ALIMEQUESTRE : optimiser la conduite alimentaire - Pauline Doligez — Transcript
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- 0:00Bonjour Pauline Doligez. Donc moi je suis ingénieur de développement au pôle développement
- 0:05Innovation Recherche de L'ifce et je suis basée au Haras du Pin et je travaille sur l'alimentation
- 0:12des chevaux et la gestion des effluents. Alors aujourd'hui, je vais présenter les résultats du
- 0:19projet Alimequestre, qui avait pour objectif d'accompagner les établissements équestres
- 0:24pour faire évoluer leur conduite alimentaire vers des pratiques plus respectueuses de la
- 0:29santé et du bien être des chevaux, plus économes et durables. C'est un projet qui s'est mené entre
- 0:36deux mille vingt quatre et deux mille vingt cinq, en collaboration avec des chambres d'agriculture,
- 0:42le label Equures du Conseil des Chevaux de Normandie et l'entreprise EquiTransmettre.
- 0:50Je vous présenterai d'abord le contexte et les objectifs du projet. Ensuite le suivi des
- 0:56exploitations pilotes avec le matériel et méthode. Les résultats en ce qui concerne la nutrition,
- 1:02l'économie, l'environnement. Puis une partie sur l'accompagnement au changement,
- 1:07on verra qu'il y a des freins et des motivations au changement de conduites alimentaires. Et
- 1:12puis je finirai par les livrables qui ont été produits dans le cadre de ce projet.
- 1:19Donc tout d'abord, le contexte pour aborder la conduite alimentaire dans une structure équine.
- 1:25l'État de l'art et les différentes enquêtes qui ont été menées sur l'alimentation aujourd'hui
- 1:31permettent d'identifier cinq thématiques principales qui sont liées à la conduite
- 1:36alimentaire. Donc d'abord la santé avec le maintien du poids, la santé du microbiote,
- 1:43le bien être animal bien sûr, avec la recherche des trois F : Friends Freedom Forage. l'Économie,
- 1:51puisque les travaux du réseau équin ont mis en évidence que trente deux pour cent des charges
- 1:56étaient liées à l'alimentation. l'Environnement, puisque on sait que l'alimentation est responsable
- 2:04de trente neuf pour cent des émissions totales des établissements équestres,
- 2:08et puis qu'elle nécessite évidemment de la main d'oeuvre. On a mis en évidence,
- 2:12dans le cadre de notre enquête, qu'il fallait un virgule quatre unité de main d'oeuvre, soit
- 2:18deux heures par jour pour faire la distribution et réaliser toute l'alimentation des équidés.
- 2:28Dans ce contexte, nous avons déployé le projet Alimequestre qui avait pour objectif
- 2:34d'accompagner les professionnels de la filière équine sur la thématique de l'alimentation.
- 2:40Donc on avait trois cibles : les gérants de centre équestre et d'écurie de pension,
- 2:45les conseillers en entreprise qui faisaient le suivi des exploitations, on le verra après,
- 2:50et aussi les enseignants et formateurs pour lequel on a mené une action trois et je n'en parlerai
- 2:57plus après donc je vous la présente tout de suite, qui avait pour objectif de concevoir des séquences
- 3:03pédagogiques, donc des TP et TD. Donc on a fait un travail collaboratif avec des enseignants qui
- 3:09a mené à la rédaction d'un guide pédagogique qui a fait l'objet d'une webconférence,
- 3:14donc je n'en parlerai pas aujourd'hui. Donc aujourd'hui, je vais m'attarder sur les actions
- 3:19un et deux qui avaient pour objectif de suivre des exploitations pilotes pour
- 3:24produire un certain nombre de connaissances et de montrer une évolution de pratiques alimentaires.
- 3:33Le matériel et méthodes. Nous avons suivi onze exploitations pilotes, des centres équestres et
- 3:39des écuries de pension. Tous les chevaux suivis sont de catégorie homogène, c'est à dire ce sont
- 3:46des chevaux d'instruction ou travail léger. Ça a été pratiqué donc dans six départements français
- 3:52par six conseillers, dont quatre de chambre d'agriculture, trois qui sont dans le réseau
- 3:59équin et un qui ne l'est pas. Une conseillère du label Equures et une nutritionniste indépendante.
- 4:06Ils ont chacun suivi deux exploitations et ont réalisé trois visites par an pendant deux ans.
- 4:15L'évaluation de la conduite alimentaire a été réalisée avec trois domaines. La nutrition.
- 4:21Nous avons réalisé des analyses de fourrages, une évaluation de la note d'état corporel. On a
- 4:26relevé les rations et réalisé des calculs de ration sur la partie économie. On a réalisé
- 4:34le calcul du coût alimentaire journalier et sur la partie environnement, on a fait un calcul du
- 4:40bilan des émissions de gaz à effet de serre avec la technique CAP2ER équin. Suite au diagnostic
- 4:51des rations, de la note d'état corporel, du bilan fourrager et des analyses de fourrages,
- 4:56on a proposé aux exploitants un certain nombre de solutions pour améliorer la conduite alimentaire.
- 5:03Ensuite, il y a eu une discussion avec le conseiller pour voir s'il allait mettre en place
- 5:09la solution, s'il y allait y avoir adhésion par l'exploitant ou non. Et puis ensuite, l'objectif
- 5:15était d'évaluer la solution. Donc je passe aux résultats. En ce qui concerne la nutrition,
- 5:24sur les onze exploitations qui ont été suivies, il y avait quatre centre équestre plus pension,
- 5:30trois centre équestre et quatre écurie de pension. Elle avait un chargement en UGB par hectare entre
- 5:36zéro virgule deux et quatre virgule neuf. Donc dans ces onze exploitations, on avait cinq
- 5:41exploitations qui étaient labellisées Equures et deux qui sont suivies dans le réseau équin. On a
- 5:47suivi en tout cent quarante deux poneys et chevaux adultes de selle qui étaient tous, comme je l'ai
- 5:52dit tout à l'heure, à l'entretien ou travail léger. On a repéré trente neuf types de rations
- 5:58avec trois conduite principales différentes. Soit une conduite cent pour cent fourrage à volonté ou
- 6:05rationnée, soit une ration plutôt avec un fourrage à volonté plus des concentrés avec une proportion
- 6:11de cinq à vingt cinq pour cent ou une ration fourrage rationnée avec des concentrés cinq à
- 6:16vingt cinq pour cent. Donc dans ces exploitations là, trois types de fourrage étaient utilisés.
- 6:24Neuf exploitations sur onze utilisent du foin, quatre exploitations sur onze (ça pouvait être
- 6:29les mêmes) utilisent de l'enrubanné et six sur onze utilisent de l'herbe. Les
- 6:38thématiques abordées avec les exploitants ont été relevées, donc ils pouvaient être communes entre
- 6:44les exploitants ou pas. La première, c'était mieux définir les besoins des équidés pour
- 6:49une ration optimisée. Adapter une ration avec des fourrages, sans concentrés, gagnant en autonomie
- 6:56en optimisant les surfaces de pâturage. Gérer le changement d'état corporel en fonction des
- 7:02saisons. Réduire l'obésité. Limiter la dégradation des pâtures. Mieux organiser la distribution
- 7:08alimentaire et argumenter ses pratiques alimentaires auprès de ses propriétaires.
- 7:15Toutes ces thématiques n'ont pas été abordé par tous les exploitants. Là, j'ai rassemblé toutes
- 7:19les thématiques pour tous les exploitants. Pour chaque exploitation, en gros, deux à
- 7:25trois thématiques ont été abordées. En ce qui concerne l'évaluation de la note d'état corporel,
- 7:34ici sont représentées neuf exploitations de un à neuf avec un pourcentage de chevaux dans un état
- 7:42corporel, donc, vous voyez, ils sont pratiquement tous en vert, avec un optimum entre deux et demi
- 7:47et trois et demi. Mais on observe quand même une proportion quand même qui peut être importante sur
- 7:53des chevaux qui vont être sur un état au delà de trois et demi. C'est à dire gras, en orange, rouge
- 8:00ou même violet. Donc finalement, dans deux tiers des structures, on avait quand même des chevaux au
- 8:06delà de l'état corporel optimal. Ensuite, nous avons analysé un certain nombre de fourrages
- 8:16dans chaque exploitation. On avait huit analyses par an, donc ce qui est assez conséquent. Ici,
- 8:23vous avez un résultat qui correspond à une analyse de cinquante huit fourrages : quarante sept foin
- 8:31et onze enrubannés qui sont représentés en ce qui concerne leur valeur nutritive en termes
- 8:37de UFC (unité fourrage cheval) qui correspond à l'énergie et en abscisse en grammes de MADC,
- 8:45les protéines. En rond ce sont les foins et en triangle vous avez les enrubannés. Et nous avons
- 8:52représenté la ligne qui va correspondre aux besoins du cheval au travail léger, qui sont
- 8:58en fait des besoins en teneur par kilogramme de matière sèche ingérée, puisqu'ici on est bien sur
- 9:04des teneurs de valeur alimentaire par rapport à une analyse de fourrage. Donc finalement, on
- 9:11retrouve lorsque les fourrages sont dans le vert, dans la partie verte, finalement ils sont ok,
- 9:18ils couvrent les besoins et en énergie et en protéines pour une ration cent pour cent fourrage
- 9:24pour ce type de chevaux. Lorsqu'ils sont dans la partie jaune, ils couvrent en terme d'énergie mais
- 9:30pas en protéines. Donc c'est vingt neuf pour cent des fourrages. Malheureusement, on avait quand
- 9:34même quarante et un pour cent des fourrages qui se retrouvaient dans une zone où ils ne couvrent ni
- 9:39en énergie ni en protéines lorsque le fourrage est utilisé à cent pour cent dans la ration.
- 9:46Donc on peut dire qu'en moyenne, on avait en gros au moins quinze grammes de MADC par kilos
- 9:52de matière sèche qui manquait pour couvrir les besoins des chevaux, sachant que, évidemment,
- 9:58c'est des fourrages récoltés en deux mille vingt quatre. On sait que les conditions météo n'étaient
- 10:02pas terribles, avec forcément une récolte un peu tardive avec un taux de protéines plus faible.
- 10:12En ce qui concerne le bilan nutritif, suite à l'évaluation des notes d'état corporel,
- 10:18des analyses de fourrages et des calculs de ration, on a pu mettre en évidence un certain
- 10:22nombre de déséquilibres. D'abord, en ce qui concerne l'énergie des rations en déficit,
- 10:28mais aussi des rations excédentaires avec une prise de poids. En termes de protéines,
- 10:33on l'a vu tout à l'heure, c'est souvent des déficits puisque on a quand même des rations
- 10:38principalement à base de fourrages, avec un déficit en protéines. Il n'y a pas d'impact
- 10:43visuel, sachant que ce n'était pas non plus très grave, notamment sur les chevaux qui avaient accès
- 10:49à l'herbe une partie de l'année. Donc voilà des rations, je vous ai mis entre parenthèses,
- 10:56ça concernait une exploitation qui avaient un déficit sur le rapport Ca/P qui était inférieur
- 11:02à un. Un autre avec un excès supérieur à trois, alors qu'on sait que les recommandations sont
- 11:09entre un et trois. Donc là, on a proposé effectivement de mieux équilibrer. Et puis
- 11:15une exploitation pour laquelle la quantité de fourrage distribuée était insuffisante puisqu'elle
- 11:22correspondait à zéro virgule quarante cinq pour cent du poids vif, alors que les recommandations,
- 11:27on les connaît, sont entre un virgule cinq et deux. Donc, suite à ça, nous avons pu proposer
- 11:36une nouvelle conduite. Donc là, je vous propose quatre solutions qui ont été proposées. Il y en a
- 11:41eu d'autres, mais là je fais un focus sur quatre qui ont permis l'objectif qui était de réduire
- 11:47l'obésité de chevaux et poneys, d'instruction et ou de propriétaires au travail léger. Donc, la
- 11:53première en haut à gauche. La révision des rations a permis de diminuer en moyenne les quantités de
- 12:01concentrés. Là, on était sur quatre cents grammes par jour et par cheval sur un lot de chevaux qui
- 12:06était conduit en box paddock. Une deuxième en haut à droite, le repas de concentrés du midi peut être
- 12:16remplacé par un apport de fourrage pour diminuer le nombre de repas. Une autre proposition,
- 12:23c'était de d'individualiser la ration des équidés qui étaient menés en groupe, sachant que dedans,
- 12:30il y a des chevaux qui avaient besoin d'avoir une distribution de concentrés et d'autres non. Donc
- 12:35là, la proposition, ça a été que les concentrés peuvent être distribués après les séances
- 12:40de travail individuellement, lorsqu'ils sont attachés, par exemple, uniquement pour les chevaux
- 12:44qui en ont besoin ou distribués avec des musettes, par exemple. Sachant que la distribution de
- 12:51fourrage restait collective. Et puis la dernière, l'objectif était de restreindre au pâturage pour
- 12:59un lot de poneys C et D en hiver, l'apport de fourrages conservés peut être réduit ou
- 13:04remplacé en partie avec une proportion de paille plus élevée. Et puis au printemps, la surface
- 13:11est restreinte aux deux tiers. Donc ça, c'est ce que je vais vous présenter tout de suite. Donc je
- 13:14vais vous présenter en détail la un et la deux. Donc, pour la solution un qui était de réduire
- 13:23les quantités de concentrés, l'objectif, c'était, on avait des chevaux plutôt en surpoids, avec des
- 13:29rations excédentaires en UFC, et donc sur trois structures, on a calculé les rations et proposer
- 13:38une réduction des quantités de concentrés. Donc pour la première de douze kilos par jour qui a
- 13:44permis une économie de mille quatre cents euros, la deuxième de zéro virgule trente cinq euros par
- 13:50jour et par cheval, ce qui représente moins quinze pour cent de charges alimentaires annuelles et la
- 13:57troisième de zéro virgule quinze euros par jour et par cheval aussi, donc qui représente un peu
- 14:02moins, mais aussi une économie sur six mois. Donc tout ça, la réduction des quantités de concentrés
- 14:09a permis de stabiliser la note d'état corporel, de réduire les charges et de réduire, évidemment,
- 14:15le temps de travail sur la distribution des rations. En ce qui concerne la deuxième solution,
- 14:24qui était de réduire, il y a un état de surpoids sur un lot de poneys C et D qui sont conduits sur
- 14:29une surface annuelle de six hectares, ce qui était assez important. Donc là, la proposition, c'est
- 14:34de réduire de deux tiers la surface à deux virgule vingt et un hectares. Donc, ça, c'est une solution
- 14:40qu'on a proposé, qui sera mis en place que, là, au printemps deux mille vingt six. Donc, on a évalué
- 14:47le coût supplémentaire en clôture, puisque là, l'objectif, c'est de restreindre sur une partie
- 14:53avec donc une mise en place de sous parcelles. Donc on a estimé à mille quatre cents euros le
- 15:00coût supplémentaire en clôture. Mais on permet de libérer zéro neuf hectares qui sont libérés pour
- 15:07d'autres utilisations, soit faire pâturer d'autres chevaux ou produire du fourrage supplémentaire.
- 15:13L'objectif, c'est évidemment de réduire la note d'état corporel et de réduire le surpâturage sur
- 15:19des parcelles assez importantes, comme vous le voyez ici. Là, on passe de la surface orange à
- 15:26la surface bleue. Je passe maintenant sur les résultats en économie. Donc on a réalisé un
- 15:38calcul du coût journalier de la ration hivernale. Donc on a d'abord calculé le coût de production
- 15:46du fourrage. Donc, soit le fourrage était produit sur l'exploitation. Donc on a, par des méthodes,
- 15:52calculé le coût de production ou relevé les factures d'achat des fourrages. On a multiplié par
- 15:58les quantités de fourrages qui ont été estimées à la distribution, plus le prix du concentré puisque
- 16:05tout le monde achète les concentrés, les quantités de concentrés, ce qui a permis d'établir un coût
- 16:11journalier de la ration. On a analysé trente trois coût de ration différents, qui nous ont permis de
- 16:21faire une typologie avec une analyse statistique pour déterminer finalement deux grandes typologies
- 16:28une ration économe qui se situe autour de un virgule trois euros par jour et par cheval,
- 16:34soit quarante euros par mois. Cette ration se caractérise par une part de concentré faible de
- 16:40zéro à quinze pour cent et un coût des aliments maîtrisé. Le fourrage est inférieur à quatre
- 16:46vingt dix euros par tonne de matière sèche en coût et le concentré est inférieur à cinq cents euros.
- 16:54C'est un système d'exploitation en gros, où les fourrages sont produits sur l'exploitation et le
- 17:00chargement est plutôt faible puisque la surface de fourrage est assez importante. On est avec un
- 17:05chargement entre zéro virgule deux et zéro virgule sept UGB par hectare. À l'opposé, on a une ration
- 17:10onéreuse à trois euros par jour et par cheval, ça fait à peu près quatre vingt douze euros par mois,
- 17:17avec une part de concentré plus élevée, de cinq à vingt quatre pour cent et un coût d'aliment plus
- 17:21élevé. Les fourrages sont souvent supérieurs à quatre vingt dix euros en termes de coûts, et
- 17:26les concentrés en termes d'achat sont supérieurs à cinq cent quarante euros par tonne de matière
- 17:32brute. Là, on est sur des systèmes d'exploitation où pratiquement tous les fourrages sont achetés
- 17:37avec un chargement élevé. Les chevaux sont au box et on a peu de surface fourragère. Et on
- 17:43a avec un chargement entre zéro virgule sept et quatre virgule neuf UGB/hectare. Maintenant, je
- 17:51passe aux résultats sur l'aspect environnement, on a utilisé la méthodologie de calcul CAP2ER équin,
- 17:58qui est une méthodologie que vous pourrez retrouver dans d'autres webconférences qui
- 18:02a été développée par ailleurs. On l'a mesurée sur quatre exploitations qui
- 18:08étaient motivées et qui ont donné leurs documents techniques et comptables pour établir ce calcul,
- 18:16puisqu'il dépend d'un certain nombre de postes. C'est à dire le type et le nombre d'équidés,
- 18:22le nombre de jours passés en bâtiment, en pâture, en paddock, le type de litière utilisée, les
- 18:29quantités de concentrés de fourrage et de litières consommées et achetées, la consommation d'énergie
- 18:36en électricité, en carburant et l'azote épandu, c'est à dire la fertilisation réalisée, que ce
- 18:44soit organique ou minéral. En ce qui concerne les postes qui permettent de stocker le carbone. Ce
- 18:52sont les surfaces en hectares de prairies et de cultures et les mètres linéaires de haies.
- 19:01En ce qui concerne les résultats, on a sur les cinq exploitations deux exploitations qui ont
- 19:08une émission basse et trois qui ont une émission haute. Donc celles qui ont une émission haute,
- 19:13on les voit avec les trois carrés roses. Ce sont des exploitations qui achètent pratiquement tout
- 19:20leur fourrage et leurs concentrés. Voilà. Si on les compare aux deux autres, on voit en fait le
- 19:27pourcentage d'émission en équivalent CO2 en ce qui concerne la fermentation entérique. Donc ça,
- 19:34c'est le nombre qui concerne en fait, finalement une émission de méthane qui est due à la digestion
- 19:40du cheval, en bleu foncé. Ensuite on a les effluents d'élevage, la fertilisation azotée,
- 19:48les engrais, les carburants en violet, les achats de fourrage que l'on va retrouver en vert clair,
- 19:56la paille achetée et les litières achetées et consommées, et la part de concentré en grisé.
- 20:05Donc si on compare finalement les deux systèmes d'exploitation pour les deux exploitations qui ont
- 20:11une émission basse, le temps passé en bâtiment est inférieur à soixante dix jours par an. Les
- 20:17surfaces de fourrage sont importantes : soixante neuf hectares pour l'une, cinquante neuf hectares
- 20:23pour l'autre. Le chargement est faible, inférieur à zéro virgule neuf UGB/hectare et
- 20:29il y a une bonne autonomie alimentaire puisqu'ils produisent leur fourrage et ils utilisent peu de
- 20:34concentrés et donc ils sont en autonomie sur les deux exploitations principalement.
- 20:41A l'opposé, les trois exploitations qui émettent fortement, le temps passé en bâtiment est élevé
- 20:47plus de cent soixante neuf jours par an. Donc c'est en fait les chevaux qui restent au box,
- 20:53les surfaces fourragères sont faibles : six hectares, neuf hectares. Le chargement est
- 20:57élevé : deux virgule sept UGB/hectare. Et puis il n'y a pas d'autonomie alimentaire
- 21:03puisque ils achètent pratiquement tous leurs fourrage et leurs concentrés.
- 21:10Je vais maintenant passer à l'accompagnement au changement.
- 21:16Les conseillers qui a réalisé le suivi ont participé à une formation, à l'accompagnement,
- 21:21au changement qui était proposée par l'IDELE, par le service approche sociale et travail en élevage.
- 21:29Et l'objectif était de proposer une méthodologie d'accompagnement des professionnels face à un
- 21:35changement de pratiques. Et ainsi, toutes les solutions qui ont été proposées aux exploitants
- 21:40ont été travaillées en groupe, en amont. On a essayé de les argumenter pour qu'elles soient
- 21:46ensuite soumises aux exploitants et qu'elles reçoivent une adhésion ou pas. Donc là,
- 21:51je vais vous présenter les propositions qui ont reçu une adhésion. Celles pour lesquelles on a
- 21:57eu un frein. Donc, d'abord, je vous présente les freins au changement vis à vis des exploitants.
- 22:02Donc la première, ça a été sur la thématique de la contrainte logistique et organisationnelle.
- 22:08Par exemple, on avait proposé de changer de concentrés qui étaient plus adaptés à la ration
- 22:12puisque en fonction de l'analyse de fourrage qu'on avait réalisée, là, évidemment, l'exploitant
- 22:18venait d'acheter son stock de concentrés, donc il fallait qu'il le termine. Donc, évidemment, il n'a
- 22:24pas fait ce changement de concentrés. La deuxième, ça a été une augmentation du temps de travail. Là,
- 22:31pour mieux adapter les rations, on avait proposé de distribuer deux types de fourrages qui étaient
- 22:37présentes sur l'exploitation, mais on avait proposé de les distribuer en même temps à deux
- 22:43catégories de chevaux. Là, pour un problème de disponibilité et de temps de distribution, cette
- 22:49proposition n'a pas été acceptée. Une troisième : on avait proposé un changement de concentré qui
- 22:57était plus cher que le concentré utilisé, mais le tarif était trop élevé donc ça n'a pas été relevé.
- 23:07Et puis la dernière, on a proposé à une exploitation de retirer le repas de concentrés
- 23:13du midi parce qu'on avait un état plutôt avec des chevaux qui étaient en état d'embonpoint.
- 23:19Et là l'exploitant nous a dit que, en fait, elle était habituée depuis trente ans ou quarante ans
- 23:25à distribuer trois repas par jour et par cheval, et donc ça ne pouvait pas bouger. Et donc du coup,
- 23:31voilà. Et en plus, il y avait en plus une crainte de perte d'énergie au travail
- 23:36si le cheval n'avait pas de concentré dans sa ration. En ce qui concerne les motivations et
- 23:46évidemment les exploitations pilotes qui ont suivi le projet étaient principalement motivés
- 23:53pour améliorer le bien être et la santé de leurs chevaux, c'était quand même la première motivation
- 23:59pour être volontaire dans ce projet Alimequestre. Donc évidemment, ce qui a motivé les exploitants,
- 24:07c'est par exemple modifier leurs rations en rajoutant des fourrages dans la ration. Ça,
- 24:11ça a été évidemment accepté. Modifier la ration en diminuant les coûts, en réduisant les concentrés
- 24:19principalement. Et puis le retrait d'un repas du midi pour certains exploitants,
- 24:24qui a été bien perçu, évidemment, puisque ça permettait de réduire le temps de travail.
- 24:32Je vais vous présenter maintenant, je vais finir par les livrables, donc toutes les productions que
- 24:36nous avons produits dans ce projet. Donc d'abord six vidéos, cinq témoignages des exploitants
- 24:42qui présentent leurs solutions que j'ai présenté tout à l'heure. On a présenté aussi par exemple,
- 24:48le coût alimentaire dans le cadre des Journées Sciences et Innovation
- 24:53en deux mille vingt cinq. En deux mille vingt six sera présenté aussi aux Journées Sciences
- 24:58équines la partie évaluation CAP2ER pour certaines exploitations. On a fait un atelier dans le cadre
- 25:06du salon Horse Meetup du Conseil des chevaux de Normandie en deux mille vingt cinq. On a
- 25:14produit une synthèse de résultats huit pages en ligne. On a produit quatre newsletters, quatre
- 25:23webconférences qui ont été présentées en deux mille vingt quatre et deux mille vingt cinq. Un
- 25:28podcast, une page internet où vous allez retrouver toutes ces résultats, cette fiche technique. On a
- 25:36produit aussi des posters, notamment celui sur la note d'état corporel. Et l'objectif, c'était
- 25:41que les centres équestres puissent l'afficher dans leur club-house par exemple, ou dans leurs
- 25:46écuries, pour un aspect pédagogique pour leurs propriétaires, on a produit un guide pédagogique à
- 25:54destination des enseignants. Un quizz de quarante questions qui a été utilisé notamment dans le
- 26:01cadre d'ateliers participatifs qu'on a fait au cours d'une soirée dans une exploitation pilote à
- 26:08destination des propriétaires, pour les sensibiliser à une bonne conduite alimentaire,
- 26:14tout ça. Vous retrouvez tous ces livres, toutes ces productions,
- 26:18sur la page Alimequestre qui est sur le site de L'ifce. Donc pour finir, ce qu'il faut retenir,
- 26:25c'est que les solutions de conduite alimentaire plus respectueuses peuvent être mises en place
- 26:30dans les centres équestres et les écuries de pension. Le changement de conduite demande
- 26:35de l'accompagnement par des conseillers, et la conduite alimentaire optimisée suscite un intérêt
- 26:42croissant pour les exploitations équines. Et je vous remercie pour votre attention.
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