30ans de dire "Ah, il y a prescription".
- 48:32L'année dernière, alors il y a eu un non
- 48:33lieu.
- 48:34Et qui dit non lieu dit qu'il n'y a pas
- 48:36de de responsable et de coupable. Ça ça
- 48:38reste intéressant parce que euh Kevin a
- 48:40parlé de du du génocide par
- 48:42substitution. Euh le fait que peut-être
- 48:44le la vie chère, la lutte contre la vie
- 48:46chère participe à ce génocide par
- 48:48substitution qui avait mis en avant et
- 48:50Mé Céser. Est-ce que vous pensez que le
- 48:52fait qu'on mette en avant aujourd'hui
- 48:54dans cette émission, le fait que les
- 48:56blancs parfois viennent dans dans les
- 48:58territoires d'outre mer sont peut-être
- 49:00mieux gradés que ceux qui qui y vivent
- 49:02les locaux, est-ce que ce n'est pas une
- 49:04forme de racisme ? Est-ce qu'on peut
- 49:05parler de racisme ? Aujourd'hui,
- 49:10il y a certains qui parlent de de
- 49:11racisme antiblanc. On a vu des des élus
- 49:16par exemple qui sont allés dans les
- 49:17médias des élus en Kan qui sont venus
- 49:20dans les médias nationaux exprimer une
- 49:21forme de vie. Voilà ce ils sont venir
- 49:24dire qu'ils étaient un peu victimes de
- 49:26de racisme qu'on leur disait
- 49:28textuellement que voilà dans nos postes
- 49:30de CAD et autres, il n'y a pas forcément
- 49:32de locaux.
- 49:34Est-ce qu'on peut parler de racisme dans
- 49:35ce type de situation ? surtout que quand
- 49:37on parle de génoc de par substitution,
- 49:39on peut faire un rapprochement avec la
- 49:40thèse par exemple d'Éric Zemour du la
- 49:42théorie du grand placement. Est-ce que
- 49:45aujourd'hui c'est c'est du racisme de
- 49:47tenir de tels propos sur sur ce plateau
- 49:49?
- 49:49C'estàdire oui vas-y je laisse rebondir
- 49:51juste dans la définition du Larousse.
- 49:54Si tu lis la définition ça ne peut pas
- 49:55s'inverser parce que la plupart des gens
- 49:57pensent que le racisme c'est la haine de
- 49:59l'autre sauf que c'est pas ça. C'est
- 50:01théorie selon laquelle il y aurait des
- 50:03races et une hiérarchie entre ces races.
- 50:06Donc sous-entendu les blancs au-dessus
- 50:07et nous juste je sais pas si en dessous
- 50:09au-dessus des singes à peu près. Et le
- 50:13deuxième point, l'extension c'est
- 50:16comportement issus de cette théorie donc
- 50:19des discriminations.
- 50:21Le tu vois par exemple un noir ne peut
- 50:23pas empêcher un blanc d'avoir accès au
- 50:24logement, d'avoir accès à la propriété
- 50:27alors que le noir peut le blanc peut
- 50:29avoir un droit du pouvoir sur ta vie.
- 50:32L'inverse n'est pas possible
- 50:33aux Antill
- 50:34partout. De manière générale, le racisme
- 50:36ne peut pas s'inverser. Et en il y a un
- 50:38monsieur qui s'appelle Blanchard, je
- 50:39crois que c'est Pascal Blanchard.
- 50:41Pascal Blanchard euh qui est un éminent
- 50:43euh euh
- 50:45Ouais, il est euh il c'est c'est un
- 50:46spécialiste de l'histoire mais euh mais
- 50:48euh voilà, Pascal aussi un producteur de
- 50:50de documentaires et de et lui ce qu' il
- 50:52dit que en sciences humainees, en
- 50:54sociologie, le racisme antiblanc
- 50:56n'existe pas. C'est un c'est un
- 50:58phénomène qui est qui a été importé ici
- 51:00par Jean-Marie Le Pen d'ailleurs et et
- 51:03donc c'est quelque chose qui est une ça
- 51:05n'existe pas, c'est un mécanisme de
- 51:07défense qu'on nous oppose. Mais nous en
- 51:09fait que ce que enfin ce qu'on peut nous
- 51:11reprocher à la rigueur c'est les
- 51:13répercussions du racisme. Donc quand un
- 51:15blanc est victime de d'une incivilité ou
- 51:17de quelque chose comme ça ou d'une
- 51:18critique c'est ce n'est pas lié à sa
- 51:21couleur de peau. ce n'est pas lié à une
- 51:23condescendance raciale qu'on aurait en
- 51:26parce que c'est ça c'est ça en fait le
- 51:27racisme c'est lié à ce qu'il représente
- 51:30c'estàd que tu moi chez moi je n'ai pas
- 51:31accès à ça et toi tu as accès à ça.
- 51:33Comment c'est possible ?
- 51:34Comment c'est possible ?
- 51:35Mais mais la question de Clara est très
- 51:36intéressante parce que effectivement
- 51:38pour essayer de de délégitimer
- 51:42notre action et nos revendications là
- 51:44encore légitimes, on nous oppose
- 51:46effectivement oui mais vous êtes raciste
- 51:48finalement. On voit bien que dans vos
- 51:50propos vous tenez des propos des propos
- 51:51racistes et c'est vrai et merci Kevin
- 51:53d'avoir rappelé ce qu'est le mécanisme
- 51:55du racisme dans la société occidentale
- 51:57hein et et pas et pas seulement en
- 51:59France. En 2012 j'avais fait une tribune
- 52:02dans l'humanité qui s'appelait le
- 52:03racisme antiblanc n'existe pas. Alors si
- 52:06celles et ceux qui nous regardent, si
- 52:07vous pouvez aller aller la lire d'ur
- 52:09elle est elle est je pense qu'elle est
- 52:10plutôt intéressante et elle 2012 2024 et
- 52:13et je crois qu'aujourd'hui on n' pas
- 52:16nous à s'intéresser à ça et à s'arrêter
- 52:18sur ces questions-là lorsque l'on nous
- 52:19oppose ça. Tout comme par exemple
- 52:21lorsqu'on nous demande à nous de
- 52:23participer à des mouvements antiracistes
- 52:25où il faut combattre le racisme. Moi je
- 52:27dis toujours, on n pas le temps nous de
- 52:28ça et puis on n pas les compétences
- 52:30médicales pour s'occuper de gens qui
- 52:32sont malades atteint de cette pathologie
- 52:34que l'on appelle le racisme. On n pas
- 52:36été formé pour ça. On a juste le temps.
- 52:38C'est ce sont des gens pour moi qui
- 52:40n'ont pas compris quel est le sens de la
- 52:41vie. Pourquoi est-ce que on vient au
- 52:43monde ? Pourquoi est-ce qu'on on est au
- 52:45sein d'une famille ? Pourquoi est-ce
- 52:46qu'on met nous-même après au monde des
- 52:48enfants ? Pourquoi est-ce qu'on élève
- 52:49ces enfants-là ? Pourquoi est-ce qu'on
- 52:51devient parent ? Enfin bon, bref. Et on
- 52:52n' pas le temps d'expliquer aux gens qui
- 52:54sont malades ça. On a juste le temps de
- 52:56construire un monde qui nous ressemble
- 52:57et qui nous rassemble. Et en ce qui
- 52:58concerne nos territoires, on est dans
- 53:00une forme d'urgence. C'est-à-dire qu'il
- 53:02faut que l'on sorte de ce carcan
- 53:04néocolonial ou colonial qui nous
- 53:06oppresse et qui fait que l'on vit une
- 53:08vie qu'on aurait pas dû vivre si on
- 53:10éétait pas dans cette structure là. Je
- 53:11vais je vais rebondir surtout et on va
- 53:14arriver sur ton thème parce que ça fait
- 53:15un très bon pont avec l'identité noire
- 53:18et la et la négritude aujourd'hui. Il y
- 53:20a un super pont là à faire. Mais avant,
- 53:22j'aimerais
- 53:24en allant plus ou moins dans dans ce
- 53:26qu'elle essayait de dire, on est arrivé
- 53:28à un moment donné où la réponse c'est la
- 53:31révolte, la réponse l'indépendance, mais
- 53:34on a une population qui vote qui veut
- 53:37pas être indépendant et en même temps,
- 53:39on a des plein de circuits qui sont
- 53:41bloqués, bouclés. [raclement de gorge]
- 53:44Donc la quel type de de de direction il
- 53:47faut prendre ? Qu'est-ce qu'il faut
- 53:48régler en premier ? Là là il y a
- 53:51l'indépendance actuellement il y a un
- 53:52truc
- 53:53en tout c'est ceux qui votent qui ne
- 53:55souhaitent pas cette indépendance parce
- 53:56qu'il y a ceux qui ne votent
- 53:59assz nombreux
- 53:59il y a pas beaucoup de gens qui votent
- 54:00au
- 54:02c'est pour ça qu'il va il peut se passer
- 54:04potentiellement ce qui s'est passé
- 54:05enakie c'estàd que on demande
- 54:07l'indépendance OK dans 15 ans
- 54:11on va vous proposer un référendum par
- 54:13rapport à ça et donc et sauf que pendant
- 54:15ce temps-là on ramène plein de blanc en
- 54:17Kanaki avec avec des postes bien aussi
- 54:19avec des bons avec des bons salaires et
- 54:21cetera. Sachant que beaucoup de Canaqu
- 54:23malheureusement sont des gens qui qui
- 54:25sont iltrés, des personnes qui ne votent
- 54:28pas en masse non plus. Et donc le jour
- 54:31où le vote arrive, bah qui vote ? Bah
- 54:32tous les blancs qui sont aisés, qui ont
- 54:34leur entreprise, qui ont leur leur poste
- 54:36et cetera. Et ben le vote c'est quoi ?
- 54:3780 % de nom.
- 54:38Qui connaît la Kanaki ici ? Qui est déjà
- 54:40allé en Kanaki ?
- 54:41Non, jamais. Jamais.
- 54:42Vous avez déjà été ? Oui, si vous voulez
- 54:44comprendre
- 54:46et c moi à l'époque trava pour RFO et
- 54:48donc pendant des années fin des années
- 54:4980 jusqu'au milieu des années 90 si vous
- 54:51voulez comprendre à quoi ressemble une
- 54:53colonie nous qui n'avons on parle de
- 54:56notre territoire on dit ouais c'est la
- 54:58colonie c'est la colonie là la canaki
- 55:00c'est ça et c'est même l'apartide c'est
- 55:02c'est y a il y a même des relans
- 55:03d'appartide alors c'est pas tout à fait
- 55:04la même chose parce qu'il y a pas de loi
- 55:06ségrégationniste très clairement mais en
- 55:08réalité c'est ça ah mais c'est une
- 55:11évidence
- 55:12avant de de passer à à la suite. Euh que
- 55:15pensez-vous de la réponse politique
- 55:18aujourd'hui euh de l'État ? Euh le
- 55:20ministère, le ministre de l'intérieur a
- 55:23répondu récemment à des questions,
- 55:24notamment par rapport au leader de cette
- 55:27lutte contre la vie chère. La réponse
- 55:29politique semble être la réponse
- 55:31policière. Dans ce type de situation,
- 55:33onentend pas non plus les grands leaders
- 55:35parler de euh en tout cas les les les
- 55:39activistes parl forcément de violence
- 55:40policière pourant dans nos territoires
- 55:42d'outre mer là ça ce qui s'apparenteent
- 55:44aujourd' violences policières onentend
- 55:46pas trop ici en France hexagonal moi
- 55:49j'ai pas vu les actes habituels
- 55:52s'exprimer sur nos nos violences
- 55:55policières ce qui
- 55:57ce qui prouve d'une certaine façon que
- 56:00nous sommes toujours pas français Ouais.
- 56:01Ah ben non, non. Mais de toute façon
- 56:02donc vous en pensez quoi aujourd'hui
- 56:05quand même de cette réponse politique de
- 56:08de l'État aujourd'hui par rapport est-ce
- 56:10qu'il y a vraiment une réponse politique
- 56:11en ministère policière ? Al il y a une
- 56:12réponse politique. La réponse elle est
- 56:14elle est sécuritaire. Elle est on va
- 56:16mettre nos colonisés et nos colonies. On
- 56:19va remettre de l'ordre dans tout ça.
- 56:21Alors le ministre d'intérieur dit et
- 56:23puis il faut aussi répondre aux
- 56:25questions aussi de vie chè c'est pas de
- 56:27son périmètre. Donc lui, il a beau avoir
- 56:29des mots, en revanche, il a fait quelque
- 56:30chose d'extrême qui moi à mon avis est
- 56:32extrêmement grave, quelqu'un que le
- 56:34peuple martiniicais aujourd'hui, en tout
- 56:36cas beaucoup de martiniquet soutiennent
- 56:38dans son action.
- 56:40Il a rappelé les antécédents judiciaires
- 56:42de cette personne
- 56:43comme d'habitude.
- 56:44Il a voulu donc discréditer le mouvement
- 56:46en rappelant que ce gars-là était à un
- 56:48moment donné dans sa vie un délinquant.
- 56:50Malcomic aussi a été un délinquant et
- 56:51pour et pour une certaine Amérique,
- 56:53Martin Lutherking aussi était un
- 56:54délinquant, hein. D'accord. Donc on voit
- 56:57bien quel est l'état d'esprit de encore
- 57:00une fois de la France vis-à-vis de nous.
- 57:02Cette terre là nous appartient.
- 57:04Ils le font même enfin je veux dire ils
- 57:05le font même en France hein les je veux
- 57:07dire il décribilise souvent et la
- 57:09violence policière aujourd'hui avec
- 57:10notre gouvernement et c'est
- 57:12malheureusement c'est juste pour c'est
- 57:13c'est pas pour déquer
- 57:16c'est juste sauf que
- 57:18euh à deux reprises des chaînes
- 57:21d'information nationale m'ont invité à
- 57:24venir parler. Oui. Et parfois 3h avant
- 57:28on annulé et après on finit par me dire
- 57:31"Oui, on t'explique, on nous demande de
- 57:33ralentir un petit peu." Avez-vous vu les
- 57:36ce qui se passe en Martinique faire la
- 57:37une du 20h ?
- 57:39Non.
- 57:40Et bien ça ça c'est la meilleure réponse
- 57:43que je peux donner cher Clara. La
- 57:46meilleure réponse est ça. C'est-à-dire
- 57:48qu'il y a un contrôle total de l'État
- 57:50sur ce qui est dit, sur ce qui se passe
- 57:52dans ces colonies.
- 57:54Et j'ajoute que ça passera au JT de 20h
- 57:58lorsqu'un Martin Ketchura un policier.
- 58:00Ça ça passera
- 58:01malheureusement. C'est ça. C'est sûr.
- 58:03C'est ça.
- 58:04Donc donc si on a envie de se dire "OK,
- 58:08les projets que nous poursuivons Kevin
- 58:10et moi et bien d'autres heureusement
- 58:12pour aller vers l'indépendance,
- 58:15on met ça de côté. aujourd'hui la
- 58:17réponse que les pour répondre à ta à la
- 58:20question de Papou, ce que veulent les
- 58:23Martiniquais c'est les mêmes prix pour
- 58:26que les gens aient une conscience
- 58:27d'eux-même et se disent ce combat là on
- 58:29l'a remporté et qu'on peut peut-être
- 58:30demain aller vers une évolution
- 58:33statutaire. On a parlé de l'article 113
- 58:3574 tout à l'heure et bien pour aller
- 58:38vers cette évolution là il faut déjà
- 58:40remporter ce combat-là pour donner
- 58:42confiance aux gens. Voyez lorsqu'on est
- 58:44ensemble qu'on mène un combat on peut le
- 58:46gagner. Hm.
- 58:47Il y a d'autres combats à mener demain ?
- 58:48Exactement. Et pour terminer après on
- 58:50passe si tu si tu veux.
- 58:52La diaspora elle est elle est d'accord ?
- 58:54La diaspora entiè qui est en elle
- 58:56participe à ce combat. Elle y va. Bien
- 58:57sûr, bien sûr. On est même plus énervé.
- 58:59Bien sûr, bien sûr. Euh
- 59:03je voulais dire que euh
- 59:06Emé Céer lorsqu'il a il a voté la loi de
- 59:09départementalisation, il a dit qu'il le
- 59:12faisait pas de gaié de cœur, qu'il le
- 59:13faisait dans le souci de l'urgence parce
- 59:16que les gens avaient besoin de manger en
- 59:17fait. C'est ça aussi il faut qu'on qu'on
- 59:20se le dise. Même Czer qui a posé pour
- 59:22moi en tout cas les jalons de l'identité
- 59:24de la pensée antiaise de l'idé par
- 59:27rapport à l'identité
- 59:29il a il l'a dit. Il a dit je le fais
- 59:30parce que je vois autour de moi, je vois
- 59:32de la souffrance, je vois de la misère
- 59:33donc les gens ont besoin de manger. Donc
- 59:35je le fais maintenant je pense qu'il
- 59:37faut qu'on passe à une autre étape
- 59:38maintenant.
- 59:39Et il l'a regretté.
- 59:39Et il l'a regretté. Ouais,
- 59:40il a regretté en disant quand je vois
- 59:42mon peuple qui finalement
- 59:45se vautre ou se conforte dans quelque
- 59:47chose qui est pas confortable du tout,
- 59:48je résume sa pensée et ben voilà, il l'a
- 59:50regretté après.
- 59:51Ouais, c'est ça. Et aujourd'hui, il faut
- 59:52que qu'on passe à une nouvelle étape. Et
- 59:56et là, je j'aimerais qu'on qu'on passe
- 59:59sur le peut-être l'autre sujet, c'est
- 1:00:01là, il y a quelques jours, il y a
- 1:00:03l'acteur qui jouait Kunta Quinté, le
- 1:00:06Kunta Quinté adulte du film Racine
- 1:00:09qui il est décédé. Et symboliquement, je
- 1:00:13voudrais demander est-ce que c'est pas
- 1:00:14le moment aussi pour qu'on ne soit plus
- 1:00:15des noirs coutiné, c'est-à-dire des
- 1:00:17noirs euh dans la réaction puisque qui
- 1:00:21coutiné le ce qu'il ce qu'il habitait
- 1:00:23c'est euh plus on lui faisait changer,
- 1:00:26on lui demandait de changer son prénom,
- 1:00:27plus il rappelait je suis Kakinte, je
- 1:00:30suis pas Toby. Il il rappelait à ses
- 1:00:33semblables à ses enfants notamment. Je
- 1:00:35suis je suis habitais dans un village de
- 1:00:37Jofouré. J'étais un jour dans un dans
- 1:00:39dans la jungle pour prendre du bois pour
- 1:00:41faire un tambour et les blancs m'ont
- 1:00:43m'ont kidnappé et cetera. Et donc je
- 1:00:45j'aimerais poser cette question là,
- 1:00:47c'est par rapport à l'identité antiaise.
- 1:00:50Est-ce qu'il faut euh
- 1:00:53revendiquer notre africanité de manière
- 1:00:58tranchée radicale ?
- 1:01:01Ou est-ce un une lubie ? Où est-ce qu'on
- 1:01:04doit épouser une forme de créolité ?
- 1:01:07C'est-à-dire de universalisme.
- 1:01:10J'ai j'ai des ancêtres araw et j'ai des
- 1:01:12ancêtres voilà parce que aujourd'hui au
- 1:01:14il y a beaucoup de gens qui ont des
- 1:01:15ancêtres araw alors que les araw ont
- 1:01:16tous été exterminés mais tout le monde
- 1:01:18aou [rires]
- 1:01:20c'est récent ça non non non il a raison
- 1:01:23les araw alors pour préciser les
- 1:01:25caraïbes arab les caraïbes qui sont les
- 1:01:28les les vrais la vraie population
- 1:01:31originelle en Martinique en Guadeloupe
- 1:01:34et dans les dans la Caribe de manière
- 1:01:35générale c'est des Indiens
- 1:01:36des amer indiens plutôt
- 1:01:38et ils ont Tout c'était exterminé.
- 1:01:41D'accord. Mais aujourd'hui, ben un
- 1:01:44entiller sur sur deux presque dit qu'il
- 1:01:47a des ancêtres araw.
- 1:01:50C'est du quoi ? Mais par Non, il y a il
- 1:01:52y a il y a un pas peut-être pas un sur
- 1:01:54deux mais je provoque je provoque un
- 1:01:57petit peu.
- 1:01:57Oui mais c'est pas c'est pas si faux.
- 1:02:02Techniquement pas
- 1:02:04démographiquement.
- 1:02:05Pourquoi ? Alors il y a il y a eu les
- 1:02:06canagos mais c'est pas si fa cette
- 1:02:08histoire. Non non non, ils sont Non non
- 1:02:11non non, il y a un moment Non non mais
- 1:02:13moi moi j'adore parce que et Kevin l'a
- 1:02:15la l'a expliqué, on pourrait aller
- 1:02:16beaucoup plus loin, c'est comment ce
- 1:02:18rejet de son africanité et on peut
- 1:02:20comprendre parce que les êtres humains,
- 1:02:23la partie négative de toi, c'est pas la
- 1:02:24partie que tu veux revendiquer. Mais
- 1:02:26n'importe quel être humain ferait pareil
- 1:02:27hein, c'est pas une question de noir ou
- 1:02:28de
- 1:02:29Pourquoi ce serait une partie négative ?
- 1:02:30Non non non mais non mais je vais non
- 1:02:32non mais si mais si parce que c'est la
- 1:02:33partie on vous a déporté, on vous a
- 1:02:36après on vous a christianisé, on vous a
- 1:02:38dit votre Dieu c'est le c'est moi par
- 1:02:40exemple je suis pas catholique du tout,
- 1:02:41je suis pas j'ai pas de religion de
- 1:02:42toute façon je respecte les croyants
- 1:02:44mais j'ai pas de religion. Je l'ai déjà
- 1:02:45expliqué ici dans une émission mais on
- 1:02:48vous on vous enlevait tout ce qui
- 1:02:49faisait la sève de votre identité
- 1:02:51originelle. Bon, mais je dis quand même
- 1:02:54aux gens, ça sert à rien d'essayer
- 1:02:55d'être ce que vous auriez pu être s'il
- 1:02:58n'y avait pas eu ces épisodes de
- 1:02:59l'histoire parce que c'est de la
- 1:03:00schizophrénie. Soyez vous-même, essayez
- 1:03:02d'avancer avec votre conscience, votre
- 1:03:05nouvelle identité. Les peuples
- 1:03:07autochtones ont été alors on les appelle
- 1:03:09à mer indien mais moi j'ai un problème
- 1:03:10avec cette terminologie là parce que
- 1:03:12Amérique Indien c'est Christophe Colomb
- 1:03:14s'est trompé en pensant que c'est des
- 1:03:15Indiens, ils sont pas indiens. Donc les
- 1:03:17les peuples les peuples autochtones et
- 1:03:18tout ça et tout et ils ont été
- 1:03:21exterminés. Les Français les ont
- 1:03:22exterminés. Il restait une cinquantaine
- 1:03:25en Guadeloupe, une cinquantaine
- 1:03:27d'autochtones lorsqu'ils ont déporté les
- 1:03:29premiers africains. Vous pensez que les
- 1:03:30gens, ils se sont mélangés comme ça, ils
- 1:03:32ont fait des enfants et après ça c'est
- 1:03:34pas du tout passé comme ça. Et ceux qui
- 1:03:36restaient euh euh ont été déportés à la
- 1:03:39Dominique, les derniers qui restaient.
- 1:03:41Ce qui fait qu'à la Dominique, il y a
- 1:03:42encore quelques des familles encore qui
- 1:03:45restent là. Mais pas en Guadeloupe. Les
- 1:03:47gens parce qu'ils pensent qu'ils ont une
- 1:03:48il ils ont avec les métissages, ils ont
- 1:03:49une couleur qui ressemble un peu à des
- 1:03:51trucs qui seraient un peu pour reprendre
- 1:03:53l'expression amer indien. Ils se disent
- 1:03:54"Ouais, je suis amerien, c'est pas
- 1:03:56vrai." Mais dans le même temps euh je
- 1:03:58pense que Kevin et moi non se définit
- 1:04:00comme étant des afro-caribéens. Moi je
- 1:04:01suis un afhrocaribéen de la Guadeloupe,
- 1:04:02je suis né à Paris, enfin je suis grandi
- 1:04:04dans un petit village de Haute Provence.
- 1:04:05Je suis tout ça, je suis toutes ces
- 1:04:06terres-là. Mais d'un autre côté aussi,
- 1:04:08il y a des gens qui sont résolument des
- 1:04:11Guadeloupéens mais c'est l'indianité.
- 1:04:13leurs parents sont ont été déportés
- 1:04:15enfin sont venus d'Inde. Donc on est
- 1:04:17tout ça et puis il y a il y a l'Europe
- 1:04:19aussi, il y a les mélanges avec les
- 1:04:20blancs.
- 1:04:21Donc c'est ça la la la la force la force
- 1:04:23de cette identité là.
- 1:04:25Et n'oubliez jamais que nos peuples, on
- 1:04:26a appelé certains les gens qui étaient
- 1:04:27clairs de peau, on leur a donné des noms
- 1:04:29d'animaux,
- 1:04:30on les a appelé Mulatâre qui vient de
- 1:04:32Mouato, donc qui le mulet quoi,
- 1:04:36croisement contre nature du cheval et et
- 1:04:37de l'âe, on les a appelé Chabin. Chabin
- 1:04:40et quand moi des chansons Ouais, Belle
- 1:04:42Chabine, moi ça m'a toujours énervé. Je
- 1:04:43disais aux gens arrêtez de faire des
- 1:04:44chansons avec Belle Chabine, c'est le
- 1:04:46croisement contre nature d'un bouc et
- 1:04:48d'une et d'une chèvre ou ou d'un bélier
- 1:04:51et non
- 1:04:53la brebie. Non parce que le bélier, la
- 1:04:55brebie c'est la même. Donc la brebie et
- 1:04:57le bouc ou le bélier et la chèvre. C'est
- 1:04:59ça.
- 1:05:00C'est un hybride en fait.
- 1:05:00C'est c'est un hybride et on appel ça
- 1:05:02les chabins. Et comme nous n'étions que
- 1:05:03des animaux et des bien meubles.
- 1:05:05Voilà,
- 1:05:06c'est intéressant ce que vous avez mis
- 1:05:07en avant. Mais si je vous écoute tous
- 1:05:08les deux, vous semblez être
- 1:05:10indépendantistes, ce qu'on appelle être
- 1:05:12des indépendantistes.
- 1:05:14C'est quoi être un afro caraïbé quand on
- 1:05:16est indépendantiste ? Est-ce que c'est
- 1:05:18pas encore rejeté en fait cette volonté
- 1:05:20d'émancipation ? Pourquoi ne pas dire
- 1:05:22tout simplement que vous êtes soit
- 1:05:23Guadeloupéen soit Martiniica ? Pourquoi
- 1:05:26dire afro-caraïbéen ? Est-ce que ce
- 1:05:28n'est pas noyer encore une identité, une
- 1:05:30volonté d'aller vers l'indépendance et
- 1:05:33de dire je suis Martinique, est-ce que
- 1:05:35Martiniquet indépendantiste peut dire je
- 1:05:37suis africain ?
- 1:05:39Alors nous avons employé le terme
- 1:05:42afrocaribéen et afroescendant.
- 1:05:45Euh africain, je pense que nous le
- 1:05:48sommes. Mais pour se définir clairement
- 1:05:51africain, il faudrait déjà savoir d'où
- 1:05:54on vient, dans quel pays exactement
- 1:05:55parce que l'Afrique n'est pas un pays.
- 1:05:57Et le problème qu'on a aux Anilles,
- 1:05:58c'est que pour la plupart d'entre nous,
- 1:05:59nous ne savons pas exactement de quel
- 1:06:02test K.
- 1:06:03Si je l'ai fait moi, moi c'est Nigéria.
- 1:06:05Moi c'est Nigéia le gros des
- 1:06:08rô on allit l'attaquer làdus. [rires]
- 1:06:11Mais là là là où je viens, c'est que euh
- 1:06:15nous avons une problématique, c'est que
- 1:06:18comme je vous dis tout à l'heure,
- 1:06:18l'homme africain ou la femme africaine,
- 1:06:20parce que c'est vrai que dans la
- 1:06:22négritude, le le langage est
- 1:06:25exclusivement masculin, on a la pression
- 1:06:27souvent
- 1:06:28mais les femmes donc africaines
- 1:06:30également euh ça représente notre
- 1:06:32souffrance en fait, notre blessure. On
- 1:06:33ne veut pas retourner à ça
- 1:06:34inconsciemment. Donc on va chercher
- 1:06:37encore inconsciemment toutes sortes
- 1:06:38d'ancres. On a des ancêtres blancs,
- 1:06:39hollandais,
- 1:06:41araw et cetera pour justement parer et
- 1:06:45et se créer une forme de résilience par
- 1:06:48rapport à cette histoire là. Mais plus
- 1:06:51on veut l'étouffer, plus il reviendra.
- 1:06:53Parce que j'ai vu
- 1:06:54juste dans la négritude, il y avait les
- 1:06:55sœurs Nardal aussi.
- 1:06:57Bien sûr, bien sûr. Non, mais c'est pour
- 1:06:59ça que je dis justement, on a eu le tort
- 1:07:01de de d'avoir un langage très masculin,
- 1:07:04même dans le même dans les livres, à
- 1:07:05l'intérieur des livre, on parle souvent
- 1:07:07d'hommes
- 1:07:08euh enchaîné mais rarement de femmes.
- 1:07:10Donc ça, je voulais le placer aussi
- 1:07:11parce que c'est important.
- 1:07:12Moi, je suis très heureux de voir que
- 1:07:14toute une jeunesse aujourd'hui s'empare
- 1:07:16euh grâce aux réseaux sociaux, grâce à
- 1:07:19la à l'accès plus facile, à la
- 1:07:21connaissance et arrive à connaître leur
- 1:07:23histoire. Alors parfois sur les réseaux,
- 1:07:25je vois des gens dit "Oui, ça c'était
- 1:07:26ça." Oui, mais Claudiciard, tu vois, ça
- 1:07:28c'est ça. Mais moi, c'est des choses que
- 1:07:30que je sais déjà et de et depuis si
- 1:07:32longtemps et on était tellement
- 1:07:33nombreux. J'appartiens à une génération
- 1:07:35où lorsque j'ai commencé à faire de la
- 1:07:36radio, lorsque je racontais l'histoire
- 1:07:37de l'esclavage aux Antilles, les gens
- 1:07:39m'appelaient pour m'insulter en me
- 1:07:40disant que je racontais n'importe quoi
- 1:07:42parce qu'à l'époque, les gens n'avaient
- 1:07:43pas accès à ça.
- 1:07:44Et ça fait mal.
- 1:07:46Ouais. Mais moi, je je savais que de
- 1:07:48toute façon euh on a parfois Manu Bango
- 1:07:50me disait, on a parfois tort d'avoir
- 1:07:51raison trop tôt. Mais c'est pas grave.
- 1:07:53C'est pas grave, il faut qu'il y ait des
- 1:07:54gens comme ça, des gens qui défrichent
- 1:07:56et qui euh euh et aujourd'hui, c'est
- 1:07:59pour ça que lorsque tu parles des des
- 1:08:01sœurs Nardal, merci beaucoup mais
- 1:08:03beaucoup de gens ne savaient pas. Et
- 1:08:04lorsqu'à la radio euh moi je disais
- 1:08:06"Ouais, alors voilà les sœurs Nardal,
- 1:08:07voilà ce qu'elle faisait, voilà ce
- 1:08:08qu'elle" Les gens me disaient "Mais de
- 1:08:09qui tu parles ? On sait même pas mais où
- 1:08:11est-ce que tu as trouvé ça ?"
- 1:08:12Parce que les gens ne lisaient pas
- 1:08:13beaucoup parce que les gens de chez nous
- 1:08:14ne disent pas beaucoup. Et et et pour
- 1:08:17aller dans ton sens, j'avais dit ça une
- 1:08:19fois sur dans un live euh les gens en
- 1:08:22Martinique admiraient aimer ces aer
- 1:08:24parce qu'il avait une éloquence mais
- 1:08:27quasi christique on va dire une
- 1:08:28éloquence politique c'était quand même
- 1:08:30un poète que les gens en transent avec
- 1:08:33lui mais c'était quand même un poète à
- 1:08:35Ouais ça c'est pour moi je ne considère
- 1:08:37même pas forcément l'homme politique
- 1:08:38parce que je suis pas forcément d'accord
- 1:08:39avec tout ce qu'il a fait politiquement
- 1:08:41moi je quand je parle de mes céser je
- 1:08:42parle du penseur je parle de de
- 1:08:44l'écrivain du poète H
- 1:08:45et lorsqu'il parlait h
- 1:08:47les gens étaient mais admiratifs devant
- 1:08:51ce qu'il disait.
- 1:08:52Bien sûr, bien sûr.
- 1:08:53Et puis quand il partait, les gens
- 1:08:54disaient "On a rien compris."
- 1:08:56Et tu es d'accord avec ce qu'il disait
- 1:08:58justement sur l'identité noire et la
- 1:08:59négritude ?
- 1:09:00Pardon ? Pardon ?
- 1:09:01Sur l'identité noire et la négritude
- 1:09:03par exemple. C'était quoi son livre ?
- 1:09:06Bah il est dans factuel dans dans bah
- 1:09:08tout dépend le quoi discours. Enfin dans
- 1:09:10discours sur le colonialisme c'est
- 1:09:11encore autre chose sur peut-être les
- 1:09:13poèmes cet retour au pays natal
- 1:09:15ouais ou mo la miner les poèmes de moi
- 1:09:17la laminaire aussi sont tellement forts
- 1:09:18en terme d'identité c'est euh
- 1:09:20il va falloir marquer toutes ces
- 1:09:22références hein parce que [rires]
- 1:09:24références le le on va dire le classique
- 1:09:26de mes cés le thriller si on devrait
- 1:09:28dire faire une comparaisation avec la
- 1:09:29musique c'est cahier d'opie natal c'est
- 1:09:31vraiment son œuvre majeure effectivement
- 1:09:34mais j'ai pas saisi la question
- 1:09:35excuse-moi
- 1:09:35com parce que toi tu as une thématique
- 1:09:37qui est l'identité noire
- 1:09:39hein hein et euh la comment dire la
- 1:09:41négritude [rires] aujourd'hui 2024
- 1:09:44parce que c'est vrai qu'au début quand
- 1:09:45on voit il y a des jeunes qui lisent qui
- 1:09:48vont commencer à lire Sangor et et Céser
- 1:09:52ils vont appeler les noirs les
- 1:09:54Moi je sais qu'au tout début quand j'ai
- 1:09:56commencé à lire M César et je disais
- 1:09:57mais enfin aujourd'hui on dit
- 1:09:59mais ça m'énervait du coup
- 1:10:00j'allais pas plus profondément je dis
- 1:10:02mais comment il peut dire négresse
- 1:10:04je comprends pas comment en plus il peut
- 1:10:05glorifier ce mot et en faire une
- 1:10:07négritude et justement et c'est pour ça
- 1:10:09que je trouve que c'est intéressant
- 1:10:11vraiment de d'expliquer pourquoi il
- 1:10:13disait pourquoi négritude parce
- 1:10:15qu'aujourd'hui enfin je veux dire que ce
- 1:10:17soit bah en tant que on accepte qu'on
- 1:10:19nous dise mon ou [rires] mais mais
- 1:10:22je trouve que ouais si c'est ton sujet
- 1:10:24J'aimerais bien savoir enfin que tu
- 1:10:25l'expliques avec c'est en fait c'est pas
- 1:10:28si compliqué. Il a fait du judo. Il a
- 1:10:31pris la force de son adversaire, il a
- 1:10:32retourné contre lui.
- 1:10:33H
- 1:10:34c'est simple
- 1:10:35tu es pas plus compliqué.
- 1:10:36Je peux pas dire
- 1:10:38mais c'est ça [rires]
- 1:10:39Bah le t'emmerde. Ouais
- 1:10:42hein.
- 1:10:42OK.
- 1:10:42Non mais c'est ça c'est la phrase de
- 1:10:43Cés. Bah le t'emmerde.
- 1:10:45Oui.
- 1:10:45Est-ce que pour terminer ce passage, un
- 1:10:48dernier mot sur cette lutte contre la
- 1:10:51vie chère pour terminer quel avez-vous
- 1:10:54un message d'espoir ou ou pas le bilan
- 1:10:57de par rapport à tout ce que nous avons
- 1:10:59dit dans cette émission ? Euh comment
- 1:11:02vous voulez terminer cette émission avec
- 1:11:04vos mots ?
- 1:11:07C'est c'est très compliqué parce que à
- 1:11:09la fois
- 1:11:11[soupir]
- 1:11:13le rapport de force est tellement inégal
- 1:11:15h
- 1:11:16que il faut pour vous pouvoir à certains
- 1:11:19moments dans la vie, je dis toujours
- 1:11:21hein, nous sommes des êtres de à la fois
- 1:11:24d'émotion et aujourd'hui de plus en plus
- 1:11:26de raisons, même s'il y a toujours eu de
- 1:11:28la raison, mais euh et qu'il faut
- 1:11:31parfois savoir mettre de côté nos
- 1:11:34ambitions, encore une fois les plus
- 1:11:35légitimes
- 1:11:38et auquels nous pouvons accéder tous
- 1:11:39ensemble et se dire "OK, quelle est la
- 1:11:42situation aujourd'hui ?" Être des gens
- 1:11:43stratégique, l'art de la guerre. Et
- 1:11:45l'art de la guerre aujourd'hui nous
- 1:11:47oblige à dire "Voilà ce que revendique
- 1:11:50le peuple. Le peuple veut que les prix
- 1:11:52soient les mêmes. La France ruse."
- 1:11:54Alors, on va faire du César. La France
- 1:11:55ruse avec les principes qu'elle a
- 1:11:57justement dicté. Pase de Cés. Donc là
- 1:12:01tout ce qu'on veut c'est que un
- 1:12:03alignement des prix
- 1:12:06et le reste du travail on le fera. Je
- 1:12:07voudrais juste terminer en en parce
- 1:12:09qu'on a parlé de Céser euh dire deux
- 1:12:11mots sur euh un mot sur sur Fanon.
- 1:12:14Beaucoup de gens aujourd'hui à la faveur
- 1:12:16de ce qui se passe on est un peu en
- 1:12:17dehors mais on n'est pas si en dehors
- 1:12:18que ça. C'est pour dire la force de nos
- 1:12:20de nos territoires. Il y a un homme pour
- 1:12:22moi fan il est dans un universalisme
- 1:12:23extraordinaire. Voilà un homme qui est
- 1:12:25né, Martinique, qui a été médecin
- 1:12:28psychiatre et qui était dans l'armée
- 1:12:29française et qui est en Algérie, qui
- 1:12:31déserte l'armée française pour gagner le
- 1:12:32FLN et qui est un des héros de la lutte
- 1:12:36de libération du peuple algérien. Et
- 1:12:38aujourd'hui, vous avez des afros qui
- 1:12:40vous disent sur les réseaux sociaux
- 1:12:41"Mais pourquoi tu défends Gaza ?" en ne
- 1:12:43comprenant pas que le symbole de Gaza
- 1:12:45c'est tout ce que nous vivons, c'est
- 1:12:47tout ce que nous l'oppression de la de
- 1:12:49la sociétéocc de la civilisation
- 1:12:51occidentale, elle est à Gaza mais elle
- 1:12:52est également en Martinique, elle est
- 1:12:54également en Guadeloupe, elle est
- 1:12:55également partout.
- 1:12:56Et donc dire que on porte en nous un
- 1:12:59universalisme extraordinaire, une
- 1:13:01puissance extraordinaire par notre
- 1:13:04histoire, par les par les peuples qui
- 1:13:06sont venus s'agglomérer, se juste
- 1:13:09pososer, voilà chez nous aux Antilles et
- 1:13:12que ça c'est notre force.
- 1:13:15Et c'est pour ça que moi je suis
- 1:13:16confiant dans l'avenir et je sais que
- 1:13:17nous arriverons à notre indépendance.
- 1:13:19Peut-être que je serai mort avant, mais
- 1:13:21je sais que je verrai les premiers murs
- 1:13:23des parce qu'on est déjà dans les
- 1:13:24fondations, les premiers murs de la
- 1:13:26maison.
- 1:13:28On remercie
- 1:13:29Kevin. Kevin ?
- 1:13:30Ouais ben moi, je terminerai en disant
- 1:13:32que moi j'appelle vraiment le peuple à
- 1:13:35avoir de la consistance aussi dans
- 1:13:36l'effort, la consistance dans la lutte.
- 1:13:39Tout à l'heure Papou, au début tu disais
- 1:13:40que mais que c'est pas la première fois
- 1:13:42qu'il y a des manifestations. C'est pas
- 1:13:43nouveau que la vie que la vie est chère
- 1:13:44là-bas. Euh et il y a quelque chose qui
- 1:13:46m'a profondément blessé il y a quelques
- 1:13:48années, c'est lorsque j'ai regardé un
- 1:13:50documentaire qui s'appelle Les béqués,
- 1:13:52les derniers maètres de la Martinique.
- 1:13:53Wou !
- 1:13:54Et on y voyait euh je crois que c'était
- 1:13:57monsieur Ayot ou Despines des pointes
- 1:13:59qui disait
- 1:14:01l'entill cinéma, il fait son machin blab
- 1:14:04blabla. Quand il va voir qu'il a pas son
- 1:14:05Nutella, qu'il a pas son son pain au
- 1:14:08chocolat dans 2 semaines 3 semaines,
- 1:14:10c'est fini tout ça. Et malheureusement,
- 1:14:12il a eu raison. Malheureusement.
- 1:14:15Donc il y a Einstein qui disait que il
- 1:14:18n'y a qu'un imbécile pour refaire 10
- 1:14:20fois le même calcul pense avoir un
- 1:14:22résultat différent. Donc j'invite le
- 1:14:24peuple aujourd'hui à faire un des
- 1:14:25calculs différents. Voilà
- 1:14:29ton mot je vais juste c'était pas prévu.
- 1:14:32Du coup je pensais pas si vous permettez
- 1:14:34vu qu'on parle des messés. Je vais juste
- 1:14:36dire un passage qu'il avait dit dans
- 1:14:38Siméon le sein de d'zanaly.
- 1:14:41C'était une réalisatrice, c'est une
- 1:14:42réalisatrice Martiniicais et qui a des
- 1:14:44prix extraordinaires ?
- 1:14:45Tu Oui, tu vas nous expliquer. Elle est
- 1:14:47Oscarisée, elle a elle a reçu le lion
- 1:14:49d'argent à Venise également pour pour
- 1:14:51Rasel.
- 1:14:53Laissons pour suivre. Mais je vais juste
- 1:14:54dire le passage qu'avait dit justement
- 1:14:56Cés, c'était imagine ce spectacle
- 1:14:58extraordinaire divquant crachant à la
- 1:15:00fois leur lave pour faire la Martinique.
- 1:15:03Quelle naissance prodigieuse. La colère
- 1:15:06créatrice, c'est de cela que nous devons
- 1:15:08être dignes. Donc je trouve que c'est
- 1:15:11exactement ce qui se passe en ce moment
- 1:15:13et que c'est ça tombait bien en fait.
- 1:15:15Merci.
- 1:15:18Ben, j'espère que cette émission, elle
- 1:15:19vous a plu, que vous avez pu entendre
- 1:15:22ces différents sujets qu'on a qu'on a,
- 1:15:25comment on va dire, qu'on a étalé avec
- 1:15:27différentes questions avec nos deux
- 1:15:29experts des Antilles, hein, que vous
- 1:15:32avez pu aussi comprendre les références
- 1:15:35qui ont été données, sinon on vous les
- 1:15:36donnera et je vous dis à très bientôt
- 1:15:39pour ma part. Papou, Clara,
- 1:15:42merci. Merci à Claudicia, notre parrain,
- 1:15:44pour cette nouvelle aventure pour les
- 1:15:47funérailles des des tabous. Merci
- 1:15:49Alison, merci. Pas une experte mais en
- 1:15:51tout cas une invitée de marque. Merci
- 1:15:53pour ta lumière venant de du Cap Vert.
- 1:15:56Merci à tous et puis on vous dit à
- 1:15:58bientôt pour cette nouvelle aventure des
- 1:16:01funérailles.
- 1:16:01Tu les as bien challengé. [rires]
- 1:16:05Bravo ! Bravo [applaudissements] !
- 1:16:09Chers sœur cher sœurs,
- 1:16:11je vais être direct. Si notre communauté
- 1:16:13ne finance pas ses propres médias,
- 1:16:14personne ne le fera à notre place.
- 1:16:16Depuis des décennies, d'autres racontent
- 1:16:18notre histoire.
- 1:16:20Il la simplifie, il la déforme, il parle
- 1:16:23à notre place. C'est précisément pour ça
- 1:16:26que nous avons créé les funérailles des
- 1:16:27hommes. [musique]
- 1:16:28Un média pour parler de nous, par nous,
- 1:16:31pour nous,
- 1:16:32nos entrepreneurs, nos penseurs, nos
- 1:16:34spiritualités et nos succès. Sans
- 1:16:37filtre, sans permission, il y a une
- 1:16:39réalité
- 1:16:40que beaucoup ignorent. Créer un média
- 1:16:42[musique] indépendant coûte énormément
- 1:16:45d'argent.
- 1:16:46Depuis le début, il a été investi des
- 1:16:48centaines de milliers d'euros pour
- 1:16:49produire [musique] cette émission.
- 1:16:51Studio, les équipes,
- 1:16:53équipement,
- 1:16:54invités,
- 1:16:55production [musique]
- 1:16:56parce que nous croyons que notre
- 1:16:58histoire mérite d'être raconter avec
- 1:16:59excellence.
- 1:17:00Mais aujourd'hui, une question se pose
- 1:17:02est-ce que cette communauté veut
- 1:17:03vraiment que ce média existe ?
- 1:17:05Parce qu'un média indépendant ne peut
- 1:17:06survivre que grâce à sa communauté
- 1:17:09commune,
- 1:17:09nous avons refusé des financements qui
- 1:17:12auraient exigé notre silence. Nous avons
- 1:17:14refusé de vendre notre ligne éditoriale.
- 1:17:17Pour [musique] rester libre, nous avons
- 1:17:19besoin de vous. pas d'un miracle, juste
- 1:17:22d'un geste. Si 10000 personnes donnent 5
- 1:17:24€
- 1:17:25ce média change de dimension.
- 1:17:27Alors [musique] oui, aujourd'hui, nous
- 1:17:29vous demandons de participer 1 €
- 1:17:315 €
- 1:17:3210 € ou plus si vous le pouvez. Chaque
- 1:17:36contribution est une pierre
- 1:17:37posée pour les générations futures.
- 1:17:40Et si vous ne pouvez pas donner,
- 1:17:42partagez ce message
- 1:17:43parce que le vrai pouvoir d'une
- 1:17:45communauté,
- 1:17:46c'est sa solidarité. Vous trouverez un
- 1:17:48lien en description. Et souvenez-vous,
- 1:17:50un peuple qui ne finance pas ses propres
- 1:17:52médias laisse laisse les autres raconter
- 1:17:55son histoire.
- 1:17:56Merci à vous tous.
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